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Effets « culturels » du capitalisme

Nous sommes progressivement entrés - nous autres, Occidentaux - depuis l'ère industrielle, et intensément ces 40 à 70 dernières années (c'est-à-dire depuis les années 80 ou la Seconde Guerre mondiale) dans un monde tissé, trimé et tramé d'envies diverses & variées. C'est le capitalisme, « entrepreneurisme culturel » ruinant la culture à travers la « culture d'entreprise ». Et le pire, c'est que ce néolibéralisme n'a rien d'un libéralisme vrai.

 

Le capitalisme

Ce qui semble le principe essentiel du Devenir contemporain, cause de tous les psychodrames, sociodrames et drames réels, de nos mondes occidentaux - et pas qu'occidentaux - c'est le capitalisme, dispositif centré sur les bourses et les banques, afin de favoriser l'investissement - l'initiative entrepreneuriale et travaux idoines.

Depuis l'ère industrielle (XVIIIème siècle) et notoirement la Seconde Guerre mondiale (années 1950), le démocratisme et le libéralisme, à cause d'eux mais aussi par-devers eux, ont exaucé et exhaussé les envies, du haut en bas de l'échelle sociale, à gauche ou à droite de l'échiquier politique, au-dessus ou en-dessous des apparences. C'est l'affairisme, empirisme sociopolitique, qui finit par régner : petites, moyennes et grandes affaires à caractère personnelles, précisément au nom de la liberté (envie ... ), l'égalité (d'initiative ... ) et la fraternité (mimétisme ... ). Cela est « américaniste », aussi.

 

Un « entrepreneurisme culturel »

L'envie, nous dit-on, est le moteur des initiatives. Or, dans nos mondes économistes, l'initiative entrepreneuriale prime factivement : c'est elle qui a la solidité du concret, à la fois par l'institution qui la favorise, et par les transactions qui la tisse, trime et trame grâce à nous. Cela même à l'heure des frilosités au prêt bancaire et des monopoles des grandes firmes qui sous-traitent allègrement. Les personnes économiquement favorisées, évidemment, ne procèdent pas autrement à travers l'investissement, et c'est ainsi qu'on aboutit aux cartels, collusions et mondanités des élites sociales.

Il y a en germe chez elles un « entrepreneurisme culturel », c'est-à-dire une comporte-mentalité par laquelle elles ne démarchent plus qu'à travers envies et initiatives idoines. Le monde devient là, pour elles, une pure logistique comptable, virtuellement et spéculativement à transformer, et elles se félicitent de leurs réussites, c'est-à-dire de ce qu'elles ont transformé. Elle ont alors fantasmatiquement « imposé leur volonté » au cours des choses. Velléités et mythe de la volonté agissante, règnent - alors que tout procédait des effectuations possibles, selon envie exaucée et exhaussée, comme le commun des mortels.

 

La « culture » d'entreprise

Il n'y a que depuis quelques décennies, qu'ils nous parlèrent toujours et plus de « culture  » d'entreprise, vectrice de l'entrepreneurisme culturel en question. C'est-à-dire que les théories managériales ont perverti la notion de culture, au profit de mises en condition, de conditionnements sociaux, au sein des organisations et, en l'occurrence, des entreprises.

Nous pouvons parfaitement bien imaginer ce que cela donne, appliqué sociétalement, à travers la personne et le parti d'Emmanuel Macron : des petites logiques d'initiatives règnent alors, qui d'elles-mêmes, sciemment ou non, transforment les cultures réelles - française, pour ce qui nous concerne - au profit tendanciel d'un standard uniforme que celui de « l'entrepreneurisme culturel ». L'américanisme en est un exemple patent.

La dominante entrepreneuriale de nos sociétés depuis l'ère industrielle en constitue le terreau, mais le management culturel vient parachever la démarche, au profit de petites logiques, où diverses ingénieries culturelles (la « créativité » tant encensée par les Etasuniens) devrait être capable de remplacer la création réelle, c'est-à-dire la création culturelle qui existe depuis l'humanisme - et cela remonte aux humanités antiques, qui inventèrent non seulement les mathématiques, mais simultanément et dans la même personne, les lettres poétiques et philosophiques dignes de ce qui se nomme la culture.

La pop culture économiste actuelle s'en nourrit allègrement ad nauseam, puisqu'elle pompe tous les mythes, légendes, folklores et pensées de l'Histoire universelle ... au profit de ses petites logiques pseudo-culturelles entrepreneuristes, ès management culturel. Seuls les influenceurs y gagnent, puisque les véritables cultures s'y confondent, confuses.

 

Création réelle vs. « créativité culturelle »

Tout cela détruit nos mondes, et règne la bêtise à prétention ingénieuse de sottes « créativités culturelles », uniquement bonnes à faire tourner l'économie via l'événementiel pop culturel (emblématiquement, la télévision, qui ne produirait pourtant pas ce qu'elle produit, si ça ne « marchait » pas) afin de perpétuer les choses.

Une culture réelle, ça ne se fabrique pas, quoique cela évolue à son rythme de croisière. Mais impossible que cela suive le rythme annuel de la « consommation culturelle » - notion qui est à elle seule une contradiction dans les termes (la pop culture n'est pas à renier mais, économiste, elle ruine manifestement les cultures du monde au profit du management culturel, ou « entrepreneurisme » petitement logique, déraisonnablement rationnel - Netflix en exergue).

On voit mal comment nos moeurs, nos comporte-mentalités actuelles, souffriraient d'autre chose. Mais cette chose est atroce de petitesse. Et tout un chacun de s'arracher les cheveux devant la perte de sens, de repère et de perspective, alors que ce sont précisément les sens, repères et perspectives du lucre, qui nous détruisent éco-culturellement, à faire foisonner les divertissements pseudo-culturels.

 

Trois exemples simples

La publicité adressée aux enfants est pédophile, il ne faut pas avoir honte de le dire ainsi, puisqu'il s'agit de séduire les jeunes comporte-mentalités, et sciemment ou non les éduquer à l'impulsivité. Les parents ont aujourd'hui une responsabilité majeure dans le désastre, au même titre que tous les acteurs médiatiques devant l'enfance. Imaginez bien que ce sont des concepteurs adultes formés, informés des dernières avancées mercatiques, qui visent à atteindre des résultats insidieux et insinueux sur notre jeunesse, avenir humain - quitte à le rendre inhumain. Et ce, depuis des décennies maintenant. Les boîtes de publicité n'ont pas de quoi être fières, et encore moins les diffuseurs, qui collaborent toutes à ce trafic.

Autre exemple, tout bête : ces messages introduits dans vos communications privées, telles que « envoyé depuis mon smartphone » ou « envoyé depuis ma tablette ». On les voit de moins en moins, parce que ça a marché, mais de même que la publicité adressée aux enfants est une pédophilie, ces petits inserts fonctionnent sur le principe du message subliminal, ou autrement dit : du harcèlement moral.

Dernier exemple : la télé-réalité est tout bonnement une atteinte à la vie privée. On voit mal comment les fameux « entre adultes consentants » ou « audiences exaltées » viendraient y changer quoique ce soit.

Nous avons des lois contre cela : avis au législateur, si seulement il veut bien. Un libéralisme vrai promulguerait l'instruction publique, la gentilhomie et le refus des monopoles - Léo Strauss à l'appui - car le néolibéralisme en cours ne promulgue rien d'autre que de nouvelles autorités torses (torses, de ce qu'elles sont non-gouvernementales tout en ayant des effets de gouvernance).

Mal' - LibertéPhilo

 


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6 réactions à cet article    


  • Ceci est une blague,...Quoique. Un enfant (sexe non précisé), entre dans la salle de bain de celui qu’il est sommé d’appeler : papa 1. Et découvre, Oh surprise que celui-ci est pourvu (pas le contraire,...). Et le papa de répondre : si tu voyais celle de « ta mère ». Bienvenue dans le futur.


    • zygzornifle zygzornifle 10 avril 11:23

      On le voit grâce a la redevance qui nourrit grassement les pires taches de l’audio-visuel ....


      • Saint Rata de l'himalaya Ratatouille 10 avril 13:18
        Un robot peut-il être un artiste ?.Après Rodin, Gauguin, Irving Penn… c’est au tour des robots de s’exposer au Grand Palais, à Paris. Une forme d’art qui a déjà conquis les galeries et les grands musées.

        «  L’intelligence artificielle est incontestablement un nouveau médium de création au service des artistes.  » Pour Jérôme Neutres, directeur de la stratégie et du développement pour la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, robots et intelligence artificielle (IA) s’inscrivent dans une continuité logique  : «  Toute l’histoire de l’art est scandée par l’utilisation de matériaux, de techniques et d’outils les plus variés pour faire de l’art. Les artistes font feu de tout bois et les plus grands d’entre eux se sont emparés de l’IA comme ils s’étaient auparavant emparés de l’appareil photo, de la caméra vidéo ou des néons…  ».

        De fait, le Grand Palais, à Paris, consacre cette année au sujet une exposition, baptisée Artistes & Robots, présentant plus d’une trentaine d’œuvres, toutes caractérisées par l’utilisation de robots, de machines et de systèmes informatiques disposant «  d’une part de liberté ou d’aléatoire  ». «  Une exposition historique qui présente des œuvres de 1954 à 2018  », résume Jérôme Neutres, également commissaire de l’exposition, insistant sur le fait que «  si le sujet est nouveau pour le grand public, il ne l’est pas dans le domaine de l’art  ». Et il a déjà gagné le marché de l’art contemporain.

        L’acceptation de l’art robotique est bien réelle, partout dans le monde, y compris dans les galeries et grands musées. Mais elle ne manque pas de soulever des interrogations. Où s’arrête le travail de l’artiste, où commence celui de la machine  ? À partir de quand un robot cesse-t-il d’être un simple outil programmé pour afficher une réelle autonomie  ? Si l’intention a toujours caractérisé le travail de l’artiste humain, peut-il y avoir une «  intention artificielle  »  ? Et, finalement, qu’est-ce que la créativité  ?

        Ces questions sont particulièrement bien illustrées par les robots peintres et dessinateurs et, de fait, de nombreux artistes et universitaires explorent cette voie. Certaines machines peignent de façon plus ou moins aléatoire, usant de leurs algorithmes pour générer des peintures intrigantes. D’autres réagissent à leur environnement ou tentent de reproduire à leur manière ce qu’elles «  voient  » de leurs yeux synthétiques. D’autres encore s’intercalent entre la main du peintre et sa toile, introduisant parfois leur propre subjectivité et devenant davantage qu’un simple outil. Au fond, le robot peintre est-il juste un nouveau genre de pinceau pour l’artiste peintre,ou devient-il l’artiste lui-même  ?

        lire la suite

        https://www.wedemain.fr/Un-robot-peut-il-etre-un-artiste_a3251.html


        • Morologue Mal’ 11 avril 09:49

          @Ratatouille. O God.


        • monde indien monde indien 11 avril 06:12

          Constat désolant auquel j ’ adhère . 

          Non seulement culture du libéralisme mais aussi : qu ’ est ce qu ’ est ce qu ’ ils appellent « culture » ? Il n ’ y a qu ’ à se promener dans nos centre-villes pour vite le comprendre . 
          Mais , quoi opposer à cette culture libéraliste  ? - une autre culture , humaine . 
          Mais qu ’ est-ce qu ’ une culture humaine ? C ’ est cela qu ’ il faut savoir , et faire , sans quoi toute lutte de gauche continuera d ’ aller toujours dans le mur et n ’ aura jamais aucun sens - 
          Autrement dit : pour quoi voulons nous vivre ? ( et ne faisons pas les fines bouches , ni n ’ adoptons de demies mesurettes ) 
          J ’ ajoute  : opposer la culture humaine à la culture llibéraliste sera la meilleure façon de le combattre . 
          Amicalement , 


          • Morologue Mal’ 11 avril 09:48

            @monde indien. Remplacez « libéraliste » par économiste, et nuancez « humain » par humaniste dans vos termes, et nous nous rejoignons sur la forme, en plus de nous rejoindre sur le fond évidemment.

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