• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Les commentaires de fifilafiloche



  • fifilafiloche fifilafiloche 3 novembre 2010 16:55

    Un petit bonjour depuis un pays voisin de la Bolivie...


    Ici, en Amérique du Sud, la crise des sub primes n’existe pas. La crise du crédit, nous l’avons connue dans les années 90, avec des plans de redressement drastiques, des taux d’intérêts du FMI usuriers, des dévaluations meurtrières et une fuite de capitaux.


    Du coup, l’accès au crédit a été impossible pendant toutes ces années. Malgré tout, il s’agit d’un continent bien plus riche que l’Europe, en matières premières et en potentiel de croissance.


    Le dynamisme des BRIC, et particulièrement du Brésil voisin, le renforcement des échanges Sud/Sud, les partenariats exclusifs avec la Chine (matière première contre produits manufacturés) ont provoqué un enrichissement global des populations du continent. Il a bien évidemment profité d’abord aux propritétaires, mais s’est diffusé peu à peu jusque dans les classes les plus dépendantes.


    Cette richesse dans un système financier assaini permet aujourd’hui de redistribuer du confort social et de redonner l’accès au crédit aux populations, mais avec un risque maîtrisé, les banques ne voulant plus connaître l’apocalypse des années 90. Ici à Asuncion, comme à Formosa, la ville argentine la plus proche, les routes se construisent, les réseaux 3G s’étendent, l’accès au crédit pour l’achat de véhicules personnels (souvent chinois) se banalise. Les monnaies locales se valorisent en terme de pouvoir d’achat par rapport à l’Euro et au Dollar, l’inflation provoquée par la demande n’étant pas répercutée sur le change.


    Bref, les réalités sont totalement différentes. Avec un taux de croissance comparable, des richesses du sol et des potentiels de croissance équivalents, la France aurait aussi les moyens de redistribuer la richesse qu’elle crée, comme durant la reconstruction suivant la seconde guerre mondiale. Le contexte économique y est totalement différent. Desindustrialisée, avec une population vieillissante, des infrastructures saturées, des taux de productivité ne laissant que peu de marges d’amélioration, un système financier très dépendant de la dette, les perspectives de croissance y sont durablement réduites, les populations devront donc s’adapter au contexte ou se délocaliser.


    Nous avons dans notre histoire connu d’autres époques similaires provoquant l’exode massif des populations européennes pour des continents plus porteurs d’avenir. Il n’y a donc là rien de nouveau.



  • fifilafiloche fifilafiloche 3 novembre 2010 16:14

    En quoi la situation de l’immobilier en France est elle si différente de celle des Etats Unis avant l’éclatement de leur bulle immobilière ?


    Les valorisations ici sont tout aussi décorellées des salaires qu’elles ne l’étaient là bas, sinon plus. L’Etat intervient de façon tout aussi massive pour soutenir le secteur avec des plans de défiscalisations totalement injustifés qui ne profitent qu’à ceux qui sont déjà propriétaires. Les niveaux d’endettement sur 20 à 30 ans sont tout aussi déraisonnables.

    Quant à parler de chaine de Ponzi, encore une fois, en quoi nos systèmes par répartition sont ils différents. Nous savons que notre réalité démographique ne permet pas de financer un système vieux de 60 ans mais nous n’osons le réformer pour des raisons électorales. Une chaine de Ponzi a besoin de plus d’entrants que de sortants pour durer. Ce n’est pas le cas chez nous avec la sortie des Baby Boomers du système productif.

    La volonté dans chacun des cas est généreuse. Chez les américains, assurer à chacun la sécurité d’un toit, chez nous l’accès à une sécurité globale, mais les rèves se confrontent à la réalité, et le manque de pragmatisme amène irrémédiablement au précipice.


  • fifilafiloche fifilafiloche 3 novembre 2010 15:32

    Dormez tranquilles, la bourse, elle, se porte bien. Elle reste le seul endroit sur lequel le quantitative easing ait un réel effet.



  • fifilafiloche fifilafiloche 2 novembre 2010 00:59

    Non, le conducteur français ne peut pas se plaindre, l’essence ne lui coûte relativement rien. Au Maroc comme au Paraguay, l’essence à 1 Euro le litre revient en Parité de Pouvoir d’Achat à 5 Euros le litre. La raison pour laquelle le taux d’équipement en véhicules personnels y est si peu élevé, contre près de 2 VOITURES par ménage en France !! (37 millions de voitures).


    Décidément, le Français ferait bien de se sortir la tête de l’Hexagone pour se rendre compte des privilèges par rapport au 99% restant de l’humanité dont il se réclame solidaire.


  • fifilafiloche fifilafiloche 2 novembre 2010 00:13

    Le peuple français a été dissolu dans l’ensemble Européen, et c’est une bonne chose car la notion de peuple ne peut exister sans celle de Nation, et ce sont les nationalismes qui ont amené à l’implosion de l’Europe au 20e siècle.


    Ceux qui se revendiquent du peuple n’en usurpent une notion qui n’a plus de réalité. Il s’agit d’un archaisme aussi désuet que les théories sociales du 19e siècle auxquels ils se réfèrent. Une vaste escroquerie de grenouilles corporatistes voulant se faire plus grosses que le boeuf.

    Les unités sont désormais multiples et mouvantes, bien plus difficiles à appréhender qu’au bon vieux temps des cultures nationales. L’addition des egoismes laboriaux quand à elle, s’adresse bien à une unité nationale comptable qui est responsable devant ses débiteurs. Même si là encore l’Europe vient au secours des plus faibles (les dettes des PIGS sont noyées dans les émissions monétaires de la BCE), elles étaient jusque là solubles car elles ne concernaient que des économies satellites. La mise en faillite de la France aurait des conséquences au delà de nos frontières, nous sommes non seulement responsables des conséquences de nos inconséquences non seulement devant les générations futures mais aussi solidairement vis à vis de nos voisins qui eux n’ont pas eu peur de se serrer la ceinture. 

    Le référendum n’est pas un instrument efficace de gestion de long terme d’une démocratie. Il ne fait que refléter l’état d’esprit à un moment T, c’est la dictature du court termisme et de la démagogie. 


  • fifilafiloche fifilafiloche 1er novembre 2010 23:13

    Excellent article montrant une bonne expertise de la réalité Brésilienne. Bravo !


    Le Brésil montre l’exemple, sans discours démagogiques, sans paranoia ou mégalomanie chaviste, par la force d’inertie de sa démographie et sa capacité de travail. Les actes avant les discours, le pragmatisme avant l’idéologie pour le bénéfice du plus grand nombre.

    Un exemple pour l’Amérique du Sud, mais aussi beaucoup de Français.


  • fifilafiloche fifilafiloche 1er novembre 2010 18:31

    La crise du logement est essentiellement liée à la crise financière. Le logement a cessé d’être valorisé comme tel pour servir de support à la création monétaire par la dette et à l’enrichissement virtuel de nos sociétés desindustrialisées.


    En tant qu’instrument financier, le logement s’est donc logiquement deconnecté de ce qui lui a toujours jusqu’ici servi de référence : le revenu des ménages. Alors qu’il s’agit d’un besoin primaire, il devient un luxe pour les non propriétaires. La pierre a remplacé l’Or comme étalon monétaire, son avantage est que la ressource est beaucoup plus disponible.

    Les logements alternatifs posent un problème à cette logique financière, puisque les murs ne peuvent être valorisés comme pérennes, et donc servir de support à la création monétaire. Ils représentent un danger pour la pérennité du système dans son ensemble, aussi bien pour les intermédiaires financiers que pour les Etats, qui se nourissent grandement du capital pérenne et difficilement délocalisable que constitue le foncier en dur.

    Les nomades échappent aux contraintes des sédentaires, une liberté incompatible avec la conception napoléonnienne de l’Etat centralisé.


  • fifilafiloche fifilafiloche 1er novembre 2010 17:52

    Elle s’est prostituée en lavant le caca de retraités dépendants pour financer ses études, tâche que le bénéficiaire de minima sociaux se refuse à faire tant elle lui paraît ingrate.


    Et oui, il n’est pas impossible que dans une génération, quand la Chine sera installée comme première puissance économique mondiale, le discours de ce pastiche devienne réalité : http://eso-news.blogspot.com/2010/06/le-declin-de-la-france-vu-par-un.html


  • fifilafiloche fifilafiloche 1er novembre 2010 15:47

    Il y a bien détournement des ressources du Pays au profit de la seule gérontocratie babyboomesque, mais votre analyse est érronée. Conserver le système en l’Etat, c’est priver les générations arrivant à l’âge adulte de toute chance à l’autonomie et à une sécurité collective.


    Rappelons qu’il y a une génération, le logement ne représentait qu’au alentours de 10% du budget d’un ménage, contre plus de 20% aujourd’hui.

    Le baby boomer s’est construit une société sur mesure sans passé ni avenir, juste à son profit. Après avoir épuisé ce que la génération précédente avait prudemment économisé, ils ont reporté le coût de leur bien être social sur les générations futures, au mépris des réalités démographiques.

    L’équation du financement de leurs besoins primaires : logement, santé et retraite est désormais insoluble tant les inconnues sont nombreuses et les contraintes multiples, la première étant l’impossiblité désormais de recourrir à la dette pour ’conserver leurs acquis’ tout en devant payer les intérêts de l’inconscience démagogique de leurs géniteurs (bientôt le premier poste budgétaire).

    Les papy boomers ont une image faussée d’eux même. Ils se voient héros d’une lutte romantique contre l’injustice et refusent de mettre leurs lunettes de presbytes pour regarder le bilan de leurs égoismes existencialistes. Mourrir éternellement jeunes en hypothéquant les générations à venir, un héritage dont les générations futures se souviendront comme un tournant de civilisation, le début de la fin d’une Europe autrefois dominante et dont les valeurs qui ont fait sa puissance ont été détruites par la première génération n’ayant connu aucune guerre sur son territoire.


  • fifilafiloche fifilafiloche 1er novembre 2010 00:02

    Tout est dans le titre, Monsieur Sarkowsky, une des fiscalités les plus confiscatoires au monde n’a pas réussi à apporter un niveau de bien être à sa population comparable à d’autres démocraties plus respectueuse du droit à la propriété, droit pour lequel nous avons coupé des têtes de façon industrielle il y a un peu plus de 200 ans.


    Dans ces conditions, il est sain de s’interroger sur les racines de la sinistrose pour soigner le malade avant qu’il disparaisse. Pourquoi nos usines à gaz administratives sont elles plus percées que chez nos voisins, pourquoi le citoyen, non libre devant l’impôt, reçoit il moins pour un même Euro cotisé, que ce soit pour sa retraite ou sa couverture maladie. Pourquoi le niveau d’éducation est il relativement plus faible malgré un budget record (premier poste budgétaire).




  • fifilafiloche fifilafiloche 31 octobre 2010 23:51

    Je vois bien que la situation est difficile. Je vois bien la sinistrose ambiante en France chez les plus aidés...


    Mais il se trouve que je vois aussi d’autres réalités. Celles de l’Amérique du Sud, où les filets sociaux sont beaucoup moins serrés et où pourtant on retrouve un optimisme, une débrouillardise, un sens du service que notre vieille Marianne ne sait plus susciter tant son sein est épuisé par les « miséreux » possédant véhicule ( 6 ans de salaire ici contre quelques mois en France), couverture santé universelle, un environnement sanitaire favorable, des infrastructures de bonne qualité...et un droit inaliénable de vote et d’expression.

    Pour ceux qui viennent d’ici (Amérique Latine) et passent les filtres d’immigration, le problème n’est pas de trouver un travail. La vie leur a appris à ne compter que sur eux même. Malgré l’éloignement familial, une extrême solitude dans une culture où les systèmes sociaux ont encouragé l’individualisme à l’extrême, ils s’en sortent. J ai l’exemple d’une Mexicaine arrivée avec sa ’valise en carton’, qui a appris le français, s’est inscrite à l’université, et 5 ans après, malgré un trentaine avancée, avait sa Maitrise en poche et dirigeait un centre de remise en forme. Elle a aujourd’hui été naturalisée Française. Tout n’est pas si noir cependant, pour ceux qui ont la culture de l’aventure. Ma nièce n’arrivait pas à trouver un travail en France. Elle est partie en Chine, a appris le chinois et a lancé sa marque de prêt à porter qui vivote correctement à Shangai.

    Le problème n’est pas le manque d’opportunités, mais avant tout un manque de ressources internes, de reflexe de survie, dans un environnement certes moins protecteur qu’avant mais extraorninairement privilégié que les 95% de la population mondiale qui n’a pas eu cette chance de naître sur un continent que 400 ans d’histoire coloniale a rendu rentier du reste de l’humanité.

    Une fin de règne finalement banale pour un Occident où plus rien peut se construire sinon des bulles financières censées prolonger de quelques années l’illusion de domination économique et culturelle.


  • fifilafiloche fifilafiloche 17 octobre 2010 18:39

    Les Allemands sontt exemplaires par la capacité des générations les plus âgées à comprendre sa réalité démographique et à en accepter les efforts budgétaires. Il semble que le niveau d’éducation économique et la conscience de solidarité intergénérationnelle y soit plus développée.


    Si les chiffres du second trimestre montrent que le choix du chemin le plus difficile porte ses fruits, il ne faut pas oublier que l’Euro sur la période a perdu 25% de sa valeur, (1,51 à 1,18 USD) ce qui aurait un effet dopant sur n’importe quelle économie exportatrice. On ne peut donc en tirer des conclusions de moyen terme.

    Le résultat de cette conscience supérieure est une influence toujours accrue des Allemands en Europe, alors que nous nous déclassons toujours plus vers les wagons de queue des pays méditerranéens dont la solvabilité dépend des liquidités émises par la BCE : Portugal, Grèce et Italie.




  • fifilafiloche fifilafiloche 17 octobre 2010 12:30

    Malheureusement, l’émotion s’oppose trop souvent à la raison dont elle prend le contrôle. Elle autorise par contre toutes les manipulations. Au moins, au temps que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître, vous vous opposiez à la pensée dominante. Aujourd’hui, la gérontocratie utilise leur descendance comme porte voix de revendications générationelles, c’est dire à quel point l’enseignement de l’esprit critique s’est dégradé, bonne mère !


    Jamais dans l’histoire on aura connu de génération plus égoïste que celle qui prêchait la paix et l’amour dans ses tendres années. Et jusque dans la tombe ils emporteront leur exigence de jouissance immédiate, reportant le poids de la contrainte sur les épaules fragiles d’une pyramide des âges inversée.


  • fifilafiloche fifilafiloche 16 octobre 2010 22:34

    Y a pas à dire, la voiture électrique va nous changer la vie ;o)



  • fifilafiloche fifilafiloche 16 octobre 2010 21:54

    La baisse de l’immobilier est inéluctable, elle est simplement retardée artificiellement pour des raisons financières. Les banques Européennes ne se sont toujours pas remises de leur moins values sur l’immobilier anglo saxon, les actifs toxiques étant désormais dissimulés en fond de bilan. Un retour de l’immobilier des pays méditerranéens sur leur fondamentaux (les salaires) les achèverait. D’où l’u(ilisation de fonds publics pour maintenir les valorisations à travers les différents systèmes de défiscalisation. Chaque contribuable paie d’une main ce que la moitié de la population encaisse de l’autre (plus values immobilières).


    Mais quels choix restent ils à une société desindustriablisée pour soutenir le pouvoir d’achat de ses populations, à part les bulles financières ?


  • fifilafiloche fifilafiloche 16 octobre 2010 21:16

    Etre propriétaire d’une cage à lapins coincée entre deux autres cages à lapins de 10 mètres sur 10 mètre à Paris fait de vous un millonnaire, fait il de vous automatiquement un nabab ?


    La principale richesse des français est constituée d’immobilier. Contrairement à nos voisins anglo saxons, les prix depuis la crise de 2008 ont augmenté sous la pression de taux d’intérêts réels négartifs et d’interventionnisme de l’Etat. (défiscalisation) Il s’agit donc d’une richesse totalement fictive à laquelle il faudrait soustraire les dettes et engagements collectiffs.


  • fifilafiloche fifilafiloche 16 octobre 2010 21:05

    La productivité n’est pas une cause, mais une conséquence en France. Le désir de solidarité, louable en soi, a prduit une des sociétés les plus deshumanisées au monde, où les robots remplacent la voix, la main, l’oeil humain dès que possible.


    Pourquoi un tel choix du capital sur l’humain ? Parce que les contraintes financières imposées par le droit du travail censé protéger le salarié impose un tel arbitrage sans lequel les entreprises françaises ne pourraient survivre.

    Pour des raisons socio culturelles, il est plus difficile aux entreprises d’être profiable en France que dans le reste du monde. Pour celles qui ont su s’adapter à cette réalité, en mécanisant toutes les étapes de la production à la vente jusqu’à l’après vente, le contexte français les a rendues sur compétitives. Ce n’est pas par hasard si des distributeurs français comme Carrefour ont imposé leur modèle sur tous les continents.

    Rendons le marché du travail plus fluide et nous retrouverons ces petits métiers, ces commerces de proximité, des centres de décisions délocalisés. L’enfer est pavé de bonnes intentions, l’accumulation de contraintes législatives, au lieu de créer plus de bien être, a conduit à une société dépourvue de lien, où l’humain obéit à la machine afin de couvrir au maximum les risques liés à l’initiative individuelle.

    Constat d’autant plus triste qu’un retour en arrière semble impossible tant que nous n’aurons pas traversé une profonde crise nous obligeant à nous remettre en question. J’en viens à la souhaiter...


  • fifilafiloche fifilafiloche 5 octobre 2010 22:07

    Mais que restera t il à capitaliser aux jeunes générations actuelles qui devront rembourser la dette de leurs ainés, financer la retraite par répartition, payer des franchises toujours croissantes sur leur santé, financer l’accroissement exponentiel de la dépendance vieillesse et payer des emprunts sur 20 pour accéder à la propriété à des prix gardés volontairement élevés pour éviter une nouvelle salve d’actifs insolvables. Quelqu’un aurait il une réponse crédible à cette simple question ?



  • fifilafiloche fifilafiloche 23 septembre 2010 11:40

    L’analogie entre la situation Japonaise et la situation Américaine est pertinente mais a ses limites, essentiellement culturelles.


    L’importance du secteur financier dans l’économie américaine, comme vous le démontrez au début de votre article, amène des priorités différentes. Au Japon, l’essentiel de l’épargne des ménages était placé sur des bons du trésor, le gouvernement n’avait donc pas de raison d’intervenir prioritairement pour maintenir les marchés action. Aux Etats Unis, une part importante des retraites dépend des niveaux de capitalisation des bourses. Il serait plus coûteux de subventionner les pertes de capital par un système de redistribution que d’inciter les banques à intervenir pour maintenir le marché sur les niveaux atteints par l’effet de levier du crédit.

    Avec des taux d’intérêts négatifs en valeur réelle, l’outil monétaire n’est plus utilisable. Comme affirmé hier par le gouvernement Obama, tous les moyens de COURT TERME (le temps d’une écheance électorale) seront pris pour éviter la déflation. Les Etats Unis ont ce privilège par rapport au Japon de pouvoir imprimer de la monnaie sans subir nécessairement la contrepartie d’une dévaluation pour tout autre acteur, leur monnaie servant d’instrument prioritaire pour les échanges mondiaux. 

    En France, la capacité d’influence de l’Etat sur le marché de l’immobilier, à travers la socialisation des risques par les incitations fiscales à l’investissement, a évité un retour à des valorisations en rapport avec le revenu des ménages. Cette interventionnisme, salutaire sur le court terme, les banques Européennes n’auraient pu absorber des dépréciations immobilières des pays méditerranéens alors qu’elles étaient saturées des créances douteuses des pays anglo saxons, créée cependant un retard de cycle qui s’avérera délétaire sur le moyen terme. On peut en effet douter que les banques américaines et anglaises montreront le même entrain à acheter nos actifs toxiques que celui que nos banques, avec une certaine naiveté, ont montré en achetant leurs produits non garantis. Nous sommes donc bien plus exposés au risque déflationnistes que nos partenaires d’outre atlantique, qui eux, pourront s’appuyer sur un marché immobilier assaini pour relancer la machine à crédit avec plus de confiance.

    Il reste que notre histoire coloniale nous donne malgré tout un avantage indéniable sur les pays surendettés à qui nous avons imposé des régimes drastiques à la fin des années 90 pour protéger nos investissements. Nous avons un quasi monopole sur les institutions internationales qui nous permet de pouvoir envisager de flouer nos créditeurs. Mais l’état de décomposition avancé de nos équilibres financiers devrait remettre en cause cette avantage historique à relativement court terme.

    Il ne s’agit pas uniquement d’une crise du crédit, il s’agit avant tout d’un déplacement du centre de gravité géopolitique vers les zones géographiques à plus fortes densités de population. On peut le regretter pour nos propres intérêts (confort social) mais après tout au niveau planétaire, notre ancien ilot de prospérité n’était il pas provocateur pour le reste de l’humanité que nous avions asservi à nos égoïsmes.


  • fifilafiloche fifilafiloche 17 septembre 2010 15:48

    Merci pour l’excellent travail de documentation.


    Vous pourrez cependant afficher toutes les démonstrations les plus rationnelles, l’horizon des corporatistes ne va pas si loin. Ils continueront à opposer leur sentimentalisme à votre pragmatisme, espérant reporter toujours plus loin les conséquences de leur inconséquence.

    Comme vous le démontrez, la capitalisation existe déjà de fait, à travers l’immobilier. Bien que les retraités soient majoritairement propriétaires (contrairement aux autres tranches d’âge), leur capacité d’épargne reste supérieure au reste de la population.

    La logique voudrait qu’ils réalisent leur capital pour s’assurer une fin de vie confortable. Mais cette réalité est inadmissible pour des raisons « éthiques ». Celle qui fait de la transmission du capital un droit inaliénable, même au coût de la collectivisation des déficits publics. Logique encore une fois capitalistique au nom de bons sentiments distributifs.

    Tant que l’hypocrisie dominera, nous ne pourrons assainir notre situation financière et encore moins financer notre système de retraite.