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Les commentaires de Philippe Astor



  • Philippe Astor Philippe Astor 5 octobre 2007 17:27

    Tous les iraniens ne sont pas à mettre dans le même sac, ni tous les américains. Je m’étonne de la violence de certains commentaires. Et surtout de l’intolérance qu’ils véhiculent. Il y a plus de va-t-en guerre dans ce forum que dans une caserne de parachutistes. Et beaucoup de haine de l’autre, juif, iranien ou musulman. Voilà qui m’attriste encore plus que le degré zéro d’intelligence manifesté par cette officielle américaine.



  • Philippe Astor Philippe Astor 27 juin 2007 10:10

    Il ne s’agit pas de ne plus rémunérer les auteurs. Si vous considérez des services Web 2.0 come Blogmusik ou Jiwamusic, par exemple, des accords ont été passés avec la SACEM qui rémunèrent les auteurs.

    L’intermittence est un moyen de sécuriser le parcours professionnel des « travailleurs » du spectacle et des métiers de la création, pas seulement celui des artistes (une majorité de techniciens sont concernés). Le régime diffère du régime général des Assedics en raison du caractère précaire de ces professions.

    Plus notre parcours professionnel se précarise, plus l’intermittrence est un modèle dont on est susceptible de s’inspirer pour le sécuriser un tant soit peu, ce qui est l’objectif aujourd’hui de la droite comme de la gauche.

    Vous faites bien de souligner que les auteurs-compositeurs n’en bénéficient pas, de même que les écrivains, par exemple, et ce ne sont pas ceux qui, à quelques rares exceptions près, roulent le plus sur l’or dans ces métiers. En moyenne, un sociétaire de la Sacem touche moins de 1000 € par an en France. Et comme quelques uns touchent plusieurs M€, on peut aisément imaginer qu’ils sont très nombreux à ne rien toucher.

    Alors effectivement, on peut se poser la question du contrat social qui nous lie aux auteurs-compositeurs, et s’interroger sur la manière dont il doit être rédéfini à l’heure d’Internet et d’une très forte propension au mashing (réutilisation d’oeuvres originales pour faire des remix).

    Cela dit, la Sacem n’a connu qu’en 2006 une légère érosion de ses perceptions (- 0,2 %), la première depuis 1992, malgré la crise du marché des supports enregistrés (avec des perceptions en baisse de 10,2 % l’an dernier). Les revenus provenant de la redevance pour copie privée ont décliné eux aussi, de 4,6%.

    Ces baisses de ressources, qui concernent aussi celles provenant des stations de radio (- 5,5 %), sont compensées par par les gains obtenus dans les secteurs émergents du multimédia, de l’Internet et de la téléphonie mobile qui, bien qu’encore marginaux, ont progressé de 23,2 % en 2006, par une hausse continue des perceptions en provenance des médias audiovisuels et par la progression des droits généraux (+ 5,9 %), dont ceux en provenance des concerts (+ 13 %) représentent un bon quart.

    Dès lors, on ne peut pas dire que les auteurs-compositeurs soient à l’heure qu’il est les plus exposés à la crise.



  • Philippe Astor Philippe Astor 26 juin 2007 11:03

    Très bon commentaire CKL, merci. C’est vrai que les labels indépendants souffrent particulièrement de la crise. Et qu’ils ont besoin d’aide.

    J’ai eu l’occasion de rencontrer les gens d’Overcome il y a deux ans, c’était des battants, qui avaient réussi à reconstituer tout un réseau de distribution pour les musiques extrêmes, relancé leur vente par correspondance, et qui avaient alors des projets très intéressants dans le numérique.

    Je regrette autant que vous qu’ils aient mis la clé sous la porte. D’ailleurs à l’époque, ils n’ont bénéficié d’aucune aide des pouvoirs publics pour franchir le cap du numérique.

    Malgré tous leurs efforts pour redorer le blason de ces musiques, et les faire valoir comme une culture populaire à part entière, le ministre de la Culture d’alors (RDDV) n’a pas jugé utile de lever le petit doigt pour eux.

    Il y avait alors des dossiers bien plus urgent pour monsieur RDDV, comme le vote de la loi DADVSI.

    Par contre, on voudrait accorder des crédits d’impôts aux filiales de majors. Et aus indés aussi, bien sûr, mais ce genre de dispositif d’aide ne bénéficie qu’à ceux qui font des bénéfices et paient des impôts sur ces bénéfices. Et il y a peu de labels indés dans ce cas, malheureusement.

    Au delà de la gène que j’éprouve à l’idée que les pouvoirs publics soutiennent financièrement, et sans qu’aucune contrepartie ne soit discutée a priori, des filiales de multinationales dont les actionnaires n’hésiteront pas à fermer leurs bureaux en France du jour au lendemain si leurs dividendes l’exigent, au delà du fait que ces filiales françaises de majors sont elles aussi des petites PME dont la disparition serait dommageable pour la production française, je me pose sérieusement la question de la pertinence de cette politique de soutien.

    Je ne défends pas le comportement boulimique de ceux qui « téléchargent à gogo » sans jamais rien payer. Je considère justement dans cet article que c’était un erreur de ne pas essayer de faire payer les utilisateurs de Napster à l’époque.

    Maintenant, que les nouvelles générations n’aient plus le même rapport au support physique, c’est une autre affaire. En même temps, elles ont un rapport beaucoup charnel avec les artistes, qu’elles vont voir de plus en plus sur scène. Et s’interroger sur les moyens de soutenir et d’accompagner cette propension à se tourner vers le spectacle vivant ne serait pas idiot.

    Vous évoquez la situation des labels indés (qui n’ont quasiment plus de distributeurs aujourd’hui, en dehors des agrégateurs numériques), mais qu’en est-il de celle des petites salles de concert ? Elle n’est pas bien meilleure, et c’est tout aussi dommageable, y compris pour les artistes et pour les labels, qui ont tout intérêt à se diversifier dans le développement de leurs artistes sur scène et à en tirer des revenus.

    Ce serait un tort, par ailleurs, de ne pas chercher à mettre à profit - voire même capitaliser sur - la propension des nouvelles générations à échanger, partager, prescrire la musique autour d’elles et à créer du lien social et des communautés à travers elle, pratiques qui ont toujours existé d’une certaine manière (combien de LP des copains ai-je copié sur des K7 à l’époque...) mais qui prennent aujourd’hui une nouvelle dimension avec Internet.

    Dans le budget de plusieurs dizaines d’euros que je consacre à la musique chaque mois, je préfèrerais que les 10 euros d’abonnement que je verse ponctuellement à Rapidshare ou à d’autres hébergeurs aillent dans les caisses d’une société RapidMusicShare ayant pignon sur rue et qui reverserait une partie conséquente de ses revenus aux ayant droit.

    Les nouvelles pratiques d’échange qui se développent via Blogspot et des services d’hébergement comme Rapidshare portent dans leur grande majorité sur du back catalogue et même sur du très vieux fond de catalogue auquel elles redonnent une seconde vie.

    C’est d’autant plus encourageant que, comme l’a constaté le sociologue de la musique et auteur-compositeur François Ribac dans une étude récente, il n’y a plus aujourd’hui de fossé générationnel en matière de musique. Les jeunes d’aujourd’hui peuvent autant apprécier Hendrix, Led Zep et les Beatles qu’Eminem ou 50 Cent.

    Mon fils de 11 ans, qui écoute beaucoup de rap, se trémousse aussi sur Aerosmith ou Wishbone Ash lorsque j’en écoute. Et ma fille de 18 ans apprécie autant les Rolling Stones que Nickelback ou Nine Inch Nail. Les parents ne considère plus (ou de moins en moins) que la musique des jeunes est de la merde et vice versa.

    Non contente de créer du lien social, la musique crée donc aussi du lien intergénérationnel. Ce n’est pas une vue de l’esprit, ce sont des sociologues qui le constatent. Si ce n’est pas de la culture, si ça ne constitue pas une transmission d’un patrimoine, alors c’est que je ne comprends rien.

    Réfléchissons simplement au moyen de valoriser tout ce patrimoine de la musique enregistrée, de monétiser cette transmission de patrimoine, sans chercher à se gaver dessus en imposant un copyright trop restrictif.

    L’idée qu’un ado puisse télécharger des dizaines d’albums des années 60, 70 ou 80 dont la production a déjà été largement amortie contre un forfait de 10 € par mois ne me choquerait pas. Rappelez-vous ce qu’étaient les clubs de vente par correspondance des majors, qui bradaient des albums de back catalogue sortis il y a tout juste 18 mois pour quelques malheureux francs prélevés tous les mois.

    Dans les faits, ces jeunes férus de musique paient des abonnements à Rapidshare. Ca ne changerait rien pour eux de les payer à RapidMusicShare, et ce serait une nouvelle manne financière pour les labels, y compris les labels indépendants, puisque quantité d’albums indés des années 80 (des Hot Pants, des Sherifs, des Batmen, d’OTH...) s’échangent sur les blogs et dans les forums aujourd’hui.

    Dans cette affaire, soyons pro-actifs et non pas réactionnaire.

    En parallèle, il faut bien sûr se poser la question de la politique culturelle à mener et du soutien à apporter à l’industrie du phonogramme, qu’elle soit indépendante ou non. A mon sens, la définition de cette politique repose d’abord sur la négociation.

    D’accord, par exemple, pour étendre les droits voisins sur les enregistrements à 75 ou même à 95 ans (contre 50 aujourd’hui), comme le réclame l’industrie phonographique, à condition d’autoriser les échanges que j’évoquais plus haut, dans un cadre légal bien sûr, en les monétisant de manière raisonnable sur le modèle de l’abonnement. Ce serait faire du donnant-donnant. Et c’est je pense ce qu’il faut faire.

    En ce qui concerne le soutien à la production indépendante, je crois salutaire également d’encourager des initiatives comme le MILA à Paris, dans le 18ième - mise à disposition de locaux à loyers modérés par les HLM de Paris à des petites pépinières d’entreprises culturelles, en favorisant le partage de ressources (salles de réunion, équipements divers) et de compétences, avec un minimum de soutien financier et logistique des collectivités locales. C’est une initiative qui est en train d’essaimer et c’est heureux.

    Il me paraît également indispensable de soutenir toutes sortes d’initiatives innovantes en matière de distribution indépendante. Je ne parle pas de distribution numérique mais de distribution physique, puisqu’on ne peut pas vraiment compter dans ce domaine sur les surfacers spécialisées ou sur les supermarchés, qui se désengagent du disque.

    On pourrait réfléchir au développement de la vente itinérante sur les marchés, par exemple, à la reconstitution d’un tissus de disquaires de proximité sur la base de nouveaux concepts de magasins (des lieux ou l’on séjourne, se sustente, écoute de la musique, navigue sur le net, joue en réseau, échange, se rencontre, etc.). Je ne suis pas détenters de toutes les idées qui peuvent survenir dans ce domaine.

    Des fonds ont été débloqué par l’Etat pour financer ce genre d’initiatives. Encore faudrait-il qu’ils ne soient pas toujours raflés par les mêmes cercles parisiens et que l’Etat soit moins mauvais payeur.

    Je suis de ceux qui sont convaincus de la nécessité de lancer un véritable plan Marshall pour la musique. Il y va de l’avenir de notre politique d’exception culturelle en la matière. Ce n’était pas un enjeu de l’élection présidentielle. La culture dans son ensemble n’était pas un enjeu de cette élection. Et c’est bien dommage.



  • Philippe Astor Philippe Astor 25 juin 2007 15:25

    Vous avez raison Libremax. Le mieux est que je vous renvoie à un ou deux billets publiés sur mon blog politique, que je n’ai pas jugé utile de publier sur Agoravox.

    Une demi France virgule trois en pleine poire :
    http://djbox.typepad.com/poilagratter/2007/05/coucou_ben_oui_.html

    Balle au centre !
    http://djbox.typepad.com/poilagratter/2007/05/pourquoi_les_sa.html



  • Philippe Astor Philippe Astor 25 juin 2007 11:33

    Bonjour Demian, je crois que tu m’as lu de travers. 1/ Je ne chiale pas. 2/ Je ne suis pas de ceux qui exigent que la musique soit gratuite. Simplement, je suis soucieux de clarifier une certain nombre de choses dans le discours à sens unique ambiant.

    D’ailleurs, je t’invites à écouter les interventions des artistes (en video) sur le site CHUT dédié à leur opération. De manière assez surprenante, il n’est pas du tout à sens unique.

    http://chutleblog.typepad.fr/chut2/







  • Philippe Astor Philippe Astor 1er mai 2007 13:38

    Méthode Coué, fumage de pétard... il se peut aussi qu’il y ait un petit peu d’intuition politique dans mon oracle... Nous verrons bien si cette intuition était bonne.

    Merci de vos commentaires qui sont globalement constructifs, que vous soyiez ou non d’accord avec moi. Je m’attendais à pire.

    Juste une question : pourquoi les partisans de Sarkozy auraient-ils le droit de se montrer si assurés de la victoire de leur mentor depuis des mois, sans qu’on les accuse de sniffer de la cocaïne à longueur de journée ?



  • Philippe Astor Philippe Astor 21 mars 2007 11:42

    Justement Faxtronics, SR menace de faire imploser le PS, ce qui lui vaut nombre de critiques de la part des caciques de ce parti (cf. celles de Mexandeau plus haut dans le Figaro).

    Même chose pour Bayrou qui menace de faire imploser l’UMP, ce qui me fais songer qu’on aura droit à un ticket Royal-Bayrou au second tour.

    Il sera temps alors pour ces deux candidats d’apporter les nombreux éclairssissements qu’on est en droit d’attendre. Et peut-être aura-t-on droit à un vrai débat sur le fond.

    PS : la haine est très mauvaise conseillère



  • Philippe Astor Philippe Astor 20 mars 2007 20:02

    IPxxx,

    L’affaire d’Outreaux nous a tous enseigné combien il est difficile de traiter ce problème de société (car vous faites exclusivement référence à des cas d’enseignants accusés à tort de pédophilie), et j’y vois plus un dysfonctionnement de la justice que de l’Education nationale.

    On peut tout aussi bien s’émouvoir de cas où les services de l’Etat, à l’Education national ou ailleurs, n’ont pas tiré la sonnette d’alarme assez tôt.

    Je connais trop mal ces dossiers pour juger des effets pervers de mesures prises par une ministre pour lutter contre ce que je ne suis pas le seul à considèrer comme un véritable fléau.



  • Philippe Astor Philippe Astor 20 mars 2007 19:47

    Eric, tout cela est bien caricatural, ne trouvez-vous pas ?

    Le terme libertaire n’est pas né de la dernière gauche. Et il n’est pas nécessairement synonyme d’anarchiste. J’ai été anarchiste dans ma jeunesse. Je reste libertaire aujourd’hui, c’est à dire prêt à remettre en cause tout pouvoir qui s’exerce par la domination (ce qui n’a rien à voir avec l’autorité légitime), au nom du respect des libertés individuelles. J’ignore ce que sont les « masses » dont vous parlez.

    En tant que libertaire, je suis donc favorable à l’idéal d’une démocratie en réseau de plus en plus participative, capable de promouvoir l’intelligence collective et les capacités d’auto-organisation des citoyens dans un certain nombre de domaines.

    Par ailleurs, je suis aussi libéral, au sens politique du terme, et favorable à l’économie de marché.

    Je ne vois aucune contradiction entre les deux.



  • Philippe Astor Philippe Astor 20 mars 2007 19:30

    @ mj357,

    « C’est pour cela que je ne risque pas de voter pour quelqu’un qui se prononce contre les profits de TOTAL ou des Banques (chaque entreprise est censée se diriger comme elle l’entend). »

    Ni Total, ni les banques, n’évoluent dans une bulle étanche. Leur stratégie, qu’ils sont certes libres de mener comme bon leur semble, a une incidence sur l’environnement, sur l’économie, sur la société... Et ni l’un, ni les autres, ne peuvent être exempts de toute responsabilité à cet égard.

    « Je ne vais pas voter pour quelqu’un dont son compagnon dit je n’aime pas les riches (et qui lui même triche à l’ISF). »

    Ce n’était franchement pas très intelligent de la part de monsieur Hollande.

    « Je ne vais pas voter pour quelqu’un qui applique comme mantra économique la vieille recette Keynesienne consistant à sortir le chéquier dès qu’une corporation lui demande des ronds »

    C’est effectivement une recette de gestion politique à la petite semaine qui empêche d’avancer et de soulever les vrais problèmes, à laquelle ont recouru abondemment nos précédents gouvernements, de droite comme de gauche, même si ils ne s’adressaient naturellement pas à la même clientèle.

    Je ne suis pas aussi sûr que vous, cependant, que cela fasse partie intégrante de la théorie économique de Keynes. Et d’ailleurs, Stiglitz n’est-il pas une figure du néo-Keynesianisme ?

    « Expliquez moi par quel miracle revenir à l’ancien statut des intermitants du spectacle et les 4 milliars € de déficit de l’UNEDIC est un investissement rentable à terme ? »

    Il y aurait beaucoup à dire sur cette affaire de déficit du régime des intermittents. Sur les abus, notamment, des employeurs du secteur (chaîne de télé, publiques et privées, producteurs cinématographiques, etc.), qui ont contribué à le creuser au moins autant que la fraude.

    « Qui croire celle qui dit je vais réconcilier les français avec les entreprises ou celle qui dit que les patrons du CAC 40 gagne trop d’argent ? Celle qui dit je vais stabiliser la dette ou celle qui dit au premier con qui passe et qui lui demande des ronds, combien tu veux et sort le chéquier en blanc ? Croire celle qui dit ne pas vouloir de deuxième porte avion et dit l’inverse aujourd’hui ? »

    Ce genre de contradiction dans le discours n’est pas l’apanage de SR. Je trouve bien plus redoutable, par ailleurs, la contradiction entre le discours et les actes, ce qui n’est pas non plus l’apanage de la gauche.

    « Dernier point STIGLITZ que vous semblez à raison aimer est l’ancien conseiller de Clinton (93 à 97 de mémoire à vérifier). Pensez vous que le parti démocrate américain est plus proche d’un PS français ami du PCF lui même ami de CUBA ou bien de François BAYROU ? »

    Je pense qu’il y a une grande proximité entre les démocrates américains et la gauche libérale française, qui certes n’englobe pas tout le PS et ne se limite pas plus d’ailleurs à sa frange la plus libérale.

    Le programme économique de SR, comme je l’écris dans mon article, est plutôt en cohérence avec ce que préconise Stiglitz.

    Pour ce qui est de Bayrou, qui est loin de me laisser insensible (vous vous en rendrez compte si vous parcourez mon blog politique), je vous dirais, comme Cohn Bendit, qu’une alliance UDF-PS-Verts pour gouverner la France ne me rebuterait pas le moins du monde.



  • Philippe Astor Philippe Astor 20 mars 2007 18:41

    « L’auteur mentionne l’esprit d’entreprise. Cela ne peut exister qu’en se debarassant de toutes les idees archaiques et marxistes du partie socialiste. »

    Labaule, nous sommes bien d’accord.

    « l’argent ne pousse pas sur les arbres »

    Ca se saurait !

    « les retraites dependent des fonds de pensions »

    Parlez-en à tous ces américains qui voient leur retraite se réduire comme une peau de chagrin à chaque crash boursier.



  • Philippe Astor Philippe Astor 20 mars 2007 18:34

    Bonjour Julot, je n’ai jamais traité Sarko de fasciste ni Bayrou de con. Pour le reste, je vois mal où vous voulez en venir.



  • Philippe Astor Philippe Astor 5 décembre 2006 19:23

    Bonjour Guillaume, et merci pour cette petite synthèse sur les industries culturelles. Je n’ai pas encore lu le rapport et je ne me prononcerai donc pas sur le fond de son contenu.

    Je constate simplement que le même gouvernement qui a fait voter la loi DADVSI, légalisant ainsi des mesures de protection techniques qui ferment la porte au logiciel libre dans le secteur de la distribution numérique, veut désormais créer un pôle d’excellence français en matière de... logiciel libre. En soit, c’est plutôt contradictoire et finalement assez risible.

    Par rapport aux extraits que tu cites, je lis quand même quelques belles conneries, comme par exemple, à propos de la SACEM : « Le monopole de fait de certaines sociétés de gestion induit un manque à gagner pour les créateurs », du fait de « l’absence de concurrence ». Si tu leur enlèves le mot « concurrence » de la bouche, ces gens là se montrent incapables de raisonner. C’est le Deux Ex Machina, ou plutôt la saignée du monde moderne.

    Je crois que le manque à gagner est surtout pour les plateformes de musique en ligne paneuropéennes, c’est à dire essentiellement américaines aujourd’hui, qui, si la gestion collective des droits d’auteurs est ouverte à la concurrence en Europe, iront toutes s’adresser au mieux-disant (la Sacem lituanienne, par exemple), c’est à dire à la société qui rémunère le moins les auteurs, car ce n’est pas sur les frais de gestion que va se faire la plus grande différence.

    Officiellement, les frais de gestion de la Sacem sont de l’ordre de 17 %, ce dont aucune ONG ne rougirait. Certains prétendent qu’ils sont en réalité de 24 %, ce qui voudrait dire que « le mammouth peut être dégraissé », comme dirait un ancien ministre, mais de là à tout dynamiter pour repartir de zéro, je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt des auteurs-compositeurs, qui font bien souvent partie du prolétariat de l’industrie musicale. A peine 2000 auteurs vievent de leurs oeuvres en France, si l’on s’en tient à un revenu moyen de 15 000 euros par an, ce qui n’est quand même pas la panacée.

    Je ne suis pas contre une réforme des SPRD (sociétés de perception), une optimisation de leurs processus de gestion, la correction d’un certain nombre de dérives, etc. Mais je m’interroge sur les lobbies à l’oeuvre derrière un certain nombre de propositions.

    En l’occurence, autant je crois que les SPRD doivent s’entendre pour mettre en place un guichet unique en Europe, afin de pouvoir accorder collectivement des licences pan-européennes, autant je suis convaincu que se contenter de faire jouer la concurrence serait surtout dommageable aux auteurs.

    Je suis assez d’accord, par ailleurs, avec les auteurs du rapport sur la non extension des droits voisins sur les enregistrements (un rapport du gouvernement britannique vient de rendre le même avis), mais je trouve leur principal argument un peu léger, voire désobligeant (cette idée qu’on serait amenés à verser des droits à des interprètes décédés).

    D’abord, c’est enterrer un peu vite Henri Salvador, Marcel Amont et quantité d’interprètes qui ont commis leurs premiers enregistrements dans les années cinquante et sont toujours en vie. Les producteurs ne se privent d’ailleurs pas de les instrumentaliser pour faire pleurer dans les chaumières, alors que ce qu’ils veulent surtout, c’est profiter du « long tail » sur leur fond de catalogue beaucoup plus lontemps.

    Le véritable enjeu de cette question, en réalité, c’est la defense du domaine public, c’est à dire de ce qui relevant de la culture finit un jour par nous appartenir à tous, comme les concertos de Mozart. Mais c’est manifestement une notion bien étrangère à ces hérauts de la concurrence, à la laquelle je ne suis pas opposée, bien au contraire, mais je suis loin de considérer qu’elle constitue un remède miracle en toute occasion. La république (les affaires publiques) relève à mon sens d’une autre dimension que celle des marchés, à qui je ne me firais pas pour faire un certain nombre d’arbitrages, comme définir où commence le domaine public et où s’arrête la propriété privée.



  • Philippe Astor Philippe Astor 21 novembre 2006 19:47

    aldebaran, pour être bobo, il faut déjà en avoir les moyens. La vieille super 5 avec laquelle je roule date de 1985. Et je ne possède rien d’autre, en dehors d’une vieille guitare, d’un ordi qui me sert d’outil de travail, et d’une belle collection de bouquins.

    Quant à dire que Kouchner est une caricature de superficialité, j’aimerais bien être aussi superficiel que lui et pouvoir me réclamer de tous les engagements qui ont été les siens. Vous me faites bien rigoler.

    Pour ce qui est de l’analyse politique, il vous faudra aussi faire des progrès. Si vous n’avez que des accusations d’esthétisme à opposer à ceux qui ne partagent pas vos opinions. Quelles sont-elles d’ailleurs. En avez-vous ? Et aurez-vous le courage de les exprimer ?



  • Philippe Astor Philippe Astor 21 novembre 2006 16:53

    Virgine, je comprends votre réaction. J’avoue être tenté d’apporter ma voix à Clémentine Autin, si d’aventure elle était désignée (ce à quoi je ne crois plus), parce que je ne doute pas qu’elle soit démocrate et que je suis sensible à ses interpellations sur un certain nombre de dérives du capitalisme.

    Elle ne s’incrit pas (de même que Ségolène au sein du PS d’ailleurs) dans un héritage historique mais plutôt dans ce que je considère être un renouveau de la gauche anti-libérale. Je ne suis pas vraiment anti-libéral mais je trouve intéressant qu’elle soit audible.

    En revanche, je ne voterai ni pour Besancenot, ni pour Bové (pas crédible, désolé José), ni même pour Marie-George Buffet, bien que j’ai déjà voté communiste localement, non pas par idéologie, mais parce que les élus locaux que je souhaitais voir reconduire menaient une politique municipale, sociale et culturelle que je soutenais.

    Certains, à la gauche du PS, sont beaucoup plus caricaturaux, idéologiquement parlant, que Clémentine Autin. J’ai pu m’en rendre compte, et vous aussi je suppose, pendant la campagne sur le référendum.

    Je n’imagine pas qu’elle puisse être un jour élue présidente, mais je pense que le premier tour est l’occasion de donner à certaines sensibilités l’occasion de se manifester, ce qui influe toujours plus ou moins sur la composition des gouvernements à venir.

    Et qu’elle ait voix au chapitre dans un futur gouvernement, sur les questions sociales, notamment, ne me dérangerait pas.



  • Philippe Astor Philippe Astor 21 novembre 2006 15:54

    Sylvain, étant donné qu’il y a une chance sur deux qu’elle soit élue présidente de la république (oui ou non, je ne fais pas de probabilités ni de bi-partisme), je ne demande qu’à être convaincu de ce que vous dites. Et pour les mêmes raisons, je me félicite de l’intérêt qu’elle peut susciter à l’étranger.

    Sur la question de l’Iran, elle avait manifestement oublié de potasser son dossier et je ne suis pas par ailleurs convaincu que l’on doivent faire deux poids, deux mesures avec certains pays (au nom de quelle morale tombée du ciel ?). Après tout l’Iran peut très bien devenir un jour démocratique, à condition qu’on puisse lui garantir une certaine stabilité, vis à vis de voisins qui ne sont pas tous des amis et dont certains détiennent la bombe. Il faudra leur donner des gages si on veut qu’ils se contentent de développer du nucléaire civil en toute transparence.

    Quant à la pertinence de développer le nucléaire civil comme principale source d’énergie pour les décennies à venir, la question se pose à tous les pays sans exception, y compris à la France, qui n’a jamais demandé son avis à personne.



  • Philippe Astor Philippe Astor 21 novembre 2006 14:53

    Je me fiche pas mal de savoir que tel commentateur est gaucho ou que tel autre est facho et finalement, c’est avec le sourire et un certain soulagement que j’accueille le commentaire de l’inanérable Demian West, toujours barré dans son délire pédantesque, mais qu’il faudrait inventer s’il n’existait pas, tel Godot. smiley

    Plus sérieusement, j’ai lu le bouquin d’Attali et je le trouve édifiant. Peu importe, en définitive, qu’il soit plagiaire ou non, et qu’il ai piqué notamment la première partie de son livre, sur les trois piliers du développement des civilisations humaines, à tel ou tel. Je partage l’avis de Joel de Rosnay : elle est très étonnante et la grille de lecture qu’elle fournit est très intéressante.

    Précision : je ne crois pas qu’Attali soit un plagiaire ; Je pense seulement qu’il dispose d’une formidable capacité à synthétiser, de manière très intelligible et très intelligente, les idées des autres et certainement aussi les siennes.

    Pour en revenir à son ouvrage, il a au moins cette vertu de m’avoir mis dans un premier temps très mal à l’aise, passé l’euphorie d’avoir eu le sentiment, dans la première partie, d’avoir une lecture limpide et éclairée de l’histoire des civilisations humaines. Pourquoi ? Parce les scénarios qu’il décrit pour l’avenir (hypercapitalisme et hyperconflit, notamment) sont proprement effrayants.

    Cela dit, si on avait prédit à un français moyen ce qu’il adviendrait du XXième siècle en 1906, certainement qu’il aurait eu toutes les raisons de rester incrédule ou de se tirer une balle dans la tête. Quoiqu’à la réflexion, des millions de gens ont vécu très heureux pendant ce siècle, et nombre de ceux qui ont été frappés par le malheur ont néanmoins vécu des vies qui valaient d’être vécues. Ce qui permet donc de relativiser les choses. A un ami qui s’inquiétait, au récit que je lui faisais de ce livre, de l’avenir de ses enfants, j’ai répondu qu’au moins avaient-il la chance de ne pas être nés au Darfour, en Afghanistan, ou dans n’importe quelle autre région déshéritée du monde.

    Avec une dizaine de jours de recul, je trouve que ce livre est porteur à la fois d’une grande lucidité et de beaucoup d’espoir. Lucidité, parce que loin de prédire l’avenir, Attali nous fait toucher du doigt la manière dont il se dessine déjà, en puissance, dans le présent : capitalisme sauvage des fonds d’investissement privés, mainmise croissante des compagnies d’assurance sur le devenir de chacun, conflits déjà latents pour le contrôle des ressources naturelles (eau, énergie, etc.), hyperterrorisme, hypersurveillance de plus en plus organisée (on peut de moins en moins naviguer dans des zones grises au sein de nos sociétés), perspective des coûts faramineux (1000 milliards de dollars par an à l’horizon 2030 selon les plus récentes estimations) qui seront occasionnés par les changements climatiques et les désordres et déréglements sociaux, migratoires et géopolitiques qu’ils ne manqueront pas d’occasionner, fuite en avant de la recherche technologique et scientifique (nanotechnologies, OGM, cellules souches, etc.) sans véritable garde-fou politique ou sociétal, et j’en passe.

    Tout cela est déjà inscrit en puissance dans le présent, de même que l’espoir de voir se développer dans le même temps des formes d’intelligence collective, de démocratie en réseau, d’économie solidaire, de gouvernance mondiale, etc.

    Ainsi donc, tout le mal et tout le bien qu’on peut souhaiter à l’homme au cours du demi-siècle à venir est déjà inscrit dans le présent. C’est ce que nous montre avec beaucoup de clairvoyance Attali, quelques soient ses inspirateurs directs ou indirects. Aucun d’eux, que je sache, n’a déjà pondu la somme qu’il vient de pondre.

    Les enseignements que je tire de la lecture de son livre, c’est qu’on est très loin de regarder la réalité en face, qu’on se nourrit encore de beaucoup d’illusions, quelles que soient nos convictions politiques, qui restent, dans nos pays riches, somme toute très nombrilistes, y compris chez ceux qui se gargarisent de solidarité et de dénonciation des injustices.

    Rien n’est écrit, encore moins dans le bouquin d’Attali. Mais une chose est sûre : l’hypercapitalisme, l’hyperconflit et l’hyperdémocratie sont déjà là, même si la majorité d’entre nous refuse de s’en rendre compte. Et c’est de notre capacité à en tirer quelque chose de bon au bénéfice de l’humanité tout entière que notre avenir dépend.



  • Philippe Astor Philippe Astor 27 septembre 2006 18:31

    Forest, ce que je qualifie de franco-français, c’est cette tendance à s’arquebouter sur des positions purement idéologiques, pas la nature oligopolistique de l’économie d’aujourd’hui.

    Je suis bien conscient que le mot « libéralisme » est désormais contaminé et désigne quelque chose qui n’a rien à voir avec son sens originel. Mais je ne pense pas que ce soit irréductible.

    Cela dit, ce qui m’importe, ce n’est pas tant de réhabiliter ce mot que de proner un plus grand libéralisme politique en France, au sens propre, c’est à dire plus de démocratie, plus de participation citoyenne, plus de dialogue, et une plus grande ouverture d’esprit aux idées et aux points de vue des autres, de part et d’autre de l’échiquier politique.

    Je trouve par exemple votre dialogue avec Sylvain sur la question de l’énergie plutôt constructif, je dirais même éclairant. Je ne milite pas pour que la solution adoptée soit plus ou moins « libérale », au sens dévoyé du terme, mais pour que les décisions qui sont prises soient le fruit d’un vrai débat démocratique.

    Pour vous citer un exemple, j’ai personnellement tiré beaucoup d’enseignements du débat sur le TCE, même s’il a abouti au Non, et alors que j’étais un farouche partisan du oui, au point d’aller en discuter avec des communistes au sein de leur cellule de quartier. Ce fut d’ailleurs très enrichissant pour tout le monde, sauf pour un ou deux imbéciles sur une centaine de personnes (dont 99 partisans du non).

    Aujourd’hui j’ai accepté le non et j’ai compris ses raisons, mais je ne suis dupe sur aucun des mensonges politiques qui ont été proférés de part et d’autre pendant la campagne, sur les insuffisances du dossier européen, sur les arrière-pensées de certains défenseurs du TCE, etc.

    Personnellement, j’étais d’ailleurs partisan d’un traité purement constitutionnel et d’un référendum à l’échelle européenne. Je saurai, la prochaine fois, sur quel terrain amener la discussion pour que les choses avancent. Et si ce n’est pas mon avis qui l’emporte, au moins aurai-je pu le faire valoir dans le cadre d’un véritable débat démocratique.