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Avoir des principes

Cette brève réflexion sur les principes républicains et leur concrétisation, n'a pas prétention à dire le vrai, mais uniquement à servir d'illustration. Et, au mieux, à servir d'effet d'entraînement pour se positionner soi-même, l'essentiel étant d'incarner ce en quoi l'on croit (étymologiquement : ce qu'on a à coeur).

 

Liberté, Égalité, Fraternité + Laïcité. C'est une question de principes. Parce qu'on peut remarquer partout, que manque l'éducation civique et morale, c'est-à-dire l'instruction qui permettrait de s'y retrouver avec notre devise nationale (ou, si vous ressortez de la francophonie, avec des valeurs qui inspirent assez bien les Droits de l'Homme dans leurs genres, mais ce n'est pas le débat). Le débat, concentrons-le sur les principes seulement, s'il vous plaît.

Un principe, c'est ce qui vient en premier, au-dessus, et qui guide nos actions. Mais ce n'est pas un idéal, contrairement à ce qu'on dit souvent, parce qu'il doit justement guider nos actions. L'erreur essentielle est justement de se tromper, en confondant les idéaux et les principes. Répétons que les principes doivent avoir une traduction concrète. Donc ni idéaux, ni concrets, je dirais que les principes sont intelligents : d'intelligence avec les choses. (Aussi bien, les principes ne sauraient procéder comme de stricts protocoles, non plus - mais bien d'intelligence avec les choses, selon.)

On dit Liberté, Égalité, Fraternité + Laïcité, et l'idéal qui en découle, c'est le paradis ou presque. Mais restons intelligents (d'intelligence avec ce qui est), ne philosophons pas tout purement :

  • La liberté, c'est une marge de manœuvre circonstancielle. Elle dépend de la physique (vous ne pouvez pas vous envoler de vous-mêmes), de vos ressources (un moyen de transport, un moyen de paiement, etc.), de vos compétences (ce que vous savez et pouvez par vous-mêmes), des mœurs sociales (la façon dont vous serez jugé, de ce qui est cru/jugé viable ou non), du droit sociopolitique (la loi, même si vous pouvez la transgresser il faut en tenir compte), les hiérarchies (vos parents, vos patrons, vos élus, vos policiers, etc.).
  • L'égalité, c'est une supposition d'emblée, quand vous rencontrez quelqu'un·e, pour qu'i·elle puisse s'épanouir sans que vous l'enfermiez dans un rôle, une dimension, un préjugé, une place, etc. Elle permet à chacun·e de se développer librement, de faire ses preuves comme on dit, et - à la fin - même s'i·elle diffère en moins et en plus de vous (selon les domaines), l'égalité aura permis que vous puissiez le·a remarquer. Enfin, même si quelqu'un·e vous surpasserait en tout point (chose improbable, sauf à vous mépriser vous-mêmes ... mais admettons ... ) eh bien, l'égalité continuerait de vous ménager un espace pour vous développer librement, sans que celui·lle qui vous surpasse n'ait le droit de vous écraser. Ce qui n'empêche pas de le·a respecter pour ses superiorités ! du moment que ça ne tourne pas à l'arrogance.
  • La fraternité, c'est un amour qui vient du cœur. Bien sûr, elle est d'abord familiale, et les frangin·e·s se chamaillent. Mais justement, les frangin·e·s se chamaillent et se charrient, ils sont solidaires et s'émulent parce qu'i·elles se rentrent dedans ! Et i·elles ne peuvent qu'admettre, pour le meilleur comme pour le pire, qu'il y a des aîné·e·s (des formes d'envergures dans l'égalité), qui laissent libres et égaux, pourtant.
  • La laïcité, légalement, c'est la séparation des églises et de l’État. En fait, elle consacre la supériorité du sociopolitique en termes de décisions publiques. Par contre, elle n'interdit à aucune religion de s'exprimer publiquement ! quitte à militer pour que telle décision publique soit prise plutôt qu'une autre ! Mais, en somme, la laïcité permet que ça ne tourne pas à la théocratie, puisque les croyances religieuses n'ont plus le droit d'en imposer, moralement comme techniquement. La laïcité ménage donc une place aux mentalités purement expérimentales (laissons athée, agnostique, incroyant·e, mécréant·e, ou irréligieux·se, comme s'il fallait toujours les désigner en relation avec les croyances dont i·elles seraient privé·e·s ! Bref.

Tout est contenu dans les prémisses idéologiques de nos constitutions et de nos droits, et on manque de savoirs et de savoir-faire principiels (de savoirs et savoir-faire quant aux principes). Cela demande une éducation, une droiture, une autodiscipline, et qu'on arrête de hurler à la lune toujours à réaffirmer une devise ou des valeurs idéales, sans en faire soi-même la preuve intègre ; de même, qu'on cesse croire détenir leur vérité dans nos petits protocoles trop stricts.

Il faut être d'intelligence en soi-même avec les principes, il faut les mûrir, et il n'y a que vous qui puissiez le faire personnellement, il faut les être, ou bien continuer à n'être rien, ou à n'être rien que tout et n'importe quoi, à se chercher des solutions technico-commerciales de magouilleur·se·s, pour faire semblant de et passer pour être libre, égal, fraternel + laïc.

C'est évidemment à ce point, que se jouent toutes les ambiguïtés, entre sagacité ou malignité de l'intelligence - c'est-à-dire droiture ou rétorsion dans la démarche de principes. La sagesse implique d'y rester vigilant·e, parce que les fourbes, eux·elles, ont l'avantage d'être vite à l'affût.

Comme dit l'adage : quand les justes ne font rien, ils jouent le jeu du mal.

Mal' - LibertéPhilo

 

 

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