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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Entre résignation et domestication

Entre résignation et domestication

Il semble que cette alternative soit la seule valide actuellement, tant la pression qui s’exerce sur les citoyens pour qu’ils acceptent les nouvelles règles de la démocratie et de l’économie à la sauce Macron se fait présente.

La résignation, d’abord

Elle s’exerce par le fameux TINA (There Is No Alternative – il n’y a pas d’alternative) conceptualisé par Margareth Thatcher, et qui s’est traduit par la disparition de toute forme de contestation sociale en Grande Bretagne. Bien sûr, l’opposition de catégories sociales entre elles comme on le fait actuellement en France (les actifs contre les retraités par exemple) a été d’un grand secours, la fameuse « convergence des luttes » n’ayant pas été au rendez-vous et n’étant pas d’actualité chez nous.

Bien évidemment, le dispositif devant mener à la résignation, n’est pas exempt de brutalités. Les mineurs anglais en ont gardé quelques souvenirs cuisants. Pour l’instant, en France, la brutalité est seulement verbale et est le fait du Président élu qui ne se ménage pas en matière de phrases provocantes et stIgmatisantes. Fini la bonhommie de l’ancien Président et des « casses-toi pauvre con » de son prédécesseur. Aujourd’hui, c’est droit au but entre les fainéants, ceux qui ne sont rien, ceux qui foutent le bordel et ceux qui devraient travailler pour se payer un costume, mais la technique d’opposition entre catégorie est bien sous-jacente. Elle procède de l’idée du clivage entre ceux qui se reconnaissent dans ces propos, qui en sont légitimement outrés, et les autres qui considèrent qu’ils ne s’adressent pas à eux parce qu’ils s’estiment, pour quelques temps encore, comme des privilégiés.

Ces coups de boutoir qui représentent une grande nouveauté dans le paysage politique français provoquent tout de même quelques remous, et les conseillers du Prince s’évertuent à minimiser le propos en disant par exemple que ceux qui « foutent le bordel » sont deux syndicalistes, renforçant la conviction de la masse silencieuse du troupeau des suiveurs-marcheurs.

Pour le reste, on ne voit pas de trop plein d’indignation dans les médias, juste du factuel qui consiste à rapporter le dérapage et ensuite relayer le message de la cellule communication de l’Elysée, comme si tous les relais d’opinions, passant outre le fait que le Président et sa majorité avaient été mal élus, étaient convaincus du bien-fondé du programme politique mis en œuvre sous la houlette et la surveillance stricte de la finance et de l’économie. 

La domestication, ensuite

Une fois résigné, il ne reste plus au citoyen qu’à aborder l’étape ultime, celle de la domestication, c’est-à-dire accepter sa transformation durable au profit du système et en vue de répondre à ses besoins.

Le vieil adage « On ne mort pas la main de celui qui vous nourrit » prend alors tout son sens et la société entière, sauf ceux qui dirigent et manipulent, s’adapte aux exigences des maîtres et entretient une relation de soumission lui permettant d’avoir le minimum de confort et l’impression d’une reconnaissance très relative.

Ce mode relationnel dans lequel le citoyen ne l’est plus procède du fait qu’il est interchangeable dans l’instant et que le moindre faux pas ou coup de patte mal interprété peut le conduire à la SPA sans indemnités et mettre en difficultés sa meute.

La domestication est propice aux glissements de statuts puisque, de celui de demandeurs d’emploi, le citoyen pourra se retrouver dans celui de travailleur pauvre, payé à l’heure ou à la tâche, à pied ou à vélo pour livrer la bouffe formatée à ceux qui « n’ont plus le temps de déjeuner » et qui devront se contenter d’un bout de barbaque élevé aux hormones venu tout droit des USA.

La domestication, c’est aussi l’oubli, l’oubli de ce que qui s’est passé auparavant, favorisé par l’ingurgitation de programmes télévisés indigents et l’ultra présence de la publicité.

Avant, il y avait le plein emploi, la sécurité sociale, la retraite par répartition, moins de riches avides de se remplir un peu plus les poches et un système bancaire qui ne spéculait pas sur l’avenir d’un pays. Aujourd’hui lorsqu’on se hasarde à rappeler cette époque on se fait traiter au mieux de vieux con et au pire de celui qui a précipité le pays dans le marasme et la dette : le parfait bouc émissaire si utile pour ceux qui nous dirigent, et toujours la technique du clivage.

On attend avec hâte que cette génération disparaisse afin d’effacer des mémoires cette funeste époque, stade ultime de la domestication.

Le consentement, enfin

La domestication ne signifie cependant pas l’abandon de toute idée de révolte, et c’est pourquoi, il faut absolument convaincre le citoyen de la place qui est la sienne dans la société, c’est-à-dire un pion au service de l’enrichissement des quelques-uns.

 Il faut donc modifier les éléments de langage qui s’appliquent aux 10 % des français les plus riches qui possèdent la moitié du patrimoine, ne plus parler des 3520 ménages qui se partagent 400 milliards d’euros, sans compter les 300 (15 % de notre PIB) planqués par les riches de tous poils dans les paradis fiscaux qui font de notre pays l’un des plus dissimulateurs qui soient.

M. Gattaz (qui achète actuellement un domaine viticole pour la modique somme de 30 Millions d’euros) nous avait déjà habitués à parler des « créateurs de richesses » qui ont tout de même une furieuse tendance à oublier les créations d’emplois quand ils engrangent les 20 milliards annuels du CICE.

Aujourd’hui, il faut donc favoriser « les investisseurs » en ne taxant plus leurs lingots, leurs yachts et leurs véhicules de luxe. C’est sûr, avec tout cet argent économisé par les riches, ceux-ci vont investir, créer des emplois, redresser le pays…

Qui peut encore croire à une telle fable ? Eh bien de plus en plus de personnes touchés par le syndrome du larbin, ceux qui étaient domestiqués avant qu’on le leur demande et qui pensent bénéficier de l’aumône des riches pour passer un week-end au parc d’attraction ou acheter à 150 euros le maillot de Neymar.

Et puis, il y a les idiots utiles ceux qui reprennent comme des mantras la fable du retraité plus aisé que le jeune en oubliant que cela est dû au nivellement des salaires par le bas ces trente dernières années, à cause du chômage (variable de contrainte très forte) et de l’exemption des cotisations sur les faibles salaires.

Il y a aussi ce brave retraité qui témoigne sur BFMTV, qui se dit privilégié avec ses 3000 euros de pension, qui se bas la coulpe en disant que lui et sa génération ont bien profité du système, qu’il a endetté le pays et qui se déclare prêt à partager (pour gagner son paradis ?). Les riches et les économistes bien en cours en rient encore et se tapent sur les cuisses. Un témoignage pareil, c’est du pain béni pour les riches.

Il y a ces éditorialistes qui reprochent à cette génération de vouloir le beurre et l’agent du beurre, ceux qui nous parlent des 56% de dépenses publiques en oubliant de dire que la diminution envisagée est avant tout celle des dépenses de santé ou de retraite (mais on mourra plus vite et c’est bon pour l’économie), ceux qui culpabilisent en nous parlant du modèle Allemand qui a retrouvé le plein emploi, sans nous parler des millions de travailleurs pauvres sans droits que la politique Schröder à engendrée ni nous dire que les femmes dans ce pays sont fortement incitées à rester à la maison pour élever les enfants.

Voilà, la machine à obtenir du consentement est en marche et écrase tout sur son passage. Mauvaise foi, oubli, statistiques tronquées, culpabilisation, injures, tout est bon pour que le bon peuple comprenne enfin que tout ce qui est fait actuellement c’est pour son bien et non pas pour que les plus riches continuent de s’enrichir, jusqu’à plus soif, jusqu’à l’indécence.


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46 réactions à cet article    


  • Ciriaco Ciriaco 8 octobre 20:23

    Oui, bon article. Bien vu.


    Ceci dit je ne suis pas sûr qu’on pouvait parler de citoyenneté ou de modèle social à l’époque antérieure. Ça n’était pas nécessaire. On assiste maintenant à l’énoncé permanent de conditions qui durcissent la notion de système, et créent finalement sa réalité implacable. En délitant par effet de bord les modes sociaux plus proches de la nature humaine. Tel un serpent qui se mord la queue.

    Difficile de trouver un livre, par exemple ! Avec toutes les rentrées littéraires qu’on voudra ! Dans le paysage français intellectuel, on est entre le récit de soi, les courants réactionnaires, le catastrophisme qui s’accommode de tout, la peinture de ce qu’on vit et pourtant de ce qu’on est mieux à même de savoir par soi-même, etc. Mais la perspective, l’horizon, l’échappé, le nouveau... !

    Quand on ne fait pas du divertissement dans les médias, on parle des faits qui arrangent, de ceux susceptibles de faire audimat, dans un sens bien précis. On vit dans un entre-soi. On emploie des névrosé(e)s patenté(e)s sur les plateaux télé ou sur les radios. On répand l’insulte dans le vocabulaire courant. On monte le drame en tiroir-caisse. On manipule les foules dès qu’il y a une opposition politique dérangeante (ce qui ne veut pas dire qu’elle détient seule la raison pour autant - mais cette remarque est réellement d’un autre siècle). Le fric n’a pas d’odeur. On le savait, c’est maintenant réalisé.

    Quelque soit l’époque, la marge est toujours difficile à vivre. C’est toujours une solitude. Mais ce qui est sûr c’est qu’avant on ne pouvait pas faire passer la bêtise pour l’intelligence avec ce niveau d’efficacité.

    • Michel DROUET Michel DROUET 9 octobre 07:28

      @Ciriaco
      Bonjour
      Effectivement, à l’époque antérieure, les choses allaient de soi sans qu’il y ait besoin de les qualifier. Aujourd’hui, il faut se raccrocher aux notions de citoyenneté de de modèle social pour expliquer ce qui n’est plus enseigné et qui peut apparaître comme des concepts d’un autre âge aux nouvelles générations formatées par les médias.
      Bonne journée.


    • Gorg Gorg 10 octobre 12:43

      @Michel DROUET

       Merci pour cet article plein de clairvoyance Michel.

      "Eh bien de plus en plus de personnes touchés par le syndrome du larbin qui pensent bénéficier de l’aumône des riches pour passer un week-end au parc d’attraction ou acheter à 150 euros le maillot de Neymar.« 

      Cela situe bien l’état lamentable dans lequel se trouve notre société... Il faut être complètement fracassé pour faire la queue afin d’acheter 150€ le maillot de ce guignol (ils doivent considérer qu’il ne s’en met pas assez dans les poches, ils lui font l’aumône).... Et, pour partie, ce sont les mêmes qui viendrons pleurer que leurs fins de mois sont difficiles...

       »il y a les idiots utiles ceux qui reprennent comme des mantras la fable du retraité plus aisé que le jeune en oubliant que cela est dû au nivellement des salaires par le bas ces trente dernières années, à cause du chômage (variable de contrainte très forte) et de l’exemption des cotisations sur les faibles salaires."

      Là vous leur en demandez trop Michel, après avoir acheté le maillot de Neymar et s’être abrutis sur leurs iphones..., vous ne voudriez quand même pas, en plus, qu’ils réfléchissent... Les moutons de Panurge ... Le système leur procure des hochets qui alimentent leur ignorance et leurs font méconnaître le monde qui les entoure...

      Vous avez raison sur ce point, des larbins bêlants...

      Ça fait pas rêver... hein... Les Micron et consorts ont de beaux jours devant eux...

      J’ai bien peur que vous ne fassiez qu’un combat d’arrière garde Michel... Vous ne pouvez plus rien pour eux... La messe est dite... Ils courent à l’abattoir derrière le mignard...

      Bonne journée


    • Michel DROUET Michel DROUET 10 octobre 15:59

      @Gorg
      Bonjour Gorg
      Je ne pense pas faire un combat d’arrière garde. j’ai toujours pensé que l’éducation populaire pouvait nous aider à sortir du système. Je constate autour de moi des prises de conscience, des refus de rentrer dans le moule de la société de consommation que l’on nous propose, d’aller vers des alternatives qui seront rendues de plus en plus nécessaires au fur et à mesure de la confiscation des richesses par quelques uns et de l’appauvrissement de la grande masse.
      Bonne journée à vous aussi.


    • Mooney 11 octobre 07:10

      @Michel DROUET

      Je constate la même chose au niveau prise de conscience, particulièrement chez les jeunes dont beaucoup sortent des rails propagandistes sur lesquels l’oligarchie aimerait les garder : refus de regarder la TV, les pubs, information sur les blogs alternatifs, interrogations saines sur les vrais mécanismes économiques etc. C’est clair que de plus en plus de Francais cherchent à comprendre les vraies raisons de cette situation.


    • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter - Snoopy86 8 octobre 20:47

      Un petit coup de pleurniche smiley smiley


      Merci, ma soirée sera meilleure smiley

      • UnLorrain 8 octobre 21:10

        « on ne morD pas la main etc.. » « celui qui se baT la coulpe » j’ai survolé mais ce n’est pas par désintéressement ou ces mignonnes fautes,lassitude probablement.

        Des mecs comme Macron,Hollande,ont peut-être un rôle,lors d’epilogue (s ?) Signé Operamundi smiley


        • Michel DROUET Michel DROUET 9 octobre 07:32

          @UnLorrain
          Vous n’avez fait que survoler, dommage, car vous auriez pu découvrir que le témoignage du retraité que je cite a été fait sur RMC et non pas BFM (erreur de ma part).
          Merci de m’avoir rappelé à plus de rigueur.


        • UnLorrain 9 octobre 14:53

          @Michel DROUET

          C’est que vous utilisez le mot domestication qui m’a fait réagir,ce mot ( lourd populo domestiqué ) a été écrit il y a un peu plus d’un siècle..par un anarchiste,qui ne se sentait bien nulle part..un En-Dehors ( titre d’une de ses éditions,ou Feuille, c’est dans une de ses Feuilles au titre de « Vous n’êtes que des poires » qu’il y écrit a propos du populo,d’ouvriers aveulits aussi,et de voter ou non..

          Des écorchés de l’existence peut-on en dire de ces En-Dehors..ce Zo d’Axa était très déterminé,un biographe du nom de Meric écrira qu’il fut le plus grand écrivain de l’époque. Les parcours de ces hommes qui fuyaient peuvent peut-être servir de leçon..


        • gogoRat gogoRat 8 octobre 21:30

          Résignation ?

           Nos ’marcheurs’ sont incarnés par un Jupiter qui s’essaye à une ’posture’ de courroux verbal par la langue d’en bas ?
           - Il a encore du chemin à faire le titounet ! cf https://youtu.be/VOnWYaEWRDo

           Reste que CQFD :
           ( les plus grandes gueules ne sont jamais les plus accablés et les plus désabusés ! ...)

          bis repetita :
          "...méconnaissance inculte des vraies ressorts historique de la Révolution en France.
           Les instigateurs du soulèvement populaire, ceux qui ont incité les gueux à renverser le barrage de l’accès aux plus hautes places sont ... ceux qui n’étaient pas assez proches, à leur goût, de la plus haute place, car maintenus juste à peine en-dessous : haute bougeoisie et parvenus !
          ..."


          • rhea 1481971 8 octobre 21:45

            @gogoRat

            • La grande pyramide donne au alentour de 7600000000 habitants comme
            •  population maximum acceptable sur terre, nous y sommes. au dessus c’est
            • le cœur des humains qui en prend un coup . Tout ceci est évaluable, du
            • boulot pour les cardiologues.

          • gogoRat gogoRat 8 octobre 21:57

             un autre aperçu :
            (on n’en est encore qu’à des coups de gueule ... des sans-dents ? )

             « ... y z’en ont rien à fout’de vot’ voix Mais qu’y sioent de gauche, de droite,
             mais tout ça y copinent depuis qu’y sont p’tits tous ces mecs-là ... »
             cf video : https://youtu.be/WR_9OMem1rQ


          • rhea 1481971 8 octobre 22:11

            @gogoRat

            • Aucun éditeur ne veut de ces calculs, c’est mettre Einstein dans une poubelle.
            •  Personne ne se pose la question : Pourquoi le rendement énergétique de la
            • fission nucléaire dans une centrale est-il si mauvais ?

          • gogoRat gogoRat 8 octobre 22:14

             pédagogie pour enseigner la langue d’en bas aux jeunots mutants du Juvénilisme :

            https://youtu.be/cNTR74VQtn4
            ’... on a quitté une bande d’abrutis pour récupérer une bande de connards ...« 

            ou, si vous la préférez en chanson : https://youtu.be/YKeL48diDv0
              » on baiss’ra pas not’ pantalon devant des petits chefs ..."


          • gogoRat gogoRat 8 octobre 22:40

             quant à cet ’assisté’ au RSA, s’il parle propre, c’est peut-être pour ne pas être radié du RSA ?
             mais, en tout cas, lui, il y arrive ! :
             https://youtu.be/uqYD__CWlB0


          • gogoRat gogoRat 8 octobre 23:39

            ces précaires, quel bordel !
             ( « - Merdre ! » aurait ajouté le père Ubu !)
            https://youtu.be/MmYfGBrLje8


          • Michel DROUET Michel DROUET 9 octobre 07:34

            @gogoRat
            En l’espèce, parler la « langue d’en bas » ne peut que desservir son auteur.


          • McGurk McGurk 8 octobre 22:33

            * « Pour l’instant, en France, la brutalité est seulement verbale et est le fait du Président élu »
            « .Fini la bonhommie de l’ancien Président et des « casses-toi pauvre con » de son prédécesseur »

            Depuis Zarkozy, le niveau intellectuel de la politique a brutalement baissé. On a voulu passer dans le « concret » et le « populaire », ce qui a mené par exemple au « karcher de Sarkozy ».

            Pourtant, cette « bienséance » cache également cette volonté de « tout liquider dans la société ». On nous fait comprendre plus subtilement que l’ « âge d’or est terminé » et qu’il faut « se réveiller ».

            * "Aujourd’hui, c’est droit au but entre les fainéants, ceux qui ne sont rien, ceux qui foutent le bordel et ceux qui devraient travailler pour se payer un costume« 

            Normal pour un »gouvernement du MEDEF« et un président utilitariste.

            Comme dans la version anglo-saxonne, tout ce qui ne produit pas est considéré comme »parasitaire« voire »honteux/scandaleux/anormal« . Aucune vision à long terme donc de la vie et de la société, on fait simplement dans le court-termisme comme à la bourse - ex : les sociétés qui veulent de plus en plus des »candidats-Dieux« avec un CV de chef d’Etat, 150 d’expérience en sortant de l’école et de nombreuses qualifications.

            * »s’adapte aux exigences des maîtres et entretient une relation de soumission lui permettant d’avoir le minimum de confort et l’impression d’une reconnaissance très relative.« 

            C’est ce que je subis depuis deux ans. Pôle Emploi me dit qu’ »à part les petits boulots y’a rien d’autre de possible et qu’il faut bien travailler pour vivre« , ignorant volontairement mes qualifications et possibilités sur le marché de l’emploi. Donc soit le chômage, soit les jobs pourris (servir des frites à McDo, magasin de bricolage, etc.).

            Mieux : ils nous disent qu’il y a de bonnes chances pour que les »contrats aidés« (des emplois sans avenir aucun) peuvent »peut-être nous remettre en selle« et que »c’est une chance et qu’on devrait accepter« . Mais tout le monde sait qu’il y a peu de chance de trouver un boulot ensuite et qu’on retombera...à PE - ou bien qu’on sera, fort de notre expérience, rappelé pour faire le même job de merde.

            La dernière fois, ils m’ont parlé de »reconversion« (avec les limites très tangibles de PE) alors que je n’ai jamais pu mettre un pied dans le monde du travail...C’est dire si ils veulent remodeler les gens à leur convenance. Un diplôme ? Mais c’est inutile tiens !

            * »La domestication, c’est aussi l’oubli, l’oubli de ce que qui s’est passé auparavant« 

            C’est également l’oubli des avancées sociales qui ont été réalisées au fil des siècles et un gigantesque retour en arrière sous prétexte de »concurrence acharnée« . D’ici 50 ans, il ne restera sans doute rien de la sécu, des congés payés, de PE (tant mieux ?) et toutes les structures d’aide à la population, etc.

            On liquide aussi nos spécialités les unes après les autres (qui partent à l’étranger), on notre industrie car c’est »trop cher« .

            * »On attend avec hâte que cette génération disparaisse afin d’effacer des mémoires cette funeste époque, stade ultime de la domestication.« 

            Je pencherais plutôt sur le stade ultime de la société instable et très »tranchée" - comme au Moyen-Âge, avec une grande majorité de pauvres et une infime minorité extrêmement riche (hommes d’affaire, politiques).

            Dans ce genre de monde, toute trace de congés pays et avantage aura disparu, il n’y aura aucune sécurité de l’emploi, l’éducation sera payante comme aux USA et tout sera rapport à l’argent. Ca fait froid dans le dos...


            • gogoRat gogoRat 8 octobre 23:03

              @McGurk

               le plus désolant, c’est que même vous n’arriviez plus qu’à rêver de congés payés ...
               ( Est-ce que les parvenus, dont l’argent et les larbins ’travaillent’, rêvent de congés payés ? Non, certaines formes de ’travail’ sont agréables et fort bien payées - cf ’In praise of idlness’ )

               Quant aux vrais spécialistes, officiels, des conditions de travail, leurs conclusions restent hautainement ignorées des ’représentants démocratiques’ !
               cf Christophe Dejours ( psychiatre, psychanalyste et professeur de psychologie français, spécialiste en psychodynamique du travail et en psychosomatique.) : http://www.lesinrocks.com/2012/10/31/actualite/la-souffrance-au-travail-un-mal-oublie-par-les-politiques-11317104/

               " Le changement d’organisation ne peut précisément surgir que d’une réappropriation collective :
               ce n’est pas le harcèlement au travail qui est nouveau mais « le fait de devoir l’affronter seul ».
              "Le sentiment d’isolement au sein d’un environnement hostile, l’expérience de l’abandon, du silence, de la lâcheté des autres, voilà la marque de notre organisation du travail."


            • McGurk McGurk 8 octobre 23:15

              @gogoRat

              Ce n’était qu’un exemple. Non moi je rêve d’un boulot correct, en accord au minimum avec mon projet professionnel (pas si délirant que ça étant donné mon diplôme et objectif). Peine perdue...


            • gogoRat gogoRat 8 octobre 23:29

              ... voir aussi ce résumé, plutôt fidèle, du ’Souffrance en France’ de Christophe Dejours :

               La stratégie de défense consiste donc à nier la souffrance des autres et à faire le silence sur la sienne propre.

               « ...

              les travailleurs sont traités comme des crétins et des ignorants. Ils sont manipulés par des informations incomplètes et par des images faisant appel à leur imaginaire plutôt qu’à leur faculté de penser.

               ...

               Par la notion de « mal », Dejours entend la tolérance au mensonge, à sa non dénonciation et, au-delà, à sa collaboration et sa diffusion.
               Le « mal » se veut également la tolérance et la participation à la souffrance et à l’injustice infligée à autrui. Il semble alors paradoxal de penser que faire le mal relève d’un acte de courage. Pour Dejours, le vice est ainsi transformé en vertu

              ...

              c’est sur l’autel de la virilité qu’est sacrifié le courage au nom du mal

              ...

              En tant que stratégie défensive, la virilité traduit une souffrance à subir ou à infliger la souffrance et l’injustice à autrui.

              ...

               Selon Dejours, le processus de mobilisation de masse dans la collaboration à la souffrance et à l’injustice infligée à autrui est le même que celui qui a permis la mobilisation du peuple allemand dans le nazisme.

              ... »


            • gogoRat gogoRat 8 octobre 23:33

              bon, voilà le lien vers ce résumé : http://1libertaire.free.fr/Dejours04.html


            • Michel DROUET Michel DROUET 9 octobre 07:39

              @McGurk
              Nos dirigeants n’ont plus à l’esprit le bien commun, seulement la volonté de vouloir bien faire pour faire plaisir à leurs maîtres, les élites financières et économique.
              Merci pour votre commentaire.


            • rhea 1481971 9 octobre 07:57

              @Michel DROUET

              • Impossible de faire paraître un article sur agoravox qui démontre
              • que l’intelligence de l’homo sapiens est la combinaison père , mère
              • fils ou fille avec le cycle de la terre autour du soleil . C’est embêtant
              • pour l’égalité des chances à la naissance.

            • JC_Lavau JC_Lavau 12 octobre 12:36

              @rhea 1481971. C’est toi qui nous bassines de calculs sans queue ni tête ?

              Ton psychiatre devrait revoir la dose, celle que tu prends est trop faible pour calmer tes délires chroniques.

            • Cateaufoncel 8 octobre 22:42

              On peut désormais espérer que la révolte des peuples européens soit provoquée par l’invasion migratoire.

              Et certainement pas par d’hypothétiques aspirations collectivistes qui n’aboutiraient qu’à transférer le pouvoir d’une caste oligarchique à son équivalent bureaucratique.

              On devrait donc se débarrasser d’un même mouvement et du pouvoir gentrifié macronien et de la perspective d’une présidence Ben Abbes.


              • Pauline pas Bismutée 8 octobre 23:15

                L’inversion a commencé il y a une trentaine d’années ...une sorte « d’inversion des pôles »...

                La dichotomie de plus en plus radicale entre les systèmes et leurs représentations : le système légal n’ayant plus rien a voir avec la justice, le système scolaire ne dispensant pas d’éducation, le système médical nous éloignant de la santé, et le système social desservant quelle société ?

                Et la plupart d’entre nous, essayant d’inculquer aux plus jeunes l’honnêteté, le partage, le sens de l’autre, quand ils ont sous les yeux les « qui sont quelqu’un », « qui ont réussi », parce qu’ils ont fait tout le contraire...

                On se rapproche des films de science fiction, avec effectivement une extrême minorité ultra protégée et ... les autres qui vont finir par se battre pour les miettes ...

                Temps d’inverser le glissement ? Ou ... ?

                C’est Pallas qui va être content !


                • Michel DROUET Michel DROUET 9 octobre 07:42

                  @Pauline pas Bismutée
                  C’est d’inversion des normes dont il faut parler, puisque cette expression est à la mode avec la réforme du code du travail. Cela se recouvre pile poil avec vos exemple et ne fait que les renforcer.


                • moi29 moi29 9 octobre 07:54

                  Ca dure 17 secondes et ça vaut le coup, celui qui répond à la question est un ancien conseiller économique de sarkozy :



                  • Michel DROUET Michel DROUET 9 octobre 07:58

                    @moi29
                    Bel aveu, en effet !


                  • Le421 Le421 10 octobre 10:07

                    @moi29
                    Jamais au grand jamais, l’esclave n’a réellement produit plus que le travailleur motivé et intéressé.
                    C’est tout...
                    Et si il s’agit de réfléchir pour être efficace, je ne vous explique même pas !!


                  • Jason Jason 9 octobre 11:13

                    Bonjour,

                    « ... les nouvelles règles de la démocratie et de l’économie à la sauce Macron se fait présente. »

                    Ces règles ne sont pas nouvelles, elles s’inscrivent dans les pratiques qui perdurent depuis plus d’une centaine d’années que sont le suffrage (censitaire, puis universel) et dont le Capital se fiche comme d’une guigne. Le Capital n’étant qu’un opportunisme de classe.

                    Ce Capital, dont les rouages sont expliqués dans la série d’émissions sur France Culture en ce moment, continue à exercer son hégémonie.

                    Les Macron de ce monde passeront, mais la domination d’une minorité restera. Quant au vocabulaire, les « sans dents », « casse-toi », « le bordel », « les gens d’en bas » ou encore « la chienlit », ça fait populaire, « président normal ». Que ne ferait-on pas pour préserver le statu quo ?

                    Bon article, peinture de la réalité, hélas !


                    • Michel DROUET Michel DROUET 10 octobre 12:02

                      @Jason
                      Il y a une citation que j’aime bien : « la première génération constitue le capital, la seconde le gère et la troisième le dilapide ». Il y a des exemples qui nous montrent que nous sommes entre la seconde et la troisième. Il ne reste plus qu’à attendre que le système tombe comme un fruit pourri.


                    • zygzornifle zygzornifle 9 octobre 12:10

                      En veautant Macron le Luciférien les mougeons ont trouvés leur gardien de troupeau qui va les conduire « en marche » jusqu’à l’abattoir ......


                      • kalachnikov kalachnikov 9 octobre 21:12

                        Salut Michel Drouet, tu es rédacteur d’Agora vox. Es-tu pour, contre ou indifférent à la nouvelle possibilité offerte aux rédacteurs de bannir un interlocuteur que tu juges inopportun ?

                        Merci de répondre.


                        • francois 10 octobre 08:55

                          @kalachnikov


                          Agoravox, le média fasciste. Nous y voilà.

                        • francois 10 octobre 08:54

                          Les citoyens s’en fichent alors foutons leur la paix.


                          • Michel DROUET Michel DROUET 10 octobre 12:03

                            @francois
                            Merci de m’avoir lu !


                          • Le421 Le421 10 octobre 10:10

                            Avec l’abrutissement des masses productives, l’oligarchie au pouvoir casse de la façon la plus efficace et la plus sûre l’outil essentiel de notre pays.
                            Sa capacité d’adaptation, de réaction et d’inventivité.
                            Les idiots fabriqués par ce système ne seront capables que de faire... Des idioties !!
                            C’est voulu ??
                            Je me pose la question.
                            J’ai tendance à croire que oui.
                            Et ça commence dès l’école.


                            • Michel DROUET Michel DROUET 10 octobre 16:03

                              @Le421
                              C’est voulu par les imbéciles qui ne se rendent même plus compte de ce qu’ils font, tellement obnubilés qu’ils sont par la recherche du pouvoir et du fric.

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