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Les commentaires de Guillaume Cazeaux



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 5 décembre 2015 22:55

    Bonjour Alban,

    Je te remercie.

    La perspective de l’effondrement économique semble en effet s’opposer à celle de l’hypertrophie technologique, voire du transhumanisme. Vers laquelle des deux nous dirigeons-nous ? Et à quelle échéance ? Je ne saurais le dire. Cela dit, il n’est peut-être pas impossible que les deux perspectives coexistent durant un certain temps...

    Par ailleurs, j’ai relevé un passage d’un de tes articles qui rejoint un peu mon 2e article : « Ainsi, Internet est un espace virtuel permettant une liberté d’information et d’expression mais aussi une égalité dans les moyens de convaincre. Cette égalité dans les moyens de convaincre produit une dimension ou s’exprime un darwinisme des idées, c’est-à-dire un lieu où la loi du marché des pensées est libre et non faussée. C’est au creux de cette sélection naturelle des idées (non faussée par les classes dominantes) que se manifeste une révolution politique. Cette « révolution politique » doit être distinguée d’une « révolution de système politique ». Néanmoins, lorsque cette révolution politique sera à maturité, le système politique devra s’y adapter de gré ou de force. » Reste à savoir si l’on arrivera un jour au stade de cette maturité, si les idées nouvelles s’étendront suffisamment ou si elles resteront confinées dans un certain nombre de « bulles » numériques.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 5 décembre 2015 20:11

    Merci à vous.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 5 décembre 2015 16:27

    @soi même
    La méchanceté est décidément votre état naturel...
    Si c’est l’expression « dite exister » qui vous trouble, je vous renvoie à quelques auteurs qui l’utilisent aussi : Gilles Deuleuze, Antoine Destutt de Tracy, Alexandre Matheron, François Rastier, Victor Cousin, Pierre Macherey, Aristote. Vous me direz sans doute que ce sont de piètres auteurs...



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 5 décembre 2015 16:11

    @gogoRat
    Je vous remercie pour vos remarques et suggestions. Cela dit, j’ai remarqué depuis bien longtemps que c’est un classique sur les forums de reprocher à l’auteur d’un article de ne pas avoir dit ce que VOUS, vous auriez aimé y trouver. Vous aviez des attentes, et elles ne sont pas satisfaites. Alors vous faites la liste de tout ce qui vous intéresse, vous, maintenant, sans tenir le moindre compte de ce qui a effectivement été écrit (et qui ne vous intéresse pas).

    Vous pourriez pourtant admettre que l’on peut avoir d’autres intérêts que les vôtres, et qu’on n’est pas tenu de répondre à vos exigences. Que le titre vous semble mal choisi, c’est possible, mais celui que vous suggérez aurait été encore plus long et sans doute trop. Dès les premiers mots du 1er article, il était pourtant clair qu’il allait être question de nos croyances et représentations (matrices), et essentiellement de politique.

    Tout ce que vous suggérez est intéressant, et j’espère vous lire à ce sujet.

    Quelques remarques. Vous dites : « Puisque l’auteur dit s’adresser aux minorités insatisfaites et éveillées ». En fait, j’ai dit que l’article leur était consacré, c’est-à-dire parlait d’elles. Mais elles n’en sont pas les seuls destinataires.

    Vous dites encore : « la démocratie ne saurait dépendre que de la vigilance de tous ! » J’en suis bien d’accord, à cette nuance que la démocratie n’existe pas. Alors oui, dans l’idéal démocratique, tout le monde est censé faire ceci ou cela. Dans la réalité (qui n’est pas pure démocratie, et où les hommes ne sont que très peu citoyens), il n’y a que des minorités réellement vigilantes. C’est un simple constat.

    Quant à Alain, qui estimait « qu’au lieu de changer de chevaux, il vaudrait mieux conduire ceux qu’on a », je ne vois pas ce que cela a d’antidémocratique. Les « chevaux » en question sont les représentants, les élus. Il faut les avoir à l’œil, dit Alain, les contrôler, au lieu de les laisser agir en toute liberté. Il faut leur tenir la bride pour éviter les trahisons, la corruption.

    Le terme « reconfigurer » se justifie dans l’hypothèse où ce que disent Servigne et Stevens est exact, à savoir que notre civilisation actuelle va inévitablement désormais s’effondrer (leur livre est assez convaincant). Les petites actions des uns et des autres, inspirées de ce qu’on peut voir sur le web citoyen, et la spirale vertueuse qui peut s’ensuivre, si un mimétisme intelligent se produit, peuvent permettre (même si c’est assez utopique) une mue, relativement en douceur, plutôt qu’un effondrement très brutal de notre civilisation.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 5 décembre 2015 07:12

    @Nycolas
    Je suis assez d’accord sur l’impossibilité pour les hommes à se passer de chefs (sauf rare exception). Les sociétés « primitives » ont des chefs assez particuliers, sans autorité, qui servent à régler les conflits au sein du groupe, ce sont des médiateurs, sans réel pouvoir (sauf en cas de guerre). Mais nous parlons là de petites sociétés de quelques dizaines ou centaines d’individus. Dès qu’on dépasse un certain seuil démographique (j’avais entendu Jared Diamond le dire), un chef - doté d’autorité - apparaît. C’est sans doute sous la forme pyramidale que la société de grande taille est la plus stable, et peut espérer maximiser ses chances de survie. Si chacun, sur un plan horizontal, prétendait prendre part aux décisions, on imagine le chaos invivable qui en résulterait...

    Et, à l’heure numérique, où on a vu que certaines franges de la population ne croyaient même plus à la même réalité que la majorité, le désordre serait encore plus ingérable, si chacun prenait part aux délibérations et prises de décision. Si la plupart des hommes sont, comme on dit, « apathiques » (sur le plan politique), c’est peut-être parce qu’ils savent d’instinct que cette passivité et ce suivisme de la masse sont favorables à l’ordre, à la paix, à l’unité du groupe, et donc à sa survie. Peut-être la longue histoire (avec ses conflits tragiques) a-t-elle inscrit ce « savoir » au plus profond de nous. Ce pourquoi nous acceptons généralement l’idée qu’il y ait des élites, des leaders, qui, seuls, s’agitent et prétendent (ré-)orienter la société.

    On voit par exemple Étienne Chouard, qui voudrait aller contre cette tendance naturelle, et « déchouardiser » son idée, que les gens se l’approprient, sans plus besoin de leader ; mais y arrive-t-il ? Pour le moment, pas tellement.
    Sur ce sujet, je renvoie aussi à la loi d’airain de l’oligarchie du sociologue Robert Michels.

    Quant aux hétérodoxes, ils ne sont peut-être pas majoritaires en ligne, mais ce sont sans doute eux qui produisent le plus, argumentent le plus (on se justifie plus quand on défend une position minoritaire, surtout sur un sujet sensible qui risque de vous valoir la mise à l’écart du groupe), et du coup se montrent particulièrement visibles. Il y a quelques années, Fdesouche était de très loin le blog d’info le plus fréquenté, aujourd’hui E&R est le 1er site d’info alternative, très loin devant des sites plus « orthodoxes », et AV lui-même n’est pas tout à fait orthodoxe non plus, même si toutes les idées s’y trouvent.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 5 décembre 2015 06:32

    Bonjour ddacoudre
    Non je n’ai pas de lien de parenté avec Bernard C. Mais il est vrai que ce nom est assez répandu dans cette région.
    Merci pour vos remarques.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 4 décembre 2015 06:19

    @La Voix De Ton Maître
    Merci pour votre message (et le lien). Je me dis que j’aurais peut-être mieux fait de rester sur le sujet de mon livre, la démocratie, la liberté d’expression... à l’ère numérique, mais comme je n’aime pas trop me répéter, j’ai voulu aller un peu au-delà. D’autant que ma conclusion sur l’apport effectif du Net en termes de développement de la démocratie n’est pas très optimiste. J’ai donc, dans ces articles, voulu prendre un peu plus de hauteur et voir comment des minorités actives utilisant le numérique pourraient peut-être - et à long terme - réorienter notre civilisation.

    Pour ceux que cela intéresse, voici la table des matières du livre Odyssée 2.0. La démocratie dans la civilisation numérique (voir ici pour un sommaire plus détaillé) :

    INTRODUCTION : L’Odyssée démocratique, d’une agora à l’autre
    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage…
    Périclès contre Huntington : le choc des civilisations
    L’Internet, salut ou mirage ?
    Entre isègoria et parrhèsia : les chemins de la liberté 2.0

    PREMIÈRE PARTIE : Démocratie pré-numérique : la parrhèsia contrôlée
    Opinion publique : l’éternel retour du refoulé
    Démocratie : usurpation d’identité
    Médias : une vocation contrariée

    DEUXIÈME PARTIE : Démocratie numérique : la parrhèsia libérée
    Et Pandore ouvrit la boîte…
    Les affranchis : la conquête de la parole
    Du rêve à la réalité : des citoyens en minorité
    Les défis du cybercitoyen : débattre, contrôler, s’orienter
    Les théories du complot : ruine de l’esprit critique ?
    Du scepticisme à la fin des représentations communes

    TROISIÈME PARTIE : Sagesse numérique : la parrhèsia éduquée
    Média citoyen : une utopie concrète
    De la nécessité de la parole entravée
    L’antidote sceptique

    CONCLUSION : Pour une approche de l’Internet « sans miracle et sans extravagance »
    La grande peur du clergé
    Pourquoi l’apathie persiste
    La quatrième vexation de l’humanité



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 4 décembre 2015 03:28

    @soi même
    Je comprends mal votre acrimonie et ne m’en sens pas responsable. Dès votre premier message, vous m’avez dit avec mépris que je ne comprenais rien à rien... Je vous ai répondu poliment. Je ne cherche pas à montrer que je suis plus compétent que vous. Je n’ai aucun problème d’ego à reconnaître que mon ignorance dépasse de loin mes maigres connaissances (et, pourquoi pas, que vos compétences dépassent les miennes). Je ne suis pas engagé dans un match avec vous, ni avec personne. Ce n’est pas mon état d’esprit.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 4 décembre 2015 02:35

    @Yanleroc
    Merci beaucoup pour votre commentaire. Je suis d’accord avec l’essentiel.
    Cela dit, quand vous dites : « 24h/24, les internautes pourraient voter pour des propositions et des fondamentaux et les imposer comme une loi incontournable voulue par le plus grand nombre », on en revient toujours au même problème : combien seront ces internautes ? Des initiatives en ligne commencent à proposer ce genre de choses (je l’évoque rapidement dans la 3e partie), mais si nous n’y trouvons que peu de gens (pour l’instant je pense que sur ces plateformes ils ne sont que quelques centaines ou milliers), il n’y aura guère de légitimité à ces votes. C’est très compliqué d’amener toute une population à s’engager dans ce genre d’action. En disant cela, je ne veux décourager personne, bien au contraire (et, qui sait, l’avenir donnera peut-être raison à Étienne Chouard), mais je peine pour le moment à imaginer une sorte de démocratie directe via le web. Peut-être dans les prochaines générations.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 4 décembre 2015 02:08

    @soi même
    Il serait intéressant que vous réfléchissiez à ce que vous semblez me reprocher : c’est-à-dire que j’informe en fin d’article de l’existence de mon livre (ce qui est pourtant la moindre des choses, sinon à quoi bon l’écrire ?). J’imagine que ça ne vous viendrait pas à l’esprit de faire ce genre de reproche aux célébrités (parfois multi-millionnaires) qui passent leur temps à faire leur promotion sur toutes les télés, les radios, et qui bénéficient d’articles de complaisance dans la grande presse. Cela est normal. De même que cela est sans doute normal pour vous que certaines stars du web produisent des centaines de vidéos pour promouvoir leurs ouvrages ou leurs idées, ce que personne, là encore, ne leur reproche. Mais qu’au terme d’un article, qui n’est d’ailleurs ni une présentation, ni un résumé de mon livre, mais autre chose, disons un petit développement sur l’un des (nombreux) aspects de mon livre, je puisse mentionner l’existence de ce dernier, cela est anormal pour vous. Comme si vous aviez intégré l’idée que les puissants ont le droit de vous envahir de leur pub continuelle, mais que les gens de votre niveau social (du moins je l’imagine), eux, devaient rester muets. C’est sur ce « dressage » qu’il faudrait que vous méditiez, afin peut-être d’en sortir.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 3 décembre 2015 22:45

    @soi même
    Vous confirmez par votre comportement la fin de mon premier article : libérés des contraintes (du monde réel), certains hommes sur le web tendent à régresser, à se laisser aller à leurs pulsions... Inutile donc d’insister. Je vous ferai seulement remarquer que vous avez posté près de 9000 commentaires sur ce site, quand je ne poste de mon côté que mon 2e article. Je vous laisse en tirer les conclusions qui s’imposent quant à notre besoin respectif de « faire le beau ».



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 3 décembre 2015 22:03

    Je précise à joseW que, dans Odyssée 2.0, j’ai un chapitre consacré aux « théories du complot » et que je me distingue, au moins dans une certaine mesure, des analyses de Taguieff et Bronner. Je ne suis pas dans une posture de condamnation, mais de compréhension. Et j’essaie d’être le plus nuancé possible.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 3 décembre 2015 21:56

    @soi même
    S’il n’y a aucun avantage à tirer du web, pourquoi y participez-vous ?
    Quant à être dans l’illusion, je ne crois pas que cela me concerne. En conclusion de mon livre, Odyssée 2.0, je parle d’illusion démocratique et évoque même une quatrième vexation (politique) de l’humanité (que le web nous révélerait, ou dont il nous aiderait à prendre conscience).



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 3 décembre 2015 20:50

    @joseW
    Je n’ai pas tout compris à vos critiques. Quelles sont les erreurs factuelles ? Les amalgames ? Quant à la fin de l’article (sur la difficulté à échanger sereinement sur le Net), je ne vois pas quel rapport cela a avec Taguieff.

    Ensuite, je n’ai parlé nulle part de satanisme... Je ne comprends donc pas cette remarque.

    Je crois comprendre que ce qui vous a gêné, c’est le fait de faire un rapprochement entre « théorie du complot » et jihadisme. Pour être clair, Dounia Bouzar a mis en évidence les procédés de recrutement d’Omar Omsen, qui œuvre, non pas pour Daesh, mais pour Al-Nosra. Elle se base sur des centaines de témoignages et d’analyses des ordinateurs des jeunes recrues. Et, d’après ce qu’elle dit, les théories du complot servent comme premier moment de l’embrigadement, pour mettre dans la tête du jeune (on parle souvent d’adolescents) que tout le monde lui ment (ses parents, ses enseignants, les médias, etc.). Ensuite il y a d’autres étapes (tout est décrit dans le document dont j’ai donné le lien), on présente notamment au jeune un islam seul à même de régénérer ce monde pourri.

    Il n’y a donc aucune généralisation à faire, et d’ailleurs je n’en fais pas, si vous lisez bien ce que j’écris. Toutes les recrues jihadistes ne passent pas par le stade « théories du complot » (Daesh dénonce même le complotisme d’Alain Soral...). Et tous les gens qualifiés de « complotistes » ne sont évidemment pas des terroristes en puissance, mais parfois des citoyens cherchant à sortir de leur état de minorité. Je me suis efforcé dans l’article d’insister (lourdement) pour éviter cet amalgame, mais vous me le reprochez quand même... ce qui me surprend.

    Enfin vous dites : "Au contraire, les prétendants djihadistes ont tendance à quitter ce mouvement manipulé dès lors qu’ils s’intéressent aux théories du complot, ne voulant pas devenir le bras armé des élites qu’ils croyaient jusqu’alors combattre".
    Pourriez-vous me donner des sources ? Car cela m’intéresse.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 3 décembre 2015 17:54

    @soi même
    D’abord, ce que j’écris ici n’a pas la prétention d’être exhaustif. Je ne traite pas, loin de là, de tous les problèmes induits par le web. Bien des gens ont parlé de ce que vous évoquez : la surveillance de masse, les algorithmes, les Big Data, la fin (possible) du travail. Et tout cela est très important évidemment. Je me suis permis d’avoir un autre angle d’approche. De partir, non du système informatique lui-même, mais des individus, des citoyens, vous et moi, pour voir ce qu’il se passe à leur niveau et ce qu’ils peuvent faire pour tirer parti de l’outil numérique. L’approche que vous suggérez est forte, mais nous enferme aussi dans une certaine impuissance désespérante ; nous voilà pris dans un piège et c’est tout. Il s’agit aussi de voir comment nous pouvons peut-être tirer avantage du numérique, avec lequel nous semblons condamnés à devoir vivre, pour sauvegarder, voire étendre notre liberté.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 2 décembre 2015 18:41

    @ddacoudre
    Merci pour votre commentaire très riche. Quelques remarques :

    Au sujet des « organes de diffusion qui exigent un financement et un personnel ce qui les conduit souvent à devenir des monopoles et des organes de propagande » : cela rejoint l’idée de pouvoir « clérical » que je développe dans mon livre. Mais je crois que si les médias de masse deviennent des «  clergés » (ou des organes de propagande), ce n’est pas seulement pour des raisons économiques, mais aussi pour une raison qu’on pourrait dire anthropologique ; toute société, pour maintenir sa cohésion, a besoin de croyances partagées, et le plus souvent aussi d’un clergé (qu’il soit religieux, politique, médiatique...), dont la fonction (latente) est de faire respecter ces croyances. Régis Debray évoque cela, qui relève presque d’une sorte de nécessité, et qui échappe largement à la conscience des acteurs concernés (dans les médias).

    « ce sont les organismes de sondages qui donnent l’opinion des citoyens, ce que ne peut pas faire le net, même quand des sites sollicitent l’opinion de leurs habitués. je crains que le net donne l’illusion de penser que l’on pourra atteindre une démocratie directe qui améliorerait celle actuelle. » C’est un peu, pour le moment, ce que je pense aussi...

    Le Net « offre l’opinion et la mise à disposition de savoirs des plus divers (...) sans offrir la garantie d’exactitude, ce qui impose de fait de disposer au préalable de bonnes bases de connaissances pour filtrer tout ce qui circule. » Même avec ces bases préalables, c’est parfois difficile, mais en effet on peut se demander si une éducation plongée directement dans l’univers numérique est adéquate, si une phase d’éducation classique (à base de livres) et débranchée ne reste pas nécessaire. Ce n’est sans doute pas un hasard si les employés des sociétés high-tech de la Silicon Valley dépensent une fortune pour envoyer leurs enfants dans une école Waldorf dépourvue d’ordinateurs...

    « Une étude sur l’utilisation du net pour s’informer démontre que la plupart des citoyens vont sur le net écouter les médias traditionnels, seulement 4% naviguent dans la recherche d’autres informations. » Très vrai, j’ai fait part de ce genre d’études dans ma thèse.

    « malgré ses possibilités quasi illimités nous le bornons de nos propres limites. » Effectivement, on ne sort que rarement de soi, même sur le Net et malgré toutes les utopies qu’il charrie.

    « le net mais le savoir a disposition, il en sortira forcément quelque chose puisque ceux qui s’en servent se trouvent avec un accroissement d’informations qui réorganisent leur pensée, sauf qu’elle sera digéré en fonction des capacités initiales de chacun suivant son cursus éducatif et scolaire, et il n’y aura personne pour corriger toutes distorsions qui peuvent en naitre. » C’est tout le problème de la concurrence actuelle des sources d’autorité (du savoir). On peut espérer que sur certains sites (comme AV) les distorsions des uns et des autres puissent se corriger quelque peu, mais pour d’autres publics (moins intellectuel), le risque est parfois gros.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 1er décembre 2015 19:55

    @gogoRat
    Je ne pense pas que le défaut de politesse dans notre société soit liée à l’existence du web. Je disais plutôt qu’il est difficile pour certains de conserver leur politesse sur le web.
    Chacun peut bien sûr venir dire son mot, mais lorsque cela se fait avec trop de virulence ou de nonchalance, cela ne mène souvent pas à grand chose ; on se soulage, mais on ne construit rien avec les autres.
    Le grand avantage du web, c’est de nous permettre d’échanger plus librement et potentiellement plus intelligemment que dans une situation de face-à-face (car on a plus de recul). Son grand défaut, c’est que chacun étant seul durant cet échange virtuel, il oublie (parfois) l’humain à qui il s’adresse.
    Si rien de grand (ou de concret), politiquement, ne s’est encore réalisé via le Net, c’est largement parce que nous ne savons pas encore bien maîtriser nos pulsions derrière nos écrans.
    Mais rien ne dit que cela soit envisageable... Si nous nous comportons bien, dans le réel, c’est que l’on a intégré l’idée que l’on pouvait être puni en cas de mauvais comportement ; sur le web, cette crainte n’existe pas. Difficile de ne pas se « déciviliser » au moins un peu dans ces conditions.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 1er décembre 2015 19:09

    Cette controverse est même le point de départ du livre.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 1er décembre 2015 18:53

    @Agor&Acri
    Merci pour votre commentaire.
    Ma ligne éditoriale ne m’interdit pas de parler de Zbigniew Brezinski. J’ai évoqué dans ma thèse ses propos sur le tittytainment.
    Quant à la controverse sur le 11-Septembre, je l’évoque dans mon livre et ma thèse (avec plein de bonnes références), mais pas trop dans cette série d’articles.



  • Guillaume Cazeaux Guillaume Cazeaux 1er décembre 2015 17:27

    @doctorix
    On anticipe sur les 2e et 3e parties de l’article...
    Je ne néglige pas, vous verrez, le travail de fourmi qui est fait sur les médias alternatifs et qui, un jour, portera peut-être ses fruits dans toute la société. Je disais seulement ici que les gens qui réclament, à ce jour, autre chose qu’une démocratie représentative ne sont pas très nombreux (tout simplement parce que la plupart des gens ne pensent pas à ce genre de question, ils ont d’autres préoccupations).
    Quant à savoir si ce sont les médias alternatifs qui ont fait bouger l’opinion au sujet de Poutine, je resterai assez réservé (à cause de leur audience assez faible ; nous sommes nombreux à les fréquenter, certes, mais encore franchement minoritaires malgré tout). Je crois plus à l’influence de leaders d’opinion visibles dans les grands médias, comme Zemmour et d’autres, qui vont contre la doxa sur ce genre de sujet. Vous me direz, peut-être que ces leaders sont, eux, influencés par certains médias alternatifs en ligne, ça c’est possible.