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Accueil du site > Actualités > Economie > 10 ans après (3/6) : l’enrichissement des uns fait toujours plus (...)

10 ans après (3/6) : l’enrichissement des uns fait toujours plus l’appauvrissement des autres

Disséquer la montée des inégalités est une chose, heureusement très bien faite par des économistes comme Piketty ou Stiglitz. Mais avec le temps, je finis par penser que simplement poser le débat en terme d’inégalités est insuffisant, tant les oligo-libéraux peuvent finir par les justifier. Le problème n’est-il pas plus profondément que les plus riches s’enrichissent en appauvrissant les autres ?

 

Du sens de la création de valeur
 
Pour Tocqueville, « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous  ». C’est déjà un premier problème que les élites économiques oublient, ou refusent de voir, que leur fortune vient du fait qu’ils appartiennent à une société bien plus grande qu’eux, dont ils sont au sommet. Sans cette appartenance à une société composée de millions de personnes, il n’y aurait pas ces hautes rémunérations, et, sur un plus long terme, ces fortunes amassées. Si accepter des inégalités est probablement utile, la question qui se pose aujourd’hui est leur niveau, revenu aux excès du début du 20ème siècle, où un grand patron peut gagner plus de 1000 fois plus que le salaire minimum, contre 30 sous les Trente Glorieuses
 
Car tout le problème est là, comme le notait Paul Krugman dans « L’Amérique que nous voulons  » : pendant les Trente Glorieuses, l’ensemble de la société avançait au même rythme. Les fruits de la croissance étaient répartis de manière juste : les plus riches y gagnaient autant que les moins riches. Aujourd’hui, et depuis plusieurs décennies, comme le montrent Piketty et Saez, tous les fruits de la croissance vont à une petite minorité. Pire encore, nous ne sommes pas seulement dans un mécanisme d’accaparement de la création de richesse globale de l’économie, mais dans un processus où une part grandissante de la population finit par s’appauvrir, quand une petite minorité continue à s’enrichir.
 
 
Encore une fois, The Economist donne des exemples flagrants. En Californie, les revenus du 10ème pourcent des ménages ont baissé depuis 1963, quand ceux du 90ème pourcent ont presque doublé, leur rapport passant de 6,5 à 14. Et encore, les chiffres du 99ème ou 100ème pourcent auraient été bien plus extravagants. Dans un autre papier consacré à l’Allemagne, The Economist rappelle un des nombreux côtés obscurs de la croissance du pays, à savoir le fait que les succès économiques du pays ne profite qu’à une petite minorité et qu’une grande partie des Allemands s’appauvrissent au passage. Il rappelle le développement de contrats précaires aux droits très limités, certains professeurs n’ayant même pas d’assurance-maladie ou de droits à la retraite, ce qui a provoqué une hausse du taux de pauvreté.
 
 
Il y a un peu plus d’un an, The Economist avait également montré que notre époque laisse tomber des pans entiers du territoire, la croissance se concentrant dans les régions les plus riches, quand les plus pauvres tendent à s’appauvrir, dans une illustration de la théorie de la France périphérique, qui, malheureusement, est probablement encore plus valable ailleurs… Mais ce modèle où non seulement les fruits de la croissance sont très concentrés, mais où beaucoup s’appauvrissement, amène à se demander si l’enrichissement des uns n’est pas le fruit relativement direct de l’appauvrissement des autres. Car quand les marchés exigent de la création de valeur, n’est-ce pas pour pressurer la grande majorité au profit exclusif d’une petite minorité, sans qu’il y ait le moindre ruissellement qui se matérialise ?
 
 
C’est la question que pose le développement de la nouvelle économie. La condition de taxi a été dégradée au profit des actionnaires et dirigeants de Uber (tant que la bulle n’explose pas), celle des conducteurs de VTC leur étant non seulement inférieure (ils gagnent 10 dollars par heure aux Etats-Unis) et à la merci de baisses de rémunérations arbitraires… Des économistes soulignent de plus en plus les externalités négatives de ce modèle d’affaires. Les chauffeurs peuvent rarement encore agir, comme cela s’est passé en Inde, les Etats restant trop souvent passifs. Et que dire des multiples livreurs employés sans guère de droits, la quintessence du prolétariat économique du 21ème siècle  ? Dans le Monde, des livreurs de Deliveroo révélaient leur désarroi devant la baisse de leur rémunération.
 
 

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61 réactions à cet article    


  • Arogavox 19 janvier 12:15

    « accepter des inégalités »

    D’où vient ce mot de « inégalité » et à quoi fait-il référence ? et puis aussi, bien sûr, que veut-il désigner ?

      

     Cela voudrait désigner des inégalités de niveau de richesse ?

       Il est bien évident que le rêve d’une stricte égalité du niveau de richesse ne pourrait être exigée que par des bizounours pathologiquement marginaux.

     

     Est-ce que cela fait référence à un défaut de l’égalité clamée par notre Constitution ?

     Certainement pas, car l’égalité de notre devise nationale « liberté, égalité, fraternité » n’est pas une mêmeté (ni un même niveau unique de richesse pour chaque Français) mais une égalité en dignité !

     

     C’est ce défaut d’égalité en dignité qui est inacceptable !

    (cf Geneviève De Gaule qui disait : « la Résistance nait de l’inacceptable » )

    Et la captation de pouvoir par une excessive accumulation personnelle de richesse conduit de fait à une distorsion inacceptable et malhonnête de l’égalité en dignité prétendument respectée dans notre République.
      On ne peut pas « en même temps » prétendre cautionner et défendre un partage du pouvoir par nos institutions et nos élus, et vouloir, par une richesse personnelle conséquente avoir la prétention d’influer personnellement, plus ou moins localement, le cours des choses publiques (Fondations personnelles, normes de fait commercialement instillées dans les mœurs ou addictions publiques, lobbys, groupes de pression, contrats de subordination déséquilibrés, captation et contrôle des média qui rétribuent les journalistes ...)


    • Alren Alren 19 janvier 18:58

      @Arogavox
       "Il est bien évident que le rêve d’une stricte égalité du niveau de richesse ne pourrait être exigée que par des bizounours pathologiquement marginaux."

      Entre une stricte égalité du niveau de richesse et les écarts que l’on constate actuellement qui ne sont dûs en rien au mérite mais à 99% aux privilèges de naissance, il y a de la marge ! (Les 1% sont les artistes et les sportifs qui n’ont volé personne pour s’enrichir.)

      D’autant plus que cette richesse est produite essentiellement par les plus pauvres et des diplômés chichement rémunérés, sans commune mesure avec ce que leur travail rapporte à leurs patrons.


    • Arogavox 19 janvier 21:44

      @Alren
      Et bien justement ! Si vous êtres capable (comme tout le monde, non ? !!!) qu’il y a une marge ... c’est bien que vous comprenez l’évidence que j’ai soulignée et que vous admettez ! 
       Qu’apporte donc votre réaction ?????? !!!!!


    • JL JL 20 janvier 09:59

      @Arogavox
       
      égalité vs inégalités.
       
      On ne peut faire de confusion du fait que, comme vous le soulignez l’égalité (au singulier) renvoie à l’égalité républicaine et les inégalités (au pluriel) renvoient aux inégalités économiques. Au contraire des secondes la première n’est pas mesurable.
       
      Pour associer dans une même réflexion ces deux sortes de choses, je dirais que des inégalités excessive renvoient à l’équité, ou plutôt à ce qui est inique. Et le fait de se trouver d’un coté ou de l’autre de l’injustice selon que l’on en bénéficie ou en souffre, renvoie à la l’inégalité en dignité, et pour faire court, à l’Ancien Régime.
       


    • JL JL 20 janvier 10:59

      @Arogavox
       
       sur ce sujet, lire ce (gros) article : https://www.eurozine.com/comment-changer-le-cours-de-lhistoire/
       
       Un regret toutefois : dans cet article que je n’ai pas fini d’analyser, les auteurs, David Graeber militant anarchiste américain, théoricien de la pensée libertaire nord-américaine,

      et David Wengrow (son clone ?), y parlent de l’inégalité au singulier, singulier que j’ai implicitement désavoué dans mon précédent post.


    • Alren Alren 20 janvier 18:26

      @Arogavox

      Je ne comprends pas votre phrase « Si vous êtes capable qu’il y a une marge ».
      Pour répondre à votre commentaire encore faudrait-il qu’il soit plus clair.

       En résumé on peut très bien se passer des capitalistes, véritables sangsues des travailleurs naturellement en conflit d’intérêt permanent avec eux.
      Je viens de lire que 28 de ces parasites sociaux possèdent autant que la moitié de l’humanité.
      Il n’y a pas quelque chose qui vous choque ?


    • Et hop ! Et hop ! 22 janvier 09:34

      @Alren : (Les 1% sont les artistes et les sportifs qui n’ont volé personne pour s’enrichir.)

      Si, ils volent les contribuables.

      Les clubs de foot en France reçoivent des subventions directes et indirectes (construction et entretien des stades), et ils ne paient pas d’impôts.


    • Claudec Claudec 19 janvier 18:05

      @ l’auteur

      «  l’enrichissement des uns fait toujours plus l’appauvrissement des autres » Parfaitement faux !


      Il est démontrable - faits et chiffres aussi incontestables qu’accessibles au premier venu à l’appui – que compte tenu de la structure incontournablement pyramidale de la société humaine, à population constante, plus il y a de riches, moins les pauvres sont pauvres, et que lorsque les riches s’appauvrissent la pauvreté s’aggrave. Cette équation est particulièrement sensible à l’augmentation de la population humaine, les pauvres se multipliant à une cadence qui est 20 fois celle des riches. L’évolution des inégalités de richesse matérielle en découlent.


      Je me répète : Stiglitz , Piketty et bien d’autres affabulent à ce sujet, sans y avoir jamais rien changé, semblant ignorer que économie, équilibre social et démographie étant inséparables et interagissant (outre leur incidence sur l’environnement), les inégalités sociales varient (et croissent), en fonction de ces facteurs.

      Pour conclure, paraphrase de Tocqueville : « « préoccupés [obsédés] d’égalité [quand il ne s’agit pas d’égalitarisme] des hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous  ».

      Lire ici-même : https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=202325

      et/ou “Précis de pyramidologie sociale”https://www.amazon.fr/dp/B07J3G3VMH


      • Xenozoid Xenozoid 19 janvier 18:15

        @Claudec

        claudec, pourquoi vois tu la tyrannie de la pyramide sociale comme, irréversible ?
        un constat,depuis,et est ce que le temps est important ?

        la pyramide se dégonfle t’elle, le temps est cyclique se dégonfle t’il pour autant...

        qui a mis en place cette pyramide,dieu ? ,,, la gravité ? ou mon tricorder qui me dit que rien ne change mais tout se transforme


      • Xenozoid Xenozoid 19 janvier 18:18

        @Xenozoid

        on pourrait aussi voir la pyramide comme des chakra de caste,le top étant la déification,par ceux du dessous, obligatoirement intouchables


      • Alren Alren 19 janvier 19:10

        @Claudec

        "Il est démontrable - faits et chiffres aussi incontestables qu’accessibles au premier venu à l’appui – que compte tenu de la structure incontournablement pyramidale de la société humaine, à population constante, plus il y a de riches, moins les pauvres sont pauvres, et que lorsque les riches s’appauvrissent la pauvreté s’aggrave."

        Où sont-ils vos faits et chiffres à l’appui ?

        Surtout que vous parlez d’un plus grand nombre de riches. Or ce à quoi on assiste actuellement, ce n’est pas tant un accroissement du nombre de riches qui vivent en caste aussi imperméable que possible comme le montre les études approfondies des Pinçon-Charlot auxquels je vous renvoie, que de l’enrichissement invraisemblable de ceux qui sont déjà très riches.

        Et ce que les faits et les chiffres démontrent c’est que bien entendu, ils ne peuvent dépenser cette richesse dont la consommation alimenterait une industrie du luxe comme dans le passé du temps de Louis XIV, permettant la création d’emplois très qualifiés et donc une amélioration de l’économie.

        Non, cet excès de fortune est utilisé pour la spéculation financière qui assèche les circuits fermés de l’économie réelle et crée au contraire du chômage et donc un appauvrissement généralisé ... qui remonte au sommet de la pyramide ! C’est exactement le contraire d’un ruissellement !


      • Xenozoid Xenozoid 19 janvier 19:12

        @Alren

        c’est un excès de propriété  smiley


      • Claudec Claudec 19 janvier 20:16

        @Alren

        « Où sont-ils vos faits et chiffres à l’appui ? »

        https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com/

        https://pyramidologiesociale.blogspot.com/ et/ou

        Précis de pyramidologie socialehttps://www.amazon.fr/dp/B07J3G3VMH


        Concernant le ruissellement, je vous invite à lire ici-même :

        https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=197453


      • Claudec Claudec 19 janvier 20:27

        @Xenozoid

        Nul n’a besoin de “mettre en place” la pyramide sociale, elle résulte du hasard qui y positionne chacun à sa naissance, et des avatars de son parcours ensuite.

        Si le volume de la pyramide sociale est représentatif de l’importance de sa population, elle s’est toujours gonflée depuis que la société des hommes existe. Pour ne prendre pour exemple que notre ère : 250 millions d’êtres humains la peuplaient à son début ; nous serons très bientôt 8 milliards à y loger.

        Pour plus de précisions, si le sujet t’intéresse : 

        https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com/

        https://pyramidologiesociale.blogspot.com/ et/ou

        Précis de pyramidologie socialehttps://www.amazon.fr/dp/B07J3G3VMH



      • HELIOS HELIOS 19 janvier 21:23

        @Claudec

        votre raisonnement, s’il parait « pertinent » est en fait parfaitement irrationnel.

        un exemple ?

        Un pauvre, tres pauvre d’aujourd’hui... est immensément riche en comparaison a un vrai pauvre du 18 eme siècle.

        Reflechissez à ce propos... et vous verrez que ce qui importe, ce n’est pas le niveau absolu de la pauvreté ou de la richesse, mais l’ecart qu’il y a entre l’une et l’autre... ...


      • Xenozoid Xenozoid 19 janvier 21:34

        @HELIOS

        claudec fais dans l’exponentielle genre dans 27000 ans le poids de la mass bio humaine sera la meme que la planete


      • Xenozoid Xenozoid 19 janvier 21:35

        @Xenozoid

        il ne parle pas de la propriété


      • Claudec Claudec 19 janvier 22:01

        @HELIOS

        Sans blague ???
        Chez vous c’est de l’intuition, pour ma part je l’ai vérifié et même schématisé, ne vous déplaise.
        Donnez-vous la peine de prendre connaissance de ce qui répond à vos questions en retard d’un train, vous verrez que ce que vous reprochez un peu vite à mon raisonnement, est parfaitement pris en compte. Lire ici-même :
        https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=200125


      • HELIOS HELIOS 19 janvier 23:19

        @Claudec

        Pourquoi « sans blague » ???
        Ne me dites pas que vous ne connaissez pas la différence entre syntaxe et sémantique !
        Moi, je vois des pauvres de plus en plus éloignés des riches alors qu’ils seraient les rois s’ils vivaient il y a 500 ans !

        ... vous faut-il d’autres explications ? 


      • Claudec Claudec 20 janvier 08:53

        @HELIOS

        Syntaxe et sémantique n’ont rien à faire ici !
        Faites l’effort de lire attentivement mes réponses et les éclaircissements que je vous propose, ça vous évitera de dire n’importe quoi, d’autant plus que nous sommes plutôt d’accord : Richesse et pauvreté existant l’une par l’autre, leur relativité a pour effet d’améliorer le sort des pauvres quand la richesse collective croît (et inversement). Ouvrir les liens que je mentionne dans mes réponses et voir schémas si vous ne voulez pas lire les commentaires dont ils sont assortis.
        Difficile de débattre avec quelqu’un qui ne se donne pas la peine de connaître le détail du raisonnement qu’il critique.


      • titi 20 janvier 10:54

        @HELIOS

        « niveau absolu de la pauvreté ou de la richesse, mais l’ecart qu’il y a entre l’une et l’autre... … »

        Si on suit ce raisonnement la situation où tout le monde serait très pauvre vous semble donc plus enviable que la situation où il y a des pauvres et des riches.

        Je suis désole mais le n’importe quoi c’est bien votre option.


      • Claudec Claudec 20 janvier 11:57

        @titi

        Je dis que plus les riches le sont, moins les pauvres sont pauvres, et inversement.

        Vous négligez par ailleurs le fait que si la richesse n’a pas de limites autres que les ressources dont elle est tirée ainsi que l’appétit de ceux qui la convoitent, la pauvreté à la sienne, qui en est le niveau zéro.

        Prêtez d’abord sérieusement attention aux arguments avant de les contester, le débat sera plus utile à tout le monde.


      • titi 20 janvier 13:55

        @Claudec

        … je répondais à Hélios


      • Claudec Claudec 20 janvier 18:43

        @titi
        Mille excuses, mais vous aurez compris que j’aie pu me sentir concerné.


      • HELIOS HELIOS 21 janvier 16:14

        @titi
        ... non, ce n’est pas n’importe quoi parce qu’on peut supposer que personne n’a envie de rester pauvre dans la mesure ou la pauvreté ,’est pas un objectif mais une contrainte.

        C’est d’ailleurs dans ce contexte que je pense que l’intelligence collective a son interet et que je conteste tous les dogmes..


      • Et hop ! Et hop ! 22 janvier 09:43

        @Claudec : «  plus il y a de riches, moins les pauvres sont pauvres »

        Ce n’est pas la question de la quantité de riches, mais d’importance de leur richesse.

        Plus les riches sont riches, et moins ils sont nombreux, et plus il y a de pauvres.
        Plus les riches sont riches et moins il yb a de classe moyenne.

        C’est bien qu’il y ait des riches, et vous avez raison il en faut le plus possible, ce qui suppose de limiter la concentration de richesse, donc de limiter l’écart entre les plus hauts revenus et le smic, par exemple 100 fois, mais pas 10 000 fois.

        Le niveau de prospérité d’un pays dépend du niveau de vie des plus pauvres, pas des plus riches. Les pays du Tiers Monde sont ceux où il y a le plus grand écart.


      • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 19 janvier 18:22

        Faut pas confondre revenus (ou PIB) et patrimoine.

        En terme d’inégalité du revenu après imposition, la position de la France est relativement flateuse (29.3% en gini) C’est celle dont on vous parle à la télé pour vous faire croire que tout va bien (tout en annonçant une étrange explosion du nombre de milliardaires)

        Le petit soucis c’est que le « riche » en France c’est pas souvent celui qui a un gros salaire, c’est celui qui a un gros patrimoine comme le souligne très bien Piketty.

        Si on regarde l’indice de Gini sur les patrimoines, la France est à 73.0%, bien casée dans le classement mondial entre le Niger et le Costa Rica.

        Chiffres datant de 2000-2010 dispo sur wikipedia (on peut croire qu’il n’y a pas eu d’amélioration depuis) :

        https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_income_equality

        https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_distribution_of_wealth

        Une heure de piketty datant de 2012 pour comprendre :

        https://www.youtube.com/watch?v=q6L4ahi6Drk


        • Claudec Claudec 19 janvier 20:03

          @La Voix De Ton Maître

          Au-delà du revenu, du patrimoine et des indices conventionnels des experts, il est une notion qui met tout le monde d’accord ; c’est celle de richesse collective, dont la définition peut être la suivante :
          “ Somme des richesses matérielles et immatérielles, naturelles et résultant de l’ensemble des activités ainsi que de l’épargne de tous les membres de la société.
          La part moyenne de chacun est évidemment le quotient de son montant par le nombre de ceux qui en profitent (très inégalement), son montant étant à l’inverse la part moyenne de chacun multipliée par le nombre de ceux qui peuplent la pyramide sociale à laquelle elle se rapporte.
          À noter l’existence, dans la pyramide sociale, de la population qui se situe à sa base, au niveau zéro de la richesse collective et qui, en tant que pauvres profonds, sont les oubliés de cette répartition.

          Pour plus de précisions :

          https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com/

          https://pyramidologiesociale.blogspot.com/ et/ou

          Précis de pyramidologie socialehttps://www.amazon.fr/dp/B07J3G3VMH


        • titi 20 janvier 10:56

          @La Voix De Ton Maître

          « Le petit soucis c’est que le « riche » en France c’est pas souvent celui qui a un gros salaire, c’est celui qui a un gros patrimoine comme le souligne très bien Piketty. »

          Justement.
          Son patrimoine on n’en dispose pas, à moins de le liquider.

          On est donc pas riche de son patrimoine.
          On est riche des revenus qu’on en tire.

          Et c’est bien pour cela que l’ISF est une connerie.


        • Jean Keim Jean Keim 19 janvier 22:31

          Il faut beaucoup de pauvres pour faire un riche,


          • Claudec Claudec 20 janvier 09:07

            @Jean Keim

            Raison pour laquelle, dans la relativité de la richesse et de la pauvreté, liée au caractère incontournablement pyramidal de notre structure sociale, plus les pauvres sont nombreux, plus les riches doivent l’être pour les aider à vivre ; par leurs investissements plutôt que par charité ou même solidarité, ce qui relève de la philanthropie et non plus de la socio-économie.
            L’homme étant avant toute autre considération ou opinion, un consommateur, ce n’est pas sans conséquences sur sa condition sociale, à travers l’économie.


          • Jean Keim Jean Keim 20 janvier 14:58

            @Jean Keim

            Je réitère : il faut beaucoup de pauvres pour faire un riche, si cette simple évidence n’est pas perçue, alors il n’y a pas d’espoir de voir notre monde changer, l’assertion est valable aussi bien pour le citoyen d’un état que pour un état vis-à-vis des autres états, on peut citer l’exemple des U.S.A. qui font supporter à toute la planète son déficit abyssal, sa monnaie et ses forces militaires sont des arguments très persuasifs ; les autres pays occidentaux ne sont pas en restent.


          • Paul Leleu 21 janvier 22:46

            @Jean Keim

            oui... évidemment que les riches siphonent l’argent des pauvres... « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »... la valeur ajoutée produite par le travail doit bien se répartir quelque part... si la part des riches augmente plus vite que la valeur-ajoutée, il faut bien que la part des pauvres diminue...

            je suis pas un spécialiste, mais j’ai fichtrement l’impression que mes compatriotes se remettent à comprendre le communisme après quelques décennies d’assoupissement punk-télé-shit-narcissisme... la gueule de bois est sévère... j’ai l’impression que le shit légalisé et les festival de rock-rap ne suffisent plus à leur faire oublier la quenelle qu’ils avalent chaque jour...


          • wawa wawa 20 janvier 08:31

            je cherchai justement ce genre de graphique, merci de me lesapporter sur un plateau.

            a t’on le m^me genre de graphe pour la france ?

            l’insee en edite t-il ?


            • Claudec Claudec 20 janvier 09:12

              @wawa

              Je ne vois pas exactement de quel graphique vous parlez, mais le raisonnement qu’ils illustrent tous, est de portée universelle. Merci d’être plus précis ou, pour toutes précisions, voir (attentivement) :
              https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com/

              https://pyramidologiesociale.blogspot.com/

              et/ou lire Précis de pyramidologie socialehttps://www.amazon.fr/dp/B07J3G3VMH


            • JL JL 20 janvier 09:47

              @Laurent Herblay,

               

              ’’« préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous  »’’

               

              En effet, et comme vous le dites bien, cette relation de cause à effet formulée énoncé par Tocqueville que vous citez ici, est la la justification pleine et entière du principe d’une imposition progressive des revenus.

               

              Le vrai combat de la vraie gauche aujourd’hui, la différence essentielle entre la gauche et la droite se trouve dans cette exigence et son consentement.

               

              « Selon un rapport d’ATTAC paru récemment, les entreprises du CAC40 auraient une fâcheuse tendance à privilégier leurs actionnaires et leurs dirigeants au détriment des salariés. Depuis 2010 les bénéfices de ces entreprises ont augmenté de plus de 9%, les dividendes versés aux actionnaires ont explosé de plus de 40%, les rémunérations des hauts dirigeants ont grimpé de 30 %, et en même temps ces entreprises ont payé 6% en moins d’impôts sur les sociétés en 2017. Elles ont également moins embauché : leurs effectifs salariés en France ont diminué de 20%. Pour ATTAC ces écarts s’expliquent surtout parce que ces entreprises déplacent leurs profits dans des paradis fiscaux ; c’est de l’évitement fiscal. D’après ce rapport, les entreprises du CAC40 n’ont pas moins de 2500 filiales dans les paradis fiscaux. L’association demande donc en plus d’une nouvelle taxation, plus de transparence sur l’activité de ces multinationales dans leurs filiales à l’étranger. »

               

               « Des sols contaminés par les déchets toxiques en Italie à l’exploitation des sables bitumineux qui stérilise les campagnes au Canada... Avec ses paysages d’une beauté intrigante mais où les couleurs sont celles de la pollution, le photographe montre le cynisme absolu des puissants groupes industriels qui salopent le monde. »


              • JL JL 20 janvier 10:22

                @Laurent Herblay,

                 
                 je ne comprends pas votre schéma bleu « More richer, more poorer ».
                 
                 Ps . si le titre se traduit par plus de riches plus de pauvres, alors je dirais que c’est une bonne et une mauvaise nouvelle.
                 
                 Pour ma part, je verrais la montée de inégalités autrement : des riches de plus en plus riches ; de plus en plus de pauvres ; et une classe moyenne en pleine déliquescence.
                 
                Un retour vers l’Ancien Régime, en somme.


              • Claudec Claudec 20 janvier 13:29

                @JL

                C’est tout à fait comme ça que ça se passe, dans une structure sociale incontournablement pyramidale, sous la poussée, à la fois de l’économie et de la démographie, les classes moyennes jouant leur rôle, bien inconfortable, de variable d’ajustement.
                Mais il en a toujours été ainsi, dans la relativité d’une richesse et d’une pauvreté qui existent et se définissent l’une par l’autre.
                Chacun n’est-il pas le riche ou le pauvre (en tout) de plus pauvre ou de plus riche que lui ?


              • JL JL 21 janvier 17:27

                @Claudec
                 
                 vous n’avez jamais joué au Monopoly ? On devient riche au détriment des autres.
                 
                « Le capitalisme contemporain est devenu par la force de la logique de l’accumulation, un "capitalisme de connivence". Le terme anglais ’crony capitalism’ ne peut plus être réservé aux seules formes ’sous-développées et corrompues’ de l’Asie du Sud est et de l’Amérique latine que les ’vrais économistes’ fustigeaient hier. Il s’applique désormais aussi bien au capitalisme contemporain des États-Unis et de l’Europe. ... Dans son comportement courant, (cette classe dirigeante) se rapproche alors de ce qu’on connaît de celui des mafias, quand bien même le terme paraîtrait insultant et extrême ». (Par Samir Amin, économiste et président du World Forum for Alternatives.)


              • Eric F Eric F 20 janvier 10:15

                Il faut regarder de plus près, par « quantiles », l’évolution des différentes tranches de revenus. Cela donne la célèbre « courbe de l’éléphant », qui ne correspond pas forcément à ce qui est perçu.

                En France, l’effet de la fiscalité depuis l’avènement de Macron a été nul pour les 10% les plus démunis, bénéfique pour les quantiles entre 10 et 80, négatif entre 80 et 95, et très favorable tout en haut de l’échelle (revenus financiers)

                ref OFCE https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2018/Pbrief30.pdf (graphique 5)

                Le problème est la distorsion entre fiscalité sur le travail et retraites par rapport à celle sur les revenus du capital

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