• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Sans étiquette

Sans étiquette

Pour mieux blanchir le bilan

 

Mais que se passe-t-il dans le petit monde de ceux qui retournent leur veste ? Soudainement, ils se rendent compte que si l’exercice est aisé, il a le terrible défaut de montrer à tous l’envers du décor, les doublures qui font le travail à leur place, rédigent des discours et répondent sur les réseaux sociaux en leur nom. Il convient pour ne pas perdre la face ni même de tourner le dos à l’ambition. Ces girouette si promptes à découdre l’étiquette n’oublient jamais de changer la rosette de côté, seule concession à la couture de leur part.

Bien sûr, en agissant ainsi ils prennent le risque de commettre quelques irréparables bourdes lors du choix du programme. La température sera-t-elle idoine ? Le pré-lavage impose-t-il d’écarter du panier de lessive, les anciens costumes devenus étriqués et démodés ? Faudra-t-il subir un essorage en fin de session ? Tout cela mérite d’y réfléchir à deux fois. Dans le panier de linge sale, torchons et serviettes attendent eux aussi leur heure.

Autre souci, se priver d’une étiquette impose une campagne de lavage sans tambour ni trempette. Il n’est guère prudent d’arpenter les lavoirs. Les dames y ont la langue bien pendue et le coup de battoir redoutable. Elles seront promptes à passer un savon à celui qui ne respecte pas ses affaires. Le passage sur le fil à linge risque lui aussi de s’avérer périlleux, un exercice d’équilibriste pour celui qui passe d’un bord à l’autre du Rubicon.

Le plus désagréable dans l’aventure, c’est qu’il reste des marques de ce qui était accroché préalablement. On ne peut jamais se départir de son passé, de son tailleur et d’un patron qui lui allait si bien. Curieusement, c’est quand il change de boutique que l’élégant se fait tailler un costard gracieusement par ceux qu’il a trahis.

 

Le voilà habillé pour l’hiver et c’est justement la période idéale pour sortir des placards de vieilles affaires qui feront la une surtout par un froid de canard. Les faux-plis, les coups de fer, les reprisages et autres taches au dos de la veste, sautent désormais aux yeux des persiffleurs et autres fripiers, près à déchirer l’image du bonhomme.

Mais dans cette délicate opération, rien n’est plus insupportable que celui qui abandonne les bons vieux costumes traditionnels en lin ou bien en coton pour choisir un matériau composite, faussement moderne et résolument réfractaire aux variations subites des températures. Rapidement, les fibres rétrécissent et notre homme, qui dans le même temps souhaite prendre de l’envergure, se sent un peu engoncé aux entournures.

Le nouvel habit, quoique sans étiquette, se trouve néanmoins dans la vitrine du fripier d’en face. Ça ne trompe personne quand le consommateur ordinaire voit la publicité de cette marque pour le fameux costume sans étiquette. Il y a alors tromperie sur la marchandise, hypocrisie textile et concurrence déloyale.

C’est maintenant acquis que dans le monde des vendeurs de vestes, on évite de plus en plus de présenter en vitrine les nouveaux produits, issus d’un retournement soudain. La veste réversible est présentée sur le pas de la porte, si possible sur une patère posée sur un nez de marche. Ni soldée, ni bradée, la belle tunique profite de ses couleurs d’antan pour tenter de gagner de nouveaux clients.

Ceux-là sont bien naïfs de faire ainsi confiance à un produit sans étiquette. L’éthique se trouve dans ce petit logo que le créateur appose à son produit. Comment faire confiance à un vêtement qui change de côté et ne vous annonce plus la couleur ? Seul le client caméléon peut se laisser leurrer par pareil stratagème filandreux.

De fil en aiguille, même si ce texte est tiré par l’écheveau, c’est néanmoins le revers qui menace. Prendre une veste n’a plus rien de gratifiant quand on y pense. Que ceux qui sont tentés de faire ainsi ne l’oublient pas. Il est parfois possible de se faire rhabiller ailleurs pour moins que ça !

Vestimentairement leur.

 


Moyenne des avis sur cet article :  4.64/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

8 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 27 novembre 09:06

    « Je l’ai tellement retournée
    Qu’elle craque de tous côtés
    À la prochaine révolution
    Je retourne mon pantalon  »

    ça sera facile pour tous ceux qui l’ont déjà retiré

    une question : les candidates retournent-elles leurs minijupettes ?


    • C'est Nabum C’est Nabum 27 novembre 09:07

      @Séraphin Lampion

      La parité impose ne refonte du lexique


    • capobianco 27 novembre 13:44

      Des noms, des noms des noms...........


      • C'est Nabum C’est Nabum 27 novembre 14:07

        @capobianco

        Pourquoi diable faut-il tout dire


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 27 novembre 15:41

        @capobianco

        Le 1er mars 2019, la France comptait 34 968 communes, ce qui fait déjà pratiquement 35 000 maires. Ca fait beaucoup de noms, sans parler des candidats non élus qui sont pareils, des adjoints, mais aussi des autres zélus.


      • C'est Nabum C’est Nabum 27 novembre 18:33

        @Séraphin Lampion

        Une multitude

        J’évoque ici les grandes villes



        • C'est Nabum C’est Nabum 27 novembre 18:34

          Jjanloup 27

          Merci

          Il y avait vraiment longtemps ...

          Mey, quel bonheur

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès