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Les commentaires de Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 5 avril 2020 19:12

    Votre article, cher Éric, est intéressant à lire dans la mesure où il révèle l’état d’esprit d’une majorité de la population et qu’il concentre tout ce que je réprouve en France, tout ce qui m’a amené à rompre avec AgoraVox : antilibéralisme, anti-macronisme, passéisme. Rassurez-vous, je ne compte pas revenir en tant qu’auteur sur AV, je viens juste faire un détour pour clamer une dernière fois mon opposition au populisme et à la paranoïa contestataire qu’incarne cet article.

    Il est un seul point où je m’accorde avec vous : en effet, le pouvoir n’est pas entre les mains du Peuple (avec un grand P). Et heureusement, car si la gestion de cette crise était dévolue au bon peuple, ils s’entre-égorgeraient pour un rouleau de PQ et ils se shooteraient tous à la chloroquine (qui est un produit létal). Certains moquent les Musulmans qui prient Allah contre le virus mais ces mêmes libre-penseurs sont là à faire de la chloroquine une panacée. Personnellement, je place plus d’espoirs en Dieu qu’en Raoult. Ce n’est pas parce qu’un type est contesté qu’il a raison, c’est là une réaction typiquement française. Bref, heureusement qu’elles existent, ces vilaines élites qui empêchent le bon peuple d’en faire à sa tête. Parmi les babyboomers qui encombrent les hôpitaux aujourd’hui, combien se sifflaient des jéroboams de rouge sur les terrasses malgré les conseils du Président ? Eh bien, dansez maintenant !

    Quant au méchant Marché qui pille les ressources du peuple, laissez-moi rire. Le libéralisme, en France, on ne sait pas ce que c’est. La faillite ne peut venir d’un libéralisme inexistant mais justement de L’État. Si le CNR avait privatisé la santé au lieu de nous pondre son programme sociao-communistel, nos hôpitaux auraient été en mesure de s’armer contre ce fléau. Personnellement, ça fait belle lurette que je boude l’hôpital public et que je me dirige vers le privé les rares fois où j’ai besoin d’y aller : la prise en charge est plus rapide et la bouffe y est meilleure, ainsi que l’hygiène (quant aux infirmières, les plus jolies sont en Ukraine, de toute façon smiley ). Bref, c’est l’inanité de votre cher État-Providence que l’on paie. Quant au libéralisme, il adviendra malgré vos récriminations car rien ne peut freiner l’avancée d’une idée dont l’heure est venue de briller. Suite à la crise économique qui nous attend, je prévois un affaiblissement de l’État qui sera forcé de se départir de certaines prérogatives et de privatiser des secteurs clés. En gros, le retour des « Trente Glorieuses » et de l’étatisme n’est pas pour demain. Au lieu d’attendre un grand soir qui ne viendra jamais, suivez plutôt une formation en trading ou en intelligence artificielle car le monde de demain couronnera la robotique et la finance, n’en déplaise aux maurasso-pétainistes de la « patrie charnelle » et aux mélenchonnistes de « l’humain d’abord » (les deux ayant bien plus de points communs qu’ils ne veulent l’admettre). Qu’y a-t-il de si choquant à ce que l’éducation, la santé et internet soient vus comme des biens et non plus des services ? Pourquoi les chiffres et la Raison devraient-ils s’effacer au profit du coeur dès lors qu’il est question de l’humain ? Faudrait-il aussi rendre l’eau et le papier toilette gratuits comme le prônent les altermondialistes ? Cette conception mielleuse trouve ses origines dans le christianisme (que Nietzsche qualifiait à raison de « grande flétrissure de l’histoire humaine »). Je pense que l’on va entrer dans un nouveau paradigme où il faudra abdiquer cette morale occidentale du coeur au profit d’une conception à la chinoise qui est une « morale de la stratégie ». Ainsi, en bons Français pétris de rousseauisme, on s’étrangle que des Américains aient acheté au prix fort des masques chinois destinés à la France. Si l’on faisait ce reproche moral aux responsables chinois qui ont vendu ces masques, ils en seraient bien étonnés. Car, de leur point de vue, comme de celui des Américains, ils ont passé une transaction ordinaire.

    Rassurez-vous donc, la France n’est pas (encore) un pays libéral, il suffit de voir les Français qui conçoivent l’État comme une Providence à même de régler leurs problèmes. Or, si les citoyen.ne.s se responsabilisaient et respectaient les règles élémentaires d’hygiène (se laver les mains en rentrant chez soi, ne pas tousser à la figure d’autrui) il n’y aurait eu aucune épidémie. Mais, non. Le peuple attend tout de l’État : ils voudraient que Macron en personne vienne les moucher et que Castaner leur essuie le derrière. J’en viendrais presque à m’expatrier aux USA tant je suis las de cette mentalité enfantine. Je discute depuis plusieurs mois sur des forums avec de vrais libertariens anglo-saxons ; et moi qui pensais être un disciple d’Ayn Rand, je me rends compte à quel point je suis malgré moi pétri de cette mentalité française. Ainsi, certains libertariens écrivaient que cette épidémie était une aubaine pour l’économie (redémarrage orgiaque de la consommation après une période de privations), d’autres allant jusqu’à y voir une « opportunité » de « libérer » des places pour les jeunes ambitieux dans le monde de la politique, du barreau, de la finance, de la recherche ou de l’art. C’est mathématiquement vrai : néanmoins, à la lecture de ces messages, je fus malgré tout choqué. Et pourquoi donc ? Parce que j’ai baigné dès mon arrivée en France dans cette mentalité de nounours et que même si je me positionne désormais à contre-courant de celle-ci, mon esprit en est encore imprégné. Ainsi, si le présent message peut sembler « ultralibéral » voire « satanique » même à un Français partisan du marché, un authentique libertarien du Sud américain y verra un discours socialiste.

    D’autre part, vous accusez Macron d’avoir réagi trop tard. Pourtant, je me souviens que lorsque le gouvernement a commencé à parler de cette maladie, les zilets zaunes et autres complotistes à la petite semelle ont beuglé à la manipulation, accusant LREM d’instrumentaliser le virus pour « faire diversion » et détourner l’attention de l’affaire Griveaux ou de la réforme des retraites. S’il avait pris des mesures de confinement dès février, vous auriez été le premier à y voir une tentative de museler le peuple.

    Ce virus aura au moins eu le mérite de montrer le vrai visage de chacun : antilibéralisme, localusme, délations, complotisme, xénophobie. Voilà les idées qui fleurissent en France depuis le début de l’épidémie. Ces idées n’avaient en fait jamais disparu, elles n’étaient qu’endormies dans l’inconscient des Français, dès lors qu’une crise est survenue, ces vieux démons se sont réveillés. J’aurais espéré que ce fameux Covid contribue à assainir le paysage politique. Mais un virus qui fauche le grand Manu Dibango et laisse en vie d’anciens tortionnaires de l’OAS ou des négationnistes, un tel virus ne mérite que mépris. Quant à l’unité nationale, elle n’est qu’un leurre. Il suffit de lire votre article ou les tweets sinistres de Camus et de Conversano pour s’en rendre compte. Ils ont bien de la chance que le virus ne sélectionne pas ses proies en fonction de leurs idéologies...

    Une dernière chose. Vous énumérez les nombreuses erreurs de l’UE et vous exprimez le souhait que celle-ci implose. Si votre constat est plutôt juste, votre solution ne me le semble guère. Donc, parce que les Tchèques ont volé des masques à l’Italie et que l’Allemagne n’a pas voulu aider les autres pays, il faudrait détricoter l’Europe et revenir aux États-Nations et au repli nationaliste ? C’est un raisonnement étrange car en vérité les comportements que vous dénoncez relèvent justement de l’égoïsme nationaliste. Contrer le chacun pour soi par encore plus de chacun pour soi est pour le moins sophiste (et après on accuse les libéraux de prôner la prédation quand le nationalisme n’est rien d’autre que l’extension de l’égoïsme à l’ensemble d’une ethnie ; or, l’égoïsme grégaire et racial est plus dangereux que celui des individus car il tue). A mon avis, la solution serait davantage d’Europe et moins de nation. Une Europe aux cent drapeaux, fédérale, espérantophone et régie par une élite platonicienne éclairée, telle qu’elle fut rêvée par le comte Coudenhove-Kallergi serait le meilleur remède contre l’égoïsme porcin des foules et contre le regain nationaliste qui nous guette.

    Cordialement,

    N. K.

    PS : Outre quelques piques volontairement rabelaisiennes, je tiens à saluer sincèrement l’effort du personnel soignant qui se bat pour enrayer la pandémie. Dédicace spéciale à ceux/celles qui sont venu.e.s de l’étranger, d’Algérie, d’Europe de l’Est ou d’Amérique latine, et qui risquent leur vie pour sauver des personnes ayant probablement chanté « Maréchal, nous voilà » en 1942... La médecine ne connaît ni frontières, ni ethnicité.

    PPS : Pour celles et ceux qui veulent continuer à lire mes articles, ils pourront me retrouver bientôt chez le Club de Médiapart et sur le blog dédié au libertarianisme que je compte ouvrir. Adieu, AgoraVox !



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 9 juillet 2019 18:54

    Bonjour @popov

    Mon article sur l’opportunisme avait justement pour but de démontrer que ce n’est pas une immoralité ou un retour à l’état barbare mais bien un comportement humain et une pensée politique morale. Défendre l’opportunisme politique n’empêche pas d’avoir des valeurs. L’individualisme/opportunisme n’est pas une apathie ni un voyeurisme sadique : évidemment que si un enfant se noie ou si une femme se fait agresser, un individualiste doit intervenir et aider la personne, le contraire serait de l’inhumanité. Mais, il refusera d’aller faire la guerre ou de payer plus d’impôts pour la collectivité, car il n’en reconnait pas la légitimité. Aider une personne en difficulté est un devoir humain, mais se plier à la collectivité et se sacrifier pour un prétendu « intérêt commun », c’est juste de la sottise. L’aide ou l’échange de services (et non de « dons », ce concept étant hypocrite) se passe entre individus mais pas avec la collectivité. Le principe d’altruisme libéral est le suivant : je vous aide non pas parce que la loi me l’ordonne ou pour plaire à un dieu et avoir ma place au paradis, mais parce que vous êtes un individu comme moi et que je fais le libre choix de vous venir en aide, d’humain libre à humain libre - avec l’espoir non-dissimulé que vous en ferez de même pour moi si les rôles sont inversés. Comme disait la philosophe Ayn Rand, l’individualisme rationnel est « la pensée la plus morale et la plus honnête qui soit ». Car, contrairement aux idéalistes, un individualiste ne prétend pas être désintéressé et n’a pas peur d’admettre qu’il agit aussi dans son intérêt propre avant la collectivité. Je ne dis rien de plus ici. Comme vous le soulignez, j’ai un patronyme étranger, il se trouve que je suis en plus malvoyant - si on y ajoute mon libéralisme, celà fait de moi une cible privilégiée de l’extrême-droite. Et n’oublions pas qu’ils me voient comme un apostolat qui a osé ouvrir les yeux et quitter leurs rangs. Bref, si ces gens prenaient le pouvoir, ma sécurité serait loin d’être garantie. Donc, combattre cette idéologie n’est pas totalement désintéressé dans mon cas, et je n’ai aucun tabou à l’admettre. C’est aussi mon intérêt propre qu’ils n’arrivent pas au pouvoir ; celà ne m’empêche nullement d’avoir des valeurs morales, de combattre sincèrement pour l’émancipation des minorités et d’aimer fraternellement ces dernières. Mais, contrairement à un idéaliste, je n’aurai pas la malhonnêteté de prétendre que ce combat pour les minorités est un don sans intérêt de ma personne : non, il s’agit bien d’échange car il se trouve que les migrants, les musulmans et moi, avons un intérêt commun à ce que le nationalisme n’arrive pas au pouvoir. L’individualisme est une sortie de l’hypocrisie et une entrée dans la morale authentique. C’est en tous cas ainsi que je vois les choses.

    Vous avez en tous points raison sur la Géorgie dont l’histoire est fort riche depuis le Paléolithique et assez ignorée par le monde de la recherche. Il y aurait en effet beaucoup à raconter. Cependant, je ne souhaite pas qu’on assimile mes articles à de la propagande chauvine. Combattre le nationalisme français tout en racontant l’histoire et la culture de mon pays d’origine, certains auraient tôt fait d’y voir un paradoxe voire la concrétisation de leur fantasme de « Grand Remplacement », ce qui leur donnerait du grain à moudre. Quand la menace brune sera définitivement écartée, je compte bien lâcher pour toujours la politique et écrire en priorité sur mes grandes passions que sont l’art, l’histoire et la spiritualité ; là, je vous parlerai avec plaisir de cette histoire plurimillénaire. Ceci dit, puisque vous semblez intéressé (ce qui est à votre honneur, beaucoup de gens ne s’intéressant même pas à l’histoire de leur propre pays, tant leur curiosité est anesthésiée), je ne saurais vous laisser sans réponse. Donc, voici une petite introduction schématique.

    Comme vous le dites, l’homo georgicus est un des plus anciens hominidés trouvés hors d’Afrique : il daterait d’environ 1,8M années. C’est un des rares hominidés carnivores de cette époque, ce qui lui a permis de survivre à de si hautes latitudes. Mais c’est au néolithique qu’on a le plus de traces historiques : on sait notamment que ce serait le berceau de la viticulture vers -5000, à noter d ailleurs que le mot « vin » proviendrait lui-même de la langue géorgienne. Cette langue, justement, est un isolat linguistique dont on n’a pu établir aucune parenté avec certitude. L’hypothèse d’un cousinage avec le basque - envisagée par certains linguistes et anthropologues - me paraît personnellement fantaisiste. Je penche davantage vers l’hypothèse sumérienne, eu égard aux similitudes grammaticales et phonétiques entre les deux langues. Bien sûr, je ne dis pas que je descends des Sumériens : je pense que les proto-kartveliens et les proto-sumériens formaient deux branches collatérales d’un même proto-groupe ethno-linguistique qui a du se scinder vers la fin de l’ère glaciaire. Quoi qu’il en soit, les premières mentions des Géorgiens (ou plutôt proto-Géorgiens) sont en akkadien et remontent au XXème siècle avant notre ère : il s’agissait alors de petites principautés vassales de l’empire akkadien auquel elles payaient tribut. D’après Hérodote, des Égyptiens s’y seraient également installés suite à une expédition militaire vers -1850. Même si je trouve l’hypothèse séduisante, elle est sans doute fausse, aucune source égyptienne n’attestant une expédition si lointaine. Ensuite, l’âge de bronze et le début de l’âge de fer sont assez méconnus faute de sources. On sait qu’il y avait deux grands royaumes (Diauehi et Colchis) et qu’ils étaient tour à tour sous l’influence hittite, babylonienne, puis assyrienne et perse, en gardant malgré tout leur indépendance. Malheureusement, ces deux royaumes se faisaient la guerre entre eux au lieu de s’unir, ce qui a provoqué leur anéantissement mutuel au VIIeme siècle : ils étaient économiquement et militairement exsangues à force de se déchirer, si bien que l’empire perse n’a eu aucun mal à les annexer. C’est finalement Alexandre qui a libéré les Géorgiens de l’emprise perse en 330. Mais les Grecs étaient en fait présents depuis plusieurs siècles (surtout à l’ouest, où ils avaient fondé plusieurs cités). La renaissance d’un état géorgien s’opère en -302, lorsque Pharnabaze 1er, fils d’un roitelet local, réussir à unifier les diverses petites principautés et à créer le vrai premier état géorgien auquel il donne un alphabet, un code juridique, une organisation militaire ainsi que la religion mazdeiste venue d’Iran (remplaçant ainsi l’ancien panthéon polythéiste). Ses descendants ont su étendre la domination géorgienne vers ke Caucase et maintenir tant bien que mal leur indépendance face aux royaumes hellénistiques puis face aux Parthes et aux Romains.

    Vous évoquez la conversion au christianisme. Cela se passa en 334 sous le règne de Mirian III, un roi d’origine iranienne. Selon la tradition, la reine avait une servante qui avait réussi à la convertir et elle-même aurait converti son mari qui aurait eu une vision... La vérité, c’est que Mirian III voulait sortir son royaume de la suzeraineté des Perses sassanides (avec lesquels la Géorgie partageait la foi mazdeiste) et se rapprocher de Rome dirigée alors par Constantin. Dès 298, il avait signé un traite d’alliance avec Rome pour sortir du cercle d’influence perse. Sa conversion est donc à considérer sous un angle plutôt politique que mystique.

    Pour ce qui est du siège de Bagdad en 1258, j’admets (non sans rougir) que j’ignorais totalement la participation géorgienne. Merci de me l’apprendre smiley. Je savais cependant que la Géorgie était alors sous l’influence des Mongols, apparus peu après le décès de la reine Tamar 1ère (1213) dont le règne est un âge d’or politique, économique et culturel dans l’historiographie géorgienne... un âge d’or de courte durée puisque le pays perdit vite son indépendance et fut obligé de combattre aux côtés des maitres en vertu du traité de 1240 faisant de la Géorgie un pays vassal de l’empire mongol... d’où la participation forcée de Géorgiens au terrible siège de Bagdad. Je veux cependant croire qu’ils n’ont pas pris part aux exactions contre les civils, mais tout est possible...

    Il y aurait bien sûr beaucoup plus à dire sur l’histoire de ce pays. Le mythe des Argonautes et celui de Prométhée, par exemple, qui tirent leurs origines là bas. Les rapports entre Grecs et Géorgiens mériteraient un article en soi. Je n’ai pas non p !us évoqué le règne de Vakhtang 1er au Vème siècle qui constitue le premier âge d’or de la Géorgie, ni les siècles obscurs (500-900) faits de guerres civiles, et, enfin, la réunification du royaume au Xème siècle. On pourrait y ajouter la libération du joug mongol au XIVème puis la lutte contre l’Iran et les Ottomans entre 1500 et 1800, et l’annexion par la Russie tsariste en 1801 jusqu’en 1918 et l’annexion par l’URSS en 1921 après seulement trois ans d’indépendance jusqu’en 1991. Pour ne pas surcharger mon commentaire, je vais m’arrêter là même si chacun de ces épisodes mériterait un article à lui seul. Les historiens orientalistes expliquent tout ceci bien mieux que moi, je ne peux que vous inviter à vous tourner vers leurs recherches si vous êtes intéressé par des informations complémentaires, ce commentaire n’étant qu’une introduction d’introduction. En revanche, je vous déconseille les historiens géorgiens qui adoptent une vision ethnocentrée dans leurs recherches et manquent hélas de rigueur scientifique. Je vous déconseille également les historiens russes qui, eux, au contraire, prennent systématiquement le parti anti-géorgien et interprètent l’histoire de ce pays à l’aune de la propagande kremlinienne. Bref, tant que le nationalisme embrumera les consciences (de part et d’autre) les historiens ne feront pas de recherche mais de la propagande.

    J’espère que mon commentaire aura répondu à vos questions.

    Cordialement

    Nicolas K.



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 8 juillet 2019 19:57

    Bonsoir @Alexis

    C’est une pratique assez répandue dans les pays d’Europe de l’Est ; elle n’est sans doute pas universelle.

    Cordialement

    Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 8 juillet 2019 19:45

    Bonsoir @Laconique

    Aucune raison particulière. Je souhaite simplement souffler un peu et parler d’autre chose que de mes thèmes habituels. Si c’était de moi, je n’aborderais pas du tout la politique et j’écrirais exclusivement sur l’art, la littérature, la musique, l’histoire, le sport, les langues etc... Mais, tant que les nuages sombres menaceront nos libertés et notre diversité, je n’aurai hélas d’autre choix que de mettre ma plume au service de mes valeurs quitte à replonger dans le marigot politique - non pas que j’aie l’illusion de pouvoir influer sur la marche du monde avec mes articles, mais je ne peux tout simplement pas rester indifférent à l’oppression des minorités et aux menées d’idéologies antidémocratiques. Ceci dit, j’aime bien m’accorder une pause de temps en temps et écrire sur les sujets qui me passionnent vraiment.

    Cordialement

    Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 8 juillet 2019 19:15

    Bonsoir @Fergus, enchanté de voir que vous lisez mes articles. J’apprécie également les vôtres qui abordent d’autres sujets que la politique et donnent un peu d’air frais à AV.

    Votre explication est très sensée et rejoint la mienne. Le lapin se disait « cuniculus » en latin, ce qui ressemble à un mot que nous connaissons en français mais qui n’a rien à voir avec les lapins. smiley C’est que « cunus » désigne bien le sexe féminin, d’où le mot « con » en français qui signifie aujourd’hui quelqu’un de bête ou de grossier mais qui désignait autrefois le vagin. Ce glissement de sens est révélateur d’une dévalorisation constante du sexe féminin qui trouve en effet ses origines dans la misogynie des sociétés anciennes. Nous parvenons aux mêmes conclusions puisque nous relions ce tabou à un autre tabou frappant la présence de femmes à bord ; l’interdiction du lapin n’en est que le prolongement symbolique.

    Salutations

    Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 6 juillet 2019 17:17

    @Feste

    Celà vous est-il si agaçant qu’un jeune ait un raisonnement politique original ? Certes, je ne suis encore qu’étudiant et je n’ai pas une grande expérience de la vie. Mais j’en connais assez pour affirmer que le racisme est un fléau général en Occident et que les jeunes des banlieues sont discriminées. Dans mes articles, je n’outrepasse jamais mes domaines de competence, vous ne me verrez jamais écrire sur les mathématiques ou la physique quantique. Si j’écris tellement sur l’oppression, les discriminations et la xénophobie, c’est que je vois celà tous les jours et que j’en ai moi-même été la cible.



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 22 juin 2019 15:26

    Bonjour @Sozenz

    Le patriotisme (qu’il soit français, américain, russe ou autre) est une fadaise. Tous ces gens prêts à crever au nom d’un idéal qu’ils nomment « patrie », prêts à servir de chair à canon au nom d’une prétendue « liberté », cela me fait bien sourire. Vous dites qu’être patriote signifie s’aimer soi-même, mais je pense au contraire que donner sa vie pour la collectivité est le signe qu’on ne considère pas avoir de valeur propre et qu’on ne se conçoit pas autrement qu’une pièce d’un grand puzzle collectif. Et puis, c’est le hasard des naissances qui fait de nous des Français, des Allemands ou des Chinois. Faut-il que cette loterie originelle gouverne toute notre vie ? Personnellement, je me sens tout à fait apatride : je n’ai aucun attachement particulier envers mon pays de naissance ou envers mon pays d’accueil. Je respecte bien sûr la culture géorgienne et la culture française, qui ont toutes deux un attrait certain, mais je ne servirai de chair à canon ni pour l’une ni pour l’autre. Si demain il y a la guerre, je déserte à coup sûr, non par lâcheté ou par traîtrise, mais parce que je considère justement que mon existence vaut plus qu’un bout de lopin. Prenons un exemple : 10 millions de morts durant la Grande Guerre, et il y a encore des cons pour parler de « victoire »... victoire de qui ? Ok, on a repris l’Alsace et on a bouté les Prussiens, super, et après ? Sommes-nous vraiment libres et plus heureux qu’on l’aurait été si Guillaume II avait gagné ? En tant qu’individu je me fiche bien que mon argent aille dans les poches du Kaiser ou dans celles du fisc français. Le résultat est le même : une autorité s’arroge le droit de rançonner les gens et de freiner leurs libertés individuelles : on se fiche pas mal de savoir si cette autorité étatique soit française, prussienne ou neptunienne, le résultat liberticide est le même. Il y aura la paix dans le monde quand les individus comprendront que la seule patrie valant la peine d’être défendue, c’est l’humanité. L’abolition des frontières et la création d’une gouvernance mondiale libérale (redoutées par tous les patriotards du monde) aura le mérite de faire disparaitre les conflits territoriaux. Car tous les conflits ont pour origine le sentiment d’appartenance à une communauté religieuse, ethnique ou politique. Les individus seuls ne font pas la guerre, seule la galvanisation collective et la fonte des individus dans une communauté les amène à être violents envers leurs semblable et à persécuter autrui pour son origine ou sa foi, ce, au nom de leur propre sentiment d’appartenance (souvent inculqué par la famille ou l’école) à une religion ou à une entité nationale. L’abrogation de ces appartenances aurait pour résultat la fin des guerres ethniques et religieuses. Jérusalem revient-elle à Israël ou à la Palestine ? L’Ossétie est-elle ipso jure russe ou géorgienne ? Le Cachemire doit-il revenir à l’Inde ou au Pakistan ? Et quid du Kosovo, est-il serbe ou albanais ? Je défie quiconque d’apporter une réponse fondée et objective à ces questions. Mission impossible car il n’y a pas de réponses objectives et absolues : chaque partie aura des arguments allant évidemment dans son propre sens. Et de fait, la ferveur que met un rebelle palestinien à servir sa cause n’est pas moindre que celle du soldat israélien qui sert la sienne. Les deux sont aussi stupides l’un que l’autre puisqu’ils font passer un idéal politico-religieux devant leur propre existence. Ma réponse - laquelle, faute d’être objective, est le fruit d’une longue réflexion - serait la suivante : partout où le patriotisme et la religion sont à l’oeuvre, c’est le merdier total et une poudrière pouvant mener le monde au chaos. Vive le libéralisme, seul rempart face aux fanatiques nationalistes et religieux !

    Cordialement

    Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 18 juin 2019 19:42

    @marmor

    On peut défendre les droits de la minorité musulmane sans être soi-même musulman, cela s’appelle l’humanité, une qualité étrangère à l’extrême-droite.



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 15 juin 2019 19:42

    @berry

    Bonjour. Ce monsieur est effectivement docteur en histoire et a exercé à l’université avant d’en démissionner en 1988 officiellement parce que ses idées sur la Révolution ne plaisaient pas. Enfin, c’est ce qu’il dit lui-même, sa démission aurait été contrainte. Mais aucune source ne permet de l’attester. Des types comme François Furet et Jean de Viguerie, furieusement contre-révolutionnaires, ont été libres d’exercer durant des décennies et grassement payés en tant que professeurs d’université (plus de 6000€ par mois). Gollnisch, numéro 2 du FN pendant des années, était lui aussi prof à la fac de Lyon. L’integriste Salamito enseigne lui aussi à la Sorbonne où il est titulaire d’une chaire. Thierry Lentz, fanatique de Bonaparte et hostile à l’islam est aussi prof de fac, comme le catho tradi Henri d’Entramont qui a enseigné à l’ESSEC où officie également le frère de Philippot. Bref, être d’extrême-droite n’est absolument pas un problème dans l’université française, bien au contraire c’est un plus car il y a tout un lobby catho-facho à l’oeuvre dans le monde universitaire.-

    En bon catho de droite, Sécher se fait passer pour une victime du Système mais on a toutes les raisons de penser qu’il affabule. Premièrement, aucune source ou témoignage n’atteste de pressions qu’il aurait subies. Si tel avait été le cas, il aurait été défendu par son ami Furet, or, même ce dernier a assuré qu’il n’avait eu vent d’aucune pression contre Sécher et que celui-ci ne lui en avait jamais fait part. D’autre part, on peut s’étonner que l’ire de la gauche se soit abattue sur lui seul et que les autres universitaires dextrogyres aient été épargnés, surtout que ses thèses n’étaient pas aussi subversives qu’il le prétend. En outre, il prétend avoir postulé à 20 postes et avoir toujours été recalé, or, surprise, aucune archive ne confirme qu’il ait formulé quelque demande que ce soit, alors que les demandes des universitaires postulants sont toujours archivées (même en cas de refus) par le CNU. Enfin, il ne cesse de pleurnicher auprès du CSA et se fait continuellement passer pour victime d’une censure alors même qu’un prix littéraire vient de lui être décerné pour son opuscule dextrogyre par... Christophe Barbier en personne, et qu’il est continuellement interviewé par des sites comme Boulevard Voltaire, Atlantico ou le Figaro.

    La vérité, c’est que M. Sécher affabule. Il n’a jamais été contraint à démissionner pour ses idées. S’il s’est cassé de la fac, c’est juste qu’il a flairé un meilleur filon. En effet, un maitre de conférences nouvellement nommé ne gagne « que » 2700 euros bruts par mois. M. Sécher, après avoir quitté l’université, a d’abord été directeur de com auprès de plusieurs députés avant d’être nommé haut-fonctionnaire auprès de la région Poitou-Charentes puis d’enseigner dans de prestigieuses écoles privées à l’étranger et d’animer des émissions « culturelles » à la radio. Pour chacun de ces postes, son salaire était au moins deux fois supérieur à ce qu’il aurait gagné en restant comme simple prof de fac. Et comme en France les gens complexent quand il s’agit d’argent et qu’il est de mauvais ton de dire qu’on a changé de poste juste pour un meilleur salaire (le métier de prof étant considéré comme une vocation quasi-religieuse où les basses questions pécuniaires ne sauraient être prises en compte), l’ami Reynald s’est inventé un passé de martyr discriminé pour ses idées. Il n’est pas le seul dans ce cas. Le juriste publiciste Frédéric Rouvillois dit lui aussi avoir quitté l’université car il n’en supportait plus le prétendu « freudo-marxisme »... Sauf que ce dernier enseignait à Assas (comme fac de gauche, on a vu mieux...) et surtout il est parti non pour des raisons idéologiques mais parce le prince Albert lui a proposé de devenir juge à la Cour Suprême de Monaco où il a siégé pendant huit ans avec un salaire mensuel de 20 000 euros et une maison de fonction avec voiture... pas fou l’ami Freddy, il a forcément accepté : entre enseigner le droit public à des gudards alcooliques et se dorer la pilule sur le Rocher, le choix était vite fait. Et encore, j’évoque ici les cas que je connais personnellement mais qui sait combien d’autres censurés imaginaires déversent leur propagande droitarde et se font passer pour les victimes d’un Système dont ils sont les premiers à profiter.

    En comparaison, il n’y a que très peu d’universitaires indigenistes ou même simplement issus de la banlieue. Des profs musulmans ont été virés parce qu’ils n’avaient pas serré la main à une inspectrice ou parce qu’ils avaient été vus par des parents à une manif pour la Palestine, quand ce n’est pas pour une barbe ou (pour les femmes) une robe jugées « trop longue ». Et les rares universitaires banlieusards exerçant à l’université sont à la merci de leur hiérarchie qui les virera sans merci s’ils sont jugés trop contrevenants à l’ordre établi, à l’instar du brillant scientifique Adlene Hicheur qui a vu sa carrière ruinée et qui s’est retrouvé en prison pour une anodine conversation privée. Et comment ne pas évoquer le professeur Boudarel (certes pas un banlieusard mais néanmoins un brave enseignant à la carrière brisée par la droite) dont le nom a été à jamais sali par la propagande dextrogyre. Ce brave fils d’ouvrier, devenu universitaire grâce à son seul talent, fut faussement accusé d’avoir torturé des soldats français en Indochine. Or, s’il est vrai qu’il était du côté des combattants vietnamiens, il n’a fait que faire des lectures marxistes aux prisonniers français et leur prodiguer des cours de russe, car il voulait donner la chance à ces cathos de bonne famille de voir d’autres réalités politiques et leur faire comprendre que la France n’avait pas sa place en Indochine. Sa récompense aura été d’être catalogué parmi les pires criminels contre l’humanité. Ce qu’on ignore volontairement, c’est que certains soldats et officiers cathos sont devenus communistes grâce à lui et certains sont même partis vivre en URSS.

    Bref, s’il y a dans l’université française des pressions idéologiques, elles ne viennent sûrement pas de la gauche ou de l’islam mais de la droite. J’espère qu’un jour un gouvernement courageux passera au tamis ce microcosme universitaire pour en extraire définitivement la mauvaise graine nationaliste et rendre à l’université son rôle premier : former les jeunes aux métiers qu’ils exerceront durant leur vie active.



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 15 juin 2019 13:52

    @Julien30

    Cher Monsieur, au vu de vos prises de position, je comprends fort bien que vous défendiez la pire des extrême-droites. Peut-être en partagez-vous certaines visions. Pour ma part, je connais de l’intérieur ce nid de cloportes et je suis d’autant plus déterminé à en révéler la dangerosité. L’extrême-droite m’a volé une partie de ma jeunesse et profané ce qui m’était le plus cher, elle a tenté de m’embrigader et de me faire renoncer à mes origines. Mais, si c’était seulement ça, je serais enclin à pardonner, n’étant pas rancunier par nature. Si je suis déterminé à combattre la propagande nationaliste, c’est avant tout pour alerter les citoyens et épargner aux autres jeunes ce que j’ai traversé, afin qu’ils ne soient pas séduits par cette idéologie dangereuse. Donc, non, je n’arrêterai pas de dénoncer cette idéologie tant qu’existera l’éventualité de son arrivée au pouvoir.



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 30 mai 2019 17:24

    @Cadoudal

    Je suis effectivement un ami de l’islam et je suis même bénévole au CCIF que j’aide notamment à traquer les articles et vidéos islamophobes sur le net. Je ne suis cependant pas musulman moi-même. Si vous voulez tout savoir, j’ai rompu avec le christianisme après 2017 et je me considère comme panthéiste (c’est à dire que le Divin n’est pas perçu comme une personne physique exogène et transcendante mais une Force (ou un Principe, voire un Esprit, ça dépend de la vision de chacun) immanente qui est en toute chose, y compris en nous... un peu comme dans Star Wars, si vous voulez). Je suis donc plus proche du paganisme et du bouddhisme ou de la franc-maçonnerie libérale que de l’islam qui est une religion théiste abrahamique. Je crois en outre au féminin sacré et à la non-dualité Bien/Mal. Et je crois aussi au Héros nietzscheen : l’homme (ou la femme) prométhéen animé par un désir de liberté et de puissance aussi bien sur le plan économique que politique et intellectuel. Ce qui m’amène à rejeter l’État, la protection sociale, la religion, la notion de collectivité et de patrie, bref, tout ce qui tend à fondre l’individu dans le collectif et à brimer son élan de vie. On peut donc dire que l’anarcho-libéralisme n’est pas seulement mon credo politique mais aussi spirituel.

    Si je suis un ami et un défenseur des Musulmans, ce n’est donc pas par convergence religieuse même si j’admire malgré tout leur religion qui contient aussi ces principes prométhéens de dépassement, de bravoure, de vertu, de pudeur, d’accomplissement, d’esthétisme et de puissance. Nietzsche et Hegel, philosophes de l’héroïsme, étaient d’ailleurs subjugués par cette religion tout comme des personnages héroïques et hauts en couleur tels Napoléon, Richard Burton et Lawrence d’Arabie qui faillirent même s’y convertir. Je défends les Musulmans aussi parce que j’aime beaucoup leur mode de vie qui constitue le dernier rempart de la vertu face à la déliquescence morale que l’Occident veut universaliser. Je défends l’islam parce que cette religion est haïe et persécutée aussi bien par les nationalistes de droite que par les universalistes de gauche, deux faces d’un même médaillon occidental colonisateur. Je défends les Musulmans parce qu’en tant que libéral je souhaite qu’ils aient les mêmes droits et les mêmes libertés que moi. Je défends les Musulmans parce que j’aime la culture et l’histoire du monde arabo-musulman auquel l’Occident doit énormément. Et enfin, je défends les Musulmans parce qu’ils représentent un solide contrepoids face à l’extrême-droite à laquelle j’ai déclaré une guerre sacrée et inextinguible.

    Ceci dit, je ne défends pas uniquement les Musulmans. Les Noirs, les Asiatiques, les immigrés de toute origine et même les Français ayant des origines italiennes, portugaises, espagnoles ou autres qui habitent en banlieue et qui sont contre l’extrême-droite, tous ceux-là sont mes frères. Je défends aussi les Bretons, les Corses, les Basques, les Alsaciens, les Savoyards, les Niçois, les Ultramarins, les Polynésiens, les Kanaks, bref, tous ces peuples floués par l’entité France qui occupe indûment leurs terres. Comme je défends les Lapons, les Palestiniens, les Kosovars, les Tchétchènes, les Aborigènes, les Amérindiens, les Hawaiens, et tous les peuples occupés ou génocidés par l’impérialisme occidental. Bref, je suis certes un défenseur et un ami de l’islam mais je défends en général toute personne ou tout groupe lésé par l’Occident, à l’instar du grand Hannibal qui - jusqu’à son ultime souffle - n’eut de cesse de se dresser contre l’impérialisme romain.

    Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 30 mai 2019 13:50

    @Alexis

    J’ai quelques nouvelles photographies mais elles ne sont pas très officielles pour que je les mette en photo de profil. Par contre, si vous voulez, vous pouvez taper mon nom dans Google images, et normalement il y a une photo de moi avec un monsieur et une jeune femme qui doit apparaitre sur le site de Ouest-France, j’ai effectivement une petite barbe sur cette photo smiley. Cette photo a été prise dans le cadre des Européennes où j’ai eu l’honneur de faire campagne avec les fédéralistes pour créer les États Unis d’Europe.

    En revanche, je dois vous avouer que je n’apprécie pas trop vos sous-entendus à propos de Mme. Bouteldja. Premièrement, je ne la connais pas en IRL et deuxièmement c’est une femme de 49 ans. Un peu de courtoisie serait donc plus avenu. Je n’ai cependant aucun souci à reconnaître une certaine admiration intellectuelle face à sa pensée que j’ai découvert il y a quelques années. La seule chose que je lui reproche, c’est son antilibéralisme. Selon moi, le libéralisme n’est pas le mal mais le remède. La banlieue ne doit pas quémander les aides et les quotas de l’État, elle doit au contraire s’en affranchir et seul le marché peut être vecteur de cette libération. En restant sous la coupe de l’État et de son assistanat, la banlieue valide les thèses racistes et s’en fait complice, en outre, elle se condamne à n’avoir aucun pouvoir. En embrassant le libéralisme, les personnes issues des banlieues diraient ouvertement « Merde ! » à l’État et prendraient en main leur destin. Et ça permettrait l’émergence d’une classe d’affaires issue de l’immigration qui aurait de l’influence sur la politique. Imaginez en effet des banlieusards devenus milliardaires auxquels les politiciens quémanderaient des financements, ou bien des chaînes télévisées possédées par des immigrés... Nous tiendrions alors les institutions et les médias, et nous pourrions infléchir l’agenda politique dans notre sens. Enfin, ça ferait fermer leur bouche aux fachos car pendant qu’ils sont au RSA et bouffent des conserves avariées, nous aurions bâti une véritable thalassocratie économique banlieusarde et nous roulerions en Ferrari avec des créatures de rêve... bref, ça ferait à jamais mentir les thèses racistes. Donc, sur ce coup, je partage davantage l’avis de Thomas Sowell que de Mme. Bouteldja. Je ne veux pas d’une banlieue assistée et confite dans un rôle de victime éternelle, je veux une banlieue prométhéenne qui aspire à l’ascension sociale et au pouvoir. Je ne souhaite pas que les banlieusards soient cantonnés au rôle de footballeur, humoriste ou rappeur : j’aspire à voir des entrepreneurs, des académiciens, des traders, des professeurs, des magistrats et des généraux banlieusards.



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 29 mai 2019 18:07

    @Garibaldi2

    Je suis tout à fait d’accord. Il n’a pas un grand talent artistique. C’est bien ce que je dis dans mon article : si le but est de critiquer l’Occident et son impérialisme (ce qui est un fort noble combat), que ce soit avec panache et raffinement.

    Je suis très critique envers le rap car il est un outil de ségrégation et l’expression du white privilege. Il véhicule en effet le préjugé que nous, enfants de la banlieue, serions incapables de nous exprimer artistiquement par d’autres moyens que le hip-hop et l’agressivité. Je rêve qu’un jour il y ait des Hugo, des Verlaine et des Corneille issus de l’immigration et de la banlieue. Non seulement qu’ils égalent ces auteurs mais qu’ils les surpassent.

    Je me suis d’ailleurs opposé à Mme. Bouteldja qui voulait virer Flaubert des programmes scolaires à cause de ses déclarations odieusement racistes et islamophobes. Je lui ai écrit une lettre ouverte où j’ai affirmé que la solution n’est pas de censurer Flaubert (qui était un homme du XIXème siècle, sujet aux préjugés de son temps) mais de produire des écrivains de banlieue qui, par leur génie créateur, leur style et leur raffinement, fassent pâlir la renommée de Salammbo et de Bovary et fassent à jamais mentir les préjugés racistes de leur auteur (à ce propos, Salammbo est bel et bien un roman islamophobe et colonialiste écrit pour cautionner la conquête française de l’Algérie, Carthage symbolisant les indigènes tandis que Rome figure la France « civilisatrice », mais tout ça je le détaillerai dans un article futur).

    Bref, si on veut lutter contre le racisme culturel, on n’y arrivera pas en boudant la culture classique et en se réfugiant dans la sous-culture. Il faut au contraire s’approprier cette culture classique pour ensuite la dépasser et la refonder en y ajoutant des éléments de nos propres cultures. Par exemple, si un émule banlieusard de Châteaubriand composait « le Génie de l’islam » ou si un émule de Zola faisait des romans pour évoquer la dure vie des travailleurs immigrés, ou si, tel Voltaire, un philosophe issu de la banlieue dénonçait avec verve le nationalisme et le racisme. Je pense à l’instar de Grammsci qu’on ne peut remporter un combat politique sans avoir au préalable remporté le combat culturel. Ainsi, ce que font Bouteldja, Messaoudene et les camarades du CCIF est éminemment utile mais leur combat ne peut porter des fruits sur le long terme que s’il y a en parallèle un combat culturel contre le racisme et contre les idées de l’extrême-droite. Et ce combat ne peut passer que par la beauté et l’esthétisme.

    Cordialement

    Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 29 mai 2019 16:49

    @Ozon

    Ne serait-ce pas le « journaliste » Laurent Ozon qui se cache derrière ce pseudo ?



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 28 mai 2019 15:53

    @Julien30

    Il s’agit de dénoncer l’impérialisme occidental et non l’occident en tant qu’entité physique (d’ailleurs l’Occident est avant tout une construction sociopolitique arbitraire et n’a aucune réalité physique). Vous voyez, vous tombez dans le même piège que ceux qui s’offusquent de la chanson de N. Conrad sans l’avoir écoutée et sans avoir saisi qu’il ne parle pas de la France en tant que pays mais en tant que système sociopolitique.



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 19 avril 2019 15:07

    @foufouille

    Vous avez raison pour les USA. Mais ce pays est loin d’être libéral. Je remarque que les libéraux comme les antilibéraux font des USA le parangon du libéralisme, ce qui est totalement faux. Les USA sont en fait libéraux économiquement (et encore) mais leur modèle politique, juridique, militaire et géopolitique est tout sauf libéral. Militarisme, impérialisme, nationalisme, racisme, tel est le credo de l’oncle Sam. C’est tout sauf libéral.

    Ce n’est pas parce qu’un pays adopte une économie de marché qu’il est libéral. En ce cas, il faudrait aussi considérer que la Chine, la Russie et l’Arabie saoudite sont des pays libéraux... Je ne sais pas vous mais moi, je pense qu’un pays où l’on découpe en morceaux un journaliste dissident et où il y a une religion d’État est fort éloigné du libéralisme. Au fait, le Figaro, journal islamophobe s’il en est, n’a jamais condamné le meurtre de Kashoggi et les exactions du régime saoudien. Normal, leur président vend des armes au sultan...

    Tout ça pour dire que le capitalisme économique n’est pas toujours synonyme du libéralisme économique. Car, avant d’être une vision économique, le libéralisme est une voie philosophique. La liberté économique est inséparable de la liberté d’expression, de la liberté de conscience, de la liberté de circulation et de la liberté sexuelle. Or, les pays dits libéraux accordent effectivement une illusion de liberté économique (et sexuelle, pour les pays occidentaux) mais piétinent allègrement les autres libertés. Le Patriot Act et Guantanamo sont-ils des éléments libéraux selon vous ? Pas pour moi. Imposer les théories genristes aux petits enfants, est-il libéral pour vous ? Pas pour moi. Des sherifs qui tuent des Noirs sans être inquiétés, est-ce libéral pour vous ? Pas pour moi. Un service de renseignements qui fiche et écoute illégalement ses citoyens, est-ce libéral pour vous ? Pas pour moi. La peine de mort vous paraît-elle libérale ? Pas à moi. Alors qu’on cesse de nous dire que les USA sont un pays libéral. La Suisse, l’Estonie, Taïwan, Hong-Kong, Andorre, le Luxembourg et bien d’autres pays moins en vue sont autrement plus libéraux que les États-Unis.

    Cordialement

    Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 18 avril 2019 20:14

    @foufouille

    C’est tellement caricatural... En Corée du Sud, l’entrée à l’université est hyper sélective et se fait au mérite. Donc si un enfant pauvre a eu de bons résultats, il aura une bourse pour mener à bien des études. Quant aux chiffres que vous annoncez, ils sont issus du magazine à sensations Marianne et ne correspondent à aucune réalité. En Corée du Sud, le chômage est d’à peine 3,5% et l’espérance de vie y est plus grande d’un an et demi qu’en France. La pauvreté concerne uniquement les personnes âgées et cela vient justement du fait qu’à l’époque où ils ont cotisé, le pays n’avait pas encore adopté le modèle libéral et avait le même PIB que le Ghana. Ils font donc les frais de l’ancien système étatique. Le gouvernement a d’ailleurs décidé de réévaluer à la hausse les petites retraites, ce qui montre que le libéralisme peut parfois faire des exceptions et intervenir sur le terrain social : il ne s’agit donc pas d’une machine inhumaine broyant les plus fragiles. Les résultats sont plus que satisfaisants, le taux de pauvreté chez les plus anciens a été divisé par trois. Quant aux bidonvilles, c’est en grande partie une légende. Le fameux quartier de Gangnam était bien un bidonville, il y a 30 ans mais c’est justement l’adoption du libéralisme qui a permis de créer des emplois et de transformer ce quartier en un pôle urbain dynamique. En fait, il ne restait plus qu’un seul bidonville en Corée au début des années 2010, c’était Guyrong, un quartier mal famé de Séoul, mais je crois bien que ce quartier a été modernisé aussi et que le bidonville n’existe plus.

    C’est justement le libéralisme qui a sorti la Corée de la stagnation économique, de la pauvreté et des bidonvilles. C’est grâce à l’effort de travail fourni par son peuple (qui voit le travail comme un effort salutaire et non comme une torture) que ce pays est devenu un des moteurs de l’Asie et une plateforme économique d’importance mondiale. Que préférez-vous alors ? Des fonctionnaires désagréables rémunérés au rabais qui passent leurs journées à faire la gueule et à besogner machinalement un travail répétitif sans espoir de voir leur quotidien s’améliorer ? Un pays de paresseux où non seulement l’effort n’est pas récompensé mais où il est vu avec suspicion ? Un système jacobin où il faut la permission du gouvernement pour se gratter les testicules ? Un système étatiste et collectiviste où l’on fond l’individu dans le moule de la médiocrité et où l’on coupe les têtes qui dépassent ? Si vous voulez vivre dans un tel système, grand bien vous fasse mais j’ai quant à moi des ambitions plus élevées et ne souhaite pas me contenter d’une vie médiocre à la merci de l’État.

    Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 18 avril 2019 17:21

    Bonjour @tashrin

    Je vous remercie. Je note l’emploi du mot « recul » dans votre commentaire. C’était exactement l’esprit de cet article : sortir de l’hystérie et regarder les choses avec une certaine philosophie. Ceux qui fondent en larmes et ceux qui sautent de joie ont en commun d’être dans l’hystérie et irrationnels. En tant qu’apprenti-historien, je trouve complètement débile d’applaudir la destruction d’un monument ; et, philosophiquement, je trouve tout aussi stupide de pleurer pour des pierres et d’endetter l’État encore plus alors que ces 320 millions pourraient être utilisés pour créer des emplois pour les étudiants précaires ou contribuer à la recherche contre des maladies telles que le cancer et Alzheimer. Je trouve en effet que cette société perd la tête et que la logique a cédé le pas au sentimentalisme totalitaire. Merci encore pour votre commentaire encourageant

    Cordialement

    Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 18 avril 2019 13:22

    @Mélusine ou la Robe de Saphir.

    Parce qu’on vous contredit (courtoisement et sans invectives) vous parlez de machisme ? Vous avez juste oublié de mentionner le mot « mansplaining », ça aurait été encore plus dans l’air du temps. Cela me rappelle un certain François F. qui dénonçait la « misogynie » des journalistes enquêtant sur sa feignasse d’épouse. Le machisme et la misogynie sont hélas des fléaux bien réels mais en bradant l’usage de ces mots on les banalise et on dessert ainsi la cause des femmes.

    Votre propos m’apparaît d’autant plus infondé que ce n’est pas la première fois que l’on débat, et j’ai toujours veillé à être courtois et cordial dans mes échanges. Si un homme étranger évoquant ses origines et son engagement libertarien avec une légère pointe d’emphase vous semble relever du machisme, c’est que votre interprétation est biaisée par un cocktail funeste combinant la misandrie, au nationalisme et à un antilibéralisme primaire, trois fléaux qui obscurcissent le jugement de nombreuses personnalités même très cultivées.

    Je pensais que AV était justement un média prônant un féminisme intelligent et l’amitié entre les peuples. Et qu’on y pouvait débattre sans encourir les anathèmes coutumiers des médias classiques. Vous qui êtes une lectrice de Hannah Arendt, vous n’allez tout de même pas choir dans une paresse intellectuelle digne d’une Fourest. Si vous avez lu mes précédents articles, vous savez fort bien que je promeus le féminisme libéral. Le libertarianisme EST un féminisme, puisque ce n’est pas le sexe de la personne (employé, chef d’entreprise, universitaire) qui compte mais son esprit et la richesse (aussi bien pécuniaire qu’intellectuelle) qu’elle peut générer. Les deux figures phares de cette pensée sont justement deux femmes : Rand et Thatcher, l’une posa les jalons intellectuels de la pensée libertarienne et la seconde la fit passer de la théorie à la pratique.

    Je vous souhaite une bonne journée.

    Nicolas Kirkitadze



  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 18 avril 2019 00:44

    Bonsoir @arthes

    Je suis d’origine géorgienne. C’est un petit pays assez méconnu du grand public, sauf pour des trucs dramatiques comme Staline et Beria (qui en étaient originaires, ce qui ne les a pas empêchés d’en décimer la population, dont ma propre famille) ou la guerre d’agression russe en 2008.

    Cependant, on ne saurait résumer ce pays du Caucase à cela. Il y a une grande diversité des paysages, des cultures. D’après les récentes recherches historiques, il semblerait que la Géorgie soit, avec l’Egypte et la Mésopotamie, l’un des trois berceaux de la « civilisation » au sens où on l’entend en Occident. Les premières cultures viticoles sont en effet attestées en Géorgie vers -4500 (et, selon plusieurs linguistes, le mot « vin » serait issu de la langue géorgienne). Avant même cela, l’un des premiers hominidés hors d’Afrique a été découvert dans ce pays, ce qui signifie qu’un établissement « humain » ou du moins pré-humain y existait déjà il y a 1,2 millions d’années. C’est aussi un pays qui a l’une des plus anciennes langues, et l’un des plus anciens alphabets encore en usage, créé par les prêtres héliolâtres au Vème siècle avant notre ère. Enfin, c’est le deuxième pays à avoir adopté le christianisme au début( du IVème siècle (dix ans après l’Arménie, et 150 ans avant la France, « fille aînée de l’Eglise »). A ce propos, le patriarche Elie II et la présidente Salomé Zourabichvili (qui est née en France) ont été les premiers à envoyer leurs plus sincères condoléances au président Macron, ce qui montre bien que  contrairement à ce que dit un commentateur  les Géorgiens ne sont nullement des « ennemis de la France » désireux de « cracher sur elle ».

    Comme je le disais plus haut, l’histoire de ce petit pays est parsemée de luttes pour l’indépendance. La première mention des peuples dits « proto-kartvéliens » remonte à la fin du troisième millénaire avant notre ère. Ils étaient alors des tribus clientes du vaste empire akkadien et se battaient pour leur liberté. Une bataille qu’ils ont du mener ensuite contre les Babyloniens, les Hittites, les Assyriens, les Scythes, les Perses, les Gréco-Macédoniens, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Mongols, les Ottomans, les Iraniens, la Russie tsariste et son successeur soviétique, les Nazis, puis, enfin, contre la Russie postsoviétique de l’indéboulonnable Poutine. Ça en fait, des conquérants et des batailles pour la liberté. « Elle a dû faire toutes les guerres.... », comme dirait l’autre. :)

    Je suis donc tout sauf un jouisseur atavique qui ignore le prix du sacrifice et du sang versé. C’est justement mon attachement inné à la liberté qui me conduit à prendre du recul face aux injonctions médiatoco-politiques, à conchier l’Etat, forme modernisée de l’asservissement. A notre époque, il n’y a plus de hordes mongoles ou magyares déferlant pour razzier nos récoltes : ce flambeau a été repris par cet ennemi intérieur qu’est l’Etat. Si mes ancêtres se battaient contre Alexandre et Pompée, je souhaite combattre, à ma petite échelle, ceux qui en sont les héritiers et qui prétendent régenter ma vie à coups de pressions fiscales, de réglementations diverses, de lois liberticides et d’assistanat. Si mes aïeux ont versé leur sang pour ne pas payer de tribut aux empereurs et aux califes, n’est-ce pas mon devoir à moi de lutter contre l’étatisme ? Quelle différence faites-vous entre les collecteurs d’impôts envoyés par Genghis Khan et le fdp d’huissier qui vient toquer à votre porte à 5 heures du matin ? Personnellement, je n’en vois aucune. Les deux sont des incarnations de l’arbitraire, que me chaut que cet arbitraire soit d’un pays étranger ou du mien ! Le résultat est le même : moins d’argent pour moi et plus pour les poches d’un tiers, moins de liberté pour moi et plus de pouvoir pour un autre. Le libéralisme n’est donc aucunement dans l’air du temps, c’est même la forme suprême de la dissidence (bien plus que le nationalisme qui, lui, n’est absolument pas anti-système). Là où le nationalisme veut remplacer ce système par son propre système encore plus liberticide, le libertarianisme veut supprimer la notion même d’arbitraire. Les faux révolutionnaires veulent renverser l’empereur pour prendre sa place : les vrais veulent renverser le trône.

    En un sens, on peut donc dire que mes origines ont influencé mon choix politique libertarien. :) La philosophe Ayn Rand a d’ailleurs souvent évoqué Prométhée dans ses oeuvres : c’était, selon elle, l’accomplissement suprême de l’être humain libéré de l’arbitraire étatique (Zeus représentant l’Etat tandis que Prométhée était un pré-libertarien). Le mythe de Prométhée est justement originaire de Géorgie ! Eh oui, je ne dis pas ça par vantardise, c’est la vérité. :) Dans la mythologie géorgienne, il est appelé « Amiran », mais l’histoire est peu ou prou la même : un héros courageux qui terrasse les dragons et arrive même à dompter la mort, provoquant l’ire de Dieu qui l’enchaîne au Caucase, avec, en prime, un aigle qui vient chaque vendredi lui dévorer le foie.... Comment ne pas y voir une fable libertarienne ? Prométhée est assurément un homme libre qui veut vivre sans dépendre de l’Etat et sans se plier aux injonctions arbitraires (« tu dois cotiser »,« tu dois voter », « donne ton fric pour Notre-Dame », « tu n’a pas le droit de dire ceci ou cela », « paie ou on saisit ta bagnole », etc...) alors que Zeus est bel et bien l’incarnation de l’état tentaculaire qui ne supporte pas que Prométhée puisse se passer de lui, et le lie donc par des chaînes (normes et réglementations) lui envoyant un aigle (fisc) qui vient lui dévorer régulièrement le foie (portefeuille). C’est certes une vision originale mais c’est ainsi que Ayn Rand, et moi-même, considérons ce mythe.

    Cordialement

    Nicolas Kirkitadze