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Accueil du site > Actualités > Economie > Innovation et démocratie

Innovation et démocratie

Le monde des affaires est passionnant. Notamment depuis que l'innovation a été démocratisée ou, si vous préférez, « libérée », ou autorisée privativement – sans parler de sa commercialisation. C'est qu'elle est motrice, vous comprenez, Joseph Schumpeter à l'appui. Et puis, si vous vous mettez à brider l'esprit d'initiative entrepreneurial – ou autre, tel qu'associatif – c'est la porte ouverte à toutes les restrictions de libertés, c'est bien connu. Problèmes.

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  • Le célèbre agent Smith, de la trilogie Matrix

 

  1. « La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. » Allez vous débrouiller avec pareil adage. En effet, quand une entreprise se retrouve en situation oligopolistique voire monopolistique, la liberté des autres dépend éminemment de celle des uns, sans lesquels celle des autres est devenue impossible. Vous parlez d'une démocratisation …

  2. N'empêche, suivant ce même adage, et quand bien même il y a égalité démocratique (c'est-à-dire égalité de dignité et de droit en principe), l'innovation n'est soumise à aucune validation sociopolitique. Au contraire, l'innovation, une fois commercialisée, c'est le monde sociopolitique qui doit se dépatouiller avec – serait-elle une patate chaude, comme avec la 5G. Et c'est quand les dégâts sont là, qu'on invente des « vides juridiques à combler », alors qu'une évaluation entreprise sérieusement en amont, collectivement, n'aurait pas mobilisé une armée de juristes à laquelle on ne comprend rien sauf à en être (et encore … ). Car l'engouement pour le Progrès-Future-Avenir, il est largement suscité par les influenceurs … Au contraire, en amont, la démocratie mobiliserait une armée de connaisseurs et vulgarisateurs, en vue d'une décision solidaire – quitte à assumer collectivement nos prises de risques, et en tout cas les conséquences de nos choix (véritable libéralisme de gauche dans la démarche).

  3. Enfin, l'on vient à se demander si cette liberté d'innover et d'être propriétaire de son innovation, est bien libre, dans la mesure où c'est immédiatement la régulation actuelle, avec ses brevets comme ses règles sur l'imitation, qui gère aussitôt la question. Cela, nous dit-on, s'appelle le Progrès-Futur-Avenir, et l'on nous dit future is now – le futur, c'est maintenant (or, de fait, c'est bien dans les bureaucraties marketings actuelles, que sont organisées les parutions de demain, en cette société bureaucratique à consommation dirigée, comme dirait Henri Lefebvre). A partir de là, les situations oligopolistiques voire monopolistiques brident largement le champ, ès collusions étatiques et autres cartels sous couverts de salons mondains et autres think tanks. Finalement, ce sont les États qui harmonisent, comme par exemple le 230 volts en France et le format des prises électriques (autre exemple, on se réjouit certes que les chargeurs de téléphones cellulaires s'harmonisent de plus en plus, serait-ce une décision non-étatique, et a fortiori non-démocratique, mais cartélique ... On pense aussi à Linky ! et à "la fin du diesel" !).

Où donc, les « dérégulations » ne sont évidemment que des re-régulations différentielles surdéterminées par des ententes cordiales, voilà tout. Et il faudrait que les populations y soient aveugles ? …


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18 réactions à cet article    


  • JL JL 7 août 10:40
    Bonjoutr Mallarme,
     
    Je ne comprends pas quel est le message. Où voulez vous en venir, si ce n’est pas trop vous demander ?

    • Saint Rata de l'himalaya Maitre Ratatouille 7 août 11:11
      @JL
      c’est facile,regarde la photo de son avatar,elle est à l’envers
      il faut donc retourner l’article pour comprendre .. smiley  smiley

    • Morologue Mallarme 7 août 11:16

      @JL. Je pose des problèmes, sans donner de solution. Simplement : l’innovation privative est largement non-démocratique, voire contre-démocratique.


    • Morologue Mallarme 7 août 11:17

      @Maitre Ratatouille. ^^


    • Morologue Mallarme 7 août 11:17

      @Maitre Ratatouille. ^^


    • V_Parlier V_Parlier 7 août 15:36

      @Mallarme
      Il est vrai que l’art de la pré-régulation (avant que des tiers éventuellement législateurs ne s’y penchent) puis de la re-régulation sont en vérité les deux mamelles de ce que j’appellerai la « corruption légale » ayant pour but de couper l’herbe sous le pied des plus prudents. Je l’ai vécu dans ma vie professionnelle et je peux l’attester. (La pré-régulation en consortium fait très bonne impression mais n’a que pour but un allègement de la régulation à venir). En revanche, quand je lis « véritable libéralisme de gauche » je tique : Nous sommes actuellement dans un (néo)libéralisme encore relativement de gauche mais totalement favorable à ce genre de pratiques.


    • Zolko Zolko 8 août 13:44

      @Mallarme : « l’innovation privative est largement non-démocratique »

       
      ou alors, vous ne savez pas ce que ces termes représentent. En d’autres mots, les 2 concepts n’ont absolument aucun rapport, et vouloir les comparer ou les opposer est aussi utile que pisser dans un violon.

    • JL JL 7 août 11:27
      ’’l’innovation privative est largement non-démocratique, voire contre-démocratique.’’ Il convient en effet de distinguer innovation et invention.
       
      L’invention ne saurait être démocratique, bien que ses retombées devraient l’être, vu qu’une invention est toujours « dans l’air du temps ».
       
      L’innovation c’est ce qu’on met sur le marché : cf. cette idée de « démocratie libérale » : les gens votent avec le porte-monnaie. Il est clair qu’un entrepreneur, un industriel n’est pas un philanthrope :
       
       « Si l’éthique était source de profit, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin de travailler, plus besoin d’entreprises, plus besoin du capitalisme – les bons sentiments suffiraient. Si l’économie était morale, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin ni d’Etat ni de vertu – le marché suffirait. Mais cela n’est pas…. C’est parce que l’économie (notamment capitaliste) n’est pas plus morale que la morale n’est lucrative – distinction des ordres – que nous avons besoin des deux. Et c’est parce qu’elles ne suffisent ni l’une ni l’autre que nous avons besoin, tous, de politique. » (dernier paragraphe de son excellent ouvrage : "Le Capitalisme est-il moral ?’ édité en 2006 au Livre de Poche, 6 euros).(André Comte-sponville)

      • Morologue Mallarme 7 août 11:29

        @JL. Oui ^^


      • tiers_inclus 9 août 13:23

        @JL


        Si l’éthique était source de profit, ce serait formidable.

        SI l’économie était morale, ce serait formidable

        Le Capitalisme est-il moral ?

        Si l’actuel roi de France était chauve ce serait formidable

        L’art de formuler des questions indécidables (ni vraies, ni fausses) pour tendre vers un oiseux compromis. Le capitalisme n’est pas amoral car il n’a pas lieu de l’être, pas plus que moral ou immoral. Débat fallacieux (on pourrait en faire un cas d’école de démagogie). Mais les sources et conséquences anthropiques du capitalisme sont immorales. Question fondamentale évacuée.

        C’est parce que l’économie (notamment capitaliste) n’est pas plus morale que la morale n’est lucrative – distinction des ordres – que nous avons besoin des deux.

        Prétendre que les conséquences anthropiques (bien formulé) du capitalisme ne sont pas morales, ok, on le vérifie tous les jours, mais d’où vient cette extension que l’économie (d’autres modèles donc) serait invariablement non morale ? On attend une démonstration. Cette position résignée et non validée induit une servitude volontaire. D’où vient alors que nous aurions besoin des deux : les deux quoi ? Résignez vous au capitalisme parce qu’il n’y a pas d’autre alternative ? On connaît le refrain. Et même s’agissant du capitalisme, lequel (le productif, le financier) et dans quel contexte, dans quel temps ?

        Que l’on ne se méprenne pas je ne me fais pas l’avocat d’une pensée binaire bien au contraire (voir mon pseudo), mais je m’érige en faux pour avoir longuement étudié ces problèmes contre l’inférence fallacieuse d’un « Ni A Ni B implicite et mal posé » en un « A et B » incontournable.


      • Ciriaco Ciriaco 7 août 13:46
        Ce sont des ensembles de techniques : l’économie les porte et les développe comme jamais dans l’histoire de l’humanité, à ce point que, contrairement à leur nature initiale, elles créent autant de facteurs de dépendances que de conditions d’intégrations.

        En ce sens, on peut penser une technologie négative, plutôt que d’en rester à sa traditionnelle neutralité (l’outil n’est plus seulement ce qu’on en fait, mais qui le conçoit).

        De manière générale, les techniques économiques s’intéressent de plus en plus au sujet, le mathématisant, le rationnalisant en tant qu’objet ; c’est une extension globale de l’espace marchand allant jusqu’à redéfinir l’être comme un sujet-objet-monde, aidée en cela par de nouvelles sciences (neuro-sociologies, neuro-anthropologies). La démocratie peut être alors couramment vécue (plus que perçue hélas) comme la cohabitation des acteurs-objets-consommateurs.

        Dans ce cadre, ce sont encore des techniques qui sont utilisées dans la société de l’information, fondées sur les cultural studies (études des groupes, des adhésions, des résistances, ...) et utilisées dans le contexte de nouveaux « Business Models », dont on sait, pour qui suit l’actualité dans ce domaine, qu’ils oeuvrent à un rapprochement de l’information et du « Branding » d’entreprise.

        L’État actuel, lui, étend la part des marchés et régule la morale autour de la gouvernance ; les néo-libéraux, aidés en cela des abstentionnistes et autres chanteurs de l’impossible, ont désormais compris que le nouvel ordre mondial auquel ils aspirent devait être régulé avec efficacité par le biais de l’État. L’actuel Président est une incarnation de cette volonté.

        Il sera aidé dans un avenir à moyen terme par des structures internationales fondant et exerçant le droit, l’éthique (entendue comme la question morale qui se résoud par une décision d’un pouvoir institutionnel), l’éducation, l’employabilité (normes sociales et scientifiques), la justice (TAFTA), ... hors de portée des populations.

        Je développerai dans un article si le découragement me laisse un peu de répit.

        • Morologue Mallarme 7 août 14:38

          @Ciriaco. Oui. D’où la nécessité de contenir les innovations démocratiquement, pour que ça ne devienne pas « le robotisme général » dont vous parlez (mentalités et praticités à caractère robotique, imposées à tout l’univers).


        • V_Parlier V_Parlier 7 août 15:40

          @Mallarme
          Si déjà on se contenter de ne plus nous inciter à outrance à jouer les geeks comme des gamins, ce serait déjà bien. A chaque fois que je vois des reportages sur des « innovations » (souvent bidons, des trucs qui existaient déjà, ou alors complètement fantasmagoriques) ça m’exaspère. J’ai l’impression d’être pris pour un demeuré (ou d’écouter des demeurés, au choix).


        • V_Parlier V_Parlier 7 août 15:41

          @V_Parlier
          (on se contentAIT)


        • Ciriaco Ciriaco 7 août 16:01

          @Mallarme

          En effet, et c’est urgent.

          Il faut voir toute alternative dans la dialectique d’une résistance. Le rapport à la nature, les Zadistes, l’informatique libre, le vote (qu’il faut se visser dans la tête plutôt que de pleurnicher), les manifestations voulant arracher quelque chose au pouvoir (dont on sait qu’il ne lâche rien sans qu’il y soit contraint), l’agriculture et la consommation locale, les revenus inconditionnels, les monnaies locales, les habitats communautaires, la permaculture, ...

          Il y a souvent un malentendu, car les technologies creusent le phénomène identitaire. Tout cela forme un ensemble. Chaque élément de l’opposition réelle ne nécessite pas une adhésion telle une identité, mais a minima un regard bienveillant. Leur force n’est pas leur efficacité (leitmotiv de la contre-révolution néo-libérale) mais le nombre. C’est la condition d’une autonomisation nécessaire face aux puissantes technologies de profit et de contrôle.



        • jaba 7 août 18:05

          Salutation,


          La propriété intellectuelle a été crée par les puissances marchandes pour rendre illégales nos pratiques sacrées et brider la diffusion de nos croyances

          Rejoignez nous smiley




          • zygzornifle zygzornifle 9 août 10:18

            L’innovation je la vois sans problème mais pas la démocratie , serait t’elle une vue de l’esprit ?


            • zygzornifle zygzornifle 9 août 10:20

              Sur la photo c’est le remplaçant de Benalla choisi par notre roitelet Macron....

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