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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Toutes nos envies (liberté, une notion galvaudée)

Toutes nos envies (liberté, une notion galvaudée)

La liberté est une notion galvaudée. On en parle, on en parle. Mais de quoi s'agit-il, concrètement, à la fin ? Cet article est une tentative de réponse ou, si l'on veut, une tentation. "Aux aaaarmes, citoyens !"

 

De but en blanc. Quand on dit : j'ai la liberté de, on dit indistinctement :

-  j'ai l'autonomie (la régulation, l'équilibre personnel) pour ;

-  j'ai l'indépendance pour (la déliaison, la souplesse, l'absence de dépendance ou d'astreinte) ;

-  j'ai la compétence pour (la technique, la pratique, l'exercice) ;

-  j'ai les moyens de (les ressources, les techniques, la logistique) ;

-  j'ai l'autorisation de (le droit, les droits, la permission) ;

-  j'ai l'ouverture pour (la voie, le créneau, la possibilité) ;

-  j'ai l'énergie de ou pour (la valeur, le sentiment, le courage, l'intrépidité, l'audace).

Si vous en voyez d'autres, dîtes-le !

 

Ce bref topo signale déjà clairement que "la liberté", ça ressort de plusieurs domaines différents :

-  factivement, on a les marges et les capacitations (matérielles ou en termes de savoirs, savoir-faire, savoir-être) ;

-  politiquement, on a les "libertés civiques" ou "civiles", dépendantes de l'instauration de la Loi et de ses applications effectives (si je fraude ou révolutionne, je sors de leur cadre, et fais usage de la liberté qui vient) ;

-  existentiellement, on a le tempérament, la confiance en soi, le loisir ... d'oser des démarches, de s'accorder des singularités, de s'arroger tels éléments ou aisances, voire complaisances.

Si vous en voyez d'autres, dîtes-le !

 

Il n'empêche que, dans ce cadre, la seule "liberté individuelle" possible, ressort de "la liberté existentielle".
Car, politiquement, on a toujours "des libertés [collectives]" dépendantes des institutions : faciliteraient-elles ou augmenteraient-elles la "liberté existentielle", qu'elles ne pourraient que permettre de l'engager. Aussi bien, politiquement, a-t-on plus certainement des dispositions, ou des disponibilités (des facilités).
Enfin, tout ce qui ressort du factif, en tant que matériel ou acquis "inerte en soi", appartient plutôt au domaine des "boîte à outils". Ce sont des facilitateurs ou des "augmenteurs" encore, de l'ordre des dispoSibilités (environnements, éducations, apprentissages, disciplines et formations favorisants).

 

Où la seule liberté, donc, serait la liberté de se sentir de, et d'y aller.
Une liberté, comme on voit, qui ne présume pas du déterminisme ou de l'indéterminisme. Dans son cadre, on n'a pas besoin de savoir si l'autodétermination est déterminée ou indéterminée. Tout ce qui compte, c'est de s'en sentir, et d'y aller (cette existence serait-elle déterminée). L'éventuelle illusion du libre-arbitre peut être utile, dans ce cadre : il y a des tempéraments qui préfèrent se sentir purs auteurs de leurs actes. Si cela sert à les rendre libres, même s'ils sont surdéterminés, c'est l'essentiel !

 

Mais attention aux conditionnements artificiels ... tandis qu'on peut très bien accepter certaines conditions naturelles. (Or, qu'est-ce qui est naturel ? à ne pas confondre avec l'habituel, quoique ce ne soit pas toujours une mauvaise base ... )


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21 réactions à cet article    


  • Étirév 18 août 16:35

    « O Liberté ! que de crimes on commet en ton nom !  »
    L’homme veut la liberté des mœurs, la liberté des vices, la liberté de toutes ses puissances physiologiques, et il a organisé la société, depuis qu’il la dirige, pour qu’elle lui facilite cette liberté.
    Mais il n’a jamais demandé la liberté de la vertu, la liberté du Bien, et celle-là n’existe pas, aucun homme n’ose être vraiment vertueux, tous sont retenus par le respect humain qui est l’entraînement dans le Mal.
    L’homme considère comme un bien la liberté du vice et comme un mal (ou un ridicule) la liberté de la vertu. Il met sa liberté au-dessus des principes de l’éducation maternelle et quelques-uns s’appliquent (les plus cyniques) à les contredire. Cependant, si les sociétés primitives n’avaient pas été disciplinées par les Mères, alors toutes-puissantes, les hommes auraient été des brutes grossières dès la première crise de l’adolescence.
    C’est l’éducation maternelle qui tempère les instincts de l’homme en société et l’empêche d’être la bête cynique et déchaînée ; sans cette éducation, la liberté de l’homme serait un danger social.
    L’homme n’est pas né pour être libre, et la liberté proclamée par ses formules : « Liberté, Egalité », est une hérésie sociale qui consacre deux erreurs :
    La Liberté donnée à l’homme, c’est la licence de suivre ses instincts et de ne pas remplir ses devoirs, c’est le droit qu’on lui donne, ou qu’il prend, de travailler contre son propre intérêt, contre lui-même, contre son propre idéal méconnu : c’est le droit d’errer et de mal faire.
    Parce que la liberté, que l’homme demande pour lui, est la négation de la liberté de la femme, qu’il entrave, en copiant cependant ses revendications.
    La liberté que l’homme demande, et qu’il se donne, c’est la copie de la liberté demandée par la Femme pour l’exercice de sa nature divine, c’est-à-dire pour manifester ses instincts féminins, qui veulent le Bien, qui cherchent l’élévation spirituelle.
    À l’origine de la Révolution Française, c’est elle, la Femme, qui jeta la première le cri de liberté, l’amour de la liberté étant le plus fort de tous ses instincts : pour elle il renferme tout, il signifie : Bonheur, Justice, Progrès, Lumière, Amour. Dès que les Femmes s’aperçurent qu’une issue était possible pour sortir de leur servitude, elles travaillèrent avec ardeur à conquérir ce bienfait immense.
    Ce que nous allons dire va sembler aux libertaires une formidable erreur, car c’est le contraire de leurs affirmations, ou, plutôt, la moitié de leurs affirmations. En effet, nous affirmons que, pour rendre à l’humanité le bonheur, ce patrimoine perdu, il faut reprendre à l’homme la liberté dont il abuse, mais nous reconnaissons qu’il faut rendre à la femme une liberté totale.
    Augmenter la liberté et les droits de la femme, c’est marcher vers le progrès. Augmenter la liberté et les droits de l’homme, c’est marcher vers la barbarie.
    Par conséquent, l’homme ne devrait réclamer qu’une liberté : la liberté d’être heureux, qu’un droit, le droit de savoir et d’aimer.
    Livres de Femmes, Livres de Vérités


    • Arogavox 18 août 17:23

      @Étirév
       Etonnant de constater à quel point l’oubli de considérer la logique élémentaire peut conduire à des contre-sens déplorables ! (voir ma précédente ’réaction)

       
       Je préfère quant à moi me ranger à l’avis du célèbre logicien Bertrand Russell :
      « Les hommes naissent ignorants et non stupides. C’est l’éducation qui les rend stupide »

    • Morologue Morologue 19 août 09:56

      @Étirév. Sacrée idéalisation du féminin.



    • Arogavox 18 août 17:12

       Liberté de se faire des noeuds au cerveau sur la signification de liberté ?

       
       L’illustration de cet article, en tout cas, ne cadre qu’avec la liberté classifiée ici comme politique.
       (Et de grâce, épargnez-nous cette intrusion, dans le discours, du terme ’savoir-être’ dont le non-sens est répulsif, et ne laisse en rien imaginer un quelconque rapport avec une quelconque liberté )
        
       Cette illustration associée à un titre centré sur le mot ’liberté’, ne peut qu’orienter l’esprit sur le mot ’liberté’ de la devise française inscrite dans notre constitution.
        Alors, si c’est bien cette notion politique qui est galvaudée, n’est-ce pas parce que la signification du mot (qui n’est certainement pas dans ce cas centrée sur les envies) est dévoyée par un glissement dictatorial ?
        En effet, pourquoi, dans notre devise nationale, le mot ’liberté’ est-il placé en premier, en exigence première ? ... si ce n’est parce que sans la liberté de refuser le reste (égalité, fraternité), les aspirations qui suivent ne résulteraient pas d’un choix, mais d’un obligation ; obligation qui tuerait la possibilité même de la vertu de ’fraternité’ que devrait permettre l’égalité en dignité revendiquée ! 

      • Morologue Morologue 19 août 10:05

        @Arogavox. « (Et de grâce, épargnez-nous cette intrusion, dans le discours, du terme ’savoir-être’ dont le non-sens est répulsif, et ne laisse en rien imaginer un quelconque rapport avec une quelconque liberté ) » ... Trop tard, my teacher.


      • hunter hunter 18 août 17:52
        La liberté, c’est comme le sexe : certains en parlent beaucoup, mais en pratique...
        D’autres sont calmes et silencieux, discrets, mais agissent !

        Dans nos « démocrassies », on parle beaucoup de liberté, donc j’en déduis qu’il y en a peu !

        Et j’ai trop d’exemples du quotidien à lister, je risquerai de lasser le lecteur !
        Et pourtant, ils confirment ce que j’ai écrit.

        Mais tel un chercheur dans son labo, tout un chacun peut imaginer ses propres expériences et les mener IRL, et ainsi constater par lui-même.

        Adishatz

        H/

        • Morologue Morologue 19 août 10:06

          @hunter. Vous parliez sûrement de liberté sexuelle ...


        • bob14 19 août 08:50

          Dans une société construite par des politiciens, la liberté est toute relative..en fonction de votre situation au sein de cette société...En bas de l’échelle on retrouve les esclaves et en haut de cette échelle se trouve les esclavagistes...


          • Morologue Morologue 19 août 10:07

            @bob14. C’est, en petit, ce que disait l’article sous les noms de disponibilités, disposibilité, facilitations, favorisations, etc. tout en ne reconnaissant qu’un seul type de liberté : celle par laquelle on « se sent d’y aller ».


          • Morologue Morologue 19 août 10:08

            (Donc votre propos est aussi un biais, rapport à l’article. CQFD.)


          • jjwaDal jjwaDal 20 août 12:06

            Vous semblez penser que nous sommes de personnages réels (pas dans une simulation informatique par ex) et que le libre arbitre existe. J’ai bien peur qu’au moins l’une de ces suppositions soit fausse. Si on saute du dixième étage, on est libre de se fracasser en bas mais pas de monter au onzième. Dura Lex sed lex.
            Notre liberté en tout domaine me semble se résumer à cela, même si c’est de façon bien plus subtile.
            Si le hasard des interactions et des influences était modélisable on pourrait nous prédire avec exactitude notre destin. On sait que c’est impossible, donc l’espoir d’être libre perdure.
            « Je suis libre » est donc pour moi une phrase impossible, car le « Je » n’est qu’un faux semblant et un outil commode de vie en société et la liberté (je fais ce que je veux), pas plus.

            Le « Je » n’existe pas (selon moi), pas plus que la liberté.


            • Morologue Morologue 20 août 12:43

              @jjwaDal ; Vous n’avez pas lu l’article, puisque précisément on n’a pas besoin de savoir ce que vous avancez, quand on est dit libre, de s’en sentir et d’y aller. C’est un élan, peu importe déterminisme et indéterminisme. Aussi, simulation informatique ou moi-illusion, tout cela n’a pas plus d’importance dans la démarche. Ensuite, spécule qui veut.


            • jjwaDal jjwaDal 20 août 14:55

              « Où la seule liberté, donc, serait la liberté de se sentir de, et d’y aller. »
              Ceci est une phrase, qui après « dispoSibilités » a dû contribuer à m’égarer, alors...
              Prononcez là devant une centaine de personnes au hasard dans la rue et demandez leur la signification, vous aurez des surprises.
              La liberté de « se sentir de » et « d’y aller » a sûrement un sens sur votre planète, ici j’en doute sauf pour les initiés dont je ne suis pas , hélas.
              Le but d’une bonne communication est de se faire comprendre, pas de projeter un jargon imbuvable sur l’auditeur ou le lecteur.

              Si l’autodétermination n’a aucun sens (nous serions juste des flux, un peu comme un fleuve, gros et rectiligne ici, avec méandres et remous là, selon des influences contingentes), un point que vous envisagez, qu’il nous reste la liberté de se « sentir de » et d’y « aller » est un vrai réconfort...


              • generalchanzy generalchanzy 20 août 16:35
                Envie et liberté dans le même titre !

                Personne n’a jamais eu envie de tuer sa belle-mère ou son patron ?
                Personne n’a jamais eu envie d’assommer son voisin ou de de piquer les 400 euros qui sont dans la caisse ?

                Heureusement qu’il y a les lois qui protègent nos libertés. 
                C’est facile de les critiquer mais c’est impossible de vivre sans.

                Nous sommes contraints et c’est bien comme ça.


                • Morologue Morologue 20 août 22:16

                  @generalchanzy. Vous vouliez dire : « les lois qui sécurisent notre propriété » - à commencer par le corps, ainsi défini comme propriété à sécuriser. C’est une idéologie déjà.


                • Morologue Morologue 20 août 22:17

                  Je veux dire que ça n’a rien à voir avec la liberté, CQFD.


                • Macondo Macondo 21 août 09:05
                  « Où la seule liberté, donc, serait la liberté de se sentir de, et d’y aller. » Parfaitement ! Je trouve ça déjà énorme d’avoir sorti le pied du seau, au milieu d’une foule à cloche-pieds utilisant son caddie-déambulateur pour errer sans but entre promos et porno ...
                  "L’éventuelle illusion du libre-arbitre peut être utile, dans ce cadre : il y a des tempéraments qui préfèrent se sentir purs auteurs de leurs actes." Exactement ! C’est seulement après, que des penseurs libres viennent nous expliquer pourquoi et comment on est arrivé là, tandis que d’autres nous racontent quelles régions du cerveau sont responsables de ces choix. Nous susurrant vaguement entre les lignes qu’un Q posé à plat sur une chaise irrigue mieux le cerveau qu’un bon coup de pied disposé au même endroit. Théorie ayant séparé un beau matin, les diseurs, des faiseux ...

                  • Hecetuye howahkan 21 août 09:18

                    Salut, le mot liberté utilisé seul n’a aucun sens....


                    • Hecetuye howahkan 21 août 09:18

                      @Hecetuye howahkan


                      de ce que je peux en voir...

                    • Hecetuye howahkan 21 août 09:39

                      @Hecetuye howahkan


                      en fait nous ne le savons pas , donc le programme en question ne le sait pas, mais nous sommes la somme de réaction toutes contradictoires issues d’un seul programme encore en marche dans nos cerveaux, ce programme s’est lui même appelé : pensée

                      celui qui se croit libre est totalement prisonnier de ce programme qui pour le moment encore empêche nos autres facultés de fonctionner, il agit en dictateur sur le cerveau comme il le fait sur la planète..

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