• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Industrie : qui sont les gagnants et les perdants de la mondialisation (...)

Industrie : qui sont les gagnants et les perdants de la mondialisation ?

 

Relocalisation ou pas ? Ceci est devenu un large débat politique depuis la crise du COVID de 2020. La mondialisation heureuse a entraîné une délocalisation de la production industrielle des pays développés vers les pays en développement, notamment ceux d’Asie de l’Est. Mais où en est-on exactement aujourd’hui ?

Au niveau mondial, le poids de l’industrie (fabrication uniquement, sans l’énergie et la construction) dans le PIB est passé de 16,9 % en l’an 2000 à 14,5% en 2019 (https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NV.IND.MANF.ZS). Le poids de l’industrie baisse dans le PIB mondial (due aussi à des prix de revient moins importants dans les nouveaux pays industriels ?), mais bien sûr cette évolution est très contrastée et dépend pour beaucoup du type de pays.

Commençons par l’Europe : L’Allemagne est le seul grand pays à bien s’en tirer : l’industrie représentait 20,5 % de son PIB en 2000 et 19,1 % en 2019 soit une quasi-stabilité due à son positionnement sur des produits de qualité (qui sont peu sensibles aux variations de prix) et aux délocalisations partielles vers les pays d’Europe centrale qui sont devenus pourvoyeurs de produits intermédiaires à un coût très raisonnable. Ainsi, la République tchèque sur ces 20 dernières années a vu le poids de l’industrie passer de 23,4 % à 22,4 % et la Pologne de 16 % à 16,6 %. Ces pays ont vu s’installer de nombreuses usines allemandes.

La France, l’Espagne et l’Italie positionnées sur des produits à plus faible valeur ajoutée, et donc plus sensibles aux prix, ont perdu une partie de leur industrie du fait de l’Euro fort : de 2000 à 2019, ces trois pays ont vu leur industrie passer respectivement de 14,5% à 9,8%, de : 16,2 % à 11,1% et de 17,5% à 14,9% de leur PIB. C’est donc l’Italie qui s’en tire le mieux, alors que la France et l’Espagne ont une production de biens industriels proche de 10% du PIB.

Les pays anglo-saxons ne sont pas en reste, leur désindustrialisation se précise : de 2000 à 2019, la Grande-Bretagne voit l’industrie passer de 13,5 % à 8,7 %, les Etats-Unis de 15,1 % à 10,9 % et le Canada de 17 % à 9,7 % (en 2017). Ces pays, comme la France ont une industrie qui pèse 2 fois moins dans leur PIB que l’Allemagne.

Et qu’en est-il dans le nouveau centre du monde, l’Asie de l’Est ?

Le japon conserve une industrie puissante malgré des délocalisations : de 22,5 % en 2000 le poids de l’industrie est passé à 20,7 % (en 2018). Quant à l’Atelier du monde, la Chine voit l’industrie passer de 31,9 % à 26,8 % en 2019. Ce plus faible pourcentage tient certainement au développement progressif du pays qui commence à passer à de plus fortes activités tertiaires tout en conservant ses usines. L’Indonésie pour sa part est passée de 22,6 % à 19,6 % entre 2000 et 2019.

Concernant les autres pays émergents, la situation est plus contrastée : l’inde passe de 15,9 % à 13,3 %, la Russie de 15,2 % (en 2002) à 13,2 % et le brésil de 13,1 % à 9,8 %. Ces pays qui par leur salaires, leurs matières premières ou leurs ressources énergétiques ont de véritables atouts ont du mal à tirer leur épingle du jeu.

Il n’en est pas tout à fait de même du Mexique dont l’industrie se maintient sur cette période de 18,9 % à 17,3 % du PIB. Ceci sûrement grâce aux usines américaines installées sur son territoire (comme le fait l’Allemagne avec les pays d’Europe de l’Est).

En conclusion, deux types de pays émergent, ceux dont le poids de l’Industrie dans le PIB reste important (autour de 20 %) : Allemagne, Japon, pays d’Europe de l’Est, pays d’Asie du Sud-Est et une Chine plutôt à 25 %. Et des pays qui sont fortement désindustrialisés (industrie à 10 % du PIB) : pays de l’Europe du Sud et France, pays Anglo-saxons, et des pays émergents dans une position un peu intermédiaire mais qui perdent du terrain, Russie, Brésil et même Inde.

Ces différences ont bien sûr des effets sur les flux commerciaux, les pays les plus industrialisés étant fortement exportateurs et les pays désindustrialisés étant fortement sous leur dépendance. 


Moyenne des avis sur cet article :  1.8/5   (5 votes)




Réagissez à l'article

8 réactions à cet article    


  • Jeekes Jeekes 21 septembre 17:09

    Bizarre...

     

    Si j’en juge aux chiffres assénés, seule la Pologne aurait vu le poids de son industrie augmenter. On se demande bien où est passé le reste.

     

    Sinon, à quoi sert un n’artik qui commence par poser deux questions à laquelle il ne répond pas :

     

    ’’Industrie : qui sont les gagnants et les perdants de la mondialisation ?’’

    ’’Relocalisation ou pas ?’’

     

    Bref, copie inutile et sans intérêt !

     


    • zygzornifle zygzornifle 22 septembre 09:33

      En France comme a son habitude les chiffres trafiqués masquent le triste réalité ....


      • Parrhesia Parrhesia 22 septembre 10:15

        >>> Relocalisation ou pas ? <<<



        Parrhesia vous l’explique en détail !

        1. Nous retenons comme politique socio-économique national de base la relocalisation de notre consommation en tous genres ou nous crevons !!!
        2. Nous retenons comme politique de commerce extérieur la négociation équitable bipartite ( voire plus si affinités de plus en plus improbables compte tenu de notre nullité désormais affichée) des échanges internationaux indispensables au progrès bien compris) ou nous crevons !!!
        3. Pour ce faire nous virons enfin, et au plus tard à l’occasion de la prochaine élection présidentielle, à grands coups de lattes dans le fondement de leurs institutions perverties, tous les menteurs patentés, traîtres à la patrie et autres attardés mentaux de la sphère politicienne actuelle avec lesquels rien de bon ne pourra être réalisé ou nous crevons !!!


        Est-ce plus clair comme cela, maintenant ???



        • bertrand de Kermel bertrand de Kermel 22 septembre 12:00

          Cet article est critiqué. En fait, les perdants de la mondialisation sont tous les peuples. Ils perdent leur souveraineté jour après jour. Fantasme ! allez-vous me dire.

          Ma réponse : pas du tout. C’est la position du Président de la République française, exprimée à l’Assemblée générale des Nations Unies le 22 septembre 2020. Et là, le texte est terriblement clair. Jugez-en vous-mêmes.

          https://c7fd6082-6a40-46ae-8f4c-0773acb3edde.filesusr.com/ugd/146df5_9dd35a85ffcf4c5f8e2e1742c7dc43d0. pdf


          • Parrhesia Parrhesia 22 septembre 13:21

            @bertrand de Kermel
            Bonjour bertrand de Kermel,

            Si l’actuel président de la République, et donc, la France qu’il représente, étaient tant soit peu crédibles, le pays serait d’ores-et-déjà en train de sortir de l’OTAN à la suite du dossier des sous-marins Australiens !!!
            Et que dire de son prédécesseur, qui lui, s’est spontanément soumis au dictat occidental en annulant de lui même le contrat de vente des deux « Mistral » à la Russie que nous avons dû dédommagée aux frais des contribuables !!!
            Que des « champions » dont la parole n’a aucun crédit mais dont les actes ne cessent de mettre la France à genoux tous azimuts !!!


          • mmbbb 23 septembre 12:49

            @Parrhesia Le F35 est fourgué par les amerloques .la solidariité et la volonté d une europe indépendante sont remises aux calendes grecques .
            je rajouterais l amende record infligé a la BNP par les americains 
            Hollande n a rien defendu ou si mollement 
            Les americains nous prennent pour des carpettes ; ils ont raison .
            De surcroit , nous sommes si fiers d etre l armee supplétive 


          • Parrhesia Parrhesia 23 septembre 16:53

            @mmbbb

            Exact.
            Et que dire, entre autres exemples de cet aéroplane (le F104, je crois...).
            Abandonné par l’armée de l’air U.S. autour de 1970 parce qu’il tuait plus de pilotes américains que tous les ennemis des États-Unis réunis, il a continué à tuer des pilotes européens (notamment allemands) jusque dans les années 1980 !
            Pourquoi ? Parce que la contre-europe l’a choisi au détriment des avions français qui eux, présentaient l’avantage de voler au lieu de tomber, et ceci avec les qualités qui leur sont traditionnellement reconnues !!!

            Avec nos élites dites « européennes », on est mal dans tous les domaines !!!


          • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 24 septembre 15:22

            Grande oubliée de ce constat, la Suisse.

            Aved le Japon, Industrie ramenée à l’habitant, ce sont les pays les plus industrialisés du monde.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Christophe Bugeau

Christophe Bugeau
Voir ses articles



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité