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Accueil du site > Actualités > Economie > L’économie est subjective, et nous vivons un âge d’obscurantisme

L’économie est subjective, et nous vivons un âge d’obscurantisme massivement illibéral absolutiste financier

L'économie n'est pas une science exacte, qu'on se le dise. Par contre, ce qui est exact, ce sont les logistiques et les comptabilités. En effet, avec un peu de tenue gestionnaire, logisitique et comptable, vous savez quelles sont les ressources, techniques et financières, à votre actif. Toute la question alors, est de savoir ce que vous allez en faire. Or, ce que vous allez en faire, relève assez bien de votre tempérament et de vos méthodes personnelles. Mais nos mondes nous vantent cela comme une science exacte. Cherchez l'erreur.

 

Sociopratique de l'argent

C'est bien connu, l'adage dit : l'argent n'a pas d'odeur. C'est-à-dire, pour être clair, que « l'argent c'est comme les cailloux ou les bas de laine de grand-mère » : c'est une chose. Or les choses n'ont que peu à voir avec l'usage que l'on en fait : avec des cailloux, vous pouvez construire une bicoque en pierre, comme fracasser la tête de votre prochain ; avec les bas de laine de grand-mère, vous pouvez aider grand-mère à avoir chaud, ou bien vous pouvez l'étrangler afin de toucher l'héritage.

Vous voyez bien qu'entre un tempérament - par exemples - amène ou violent, les méthodes personnelles rapport aux mêmes choses, divergent. En économie c'est pareil : tout dépend de ce que vous faîtes des choses à disposition et, en l'occurrence, de l'argent.

Alors naturellement, on trouve que l'argent c'est quand même autre chose. Peut-être ! mais enfin, entre cet ancien usage du sel comme aune d'échanges (qui sert aussi à d'autres usages, comme on sait, tels qu'alimentaires) et l'usage de l'argent comme aune d'échanges (qui ne sert qu'à l'échange, quoique vous puissiez toujours tuer quelqu'un en le forçant à avaler des pièces de monnaie, et j'en passe) ... entre l'usage du sel et de l'argent comme aune d'échanges, donc, il appert que l'argent est bel et bien une chose entre les choses, à laquelle on prête conventionnellement une valeur d'échanges générique.

Tout cela est purement sociopratique, et tout ce qui est pratique n'a rien à voir avec le bien et le mal, tant qu'on ne l'évalue pas sous l'angle de ses conséquences humaines voire environnementales.

 

Thésaurisation, épargne, investissement, etc.

A ce stade, donc, répétons que l'économie est totalement subjective. L'économie n'est pas une science exacte, même si on vous dit que si-si-si, et que l'on vous dupe à coup d'« expertises » ès « sciences économiques » (d'ailleurs, si c'était le sujet, nous pourrions dire la même chose des « expertises » ès « sciences politiques » ... ) : la blouse blanche du docteur n'a jamais trompé personne, encore que ...

Bon. En quoi l'économie est-elle subjective ? ... C'est que, du moment que vous savez quelles sont vos ressources techniques et financières, logistiques et comptables, rien ne vous dit encore comment employer vos dispositions, ni s'il faut seulement les employer. D'ailleurs ne-pas-les-employer est, à ce niveau, une façon de les employer au même titre qu'une autre plus active, par-devers leurs éventuelles passivités.

C'est-à-dire, concrètement, que vous pouvez très bien vous satisfaire de ce que vous avez, par habitude traditionnelle comme par sobriété heureuse, ou même par paresse. Ces formes de thésaurisation ne passent pour des folies, qu'aux yeux des affairistes, stimulés par le lucre. Pourquoi faudrait-il aimer l'affairisme ? on se le demande ... Or c'est bien l'économie lucrative que l'on nous vante incessamment toujours et partout dans nos mondes, comme si le lucre correspondait à tous les tempéraments et méthodes personnelles idoines. En fait, vouloir imposer le lucre à tout le monde est une solution massivement illibérale, de caractère asbolutiste dans l'ordre économique.

Et ainsi de suite : épargner peut être d'un prudent comme d'un avare, investir peut être d'un brave comme d'un fou, etc.

 

Le contexte, central

Tout dépend du contexte personnel, évidemment. Si les économistes s'intéressent tant aux contextes, à « la conjoncture économique » - et pas qu'économique - c'est bien à cause de cela. Seulement, c'est bien plus d'intuition et de bon sens que de science ! Comme disait Aristote, il n'y a de science que du général, et nous sommes en face des multitudes particulières.

Chaque cas, chaque perspective, chaque personne, même s'il y a des facteurs contextuels partagés avec d'autres, est unique : au sein du même pays, les couches populaires ne sont pas les élites sociales ... au sein des couches popualires, un célibataire n'est pas une famille nombreuse ... au sein des élites sociales, un énarque n'est pas un ploutocrate ... Un célibataire au sein des couches populaires vit toujours dans sa famille et a du travail, un autre loue une petite maison et se retrouve au chômage ... tel énarque est handicapé physique, tandis que l'autre prépare un marathon ... tel ploutocrate dispose d'un certain nombre de parts sociales dans quelques boîtes, tandis que l'autre en possède principalement ... etc.

Comment voulez-vous tirer de cela une science ? chacun fait ce qu'il veut de ce qu'il a ! ... Toutes les théories économiques sont des leurres, à ce compte, ou plutôt elles sont de pures idéologies politiques, plus ou moins traduites dans les termes régaliens, législatifs et juridiques, de l'organisation étatique et administrative d'un territoire : région, nation ou continent. Sans conteste - en fonction des cas, perspectives, personnes - telles dispositions régaliennes, législatives et juridiques, de l'organisation étatique et admistrative d'un territoire, jouent différemment, et c'est toujours in fine les cas, perspectives et personnes, qui ont à prendre leurs dispositions.

Il n'y a pas de Raison capable de satisfaire tous les tempéraments et méthodes personnelles idoines, quoiqu'il y ait des raisonnements viables pour plus ou moins de monde. Or, les raisonnements viables pour une majorité sont dits démocratiques, les autres moins démocratiques, voire absolument pas démocratiques. Bref : c'est politique, car il faut se mettre d'accord sur les raisonnements en place inter-subjectivement.

 

La chance, l'espoir et la magie

A ce point, se révèle totalement la subjectivité en économie. En effet, puisqu'il n'y a pas de Raison capable d'exaucer tous les tempéraments et méthodes personnelles idoines, mais uniquement des raisonnements qui (une fois instaurés politiquement) facilitent, limitent, empêchent voire coulent telles ou telles dispositions selon contextes personnels, à plus ou moins grande échelle ... eh bien, tout un chacun regarde son lot comme le fruit du sort, les cartes qu'on a en main, la donne, avec quoi - dit-on - il faut bien faire, et faire avec, pas le choix, même si des réorientations seraient virtuellement possibles, et même si l'on s'organise en faveur de telles réorientations (en attendant, il faut bien faire avec ce qu'on a).

« Favorisé », c'est-à-dire favorisé par le contexte (héritages historiques, fonctionnements actuels, évolutions dynamiques, méthodes personnelles en adéquation ... ) on dit avoir de la chance. Au contraire, « défavorisé » par le contexte (absences d'héritages, dysfonctionnements voire contre-fonctionnements actuels, involutions voire contre-évolutions dynamiques, méthodes personnelles sans adéquation ... ) on dit ne pas avoir de chance. Bref : la Chance est le nouveau dieu, ou plutôt la nouvelle déesse - encore que les anciens Grecs avaient leur moira ...

Or, au compte de cette Chance, il n'y a pas exactement de bonne ou de mauvaise chance possible, en dehors de considérations subjectives ou inter-subjectives (sociales) rapport aux contextes. L'adage dit : tout est relatif. Oui, tout est relatif, mais qu'on s'entende bien : tout n'est relatif que dans l'ordre de ladite Chance, parce que l'économie est subjective, mais à la fin il faut bien vivre ! et mourir, peut-être tragiquement suicidé ... Ainsi peuvent règner les espoirs et les magies.

Mais c'était la vie ! et l'on voit mal comment une petite partie enrichie de la population pourrait lui en imposer, autrement qu'en l'expliquant sous l'angle d'un nouvel obscurantisme - et du massif illibéralisme absolutiste financier dit - comme c'est donc l'âge dans lequel nous sommes.

Mal' - LibertéPhilo

 

 

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28 réactions à cet article    


  • J’ai toujours appris que l’argent était fait pour circuler. L’argent qui ne circule pas, stagne (comme autre chose dans toutes les parties du corps) et ce sont les nombreuses maladies qui en découlent : cancer, et autres...D’autre part, chaque objet a une valeur qui doit rester dans les limites du raisonnable. N’investissez que vos jambes dans le jogging et délaisser le reste, c’est le risque de crise cardiaque. Il y aurait tant à dire sur le sujet. Nous approchons du signe du TAU (tauxr« eau ». stade anal et oral. Lire tous les lives de Freud sur la névrose obsesssionnelle et la fixation de l’hystérique à l’oralité (boulimie, anorexie, toxicomanie, alcoolisme,....)


    • Mal' Mal’ 13 avril 11:52

      @Mélusine ou la Robe de Saphir. Le problème des paradis fiscaux, de l’off shore, et de manière générale de l’épargne des riches français, c’est en effet de ne pas circuler et de rester coffré pour se nourrir de perspectives. Néanmoins, il y a un hic : nous vivons une époque où l’argent, dit-on, travaille tout seul comme un grand, entre intérêts et dividendes. C’est risible que d’avoir permis de tels phénomènes, ceci dit sans conspuer les raisonnables commissions sur un prêt ou autre. A partir de là, donc ... sans parler des spéculations ... on a évidemment perdu les réalités.


    • @Mal’


      Eh oui,, il fut un temps où 100 francs français pesaient de leur poids. Même s’il s’agissait de papier. j’ai reporté ce poids sur les objets que j’achète en brocante, parfois pour un euros. Gardant ainsi le vrai sens de la valeur que JE leur attribue. 

    • L’idéal étant dans le jeu de l’expir, inspir : rétention, dépenses. Garder pour le plaisir des yeux ou pour des raison affectives. Déblayer, si c’est par avarice ou peur de manquer,...Le sadisme associé aussi à ce stade est bon s’il vise à survivre (mordre dans la vie), stupide, si c’est pour bouffer son prochain (dont on peut avoir besoin). pervers si on en tire de la satisfaction (Sade).


      • Mal' Mal’ 13 avril 11:57

        @Mélusine ou la Robe de Saphir. Tout ceci requiert une sagesse qui, at least, commence par une éducation civique réelle, et des élites véritablement exemplaires. C’est-à-dire ayant de la noblesse d’âme conséquente, soit qui se prouve sur le long terme en promesses tenues permettant la confiance - avec ceci qu’on ne peut pas s’attendre infantilement à ce que tels chefs territoriaux puissent s’occuper tout personnellement de notre cas. Il faut se responsabiliser à notre niveau. Mais enfin, nos territoires - les populations qu’ils recouvrent - sont par trop vastes - nous sommes trop nombreux pour nous bien entendre et diriger. Cela vaut aussi pour les grandes firmes transterritoriales.


      • @Mal’


        j’ai eu cette chance de n’avoir pas vécu mon enfance dans la richesse, m’amusant avec peu. Construisant des cabanes, ou des villages aves des boites d’allumettes ou autres. C’était mon paradis. Mon père ramenait des coupons de l’usine de tissage. Quel bonheur de jouer à magasin. Triant les tissus selon leur grandeur, la taille et leur beauté. Je ne savais pas mon bonheur. Merci papa. Tes cadeaux, c’était de l’or.

      • Jean Roque Jean Roque 12 avril 17:05

         
        Vous pouvez pas monter un peu le niveau ? on est au café du commerce là, avec les commentaires de la serveuse crétine de Big Bang Theory... smiley
         
        « Une erreur fondamentale et dévastatrice est d’instaurer un système politique basé sur le désir. La société et la vie ont été organisées sur la base de ce qu’un individu veut, pas sur ce qui est bon pour lui ou elle [...] A notre époque et dans cette partie du monde nous dépendons étourdiment de la démocratie et du système parlementaire, même si ce sont les expérimentations les plus insensées et les plus désespérées de l’humanité… C’est dans les pays démocratiques que la destruction de la nature et la somme des désastres écologiques s’est accumulée le plus… [pas de politique possible de l’enfant unique dans une démocratie comme l’Inde...] Notre seul espoir réside dans un fort gouvernement central et un contrôle inflexible du citoyen individuel (le gogochon]. »
        Pentti Linkola


        • Mal' Mal’ 12 avril 17:53

          @Jean Roque. En se moment, je regarde la série the Young Sheldon, spin off de the Big Bang theory. Du haut de ses 9 ans, totalement immature affectivement, il dédaigne son monde de ne pas avoir les dispositions pour « augmenter un peu le niveau ». Mais le pire Jean Roque, c’est que même si les autres n’en sont pas capables, ils ont des valeurs diversement supérieures. La série, évidemment, ne renie pas le haut niveau de son héros, naturellement.


        • Jean Roque Jean Roque 12 avril 17:40

          Sur le monde devenu économique, confs d’Olivier Rey (prof de math à X)
          « Quand le monde s’est fait nombre »
           https://www.youtube.com/watch?v=e4Yt8Leo5iE
          « La logique managériale »
           https://www.youtube.com/watch?v=92BjSKmQIC0
           
           
          Les souchiens de la forêt qui utilisaient le sel comme monnaie balançaient l’or au fond d’un lac...
           
          Ceux qui utiliseront juste des jetons en fer pour jouer au dés, y balanceront les Iphones...


          • Mal' Mal’ 13 avril 11:48

            @Jean Roque. Oui, une évolution de la subjectivité qui valorise ceci plutôt que cela. En l’occurrence, la calculabilité.


          • zygzornifle zygzornifle 13 avril 10:32

            Par contre l’augmentation de la CSG elle n’est pas subjective ....


            • Mal' Mal’ 13 avril 11:46

              @zygzornifle. Oui, la comptabilité. Disons que je me suis peut-être maladroitement exprimé : les décisions économiques dépendent des (inter-)subjectivités. A ce niveau, il n’y a pas de vérité absolue, en dehors d’avoir à faire ceci ou cela, des ressources à dispositions - et les contribuables, pour un Etat, sont de telles ressources. D’où CSG, CQFD. Néanmoins, l’objectivité, j’en avais pourtant parlé, sur la fin, au sujet du risque de mourir.


            • Mal' Mal’ 13 avril 11:47

              @zygzornifle. De manière générale, tout ne fait jamais que dépendre des buts que l’on se fixe (inter-)subjectivement, quitte à les avoir institutionnalisés. Voilà tout.


            • Ratatouille Ratatouille 13 avril 17:18
              Un monde ou il faut savoir rebondir rien n’est perdu un bel exemple
              Dodo la Saumure a proposé à Jean-Vincent Placé de gérer son nouvel établissement à Paris

              Le proxénète envisage d’ouvrir un bar à Paris, en plus de ceux qu’il a déjà en Belgique, il aurait proposé à l’ex-secrétaire d’état d’en occuper la gérance.

              Dominique Alderweireld, plus connu sous le nom de Dodo la Saumure, doit principalement sa notoriété à l’affaire du Carlton de Lille. Ce proxénète de 69 ans était poursuivi avec l’ancien directeur du FMI (Fond monétaire international) Dominique Strauss-Kahn et d’autres prévenus pour « proxénétisme aggravé en bande organisée ». Des faits pour lesquels il a été acquitté.

              Ce mardi matin, Dodo la Saumure était présent au palais de justice de Dinant. Une dame à qui il a loué un de ses établissements situé à Cerfontaine réclame l’annulation de l’expulsion dont elle a été victime et lui réclame des dommages et intérêts . L’occasion pour lui de faire le point sur ses activités et ses projets dans la région.

              Un établissement de prostitution à Paris …

              Dodo la Saumure possède actuellement cinq établissements en Belgique. « Trois à Tournai, un a Pecq et un autre à Laneffe (Walcourt) », commente l’homme. « Mais j’aime Paris et j’aimerais pouvoir y passer plusieurs jours par semaine. Il me faut pour ça un bordel par ici », explique-t-il.

              … géré par Jean-Vincent Placé ?

              Son bordel, Dodo la Saumure voudrait les confier à Jean-Vincent Placé. Le projet a déjà bien mûri dans la tête de Dominique Alderweireld qui aimerait ouvrir un bar dans le XVIeme arrondissement. « Les gens ont du fric là-bas, et Jean-Vincent connaît beaucoup de monde dans le milieu interlope. De l’alcool et des filles qui dansent pour de l’argent, il ne peut pas refuser » explique le proxénète.

              Mais Dodo la Saumure voit plus grand, pour Paris. « J’aimerais monter un centre de bien-être pour les personnes plus âgées avec juste massage et finition main. Les massages tantriques, c’est peut-être l’avenir. Car depuis Internet, 70 % des clients viennent juste pour discuter. Ce projet, en plein 16ème, ça serait bien. »


              • Mal' Mal’ 16 avril 09:13

                @Ratatouille. Merci pour votre commentaire. Bref : des affaires d’affaires.


              • MYALGOTRADE 16 avril 07:49
                Le CBO (Congressional Budget Office) m’a réellement bluffé. Pourtant, avec Trump je me croyais blasé mais j’avoue avoir été scotché en découvrant le pronostic du CBO : il attend une poursuite du cycle de croissance amorcé mi-2009 jusqu’en… 2027, à un rythme certes moins soutenu que les 3% actuels, mais ce pronostic gomme littéralement la perspective d’une récession. Un cas de figure unique dans l’histoire du capitalisme et un prodige du Trumpisme !

                Donald Trump pourrait revendiquer avoir révolutionné la science économique et surpassé, grâce à sa réforme fiscale, le fantasme ultime de Wall Street : une croissance quasi éternelle mais si modérée que les taux demeureraient très bas et la volatilité pourrait être maintenue proche des niveaux médians observés au cours de l’année 2017.

                De quoi supporter quelques désagréments… comme par exemple un déficit budgétaire US dépassant les 1 000 Mds$ par an d’ici à 2020 (2 ans plus tôt que prévu initialement par le CBO) car les dépenses dépasseront les recettes de 804 Mds$ au cours de l’exercice se terminant le 30 septembre 2018. Et à l’issue de l’exercice 2019, le déficit US atteindra 980 Mds$ (contre une prévision antérieure de 690 Mds$)… et ne cessera de croître jusqu’en 2022 (toujours sous l’effet de la réforme fiscale).

                Comme le CBO prévoit 2% de recettes en moins et 1% de dépenses supplémentaires au cours de la période 2018-2027, le déficit cumulatif des Etats-Unis s’établirait à… (attention les yeux)… 11 700 Mds$, soit 15% de plus que lors de la dernière estimation !

                Le PIB réel US va symétriquement ralentir de 3,3% en 2018 vers 2,4% en 2019 et 1,8% en 2020, avant d’adopter un rythme de croisière de +2% jusqu’en 2026 (rêvons un peu, c’est de la pure fiction).

                Donc selon le CBO, s’il n’y a pas de récession en vue, il y aura toujours plus de déficits.

                Remarquez, peu importe : c’est le quotidien de l’Amérique depuis septembre 2008, et le moins que l’on puisse dire, c’est que Wall Street s’en accommode fantastiquement bien.

                Jusqu’à présent.

                Mais ce que le CBO n’intègre pas, c’est l’hypothèse d’un « peak debt », c’est-à-dire le point critique où même avec des taux bas, une hausse de +2% du PIB ne permet plus de rembourser ni les intérêts ni le principal de la dette. Les Etats-Unis espèrent être capables de continuer d’attirer l’épargne mondiale vers les T-Bonds US, sauf que cette épargne va se faire de plus en plus rare si les banques centrales cessent d’imprimer de nouvelles liquidités alors que le niveau de l’endettement mondial vient de passer le cap des trois fois le PIB planétaire à 237 000 Mds$.

                237 000 Mds$, c’est 11 000 Mds$ de dettes en plus (l’équivalent du PIB de la Chine) au cours du seul dernier trimestre 2017 ! Parmi les pays où elle progresse le plus vite, citons le Venezuela (un cas déjà désespéré), l’Argentine, le Nigeria, la Turquie (mais la lire Turque s’effondre et la valeur de la dette avec) et… la Chine. Et lorsque l’absence d’inflation ne permet pas de détruire la dette, souvent c’est une « bonne guerre » qui permet de remettre les compteurs à zéro.

                Si ce n’était pas l’une des véritables intentions de Donald Trump lorsqu’il a menacé par tweet la Russie et Bachar el-Assad mercredi matin, c’était sans aucun doute la ferme intention de ceux qui ont manoeuvré en vue du recrutement de John Bolton à la Maison-Blanche…

                • Mal' Mal’ 16 avril 09:05

                  @MYALGOTRADE. Merci pour cette contribution. Bilan des courses : avec des si, on scierait des zèbres. Par exemples, entre autres : attaquer la Syrie, provoquer la Russie, humilier ses concitoyens, etc.


                • JL JL 16 avril 08:08

                  ’’... cet ancien usage du sel comme aune d’échanges (qui sert aussi à d’autres usages, comme on sait, tels qu’alimentaires)...
                   
                   N’oublions pas qu’à l’époque d’avant les réfrigérateurs, le sel était précieux comme seul myen de conservation des aliments.
                   
                  ’’.. c’est bien l’économie lucrative que l’on nous vante incessamment toujours et partout dans nos mondes, comme si le lucre correspondait à tous les tempéraments et méthodes personnelles idoines. En fait, vouloir imposer le lucre à tout le monde est une solution massivement illibérale, de caractère asbolutiste dans l’ordre économique.’’
                   
                  Vouloir imposer est une chose ; réussir à faire accepter en est une autre. S’il est un domaine où l’on peut à juste titre parler de servitude volontaire, c’est bien celui de la consommation. Personne ne nous impose rien sinon une absence d’alternative : TINA.


                  • Mal' Mal’ 16 avril 09:11

                    @JL. « N’oublions pas qu’à l’époque d’avant les réfrigérateurs, le sel était précieux comme seul myen de conservation des aliments. » N’était-ce pas contenu dans mon propos, que vous cité d’ailleurs ? L’usage alimentaire peut être d’exhausteur ou de conservation, etc. non ?

                    "Vouloir imposer est une chose ; réussir à faire accepter en est une autre. S’il est un domaine où l’on peut à juste titre parler de servitude volontaire, c’est bien celui de la consommation. Personne ne nous impose rien sinon une absence d’alternative : TINA." Peut-être, mais le problème n’est pas vraiment que l’on consomme pour vivre - cela fut toujours le cas, et c’est bien pour cela que l’on excrète derrière, de même que l’on doit produire en amont - mais le problème est que l’on consume, avec obsolescence programmée, impulsivité, etc. bref : le consumérisme et son corolaire le productivisme. Entre, il y a tout un monde affairiste qui s’y croit, et qui prend le marchandage pour le principe de l’univers. Le commerce pour le tout.
                    L’alternative est consomm’action (choix des produits, militantismes au boycott, etc.).

                    A noter que tout ceci n’est pas moins (inter-)subjectif que cela, dépendant des buts que l’on se fixe, des dynamiques sociopolitiques.


                  • JL JL 16 avril 09:55

                    @Mal’
                     
                     nous sommes bien d’accords : le consumérisme c’est la servitude volontaire : un oxymore en soi d’ailleurs, puisque c’est de passivité et d’acceptation qu’il s’agit et pas du tout de volontarisme.
                     
                    Désolé d’avoir pointé ce détail. Votre article contient bien autre chose, mais je n’y adhère pas vraiment. On n’empêchera pas les économistes d’économister  !
                     
                     Démontrer que la finance est illibérale, c’est un peu osé, non ? A mon avis l’obscurantisme ambiant est structurel.


                  • Mal' Mal’ 16 avril 10:20

                    @JL. Un débat qui nous entraînerait loin. Néanmoins, deux choses, d’inégal niveau :

                    • Sur l’illibéralisme, cet article Atlantico.
                    • J’aime bien votre néologisme économister, à titre frivole.

                    Cordialement


                  • JL JL 16 avril 11:06

                    @Mal’
                     
                    « économister », un néologisme ? J’aimerais bien.   smiley
                     
                     Sur l’illibéralisme : Macron est peut-être illibéral, mais la finance, je ne crois pas.
                     
                     Concernant cet article auquel vous me renvoyez, après avoir buté sur ceci : ’’Accuser une personne d’être libérale, c’est empêcher tout débat, discréditer d’avance son action et ne mener aucune réflexion.’’
                     
                    je me suis arrêté sur cela : ’’Sur quoi repose le modèle social français ? Le vol légalisé et la spoliation légitimée qui permettent par l’impôt de capter presque les trois quarts des ressources des personnes qui travaillent pour les redistribuer à d’autres.’’
                     
                    Faire dans l’outrance c’est mal dire les choses.


                  • Mal' Mal’ 16 avril 12:07

                    @JL. Vos jugements ou leurs jugements, bref : des subjectivités. Il faudrait songer aux conséquences, et si vous opposez idéologiquement des fins de non-recevoir, nous ne pourrons pas échanger. Dans partisanerie en effet, il y a ânerie.


                  • JL JL 16 avril 12:14

                    @Mal’
                     
                     ce n’est pas de l’outrance de dire que l’État capte les trois quarts des ressources des personnes ? L’amalgame n’a jamais fait rien avancer. Il ne faut pas mélanger les cotisations sociales telles que la Sécu ou les retraites, avec le coût des services publics etc. Vous vivriez dans un pays sans aucune infrastructures ?
                     
                     Si vous n’admettez pas ces principes de base, nous ne pourrons effectivement pas discuter sereinement


                  • Mal' Mal’ 16 avril 12:36

                    @JL. Vous me provoquez. Mais c’est votre outrance contre ce que vous jugez de l’outrance. Si l’Etat se désengage, dans une situation de libéralisme réel - c’est-à-dire sans monopole d’Etat ni d’entreprise, serait-elle a fortiori transnationale, - les services sont largement relocalisés et pris en charge par les personnes concernées, quitte à se les faire payer, mais dans un horizon régional qu’envient tous les altermondialistes. L’altermondialisme aussi, à ce niveau, est un libéralisme, sans parler de l’anarchisme autodiscipliné, c’est-à-dire de l’anarchisme scoiopolitique bien compris, qui ne confine certainement pas au chaos.

                    Vous voyez ? Vos partisaneries vous privent de tout esprit de conséquence, auquel je faisais référence. Bref : inutile de poursuivre le débat, et bonne après-midi JL.


                  • Mal' Mal’ 16 avril 12:37

                    @JL. D’ailleurs, que font les altermondialismes ? ... Ils inventent des monnaies locales ... ils pratiquent le libéralisme réel, non-capitaliste. Ne confondez pas comme l’immense majorité de la sottise française.

                    Bonne après-midi.


                  • JL JL 16 avril 12:52

                    @Mal’
                     
                    Il a des activités qui se prêtent à la concurrence, et d’autres non, je ne vous ferai pas l’affront de vous citer tout ce qui ne se ferait pas sans un large consensus. Pour moi, le secteur public c’est la « caisse », le secteur concurrentiel le « moteur » : L’un ne va pas bien sans l’autre. Un ratio de 50/50 me convient parfaitement. Dès lors, il est normal que les prélèvements soient élevés en conséquence.
                     
                     Bonne après midi.


                  • Mal' Mal’ 16 avril 13:15

                    @JL. Bref, c’est subjectif. D’aucuns estiment que les communications devraient être publiques, etc. Ne me prêtez pas un avis personnel que je n’ai pas formulé : je n’ai fait que contrevenir au sens commun en lui soumettant ce paradoxe qu’il fustige nos mondes pour leur libéralisme, alors qu’ils ne le sont pas tant qu’on l’ânonne.

                    Bien à vous

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