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L’économie en URSS

Au-delà des discours idéologiques, l’URSS est le seul pays à avoir essayer de mettre en place pendant plus d’un demi-siècle une économie de type communiste à l’échelle d’un grand pays. Si nous connaissons plutôt bien le fonctionnement d’une économie capitaliste (et ses travers), il est intéressant de regarder le fonctionnement d’une économique communiste confrontée à la réalité.

Voyons donc ce qu’il en est avec ce « court » résumé de l’histoire économique de l’URSS et des tentatives des dirigeants successifs d’améliorer ses performances.

L’Etat organise et dirige toute l’économie, il contrôle donc l’ensemble de la production et de la distribution et fixe les objectifs à atteindre dans les différents secteurs d’activité. La planification de l’économie est administrée depuis Moscou par le Gosplan et les ministères, elle se fait sous la forme de plans quinquennaux. Les régions ainsi que les entreprises n’ont donc aucun pouvoir.
Les activités de base (industries lourdes) reçoivent la majorité des investissements au détriment des biens de consommation et de l’agriculture.

Ce mode de gestion centralisé et ne tenant aucun compte des réalités du marché est responsable des dysfonctionnements profonds de l’économie soviétique.
"Le Gosplan planifie environ 6 000 groupes de produits. Cela correspond au 4/5 des productions totales. Les ministères à leur tour détaillent ces plans pour 40 à 50 000 positions. Le Gossnab répartissant la production des entreprises envers leurs clients, attribue des bons pour 1 million d’articles (nombre d’articles produits dans le pays : environ 25 millions). Il est illusoire de supposer une informatisation convenable du processus de planification qui puisse englober un jour l’ensemble des productions. Un mathématicien soviétique a calculé que le plus puissant des ordinateurs mettrait 30 000 ans à résoudre un modèle de planification impliquant la production de cette masse de biens." M.Lavigne, Les Soviétiques des années 80.

- La banque d’Etat (Gossbank) reçoit tous les profits réalisés et est le seul dispensateur de crédit aux entreprises agricoles et industrielles.
Les prix sont fixés par l’Etat qui ne tient pas compte du fonctionnement des entreprises. Les moins productives sont autorisées à travailler à perte.

- Les approvisionnements sont assurés de manière centralisée par le Gossnab ce qui était à l’origine de très fréquentes pertes de temps et erreurs de livraisons.

- La production n’a pas de relation avec la demande du marché, les entreprises fabriquent des produits invendables ou de mauvaises qualités car elles se contentent d’entrer dans les objectifs fixées par le Gosplan à partir d’indicateur physiques comme le tonnage. Ainsi Iman Kirtowsky nous donne l’exemple d’une entreprise en règle avec le Plan, mais ne produisant qu’un modèle unique de casseroles de dix litres. Sans compter le fait qu’un tiers des contrats signés par les entreprises n’étaient pas honorés.

- Les industries du groupe B (biens de consommation) reçoivent moins de 10 % des investissements ce qui provoque une pénurie permanente de voitures, d’appareils électroménagers... Une voiture moyenne coûte 36 mois du salaire moyen, un canapé presque un mois de salaire... Ainsi, en 1982, il y avait une voiture particulière sur 33 en URSS contre 1 sur 2 aux Etats-Unis.

- De même que les biens de consommation, l’agriculture a été sacrifiée (à la mort de Staline le niveau de production est à peine supérieur à celui de 1913). Les paysans ayant au départ soutenu la révolution sont hostiles au régime et consacrent la plupart de leur temps et de leurs efforts à leurs lopins privés (dvors) accordés par Staline en 1935 afin d’éviter de plus graves pénuries alimentaires. Les paysans peuvent vendre la production de ces lopins sur le marché kolkhozien (marché libre). Cette production représente en 1937 25 % de la production agricole nationale alors que les lopins privés ne représentent que 4 % des superficies cultivées.

- Le manque de motivation est aussi criant dans l’industrie où les faibles rémunérations et l’impossibilité d’initiatives privées provoquent une sorte de "droit à la paresse". Ce manque de motivation se manifeste par l’instabilité (20 % des actifs changent chaque année d’emploi et la durée de séjour d’un travailleur dans une même entreprise n’excède pas 3 ans), l’absentéisme et l’alcoolisme. Ainsi selon le journal Les Izvestia, l’absentéisme fait perdre 125 milliards de journées de travail en 1982, ie l’équivalent du travail annuel de 60 millions d’ouvriers, soit près de la moitié de la population active en URSS. De même il suffirait d’arrêter de boire sur le lieu de travail pour que la production industrielle augmente de 10 %.

- Le complexe militaro-industriel est le seul secteur de l’économie qui se porte bien car il subit la concurrence internationale et est donc toujours poussé à s’améliorer. Le retard technique devient de plus en plus criant au fur et à mesure des années dans les autres secteurs. A la mort de Brejnev à peine 14 % des machines outils correspondent aux normes de qualité occidentale et le stock d’ordinateur est évalué à 8 000 machines contre 24 millions aux Etats-Unis.

- L’économie parallèle faite de tricheries administratives, de marché et de travail au noir, de corruption était très développée. Elle concernait aussi bien les citoyens ordinaires (chabachniki, ie travailleurs du dimanche) qui réalisaient au noir des travaux d’entretien et de réparation avec du matériel volé à l’Etat, que les membres de la nomenklatura (la mafia ouzbek par exemple). Elle représente à peu près le quart du PNB de l’URSS. Certaines entreprises allant même jusqu’à acheter au marché noir les produits qu’elles ne pouvaient obtenir auprès du Gossnab.

Face à ces problèmes, les dirigeants successifs ont tenté de réformer le système.

Khrouchtchev :

Sous le Ve plan, les charges pesant sur les kolkhozes sont allégées et les taxes sur la production des lopins de terre est supprimée. Dans le domaine industriel les objectifs du groupe B (biens de consommations) sont revus à la hausse qui a davantage progressé en 1954 et 1955 que ce qui était prévu, mais l’écart reste très très grand avec le groupe A.
Le VIe plan est abandonnée à cause de la réforme de la planification décidée en 1957.

Elle s’oriente vers une décentralisation de la gestion au profit des régions. La planification demeure centralisée, car le Gosplan reste l’unique responsable, mais le nombre de ministères est réduit et leurs pouvoirs en matière d’investissement et d’approvisionnement des entreprises est transféré à des Sovnarkhozes (Conseil de l’économie nationale).
La réforme est un echec. Le secteur industriel connaît la plus forte croissance mondiale derrière seule du Japon (+ 84 % en 7ans). En revanche, l’agriculture continue de stagner, voir régresse : en 1965, la production céréalière est inférieure de 10 % à celle de 1958. On a même recréé des comités d’Etat spécialisés ressemblant à s’y méprendre aux anciens ministères à partir de 1963 alors que dans le même temps le nombre de régions passaient de 105 à 47.

Brejnev :

Abandon de la réforme de 1957 au profit d’une nouvelle s’articulant sur 3 axes.

- On retourne à une planification concentrée (suppression des sovnharkhozes et reconstitution des anciens ministères).
- Suivant les idées d’économistes soviétiques comme Liberman, les nouveaux indicateurs des entreprises deviennent la rentabilité et la production vendue. Les entreprises deviennent à même de financer par elles-mêmes une partie de leurs investissements grâce à leurs profits. C’est dans ce but qu’elles sont regroupées de manière à constituer des unités plus grandes capables de s’autofinancer.
- Les ouvriers et les employés sont intéressés aux résultats de l’entreprise de façon individuelle par la distribution de primes et collectivement par l’amélioration des équipements sociaux.
- On tente d’introduire des méthodes modernes de gestion => informatisation et automatisation encouragées.
7000 SAG (système automatisé de gestion) sont mis en place de 1966 à 1982.
Le IXe plan annonce la création d’un système national automatisé (SNA) pour la collecte et le traitement des informations. On tente de recourir à l’informatique pour renforcer la concentration et établir une meilleure planification.

Pourtant la période brejnevienne a été marquée par un ralentissement continue de la croissance, les efforts pour passer d’une économie de type "extensive" héritée de la période stalinienne à une économie de type "intensive" ont été vains.
En réalité, le ralentissement de la croissance est lié aux difficultés de gestion d’une économie de plus en plus complexe dans le cadre d’un système de plus en plus inadapté.
L’appareil du Parti multiplie les obstacles pour éviter que ses privilèges ne soient sacrifiés au profit de l’efficacité économique. La réforme n’a jamais été appliquée, elle a simplement concerné quelques entreprises pilotes de 1967 à 1970. Par ailleurs le retard de l’URSS dans le domaine informatique et le manque de personnel qualifié n’ont pas permis l’informatisation de la planification.

A la mort de Brejnev en 1982, l’économie soviétique est plus que jamais dans l’impasse.

Andropov :

- Des mesures sont prises pour rétablir la discipline du travail (contrôles d’identités, sanctions pour les ouvriers et employés en retard, en état d’ébriété, coupables d’absence injustifiée). Les ouvriers et employés ont désormais le droit de donner leur avis sur les objectifs du Plan et les méthodes de travail.
- Une nouvelle expérience de décentralisation économique est tentée en 1984 (l’Experiment) dans 700 entreprises pilotes. Elles déterminent elles-mêmes un certain nombre d’indicateurs, gèrent leurs effectifs et disposent d’une autonomie financière plus grande. Les profits réalisés sont laissés à leur libre utilisation afin d’intéresser les travailleurs aux résultats.

Tchernenko :

- L’experiment est étendu à 6 000 entreprises et les travailleurs sont autorisés à avoir deux emplois afin de lutter contre le travail au noir.
Mais le Parti continue à faire obstacle en empêchant le fonctionnement autonome des entreprises. En fait, il n’y a pas de volonté réelle de changement.
- On renoue avec les grands projets irréalistes. Ex : projet d’extension de la surface agricole de 40 à 50 millions d’hectares en 2000 + grands travaux d’irrigation de 17 millions d’hectares en détournant une partie des eaux de l’Ob et de Lynch vers la mer d’Aral.

Gorbatchev : La perestroïka

- En 1989, les ministères centraux sont supprimés dans l’agriculture, on renforce ainsi l’autonomie des unités de production. La tutelle administrative n’est plus nationale.
L’arrêté de mars 1986 prévoit que les rémunérations ne doivent pas progresser plus rapidement que les gains de productivité et on instaure un système de prime et de pénalités pour sanctionner les gaspillages et intéresser les agriculteurs à produire plus. En 1989, le gouvernement décide de payer en devise étrangère les productions céréalières supérieures à la moyenne afin que l’argent servent à l’achat d’équipements occidentaux nécessaires à la modernisation de l’appareil de production.

- En janvier 1988, 60 % des entreprises doivent fonctionner sur la base de l’autofinancement et de l’autonomie comptable. Celles continuant à enregistrer des pertes peuvent être fermées. (En 1986, l’Etat subventionnait les entreprises en déficit à hauteur de 70 milliards de roubles).
Parallèlement, un système de replacement et de renforcement des garanties sociales des travailleurs est créé afin de faire face à la montée du chômage provoquée par le besoin de rentabilité des entreprises.
Les salaires sont revalorisés de 30 % et hiérarchisés, car le nivellement démotive les travailleurs.

- La Banque d’Etat (Gosbank) perd ses fonctions commerciales qui sont transférées à cinq banques spécialisées chargées du financement de l’économie.

- Le 28 février 1990, la propriété privée est légalisée.
Dans le secteur agricole, l’Etat peut, à partir de 1989, louer des terres aux paysans pour une période de 50 ans. Ainsi de nouvelles formes d’exploitations privées de la terre se mettent en place comme la ferme familiale (seulement 29 000 en 1990) et la coopérative (5 % de la main-d’oeuvre agricole en 1990).

- On a recourt aux capitaux occidentaux. Le décret de janvier 1987 autorise la création de sociétés mixtes dans lesquelles la part du capital national doit être au moins de 51 %. Le peu de succès de cette formule a conduit les dirigeants à autoriser les entreprises occidentales à détenir la majorité du capital du l’entreprise puis, à partir de juillet 1991, à investir directement en URSS.

- Le commerce extérieur se libéralise afin d’entrer dans le marché mondial. A partir d’avril 1989, toutes les entreprises soviétiques peuvent commercer librement avec leurs partenaires étrangers.
L’URSS est admise au FMI au rang d’observateur et le rouble touristique est dévalué de 90 %.

- La Glasnot <=> rendre publique quelque chose de connu
On recherche la transparence du régime. Ainsi Gorbatchev fustige publiquement l’ivrognerie et l’indiscipline.
On réécrit l’histoire officielle et on condamne publiquement l’immobilisme de Brejnev et les crimes de Staline dont les victimes sont réhabilitées.
Il y a une volonté de démocratisation du régime, les exilés peuvent revenir, les dissidents sont libérés, la culture occidentale n’est plus interdite. On cherche à transformer l’URSS en un "Etat socialiste de droit", l’action du Parti s’inscrit désormais dans "le cadre du processus démocratique en renonçant à tout avantage politique ou juridique".
Le droit de grève est reconnu en 1989 sauf dans les secteurs-clés de l’administration (énergie, hôpitaux, transports...).

Mais comme toutes les précédentes tentatives de réformes, la Perestroïka est un échec.
Les défauts de fonctionnement du système n’ont pas disparu et se sont même aggravés. L’Etat reste le principal client des entreprises (80 %) et la qualité des produits est toujours aussi médiocre (15 % étaient carrément envoyés au rebut).
La demande n’est toujours pas satisfaite, les Soviétiques gagnent plus d’argent, mais ne peuvent pas le dépenser et doivent faire la queue devant les magasins.

Les raisons de l’échec sont à rechercher dans la résistance de la nomenklatura menacée dans ses pouvoirs et ses privilèges, par l’hostilité de la population face aux mesures de Gorbatchev dont les mesures ont détruit un ordre économique sans le remplacer, et la montée des revendications nationalistes.

La Perestroïka ne remet pas en cause la nature communiste du système économique ce qui est incompatible avec la volonté de modernisation de l’économie soviétique.


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17 réactions à cet article    


  • elric 22 novembre 2007 16:22

    Article trés instructif pour qui veut comprendre les raisons de l’écroulement de l’urss


    • Stephane Guezenec Stephane Guezenec 22 novembre 2007 16:26

      Merci pour cet intéressant rappel de l’effroyable fiasco que fut l’URSS et ses dizaines de millions de victimes. L’auteur aurait pu toutefois indiquer que Lenine avait dès 1921 tenté de limiter les dégats en lançant la NEP (nouvelle politique économique), rétablissant au passage quelques principes de l’économie de marché. Sa mort puis l’aveuglement idéologique de Staline et de ses sbires mirent fin à cette parenthèse (qui connut quelques succès) pour retomber dans les errements du 100% plannifié. Leçon à méditer pour tous ceux qui prétendent qu’un autre monde est possible : la sociale-démocratie de marché est à ce jour ce qui se fait de moins mauvais. Prudence donc face aux tenants du Grand Soir et autres fumisteries criminogènes.


      • Krokodilo Krokodilo 22 novembre 2007 18:00

        Reste à voir si nous sommes bien dans une social-démocratie ! La dépénalisation des abus de biens sociaux, le départ d’une entreprise avec une fortune alors qu’on l’a coulée, les délits d’initiés, la corruption non condamnée, tout ça relève-t-il d’une social-démocratie qui fonctionne dans l’intérêt de sa population ?


      • Internaute Internaute 23 novembre 2007 09:40

        Ne dédouanez pas Lénine avec sa NEP. Il a provoqué des famines effroyables, poussant les gens à manger les cadavres. Lenine est le symbole du terroriste international. Il ne me semble pas opportun de faire de différence entre Staline et Lenine. On voit toujours dans les commentaires l’histoire communiste coupée en deux, celle de Lénine et celle de Staline. Staline était dés les premiers jours avec Lenine et sa bande de tueurs. Les massacres en grand on été perpétrés par Trotsky et Lénine suivis ensuite par Staline. Cela a été la Shoah puissance 10 pendant 40 ans. L’abattage des populations était une méthode de gouvernement. Même Kroutchev a reconnu qu’il signait des quotas d’assassinat de 5.000 personnes d’un coup.


      • elric 22 novembre 2007 16:45

        je suis d’accord avec ce dernier commentaire,les gens ont la mémoire courte,ils rèvent encore de grand soir,décidément la croyance au père-noël idéologique a la vie dure.


        • Le péripate Le péripate 22 novembre 2007 22:55

          Au delà de l’idéologie.........

          Heureusement qu’il y a ce préliminaire, car, sinon, on aurait pu croire que c’était uniquement idéologique......

          Donc, l’économie communiste, c’est l’économie planifiée. Probablement le gaullisme était communiste.

          Et, probablement que maintenant que la Russie n’est plus communiste, elle a rejoint le monde radieux du capitalisme..... avec , bien sûr, le succès à la clé, grace aux recettes du FMI.

          Un minimum d’honneteté consisterai à démarrer l’histoire au 19eme siècle, et de la prolonger jusqu’à nos jours.... Le tableau serai alors très different.


          • Claude Simon Tzecoatl 30 novembre 2007 20:45

            Très bon commentaire, le Péripate.

            De Gaulle pratiquait le capitalisme d’état, avec des succès qui laissent des traces (Airbus, nucléaire, Ariane, etc) et des moins bons (Bull, du moins à première vue).

            C’est l’un des rares dirigeants qui a utilisé les idéologies au mieux, avait une très bonne connaissance des mécanismes monétaires (notamment les abus américains).

            Il nous prouve encore que la mixité des idéologies (laisser prédominer l’une par rapport à l’autre à bon escient en telle ou telle circonstance) est préférable à l’absolutisme idéologique passé ou présent.


          • William7 23 novembre 2007 01:30

            Comme dit Bensaïd, il y a 1001 marxismes et assimiler LE communisme avec sa définition stalinienne (marxiste-léniniste) est un procédé idéologique bien connu !

            Si vous n’êtes pas totalement ignorant, vous savez que le communisme tel que Marx l’a pensé...n’a jamais existé ! Nulle part ! Encore moins le socialisme !

            Le marxisme c’est quand même l’idée d’émancipation, d’arrêt de l’aliénation et de l’exploitation et surtout de la forme « salariat », de la forme « Etat ». L’hypertrophie de ce dernier est un plaidoyer contre l’assimilation du marxisme de Marx avec le marxisme-léninisme !

            Coluche avait raison de dire que le capitalisme c’est l’exploitation de l’homme par l’homme et que le communisme c’est l’inverse. A ceci près que ce qu’il a nommé communisme, je le nomme « capitalisme d’état » !

            Quant au sempiternel « Au-delà des idéologies », ça me fera toujours bien rire ! La fin des idéologies est une idéologie elle-même qui sert certaines fins. C’est du connu !


            • William7 23 novembre 2007 01:31

              Si vous n’êtes pas totalement ignorant, vous savez que le communisme tel que Marx l’a pensé...n’a jamais existé ! Nulle part ! Encore moins le socialisme ! ====================================================

              Erratum Si vous n’êtes pas totalement ignorant, vous savez que le socialisme tel que Marx l’a pensé...n’a jamais existé ! Nulle part ! Encore moins le communisme !


            • William7 23 novembre 2007 01:43

              L’article de Tony Cliff sur l’URSS comme capitalisme d’Etat !

              http://www.marxists.org/francais/cliff/2000/capetat/cliff_2000_capetat.htm


              • Leveque 23 novembre 2007 11:30

                Un détail à ne pas oublier, qui peut justifier en partie l’échec de l’économie soviétique, est l’incompétence massive.

                Dans un système de type communiste, l’adhésion politique compte plus que la compétence professionelle.

                Mais il est en plus trés pratique de positionner quelqu’un d’incompétent à un poste clé. Cette personne occupant un poste injustifié et qu’elle ne pourrait pas tenir normallement, devient complètement dépendante de celle qui l’a mis en place.

                On s’assure ainsi de sa docilité, voire de son soutien, pour organiser toute sorte de traffics (marché noir, etc..) extremement lucratif dans un pays où la pénurie est la norme. Même principe pour organiser une carriére politique.

                De la même maniére, sous la période Stalinienne, les gens qualifiés étaient dénommés « spécialistes bourgeois », et n’avaient qu’un role de conseil. Les commissaires politiques prenaient les décisions, souvent en appliquant des ordres, sans aucun rapport avec la réalité du terrain. Il y avait entre eux une tension permanente, qui a aboutie à la liquidation des « spécialistes », dans tous les domaines , essentiellement l’armée.

                il y a eu en URSS un gaspillage de talents comme on peut n’en voir que dans les pays communistes....


                • William7 23 novembre 2007 11:45

                  Un texte clair pour dénoncer l’assimilation honteuse du stalinisme avec le communisme ! =======================================================

                  ==> Seule l’ignorance et des décennies de mensonge totalitaire, scientifiquement organisé et diffusé dans tous les pays, expliquent que l’identification du stalinisme avec le communisme puisse rencontrer encore aujourd’hui un tel crédit. La plus élémentaire confrontation entre la réalité du stalinisme et les principes communistes révèle immédiatement l’énormité d’une telle falsification.

                  Le point de départ de la Révolution russe de 1917 fut la lutte contre la guerre, c’est-à-dire la lutte contre l’embrigadement des prolétaires derrière leurs drapeaux nationaux. A la différence des pleurnichards pacifistes, qui comme toujours rêvaient de patries capitalistes pacifiques, la lutte révolutionnaire contre la guerre se fit sous la bannière des principes du Manifeste Communiste de Marx et Engels : « Les prolétaires n’ont pas de patrie ! Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! » Les bolcheviks l’ont clamé mille fois : « La révolution n’est qu’un détachement de l’armée socialiste mondiale, et le succès et le triomphe de la révolution que nous avons accomplie dépendent de l’action de cette armée. C’est un fait que personne parmi nous n’oublie (...) Le prolétariat russe a conscience de son isolement révolutionnaire, et il voit clairement que sa victoire a pour condition indispensable et prémisse fondamentale, l’intervention unie des ouvriers du monde entier. » Lénine (le 23 juillet 1918). Depuis ses origines, le communisme des marxistes, comme lutte et comme objectif, ne se conçoit qu’à l’échelle mondiale. Le stalinisme, en revanche, naît comme courant dans l’histoire par le rejet, après la mort de Lénine, des principes internationalistes et en se faisant le porte parole de la théorie du « socialisme en un seul pays ». Il s’est vautré dans le nationalisme et le patriotisme les plus abjects : pendant la seconde guerre mondiale Staline s’enorgueillit, acclamé par ses alliés « démocratiques » pour son « génie militaire », que l’URSS ait versé 24millions de cadavres sur l’autel de la boucherie impérialiste.

                  Alors que la société communiste se définit par l’abolition du salariat et de toute forme d’exploitation, le stalinisme restera dans l’histoire comme un des régimes où l’exploitation salariale aura atteint des degrés d’intensité et de barbarie sans précédent. Dans le Manifeste Communiste, Marx et Engels écrivaient : « L’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses conflits de classes, fait place à une association où le libre épanouissement de chacun est la condition du libre épanouissement de tous. » En Russie, l’épanouissement de la Nomenklatura, la bourgeoisie étatique, s’est faite au prix de la misère la plus noire pour tous les prolétaires.

                  Alors que dans la conception marxiste, la lutte pour le communisme passe par une phase de « dictature du prolétariat » dont la condition première est la participation massive et active de tous les prolétaires au pouvoir politique ; alors que les ouvriers de Russie ont créé spontanément en 1905 et instauré en 1917 « la forme enfin trouvée » de cette dictature, (les « soviets », conseils de délégués élus et révocables à tout moment par les assemblées d’usines et de quartiers), le stalinisme se développe sur le cadavre de ces organes dont il ne gardera le nom que pour déguiser les institutions de la dictature totalitaire du capital[10].

                  Le stalinisme n’est pas la négation du capitalisme mais le capitalisme étatisé jusqu’à l’absurde[11]. La Nomenklatura « conservatrice » d’aujourd’hui n’est pas la dernière expression du communisme, mais, tout comme la fraction « réformatrice », l’héritière directe des bourreaux staliniens qui se sont chargés de massacrer tous les protagonistes authentiques de la révolution communiste d’Octobre[12].

                  Le conflit qui oppose les cliques de bureaucrates en URSS n’a rien à voir avec le communisme. Le véritable antagonisme ne porte que sur la façon de gérer l’exploitation des prolétaires et des paysans d’URSS : misère et pénurie sous la botte stalinienne ou misère et chômage sous le fouet des « hommes d’affaires ».

                  Les classes exploitées ne peuvent participer à ce conflit que comme chair à canon. S’engager derrière les « forces démocratiques » ou derrière les « forces conservatrices », c’est courir au massacre et c’est tourner le dos à la seule lutte qui puisse offrir une issue au cauchemar capitaliste : la lutte révolutionnaire du prolétariat mondial contre toutes les fractions de la classe exploiteuse.


                • eric 23 novembre 2007 15:57

                  Levesque, Non seulement vous avez parfaitement raison, mais on peut dicerner la même logique à l’oeuvre dans certaines de nos institutions ;


                • Proudhon Proudhon 24 novembre 2007 14:06

                  « Qui sait ? Que ce serait il passé avec un Hitler sans l’URSS ? Un Empire Allemand étendu vers l’Est en concurrence avec l’empire français et britannique ? Combien de victimes ? Combien de génocides ? »

                  L’occident aurait tout simplement perdu la guerre face à l’allemagne nazie, avec tout ce que celà comporte comme atrocitées. Le mythe qui donne aux USA le principal rôle dans la victoire contre l’allemagne nazie est dû ou à une ignorance chronique de nos contemporains ou à un mensonge par ommission, ce qui est plus grave.

                  Voici les forces en présence entre allemands et soviétiques lors de ce conflit :

                  « Il importe de préciser que l’Union soviétique a supporté le poids principal de la guerre. Du 22 juin 1941 au 31 mars 1944, l’Armée rouge à dû faire face à une masse variant de 153 à 201 divisions allemandes ; alors que, dans le même temps, de 2 à 20 divisions allemandes étaient opposées aux Alliés occidentaux. Après le débarquement de juin 1944, 179 divisions allemandes et 16 divisions hongroises tenaient le front de l’Est, alors que 107 divisions allemandes combattaient à l’Ouest.

                  Fin mars 1944, donc avant le débarquement, les pertes allemandes, sur le front de l’Est, s’élevaient déjà à 5 523 066 hommes, blessés, tués ou disparus, soit les deux tiers des pertes durant toute la guerre ; Au cours du conflit, l’Armée rouge a détruit 507 divisions allemandes et 100 divisions des pays satellites, les Alliés, pour leur part, ont anéanti, en Europe occidentale et en Afrique du Nord, 176 divisions ennemies. La Luftwaffe a perdu 100 000 appareils pendant la durée de la guerre ; 77 000 avions sont tombés sur le front de l’Est, soit les quatre cinquièmes. Il est donc clair que le front principal de la guerre fut celui de l’Est. Les pertes soviétiques témoignent également de l’importance du front de l’Est : 8,5 millions de soldats tués ou disparus ; 2,5 millions, morts des suites de leurs blessures ; 2,6 millions, morts de faim, de froid ou d’épidémies, dans les camps de prisonniers 1710 villes et 70 000 villages, détruits ou fortement endommagés. 6 millions d’habitations anéanties et 25 millions de sans-abris. Hors d’usage : 31 850 usines, 65 000 km de voies ferrées, 4100 gares, 36 000 postes, 84 000 écoles. En outre, 427 musées et 43 000 bibliothèques ont été saccagés. »

                  Les chiffres que j’annonçe sont tirés du livre de Jacques de Launay « Les grandes décisions de la deuxième guerre mondiale III ». Une forumeuse sur un autre site m’avait signalé que Jacques de Launay est ou était ? un admirateur de Brasillach. Je ne sais si cela est vrai, mais cela éliminerait la supposition d’écrits pro-sovétiques.

                  Mais pour qu’il n’y ait de malentendu, voici les chiffres du Quid (1993).

                  Effectifs : 1941 sur le front de l’Est au 22-6 : All : 180 divisions dont 20 blindées (300 chars chacune), 3200 avions + 40 div. alliées (Finlande 14, Roumanie 22, Hongrie 8, Italie 12) ; Sov : 150 div., 50 brigades blindées de 200 chars, 20 div de cavalerie, 6000 avions.

                  1942 mai (offensive vers la basse Volga) : All : 240 div (All 179, Hongrie 13, Roumanie 22, Italie 10, Slovaquie 1, Espagne 1, Finlande 14) ; Sov : ont (sans doute) reconstitué leurs effectifs de 1941, mais perdent 600 000 h, 4500 chars, 6000 canons entre le 28-6 et le 15-8-42. 1942 automne, en basse Volga : 150 div (avec 5000 chars).

                  1943 Bataille de Koursk (12/17-7) : All : 900 000 h (38 div dont 17 blindées), 10 000 canons, 2700 chars, 20000 avions. Sov : 1 300 000 h, 20 000 canons, 3600 chars, 2400 avions.

                  Novembre : Sov : 380 div, dont 51 blindées (2 à 3 fois supérieures à celles de la Wehrmacht (max. réuni par Manstein à Rostov le 15-11-1943 : 15 000h, 1500 chars. Les div all de panzers n’ont plus que 100 à 150 chars).

                  1944 : All : 400 div réduites à quelques centaines d’h : Sov : (juillet) : 430 div. 70 brig motorisées, 110 div. Blindées, 20 div de cavalerie (total : 8 millions d’h.).

                  1945 (12-1) : All : 170 div, + 20 en Youg et 35 div blindées réduites à 100 chars.

                  Et pour que l’on ne me taxe pas de pro-ceci ou d’anti-cela, voici le chiffre des aides à l’URSS. (Quid)

                  Total (1942-45) (USA, GB, Canada) : 22 000 avions, 12 000 chars, 345 000 tonnes d’explosifs, 385 000 camions (par mer, 2600 navires et 17,5 millions de t). Aide américaine : 11 milliards de dollards.


                • William7 25 novembre 2007 16:31

                  Quand je vous lis,je suppose qu’il y a de tout dans les stals, des naïfs, des convaincus, des intermédiaires, des déboussolés, des névrosés, des gens normaux, des cinglés, des gens sympas, des crapules. Mais globalement, défendre le stalinisme, il faut être soit aveugle, soit un salaud. Et assimiler le stalinisme avec le socialisme est franchement le fait d’un crétin !

                  A mon avis, je pourrais discuter avec un stal s’il s’agit de critiquer Sarko et de militer avec lui contre la loi LRU ou la réforme des retraites. Mais s’il commence à me justifier les crimes de Staline, là je crois que je me barrerai. Et j’irai voir des militants socialistes éventuellement, qui sont peut-être naïfs, mais qui au moins ne défendent pas les millions de morts d’un système. Ils peuvent défendre un système capitaliste qui est la cause de millions de morts, certes. Mais la différence, c’est qu’ils ne défendent pas les crimes du capitalisme, même en général ils les regrettent, ils les présentent comme inévitables - parce qu’ils baignent aussi dans un bain idéologique, c’est de la naïveté, peut-être, mais guère plus, et ces gens-là sont sans doute accessibles à un discours révolutionnaire. Un stal, en revanche, pour qu’il s’accroche à cette nostalgie mal placée alors que l’époque ne l’y incite pas, il faut vraiment qu’il y ait de sa part une volonté assumée de défendre un système tragique, totalitaire et meurtriers en tant que tel.

                  Alors, votre épopée...


                • Proudhon Proudhon 25 novembre 2007 18:13

                  L’épopée comme vous dite c’est celle de 20 millions de morts soviétiques auxquels vous devez d’exister. Ces 20 millions de morts en avaient rien à foutre du stalinisme, du communisme ou d’autre chose, ils luttaient contre l’agression nazie.

                  Quel culot !

                  Cherchez plutôt qui a financé le parti nazi, cherchez donc du côté des banques occidentales, surtout américaines.

                  Parlons aussi par exemple du Herrenklub :

                  A côté de ces militaires clairvoyants, la contre-révolution allemande eut aussi son « club de Clichy ». Il s’agit du Herrenklub, le Club des seigneurs, qui fit par la suite tant parler de lui. Les mêmes idées qui conduisirent les militaires à offrir leurs services à la République agitaient alors quelques hommes de la droite qui, après avoir suivi une action isolée dans différentes associations sans importance, finirent par se réunir en 1924 dans ce Club des seigneurs. Celui-ci se proposait de devenir la citadelle de l’idéologie nationaliste et conservatrice et de fournir les hommes dirigeants et les cadres administratifs de l’État. Son nom seul était tout un programme.

                  Le Herrenklub regroupa ainsi l’élite de l’ancienne classe dirigeante dispersée par la secousse révolutionnaire. Il réunit dans son sein les représentants les plus qualifiés de la noblesse, de la propriété foncière, de la banque, de l’industrie, de la presse, soit tous les éléments les plus actifs des milieux conservateurs allemands. A la tête de ce mouvement se trouvaient deux hommes remarquables par leur intelligence : l’écrivain Moeller Van den Bruck, auteur d’un livre retentissant, Das dritte Reich, et le baron Heinrich von Gleichen-Russwurm, l’un des descendants de Schiller. C’est à ces « romantiques » de l’ancien régime, comme on les appela d’abord, que revient le mérite d’avoir donné une doctrine à la contre-révolution allemande. Par leur action politique, conduite avec méthode et sûreté, ils contribuèrent à la concentration et à la cohésion des forces contre-révolutionnaires, dont l’effort était jusqu’alors dispersé, mais qui poursuivaient un but commun : la destruction de l’oeuvre de la révolution.

                  Leurs idées, développées surtout par M. von Gleichen dans la revue fondée et dirigée par lui, Der Ring, peuvent être résumées ainsi :

                  « Les conservateurs allemands ne devaient pas adopter, vis-à-vis du nouveau régime républicain, une attitude de résistance passive ; ils devaient au contraire s’emparer de l’appareil de l’État au sein même du régime et favoriser ainsi la renaissance de l’esprit de l’Allemagne d’avant guerre. »

                  Ces hommes politiques ne faisaient en somme que suivre les militaires qui, loin de donner dans le romantisme putschiste avec ses gestes épiques et vains, se rapprochèrent de la République afin de mieux l’étouffer. La tactique de ceux-ci, qui consistait à s’emparer de l’appareil militaire de l’État, ne pouvait que trouver l’entière approbation des tacticiens du Herrenklub.

                  « Les officiers de la Reichswehr, écrivait le Ring, ont depuis la Révolution, à distinguer entre l’Etat lui-même et sa forme apparente. Les officiers veulent servir l’État dans ce qu’il a de permanent et d’identique à lui-même. »

                  Sans oublier les liens entre la Famille Bush et le nazisme.


                • Proudhon Proudhon 24 novembre 2007 13:50

                  Qu’est ce que démontre en réalité l’échec relatif des républiques socialistes ?

                  Il démontre ni plus ni moins les failles de la nature humaine. Dès qu’ils le peuvent, les humains essaient de ne pas travailler, si ce n’est à ce qui les intéresse. En plus, si comme dans les systèmes socialistes, l’emploi, la présence au travail et le salaire (du moins avant la fin du système) sont assurés sans contreparties, il ne faut pas s’étonner de l’écroulement de la société. N’oublions pas non plus que les dirigeants d’entreprises d’Etat volaient une bonne partie de la production. Le restant étant volé par les employés qui faisaient du troc avec les produits.

                  Comment voulez-vous que celà fonctionne !

                  Si par exemple le système avait été dès l’origine ou transformé plus tard par un système ayant les caractéristiques de la SCOP par exemple, les choses auraient évoluées bien différemment. Dans la SCOP, tous le monde est associés, tous le monde a son mots à dire sur la gestion de l’entreprise. les salaires sont équitables et les bénéfices partagés équitablement.

                  Le salaire du ou des dirigeants principaus sont votés par la majorité des employé-associés. Si un problème récurent existe au sein de l’entreprise, le fait que celui qui détecte le problème est un associé et non pas un employé est un plus pour la prise en compte et surtout la résolution du phénomène.

                  Ce n’est pas comme dans ces systèmes (aussi bien socialiste que capitaliste) où ce sont les cadres qui ont le dernier mot, les cadres qui bloquent la remontée de l’information à la direction, les cadres qui ne veulent surtout pas de remous et que celà leur retombe dessus. Les cadres qui se partagent le gateau sur la sueur des productifs etc etc tec ...

                  Si nous voulons aller réellement dans le fond des choses, nous constatons avec l’expérience de la vie que ce ne sont pas les systèmes qui sont corrompus, c’est la Nature Humaine !

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