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Les commentaires de Cazeaux



  • Cazeaux Cazeaux 24 février 2018 13:11

    Le chapeau de l’article


    Le 6 février 1934, il y a 84 ans, les milices d’extrême-droite tentaient un coup de force contre la République. À leur tête notamment l’Action Française de Charles Maurras, une personnalité du fascisme(...)« 

     exprime d’emblée une contre-vérité qui ôte tout crédit aux développements qui suivent ainsi qu’à son auteur, courageusement dissimulé derrière un sigle qui se réclame sans vergogne de l’idéologie la plus dévastatrice jamais connue sur Terre.
    Cette manifestation, qui en a suivi de nombreuses autres les semaines précédentes, était motivée par l’exaspération en tout premier lieu des anciens combattants, pour la plupart encore des hommes jeunes (entre 32 et 50 ans), de toutes convictions, on y comptait aussi des communistes, face à l’énorme scandale que fut l’affaire Stawisky, une escroquerie de vaste ampleur compromettant des dizaines de parlementaires, ayant abouti aux »suicides« de l’aventurier juif puis du conseilleur Prince, haut magistrat qui s’apprêtait à faire des révélations sur les dessous de l’enquête.

    Au soir du 6 février, à la Concorde, ce fut probablement la plus grande manifestation violente jamais connue jusqu’alors en France. Rapidement, la police tenta de disperser une foule qui, de la Madeleine au Pont de la Concorde et Boulevard St Germain, regroupait plus de 100 000 personnes. Les combats, spontanés, firent rage puisque de chaque côté ce furent plus d’un millier de blessés qu’on dénombra. Quand les manifestants tentèrent de traverser la Seine, ordre fut donné de tirer, première fois depuis la Commune. Une quinzaine d’hommes furent tués sur le coup auxquels il faut ajouter deux à trois cents blessés par balle. Mai 68 fut de la gnognotte à côté de cet affrontement achevé en tuerie. 

    Les Milices ?
    Se trouvaient présents, tout logiquement, nombre de militants hostiles au régime, principalement les Camelots du Roi, service d’ordre de l’Action Française. 
    On compta une majorité d’entre eux parmi ceux à qui Brasillach, onze ans plus tard, dédira le poème  »ô, morts de février" (il fut fusillé un 6 février). Mais si effectivement beaucoup de jeunes nationalistes ont espéré atteindre l’Assemblée pour en jeter les députés dehors, il n’y eût aucun plan de coup d’état, aucune mobilisation de forces armées, nécessaires en une telle perspective. 
    La seule force véritablement capable de prendre d’assaut le Palais Bourbon, et sans coup tirer, était celle des Croix de Feu, le mouvement droitiste d’inspiration chrétienne dirigé par le Lt Col de la Rocque. Ses dix à quinze mille anciens combattants massés au bout du bd St Germain, à deux pas de la Chambre des députés, auraient pu forcer le cordon de police si leur chef très respecté leur en avait donné l’ordre. Il ne l’a pas fait et s’en est longuement expliqué dans un ouvrage exprimant son respect de la légalité républicaine. Cela lui a valu l’hostilité de tout une branche de l’extrême droite, dont le PPF de Doriot, créé en 1936. 

    Maurras fasciste ? 
    On aussi traité De Gaulle pareillement et entre eux, les communistes s’auto-accusaient de fascisme dans leurs clivages internes. Cela révèle le degré d’inculture de l’auteur. Sait-il au moins qu’à partir du 6 février, l’AF a commencé son recul, surtout parmi les jeunes et les militants les plus actifs ? Il fut précisément reproché à Maurras de n’avoir pas su tirer profit des manifestations de janvier au 6 février pour organiser une tentative de renversement du régime. C’est ainsi que des monarchistes de valeur partirent de l’AF ou lui tournèrent le dos : Darnand et sa section de Nice ou encore Pucheu rejoignirent le PPF.

    L’hostilité à une cause et à ses leaders ne sauraient donner droit de dire n’importe quoi et, par ses raccourcis, de dénaturer des faits historiques avérés.



  • Cazeaux Cazeaux 5 décembre 2017 03:24

    Merci pour cette très généreuse entrée en matière et pour l’intérêt porté à mes réflexions. La question du gaullisme, de l’ère gaullienne et de De Gaulle lui-même me passionne parce qu’elle est à mes yeux explicative en grande part du système politique français. 

    Comme il est très tard, je ne répondrais pas d’une traite sur tous les sujets que tu abordes dans ton commentaire.

    Je ferai seulement trois remarques :

    • Macron, comme la plupart des énarques et autres oligarques, n’a pas de conviction politique. Il aura attendu de se retrouver nommé ministre par Hollande pour esquisser non pas une analyse cohérente mais des formules destinées à faire parler de lui. On ne lui connaît pas le moindre texte, article ou exposé de conférence, et son livre Révolution est une collection d’inepties qui auraient pu être produites par n’importe quel cabinet de conseil en marketing politique. De Gaulle est apparu durant la campagne et pas seulement du fait de Macron, je le raconte dans mon article « Macron ....tous gaullistes. » Cela étant, il y a effectivement des points de comparaison, qui tournent en gros autour de la gouvernance autocrate et d’une posture quasi théâtrale qui réduit l’action réformatrice à du discours mis en scène.

    • Les composantes du gaullisme originel, celui qui va de la libération à la reprise du pouvoir en 58, ne sont pas le fruit de la pensée de De Gaulle. Je l’explique dans cet article, la doctrine dite gaulliste vient en fait des Croix de Feu-PSF et leur chef, le Col de La Rocque. Je te recommande de lire (on peut le télécharger sur internet) Service Public, publié en 1934, où l’essentiel de ce qui fut développé plus tard par De Gaulle s’y trouve exposé.

    • Ce qu’on appelle le gaullisme libéral est en fait ce que Soustelle dénommait le néogaullisme, qui est tout simplement ce que De Gaulle a instauré très rapidement, une fois installé à l’Elysée. L’ére gaullienne, les dix ans de pouvoir quasi absolu de De Gaulle, n’a rien appliqué de qui formait la doctrine gaulliste.De la même manière que De Gaulle, quand il en a eu la possibilité à la tête d’une division blindée en mai 1940, n’a pas appliqué ses convictions en matière tactique, le rôle des chars dans une bataille (ce qui lui a valu d’être balayé par les panzers de Guderian), une fois Président, il a engagé la France dans une voie toute contraire à celle qu’il avait prêchée durant les années du combat gaulliste.
    Voici pour ce soir, cher jeune homme, en te recommandant également le fort instructif livre de Mitterrand Le Coup d’Etat Permanent.


  • Cazeaux Cazeaux 28 octobre 2017 22:38

    @Mélusine ou la Robe de Saphir.
    Fillon de l’alpinisme ? On a une ou deux photos de lui sur une pente de neige...parler d’alpinisme pour autant ? On est très, très loin du compte. Un peu comme Edouard Philippe avec la boxe. Pour se rendre plus viril - il faut voir des photos de lui sans sa barbe - il s’est mis dans la tête de jouer au dur en faisant installer un ring au sous-sol de sa mairie du Havre (qui a payé bien sûr) et de se payer un prof particulier pour apprendre à frapper sur un sac...



  • Cazeaux Cazeaux 28 octobre 2017 20:20

    A propos du « bordel », deux choses à ajouter :

    1) notre supposé cultivé de président a parlé de registre « populaire » : cela n’existe pas et heureusement car cela serait au prix honteux d’un amalgame entre appartenance à un milieu social modeste et un usage grossier du langage. L’élève médiocre de sa professeur de lettres d’épouse, a confondu avec le registre familier. 

    2) il a opposé l’usage de bordel, mot donc selon lui propre à la France populaire, à ce qu’il a défini comme appartenant au langage soutenu : fainéant et cynique. 
    Dans sa mansuétude notre président-monarque se serait donc abaissé au niveau des gens de peu, lesquels comprennent ce qu’est le bordel mais pas ce qu’est un personnage cynique. 
    Et pourtant.... dès la 1ere guerre mondiale, les poilus qui partaient à l’assaut ignoraient-ils que les « gros » embusqués à l’arrière, comptaient parmi eux tant de ces cyniques politiciens, se délassant le soir dans les bordels chics de la capitale, après avoir le jour, voté des crédits pour acheter encore plus de canons, de poudre, d’obus...


  • Cazeaux Cazeaux 11 août 2017 12:25

    @lisca

    Merci pour votre réaction à mon commentaire. Elle vient enrichir le contenu de votre article, ce qui est à mon sens, dans l’esprit de débat positif qui devrait l’emporter sur certaines querelles ou digressions stériles.Un petit bémol concernant la distribution des rôles de cette comédie-marketing qui tient lieu de gouvernance. 

    Vous dites : Brigitte est poussée artificiellement vers un statut dépensier, sans même qu’elle ait eu son mot à dire, apparemment, puisque c’est monsieur qui le veut. 

    D’après ce qu’il est dit de plusieurs sources, Brigitte aurait eu un rôle de démiurge à l’égard de son « chéri ». Je ne connais aucun détail de leur parcours de couple, mais il est peut-être à comparer avec celui des Clinton. 
    L’on sait qu’Hillary a très tôt compris qu’elle tenait le bellâtre rêvé dont elle pourrait faire un Président, avec comme véritable objectif de lui succéder. 
    Bien sûr, Brigitte n’est pas Hillary. Cependant, dès l’accès de Macron à son poste ministériel, elle a eu son bureau à Bercy et s’y est beaucoup employée pour l’étape d’après. On dit qu’elle a en particulier multiplié les invitations de gens du show bizz et de la sphère intello-bobo. 
    Ensuite, quand En Marche s’est lancé, elle était en 1ere ligne au QG supérieur, celui qui compte vraiment. J’ai l’intuition que son aspect modèle de couverture pour Gala and Co, est une sorte de couverture destinée à rendre son vrai rôle moins visible.

    Mais tout cela ne change rien quant au sujet qui nous occupe : une « Première Dame » au pays des coupeurs de têtes couronnées.

    J’apprécie votre remarque sur les rois qui risquaient leurs vies. Le Roi était de chair, tirant son pouvoir de la chair et non d’une supposée volonté générale. Signe extérieur certes, mais comment ne pas comparer un Saint Louis haut d’1m90 ou un François 1er de 2m, chevaliers qui maniaient l’épée au combat avec ces caricatures de monarque aux physiques disgracieux, petits gros, nabots, grenouilles voulant égaler un boeuf...Et que dire de la Cour républicaine qui a troqué la noblesse d’extraction chevaleresque par de pitoyables ambitieux, hommes sans coeur ni estomac...



  • Cazeaux Cazeaux 10 août 2017 13:02

    Ce qui est affligeant est qu’une fois encore, les médias se mettent à l’unisson pour parler de la conjointe du pdt sous une appellation qui nous vient droit des USA, sans le moindre commentaire critique, et mentant par omission ou amalgame. 


    1. L’on évoque cette « Première Dame » comme si depuis le début de la Ve République, le terme et la notion qu’il recouvre avaient existé. En réalité, il a fallu attendre notre Bling bling assumé de Sarko, une fois remarié avec sa Carlita, pour que cette dernière soit désignée comme First Lady version France. Il n’en a jamais été question auparavant. Oui, nous dira l’Homme en Marche, mais de fait, la femme du Pdt disposait d’un cabinet personnel et d’importants moyens. Suffit l’hypocrisie et créons un statut officiel et transparent. Dans ce cas, pourquoi ne pas créer aussi, celui de Première Escort Girl de France pour désigner parmi les professionnelles en cheville avec l’Elysée, la préférée du maître des lieux ? En réalité, passer de l’ombre à la lumière avec un coup de tampon officiel change tout.

    2. En la République française, qui a aboli les privilèges et coupé la tête de la Reine, l’on se met à glousser, comme des gens de Cour, des faits et gestes d’une soi disant Première Dame. Mais quel fondement juridique autorise que du statut d’épouse, ordinaire, de droit commun, celle qui partage la vie privée du Pdt se retrouve avec un statut dérogatoire qui fasse d’elle une personnalité au-dessus du commun ? 
    Le Pdt bénéficie de pouvoirs en sa qualité d’élu du peuple. Ces pouvoirs seraient donc extensibles selon le bon vouloir du Prince ? Comment passer à côté de ce scandale, de ce mépris de la loi et des principes généraux de la République ? 
    De surcroît, ce scandale en contient un autre : ainsi l’égalité devant la loi, principe inscrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme, aurait une limite. Une femme, du fait de partager la couche du Pdt, serait la première, en dignité et pouvoirs, de toutes les femmes de France ! 
    Selon quelle logique compatible avec la loi, une telle supériorité peut-elle se justifier ? 

    Personne ne s’en émeut et tout le monde, ou presque, se réjouit de parler de Première Dame, parfum de Cour, nostalgie des temps anciens, tout comme l’on se réjouit qu’un bonhomme se soit balladé dans l’espace au prix de 100 milliards qu’à coûté le projet. Et comme l’on se réjouit qu’un footballeur brésilien cousu d’or ait été acheté 220 millions pour le bénéfice d’image du Qatar ! Cela fait plaisir aux enfants et donne de quoi lire en attendant son tour chez son dentiste...



  • Cazeaux Cazeaux 30 juillet 2017 16:59

    @oncle archibald


    Moi aussi, ai connu l’univers prépa et le reste, retrouvant tout ce beau monde dans les grands groupes.
    Former une élite en sélectionnant des boutonneux sur leur capacité à résoudre des équations ou apprendre par coeur des centaines de pages de toutes sortes, cela est proprement une des marques de la folie dans laquelle les idéologues des Lumières ont embarqué notre pauvre France.

    J’envisage d’en faire un article, mais je puis affirmer dès à présent, que oui, il y a une grande incompétence chez les têtes d’oeuf qui squattent les plus hauts postes dans le public et le privé.

    Dans le sport, que je pratique depuis longtemps à forte dose, on ne peut pas tricher, parce que fondamentalement on se bat avant tout contre soi, pour se dépasser et non dépasser les autres.
    La comparaison avec Manaudou et cie n’est ici pas pertinente.


  • Cazeaux Cazeaux 17 juillet 2017 00:13

    @Le Panda
    bs n’ai pas répondu parce que n’ai rien trouvé à redire à vote commentaire au bémol près que j’expose dans mon article, qu’à Constitution égale, je crains que Macron ne persiste dans un hyper présidentialisme qui n’est pas de bon augure.



  • Cazeaux Cazeaux 16 juillet 2017 13:40

    @JL

    Assemblée constituante, non, mais révision, oui ; d’après l’une de ses annonces, ayant à cette occasion en quelque sorte menacé le parlement au cas où il rejetterait le projet : Macron s’en remettrait alors au suffrage populaire, par voie référendaire. Cette « sortie » passée quasi inaperçue, est en réalité une double menée anticonstitutionnelle :
    • en menaçant le Parlement, il exerce une pression sur le pouvoir législatif, ce qui est contraire aux principes fondamentaux de la République, atteinte d’autant plus grave qu’elle émane de celui dont le rôle est de garantir les institutions ;
    • en se prévalant d’un moyen contraire à la Constitution : le référendum valide le vote du parlement (sauf en cas d’adoption du projet par les assemblées réunies en congrès) - article 89. Il y a certes le précédent de nov. 1962, De Gaulle faisant adopter par référendum l’élection du Pdt au suffrage universel. Mais ce fut une violation manifeste sur laquelle, par servilité, le Cons. Constit. n’a pas voulu se prononcer.

    Il faut donc s’attendre à une évolution du corpus légal des institutions anticipé par une pratique outrancièrement présidentialiste (à ceci près que le régime présidentiel équilibre les pouvoirs, le président ne pouvant dissoudre le parlement).


  • Cazeaux Cazeaux 16 juillet 2017 11:03

    @rocla+
    Merci pour cette contribution claire et instructive. Une des faiblesses des débats actuels, y-compris dans les hautes sphères, consiste à se méprendre sur le sens des mots et à construire des amalgames qui finissent par brouiller les discours voire à les transformer en phraséologie impropre à tout raisonnement critique.


    Sur le sujet qui nous occupe, l’on voit bien que Macron se donne les apparences du pragmatisme quand en réalité il participe de l’utopie libérale-capitaliste-mondialiste. Reprenant vos explications, sa démarche est à voir comme portée par un intellectualisme, celui qui s’impose en pensée unique, au mépris des réalités et de l’expérience.


  • Cazeaux Cazeaux 15 juillet 2017 15:32

    @Fergus

    Attention au sophisme ! On peut démontrer (ou démonter) tout et son contraire à ce titre là ! Cela rappelle les freudiens qui vous diront que si vous ne croyez pas en leur conclusion c’est une preuve que vous êtes bien atteint du mal qu’ils ont discerné. 
    Que cette interview, probablement un raccourci de son analyse, vous laisse perplexe est une chose. Mais affirmer sans reprendre les arguments donnés et leur soubassement théorique, qu’il s’agit d’une thèse fantaisiste, on ne peut le faire sans déroger à son honnêteté intellectuelle.

    Si pour ma part, j’estime digne d’intérêt les propos du psychiatre italien (qui est spécialisé en médecine légale, donc habitué aux examens mandés par les tribunaux pour des affaires criminelles), c’est parce que je me suis pas mal documenté sur les troubles psychiques de type psychotiques pour avoir consacré, dans « une vie antérieure » de très nombreuses heures à écouter des experts psychiatres rendre leurs conclusion au cours de procès en Assises (dont le procès Guy Georges). 
    Les propos du dr italien sont fondés sur des observations que j’avais faites bien avant les présidentielles et ils s’articulent avec logique selon des référents théoriques admis par la plupart des experts. 

    On ne peut pas en dire plus mais il demeure que dans cette énigme qu’est cette mise au pouvoir absolument sans précédent d’un inconnu qui a attendu l’âge de trente-six ans pour émettre des opinions, et l’on sait lesquelles, un profil psychique très particulier est une donnée à ne pas écarter pour expliquer un choix aussi incongru de la part des conseillers du prince parmi les quelques 200 à 300 alter ego de Macron (profil X tranche d’âge).

    Maintenant, pour parler comme Le Pen, il s’agit d’un détail dans le volumineux dossier Macron.


  • Cazeaux Cazeaux 15 juillet 2017 12:24

    @Fergus
    Merci pour votre commentaire. Et encore, la version originale était plus longue...cela m’a demandé pas mal de refontes pour ne pas trop en faire. De façon générale, ai noté que les articles sont plutôt écourtés et qu’on reste « sur sa faim » après avoir été accroché par un chapeau dynamique. Un volume d’environ 3000 mots me semble être une bonne référence. Qu’en pensez-vous ?


    Pour le psy italien, je ne fais que le citer ironiquement sous forme de question. Mais quand vous dites qu’il n’a aucun intérêt, c’est un peu péremptoire. Précisément, alors que son texte a fait le tour du monde et notamment bien relayé aux USA, à ma connaissance aucun de ses confrères n’a réagi pour réfuter son analyse. Cela peut vouloir dire que son raisonnement se tient et que le praticien n’a pas la réputation d’être un fantaisiste.

    Tous les hommes politiques sont pragmatiques, autrement ils ne pourraient s’intégrer dans l’arène. 
    ET ils le sont particulièrement dans nos « démocraties » occidentales. 
    Pour le moment, on ne peut ni crier victoire, ni se réjouir du contraire. Tels les panzers d’Hitler en Russie, il avance, il avance....mais tiendra-t-il à la survenue des premiers froids ? 

    La grève et le le mvt social (en discrète mais forte préparation) du 12 septembre sera une étape, une « bataille » clé pour ce piteux imitateur de Bonaparte, De Gaulle et autres.




  • Cazeaux Cazeaux 12 juillet 2017 19:17

    @Fergus

    Excusez, mais il n’y aura pas de logique dans la mesure où, votant le projet, une grande partie d’entre eux sera évacuée, alors qu’en ne ne le votant pas, ils se donneraient une chance, même minime, d’être réélus sans l’investiture LREM. Les macron-députés voteront comme le condamné à mort qui contresigne son arrêt de mort dans les régimes totalitaires. 

    Les conséquences, si j’ai le courage, j’en ferai un article, seront forcément négatives par effet d’accoutumance. C’est ainsi que la pratique constitutionnelle dévoyée par De Gaulle et ses successeurs (voir mon dernier article) a été consacrée par la jurisprudence comme ayant une valeur normative supérieure à la lettre. 

    En se substituant ouvertement, outrancièrement, à son PM ou ses ministres (ce n’était pas à lui d’aller plaider devant le CIO), en supprimant sans débat une source de financement aux communes, et cela ne va pas s’arrêter là, il enrichit la coutume constitutionnelle en l’orientant vers un présidentialisme sans contrepouvoir. 

    D’ores et déjà, il a un pouvoir sans équivalent ailleurs en Occident et il me semble clair que rien ne réfrènera sa soif de l’agrandir. Hélas, les entraves ne peuvent venir que de graves crises sociales....mais là encore relisez mon article, si le psychiatre italien ne s’est pas trompé, un Président psychopathe dispose avec l’article 16, d’une bombe nucléaire politique.


  • Cazeaux Cazeaux 12 juillet 2017 15:58

    bj Fergus,

    Je vous cite : « comme l’a annoncé Macron devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles le 3 juillet, le nombre des députés sera réduit d’« environ un tiers » en vue du prochain rendez-vous législatif.

    Cette phrase qui est absolument véridique est insigne de la gouvernance qu’on pourrait qualifier de supra-gaullienne que Macron met en place sous le regard presque attendri des médias et des soi disant experts.

    C’est une loi organique qui fixe le nombre de parlementaires ainsi que le mode de scrutin pour les élire.

    Reprenant votre raisonnement, ces députés-obligés se verront ainsi invités à couper la branche à 6000 mensuels (hors frais de toutes sortes) sur laquelle on les a installés pour être les gentils »helpers" de Jupiter. Le plus fou, c’est qu’ils le feront. Tout comme 80% des cadres qui ont voté Macron ou 80% des séniors.
    Ces Français moyens vont payer cher leur légèreté, entre la suppression de la TH et la transformation de l’IPF en IFI ...sans compter les âpres remords quand à 48-50ans, un tiers, puis deux tiers des cadres se retrouveront au chômage sans plus aucun espoir de retrouver du travail, virés comme des vieilles godasses par des Carlos Ghon payés 15 ou 20 millions...

    Macron décide sur tout. Il écrase tout, et tous s’écrasent car c’est trop tard.
    Cela me rappelle ces mots terribles que Dante fait dire aux damnés quand ils réalisent leur sort : Ergo erravimus : ainsi nous nous sommes trompés....


  • Cazeaux Cazeaux 26 juin 2017 20:13

    Bj Vous affirmez des propos pour le moins « venteux ». C’est bien de pondre autant d’articles, à condition de bien connaître son sujet et de vérifier ses informations.


    1. Vous dites : Marine Le Pen a adopté la stratégie de Florian Philippot (seul cadre important du FN à ne pas avoir été élu le 18 juin 2017), ce qui revient à faire du macronisme extrémiste là où Emmanuel Macron faisait du macronisme centriste.

    Ce propos a autant de sens que si vous disiez que Méléchon fait du Vals extrême, et encore, ils ont appartenu au même parti.D’abord, il n’existe pas de doctrine Macron. Ce dernier a publié son 1er bouquin, Révolution, à 39 ans d’âge sans avoir écrit auparavant le moindre article. Et ce Révolution est aussi creux que ses discours. La seule chose qu’on puisse dire est qu’il se rattache par l’action et la motivation au courant de ce que Michéa appelle le capitalisme terminal : phase ultime de l’utopie libérale qui a réussi à éradiquer toute résistance morale à sa mainmise sur les sociétés. 
    Un macronisme extrémiste, cela aller encore plus loin, ce qui est une question de timing et pas de fond. 
    On peut penser, et il en a parlé comme référence, que Macron rêve d’être l’enfant que Thatcher aurait pu avoir avec Pinochet. 
    Philippot est aux antipodes de cette famille idéologique.

    2. vous dites, participant au délire média-macronesque,  
    La famille Le Pen est bien un repaire de vieilles ficelles, une resucée de vieilles recettes typiques de « l’ancien monde », du monde d’avant-Macron, du monde d’avant renouvellement.
    Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’ancien monde vs monde du renouvellement ? Expliquez-le nous dans un article argumenté. Cette opposition remonte à 1492, vous compareriez l’arrivée au pouvoir, par le biais d’une opération de manipulation et avec le soutien d’un électeur /six, au monde nouveau découvert par C. Colomb ? 
    En un mois, il n’y a eu que des paroles, un affront qu’il paiera un jour au Pdt du plus puissant pays au monde, et des petits trafics de candidatures puis un remaniement factice, dans la mesure où tout ce qu’on reproche aux partants était forcément connu depuis longtemps.

    Bien moins que la moitié des députés Macron sont des obligés, qui soudain se retrouvent payés de prestige d’un gros salaire plus près de 15000 euros /mois de trésorerie pour faire fonctionner leurs boutiques.C’est cela le monde nouveau ? Le dépassement des clivages ? Où ? 
    Nous avons d’ex politicards de gauche et d’ex politicards de droite, de la même sauce mondialiste, qui ont rejoint le cheval gagnant, comme jadis les demi-couteaux de la mafia de NY ont rejoint Lucky Luciano quand celui-ci s’est imposé en flinguant les anciens. Et la référence doctrinale, l’utopie libérale, remonte au XVIIIe siècle, celle des propriétaires de mines qui envoyaient des gamins de 10-12 ans au fonds des puits et faisaient des mineurs qui mourraient sans avoir pu toucher un jour de pension. 
    Le monde nouveau de Macron, il a fallu quelques cent ans de luttes pour le rendre vivable. Le programme de la modernité c’est revenir au capitalisme pur, sans plus de règle, de limite. C’est génial....il fallait y penser, Macron le fait.


  • Cazeaux Cazeaux 26 juin 2017 19:54

    @Cadoudal
    Bs, J’aime votre pseudo. Cadoudal est de nos plus grands héros, défenseur de son peuple et de l’Eglise, qui le lui a bien mal rendu (dixit sa descendante en ligne directe qui habite la demeure familiale datant du grand Georges).


    Votre « blague » est hélas insigne du rapport désastreux qui nous oppose à ce qui n’est pas une infime minorité d’arabo-musulmans. Ils sont éduqués dans le mépris à notre égard, appliquant cette devise musulmane rapportée par Massu dans un des ses livres : Allah bénit le fort, Allah maudit le faible.

    Montrez vous plus forts qu’eux, ce qui peut exiger de la pure violence, ils vous respecteront et deviendront souvent des amis. Passez-leur leurs insultes, implorez leur pitié, ils vous cracheront dessus et pourront aller jusqu’à vous tuer. 
    La réaction de la plupart de nos compatriotes, pourtant encore beaucoup plus nombreux (on peut estimer à au moins 65% les Français de pure souche) est celle du vieillard, craintif, hésitant, enclin à renoncer à toute dignité pour espérer survivre.


  • Cazeaux Cazeaux 24 juin 2017 00:57

    M’y pencherait avec intérêt. Décidément, la notion de mystère semble vous fasciner. 


    La piste Hermand permettrait bien sûr d’établir le fil rouge de ce processus dont le résultat hallucinant aurait de quoi rendre fou un esprit rationnel. 

    Il n’a pas dû vous échapper que depuis le lendemain du 2e tour des législatives, on assiste à un pilonnage d’artillerie incessant, j’écoute surtout la radio : toutes les dix minutes, il est question « d’ère nouvelle »...« désormais que nous sommes dans le monde nouveau »...« les gens doivent comprendre que nous ne sommes plus dans l’ancien monde ». 

    J’ai zappé à un moment d’une station à une autre (Europe, RTL, France Inter, France Info, France Culture), et je suis tombé sur les mêmes considérations, les voix semblaient interchangeables, et cette locution de « monde nouveau » qui revenait sans cesse. 

    Après le 2e tour de la Plle, c’était De Gaulle Vintage, Macron nouveau De Gaulle, Macron enfin un vrai Pdt. 

    De toute évidence, il y a un plan marketing très ouvragé qui s’exécute. Il faut savoir que les études d’opinion et le« data mining », comme ils disent, constituent des gros coûts, invisibles de l’extérieur. Mais c’est le fondement de tout bon plan marketing. La com classique, édition, affiches, meetings, c’est de la gnognote à côté de ce qu’ils ont fait et continuent de faire.

    Cela me fait penser à la blitz krieg menée par les Allemands. En quelques années, ils ont organisé l’armée la meilleure armée de tous les temps, en douce, et quand ils ont attaqué, cela a été stupéfiant d’efficacité. Comparaison un peu par les cheveux, mais il y a un peu de ça.

    Dernière chose, on ne parle plus de Drahi, qui semble bien être le plus gros bailleur de fonds. Très discret, on est loin de la naïveté du système Sarko.  

    J’avoue ne pas comprendre comment les adversaires de Macron, disons plutôt les rivaux, restent sans rien dire. Tous font du « comme si », (voir mon article Pdt Soleil 1e partie), comme si Macron était un politicien chevronné, comme si son succès était dû à sa compréhension des choses, à l’appel des gens, comme si, désormais, il était acquis que nous sommes dans le monde nouveau, comme si tout avait changé et qu’il faut bien se le mettre dans la tête. 

    Démonter une telle machinerie ne sera pas évident. Le 13 mai 58 qui décida du lancement du plan Résurrection, conserve encore tant de zones obscures. 
    Dans ce coup Macron sans leviers d’action militaires, les choses sont plus aisées à dissimuler. Paradoxalement, et c’est un sujet en soi, dans cet univers net-sms-tweets hyper communicationnel, l’accès à l’information est difficile dès lors qu’on se refuse au menu unique servi partout et qu’on résiste au torrent qui ne laisse pas le temps d’approfondir. 

    L’individu lambda prend ce qu’il trouve, 20 Minutes dans le métro, sa radio, sa chaîne de télé et le lendemain matin, il dira à ses collègues « Au moins avec Macron, on a un jeune au pouvoir, très brillant, qui va enfin changer les choses. Et il paraît même qu’on est enfin au XXIe siècle.
    S’avez perçu, vous autres ? »





  • Cazeaux Cazeaux 23 juin 2017 16:26

    Bj

    Pour bien tourné qu’il est, votre article tient plus du billet d’humeur sarcastique que de l’analyse de ce phénomène sans précédent ni équivalent ailleurs dans le monde, qu’est le projet-produit-Macron Président.
    Votre fort aimable ami Le Panda se réclame de la dizaine de milliers de visiteurs de son article sur Macron : le Pire. Je pourrais faire de même, allongeant sur ce qui n’est pas une table de jeu de cartes, les 25 000 visiteurs de mon Macron Président : Coup de Maître de Hollande.

    Si je me cite, c’est pour signaler qu’entre autres sous ma plume, dès le 1er février, des éléments documentés et argumentés ont permis d’appréhender cette question avec la formulation d’une hypothèse qui a le mérite d’ordonner la réflexion.

    Quand Fergus dit que mystère il n’y a pas pour ensuite dire qu’il s’agit simplement d’un ambitieux soutenu par l’oligarchie, il réfute pour se réfuter aussitôt. Car son explication reviendrait à dire que Paris a été libéré les 25-26 août 44 tout simplement parce que la IIe DB y est entrée.

    La vraie question est triple : pourquoi ce choix parmi environ 250 alter ego, en statut et ambition : selon quel mode opératoire ; sous la maîtrise d’ouvrage (je ne dis pas d’oeuvre) de qui ?

    Mon article, uni à tout ce qui a été écrit depuis ou avant, ne donne pas de réponse complète et à 100% fiable. Il permet néanmoins de relativiser le poids d’un Attali, personnage certes influent mais également agaçant et avec qui les princes gardent une distance de sécurité. Le processus de recrutement des jeunes pousses de l’oligarchie est incessant. Personne ne se dit : Tiens, je vais nous trouver le Président de 2017 ou de 2022.

    Un petit essaim de conseillers occultes tirent gloire et plaisir à faire ce travail de dénicheurs-formateurs. 
    Ainsi il est établi qu’historiquement que l’inventeur (au sens de celui qui trouve) de Macron est Henry Hermand, 305eme fortune de France, bailleur de fonds du PS et ami personnel des Rothschild. Macron a eu l’outrecuidance à son décès l’an passé, de saluer ce monsieur qui lui avait fait l’honneur de « rejoindre » son mouvement ; en réalité, il lui doit tout, puisque Hermand fut le détonateur du mini Jupiter, le repérant dès son stage d’énarque en préfecture et plus tard, en lui faisant ouvrir la grande porte de Rothschild. Hermand, aiguilleur et éminence grise de la gauche chic et fric, a coaché Macron presque jusqu’à sa mort, Macron le délaissant comme une vieille savate quand il n’en a plus eu besoin. A côté, Minc et Attali sont des petits joueurs, sortes de tireurs d’élite que les Capi des grandes familles gardent sans grande estime pour eux.

    On liste une série de patrons et hauts-fonctionnaires qui ont aidé plus ou moins tôt le Macron. Ce qu’on ne dit pas est que d’autres poulains étaient aussi choyés en d’autres écuries. Un exemple à droite qui a échoué (en tant que speed winner) est JF Copé, à mon avis nettement plus doué que Macron.

    Ensuite, le mystère reste entier sur le back office de la mise en oeuvre. Eu égard à l’efficacité et à la puissance des outils utilisés, il faut supposer que de fortes pointures du marketing ont été recrutées, en parfaite discrétion. J’opterais pour des professionnels venus des USA. 

    Pour ce qui est de la maîtrise d’ouvrage, parce qu’à un moment, il a bien fallu passer du repérage + élevage à la mise sur orbite, j’ai déduit que cela sentait fort son Hollande, tout simplement parce qu’il nomme hauts conseillers et ministres. Sans sa nomination à Bercy, Macron serait devenu, dans le meilleur des cas, un nouveau Minc ou Attali.

    Donc si le mystère est loin d’être dissipé, il offre déjà des zones où l’on y voit clair.










  • Cazeaux Cazeaux 23 juin 2017 00:07

    @rogal

    C’est une loi, et non la Constitution, qui fixe le mode d’élection des parlementaires.


    Vous avez parfaitement raison ! Il est inscrit dans la Constitution que le mode de désignation des parlementaires est définit par une loi organique, c’est-à-dire une loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics. 

    Le mode de scrutin n’est donc pas inscrit dans le marbre pas plus que le nombre des parlementaires.



  • Cazeaux Cazeaux 22 juin 2017 23:10

    @Le Panda
    A propos de Pétain, une petite rectification-précision, vous dites, parlant de De Gaulle : 


    Ce qui démontre la raison pour laquelle il le (Pétain) gracia afin de ne pas le laisser finir sa vie complétement en geôle, 

    Pétain fut condamné - pour intelligence avec l’ennemi supposée être intervenue avant l’invasion allemande... - à mort. De Gaulle l’a gracié, commuant sa peine à la prison à perpétuité. Par conséquent, il a bien laissé Pétain finir sa vie en geôle, à l’île d’Yeu et de surcroît, il n’a au moins rien fait pour s’opposer à cette cruauté d’installer la cellule certes de la taille d’un petit appartement, avec vue sur les remparts de la prison plutôt que face à la mer.

    Il n’est pas inutile pour les lecteurs d’Agoravox, de rappeler que De Gaulle doit sa carrière à Pétain, qui l’a fait sorti de l’anonymat. Pétain fut le parrain de Philippe, futur amiral De Gaulle, prénommé ainsi par déférence au Maréchal.

    Avant de « prendre le micro » à la BBC, De Gaulle se rendit à Londres avec pour mission d’obtenir l’engagement de l’aviation anglaise dans la tentative ultime de résistance à l’invasion. Non seulement De Gaulle revint bredouille, mais il se fit le défenseur, auprès du Gvt Pétain, de l’incroyable proposition de Churchill d’unir la France à l’Angleterre, de sorte que la France serait devenue une province anglaise.... 
    En défenseur insigne de la souveraineté nationale, on peut rêver mieux.