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Théories du complot : quelques raisonnements et résolutions

Quelles sont les craintes du complotiste ? ... 1. La hiérarchie et 2. l'absence de regard, sur ce qui est en haut, perdu de vue. Le tout, au nom du bas, sur lequel il prétend avoir un regard sûr et certain, ce qui reste à prouver. Mais la démocratie, est-ce bien l'horizontalité, le nivellement, l'immixtion et l'ingérence ? ... Auquel point on remarque, que les influenceurs usent eux-mêmes de cette rhétorique, pour s'ingérer internationalement ! L'enfer est pavé de bonnes intentions, la bonne cause n'a pas toujours raison.

 

Le complotiste de s'en prendre aux « hautes sphères », « grands cercles » du monde, qu'il s'agisse de Franc-Maçonnerie, de « juiverie internationale », de grande finance, de groupes de pontes médiatico-politico-économiques, de sommets internationaux et autres think tanks.

Tout cela hante le complotiste commun, au point qu'il en devienne donc hiérarcophobe (phobie des hiérarchies) et inomniscientophobe (phobie de ne pas tout savoir). Mais cette deuxième phobie est terrible, parce qu'il voudrait avoir accès à quoi ? ... Précisément au savoir total, qu'il allègue aux influenceurs. Or, ces influenceurs - et quoi qu'aujourd'hui ils soient mieux informés, comme nous tous, mais à leurs puissants niveaux - ne savent pas exactement tout : c'est bien trop dire, d'autant plus qu'ils évoluent dans leur sociologie de classe, de haute société ou de mondanité, relativement fermée. C'est dire s'ils ont leurs oeillères et leurs préjugés, eux aussi.

Seulement qu'on soit un improbable Maître Absolu du monde, ou un Ethiopien voué à mourir de faim, on reste humain, à fonctionner de la même façon. Ou bien, dit avec Michel de Montaigne : « Sur un trône, on n'est jamais assis que sur son cul. » ... Le complotiste commun s'imagine que l'humanité ne fonctionne pas par « cercles » du haut en bas de l'échelle, à gauche et droite de l'échiquier, en dessous et au dessus des apparences : il s'en croit exempt, totalement libre, et ouvert et l'allègue aux influenceurs, en le leur reprochant - ce que par ailleurs les influenceurs reprennent diversement dans leurs discours, pour faire démocratique. Le complotiste commun s'imagine des superpouvoirs à ceux dont il a la phobie, alors que le devenir sociohistorique y est principalement pour quelque chose.

  • Naturellement, les influenceurs restent les influenceurs, et cela ne nie absolument rien de leurs monopoles, de leurs cartels ni de leurs impacts réels.
    Seulement, contre ces monopoles, il faudrait en revenir aux lois anti-trusts pour le monde entier, inscrites en lettres de feu à l'OMC ; cela réduirait déjà les cartels, qui de toutes façons sont légalement condamnés, mais il faudrait assurément augmenter l'inspection des finances, le journalisme d'investigation et autres formes de traques de la grande délinquance (paradis fiscaux, comptes off shore, spéculations économiques irréelles, etc.) et procéder à des harmonisations internationales grâce à l'OMC toujours ; enfin, au sujet des impacts réels, il faudrait déployer des études ès sociologies de l'économie (des economy studies, qui restent à inventer quoique bien des ONG s'y appliquent) en dehors des seules « études marketings », qui ne servent que la vente.

Pour revenir au complotiste commun, rien ne l'empêche de faire pareil, donc - fonctionner en cercles, - à supposer qu'il trouve des confrères. Or, c'est bien ce qu'il fait et ne peut s'empêcher de faire, comme 100% de l'humanité et de l'animalité sociable. Car la vérité, c'est que dans un monde mondialisé, on se réinvente des logiques de village.

Sait-on que scientifiquement, nous ne sommes pas faits pour gérer plus de 150 relations (moyenne extrême supérieure) ? Donc, si l'on tient vraiment à trouver des « complots », il va falloir parvenir à la conclusion que l'humanité se rend à une Servitude volontaire, telle que l'avait déjà perçue Etienne de la Boétie voilà des siècles. Mais naturellement, le complotiste commun s'acharne en répétant : « Quand même, ces cercles là-haut sont bien fermés et ont trop de pouvoir  ». D'accord. Et quoi ? ... N'en fut-il pas toujours ainsi ? ... Est-il jaloux ? ... Les logiques de villages (que chaque cercle reforme dans son champ) n'étaient-elles pas aussi influentes, à leur niveau ? Si : la densité morale et la conscience collective jouaient pareillement ... Nous sommes à l'heure du néo-tribalisme maffesolien. Dans un monde mondialisé, les « bons » cercles vont avoir quelque poids démesuré. Mais comment l'éviter, à l'heure des télécommunications en temps réel et autres avions privés ? Sauf à la jouer Unabomber, ce qui est illicite et indésiré par toute vie sereine, sans compter que c'est probablement peine perdue, voué à l'échec.

Il y a fomentation par cercles ... qui, certes, semble conspirationnelle quand on n'y est pas ... mais cela est vrai même dans les associations communes, et personnellement, cela nous intéresse-t-il tant de participer des luttes pour le Pouvoir ? par quoi l'on jouit de toutes ces tentations cabalisatiques, au point d'en faire une obsession ...

Mais il y a factivement à redire en toutes ces supériorités mondialisées, et tous leurs cercles, évidemment : c'est l'absence d'écologie sociale et environnementale dans la démarche, ainsi que le besoin de réglementation (le point ci-dessus). Voir aussi Alain Deneault et Bernard Stiegler.

Le monde mondialisé est trop abstrait, rapport à tous les mondes expérimentés, or le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948.

Mal' - LibertéPhilo

 


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