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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Ces rues si mal nommées

Ces rues si mal nommées

Dans notre beau pays « démocratique », on est évidemment solidaire de ces citoyens américains qui luttent contre la promotion de l’esclavage, et qui, depuis le drame de Charlottesville, ont décidé de déboulonner les statues du général Lee, esclavagiste notoire... mais ne devrions-nous pas d’abord balayer devant nos portes ?

Aux USA, Trump, jamais à l’abri d’une outrance, a décidé de défendre le général Robert E. Lee, et a, dans un premier temps, renvoyé dos à dos, pro-esclavagistes, et manifestants antiracistes.

Puis, il s’est ravisé... qu’importe. lien

Les bouffonneries trumpiennes ne sont pas une nouveauté...et finissent par lasser.

Intéressons plutôt à la France.

Tout aurait commencé sous le règne de Louis XIII, suite à un édit autorisant la traite négrière, relayé plus tard par Richelieu, puis par Colbert lequel édita un « code noir » qui en 60 articles donnait un cadre légal à la pratique de l’esclavage. lien

A ce stade de notre réflexion, il faut rappeler les souffrances auxquelles étaient soumis les esclaves tentés par la rébellion.

Des sévices corporels allant jusqu’à l’assassinat pur et simple : les esclaves étaient marqué au fer rouge avec les initiales du propriétaire...

Au-delà des brimades quotidiennes à coups de poings ou de pieds, c’est le fouet qui était la plupart du temps utilisé, au point que les traces laissées par celui-ci restaient visibles à vie.

Ceux qui tentaient de s’enfuir étaient rattrapés par les chiens dressés spécialement pour ça.

C’est Louis-Georges Tin qui attirait notre attention, le 2 septembre, sur l’antenne de France Culture, sur notre univers national si contradictoire, au sujet de la promotion de l’esclavage, dont nous n’avons pas réalisé toute la réalité encore aujourd’hui. lien

Tin est président du conseil représentatif du CRAN (conseil représentatif des associations noires de France), et fondateur de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.

En 2009, une association, DiversCitées avait lancé une campagne afin de débaptiser les rues des villes qui avaient pratiqué l’esclavagisme au 18ème siècle.

Bordeaux, Nantes, Le Havre, La Rochelle étaient pointées du doigt.

Bordeaux emporte la mise, avec 26 rues, ou places portant les noms de ces personnes qui se sont enrichis grâce au commerce d’esclaves.

Baour, Balguerie, Portal, Saige, David Gradis, Gramont, Lainé, Colbert, La Béchade, Behman, Thérésia Cabarrus, Desse, Mareilhac, Journu-Auber, Sarget, Fégern Ravezies, Daniel Guestier, John Lewis Brown, Emile Pareire, De Kater, Jhonston, Fonfrède, Bonnafé, sont les noms de ces tristes personnages qui s’occupaient de traite négrière.

Nantes vient derrière, avec 11 sites.

Ils avaient pour nom Grou, Leroy, Baudoin, Bernier, Colbert, Berthelot, Bourgaud-Ducoudray, Guillon, Fosse, Terrien, Millet.

Suit le Havre, avec 6 sites, La Rochelle fermant la marche avec 5.

Il faudrait ajouter à la liste de ces ports qui ont pratiqué les expéditions négrières les villes de St Malo, Lorient, Honfleur, Marseille, Dunkerque, mais aussi Rochefort, Bayonne, Vannes, Brest, Morlaix, et Dieppe, soit au total l’organisation d’au moins 4220 expéditions négrières, et c’est à Nantes que revient le record d’expéditions avec 1714 expéditions.

Les navires nantais auront transporté en un peu plus d’un siècle plus de 550 000 captifs noirs vers les colonies, avec comme argument : « les colonies sont indispensables à la richesse nationale, les Noirs sont indispensables à leur mise en valeur, la traite est indispensable à son renouvellement  ». lien

Voilà qui a le mérite de la clarté.

Mais l’un des négriers les plus célèbres reste l’un des personnages les plus adulés des français.

En effet, il ne faudrait pas oublier l’empereur Napoléon, qui a remis, le 20 mai 1802, l’esclavage au gout du jour, cet esclavage qu’avaient aboli 8 ans plutôt les révolutionnaires de 1789. lien

Devant l’impopularité de la mesure, Napoléon aurait prétendu que c’est sous la pression de sa première épouse, Joséphine, qu’il avait pris cette décision...ce serait oublier le racisme qui animait, à la connaissance de tous, l’empereur des français...d’autant que Joséphine n’était manifestement pas raciste : elle eut une fille née d’une union avec un noir martiniquais, et elle signa 7 affranchissements d’esclaves. lien

Mais revenons aux démarches menées par DiversCitées.

A l’époque, seule la mairie de Bordeaux avait répondu déclarant : « la municipalité devrait mettre en place une commission sur le nom des rues afin que ce sujet soit étudié dans la sérénité  »...

Du conditionnel donc... 

Il a fallu attendre 7 longues années « de sérénité » pour voir nommée enfin une nouvelle commission, en 2016 donc, afin de « réfléchir à améliorer les moyens et les outils autour de la visibilité et la pédagogie de ce pan de l’histoire locale ».

Un sociologue, Yoann Lopez, coordinateur de cette commission en a présenté récemment les résultats, dont il ressort en tout cas qu’il est hors de question de débaptiser ces rues, affirmant qu’un consensus s’est dégagé dans ce sens.

Mais pour répondre aux souhaits des associations qui réclamaient cette mesure, la commission propose que des panneaux supplémentaires « viendraient expliquer l’histoires de ces esclavagistes »....

Les associations devront donc se contenter du buste érigé à la mémoire de Toussaint-Louverture en 2005... De la pose d’une plaque commémorative en 2006, et de l’ouverture de salles permanentes dédiées à l’esclavage et à la traite au Musée d’Aquitaine en 2009.

Bordeaux est l’un des principaux ports où s’est pratiqué l’esclavagisme, au point que des visites guidées sur la route de l’esclavage sont organisées 2 fois par an, un certain Karfa Diallo étant désigné comme le « guide officiel du Bordeaux nègre ». lien

Il faut ajouter que cette ville est à l’origine de 508 expéditions, et a organisé la déportation de plus de 130 000 esclaves noirs. lien

Alors bien sûr, depuis 2006, la France commémore officiellement le 10 mai comme « journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition »...lien

Une commémoration très discrète...

Est-ce suffisant au moment où la justice de notre pays préfère punir les citoyens qui aident les réfugiés ?

En effet, l’agriculteur Cédric Herrou a été condamné le 2 aout à 4 mois de prison (avec sursis) pour aide à l’immigration clandestine, alors que le gouvernement précédent avait annoncé en 2012 la fin du « délit de solidarité ». lien

On essaye de comprendre, car comme dit mon vieil ami africain : « là où on s’aime, il ne fait jamais nuit  ».

L’image illustrant l’article vient de http://www.pieuvre.ca

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

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228 réactions à cet article    


  • genrehumain 5 septembre 12:01

    Merci pour cet excellent article très bien documenté.


    • Jonas 5 septembre 23:24

      @genrehumain
      Plutôt un gros délire de propagande cet article !

      TOUTES les sociétés humaines ont été esclavagistes (à commencer par les Africains eux-mêmes, qui vendaient les esclaves des tribus qu’ils avaient vaincu aux Blancs et aux Arabes).

      La Civilisation Occidentale a été LA PREMIÈRE CIVILISATION AU MONDE à supprimer toute forme d’esclavage.
      (Dès le XIII Siècle sur le territoire européen, et quelques siècles plus tard dans les colonies.).
      Il faudrait plutôt remercier l’Occident, et non pas le vilipender, comme le fait l’auteur dans cet article !

      - en Mauritanie, l’esclavage y est banalisé, entre 10% et 20% (340 000 à 680 000 personnes) de sa population est réduite en esclavage par leurs maîtres arabo-musulmans. 
      - au Nigéria, plus de 700 000 esclaves
      - au Niger, pays au nord du Nigéria, on estime qu’il y à 870 000 esclaves.
      - au Soudan dans l’indifférence générale de la communauté internationale,conflit entre le régime de Khartoum arabo-musulman, et les ethnies animistes ou chrétiennes du sud Soudan, pour alimenter le marché aux esclaves.

    • olivier cabanel olivier cabanel 6 septembre 06:53

      @Jonas
      je pense plutôt que vous agitez des écrans de fumée pour tenter de cacher le scandale français...

      que d’autres pays aient pratiqué l’esclavagisme ne change rien...
      vous êtes quelque part en train de nous dire : comme les autres l’ont fait, pourquoi ne pas le faire nous aussi...
      un peu gros non ?
       smiley


    • Jonas 6 septembre 07:52

      @olivier cabanel « vous êtes quelque part en train de nous dire : comme les autres l’ont fait, pourquoi ne pas le faire nous aussi... »


      La France ne pratique plus aujourd’hui l’esclavage contrairement à la plupart des pays du globe hors occident.
      Qu’il y ait eu de l’esclavage c’est un fait, cela fait partie de l’Histoire, car l’esclavage avant que l’Occident ne le remette en question, n’avait rien de choquant dans toutes les sociétés humaines.
      Il faut contextualiser les événements : que des associations racistes anti-blanc comme le CRAN, instrumentalisent l’Histoire pour mieux diffuser leur propagande, est tout simplement abject.

      Faut-il interdire d’enseigner Voltaire, supprimer ses statues, bannir son nom des rues parce qu’il était raciste et antisémite ?

      Curieux quand même que ces associations dites anti-racistes, restent indifférentes quant aux sort de centaines de milliers de nègres livrés aux marchés aux esclaves en Afrique (Mauritanie, Niger, Nigéria, Soudan, ...) aujourd’hui.
      Pourquoi ne les entend-on pas sur ces sujets ? Ne sont-ils pas censés défendre les Noirs partout dans le Monde ?

    • Cateaufoncel 6 septembre 10:21

      @Jonas

      "
      Curieux quand même que ces associations dites anti-racistes, restent indifférentes quant aux sort de centaines de milliers de nègres livrés aux marchés aux esclaves en Afrique (Mauritanie, Niger, Nigéria, Soudan, ...) aujourd’hui."

      Peut-être qu’elles considèrent, ces assoces, que les Blancs sont une race supérieure qui, ayant inventé Jésus, Spinoza, Descartes, la machine à vapeur, les Lumières, la démocratie avec suffrage universel, les droits de l’homme, le socialisme, le communisme, l’avion à réaction et le TGV, sa supériorité intellectuelle, scientifique et technologique, permet d’en exiger, une supériorité éthique qu’on ne peut pas attendre de peuples inférieurs n’ayant rien inventé du tout.

      Ces assoces - c’est toujours une hypothèse - considéreraient donc qu’il y a des peuples inférieurs, que ces peuples inférieurs sont imperméables aux injonctions de la morale mises au point par les peuples supérieurs et que, dans ces conditions, lutter contre l’esclavage existant équivaudrait à un gaspillage de temps, d’argent et de moyens mis en oeuvre. Par ailleurs, cette attitude leur permet d’échapper aux accusations de néocolonialisme ou de recolonisation.

      C’est une explication. Elle vaut ce qu’elle vaut, il lui reste l’avantage de fournir une cause possible à une inégalité de traitement réellement flagrante, entre un vieille esclavage aboli il y a tantôt 170 ans, et un esclavage actuel qui se perpétue dans des territoires qui méritent à peine le nom de pays...

      En tant qu’explication, celle-ci n’est pas pire que l’occultation des traites orientale et transsaharienne, par une Christiane Taubira qui ne voulait pas traumatiser les Djeun’ en leur mettant « sur le dos tout le poids des méfaits de leurs ancêtres ».

      On notera le choix des mots : ce qui est « crime contre l’humanité » de la part des Blancs devient « méfaits » de la part des Arabes, et cela quand bien même les traites orientale et transsaharienne avaient-elles un aspect génocidaire que l’anthropologue Tidiane N’Diaye a révélé dans Le Génocide voilé (Gallimard 2008).

      On relèvera enfin que, dans l’esprit de Mme Taubira, les jeunes Blancs sont, psychiquement beaucoup mieux armés que les jeunes Arabes, puisqu’on peut sans contre-indication, leur mettre "sur le dos tout le poids des crimes contre l’humanité de leurs ancêtres" à eux.


    • doctorix doctorix 6 septembre 15:20

      Je propose de remplacer les noms des esclavagistes par ceux des lanceurs d’alerte.

      Avenue Doctorix, ça sonne bien, vous ne trouvez pas ? smiley

    • olivier cabanel olivier cabanel 6 septembre 16:18

      @doctorix
      les lanceurs d’alerte ?

      bonne idée... commençons par Irène Frachon...
      non ?
       smiley

    • doctorix doctorix 7 septembre 00:18

      @olivier cabanel
      Je suis d’accord. Elle a bien réussi avec son Mediator, et je ne suis pas sur de faire aussi bien avec mes vaccins.

      Mais j’essaye.

    • juan 7 septembre 06:33

      @olivier cabanel Le scandale français ? Alors, qu’attendez-vous pour aller voir ailleurs ! Avec ce genre d’opinion, vous apportez de l’eau aux moulins de tous ceux qui revendiquent pour s’imposer et déliter la France de ce qui fait son histoire. Vous préférer sans doute ces salopards qui font sauter des bombes en se revendiquant des croisades ; ces ordures qui tuent des petits enfants parce qu’ils sont nés de parents juifs ? Vous approuvez sans doute la sourate qui estime que nous, occidentaux de culture chrétienne sommes des souillures ? Bref, l’histoire est l’histoire et pas le présent !


    • olivier cabanel olivier cabanel 7 septembre 07:32

      @juan
      je vois pas bien le rapport avec le sujet de l’article ?

      est-ce que c’est parce qu’il y a pire ailleurs qu’il faut se taire et laisser le scandale de ces rues si mal nommées ?

    • olivier cabanel olivier cabanel 7 septembre 07:33

      @doctorix
      malheur ! ne savez vous pas le danger des vaccins ?


    • olivier cabanel olivier cabanel 7 septembre 21:34

      @Jonas
      vous affirmez que la France ne pratique plus aujourd’hui l’esclavage... 

      à première vue, c’est évident
      en creusant un peu, on pourrait s’interroger sur ce que certains appellent « l’esclavage volontaire »
      vous n’êtes pas sans ignorer que le chômage est un argument facile utilisé par certains patrons pour abuser de la situation ?...
      mais ce n’est pas le même débat.
      ceci posé, qu’ailleurs, ce soit plus grave que chez nous... peut être.
      mais est-il acceptable aujourd’hui que dans notre beau pays, on continue d’honorer la mémoire de quelques scélérats qui se sont enrichis grâce à l’esclavage ?
      serait-il si compliqué d’enlever au moins leurs noms de nos rues et de nos places ?
      quel est votre problème ?
       smiley

    • Jonas 8 septembre 00:14

      @olivier cabanel « mais est-il acceptable aujourd’hui que dans notre beau pays, on continue d’honorer la mémoire de quelques scélérats qui se sont enrichis grâce à l’esclavage ? »


      Mais enfin, si on suit votre raisonnement, il faudrait enlever la plupart des noms de personnages historique illustres avant l’abolition de l’esclavage ! Jules César, Aristote, Diderot, Voltaire, Louis XIV, Colbert, Napoléon,... (vous allez détruire l’arc de triomphe, l’arc du Carrousel, déboulonner les statues de Louis XIV, interdire les ouvrages de Voltaire, d’Aristote pendant qu’on y est ?) puisque je rappelle que l’esclavage a existé dans TOUTES les sociétés humaines avant que l’Occident ne le remette en cause.
      C’est quoi la suite ? Vous allez demander à raser Cordoue, les villes du Tchad et de l’Éthiopie, centres de castration des esclaves noirs par les arabo-musulmans pendant des siècles ?

      Vous tombez pieds et poings liés dans la propagande des associations racistes (CRAN, Parti des Indigènes de la République, Indivisibles, SOS Racisme, MRAP, LICRA, LDH, CCIF, CFCM, UOIF, NPA,... ) qui instrumentalisent l’Histoire de France afin d’instaurer dans l’opinion publique la haine de la France et des Français pour miner la société de l’intérieur, imposer l’immigration de masse et l’islam.
      Vous êtes l’idiot utile islamo-gauchiste !

    • mmbbb 10 septembre 10:35

      @olivier cabanel Herrou et l autre tare de Bove qui devraient plutot defendre l agriculture traditionnel, a croire qu ils n ont iren a foutre hormis de nous faire chialer sur le malheur des paysans, ne sont ils pas aussi complices de traites humaines Ne me faites pas croire que les passeurs sont des philantropes et que ces migrants arrivent par le plus grand des hasards . Quant a vous donnez moi l adresse d un magasin afin que j achete une robe de bure et un fouet Il est quand meme lassant ce refrain de cette repentance professe par les bo bon Vous avez oubliez Jules Ferry mais ce cretin de professeur Alexandre de ce media me dit qu il ne fut pas de gauche. Avec Jules Ferry vous allez en débaptisez des rues des ecoles alors que ce monsieur a dit " le 288 juillet 1885 : Jules Ferry : « Les races supérieures ont un droit sur les races inférieures » (France)" je vous conseille de ne pas limiter votre action a l esclavagiste ! 


    • Cateaufoncel 5 septembre 12:10

      On se demande pour quels motifs - non anachroniques - la France se serait tenue à l’écart du commerce triangulaire qui était l’une des grandes affaires des nations atlantiques ouvertes sur les Amériques, à partir du milieu du XVe siècle ?


      • olivier cabanel olivier cabanel 5 septembre 12:52

        @Cateaufoncel
        peut-être parce qu’elle est censée être la « patrie des droits de l’homme » ?

         smiley

      • Cateaufoncel 5 septembre 12:58

        @olivier cabanel

        « ... elle est censée être la « patrie des droits de l’homme » ? »

        La définition d’anachronisme, c’est par ici


      • Croa Croa 6 septembre 00:00

        À Cateaufoncel,
        *
        Il y a bien eu une première abolition, la preuve que c’était possible ! En fait le régime était déjà ce qu’il est aujourd’hui : Ploutocrate. Sans esclaves, c’est à dire avec des travailleurs libres, on peut tout à fait faire du sucre de canne et même du rhum... Mais avec moins de profits.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 6 septembre 00:07

        @olivier cabanel


        Bonjour Olivier

        Chaque époque porte ses jugements et je pense que c’est une erreur de vouloir les effacer. Il faut respecter l’Histoire. L’amnésie programmée n’est pas une solution, mais une hypocrisie. Il y a de meilleures façons de dire que nous avons progressé et dénonçons l’esclavage que de feindre de n’y avoir jamais consenti. Cette façon à la « 1984 » de trafiquer le passé pour exorciser le futur crée des dissonances cognitives... 

        Il est bon qu’il y ait une rue Attila a Budapest. Je n’aime pas que Stalingrad soit devenu Volgograd, je ne voudrais pas qu’une ferveur républicaine nous fasses renommer la Place Louis XVI, et je ne pense que vouloir extirper le souvenir de Robert E Lee de la mémoire américaine soit faire oeuvre pie. Est-ce que Danton et Mirabeau n’ont jamais péché ? 

        Pierre JC

      • Et hop ! Et hop ! 6 septembre 00:07

        @Cateaufoncel : 


        La raison est que les lois fondamentales du royaume, tout comme le droit canon, interdisaient l’esclavage sur tous les territoires français, et elles donnaient le statut d’homme libre à tous les peuples indigènes des territoires conquis ou acquis par la Couronne de France. Donc, le roi, les parlements étaient formellement opposé à l’esclavage, à leur capture et à leur commerce. Contrairement aux pays comme la Hollande et l’Angleterre qui ont toléré puis encouragé ce commerce d’esclaves, dont il importe de savoir qu’il était presque exclusivement tenu par des armateurs protestants et des juifs.

        Le projet officiel de Richelieu et de Colbert était de compléter le peuplement autochtones avec des Français de métropoles, comme cela a été fait au Canada. Dans les territoires français d’Amérique, les Indiens caraïbes ont toujours eu le statut d’hommes libres, les esclaves étaient uniquement des étrangers capturés et importés clandestinement. Il y a eu dans les colonies anglaises des esclaves blancs, notamment irlandais.

        Il se trouve que les Juifs trafiquants d’esclaves ont été expulsés du Brésil, et certains sont venus installer leur commerce dans les îles françaises d’Amérique (Antilles) où ils ont importé une population de quelques milliers d’esclaves qui n’avaient aucun statut et aucun droit puisque le droit français ne prévoyait rien et qu’ils étaient des étrangers sans patrie.

        C’est pour pallier au vide juridique dans lequel s retrouvait cette population étrangère clandestine, que le fils de Colbert qui était secrétaire d’État à la marine a établi ce statut appelé officieusement Code noir, dont l’article 1 expulse les Juifs des Îles d’Amérique, et leur trafic avec eux. Ce statut est très positif, il reconnaît aux esclaves la naturalité française, les droits civils fondamentaux (baptême, mariage, sépulture), leur permet de se plaindre en justice de mauvais traitements, de recevoir un pécule, de racheter leur liberté, il interdit de séparer les familles, les enfants des mères, ou les maris de leurs femmes en vendant des esclaves, il n’interdit absolument pas les relations entre noirs et blancs, mais exige le mariage pour que les enfants accèdent au droits des enfants légitimes, et prévoit de punir les maîtres qui abusent de leurs esclaves. Les territoires anglais ont toujours refusé qu’un statut légal soit accordé aux esclaves qui étaient entièrement livrés à l’arbitraire de leurs maîtres. Les droits de correction des maîtres nous paraissent violents, ils font partie des usages de l’époque dans le statut des soldats ou de certains domestiques. Le Code civil a fusionné tous les statuts particuliers, notamment toutes les coutumes provinciales.

        C’est seulement à partir de la Régence (époque où Law est devenu propriétaire de la Compagnie des Indes occidentales) qu’on a fait signer à Louis XV, âgé de 14 ans, les premières mettrais patentes autorisant des armateurs de Nantes à se livrer à ce trafic. Il est faut de dire qu’il a été autorisé ou encouragé sous Louis XIII et Louis XIV, des historiens ont produit des autorisations de pratiquer la traite, en faisant croire qu’il s’agissait implicitement de traite d’esclave, alors que ce mot était utilisé pour tous les négoces.

        Louis-Georges Trin étant martiniquais, donc issu d’un territoire française où les mariages inter-raciaux n’étaient pas interdits comme dans les colonies anglaises ou hollandaises, il descend autant des planteurs blancs que des travailleurs noirs : les négriers sont très probablement ses ancêtres, mais pas du tout ceux de la quasi totalité des Français blancs aux-quels il adresse ses reproches : ceux-ci descendent des paysans des différentes provinces de métropole, Champagne, Auvergne, Berry, Picardie, Lorraine, Bourgogne, où il n’y a jamais eu ni esclaves ni esclavagistes. M. Trin devrait payer réparation pour le racisme de ses ancêtres.






      • olivier cabanel olivier cabanel 6 septembre 06:57

        @Pierre JC Allard
        bien sur que ceux que vous citez ont certainement péché...mais sur le fond, ça change quoi ?

        il s’agit ici de ne pas accepter que des noms peu glorieux, ceux des personnes s’étant livré à l’esclavagisme ne soient plus honorés... rien de plus.
        il y a tant d’autres noms qui pourraient être donnés à nos rues, les noms de véritables bienfaiteurs de l’humanité... et non pas ceux des voyous qui se sont enrichis crapuleusement en pratiquant cette scandaleuse pratique ravalant l’humain au rang de l’animal.

      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 6 septembre 08:28

        @olivier cabanel

        Plutôt que de participer à l’entreprise « d’amnésie internationale » je propose une anti-panthéon dans lequel on mettra tous les méchants et des plaques de rues rouges pour montrer la nocivité des salauds qu’il ne faut pas oublier. Le mieux serait de réserver les noms de salauds pour les rues des quartiers défavorisés afin d’éduquer les masses.

        Dans Fahrenheit 451, Ray Bradbury fait l’état des lieux d’une société ayant mis en place des procédés de sélection pour la mémoire collective : la température d’auto-ignition du papier n’est pas une donnée absolue, mais dépend de nombreux facteurs et varie considérablement (de plusieurs dizaines de degrés) selon la composition du papier et ses éventuels additifs qui peuvent en retarder la combustion. Les écarts sont grands et on trouve même certaines sources avançant une température d’inflammation du papier non traité d’environ 450 °C, et non de 450° Fahrenheit.

        Comment effacer la mémoire des ordinateurs ?

        Supprimer les symptômes, c’est-à-dire les manifestations visibles d’un mal n’en supprime ni les causes ni la virulence. Au contraire, en les dissimulant, on diminue la vigilance du malade et celle de son entourage.

        Interdire de parler du Sida ne serait pas la meilleure solution pour enrayer ce fléau.




      • Alren Alren 6 septembre 13:05

        @olivier cabanel
        [La France est davantage coupable que les autres pays] peut-être parce qu’elle est censée être la « patrie des droits de l’homme » ?  

        La France n’est devenu patrie des Droits de l’Homme qu’à partir de 1789. Avant cette date, c’est un anachronisme d’invoquer cette Déclaration issue de réflexion d’hommes que le pouvoir combattait de toutes ses forces auparavant.

        Sous l’Ancien Régime s’appliquait la hiérarchie des états avec en haut le clergé (le haut clergé), en dessous officiellement la noblesse (surtout la haute noblesse, une hiérarchie considérable existant selon les titres et les fortunes tout comme le clergé) puis ceux qui n’était ni clerc, ni noble, le troisième état, sans titre, comme un déchet.

        Cette hiérarchie était reproduite dans les îles, avec au bas de l’échelle des hommes et des femmes capables de travailler sous la grande chaleur : des noirs qui jamais ne seraient venus d’eux-mêmes et qui avaient donc été achetés à d’autres noirs en Afrique qui avaient coutume de capturer des hommes d’autres tribus pour réaliser des petites fortunes avec les acheteurs occidentaux.

        Les blancs, comme on l’a constaté avec les bagnards de Cayenne, seraient morts très vite à récolter la canne à sucre à plus de 35° de température en plein soleil et de ce fait il n’était venu à personne l’idée d’y envoyer les condamnés aux galères pour des crimes comme être protestant ou braconnier où ils mouraient très bien aussi notamment sous les coups de foet et l’épuisement physique et moral.

        Les cultes chrétiens, catholicisme et protestantisme, faisaient semblant d’oublier que les noirs avaient une âme comme créature de Dieu et rappelaient plutôt qu’ils étaient les descendants de Cham, maudit par Dieu pour s’être moqué de son père enivré :

        « Après que le Déluge a pris fin, Noé sort de l’Arche avec les siens et plante une vigne, s’enivrant de son vin. Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. Réveillé, Noé condamne Canaan le fils de Cham à être « l’esclave des esclaves de ses frères » avant de bénir Sem et Japhet.

        Ce récit qui évoque en quelques versets la personnalité des pères des 70 nations qui ont selon la Bible composé l’humanité, a connu diverses exégèses lesquelles ont eu des répercussions historiques, donnant naissance au mythe de la race hamite et offrant à leurs auteurs une caution religieuse à la dépréciation des peuples d’Afrique noire et à leur réduction en esclavage. » (Wikipédia)

        On ne voit pas pourquoi les Français d’aujourd’hui qui descendent des paysans et artisans constituant plus de 95% de la population de l’époque et complètement étrangers à la traite des noirs seraient en quoi que ce soit responsables, tout comme leurs ancêtres constituant l’essentiel de la « France » d’alors, de ce « crime contre l’humanité ».

        Comment incriminer le paysan du Berry vivant en 1685 de la moindre responsabilité vis-à-vis des noirs esclaves des îles, lui qui ne verra aucun homme venu d’Afrique de sa vie ?

        En effet, il me paraît plus urgent de dénoncer l’esclavage actuel qui sévit essentiellement dans des pays musulmans.


      • olivier cabanel olivier cabanel 6 septembre 16:26

        @Alren
        bien sur, avant 1789, la situation était différente, (rapport aux droits de l’homme)

        mais les esclavagistes dénoncés dans l’article sont en majorité présents après cette date... napoléon étant le premier de la liste.

      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 7 septembre 11:30

        @Jeussey de Sourcesûre

        en tous cas, ce que je n’ai jamais compris,
        c’est pourquoi les Anglais donnent des noms de défaite à leurs lieux publics : Trafalgar Square, Waterloo Station, etc...

      • Cateaufoncel 7 septembre 11:47

        @Et hop !

        Je viens de lire les 30 premiers articles du Code noir, et il me paraît remarquablement mesuré, pour l’époque - en net progrès par rapport à ce que subissent les esclaves dans d’autres pays - et il n’y a pas de racisme génétiquement parlant, puisque le célibataire blanc qui engrosse une esclave, doit l’épouser et elle est automatiquement affranchie tandis que son enfant naîtra libre..

        Pour ce qui est des châtiments corporels, ils sont à la mesure de ceux qui sont appliqués aux sujets du Roi, dans la France de l’époque, mais le propriétaire n’a le droit ni de torturer ni de tuer ses esclaves. et l’esclave qui s’estime maltraité a le droit de se plaindre auprès des juges locaux.

        Le maître est tenu de nourrir et de vêtir ses esclaves, l’art. 22 stipule : « Seront tenus les maîtres de faire fournir, par chacune semaine, à leurs esclaves âgés de dix ans et au-dessus, pour leur nourriture, deux pots et demi, mesure de Paris, de farine de manioc, ou trois cassaves pesant chacune 2 livres et demie au moins, ou choses équivalentes, avec 2 livres de boeuf salé, ou 3 livres de poisson, ou autres choses à proportion... »

        ... ce qui devient dans Wikipedia :

        "Les maîtres sont contraints de nourrir (...) leurs esclaves et de leur donner par chaque semaine [...] deux pots et demi de farine de manioc (article 22)..."
        à la trappe, la viande et le poisson, c’est minable.

        Je vous remercie de m’avoir incité à prendre connaissance de ce document.


      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 7 septembre 12:08

        @Cateaufoncel

        ... on se demande même pourquoi Toussaint Louverture a pris la tête d’une révolte d’esclaves, s’ils étaient si bien « traités ».


      • Cateaufoncel 7 septembre 13:24

        @Jeussey de Sourcesûr

        L’ambition politique peut-être...

        Et, de toute façon, Colbert c’était sous Louis XIV.

        On replonge dans l’anachronisme... Dur, dur...


      • Alren Alren 7 septembre 14:20

        @olivier cabanel

        "mais les esclavagistes dénoncés dans l’article sont en majorité présents après cette date... Napoléon étant le premier de la liste."

        Je suis bien d’accord avec vous que Napoleone Buonaparte était une ordure dans tous les sens du terme et s’il ne tenait qu’à moi, il y a longtemps que son tombeau serait retiré des Invalides !!!

        Ceci dit je réitère que le peuple français de métropole n’avait aucun droit de regard sur l’esclavage des Noirs dans les colonies avant l’instauration de la Seconde république proclamée après la révolution de février 1848 et qu’à ce titre il est innocent du crime contre l’humanité dont vous semblez l’accuser.
        En revanche, la culpabilité est bien plus réelle pour les États-uniens du sud des USA puisqu’il a fallu une guerre civile sanglante et leur défaite pour que l’esclavage soit aboli en ... 1866 !

        Les habitants de Nantes, Bordeaux, le Havre se soucient comme d’une guigne de savoir qui étaient ces inconnus qui ont donné leurs noms à leurs rues.

        Alors que débaptiser une grande quantité des rues d’une ville posera de nombreux problèmes ne serait-ce que pour les plans papier de celles-ci, l’obligation pour les commerces, entreprises et particuliers d’indiquer à tous leurs correspondants leur nouvelle adresse.
        N’oublions pas les chauffeurs de taxis qui devront assimiler le changement en quelques jours ...


      • xana 10 septembre 21:50

        @Pierre JC Allard
        Je suis d’accord avec votre commentaire.

        Ce pauvre Olivier Cabanel a été mieux inspiré dans d’autres débats que ce stupide débat sur le « politiquement correct » des noms de rues, un mélange de propagande hypocrite, de stupidité abjecte et, il faut le dire, d’ignorance crasse.

        Car enfin, s’il est réellement offensant pour un Noir américain de passer sous la statue du général Lee, est-il moins offensant pour lui de vivre dans la capitale fédérale Washington, dont le nom honore un grand propriétaire esclavagiste ?

        Lee a été un chef de guerre Sudiste, et c’est pour cela que sa statue a été érigée dans certains Etats du Sud. J’ignore s’il était esclavagiste ou non, mais ce n’est pas en tant qu’esclavagiste qu’il a été honoré, mais en tant que général d’une confédération d’Etats qui refusaient l’hégémonie nordiste comme contraire à la Constitution américaine.

        Certaines associations, n’ayant pas mieux à faire, veulent débaptiser les rues bordelaises ou nantaises portant le nom de familles marchandes qui se sont tristement illustrées dans le commerce négrier. Voila qui devrait mettre du baume sur le coeur des familles africaines que ce trafic (honteux) a privé d’un fils ou d’une fille Il y a trois ou quatre siècles ! De qui se moque-t’on ? Le nom de ces rues « honoreraient » ces marchands sans scrupules ? Allons donc ! A part quelques érudits, pas un riverain ne sait de qui il s’agissait !

        Mr Cabanel et ces associations se sont sans doute soudain sentis assoiffés de justice -tardive, bon marché et peu douloureuse- propre au moins à se donner bonne conscience. Ils se sont prudemment arrêtés à des canailles du XVIIeme siècle, sans doute pour ne pas froisser des gens encore capables de leur faire un procès.
        Mais qu’ils ne se limitent pas aux négriers. L’empereur Napoléon qui a rétabli l’esclavage devrait être gommé des pages des livres d’histoire. Chaque rue Thiers est une insulte à tout Français attaché à la liberté. La ville de Verdun devrait voir effacer toute référence à un certain militaire qui s’est illustré quelques années plus tard dans un certain « Etat français ». La ville de Laval devrait être rebaptisée, même si son nom n’est qu’un homonyme de celui du fameux ministre, car il pourrait créer une confusion fâcheuse. Ah bon, il paraît que ceux-là sont indifférents aux minorités de couleur, les seules qui soient intéressantes aujourd’hui.

        Et puis, pourquoi s’arrêter aux noms des rues et des villes ? Vous dites que Stalingrad n’aurait pas dû être renommée Volgograd, et je vous donne raison. Mais Mr Cabanel et ses amis, s’ils étaient honnêtes, devraient exiger que les livres d’histoire mentionnent désormais la célèbre bataille de ... Volgograd, opposant les armées nazie et soviétique (on censurera le nom de leurs chefs respectifs, afin de ne pas les « honorer »).

        Afin de gagner du temps sur une autre entreprise de « correctitude politique ou sociale », je suggérerai aussi à ces braves gens de se pencher sur le douloureux problème des genres dans les noms des rues ou des villes. Il y a des minorités qui souffrent de voir utiliser uniquement le masculin ou le féminin. Par exemple, j’habite »rue des cerisiers« . Pourquoi pas »rue des cerisières« ou »rue des - zut, je ne sais plus comment « écrire cela pour rester « genrement correct »...

        Jean Xana (au moins ce nom sonne aussi bien masculin, féminin ou LGBTXXXXXXX), et à ma connaissance n’a été porté par aucun négrier ou président des Etats-Unis !


      • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 17:37

        @Jeussey de Sourcesûre
        tout à fait d’accord... mais ça sort du thème de l’article...

        il n’empêche que !

      • Fergus Fergus 5 septembre 12:16

        Bonjour, Olivier

        Excellent article qui recense bien les villes qui ont pratiqué la traite des esclaves, et les noms de ceux qui en ont tiré profit et sont honorés par la voirie.

        A noter le bel exemple donné par la ville de Paris en 2002 avec le soutien personnel de Delanoë qui a validé cette année-là le changement du nom de la rue Richepanse qui honorait jusque-là le général qui avait rétabli l’esclavage à la Guadeloupe.

        Richepanse exit, c’est le chevalier de Saint-Georges qui a hérité de cette voie, et c’est justice. Dans un article de 2009 intitulé Le nègre des Lumières, je fais allusion à ce changement après avoir rappelé que ce Joseph Boulogne a été tout à la fois un escrimeur de très haut niveau, un brillant nageur, un séducteur aux multiples succès, mais surtout un compositeur de grand talent au point qu’il a été surnommé Le Mozart noir, et en 1791 le premier officier noir des armées françaises avec le grade de colonel à la tête de la « Légion franche des Américains et du Midi ».

        Une fois n’est pas coutume : un grand merci à Delanoë !


        • Cateaufoncel 5 septembre 12:43

          @Fergus


          « ...au po
          int qu’il a été surnommé Le Mozart noir... »

          Vu le manque de concurrence, il n’y a pas de raison d’y aller avec le dos de la cuillère, Bach noir, Beethoven noir, Couperin noir, Vivaldi noir, Haydn noir, Boccherini noir, Haendel noir, Rameau noir, Scarlatti noir...

          Et ce sera tout pour aujourd’hui... J’ai les crocs...


        • olivier cabanel olivier cabanel 5 septembre 12:54

          @Fergus
          oui, merci d’avoir rappelé ce joli geste de Delanoë...que je découvre.



        • Fergus Fergus 5 septembre 13:14

          Bonjour, Cateaufoncel

          Le fait est qu’il y avait peu de concurrence, les personnes noires étant le plus souvent maintenues à l’écart de l’éducation.

          Pour ce qui est de Saint-Georges, il n’était, parmi les compositeurs que vous avez cités, contemporain que de Mozart et de Boccherini. Et son style de musique - particulièrement dans la musique de chambre - l’apparentait de facto nettement plus au premier qu’au second.

          Pourquoi « les crocs » ? Dans ce genre de surnom, l’on s’attache à la caractéristique qui semble la plus évidente : pour Saint-Georges, cela a été sa couleur de peau, Le Mozart français étant de surcroît déjà attribué à l’excellent Devienne ; et pour l’Allemand Kraus, surnommé Le Mozart suédois, cela a été à son titre de Maître de Chapelle à la cour de Suède.


        • Cateaufoncel 5 septembre 14:11

          @Fergus

          « ...il n’était, parmi les compositeurs que vous avez cités, contemporain... »

          Tout dépend de ce qu’on appelle contemporains. Le seul, parmi ceux que j’ai cités, à n’avoir pas fait un bout de vie avec Saint-Georges, est Couperin.

          Je précise aussi que Haydn né 13 ans avant Saint-Georges est mort 10 ans après lui.

          P.S. - Les crocs, c’est quand on a faim...


        • Fergus Fergus 5 septembre 14:19

          @ Cateaufoncel

          Je parlais de contemporain non uniquement en termes d’années de naissance et de décès, mais de style musical. Or, la plupart de ceux que vous avez cités étaient des compositeurs baroques, et Beethoven un pré-romantique. Outre Mozart et Boccherini, seul le grand Haydn a été contemporain de Saint-Georges, mais Mozart l’avait dépassé comme référence dans la période classique. D’où le Mozart noir, et non le Haydn noir !


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 5 septembre 18:27

          @olivier cabanel
          Vous vous faites des films sur la guerre de sécession !
          Ceux du nord n’était pas moins esclavagistes que ceux du sud....
          Et aucun d’entre eux n’avait l’intention de donner des droits civiques aux noirs ...


          Discours de Lincoln 18 septembre 1858 :

          "Je vais dire que je ne suis pas, et n’ai jamais été en faveur de donner l’égalité politique aux races noires et blanches. Que je ne suis pas ni n’ai jamais été en faveur de faire des nègres des électeurs ou des jurés. Ni de leur autoriser à être élus ou à avoir des mariages interraciaux avec des blancs ; et je dirai en sus qu’il y a une différence physique entre les races blanches et noires qui, je le crois, interdira pour toujours à ces deux races de vivre ensemble en termes d’égalité sociale et politique. Et puisqu’ils ne peuvent pas vivre ainsi, et tant qu’ils resteront ensemble, il doit y avoir une position de supériorité et d’infériorité, et autant que n’importe quel autre homme, je suis un faveur que la position de supériorité soit assignée à la race blanche."


        • olivier cabanel olivier cabanel 5 septembre 21:34

          @Fifi Brind_acier
          je ne connaissais pas ce texte...

          comme quoi, personne n’est parfait.

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