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Accueil du site > Actualités > Economie > A quand la prochaine crise financière mondiale ?

A quand la prochaine crise financière mondiale ?

Nous voici dix ans après la faillite de la banque Lehman Brothers le 15 Septembre 2008, qui a fait perdre à la planète financière en six mois l'équivalent de sept années de capitalisation boursière et dont les conséquences furent dramatiques pour l'économie réelle et les finances publiques dans le monde entier.

A quand un nouveau retournement du cycle ascensionnel vécu depuis lors ? Rappelons ici que l'instabilité de la finance de marché est intrinsèque au système du « Capitalisme financier « dans lequel nous vivons depuis une trentaine d'années, porteur d'innovations financières toujours plus imaginatives et rapides que les réglementations mises en place par les régulateurs que sont les Banques Centrales.

Retour d'une situation géopolitique mondiale préoccupante

En cette rentrée, les marchés émergents,dont essentiellement la Turquie, l'Argentine et le Venezuela fragilisés par la hausse du dollar et la surchauffe de l'économie US, enregistrent une forte volatilité de leurs devises, en repli de 20% depuis le début de l'année. Dans un univers où les États-Unis conservent des avantages structurels qui maintiennent leur statut de première puissance financière mondiale, le rôle incontesté du dollar comme devise internationale conduisent la FED (Réserve Fédérale américaine) et Wall Street à orienter l'économie mondiale. De plus Donald Trump envisage de surtaxer une grande partie des importations chinoises, visant à la contenir dans un espace régional restreint à la Mer de Chine. Il y a un risque d'escalade, et la menace d'une guerre commerciale totale aurait de terribles répercussions sur l'économie réelle. Dans la zone Euro, à la veille des élections en 2019 de larges doutes subsistent sur l'avenir du projet européen dont les citoyens sont toujours exclus et dont le projet initial de social démocratie a perdu son âme.

Dans ce monde incertain et globalisé, quelles sont les conditions pouvant conduire à l'éclatement d'une nouvelle bulle financière, au travers d'une chute du prix des actifs ?

Il convient ici d'identifier un certain nombre de risques non exhaustifs, mais à caractère inquiétant

Risques liés au système bancaire

On a assisté dès 2009, à l'issue de réunions du G8, G20 réunissant les dirigeants des grands pays à une mise en place de nouvelles réglementations visant à renforcer la gouvernance du système financier international. Plus de fonds propres, plus de contrôles, plus de sanctions à l'égard des banques systémiques. C'est ainsi que l'Union Bancaire Européenne garantit que le contribuable ne sera plus obligé d'aller au secours de banques en situation de faillite... ce qui n'a pas empêché l'effondrement de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena, en décembre 2016. Cet exemple isolé montre que le foisonnement des mesures réglementaires se révèle insuffisant à éviter une prochaine crise.

Shadow Banking

Une place de plus en plus importante est attribuée au « Shadow Banking » ou Finance de l'ombre, système bancaire parallèle qui, par l'intermédiaire de la titrisation de produits complexes, transfère les risques des bilans bancaires vers d'autres institutions, telles que sociétés d'assurances, fonds de pension et fonds d'investissements. En expansion très rapide sous l'effet des innovations financières, le Shadow Banking représente environ 45000 milliards de dollars dans le monde à la fin 2016, selon un rapport en France du Conseil de stabilité Financière, soit au moins 13,4 % de la totalité des actifs financiers. Ces activités sont logées dans des pays à la fiscalité avantageuse, aux EU pour 31,3% du total mondial, en Chine pour 15,5 %, aux Îles Caïman pour 10,3%. Et pour près de 90% de leurs encours, ces entités de la finance de l'ombre ne font pas l'objet de supervision, parce que l'on ne peut réguler que ce que l'on maîtrise.

La crainte des pouvoirs publics vis-à-vis de ces produits opaques, est que l'accumulation des risques dans ce secteur peu régulé ne se répercute sur l'ensemble du système financier en cas de crise. Mais la question qui se pose ici est qu'il n’existe pas de volonté politique visant à réformer en profondeur le système financier, face à l'augmentation des volumes des transactions sur ces marchés de produits dérivés, facteurs d'accélération des crises.

Subprime :

Aux États-Unis le crédit subprime est un crédit immobilier à risque, délivré à des personnes peu solvables et fragiles, les conduisant à ne pas pouvoir le rembourser. La baisse du marché immobilier américain en 2006 a signé une hausse des défauts... et la bulle financière a éclaté en 2007. Le système financier US a de nouveau accordé des prêts semblables à des emprunteurs peu solvables : étudiants, prêts automobiles douteux, titrisés et revendus à des investisseurs pour des volumes représentant des centaines de milliards de dollars.

Risques liés aux marchés financiers

Aux États-Unis encore, la très forte progression des marchés boursiers (x 3,5 depuis 2009 ) révèle un grand optimisme et semble déconnectée de la future progression des profits des entreprises et de la croissance potentielle de l'économie. Les dix dernières années ont aussi vu l’émergence des GAFA (Google, Apple, Amazon, Facebook) qui sont passés de 7 à 20% de la capitalisation totale des actions US, dotés de pouvoirs privés gigantesques vis à vis des institutions et dont la valorisation actuelle apparaît pour le moins extravagante.

Une analyse récente du service de recherche la société Natixis (1) nous apprend que que la hausse significative des profits des entreprises des pays de l'OCDE depuis 2009, a servi, non pas à réduire leur endettement ou à financer leurs investissements, mais à réaliser des acquisitions de sociétés et depuis 2004 à racheter leurs propres actions au détriment de la compression des salaires (graphiques 1, 8).

Aux États-Unis ces rachats d'actions qui enrichissent les actionnaires en faisant monter les cours boursiers au détriment des salariés, sont une pratique courante depuis l'année 2004.

Est-il possible de limiter ces errements de la finance de marché en l'absence de volonté politique et réglementaire (banques centrales) au niveau international ? Peut-être à l'issue de la prochaine crise, période de retournement de la hausse du cycle financier, qui ne saurait tarder.

Il restera alors indispensable de corriger l'hypertrophie de la finance, et d'un modèle de société fondé sur l'endettement. Cela passera par un rôle accru donné aux banques centrales qui n'ont pas réussi à contrôler des produits financiers dangereux de type Shadow Banking, Subprime et à contraindre les banques systémiques à isoler leurs activités de marché. Il faudra aussi, en se libérant du « fondamentalisme du marché » (Michel Aglietta) contraindre les entreprises du secteur public et privé à investir dans l'économie réelle au service des citoyens, face a des enjeux collectifs tels que l’emballement climatique dévastateur qui menace le XXIème siècle.

(1) Flash Économie, 29 Août 2018


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24 réactions à cet article    


  • Pierre-Yves Martin 15 septembre 2018 11:01
    « le rôle incontesté du dollar comme devise internationale »
    Le terme incontesté est trop fort. Il y a une volonté de le contester de la part de la Russie (bourse pétrolière en d’autres devises que le dollar US) et la Chine (contrats internationaux non stipulés en dollar US, baisse de leurs en-cours en dollars US) ou des deux conjointement (banque internationale d’investissement). La politique américaine (sanctions prétendument politiques et protectionnisme) ne peut que les pousser à aller davantage dans ce sens.
    Mais ceci n’enlève absolument rien à la pertinence de vos analyses.

    • [email protected] 15 septembre 2018 11:11

      pour tres bientot


      • Paul Leleu 16 septembre 2018 00:51

        @[email protected]


        en vérité, nul ne sait... nous ne sommes pas dans le « secret des dieux » ... 

        par exemple, Trump a consenti des baisses d’impôts : il creuse sa dette publique, mais il prolonge le cycle économique aux USA... et retarde ainsi l’explosion de la bulle. Ca peut être coordonné à une stratégie plus générale, et un calendrier. 

        Mais bon... j’avoue que tout cela me dépasse un peu. 

      • zygzornifle zygzornifle 15 septembre 2018 13:02

        Quand on voit l’augmentation des denrées alimentaires on se dit que la crise n’est pas loin et comme d’habitude il y en a qui se feront des milliards sur le dos des ruinés ....


        • UnLorrain 15 septembre 2018 13:34

          @zygzornifle

          Justement vu. J’ajoute que tout augmente,fortement parfois...une bricole qui sert a r ?parations diverses,deux euros d augmentation d’une ann ?e a l’autre. Les salaires les retraites r ?gressent ou stagnent. Le bas de laine s’amenuise. C’est quand que l autocrate rentier arr ?te de nous prendre pour des cons ??


        • Eric F Eric F 15 septembre 2018 18:05

          @zygzornifle
          le retour de l’inflation alors que les revenus ne sont plus indexés va conduire à une régression de la consommation, ce sera une crise économique. Par contre la crise proprement financière est d’une autre nature, lié à la spéculation qui entraine une « bulle » par la surévaluation des valeurs boursières (dont certaines sont bidonnées), et tôt ou tard une forte correction se produit avec excès inverse de sous évaluation y compris pour des valeurs sérieuses. Bien sûr une crise économique peut induire une crise financière et réciproquement.


        • aimable 17 septembre 2018 23:40

          @Eric F
          avec l’inflation les petits épargnants vont voir leurs économies fondre, nous allons nous retrouver comme au temps de Giscard ou l’inflation pouvait atteindre 18% quand le livret de caisse d’épargne était a 9 % .


        • axiaman 15 septembre 2018 13:34

          Le shadow banking n’est pas forcément lié à des mécanismes complexes. C’est souvent du crédit entre privés ou entreprises et le risque systémique est bien moindre du fait d’un effet de levier moins important (les banques sont encore les seules à avoir un tel effet de levier).

          Quant à votre supposition que les banques centrales vont jouer un rôle accru, je n’y crois pas. Depuis 10 ans, elles sont incapables de contraindre les gouvernements à réduire leur dette. Au contraire, elles prêtent à des taux bas et alimentent la bulle actuelle. Je crois plutôt à la création d’un système financier en marge, via notamment les monnaies digitales qui sont elles exemptes de manipulations politiciennes.


          • Désintox JPB73 15 septembre 2018 14:08
            Merci pour cet article très informatif.

            Je reprends la phrase "(...) transfère les risques des bilans bancaires vers d’autres institutions, telles que sociétés d’assurances, fonds de pension et fonds d’investissements".

            Elle montre bien que le système de retraite par capitalisation est extrêmement risqué. Nos devons absolument nous battre pour préserver nos retraites par répartition.

            • Eric F Eric F 15 septembre 2018 18:06

              @JPB73
              exact, surtout que la retraite par répartition a été généralisée après la crise de 29 du fait de la faillite des systèmes par capitalisation.


            • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 16 septembre 2018 11:37

              @JPB73

              Bonjour, 
              Si tant est que nous puissions le faire dans la France de Macron : préservation de nos régimes de retraite par répartition ...

            • Ecométa Ecométa 15 septembre 2018 14:55
              Sauf à fausser tout jeu économique, au plan des Nations, et permettre toutes les manipulations possibles imaginables, aucune monnaie nationale ne devrait être une monnaie d’échanges internationaux.

              C’est une monnaie spécifique internationale, de compensation, tel le « BANCOR », comme l’avait proposé John Meynard Keynes à Bretton-Woods, qui devrait jouer ce rôle dans les règlements internationaux !

              La Chine est le seul pays qui semble demandeur d’une telle monnaie !

              • L'enfoiré L’enfoiré 15 septembre 2018 16:53
                Une vieille histoire que je racontais en 2008 à ce sujet :

                Dans un village, un homme apparut et annonça aux villageois qu’il achèterait des singes pour 10 $ chacun. Les villageois, sachant qu’il y avait des singes dans la région, partirent dans la forêt et commencèrent à attraper les singes. L’homme en acheta des centaines à 10$ pièce et comme la population de singes diminuait, les villageois arrêtèrent leurs efforts. Alors, l’homme annonça qu’il achetait désormais les singes à 15$. Les villageois recommencèrent à chasser les singes. Mais bientôt le stock s’épuisa et les habitants du village retournèrent à leurs occupations. L’offre monta à 20$ et la population de singes devient si petite qu’il devint rare de voir un singe, encore moins en attraper un. L’homme annonça alors qu’il achèterait les singes 50$ chacun. Cependant, comme il devait aller en ville pour affaires, son assistant s’occuperait des achats. L’homme étant parti, son assistant rassembla les villageois et leur dit : « Regardez ces cages avec tous ces singes que l’homme vous a achetés... Je vous les vends 35$ pièce et lorsqu’il reviendra, vous pourrez les lui vendre à 50$. » Les villageois réunirent tout l’argent qu’ils avaient, certains vendirent tout ce qu’ils possédaient, et achetèrent tous les singes. La nuit venue, l’assistant disparut.. On ne le revit jamais, ni lui ni son patron ainsi que des singes qui couraient dans tous les sens.

                • Eric F Eric F 15 septembre 2018 18:15
                  @ l’auteur
                  « la menace d’une guerre commerciale totale aurait de terribles répercussions sur l’économie réelle »
                  Sauf que la situation actuelle est déjà celle d’une guerre commerciale par le dumping monétaires, social et fiscal, ayant entrainé la délocalisation massive de la production industrielle vers les pays à bas coup. Le retour à « un certain niveau de protectionisme » entrainant davantage de production proche du consommateur redistribuerait les cartes sans doute au détriment de la Chine et autres « usines du monde », mais au bénéfice de bien d’autres pays (notamment les pays autrefois qualifiés d’industriels et désormais désindustrialisés), et serait par ailleurs moins gaspilleur de carburant pour les transports intercontinentaux.

                  • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 16 septembre 2018 11:32

                    1/2

                    Je remercie tous ceux qui m’ont lu et je souhaite rajouter à l’ensemble de vos remarques, les éléments suivants :

                    L’économie américaine est proche de la surchauffe et cela représente un risque certain à très court terme . La volonté de protectionnisme du nationaliste Donald Trump nourrit le ressentiment à l’encontre des élites .

                    La confiance dans la suprématie des démocraties libérales s’est brisée, le multilatéralisme mondial est remis en cause , des revendications identitaires resurgissent çà et là en Europe ( Italie , Scandinavie , Hongrie ) .

                    La dérégulation du marché de l’emploi Européen , l’écrasement des salaires, en particulier ceux des personnes peu qualifiées, ont fait porter l’effort sur les populations les plus précaires dans les pays du sud ( Grèce , Portugal, Espagne ) .


                    • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 16 septembre 2018 11:33

                      1/2

                      Je remercie tous ceux qui m’ont lu et je souhaite rajouter à l’ensemble de vos remarques, les éléments suivants :

                      L’économie américaine est proche de la surchauffe et cela représente un risque certain à très court terme . La volonté de protectionnisme du nationaliste Donald Trump nourrit le ressentiment à l’encontre des élites .

                      La confiance dans la suprématie des démocraties libérales s’est brisée, le multilatéralisme mondial est remis en cause , des revendications identitaires resurgissent çà et là en Europe ( Italie , Scandinavie , Hongrie ) .

                      La dérégulation du marché de l’emploi Européen , l’écrasement des salaires, en particulier ceux des personnes peu qualifiées, ont fait porter l’effort sur les populations les plus précaires dans les pays du sud ( Grèce , Portugal, Espagne ) .


                      • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 16 septembre 2018 11:34

                        2/2

                        Plus fondamentalement, au delà des batailles stériles entre économistes :

                        Les phases de crise , qui n’obéissent pas à une périodicité constante, sont inhérentes à l’économie de marché et à l’instabilité intrinsèque au capitalisme financier , où l’on constate une période d’emballement euphorique sur le prix des actifs précédant la séquence de crise, préalable à la récession .

                        A ce propos Michel Aglietta nous prévenait déjà en 2008 :

                        « La leçon de la crise à plus long terme est la fin du modèle de croissance fondé sur la montée inexorable de l’endettement qui a été observé dans les vingt dernières années . Cette période exceptionnelle a été due à la conjonction d’une gouvernance d’entreprise tournée exclusivement vers la création de valeur pour l’actionnaire en Occident qui a élargi démesurément les inégalités de revenus et à une extension de la mondialisation après l’effondrement de l’URSS et la montée des pays émergents qui a crée un marché du travail beaucoup plus vaste avec un excès global de main d’œuvre. »

                        La Crise, 2008 , Prix de l’excellence économique ,Michalon Editions.

                        Nous voici aujourd’hui dans à peu près la même configuration .

                         


                        • Ecométa Ecométa 17 septembre 2018 09:55

                          @Eliane Jacquot


                          J’aimerais beaucoup avoir votre avis sur ma réflexion.

                          Certes sur ce que vous dites, dans ce qui est de la « chose économique », des sciences économiques qui sont aussi nombreuses que de moyens à mettre en œuvre, qui forcément s’entrechoquent au lieu de collaborer, de participer, de s’entretenir ; pour ce qui est de cette chose : vous avez parfaitement raison !

                          Pour autant il y en a marre de tous ces discours stériles ; et il est évident qu’une sérieuse remise en cause épistémologique s’impose en sciences économiques ! Un autre paradigme, pour le peu qu’il y en ait réellement un à l’œuvre, donc un vrai paradigme ouvert sur le sociétal qui est la vraie nature de l’économie et non une nature purement mathématique qui n’est qu’un moyens.
                          .
                          Faisons-nous réellement de l’économie au sens complexe du terme ? NON ! Nous ne pratiquons que des sciences économique et chacune tire à elle la couverture économie sans se soucier les unes des autres, sans se soucier de la nature sociétale de l’économie, et ça ce n’est pas « économique » au sens complexe du terme.

                          Le difficultés, celles économiques, mais aussi environnementales, politique, démocratiques, sont toutes de nature fondamental ! Ceci, pour la simple et mauvaise raison que dans cette civilisation de la modernité pour la modernité, du modernisme qui est la modernité poussée à son paroxysme, dans cette civilisation des mots en « isme », du changement pour le changement, du comment sans le pourquoi du positivisme ; nous avons développé un savoir en total négation de tout fondement ancestral pourtant indépassable ; sauf à jouer contre l’HUMAIN et contre le principe d’humanité !

                          En matière de « système », et en allant plus loin d’« écosystème », afin d’éviter l’écueil du système pour le système dans lequel nous nous vautrons : le système imbécile ; en la matière, la complexité étant telle, tout réductionnisme, quel qu’il soit, est impossible ! Il en va ainsi de tous les systèmes qu’ils soient de nature purement physique ou métaphysique humain. Ainsi, il ne viendrait à l’idée de personne de réduire un véhicule automobile, système de locomotion complexe, à son carburant moyen utilisé pour sa mobilité. Un véhicule automobile n’est réductible à aucun des moyens ou sous-systèmes qui le composent !

                          Comment, sinon par pur dogmatisme, et pour le compte un dogmatisme crétin ; comment peut-on réduire un système complexe comme l’économie, qui est un système certes métaphysique humain, donc d’une souplesse incroyable que l’on abuse ; comment peut-on le réduire au seul capital et au capitalisme ? A la seule finance et au financiarisme ? 

                          Roland Barthes, dans Mythologies,écrivait : « Il n’y a pas de grande œuvre qui soit dogmatique ». Il est également possible de dire, quand on va trop loin dans le dogme poussée au dogmatisme,qu’il n’y a pas de grande crise civilisationnelle qui ne relève du dogmatisme !

                          Je ne suis pas stupide, je veux dire que je ne suis pas contre le capital ou la finance qui sont des moyens utiles et nécessaires à une économie moderne, par contre je suis contre la capitalisme et le financiarisme. Il faut de la mesure en toute chose, et là nous sommes dans la démesure ; il faut une bonne valeur d’usage en toute chose et la nous sommes dans un usage paroxysmique forcément crisique ! 

                          Ne cherchez plus « Docteur » c’est la tête ! Epiphénoménologique dans ses approches et paroxysmique dans ses application, rationaliste à l’impossible, devenus totalement paranoïaque et schizophrénique, et suicidaire, ce monde moderne au modernisme, paroxysme de modernité et plus simple modernité : ce monde est « savamment » et « délibérément » (libéralisme... paroxysme de liberté) malade !


                        • baldis30 16 septembre 2018 12:59

                          bonjour,

                          « Shadow Banking  » ? ???

                          Et vous oubliez les apports de l’argent mafieux celui que la Roccococomission appela de ses vœux il y a dix ans parce qu’elle était la seule ressource possible ...

                          Vous l’oubliez celle-là produite par les différents commerces illégaux de

                          - la cocaïne, trafic aidé par des banques

                          - le cannabis trafic aidé par des banques

                          - le trafic de cigarettes organisé au moins partiellement par certains producteurs de cigarettes aidés pas des banques

                          tous trafics dont nous payons ensuite les dégâts sous forme de contributions sociales pour les soins ... CELLE-LA vous n’en parlez pas.... ah non 

                           Et j’oublie naturellement le trafic d’armes de toute puissance ... on n’en est pas encore PUBLIQUEMENT à reconnaître la vente d’armes nucléaires... PUBLIQUEMENT ai-je bien écrit !

                          Avec essais à la clé .... et curieusement ni la Chine, ni la Russie, ni la France ne sont vendeurs ...

                          mais qui donc ? auquel on ne pense pas ....( j’ai bien écrit « auquel on ne pense pas ») !


                          • lala rhetorique lala rhetorique 17 septembre 2018 12:00

                            La prochaine crise mondiale viendra quand les financiers le décideront ! nouvelle forme de guerre quand les peuples se rebiffent !


                            • Ecométa Ecométa 18 septembre 2018 08:12
                              A l’instar de la guerre pour les militaires, l’économie est une chose trop sérieuse pour la laisser entre les mains des seuls économistes ; c’est la raison d’être de l’économie politique !

                              • julius 1ER 18 septembre 2018 09:40

                                Le plus choquant avec cet anniversaire des 10 ans de crise, c’est que après la crise de 2008 en Europe les banques ont continué à déverser des dividendes aux actionnaires alors que au moins aux USA , la Fed Bank avait eu la « pudeur » de mettre un frein à cette pratique .... 


                                or ici rien de tel, tout cela pour ne pas avoir à nationaliser les banques privées !!!

                                le Dogme du sacro-saint Privé nous fait marcher sur la tête !!!!!!!!

                                • VALETTE VALETTE 27 octobre 2018 21:53

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                                  • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 31 octobre 2018 16:06

                                    Patrick Artus , dans un document publié aujourd’hui par la société Natixis nous confirme que la crise financière est déjà présente,dans une conjoncture de ralentissement de la croissance mondiale .

                                    https://twitter.com/PatrickArtus/status/1057634730848342016


                                    En termes macroéconomiques les raisons de ce ralentissement observé au cours de cette année en sont essentiellement les suivantes :

                                    La croissance des pays émergents dont les devises sont fortement dépréciées ( Argentine, Brésil , Russie , Turquie ) conduisant à une hausse de l’inflation et à une diminution de la demande intérieure ;

                                    Un fort recul des cours boursiers en Chine de par la politique protectionniste de Donald Trump ;

                                    La croissance Européenne affectée par la crise de la dette Italienne qui se transmet à l’ensemble des banques Européennes ;

                                    Au moment même , nous l’avons déjà évoqué , où l’économie américaine est proche de la surchauffe .

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