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Fusion Suez – Véolia : tous esclaves des spéculateurs de l’eau

 

La tentative de rachat de Suez par Véolia défraie la chronique depuis quelques semaines. Le groupe Véolia qui est le premier distributeur d’eau en France veut racheter son concurrent pour s’assurer un quasi-monopole en France et ainsi continuer d’augmenter ses marges pour le plus grand bonheur de ses actionnaires. Bien évidemment l’État laisse faire et la plupart des journaux félicitent cette prise de contrôle par des requins de la finance de l’eau, notre bien le plus indispensable. Dans cet article on va revenir sur ce que sont Véolia et Suez. On verra le danger de laisser le contrôle de l’eau au marché financier avec la bénédiction de l’État. On verra enfin qu’une fois de plus la CFDT a été en dessous de tout en validant cette fusion au détriment de tous les français et même des salariés qu’elle fait semblant de défendre.

 

Lien vers la vidéo : https://youtu.be/Cr-5T1SwG8k

 

Une histoire de requins de la finance

Suez est un groupe financier créé en 1858 par des banquiers et des barons de l‘empire du plus libéral des empereurs, Napoléon III. À l’origine le groupe voulait créer un canal reliant la Méditerranée à la mer Rouge. Depuis un siècle Suez comme tout groupe financier vivant sur la réussite des autres, essaye de racheter un maximum d’entreprises qui rapportent sur 2 aspects, l’énergie et l’eau. L’histoire de Suez, c’est l’histoire d’un gros requin de la finance qui essaye de manger tous les concurrents du territoire pour créer un monopole.

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Suez a été nationalisée en 1982 après l’élection de François Mitterrand sur un programme socialo-communiste et privatisé en 1987 toujours par Mitterrand après son virage libéral.

Véolia c’est à peu près la même histoire que Suez. La compagnie des eaux de Paris est née à la fin du XVIIIe siècle à la fin du règne de Louis XVI qui avait lancé plusieurs réformes libérales sous les conseils de Turgot par exemple. Pour ceux qui aiment l’Histoire, au XVIIIe siècle, le roi décidait du prix du grain. Les physiocrates (qui étaient un peu les ancêtres des néolibéraux) ont convaincu Louis XVI de laisser libre le prix du grain parce que le marché allait le réguler tout seul. Louis XVI qui avait 20 ans s’est laissé convaincre et a validé l’Edit du Turgot qui a libéralisé le prix du grain. Évidemment, ce sont ces mêmes physiocrates, qui étaient des nobles et des bourgeois, qui ont tout de suite spéculé sur le grain, fait des réserves pour le vendre plus cher et déclenché les grandes famines qui ont mené à la révolution française. Finalement, c’est Louis XVI qui s’est fait couper la tête. Les physiocrates eux continuent de diriger toute la pensée économique depuis plus de 2 siècles en évoluant vers le libéralisme et le néo-libéralisme. La privatisation de l’eau ce n’est qu’une des nombreuses idées stupides mises en œuvre sous le conseil des libéraux. Après Louis XVI, l’ancêtre de Véolia, la compagnie des eaux a continué à se développer avec la bénédiction de Napoléon III en obtenant un contrat extrêmement juteux de la ville de Lyon. Elle est alors devenue la Compagnie générale des eaux. La suite, on la connaît, l’histoire de Véolia comme Suez a été ponctuée de nombreux rachats sur les domaines de la distribution de l’eau, du traitement des déchets et de l’énergie.

Ces 2 groupes détenus par des financiers ont quasiment fini de créer le but ultime de la finance : devenir un monopole. En éliminant toute concurrence, on peut fixer le prix que l’on veut et faire un maximum de bénéficies. Concernant la distribution de l’eau en France, il n’y a aujourd’hui plus que Véolia qui a 40% du marché de la distribution de l’eau, Suez qui en a 20%, la Saur (qui est aussi détenu par des financiers) qui en a 10 % et les régies de l’eau des communes et des intercommunalités qui gèrent les 30% restant.

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Si Véolia et Suez fusionnent ils auront 60 % des contrats et la quasi-totalité de ce qui n’est pas en régie. Autant dire qu’ils seront quasiment libre de faire ce qu’ils veulent.

 

La création d’un monopole financier dont les citoyens seront prisonniers

Véolia a lancé ce que l’on appelle une Opération Publique d’Achat sur son concurrent Suez. Une OPA c’est quand un groupe annonce qu’il va acheter les actions d’un autre groupe. Il prévient qu’il va acheter plus cher que le prix du marché. Il espère ainsi en rafler suffisamment pour devenir majoritaire et prendre le contrôle de son concurrent. Véolia espère ici rafler les parts de Suez détenus par Engie. Le problème d’une OPA, c’est qu’il s’agit toujours de casser la concurrence. On a plusieurs entreprises et après l’OPA, on n’en a plus qu’une seule. Normalement c’est le moment où intervient l’État et même l’Europe pour interdire ces fusions au nom de la sainte concurrence. Rappelons que c’est toujours au nom de la concurrence que sont privatisés les secteurs publics. On voit bien que pour privatiser on dit qu’il faut mettre fin aux monopoles publics pour faire de la concurrence, mais là quand il s’agit de requins de la finance qui vont créer un monopole pas de problème. On voit le gouvernement changer de vocabulaire pour parler de « géant de la transition écologique » et tout cela est bien gentiment repris par la presse française toujours au garde-à-vous pour le pouvoir.

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Il faut avoir en tête que la distribution de l’eau potable ce n’est pas vraiment un marché concurrentiel. Personne en France n’a le choix pour sa distribution de l’eau et c’est normal. Il n’y a pas 25 tuyaux différents qui arrivent jusque chez vous et sur lesquels vous pouvez brancher votre robinet. Ce serait juste complètement stupide. Dans 30% des communes françaises, c’est la commune ou l’intercommunalité qui gère l’eau.

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Ce sont donc les citoyens élus qui décident du prix de l’eau, du nombre de personnes qu’il faut pour s’occuper du réseau de tuyaux, de l’entretien, des réparations, des nouveaux raccordements et du reste. Dans ces 30% de communes, les habitants ne dépendent pas d’une stratégie financière, mais peuvent définir la politique à tenir. Pour tout le reste, ce sont les maires ou les présidents d’intercommunalités qui délèguent à l’un des 3 groupes du marché (Véolia, Suez ou la Saur) la distribution. Ensuite tous les habitants sont obligés de passer par ce groupe pour avoir accès à l’eau potable. Quand vous voyez les milliards que Véolia est prête à mettre sur la table pour racheter Suez, vous vous rendez compte des bénéfices colossaux que ce marché engendre. Tout simplement parce que personne ne peut se passer d’eau potable. Dès qu’un groupe remporte un marché sur une intercommunalité, il a l’assurance d’avoir obligé tous les habitants à souscrire à un contrat. L’attribution d’un marché à l’un des 3 groupes est sensé être régi par le code des marchés publics. Dans les faits, les 3 groupes se sont faits épinglés de nombreuses fois pour leurs activités de lobby à l’assemblée nationale.

Bien évidemment, les députés sont aussi des élus locaux et si ces groupes dépenses des centaines de milliers d’euros tous les ans en organisant des petits séjours bien sympathiques appelés séminaires avec des bons repas et des activités sympas, ce n’est pas pour la beauté du geste ou la grandeur de la république, mais bien pour gagner des marchés. Donc, il n’y a déjà quasiment aucune concurrence puisqu’il n’y a plus que 3 groupes tous détenus par des requins de la finance qui ont bouffé tous les autres tout au long du 20e siècle avec la bénédiction du pouvoir. Aujourd’hui le gouvernement se félicite de la fusion des 2 plus gros pour créer un monopole privé, alors qu’en même temps il privatise tout pour casser les monopoles publics. Cela révèle une fois de plus que le gouvernement se cache derrière l’idéologie libérale pour permettre à une caste de financier de prendre le contrôle sur les biens publics. Pour l’eau, c’est ce qu’on peut faire de plus grave, car c’est la ressource la plus vitale qui tombe aux mains de la finance.

 

Un rachat public validé par la CFDT

Pour acheter les actions de Suez, Véolia va faire appel à des fonds d’investissements, autrement dit le groupe va emprunter les milliards à des banques privées. C’est autant d’argent qu’il faudra bien évidemment rembourser et qui se répercutera sur les prix. Un monopole augmente mécaniquement ses prix parce qu’il le peut, mais en plus un monopole endetté pourra facilement se justifier en disant qu’il en a besoin. En plus en fusionnant, le nouveau groupe va pouvoir se séparer de tous les salariés qu’il a en doublon. Il n’y a aucune raison de garder les services de paye, les services RH, ou même les antennes sur les territoires en double. Le total des suppressions d’emploi du nouveau groupe devrait avoisiner les 10 000 postes dont 4 000 en France. La fusion ce sera donc, un endettement pour acheter les actions qui va profiter à des requins de la finance, une augmentation des prix au détriment des usager qui va profiter encore à la finance et de très nombreuses suppressions de postes qui va faire perdre de emplois pour augmenter les marges et encore profiter à la finance. La finance est gagnante partout, les citoyens nulle part.

Avec cette fusion la CFDT rajoute une ligne de plus dans l’histoire de toutes ses trahisons de la république et des salariés en général. En effet, le conseil d’administration d’Engie a approuvé la vente avec sept voix pour face à quatre voix contre et deux abstentions. Les deux abstentionnistes sont les 2 représentants de la CFDT qui par leur départ de la salle, valident la vente au détriment de tous.

La CFDT reste conforme à son positionnement depuis la 2e guerre mondiale qui consiste utiliser le collectif pour défendre son intérêt personnel.

Si on remonte un peu en arrière, après la 2e guerre mondiale, mondiale, syndicalement c’est la CGT qui tient tout. La CGT a une conception politique du syndicalisme, ils ont non pas un projet de défense des individus mais un projet de société. Ils utilisent la puissance du collectif des travailleurs pour mettre en place un projet de société. À cette époque, de envoyés spéciaux de la CFDT vont aux États-Unis en pleine guerre froide pour convaincre les mécènes américains de financer leur syndicat pour lutter contre la CGT qui pour eux représente le communisme. Vous pouvez consulter les archives de la CFDT en ligne, ils se vantent d’avoir ramené plein de fric dans les années 60-70.

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Ce fric a permis de financer des campagnes de la CFDT qui sont allés partout en France monter des sections syndicales dans les boîtes où il n’y en avait pas en promettant aux salariés de les défendre individuellement et ainsi petit à petit devenir le syndicat majoritaire non pas en nombre d’adhérents mais en nombre de sections syndicales dans les entreprises.

Le but de la CFDT n’est pas de faire des lois universelles pour défendre tout le monde sur la même base, mais au contraire de les limiter au maximum pour permettre de négocier entreprise par entreprise les avantages qu’on peut pour les copains.

Ils pratiquent en plus ce qu’on appelle le syndicat jaune, dans les entreprises où il n’y a pas de section syndicale, le patron désigne quelques copains qui valideront toutes ses décisions. La CFDT accepte toujours d’accompagner ces fausses sections syndicales ce qui lui permet d’avoir plein de sections partout. Chez Engie, les salariés savent maintenant de quelle couleur sont les élus syndicaux.

En conclusion, la seule manière d’être libre en France concernant l’eau potable c’est de s’engager pour créer une régie de l’eau dans sa commune. Si votre commune dépend d’un des 3 groupes tenus par des financiers, vous savez que votre facture d’eau sert à engraisser le monde de la finance. Vous êtes déjà perdant et la fusion Véolia-Suez va empirer les choses. Sachez qu’il y a aussi certainement quelque part quelqu’un qui reçoit des cadeaux de la part de ces lobbys et que ça va être une bataille pour changer. Enfin si vous êtes syndicaliste CFDT, soit vous cautionnez toute la casse sociale, les privatisations et les passe-droits pour les copains depuis 50 ans, soit rendez enfin votre carte, si vous voulez vous syndiquer, vous avez plein d’autres choix.


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32 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 octobre 10:05

    Ne vous inquiétez pas : les monopoles sont interdits par l’UE !

    Enfin... quand ils sont publics, mais quand ils sont privés, ce n’est plus pareil.

    De toutes façons, ces manœuvres et manigances boursières rapportent des clopinettes par rapport à la spéculation sur l’air qu’on respire. L’obligation du masque n’est qu’une préparation psychologique à un conditionnement plus radical : le port du masque à gaz et bouteilles d’air « conditionné » sera obligatoire quand la dictature hygiéniste décidera que l’air de l’atmosphère est contaminé, que nous n’avons plus le droit de le respirer sous peine d’amendes, prison (ou peine de mort ?) et que seul le mélange fabriqué par les laboratoires de la big pharma sera autorisé.


    • charlyposte charlyposte 23 octobre 17:53

      @Séraphin Lampion
      Si l’air est pollué les insectes et tous les animaux vont mourir ! des bouteilles sont t’elles prévues !


    • bebert bebert 23 octobre 18:24

      @charlyposte
       le port du masque à gaz et bouteilles d’air « conditionné » sera obligatoire quand la dictature hygiéniste décidera que l’air de l’atmosphère est contaminé, que nous n’avons plus le droit de le respirer sous peine d’amendes, prison (ou peine de mort ?) et que seul le mélange fabriqué par les laboratoires de la big pharma sera autorisé.

      Mais tout est prévu aussi pour les animaux de l’insecte à l’éléphant


    • charlyposte charlyposte 23 octobre 18:27

      @bebert
      Ouf : merci.


    • osis 24 octobre 08:40

      @Séraphin Lampion

      Clairement Il s’agit plus d’une mafia de l’eau que d’un monopole....
      Pour en apprendre beaucoup sur Véolia et consort :

      http://lamare.org/water-makes-money-2/

      .


    • Francis Francis 24 octobre 09:45

      @osis
       
       ’’Clairement Il s’agit plus d’une mafia de l’eau que d’un monopole....’’
       
       Aujourd’hui, quelle est la multinationale qui ne fonctionne pas comme une mafia ?
       
      Pire même que les mafias qui sont conservatrices, puisque pratiquant avec la complicité des pouvoirs politiques un capitalisme de catastrophe.


    • Parrhesia Parrhesia 23 octobre 10:47

      Bonjour azyx1986,

      >>> la seule manière d’être libre en France concernant l’eau potable c’est de s’engager pour créer une régie de l’eau dans sa commune. <<<

      Effectivement ce serait déjà un progrès sensible, mais encore insuffisant.

      Encore faudrait-il que des scrutateurs politiquement neutres puissent s’assurer, que les conseils municipaux restent insensibles à tout lobbying et ceci quelle que soit l’importance de la commune. L’influence du lobbying peut aussi s’exercer à travers les regroupements de petites communes. !

      Enfin, les compositions détaillées des « tours de tables » ne devraient pas rester dans l’ombre quelle que soit l’importance de la société considérée et le secteur d’activité auquel elle appartient. Elles devraient être accessibles au grand public et chacun devrait pouvoir les consulter en toute liberté et facilité sur le « Net ». 

      Merci pour cet article.


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 octobre 16:26

        @Parrhesia

        La commune de 100 habitants dans laquelle j’habite gérait avec la commune voisine de 120 habitants le « syndicat » qui assurait, grâce au dévouement bénévole de quelques conseillers municipaux, l’entretien du réservoir (eau de source) et la distribution de l’au aux habitants qui étaient contents de bénéficier d’un tarif raisonnable.
        Mais les stratégies électoralistes des zélus ont abouti à ce que les deux communes soient englobées dans la communauté d’agglomération de la ville située à 15km, ce qui a provoqué l’attribution de la « compétence eau » à la société privée maquée avec l’aggl. Les tarifs montent à chaque nouvelle facturation, mais personne ne dit rien : les « familles » implantées dans ce fief depuis l’antiquité et détenant les deux mairies depuis 1789 (sans que les rares rurbains qui achètent et revendent des maisons sans s’incruster puissent faire quoi que ce soit) négocient l’avenir en pesant les captages de subventions, les accords électoraux et la « protection » des parrains départementaux et régionaux pour développer eu petit commerce.


      • titi 23 octobre 22:44

        @Séraphin Lampion
        « Mais les stratégies électoralistes des zélus »
        IL y a surtout eu la loi NOTRE qui oblige les petites collectivités à se regrouper pour atteindre une taille critique.

        « e bénéficier d’un tarif raisonnable.  »
        Sachant qu’une des composantes du tarifs sont des redevances fixées au niveau régional, vous seriez pas en train de nous prendre pour des lapins de la semaine ?


      • lisca lisca 23 octobre 10:50

        Merci pour cet excellent article.


        • zygzornifle zygzornifle 23 octobre 12:41

          Dans ce monde ou on est esclavagiste ou on est esclave ......


          • charlyposte charlyposte 23 octobre 17:55

            @zygzornifle
            J’imagine l’esclave rêver d’être esclavagiste !


          • Fantômas Fantômas 23 octobre 12:55

            Le libéralisme, c’est comme highlander, à la fin il ne doit en rester plus qu’un.


            • charlyposte charlyposte 23 octobre 17:56

              @Fantômas
              C’est une bien triste fin . smiley


            • azyx1986 23 octobre 13:12

              merci pour vos commentaires.

              Un commentateur Youtube vient de me dire que le principe des régies de l’eau serait menacé, toujours au motif de la préférence au privé.

              Est-ce que quelqu’un a des infos sur ce sujet ?


              • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 23 octobre 14:38

                Un Etat avec un chef digne de ce nom ne mettrait pas longtemps à faire revenir dans la propriété de la collectivité toutes les entreprises ayant les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait 

                Car cette mesure serait anticonstitutionnelle et la constitution n’était pas ignorée des signataires des deux côtés :

                « Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. » (préamb consti 1946)

                Ça veut dire que les autoroutes, les chemins de fer, les aéroports, l’eau, le gaz, l’électricité, la poste doivent réintégrer la propriété de la collectivité sans tambour ni trompette.


                • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 23 octobre 14:41

                  @Daniel PIGNARD
                  erratum : cette mesure serait constitutionnelle et non pas anticonstitutionnelle.


                • gerard JOURDAIN 23 octobre 16:21

                  rien n’empêche de prendre une autre entreprise européenne.

                  sinon reprendre la gestion en régie.


                  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 octobre 16:28

                    @gerard JOURDAIN
                     « prendre la gestion en régie » est à contre-courant des tendances actuelles chez les zélus qui suivent la ligne du parti auquel ils cotisent et auquel ils doivent leur fromage.


                  • charlyposte charlyposte 23 octobre 17:58

                    @gerard JOURDAIN
                    Ou celui de laisser les territoires s’en occuper !


                  • titi 23 octobre 22:12

                    @Séraphin Lampion
                    «  « prendre la gestion en régie » est à contre-courant des tendances actuelles chez les zélus qui suivent la ligne du parti auquel ils cotisent et auquel ils doivent leur fromage. »

                    Prendre la gestion en régie, c’est surtout des responsabilités pénales, des investissements lourds, et des gens à faire travailler..
                    Tout ce que les élus préfèrent éviter.


                  • Xenozoid Xenozoid 23 octobre 16:53

                    http://www.athenesforum.com/fr/content/energy-environment

                    https://www.francetvinfo.fr/france/veolia-condamnee-pour-avoir-coupe-l-eau-a-des-habitants-qui-ne-reglaient-pas-leurs-factures_2359263.html

                    2019

                    À l’instar de quelques groupes du CAC 40, comme Danone, Veolia a décidé de devancer la loi Pacte, actuellement en discussion au Parlement, qui donne la possibilité aux entreprises de se doter d’une « raison d’être ».

                    Le numéro un mondial de l’eau présentera à ses actionnaires, lors de son assemblée générale en avril, un texte sur le rôle de l’entreprise dans la société. D’ici là, le conseil d’administration va plancher sur la définition de cette raison d’être et une consultation en ligne des salariés est en préparation.

                    vielle nouvelle

                    Vivendi Environnement va être rebaptisé Veolia Environnement. Le nouveau nom sera proposé à l’assemblée générale des actionnaires le 30 avril. Par ailleurs, le groupe table sur une ’’croissance minimale de 4 % par an’’ d’ici 2005.

                    veolia au gabon

                    Depuis la privatisation de 1997, l’entreprise française Veolia jouissait d’un monopole absolu sur la distribution de l’eau et de l’électricité au Gabon, via sa filiale SEEG (Société d’Énergie et d’Eau du Gabon), détenue à 51%. Un arrangement mutuellement avantageux pour la multinationale française et le régime d’Omar Bongo, puis de son fils Ali, puisque ces derniers possédaient via une holding familiale une partie des actions de la SEEG, avec à la clé des dividendes confortables (800 000 euros, selon une enquête de Mediapart [1]).

                    Mais, coup de théâtre : le 16 février dernier, l’État gabonais rompt la concession qui le liait au groupe privé français, procédant immédiatement à la réquisition de la SEEG. La concession avait pourtant été renouvelée pour cinq ans en mars 2017, mais les négociations ont fini par échouer. Après plus de 20 ans de gestion privée au bilan plus que mitigé, rien ne dit que l’État parviendra à assurer la fourniture de l’eau et de l’électricité aux populations, vu sa gestion désastreuse avant l’appel au privé. Veolia et l’État gabonais se partagent probablement la responsabilité de la dégradation de la situation, mais le contrat signé avec Veolia étant tenu secret par les deux parties, il est difficile d’évaluer à qui incombe davantage le manque flagrant d’investissement et la vétusté des infrastructures. Le gouvernement et les proches de la famille Bongo ont accumulé les impayés, en bénéficiant jusqu’ici de la complaisance de la SEEG.


                    • Xenozoid Xenozoid 23 octobre 16:57

                      @Xenozoid

                      « Dans le monde entier -de la Chine à l’Europe de l’Est, de l’Afrique subsaharienne à l’Amérique du Sud -, des Etats et des collectivités locales à court de liquidités vendent leurs services publics de distribution d’eau, opérations qui génèrent un marché de quelque 200 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale. » Voici les lignes d’un dossier de Courrier International du…1er octobre 2003 !


                    • LeMerou 24 octobre 09:06

                      Bon article.

                      Ce qui me sidère le plus c’est cette phrase « géant de la transition écologique ».

                      Une entreprise va consacrer des millions ou milliards à acheter son « concurrent » (<-là je ris doucement), alors que ses réseaux perdent environ 20% d’eau par des fuites dues à la vétusté de ses installations.

                      Ces 20 % de fuites sont compensés par un pompage un peu plus fort, c’est effectivement certainement prévu dans la loi de la transition énergétique.


                      Ces millions ou ces milliards accumulés par les bénéfices sur chaque M3 d’eau vendus ne me dérange pas en soit, à partir du moment ou l’entreprise

                      respecte ses engagements, hors ce n’est pas le cas, le taux de fuite est constant, certes il y a quand même des investissements réalisés dans le domaine du traitement de l’eau, mais ils sont misérables au regard de ce qui doit être fait dans le pays, effectivement c’est encore très écologique comme action, alors qu’une partie non négligeable du prix du mètre cube d’eau est constitué d’une taxe à l’assainissement justement destinée à financier les dites actions.


                      Que les communes reprennent la gestion de l’eau à leur charge ! Pure utopie. Même si cela fonctionne de temps en temps, c’est très loin d’être une généralité. Alors Véolia, Suez ou Bouygues (avec leur filiales), abonneront à la commune un réseau d’âge canonique, qui n’a pas été véritablement entretenu pendant des dizaines d’années et cette dernière au bout d’un certain temps verra ce que cela lui coûte réellement et sera bien heureuse à terme de confier à nouveau sa gestion de l’eau sans parler de la gestion du réseau d’assainissement.


                      L’eau indispensable à la vie, dont la gestion est vilipendée permet à ces entreprises de s’enorgueillir d’une image environnementale abusive, car même si le terrain son personnel tente par tous les moyens de faire bonne figure, dans les hautes sphères seul l’argent compte compte comme partout malheureusement.


                      La distribution de l’eau est un service public, c’est même peut être le plus fondamental et nécessaire à la vie, que sa distribution ou gestion soit privée est anormal, Il y a dans notre pays, des mines, des sources, des gisements de fonctionnaires ou assimilés faiblement occupés qui pourraient être en charge de sa gestion. (doux rêve, car quand l’ont voit qu’hier certaines activités gérées par le public étaient déficitaires et une fois privatisées devenir bénéficiaires, ont peut se poser des questions..... ).


                       Géant de la transition écologique, cela démontre une fois de plus que nos « gouvernants » sont tous formatés sur le même modèle dans la madrassa d’état, en dehors de la réalité de la population.......(Je pense par contre que dans la « modernisation » du programme d’enseignement, le nombre d’heure de cours de rhétorique à du augmenter lui)

                      « Ils » s’autofélicitent entre eux (les fameux milieux autorisés) tout cela relayé par des Médias complaisants. Le seul but étant de maintenir un système, que le Pays s’insère dans ce système, peu importe le bien être de la population résultant des choix et des actes, elle sera toujours là, pour « payer » les erreurs.


                      Au delà de tout constat amère ou non que la fusion, satisfera encore plus l’actionnariat, c’est la gestion de l’eau qui est un scandale écologique. Mais ça ! Personne en parle, ni les mouvements « verdâtres » ne voyant que les taxes à tout va, de belles hélices tournant dans les campagnes, ne voyant que la protection d’une catégorie de batraciens, et prônant le vélo comme moyen indispensable de locomotion....


                      • titi 24 octobre 23:27

                        @LeMerou

                        Il faut d’abord bien rappeler qu’il n’y a pas de « privatisation » : quand Véolia/Suez/SAUR exploite, il s’agit d’une délégation de service public (DSP).
                        Le réseau, les installations restent la propriété des collectivités. Ils ne sont aucunement « donnés » aux exploitant.

                        Les fuites ne sont pas mieux traitées en régie ou en DSP, tout simplement parce que le prix de l’eau est insignifiant par rapport au coût de recherche/traitement de la fuite.

                        Et ce qui est plus étonnant, je pense que la DSP et plus « juste » que la régie.
                        Dans les communes rurales en régie, les « copains » bénéficient du tarif « pâtures ». Certains compteurs sont « oubliés » de relève et/ou d’abonnement.

                        En DSP de tels arrangements ne sont plus possible.

                        Et enfin concernant le prix, ne pas oublier que 20% du prix représente des « redevances » qui alimentent des organismes d’Etat (VNF, Modernisation, Lutte contre la pollution)... Redevances sur lesquelles s’appliquent une TVA... De l’impôt sur l’impôt, comme pour l’électricité, comme pour le carburant.


                      • titi 24 octobre 23:30

                        @LeMerou

                        « car quand l’ont voit qu’hier certaines activités gérées par le public étaient déficitaires et une fois privatisées devenir bénéficiaires, ont peut se poser des questions..... »

                        C’est très simple... dans la plupart des communes les élus sont des instituteurs, des agriculteurs, des retraités, des commerçants.
                        Gérer un service de l’eau avec ses contraintes normatives, ses contraintes d’exploitation, les astreintes de personnel, la facturation, etc... ça demande un vrai savoir faire, de vrais spécialistes.
                        Ce n’est pas à la portée de tout le monde.


                      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 24 octobre 23:48

                        @titi

                        Bah ...la dématérialisation des factures basées sur estimations fait que tu te fais baiser sans moyens de recours ...le pot de terre contre le pot de fer .


                      • titi 25 octobre 02:12

                        @Aita Pea Pea

                        La dématérialisation n’a jamais empêché de contester. Là c’est n’importe quoi.

                        Et pour l’eau l’estimation n’est légale que quand pour les gens qui ne se sont pas déclarés, ou qui ne laisse pas les agents réaliser le relevé d’indexe.

                         


                      • LeMerou 25 octobre 08:27

                        @titi
                        Les fuites ne sont pas mieux traitées en régie ou en DSP, tout simplement parce que le prix de l’eau est insignifiant par rapport au coût de recherche/traitement de la fuite.

                        Le coût de recherche est insignifiant. Le coût de traitement des fuites lui, par contre est là, changer tout ou une partie d’un réseau est non négligeable (la modernisation)..
                        Mais 20% de l’eau distribuée part toujours dans le sol.... C’est effectivement une très grande vision de l’avenir, mais ce qui est sûr c’est que investir pour l’avenir, porte une atteinte immédiate aux bénéfices, à la sacro-sainte rentabilité et vient contrarier les investissements. Chaque années les crédits alloués à la « modernisation » ou entretien diminuent..


                      • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 25 octobre 08:46

                        @titi

                        « Le réseau, les installations restent la propriété des collectivités. »

                         

                        Ben oui mais dans la Constitution il est dit 

                        « Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. »

                        Or qui exploite les installations et qui fait payer cette exploitation à la collectivité ? La DSP.

                         

                        « En DSP de tels arrangements ne sont plus possible. »

                         

                        Hum hum ! Vous savez tout ce qui se passe sur les cours de Golf ?

                        De toute la rigueur que pourrait appliquer la DSP serait la même si le monde des politiques n’était pas pourri. Il suffit d’un chef intègre pour rétablir la situation.

                         

                        « ça demande un vrai savoir faire, de vrais spécialistes. »

                         

                        Et alors, la collectivité peut très bien revenir en possession de ces DSP et utiliser le même personnel et les même infrastructures, et donc être toute aussi capable. Comme toujours un chef capable et intègre à sa tête fera la différence.


                      • titi 25 octobre 16:29

                        @Daniel PIGNARD

                        « d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. »

                        Pour l’instant ce n’est pas un monopole.

                        Qui plus est les DSP font l’objet de renouvellement de marché ce sont donc, en théorie des situations limitées dans le temps.


                        « Hum hum ! Vous savez tout ce qui se passe sur les cours de Golf ? »

                        J’avoue ne pas savoir. Mais ce que je sais c’est qu’il y a beaucoup de cours de Golf en France que de copains, cousins, coquins, apparentés à nos élus locaux.


                        « a collectivité peut très bien revenir en possession de ces DSP et utiliser le même personnel et les même infrastructures, et  »

                        Il existe des communes dans l’Aisnes de 43 habitants... vous pensez qu’ils vont pouvoir payer un ingénieur compétent ?

                        C’est possible pour des grosses agglomérations, mais certainement pas pour les communes rurales.

                        Les sociétés comme Véolia font des économies d’échelle sur les analyses, les personnels qualifiés. Dans certains secteurs ils font de la télérelèves grâce à leurs camions poubelles : quand le camion passe le matin pour ramasser les ordures, une antenne communique avec des compteurs intelligents.



                        • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 25 octobre 19:35

                          @titi

                          « Pour l’instant ce n’est pas un monopole. »

                           

                          Ce n’est pas un monopole pour la municipalité mais pour le client qui habite cette municipalité, c’est un monopole, donc c’est un monopole pour celui qui paie.

                          Mais de toute façon la loi dit « les caractères d’un service public national OU d’un monopole de fait » or il s’agit évidemment d’un service public et il tombe donc sous cette loi.

                           

                          Pour les petites communes, il n’y aurait aucun problème puisque toute l’exploitation serait reprise des mains de l’entreprise hors la loi avec son personnel, ses cadres, son matériel évidemment et donc tout se passerait comme avant mais avec des directeurs très différents et des objectifs très différents.

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azyx1986


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