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Les commentaires de Brieuc Le Fèvre



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 20 novembre 2012 09:31

    Houlà ! Quelques confusions !

    Les magistrats tirés au sort étaient en général candidats à ces fonctions, car choisis parmi un « pool » tiré annuellement au sort parmi les personnes ayant fait acte de candidature au dit « pool ».

    Ensuite, les poursuites pouvaient être déclenchées par tout citoyen, en son nom propre, contre tout magistrat, en son nom propre. La charge de la preuve revenait à l’accusateur, qui était aussi procureur (il demandait une peine pour l’accusé). Le Tribunal du Peuple, tiré au sort parmi un « pool » spécial de candidats au siège de jury, jugeait l’affaire en déclarant l’accusé coupable (il prenait alors la peine demandé par l’accusateur), ou innocent. Dans ce second cas, c’est l’accusateur qui se mangeait la peine réclamée. Autant dire qu’il valait mieux ne pas demander la peine capitale sans avoir du biscuit à présenter au Tribunal du Peuple !

    Quant à l’ostracisme, c’était une procédure visant à exclure un individu de l’Assemblée, pour dangerosité supposée. Mais la personne ne pouvait être désignée à l’avance. Lorsque un citoyen proposait une mesure d’ostracisme, il ne déclarait pas contre qui. L’Assemblée votait pour savoir si elle engageait la procédure (autrement dit, si plus de la moitié des présents pensaient qu’au moins un individu était indésirable dans le rang). Si c’était le cas, chacun gravait le nom de la personne à ses yeux indésirable sur un tesson de poterie (en grec : ostracon) ; puis, si le nombre d’ostracon atteignaient un minimum légal, le compte était fait du nombre de répétitions de chaque nom. La personne le plus souvent désignée était « ostracisée », autrement dit interdite d’activité politique (mais pas d’activité économique, ni frappée de honte ou autre). Et cette personne, vu la procédure, pouvait très bien être celle-là même qui avait demandé la procédure...

    Bref, un système assez complexe et bien pensé, qui plaçait systématiquement chaque citoyen et chaque magistrat face à ses responsabilités PERSONNELLES dans la marche de la Cité.

    On ne peut pas vraiment en dire autant de nos élus d’aujourd’hui.



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 26 septembre 2011 22:24

    Si certains doutent de ce qui s’est passé, je les invite à visionner les deux dernières vidéos en bas de cet article : http://www.lebuvardbavard.com/2011/09/les-indignes-marchent-sur-paris.html

    Il est très clair que l’ambiance n’a pas été tout du long de l’ordre de celle montrée par LCI...



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 30 mai 2011 21:34

    Je suis un des auteurs du texte de Marc Jutier, qui a entrelardé un texte de sa propre mouture avec ma prose (et avec mon autorisation : je n’ai rien inventé de si transcendant que je doive m’en sentir propriétaire exclusif).

    Le changement de société est en cours. Il pourra suivre la voie sur laquelle Marc appelle à s’engager, ou une autre, ou de multiples voies en même temps. Mais il avancera jusqu’à ce qu’il s’arrête (merci Monsieur de Lapalice !) Personne, pas plus Marc, les oligarques, moi-même ou aucun des trolls qui infestent ce site, n’a les commandes d’une évolution qui fait partie intégrante de notre devenir d’humains depuis la nuit des temps : évoluer vers plus de conscience. Nous en sommes à la fin de l’organisation en Nations, et passons à l’étape planétaire : « tous les Hommes sont frères », disait Gandhi. Il avait raison, et nous sommes en train d’en prendre conscience. Bien sûr, quelques uns qui n’ont pas intérêt à cela, mais au maintien d’une opposition pour eux juteuse, mais désormais artificielle, entre les Peuples, vont s’y opposer. Mais personne n’a jamais arrêté la marée qui monte.

    Pour moi, et d’autres de plus en plus nombreux, un Humain est un Humain, qu’il soit né ici ou là, qu’il soit vieux ou jeune, beau ou moche. Opposition droite/gauche, communistes et frontistes font parti d’un passé qui a apporté du bien et du mal, mais qui, aujourd’hui, est simplement terminé. On ne passe pas sa vie dans son berceau. La société qui émerge est une société de dialogue, de compréhension, de coopération et de solidarité (l’article de Marc Jutier en est un parfait exemple, qui prend chez moi ce qui exprime ce qu’il pense lui, en ajoutant sa propre part ; personne n’est lésé, personnen ne pleure, personne n’a honte). Vouloir jauger cette société différente et la décrire avec les mots et les concepts du XXème siècle est aussi inadapté que d’essayer de construire une navette spatiale avec pour seul vocabulaire le dictionnaire de la dentelle au crochet. Aussi, dire que les gens qui sortent sur les places en Europe sont des « jeunes favorisés gauchistes » est totalement anachronique. C’est comme d’affirmer que Louis XIV était de droite, ou Saint-Martin trotskiste pour avoir partagé son manteau avec un pauvre. C’est inapproprié aux réalités de l’époque.

    Ce que certains ici semblent n’avoir pas compris, c’est que tout le monde est partie intégrante de ce changement. Alors, autant dire tout de suite ce que l’on veut, on a au moins une chance d’être entendu.

    Sinon, je trouve que AgoraVox est de plus en plus pourri par ses trolls professionnels qui, jour après jour, accumulent des messages creux, et noient les commentaires constructifs sous un fatras de niaiseries redoutables. Lire le fil des commentaires à un article est dès lors fastidieux. Alors, vous tous les planqués sous pseudos, sachez que devenir citoyen c’est-à-dire participer à la vie politique de la Cité, n’est pas une obligation ferme, mais un devoir à effectuer en conscience. Aussi, tant que vous n’avez finalement rien à dire, préférez donc retourner à la liste des activités proposées ci-dessus par Marc Gelone, et lâchez-nous la grappe, en attendant de grandir un peu. Merci.

    Brieuc Le Fèvre



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 2 juin 2010 10:22

    @xa
    Vous avez tout à fait raison : il faudrait sans doute vérifer ses chiffres, quand c’est possible. Le souci, c’est que dans le cadre de la fiscalité et des taux d’imposition, comme vous le démontrez vous-même ici, il est impossible d’assoir définitivement une valeur, puisque chacun prend des bases qui l’arrangent (inclure les revenus du capital de l’entreprise ou non, considérer les ’stock options’ comme revenu du travail ou pas, etc).

    Ceci prouve qu’il est, au jour d’aujourd’hui et devant la gravité de certaines situations (sociales, environnementale, diplomatiques, ... ) stérile d’ergoter sur le découpage artificiel et fumeux de la propriété de l’argent et de l’assiette de l’impôt. Ce qui est en revanche vraiment nécessaire, et même primordial, c’est de poser sur la table la réalité de la richesse disponible, et le partage, d’une part, des efforts pour la produire, et d’autre part, des signes monétaires pour la consommer.

    Est-il normal dans un pays comme la France, qui a vu son PIB multiplié par un facteur proche de 7 depuis 1950, et sa population « seulement » par environ 1,5 (comme vous êtes fort à ce jeu, je vous laisse éplucher les statistiques les plus récentes de l’INSEE à ces deux sujets : ma dernière recherche en la matière courrait de 1950 à 2007 smiley ), est-il normal donc que des personnes qui ont travaillé 40, voire 50 ans, sur cette période et avant, ne puisse obtenir qu’un pouvoir d’achat de moins de 800 euro mensuels ? Où passe la richesse issue de la sueur des travailleurs, des salariés de l’industrie, de l’artisanat et des services ?

    Mon but, avec ce court article, n’est pas de démontrer que j’ai raison sur 46% de cotisations perçues sur le travail au lieu de 42% établis par M. Autume ou un autre. Non, le but est bien ailleurs : faire prendre conscience aux citoyens qui auront le courage de nous lire (je sais combien il est difficile de faire l’effort de chercher l’information ailleurs qu’au JT), ’nous’ incluant ici tous les participants à cette discussion et aux autres sur l’ensemble des médias alternatifs, de leur faire prendre conscience qu’il y a quelque chose de pourri dans la manière dont nos gouvernements pensent et agissent.

    Ce qui est à dénoncer, c’est le biais congnitif systématique en faveur du Capital avec un grand ’C’. Favoriser la rente en réduisant les impôts et cotisations sur le revenu du patrimoine sous toutes ses formes, et en tenant la masse monétaire disponible pour les échanges de vie quotidienne au strict minimum (politique de « l’inflation maîtrisée »), favoriser le maintien et le renforcement des familles riches dans l’accès aux postes de pouvoir, favoriser le creusement des inégalités, et, en contre-partie si je puis dire, faire peser toujours plus de besoins sociaux (chômage, retraites, minima sociaux, santé, éducation,...) sur une tranche de plus en plus étroite de la population : les travailleurs indépendants et salariés.

    Alors à ce stade, qu’importent dans l’absolu les chiffres sur les recettes fiscales et le caractère vérifiable ou certain de leur origine ? Ce qui compte, c’est de commencer à se poser ensemble cette question : quel modèle de société, de développement, voulons-nous à l’échelle mondiale ? De quelle ressources REELLES disposons-nous pour y parvenir, et quelles formes sommes-nous prêts à mettre en oeuvre ?

    Attendu que la mondialisation ultra-libérale est un échec patent (plus d’un milliard de personne en sous-nutrition chronique, des millions de morts annuels tués par des maladies curables, et même bégnines pour nous, les riches, un pillage éhonté et mortel pour les populations locales des ressources matérielles de la planète, une exclusion systématiques des paysans locaux de la propriété foncière,...),

    Attendu que le socialisme soviétique a lui aussi fait ses preuves en la matière, et de fort belle manière (je ne reviens pas sur la bilan du stalinisme),

    il nous reste à inventer autre chose, qui arriverait à faire tourner l’actuelle ritournelle de « compétition, concurrence, profit personnel » en une autre comptine, qui dirait « coopération, émulation, profit collectif ».

    Nous en avons les moyens, n’en déplaise aux esprits chagrin qui ont un compte en banque à la place du lobe frontal ; il reste à nous en convaincre mutuellement.

    Ecrire cet article a été pour moi poser une petite pierre sur l’édifice.



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 2 juin 2010 09:49

    @alchimie

    Ma phrase à propos du non-sens économique signé par M. Woerth n’est pas un argument d’autorité, puisqu’il s’agit de la conclusion des quelques faits énumérés (et largement établis par nombre de macro-économistes) dans le paragraphe précédent.

    Mais en fait, je ne devrais pas vous répondre, car cela va alimenter une vaine série de commentaire sans intérêt constructif.

    Don’t feed the trolls...



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 28 mai 2010 22:02

    @xa,

    qui demande d’où je sors mes chiffres. Le 46% (travail) et le 18% (capital) sont cités dans le document mis en lien (phrase en rouge dans l’article). Je n’ai pas cité de sources plus détaillées que ce petit article de Marianne2, parce que ce dernier contient déjà les informations nécessaires, ainsi que ses propres références sur les détails des calculs utilisés.

    Après, si l’un ou l’autre veut prouver que capital et travail sont taxés à la même hauteur, je citerais Churchill en réponse, puisque le Premier Ministre de sa Gracieuse Majesté disait : « Je ne crois pas aux statistiques, mêmes celles que j’ai bidouillées moi-même ».

    Ceci pour dire que « mes » chiffres m’arrangent comme cela, et que d’autres se sont décarcassés à les trouver, donc je suis blanc comme neige de ce côté là smiley

    Le fond de l’article est de dénoncer la crasse que nos gouvernants essayent de nous mettre dans la tête, soit parce qu’ils pensent que nous ne verrons rien, soit parce que eux-mêmes n’ont pas autre chose entre les oreilles. La petite dérive vers la capacité de notre économie à générer du bien public en taxant ailleurs que sur le travail est une tentative de prouver que le dogme « les recettes ne peuvent pas augmenter » est infondé.

    Tant mieux si j’ai utilisé des chiffres adéquats et valables, cela ne fait que renforcer leur impact.



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 28 mai 2010 21:37

    @alchimie,

    je crois que vous avez lu de travers. Ce petit rappel de ce qu’est un déficit est une saine remise à l’endroit de ce que nos « têtes dirigeantes » nous ont présenté (sciemment ou par totale bêtise ?) )à l’envers.

    Rappeler ce qu’est un déficit ne me semble pas inutile face à un Ministre du Budget qui pense que le déficit des comptes de l’Etat est à l’origine, de manière linéaire et mécanique, de la faible croissance de l’économie française...



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 28 mai 2010 21:33

    @bonsens

    Remarquez que je ne parle pas de renvoyer le Président Sarkozy sur les bancs de l’école, mais quelques-uns de sesministres. Afin d’avoir un minimum de connaissances utilisables au Gouvernement...



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 9 décembre 2009 16:46

    La croissance infinie ne peut tenir dans notre monde fini. C’est une évidence que la physique et la thermodynamique viendront nous rappeler si nous ne faisons pas l’effort de le comprendre nous-mêmes.

    Maintenant, pour répondre à kronfi (9/12@16:31), la croissance peut exister dans certains domaines vitaux pour les plus démunis, mais le plus souvent au détriment du « confort » matériel immédiat des plus riches. Cela dit, avons nous réellement besoin de changer de voiture tous les 3 ans ? De téléphone portable tous les 9 mois ? D’ordinateur tous les 12 mois ? Avons-nous même besoin de voiture quand on vit en ville ?

    Vivre avec moins, mais quand même mieux, c’est possible. Il suffit de repenser nos modes de vie et nos comportements sociaux (un petit peu à la fois, chacun à son rythme : pas besoin d’une dictature verte pour ça).

    Quant au dogmatique et désormais mystique PIB, c’est une saloperie bonne à mettre au feu. Quel personne sensée pourrait, en connaissance de cause, accepter de considérer comme une bonne chose de voir sa maison brûler, des parents proches mourir du cancer et le paysage alentour dévasté par une explosion d’usine ? Pourtant, tous ces événements tragiques ont une conséquence : il faut dépenser de l’argent pour les dépasser, et c’est bon pour le PIB !

    Prévenir les incendies par des détecteurs de fumée, empêcher les gens de tomber malade par une prévention volontaire, et contenir le risque industriel par des investissement de sécurité, c’est moins bon pour le PIB, parce que ça implique de moindre dépenses à terme. Les gens vivront-ils moins bien pour avoir dépensé moins mais anticipé plus ?

    A méditer, non ?



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 23 novembre 2009 12:50

    Le réchauffement climatique est une réalité, quelle qu’en soit la cause (i.e. anthropique ou pas). Et là, pour le démontrer, par besoin de thermomètre ni de sonde bien placée dans l’orifice idoine. Il suffit de regarder autour de soi, dans la nature ou dans son petit bout de jardin. Chez moi, en Bretagne, j’observe aujourd’hui des espèces d’insectes jamais aperçue dans mon enfance. Dans le sud-est (près de Grenoble), des frelons et autres insectes (fourmi-lion) qui, habituellement, vivent plutôt au sud de la Méditéranée sont installés à demeure. Les éclosions d’insectes au pritemps se décalent vers le début de saison. Les départs des migrateurs sont significativement plus tardifs, leurs retours plus précoces. Parfois, carrément, ils ne migrent plus ! Dans les Alpes, les botanistes observent que les étages de végétation ont grimpé de 80 mètres en quelques deux décennie.

    Tous ces changement de la biosphère indiquent un réchauffement moyen du climat en France depuis 20 ans, sans préjuger de la cause.

    Perso, si il devait y avoir un complot, je m’interrogerais plutôt sur le survenue « imprévue » d’une somme de documents mettant en cause tout le travail des climatologues à 15 jours du sommet de Copenhague, où tous les pays riches se rendent en traînant les pieds, tant il semble important à leurs dirigeants de ne rien décider qui remettrait en cause leur saloperie de « croissance ». Croissance pour eux, mort pour nous, par la faim, le cancer, l’accident du travail ou de la route, etc.

    Et puis, comme ça, on ne parle plus de la finance, qui continue à reconstruire son exhorbitant pouvoir de diriger le monde à sa guise, en distribuant, parcimonieusement, un peu d’argent de-ci de-là aux entreprises etranglées par la concurrence mondialisée.

    Brieuc



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 10 février 2009 21:39

    Bonjour,

    Pour aller dans le sens de Mouche-Zélée, j’ajouterais que Not’ Président est bien gonflé de venir dire qu’il investira les intérêts des prêts consentis aux banques dans le social. 1 milliard et des poussières, peut-être moins, qu’est-ce que c’est, quand les seuls intérêts dus sur la "dette" déjà existante nous bouffent plus de 40 milliards à l’année ? Inutile d’espérer voir ce pauvre petit milliard finir ailleurs que dans le "service de la dette".

    Le système bancaire gagne encore et toujours. A qui l’Etat emprunte-t-il ces 25 milliards ? Aux plus riches, avec en tête bancassureurs et fonds d’investissements spéculatifs. A qui destine-t-il ces milliards d’aide ? Aux bancassureurs. A qui payera-t-il les intérêts sur l’emprunt ? Aux bancassureurs et fonds d’investissement spéculatifs.

    Au total, les déjà plus riches nous ont "prêté" 25 milliards, afin que nous leur les prêtions pour les sauver de leur inanité ! Cela ne leur coûtera que le différentiel d’intérêt entre le taux de prêt à l’Etat et le taux d’emprunt à l’Etat, soit environ 1%. Et pendant ce temps, ils conservent le droit de prélever sur notre sueur 40 et plus milliards d’intérêts annuels, plus le privilège de continuer à nous endetter pour les siècles futurs. C’est ce qui s’appelle un bon plan !

    Il y a quelque chose de très pourri au royaume de l’argent, et notre seule planche de salut serait de retirer le privilège exhorbitant de création monétaire accordé aux financiers privés, pour le rendre aux sociétés civiles. Mais cela, comme souligné par Tzecoatl, impliquerait une gouvernance nouvelle, pour ne pas laisser à nouveau les mêmes décider du pourquoi et du comment investir. La planche à billets aux mains d’un gouvernement sans scrupule est aussi dangereuse qu’aux mains d’un système financier privé. Le réarmement de l’Allemagne hitlérienne et la crise actuelle sont deux illustrations caricaturales de ces faits.

    Alors, supprimer l’argent, demande boris ? Pourquoi pas ! Ce qui est nécessaire à une société de spécialisation comme la nôtre, c’est un moyen de distribuer le travail et le produit du travail. La monnaie est, sous certaines conditions, un tel moyen. Ce n’est pas le seul, et elle n’est en rien indispensable. Elle est juste pratique.

    Par ailleurs, posez-vous cette question : qu’est-il advenu du gain de productivité permis par les avancées techniques des cinq derniers siècles (gain estimé de 800 environ depuis la fin du Moyen-Age, gain de 6 depuis seulement 1950 en France) ? Pourquoi devrions-nous travailler encore et toujours plus pour obtenir le droit de vivre, quand les machines produisent pour nous plus que ce qui nous est nécessaire ? La population mondiale n’a pas augmenté 800 fois depuis le début du 16ème siècle, donc, la richesse disponible par individu devrait s’être considérablement accrue. Or, que constatons-nous ? Quelques privilégiés (dont nous faisons partie en tant qu’occidentaux, même de classe modeste) qui triment pour gagner de quoi consommer du superflu, et une immense majorité qui ne dispose de rien ou presque, et qui cherche à trimer pour nous offrir notre superflu en échange d’un peu de nourriture.

    Aujourd’hui, nous ne devrions pas être en train de nous demander comment rétablir et maintenir un système qui tente de produire et faire consommer du superflu à une minorité riche, mais bel et bien en train de chercher de toute la force de nos compétences comment enfin donner le nécessaire à tous.

    Nous produisons chaque année 800 fois plus de biens qu’en 1500. Nous sommes seulement environ 10 fois plus nombreux qu’en 1500. Où est la difficulté du développement ?

    La question se pose dans les même termes pour les retraitéss, les chômeurs, les malades, leurs médecins et soignants, les professeurs-enseignants-chercheurs, les magistrats, etc. Où se situe la difficulté de donner à tous ces gens le minimum dont ils ont besoin, puisque ce dont ils ont besoin est là, produit presque sans effort par les machines (nourriture, vêtement, logement,...) ? La difficulté est dans nos têtes : argent rare et précieux (faux depuis 1971), salariat obligatoire pour accéder au droit à disposer de ces biens (stupide, puisque le salariat disparaît grâce aux gains de productivité).

    Un autre monde est à inventer de toute urgence, dans lequel la monnaie ne serait qu’une représentation symbolique et temporaire de la production réelle, symbole accordé à chacun non en fonction de son seul travail, mais aussi, et en premier lieu, en fonction de ses besoins.

    Brieuc



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 26 décembre 2008 14:17

    @ Virgule,

    Je vous laisse l’entière responsabilité de vos propos, mais je vous rappelle que l’espèce humaine est un peu en dehors des lois de l’évolution des espèces, depuis plusieurs millénaires, et entre autres depuis qu’elle s’évertue à sauver, sans distinction, tous ceux de l’espèce (ce que vous fîtes dans votre vie professionnelle, et c’est tout à votre honneur). Vous parlez des "plus forts, plus intelligents", qui se sauvent d’eux mêmes, par leurs qualités intrinsèques. Je vous rétorquerai par un seul contre-exemple, qui suffit à démolir votre système de pensée : Stephen Hawking. Cet homme est, selon Darwin, destiné à mourir sans échappatoire, puisqu’il est atteint d’une maladie génétique dégénérative, qu’il ne peut ni se déplacer, ni se nourrir, ni même communiquer sans assistance. Et pourtant, il possède un des cerveaux les plus brillants de notre temps, et ses découvertes sur la structure intime de l’espace et du temps pourraient, à terme, nous apporter des solutions aujourd’hui inimaginables sur le transport, l’énergie, etc. Il est titulaire de la prestigieuse chaire de mathématique de l’université de Cambridge, qui fût, en son temps, celle de Newton.

    Ce que vous oubliez, cher Virgule, c’est que l’humanisme n’est pas seulement une belle conscience, qu’il n’est pas réservé aux idéalistes ni aux doux rêveurs. Il est l’espérance que l’homme moderne ne trouve plus dans les religions, mais qu’il place dans sa propre action. Il est le fer de lance de l’émancipation de l’humanité. Par contre, ce sont des gens comme vous qui affirmaient, il y a un siècle et demi, que l’esclavage avait toujours existé, et que toujours il existerait, que le monde était ainsi, et que penser un monde sans esclave était pure utopie, douce rêverie d’humaniste à la belle conscience.

    Par ailleurs, vous avez totalement tort de croire que donner du confort de vie et de la sécurité à l’ensemble de l’humanité apporterait une explosion démographique irrepressible. Si c’était le cas, les pays occidentaux devraient avoir un énorme problème de surpopulation, surtout dans les tranches d’âge les plus jeunes. Or, ce qui est observé, c’est un vieillissement de la population et une stagnation de la natalité. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’élévation du niveau de vie s’accompagne immanquablement d’une baisse de la natalité, pour diverses raisons a posteriori que je n’exposerai pas ici. Ce fait n’a jamais été pris en défaut, même si il reste une observation qui, peut-être, n’attend que son démenti. Toutefois, en l’état actuel des choses, il me semble que le vrai suicide, c’est de laisser des populations pauvres se reproduire comme des castors, plutôt que de leur apporter un développement qui ferait, mécaniquement, baisser leur natalité, d’après tous les exemples de développement que nous avons pu observer jusqu’ici.

    Autrement dit, l’humanisme est peut-être notre seule planche de salut, et nous avons intérêt à nous y accrocher rapidement, parce que la planète est au bord d’une surpopulation destructrice. Encore quelques décennies de laisser-faire, et la population pauvre atteindra des sommets ingérables. La seule solution à ce point sera effectivement de suivre vos préceptes : tout le monde à la baille, et que les meilleurs nagent.

    J’espère ne pas avoir à vivre cela, alors je continuerai à penser humaniste, et à propager la pensée humaniste, ne vous en déplaise.

    Brieuc



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 26 décembre 2008 10:27

    Virgule, vous choisiriez qui doit vivre et qui doit mourir, sur la base de critères moraux qui sont les vôtres, (et donc discutables, puisque purement liés à votre culture, vos croyances, etc) ? Vous décideriez arbitrairement qui sera "utile" à la société issue du naufrage, et abandonneriez à leur triste sort tous les "moins utiles" et les inutiles" ?

    Puis vous accusez ceux qui voudraient sauver tout le monde de se prendre pour des dieux ?

    Quand on s’engage dans ce type de discussion, il faut être totalement cohérent (ou du moins essayer de l’être), et commencer par ne pas accuser les autres de faire, dire ou penser exactement comme l’on fait, dit ou pense soi même smiley

    Bonnes fêtes,

    Brieuc



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 26 décembre 2008 10:18

    Il y a assez de canots de sauvetage pour toute l’humanité. A condition que personne n’emporte le moindre bagage.

    Autrement dit, la question cruciale de l’économie mondiale n’est pas le nombre de personnes, mais la répartition des biens indispensables. Si l’économie était tournée vers la réalisation des besoins de base de chaque humain, plutôt que vers la captation des ressources financières des plus riches (=classes moyennes occidentales), le monde commencerait (peut-être) à évoluer dans la bonne direction.

    Or, une économie du développement doit absolument allouer des ressources en quantité aux activités non rentables que sont la distribution gratuite d’eau potable et de nourriture aux plus démunis, l’éducation, la santé, etc. Chose impossible quand ce sont des institutions privées qui décident de la création monétaire. Chose impossible quand c’est le plus total "laisser faire" qui gouverne le monde.

    Dans l’absolu, pour reprendre l’analogie de Virgule, l’humanité a choisi de couler d’abord tous les canots, puis de sauter à l’eau. C’est l’application à la lettre du principe "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens".

    Tout ceci me permet de conclure que finalement, l’article discuté ici est en plein dans le mille : le développement ne peut et ne doit pas être une question purement économique. C’est d’abord et avant tout une question essentiellement politique. Or, sans moyen d’action sur l’économie, c’est à dire sans son principal outil, le politique ne peut rien pour le développement. Et il se trouve que le premier instrument de l’outil économique aux mains du politique, c’est la monnaie. Sans monnaie publique, sans une refonte du système monétaire et financier, jamais aucune politique de développement digne de ce nom ne verra le jour.

    Le développement humain ne sera pas le fait d’une "main invisible" qui irait, de manière totalement immanente, distribuer au bon endroit les bonnes richesses. Adam Smith s’est planté en beauté. Non, le développement sera le fruit d’un action humaine concertée, décidée. Le fruit d’une politique de développement.

    Pour faire taire de suite les commentaires sur l’aspect "collectivisme" qui pourrait être perçu de mes propos, je le dis tout net : une politique de développement n’est pas incompatible avec la libre entreprise. Au contraire : une véritable politique de développement crée avant tout les conditions d’existence d’une libre entreprise dédiée au développement. Le libéralisme actuel ne laisse d’autres choix d’activité que la vente à ceux qui peuvent encore acheter de babioles dont ils n’ont pas besoin (deuxième portable, troisième télé, changer la cuisine, refaire sa garde-robe, etc). Rien pour ceux qui ont faim ou soif, mais pas de monnaie. Rien pour ceux qui ont froid mais pas de monnaie. Rien pour ceux qui sont malades mais n’ont pas de monnaie.

    Monnaie, monnaie, monnaie. Tout est devenu une question de monnaie. La monnaie est une barière mentale, un mur psychologique contre lequel l’humanité est en train de se fracasser le crâne. Posez-vous cette simple question : qu’est-ce qui empêche un pays comme la France, ou une région continentale comme l’Europe, ou même votre commune de résidence, d’entreprendre la réalisation d’un besoin pour lequel elle dispose des ressources nécessaires en matériaux, maîtrise de compétence et main d’oeuvre ? L’argent. L’humanité a décidé que la possession de monnaie était LE préalable à toute activité productrice, puis elle a décidé de ne pas créer suffisament d’argent pour permettre TOUTES les activités productrices possibles, ni même simplement pour celles qui seraient souhaitable. C’est tout bonnement stupide.

    Et cela va nous tuer tous, si rien n’est fait pour changer de mentalité. Qu’importe à la rigueur la forme finale de l’économie adoptée (créditiste, écosociétaliste, distributiste, etc). Ce qui compte, c’est de parvenir à allouer aux activités du développement la masse de ressources nécessaires, sans plus en attendre aucune rentabilité financière.

    Bonnes fêtes à tout le monde,

    Brieuc



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 1er décembre 2008 21:58

    La loi du Talion est une survivance du passé, qui n’appelle aucune chance de rédemption pour le criminel, aucune chance de pardon pour la victime.

    Le fait est que tous ceux qui réagissent par sympathie avec la victime sont dans le domaine de la passion. Or, la justice est dans le domaine de la raison. Si un individu vient violer et tuer mes filles, je n’aurai de cesse que de le trucider à la petite cuillère. Ce qui est un crime odieux, qui n’efface rien du précédent (vengeance n’est ni punition, ni pardon, ni rédemption). Seule une justice aveugle (sans mauvais jeu de mot sur le cas dramatique décrit dans l’article) est à même de juger objectivement les faits, et de les comdamner en juste proportion. La déclaraion des Droits de l’Homme et du Citoyen stipule d’ailleurs que "La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires.../..." (Article 8)

    Bien sûr, les juges, les avocats, sont des humains, aussi faillibles dans leurs jugements que tous les autres. Mais cela n’enlève rien à cette vérité : une peine corporelle est une atteinte profonde à la dignité humaine, et celui qui se rend coupable d’un acte inhumain, par les faits ou par procuration légale, se retranche lui-même des rangs de l’humanité.

    Crier vengeance et en appeler à la loi du Talion, c’est aller un peu vite en besogne, puisque le plus souvent, ce n’est pas celui qui hurle à la guillotine qui basculera le condamné sur la planche. Ce n’est pas lui qui ira tirer un humain du sommeil à 4 heures du matin, qui lui fendra la chemise, lui rasera la nuque, le conduira à travers les couloirs tapissés de couverture pour étouffer le bruit des pas, le mènera, enchainé, sur l’échafaud, lui passera la tête dans le trou, et ramassera les morceaux dans la sciure.

    Que ceux qui pensent que la loi du Talion est une forme de justice y réfléchissent à deux fois, car qu’ils se retrouvent un jour, par accident de la vie, victime ou bourreau, il leur faudra alors en passer par là : subir le même sort que leur victime, ou l’infliger à leur agresseur.

    Si des pays comme l’Iran se dotaient d’une véritable politique de protection de la femme, avec comdamnation systématique des agresseurs à des peines "humanistes", les mentalités finiraient par changer. Il existe bien des façons de restreindre un type donné de criminalité, sans en passer par oeil pour oeil, dent pour dent. La privation systématique des droits civique, la déchéance de paternité, l’interdiction de contracter un futur mariage, la honte publique, et même la prison, sont des façons efficaces de travailler la société en profondeur. Bien plus que l’excitation populiste autour d’un spectacle macabre.

    D’ailleurs, si nous appliquions la loi du Talion dans notre République, il faudrait que chacun de nous aille finir sa vie en Afrique, comme esclave des descendants des populations déportées par l’esclavage ; il faudrait que tous les hommes acceptent de se soumettre aux femmes, de recevoir 1/4 de salaire de moins qu’elles à travail et compétences égales et de se taper la majeure partie du travail domestique ; il faudrait aussi que tous ceux qui militent contre l’avortement subissent un avortement raté, avec ses conséquences (stérilité, blessure morale grave, parfois la mort), etc.

    Bref, la loi du Talion est intenable, puisque dès lors qu’il y a crime ou délit qualifié, c’est le déchaînement de la barbarie, c’est la satisfaction morbide des plus bas instincts animaux de l’Homme.



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 25 novembre 2008 21:56

    Le capitalisme, actuellement, scie la branche sur laquelle il est assis (voir mon commentaire au-dessus du vôtre). Un des moteurs principaux de la tronçoneuse est la course au rendement, dont l’origine est elle-même à rechercher dans le mécanisme de la création monétaire par le système des réserves fractionnaires (voir à ce sujet les travaux de Paul Grignon, sur "l’argent dette", références faciles à trouver avec un moteur de recherche internet).

    Le résultat global est une gigantesque pompe à ramener les biens réels dans les mains des créateurs de la monnaie virtuelle. Alors bien sûr, comme la masse monétaire augmente énormément (autour de 10% par an sur la zone euro depuis 2002), il y en a toujours plus à se partager, et cela finit même par "ruisseler" sur le tiers-état ("ruisseler" étant un bien grand mot, puisque le crachouillis qui devrait atteindre les pauvres des pauvres s’évapore au soleil des pays du sud avant même d’avoir été sorti des poches des nantis).

    Ces étages emboîtés du fonctionnement du capitalisme créent une dynamique qui conduit les humains à s’étriper les uns les autres (parfois au sens propre, hélas !) pour "rester dans la course", c’est à dire pour trouver assez de monnaie au sein d’une croissance réelle de 3% pour rémunerer des créateurs de monnaie et des prêteurs de monnaie à hauteur de 15 ou 20%. Tout le reste de la théorie libérale (les avantages compétitifs, la concurrence pure et parfaite, les idéologies libre-échangistes ou protectionnistes) c’est de la poudre aux yeux pour se donner bonne conscience, ou pour expliquer après coup pourquoi le système semble tourner comme ceci ou comme cela.

    Outre qu’il est donc invivable pour le commun des mortels, et qu’il ne peut absolument pas améliorer leur sort, le système capitaliste globalisé épuise les ressources naturelles à une vitesse vertigineuse, pour produire uniquement des biens et des services susceptibles de rapporter plus de monnaie que ce qu’ils ont demandé d’investissement, sans aucune considération quant aux conditions environnementale ni humaines de la production.

    Ce système n’a donc rien de merveilleux. Je le remplace par un autre qui conserve :

    * le libre échange et l’entreprise individuelle
    *la monnaie comme moyen d’échange
    *la création monétaire

    par contre je supprime :
    *le capital d’investissement (et donc l’investisseur qui va avec)
    *la monnaie réserve de valeur

    et je retire aux banques le privilège de création monétaire.

    Je crée la monnaie au moment de la production, pour rémunérer le travail.
    Je détruis la monnaie au moment de la consommation finale d’un bien ou service, pour éliminer le souci inflationniste, et parce que, très logiquement, une masse monétaire créée au moment d’une production, pour représenter cette production, n’a plus lieu d’être quand cette production a disparu du marché.
    Le prix de vente d’un bien est la somme de monnaie créée pour rémunérer le travail tout au long du circuit de production.
    Je crée de la monnaie supplémentaire que je distribue à tous les humains, sans condition, et je la détruis par une surcôte des ventes.

    J’ai donc bien un système qui permet le partage du travail et le partage des fruits du travail, sans aucun besoin d’un capital financier préalable. Je me passe donc parfaitement d’investisseurs et d’actionnaires, je me passe de les rémunérer, et je peux donc me concentrer sur l’essentiel : le développement humain. Comme j’ai besoin de savoir ce qui relève du développement humain, j’ai besoin de discuter avec mes concitoyens au sein de la Démocratie.

    Je replace donc le fait politique au sein de la Cité.

    Et comme j’ai besoin de développer des activités non rentables en termes financiers ou comptables, je crée aussi de la monnaie pour ces activités, monnaie qui sera absorbée par la vente à prix surévalué des biens et services rentables. Mais comme mes biens et services "rentables" sont ceux qui sont produits avec une forte automatisation, je peux me permettre de faire monter un peu leur prix, puisque celui-ci ne reflète que la somme du travail humain rémunéré tout au long de la chaîne !

    Par un cercle vertueux, je permets donc une libération des humains vis-à-vis du travail répétitif, désormais accompli par des machines, ce qui me permets de trouver des humains libres pour les tâches non rentables financièrement, mais rentables socialement et humainement. Je rémunère ces humains par de la monnaie créée pour l’occasion, qui leur permet d’accéder à la consommation du travail des machines. Cela rend rentable le fait d’utiliser des machines, et favorise une automatisation plus poussée des tâches mécaniques de la production. Le cercle se referme.

    Plus de capital, cela veut surtout dire plus de choix de la part de ce capital du lieu où il va s’investir. Or, c’est bien là notre plus gros problème actuellement : nous produisons des foules de trucs idiots et gadgets, mais qui se vendent aux riches, plutôt que de fabriquer l’indispensable dont sont privés les plus pauvres. Ce dernier point est développé dans un autre article dont je suis l’auteur : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=36667



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 25 novembre 2008 19:44

    Extrait de "l’Histoire Economique" de Jevoy Loing, édition 2173 :

    "Le capitalisme libéralisé du XXIème siècle naissant est :

    *Un système qui produit plus d’exigences de remboursement que de monnaie créée.

    *Un système qui réduit systématiquement la masse salariale disponible pour acheter ce qu’il produit, entraînant une spirale infernale de recherche de la décroissance des prix par la baisse des salaires.

    *Un système qui augmente continuellement sa productivité, et donc diminue constamment son besoin de main d’oeuvre, mais qui continue à faire du salaire un prérequis à toute forme d’existence sociale de l’individu.

    En clair, un système qui scie avec ardeur la branche sur laquelle il est assis." Fin de citation.

    Toute chose produite en ce monde l’est par le travail des hommes (un peu) et par Dame Nature (beaucoup : ressources énergétiques fossiles, ressources minières, ressources halieutiques, air, eau, insectes pollinisateurs, la liste est longue).

    La nature ne se fait pas payer pour ses bienfaits ; l’homme n’a pas besoin de se faire payer pour travailler. Pour fonder une civilisation, seul est utile un système qui permette la distribution du travail et la distribution des fruits du travail. L’entreprise individuelle et le libre échange sont une manière efficace de répartir le travail. La monnaie est une manière efficace de répartir le fruit du travail.

    Vous remarquerez que jusqu’ici, il n’a pas été question de capitalisme ni de communisme : ce sont deux formes possibles d’organisation de la répartition du travail et des fruits du travail. Deux formes hélas ! tout aussi ineptes l’une que l’autre, car fondées avant tout sur une conscience de rareté et sur la cupidité de leurs acteurs clés.

    Ma conclusion : ce n’est pas le protectionnisme qui sauvera le monde. C’est l’abolition du capitalisme, i.e. l’abolition de ce système qui établit que la préexistence d’une somme monétaire donnée (le capital) est indispensable à toute entreprise, et qui plante comme axiome que le prêt de cette somme doit être rémunéré (dividende), même si cette somme a été créée pour l’occasion (création monétaire par le crédit bancaire, auquel cas la rétribution du capital se nomme "intérêt").

    Le capitalisme n’est peut-être pas encore mort (du fait du nombre astronomique d’humains qui le défendent bec et ongles), mais il n’en est pas moins dépassable, et sera dépassé.

    "Il n’y a pires esclaves que ceux qui croient faussement être libres". Goethe.



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 25 novembre 2008 18:39

    Cher Tzecoatl,

    Si le message ne passe pas par voie orale, peut-être devrions-nous essayer le suppositoire ? smiley A force de se faire mettre par ce bout-là, sans compter les multiples sondages dont ils sont victimes, nos concitoyens doivent disposer, côté pile, d’une véritable autoroute de l’information...

    Serait là l’origine de l’expression "parle à mon cul, ma tête est malade !" ??? A méditer...

    Brieuc.

    P.S. : Tout mon commentaire est bien sûr du second degré smiley



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 23 novembre 2008 21:48

    Chaque enfant est différent, et en tant que tel, il reçoit l’enseignement de manière unique.

    Conclusion : l’idéal est un enseignant par élève. Un adulte qui accompagne le jeune dans sa construction d’un être citoyen.

    Seulement voilà, révolution industrielle oblige, société de marché à la clé, les parents sont contraints de bosser plus pour... (pour quoi au fait, puisque le pouvoir d’achat recule, même en bossant le dimanche ?). De leur côté, les profs se trouvent, boom démographique oblige, avec de plus en plus de mômes en classe, et de moins en moins de moyens pour rattraper l’absence des parents (sans compter l’éclatement familial).

    Résultat des courses : des classes de jeunes sans repères autres que la connerie télévisuelle, sans centres d’intérêt autres que la violence et le foot (pour le garçons), ou la violence et la mesquinerie (pour les filles).

    Un bon début pour sortir de là, ce serait de financer enfin une réelle éducation (ça occuperait pas mal de désoccupés), et de supprimer les chaînes de télé privées qui déversent leurs immondices dans les jeunes cervelles par trop disponibles (et pas la peine de venir me parler de "faillite de l’Etat français" : si faillite il y a , c’est celle d’une idéologie de la "monnaie privée qui fait mieux que la monnaie publique").

    Quand je pense qu’en plus de ce petit souci éducatif, nous avons aussi sur la planche la crise économique, la crise écologique, la crise alimentaire, la crise démographique, la crise sociale, la crise climatique, la crise énergétique... et que le bon peuple passe plusieurs dizaines d’heures par semaine à mater des stupidités télévisuelles ! Jetez votre boîte à cons ! Brisez votre antenne, massacrez votre décodeur TNT et votre parabole au TNT ! Brisez les chaînes de votre esclavage intellectuel, et utilisez enfin le temps de cerveau ainsi libéré pour PENSER !!!!

    Le slogan ambiant est "Ne pensez plus, DEPENSEZ !" Eh bien ! moi, je vous propose de faire exactement l’inverse.



  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 23 novembre 2008 21:05

    La réalité de la "réforme", en particulier au lycée, c’est que le ministère a commandé un rapport à des "experts" pour savoir si il était possible de supprimer 80 000 postes d’enseignants. Réponse : oui, mais pas en conservant la structure éducative actuelle. D’où cette "réorganisation" du lycée (perte quasi achevée des sciences éco et sociales, "parcours à la carte", etc), et des maternelles/primaires (fin de la scolarisation précoce, bourrage des classes, suppression des RASED, etc).

    Ces réformes sont faites non pas en vue d’améliorer le système éducatif, mais en vue de réduire l’offre éducative et de réorganiser l’utilisation du temps de personnel de telle sorte qu’il soit possible de "sortir" 80 000 enseignants.

    C’est une réforme faite purement sur des objectifs comptables. Ni les profs, ni les parents, ni les élèves ne sont considérés.

    La seule considération éducative en jeu, c’est sûrement que si l’école fabriquait de bons éléments, elle finirait par en produire quelques uns qui seraient meilleurs que les "élites" actuellement au pouvoir. Or, la règle numéro un quand on est un con au pouvoir, c’est de ne s’entourer QUE de plus cons que soi. Et si ceux-ci viennent à manquer....

    Donc, notre bon ministre, en con avisé qu’il est, a décidé de transformer l’Ecole de la République en Usine à Fabriquer des Plus Cons que Lui.

    CQFD