• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > L’économie française en panne

L’économie française en panne

Dans l’ébullition médiatique qui entoure les élections présidentielles, une information pourtant essentielle est passée pratiquement inaperçue. Au troisième trimestre, la France a connu une croissance zéro. Certes, en raison des résultats des autres trimestres, le résultat sur l’année 2006 devrait atteindre 2 (petits) %. L’alerte n’en n’est pas moins sérieuse. Notre économie est plus gravement malade que prévu.

Imprécations et méthode Coué n’inverseront pas la tendance. Pas plus que le traitement social du chômage hier critiqué par la droite, aujourd’hui appliqué par Borloo. Le mal est profond, et nécessite un remède de cheval.

Faute de richesses créées, c’est de la misère que nous serons demain amenés à partager. La "real" politique devrait amener nos dirigeants à nous dresser des lendemains faits d’efforts et de sueur. Réveil douloureux pour un pays qui s’est endormi sur le mythe des trente-cinq heures.

Ne disons pas que les Français n’ont pas foi en l’avenir. La démographie témoigne du contraire. Comme l’a si bien perçu, ce n’est pas un hasard, la favorite des sondages, les Français ont un désir d’avenir. Mais pour construire cet avenir, il faudra doubler l’ardeur démographique d’une ardeur économique. Et celle-là n’a rien à voir avec un consumérisme béat qui ne profite qu’aux puissances industrielles émergentes. Si l’on veut conserver le même appétit en termes de confort social, c’est la taille du gâteau qu’il va falloir augmenter.

Le contraire de la situation actuelle. Car, le constat est partagé : la France perd pied en matière industrielle et, et c’est tout aussi grave, en matière de recherche. Les promesses, malgré le mouvement de grogne de l’an dernier, n’ont pas été tenues. Autrement dit, rien n’a été fait. La France, contrairement aux autres pays industrialisés, sacrifie en silence ce qui est supposé constituer un investissement pour l’avenir. Crédits en berne, statut inexistant pour les étudiants chercheurs. L’engagement même de porter la rémunération de ceux-ci à 1,5 fois le Smic n’a pas été tenue. Autant leur payer directement un billet d’avion pour les USA...

Dans le même temps, l’indice de la production manufacturière française a reculé de 0,8 % au troisième trimestre. Le quatrième trimestre est annoncé comme morose. L’année 2006, plate. La production industrielle n’a plus progressé depuis la fin 2000. Les biens d’équipement (machines) ont gagné 15 % environ, les biens de consommation ont été atones, les biens intermédiaires (matériaux) ont perdu 5 %. L’un des fleurons de notre industrie, la construction automobile, s’effondre (- 15 %). Le commerce mondial se développe, mais la France n’est plus capable de produire autant qu’elle consomme. Elle se condamne à importer. Or importer des biens, c’est se résigner à voir partir des emplois à l’étranger, à importer du travail des autres. Depuis 2004, le commerce extérieur français est redevenu déficitaire, et de façon croissante. Cette charge, 1,5 % du PIB en 2006, a un impact direct sur la croissance.

La France pourtant présente de nombreux atouts. La qualité de sa main-d’œuvre, son niveau d’épargne et sa qualité de vie, enviée à l’étranger. L’éducation, la formation doivent rester des priorités, même si des réformes sont nécessaires pour les adapter aux demandes d’aujourd’hui et de demain. L’épargne, le bas de laine des Français, doit sortir des armoires, des placements improductifs, les assurances-vie par exemple, pour donner de l’oxygène à notre économie, et à l’industrie en particulier. La France, première destination touristique mondiale, n’a pas pour unique vocation de devenir un seul espace de services. La puissance d’une nation, c’est avant tout son industrie.

Le salut ne viendra pas, dans l’immédiat au moins, de l’Europe. L’UE, engluée dans son dogme du libéralisme, n’affiche ni la volonté ni la capacité de lancer une politique industrielle au niveau européen. Ses "élites" demeurent coupées de la réalité. Il suffit pour cela de lire la déclaration relative à la situation européenne de V. Giscard d’Estaing au quotidien italien Il Giornale  : "Le non de 2005 a été un accident de parcours. Maintenant, le climat économique et social a changé." Pour les classes favorisées, peut être. Pour les autres, c’est plus difficile à croire.


Moyenne des avis sur cet article :  4.85/5   (80 votes)




Réagissez à l'article

62 réactions à cet article    


  • Paldeolien 21 novembre 2006 11:02

    Ce sont les premiers effets du changement climatique.

    La lutte contre le gaspillage commence, c’est bon signe ! Chutte de 15% pour les constructeurs automobiles, c’est bienfait. Le consommateur boycotte, il sait qu’il a été pris pour une vache à lait, et que c’est encore le cas. Il attend des véhicules propre. Le documentaire d’Al GORE commence à rentrer dans les cerveaux. C’est tant mieux. Il va falloir nous adapter...

    Je regardais une stats mondiale, etonnante.

    Plus de 80% de la population mondiale est favorable à l’installation d’aérogénérateurs, 85% des Français sont favorables. Le gouvernement, l’industrie, sont décalés des exigences mondiales. Ils n’ecoutent pas les demandeurs, les demandeurs achètent pas, rien de plus normal.

    Loi de marché !



    • Paldeolien 21 novembre 2006 13:59

      Ce sont les premiers effets du changement climatique.

      La lutte contre le gaspillage commence, c’est bon signe ! Chutte de 15% pour les constructeurs automobiles, c’est bienfait. Le consommateur boycotte, il sait qu’il a été pris pour une vache à lait, et que c’est encore le cas. Il attend des véhicules propre. Le documentaire d’Al GORE commence à rentrer dans les cerveaux. C’est tant mieux. Il va falloir nous adapter...

      Je regardais une stats mondiale, etonnante.

      Plus de 80% de la population mondiale est favorable à l’installation d’aérogénérateurs, 85% des Français sont favorables. Le gouvernement, l’industrie, sont décalés des exigences mondiales. Ils n’ecoutent pas les demandeurs, les demandeurs achètent pas, rien de plus normal.

      Loi de marché !


    • Paldeolien 21 novembre 2006 13:59

      Ce sont les premiers effets du changement climatique.

      La lutte contre le gaspillage commence, c’est bon signe ! Chutte de 15% pour les constructeurs automobiles, c’est bienfait. Le consommateur boycotte, il sait qu’il a été pris pour une vache à lait, et que c’est encore le cas. Il attend des véhicules propre. Le documentaire d’Al GORE commence à rentrer dans les cerveaux. C’est tant mieux. Il va falloir nous adapter...

      Je regardais une stats mondiale, etonnante.

      Plus de 80% de la population mondiale est favorable à l’installation d’aérogénérateurs, 85% des Français sont favorables. Le gouvernement, l’industrie, sont décalés des exigences mondiales. Ils n’ecoutent pas les demandeurs, les demandeurs achètent pas, rien de plus normal.

      Loi de marché !


    • gem gem 21 novembre 2006 19:03

      On est en train de se rendre compte de la connerie monumentale du discours « la désindustrialistation n’est pas grave, on va faire des services »... et on se retrouve alors avec une nation à la « Chinatown » de lucky luke : moitie blanchisseur, moitie restaurant chinois, et plus rien à bouffer !

      Les pays à bas couts sont aussi, normalement, des pays à basse productivité (Cf. la fameuse comparaison entre l’agriculteur français qui produit facilement 1000 tonnes de céréales et le paysan sahélien qui en produit péniblement 1000 kg). Si ça n’est plus vrai, l’écart de prix n’a plus de justification et nous sommes trop cher.

      L’employé français doit produire 10 fois plus pour justifier un cout 10 fois supérieur à son homologue chinois (tarif chinois : environ 1$/heure selon wikipedia, soit 0,8€, contre notre SMIC à 8 €). Il n’en est manifestement pas capable, il est donc trop cher, et toute notre économie est basée là-dessus... nous courrons au Crash avec un grand C !

      Le seul truc qui nous sauve, c’est que pour l’instant la plus value (différence entre les cout de production chinois et les prix de vente occidentaux) reste entre des mains occidentales, et que les échanges sont encore assez modestes pour que ça ne coute pas trop cher ... mais ça ne nous donne qu’un répit, et il faudra bien remettre l’écart de salaire en rapport avec l’écart de productivité, d’une façon ou d’une autre ; et le rattrapage ne se fera pas seulement par une hausse des coûts chinois (pas grave pour nous), ni par une hausse de la productivité (surtout quand on bosse seulement 35 h !) mais aussi par une baisse des salaires chez nous par rapport aux salaires ailleurs...


    • gem gem 21 novembre 2006 19:10

      oup, mes excuses ça aurait du se trouver en bas et pas ici ; le fameux effet de bord du second commentaire...


    • Paldeolien 21 novembre 2006 19:25

      Je me rends surtout compte que des ptits malins s’amusent à pervertir le système de commentaires. Bref, m’en fou, c juste pour dire quoi... Histoire qu’on se rendent un peu compte de ce qui se passe...


    • Paldeolien 21 novembre 2006 19:27

      C pas grave, si tu veux je me passe de commentaires, oui, je vais faire ça. Bonne idée.


    • LE CHAT (---.---.75.49) 21 novembre 2006 11:22

      il y a deux moyens pour booster la croissance
      - relancer l’investissement , mais les profits gagnent plus facilement les poches des actionnaires
      - relancer la consommation , mais actuellement les portes monnaie des consommateurs sont complétement anémiques , malgré les stats faussées donnant une hausse virtuelle du pouvoir d’achat

      ces résultats ne sont donc guère surprenants !


      • Paldeolien 21 novembre 2006 11:38

        Voilà les débilités lepnistes recommence ; ma terre suffoque, nos vies en dépendent, et lui il veut relancer la consommation.

        Si tu veux relancer l’economie c’est au travers le batiment, l’isolation et l’industrialisation de systèmes ENR, production, vente d’energies propres.

        Bon , ben faut se renseigner pour s’en convaincre. Et puis on aura pas le choix, c’est prévu par l’Europe, et heureusement !

        http://www.energie-plus.com/news/categoryfront.php/id/54/Europe_-_UE.html


      • Paldeolien 21 novembre 2006 11:45

        Voilà un petit eventail constructif de solution à même de désenclaver la situation !

        Energies propres = emplois = richesses = meilleur pouvoir d’achat !

        http://home.nestor.minsk.by/build/links/renewableenergy.html


      • LE CHAT (---.---.75.49) 21 novembre 2006 11:56

        d’accord avec toi ,paléo, il y a beaucoup à faire à ce niveau là et une immense niche d’emplois futurs en devenir .

        Il manque seulement d’investisseurs et de volonté politique


      • Henry Moreigne Henry Moreigne 21 novembre 2006 11:57

        Vous pointez là me semble-t-il une vraie solution pour la vieille europe. L’épuisement des ressources va imposer de revoir nos modes de consommation. Les énergies propres, le moteur à hydrogéne, le recyclage (le passage du jetable au durable), la pénalisation des industries polluantes devraient être demain des secteurs d’avenir.


      • Paldeolien 21 novembre 2006 12:02

        NOn, c’est a nos niveaux individuels et dans notre comportement que nous devons radicalement changer.

        Nous en sommes rendu à partager le même gateau, devant les faits, nous devons nous reconcilier pour affronter ce grand avenir qui nous attends, et cela passe par l’Europe.

        Crois-moi, j’ai vraiment regardé tout ça de très près. Ma conclusion est simple.

        Entrons de pleins pied en Europe. Elle est technologiquement en avance sur nous, rattrapons notre retard. C’est pour cela que je suis contre apporter mon bulletin au front national. Et je t’avoue que j’ai trouvé LePen très bon, mais bon sang, tombe pas dans le panneaux, concretement, pour l’avenir, nous devons nous unir, et nous forcer à nous réunir. Nous forcer à nous entendre sur des points capitaux. Seul un gouvernement qui prone le rassemblement au niveau Européen est capable de transcender notre pays et de lui fournir l’impulsion necessaire pour prendre confiance en nos partenaires Européens. Ce serait vraiment un gros gachis que de passer à coté de tout cela...


      • LE CHAT (---.---.75.49) 21 novembre 2006 12:07

        même si je suis pas d’accord avec le paldéolien sur de nombreux sujets , il a tout a fait raison de parler des milliers d’emplois qui pourraient être crées tout en préservant l’environnement et en faisant progresser la recherche !


      • Paldeolien 21 novembre 2006 12:07

        Oui Henry, c’est très vrai,il y a un immense chantier qui balaye tout le secteur industriel en se projetant sur l’artisanal.

        Ne serait-ce que dans le petit éolien, qui est une solution parmis les solutions. Si vraiment nous mettions le paquet sur tout ça, il en ressortirait sans doute une economie florissante. En quelques sorte des années glorieuse vertes.

        Nos enfants diront de nous que l’on a réinventé le rapport de l’homme à notre planète, rétabli, diront les puristes.

        Tout ça c’est du boulo ! la finance, elle suis derrière, si le marché de l’energie est loyale, et c’est ce qui est en effet prévu. Hélas nous allons subir une hausse du prix de l’energie, mais en parrallèle les subventions et aides d’état s’elargiseent, l’un dans l’autre, le consommateurs responsable actif y gagne même de l’argent car il revendra de l’energie, si toutefois, il fait le nécessaire et mise sur les technologies popres.

        Un avenir bien passionnant, il me semble, moi qui suis technicien, je trouve que c’est jouable, pluto que de dire qu’on va dans un mur.


      • Bill Bill 21 novembre 2006 12:19

        Ah oui nos partenaires européens sont en avance, c’est très bien, il n’empêche qu’avec nos centrales nucléaires, nous n’avons pas besoin d’importer de l’électricité contrairement à l’Allemagne ! Faut pas dire de conneries non plus ! Par contre on peut étudier ces concepts pour plus tard, quand ça fonctionnera... pour de bon. Les éoliennes sont insuffisantes, elles ne produisent pas assez, il faudrait en mettre partout et encore... !

        Pour l’énergie solaire c’est évidement une bonne idée mais qui n’a pas encore fait ses preuves. Et au niveau individuel, que les crétins qui partent travailler en voiture fassent 30 km à pied chaque matin et chaque soir, comme ça ils ne polueront plus !

        C’est bien une parole de Bobo tout ça, je suis déçu que vouos tombiez tous dans panneau !

        Bill


      • LE CHAT (---.---.75.49) 21 novembre 2006 13:12

        Paldeolien , ce n’est pas parce que je defends le borgne au nom du respect de la démocratie que cela fait de moi un cryptolepeniste , je crois que je serais un dangereux gauchiste au FN et pas question pour moi de marcher au pas pour quelque parti que ce soit ! je trouve immoral qu’avec 15% des voix un parti est privé de representation de part les magouilles des soi-disant démocrates.

        Au niveau individuel je suis le seul de mon quartier qui va porter aux bennes les dechets à recycler ,et cela avec une brouette ( et pas en voiture )et j’utilise autant que je peux le bus ou la marche à pieds .

        J’espère que Nicolas Hulot se présentera afin que les aspirations des vrais ecologistes soient defendues ,car pour moi ceux qui se nomment les verts ne sont qu’une poignée de gauchistes libertins servant de roue de secours au PS .Que penser d’individus qui veulent l’entrée en masse de hordes de sans papiers alors que tout le monde sait que l’introduction irréfléchie d’elements (animaux ou plantes) non indigenes peuTperturber gravement un ecosystème .


      • Paldeolien 21 novembre 2006 13:38

        @ bill

        Pétrole, uranium, même problème, la fusion existe pas encore a echelle industrielle ni même à l’echelle production energétique.

        On finira pas en manquer.


      • Paldeolien 21 novembre 2006 14:00

        Ce sont les premiers effets du changement climatique.

        La lutte contre le gaspillage commence, c’est bon signe ! Chutte de 15% pour les constructeurs automobiles, c’est bienfait. Le consommateur boycotte, il sait qu’il a été pris pour une vache à lait, et que c’est encore le cas. Il attend des véhicules propre. Le documentaire d’Al GORE commence à rentrer dans les cerveaux. C’est tant mieux. Il va falloir nous adapter...

        Je regardais une stats mondiale, etonnante.

        Plus de 80% de la population mondiale est favorable à l’installation d’aérogénérateurs, 85% des Français sont favorables. Le gouvernement, l’industrie, sont décalés des exigences mondiales. Ils n’ecoutent pas les demandeurs, les demandeurs achètent pas, rien de plus normal.

        Loi de marché !


      • Bill Bill 21 novembre 2006 14:38

        Le Chat

        Tout à fait d’accord avec toi et je pourrai reprendre tes propos à mon compte... !


      • ZEN zen 21 novembre 2006 18:23

        @Agoravos .Webmaster

        La notation des commentaires fonctionne de manière complètement folle.Par ex. un vote positif donne un point en moins. Il faut arréter ce système...


      • Paldeolien 21 novembre 2006 19:31

        nan, mais non, c’est impossible, ce sont les commentateurs qui arretent pas de dire des conneries exprès pour être désagréables...c’est evident !!!


      • La Taverne des Poètes 21 novembre 2006 19:44

        Mais non Zen, faites « F5 » pour rafraîchir la page avant de voter... smiley


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 novembre 2006 11:24

        A lire, cet édito de le Boucher dans Le Monde

        ’économie française s’est arrêtée au troisième trimestre : croissance zéro. Mais comme le deuxième trimestre avait été extraordinaire (le gouvernement s’était précipité cet été pour s’en attribuer le mérite), au total la tendance reste celle d’une expansion d’environ 2 % sur l’année 2006. Ce n’est pas glorieux, loin de là, ce n’est pas non plus catastrophique (1,2 % en 2005). Mais cette médiocrité cache un mal grave et profond.

        La France est repassée sous la moyenne européenne. Elle fait, en particulier, moins bien que sa grande soeur germanique pour la première fois depuis 1994. Or, sa relativement féconde démographie devrait lui donner une croissance supérieure. Il y a quelque chose qui cloche...

        Ce quelque chose, c’est l’industrie. La France est en train de perdre pied en matière industrielle, régulièrement, insidieusement, sans que personne ne s’en alarme en haut lieu.

        L’indice de la production manufacturière française a reculé de 0,8 % au troisième trimestre. Le quatrième trimestre devrait être morose. L’année 2006, plate. Avec du recul, la production industrielle n’a plus progressé depuis la fin 2000. Les biens d’équipement (machines) ont gagné 15 % environ, les biens de consommation ont été atones, les biens intermédiaires (matériaux) ont perdu 5 %. Depuis deux ans, phénomène nouveau : la construction automobile s’effondre (- 15 %).

        Comme les Etats-Unis, la France n’est plus capable de produire autant qu’elle consomme, elle importe donc du travail des autres. Le commerce extérieur français est redevenu déficitaire en 2004, et le trou ne cesse de se creuser depuis. Il représentera cette année 1,5 % du PIB, une « ponction » d’autant dans la croissance.

        Le commerce mondial se développe vivement, la demande des ménages français est solide et régulière : pourquoi l’offre des industriels reste-t-elle si « inerte », comme le déplore Patrick Artus, économiste en chef d’Ixis ? Les économistes et les experts de l’administration se sont disputés sur les réponses pour savoir si les difficultés n’étaient que passagères et au fond pas très graves. La persistance de l’atonie industrielle devrait aujourd’hui chasser les lunettes roses du nez des optimistes : force est maintenant de constater que le mal est triple.

        1. L’industrie souffre d’un recul de sa compétitivité, au moins par rapport à son compétiteur le plus frontal, l’Allemagne. Le problème n’est pas le coût des salaires mais l’impact accumulé des mesures qui rendent pénibles la vie des entreprises : prélèvements trop nombreux, bureaucratie paralysante (notre confrère des Echos, Jean-Marc Vittori, décrit les ministres qui n’ont plus d’argent mais tiennent à faire des réformes forcément de plus en plus insignifiantes) et, il n’est plus possible de l’occulter, les 35 heures. L’histoire retiendra que la RTT aura été le fruit amer d’une alliance objective entre les socialistes et les grands du CAC40, qui y ont trouvé leur compte et qui délocalisent, aux dépens des entreprises de taille moyenne et petite, celles qui emploient et produisent en France.

        2. L’industrie souffre de maux « structurels » dont l’inventaire est connu : l’investissement est insuffisant (voir graphique), les entreprises n’arrivent pas à grossir, les dépenses de recherche et développement ne sont pas à la mesure du défi de la mondialisation. Ce dernier problème n’est pas que français, il est européen : l’Europe ne cesse de reculer dans l’« industrie de la connaissance » faute de crédits, faute de vocations, faute, surtout, de n’avoir pas réalisé son décrochage. Les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Russie) comptent près du double d’étudiants que l’Europe ! Comment croit-on pouvoir maintenir notre niveau de vie dans ces conditions ?

        3. L’industrie souffre de difficultés sectorielles. Le recul dans l’automobile est le plus alarmant étant donné son impact sur l’ensemble du tissu national. La sous-traitance des pièces se délocalise, il en sera de même des usines de montage. Seule une montée en gamme de Renault et PSA permettrait d’en reculer l’échéance, mais est-ce possible face aux groupes allemands ?

        L’autre lourd dossier est celui de l’aéronautique et des armements. Les entreprises françaises et européennes tardent à se réorganiser. Dassault n’exporte toujours aucun Rafale. Comment Airbus peut-il sortir du trou d’air, retrouver des moyens financiers et technologiques face à un Boeing fort de la détermination du complexe militaro-industriel et de toute la recherche américaine, à reprendre la place de numéro un ? La pharmacie française, dernier exemple, peut-elle survivre à l’incroyable accélération des dépenses de recherche qu’imposent les biotechnos ? En dehors de Sanofi, on s’interroge.

        Mais le plus inquiétant de ce noir panorama est que la prise de conscience de l’ampleur de l’effort nécessaire n’est pas faite chez les dirigeants politiques français (malgré les pôles de compétitivité et l’agence de recherche) et, encore moins, parmi les commissaires européens. Que l’industrie recule ? C’est normal, on va vers une économie de services, entend-on.

        L’Allemagne est parvenue à refuser cette fatalité. La France, pays d’ingénieurs, n’a pas la City. Elle devrait urgemment comprendre qu’elle aussi doit son rang, au XXIe siècle, à son industrie. Eric Le Boucher


        • Paldeolien 21 novembre 2006 11:41

          La France a perdu 2/3 de sa capacité industrielle depuis 2000.

          Délocalisation...


        • Internaute (---.---.17.179) 21 novembre 2006 12:24

          Quelques remarques :

          « Comme les Etats-Unis, la France n’est plus capable de produire autant qu’elle consomme, elle importe donc du travail des autres. Le commerce extérieur français est redevenu déficitaire en 2004, et le trou ne cesse de se creuser depuis. Il représentera cette année 1,5 % du PIB, une « ponction » d’autant dans la croissance. »

          Le mot « capable » est bien mal placé dans cette phrase. La France est tout à fait capable. Elle ne le fait pas car la politique du PS et de l’UMP est celle de la libre concurrence avec le tiers-monde et nous ne serons compétitifs avec eux que lorsque nous accepterons de vivre à Paris comme dans la banlieue de Calcutta. Le déficit commercial chronique des USA montre qu’il ne suffit pas d’une excellente recherche pour s’en sortir. La France suit la même politique et subit les mêmes effets. On doit aussi pouvoir gagner sa vie en fabricant des balais et des casseroles. Les politiques ne l’ont pas compris (sauf au FN mais ils n’ont pas encore la responsabilité des affaires).

          « Les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Russie) comptent près du double d’étudiants que l’Europe ! Comment croit-on pouvoir maintenir notre niveau de vie dans ces conditions ? » Alors là, vous métonnez. Vu la quantité de chinois, indiens et brésiliens qui restent complètement hors du système (50%, 60% de la population ?) la comparaison est visiblement faite sur des valeurs absolues. Il est évident qu’avec presque 3 milliards d’habitants, ils ont plus d’étudiants qu’une Europe beaucoup moins peuplée même si en pourcentage de la tranche des 20-27 ans ils sont trés loin derrière nous.


        • Le Hérisson (---.---.46.229) 21 novembre 2006 12:05

          Je crois que l’auteur avait déjà lu l’article d’Eric le Boucher (Le Monde de dimanche dernier). Je vous invite également à lire un ouvrage de Jean-Louis Levet, ancien commissaire au plan et ancien conseiller du premier ministre, l’un des dix meilleurs spécialistes de l’économie industrielle qui publie « Pas d’avenir sans industrie », éditions Economica.


          • Internaute (---.---.17.179) 21 novembre 2006 12:09

            Croissance zéro mais immigration croissante. Résultat, la même quantité de riz est à partager entre plus de personnes.


            • LE CHAT (---.---.75.49) 21 novembre 2006 13:38

              logique , plus on est de fous , moins on a de riz !


            • Paldeolien 21 novembre 2006 14:02

              Ce sont les premiers effets du changement climatique.

              La lutte contre le gaspillage commence, c’est bon signe ! Chutte de 15% pour les constructeurs automobiles, c’est bienfait. Le consommateur boycotte, il sait qu’il a été pris pour une vache à lait, et que c’est encore le cas. Il attend des véhicules propre. Le documentaire d’Al GORE commence à rentrer dans les cerveaux. C’est tant mieux. Il va falloir nous adapter...

              Je regardais une stats mondiale, etonnante.

              Plus de 80% de la population mondiale est favorable à l’installation d’aérogénérateurs, 85% des Français sont favorables. Le gouvernement, l’industrie, sont décalés des exigences mondiales. Ils n’ecoutent pas les demandeurs, les demandeurs achètent pas, rien de plus normal.

              Loi de marché !


            • Hérisson (---.---.121.162) 21 novembre 2006 12:22

              Je signale au commentateur précédent (immigration) que certains pays à plus forte croissance que la France sont obligés de faire venir des immigrés... Alors cessez d’associer l’économie aux immigrés. Toute fine analyse démontre que cela n’a rien à voir.


              • psychotique (---.---.117.194) 21 novembre 2006 13:36

                Dans certaines régions de l’Inde, la pression selective a produit certains individus qui n’ont pas besoin de manger, qui se passent de chauffage, et de tout bien de consommation. Ils se contentent de prier. C’est l’avenir de la France et de l’Europe.


                • LE CHAT (---.---.75.49) 21 novembre 2006 13:40

                  vas tu te présenter au nom des sadus français ?


                • Paldeolien 21 novembre 2006 14:01

                  Ce sont les premiers effets du changement climatique.

                  La lutte contre le gaspillage commence, c’est bon signe ! Chutte de 15% pour les constructeurs automobiles, c’est bienfait. Le consommateur boycotte, il sait qu’il a été pris pour une vache à lait, et que c’est encore le cas. Il attend des véhicules propre. Le documentaire d’Al GORE commence à rentrer dans les cerveaux. C’est tant mieux. Il va falloir nous adapter...

                  Je regardais une stats mondiale, etonnante.

                  Plus de 80% de la population mondiale est favorable à l’installation d’aérogénérateurs, 85% des Français sont favorables. Le gouvernement, l’industrie, sont décalés des exigences mondiales. Ils n’ecoutent pas les demandeurs, les demandeurs achètent pas, rien de plus normal.

                  Loi de marché !


                • pinpin (---.---.49.145) 21 novembre 2006 14:02

                  Enfin on aborde la décroissance... espérons que les autres pays fassent de même...


                  • bourriquette (---.---.7.106) 21 novembre 2006 14:12

                    intéressant tout ça !! ...mais j’ai une question à la gourmande mouette : comment augmente - t- elle la taille du gateau ? en empruntant + et en laissant filer le déficit ? je vois pas ...


                    • Henry Moreigne Henry Moreigne 21 novembre 2006 14:29

                      Ni l’un ni l’autre. Emprunts et déficits ne créés pas de richesses (directement au moins). Il faut, de façon collective travailler plus. N’est-ce pas ce que l’on fait à titre personnel quand on fait des heures supplémentaires pour se payer une dépense inhabituelle ?


                    • melanie (---.---.121.158) 25 novembre 2006 13:10

                      A Henri Moreigne :

                      Travailler plus ...

                      Il faudrait donc créer en masse des emplois qui n’existent pas encore pour « remplacer » ceux perdus dus aux délocalisations et les licenciements en général.

                      Car travailler plus alors même que se pose de façon crucial un problème d’accès pour tous à l’emploi et de la quantité suffisante d’emplois potentiels pour toute la population en age de travailler ...

                      Faute d’Industries délocalisées ,il reste à Innover pour créer des emplois ...et on revient au problème déjà cité : Ne reste que les technologies émergentes afin de supporter collectivement les effets de la crise climatique.

                      On ne peut rester sur le statut quo du tout-nucléaire en France alors même que nous ne sommes pas un bon élève en matière de GES et que notre parc automobile associé à un parc immobilier obsolète nous plombent l’Atmosphère de CO2.

                      L’enjeu vital des années à venir sera climatique et c’est effectivement là qu’il faut innover et créer les emplois de demain.

                      La France reste la lanterne rouge en matière de création d’emplois en environnement alors que ne nombreux étudiants sont d’ores et déjà formés comme techniciens dans ce secteur.

                      Quand je constate qu’en Languedoc Roussillon où l’ensolleillement est reccord les petites entreprises continuent à vendre de « la clim » à tout va et que les subventions à l’aménagement solaire sont les plus ridicules de France ....je desespère .


                    • josé (---.---.141.163) 21 novembre 2006 14:39

                      De nos jours, en France le seule probléme qui preocupe les français c’est le frique et si possible celui des autres. Comment l’obtenir c’est completement secondaire et surtout l’Etat doit s’en charger pour le trouver ou même le voler. Allez, vous irez trop loin.


                      • bourriquette (---.---.7.106) 21 novembre 2006 14:43

                        si je comprends bien vous êtes en train de dire qu’il faut remettre en cause les 35h et plus largement libéraliser le temps de travail ? ......pas très à gauche tout ça !


                        • Henry Moreigne Henry Moreigne 21 novembre 2006 14:59

                          vous biaisez le débat. Est-il juste que d’un côté il y ait le secteur public, secteur protégé et de l’autre un secteur exposé aux délocalisation du fait du coût du travail liè en partie aux 35 heures ?


                        • bourriquette (---.---.7.106) 21 novembre 2006 15:24

                          je ne biaise pas , je n’ai pas ce talent là ! mais sérieusement les délocalisations ne sont pas que la conséquence des 35h , c’est un peu facile, il y en avait avant ... et puis je vous rappelle que dans le secteur public les gens sont recrutés dans la grande majorité des cas sur concours et ont des traitements inférieurs d’environ 25 % avec le secteur privé pour des fonctions analogues ..., et puis public/ privé c’est un choix ... quand aux 35h, faut peut être y apporter des améliorations mais peut être aussi bien l’appliquer ... comme toutes les lois en france d’ailleurs ! et le coût du travail ne se résume pas qu’aux salaires nets des employés mais aussi aux charges patronales...


                        • www.jean-brice.fr (---.---.5.241) 26 novembre 2006 17:43

                          Les 35 Heures ne sont pas la seule cause de notre déclin industriel : pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr


                        • odlhp (---.---.63.162) 21 novembre 2006 14:51

                          ne pensez-vous pas que la reconnaissance du travail fourni de la part des responsables (un simple « merci » pour un effort supplémentaire fourni, par exemple) réglerait en partie le problème. Si nous sommes autant attachés à nos RTT, c’est peut être parce que l’on se dit que meme en travaillant plus, nous ne serons pas plus reconnus. L’aspect financier vient ensuite. Commençons par respecter un peu plus les salariés, les impliquer d’avantage dans la marche de l’entreprise, et la productivité s’en trouvera certainement améliorée. D’autre part, on ne peut pas se plaindre que les emplois industriels partent à l’étranger et se ruer sur tous les produits importés des pays émergeants puisque moins chers.


                          • Paldeolien 21 novembre 2006 15:17

                            Vous parlez de productivité alors qu’on est en train de griller la planète on produit déja trop !!!

                            Vous pouvez me croire, je suis technicien PRODUCTIQUE, il y a une quantité énorme de gachi partout, à tout les niveaux !!!

                            Relancer la consommation c’est à l’opposer de ce qu’on doit faire, nous devons produire, certe oui, mais produire du durable, réparable, des produits qui s’inscrivent dans le long terme ! Imaginez les quantités colossales d’energies nécéssaires à la mise en forme d’un produit, c’est considérable ! Chaque fois que l’on jette un produit nous jettons avec l’energie qui a servi à mettre en forme ce produit, c’est une pure perte sèche !


                          • Voltaire Voltaire 21 novembre 2006 15:28

                            Excellent article, tout comme l’édito de Le Boucher d’ailleurs.

                            Je ne détaillerai pas ici, faute de place, les diverses remèdes que l’on peut envisager pour relancer la machine (certains en ont d’ailleurs fait part, comme utiliser les contraintes environnementales comme nouveau marché etc...), mais un certain nombre de solutions qui semblent valables sont proposées aussi bien par le PS que par l’UDF et l’UMP.

                            Le hic, c’est de les appliquer, et d’omettre en même temps les « idioties » idéologiques qui les accompagnent...

                            Très humblement, je dois avouer partager avec 70% des français l’idée que ces solutions ne pourront pas être mises en oeuvre par un seul parti, de droite ou de gauche, car, comme pour d’autres sujets, elles demandent une adhésion large du pays pour être effectives. J’ajoute qu’un certain nombre de ces solutions passent par l’Europe pour avoir le levier, la taille critique, nécessaire (quelque soit la conception politique de l’Europe que l’on propose).


                            • (---.---.107.66) 21 novembre 2006 16:23

                              « Excellent article, tout comme l’édito de Le Boucher d’ailleurs. »

                              L’article de Le Boucher (ce n’était heureusement pas un édito) est, comme souvent avec lui, un infame torchon, comme l’explique Olivier Bouba-Olga sur son blog.

                              Sa rhétorique est vraiment caractéristique de son appartenance à la classe des autistes-économistes... Encourager la production industrielle ! Voilà une idée bien saugrenue pour quiconque est un minimum à l’écoute de ce qui se dit partout, notamment sur les problèmes environnementaux. C’est pourtant ce qu’on préconise, puisque la finalité de toute activité humaine, la garantie du bonheur, c’est bien sûr de créer de la croissance, quel qu’en soit le prix et les moyens !

                              Voilà pourquoi le qualificatif d’autiste.


                            • Pierrette (---.---.148.182) 21 novembre 2006 15:42

                              ... Et si tout simplement les Francais et voisins europeens n’avaient plus de sous pour acheter par exple des voitures ?

                              La tres tres forte augmentation des prix de l’immobilier ne fait que plomber le bugdet des menages qui voient leurs cptes plombés pour 25 ans !

                              Dans le pays des 35H ... on ne peut s’attendre non plus à une production manufacturiere bon marché !

                              En avant les importations !


                              • stormy (---.---.39.8) 21 novembre 2006 16:42

                                « Croissance zéro mais immigration croissante. Résultat, la même quantité de riz est à partager entre plus de personnes. »

                                Ce n’est pourtant pas ce que disent les économistes pour expliquer le déclin de la France .Avec ce genre de réflexion simpliste ,on imagine mal ce que pourra faire le FN une fois au pouvoir.Finalement ce serait assez rigolo :on coupe les vannes,on pacifie les Banlieues par tous les moyens néccesaires,on renvoie tous les indésirables.ET la France se plante quand même !Alors les gens prendront conscience que ce n’est pas le trop plein d’étrangers,bien que nocif,qui plombe la croissance .Dresser des épouventails n’augmente pas le PIB.


                                • (---.---.75.131) 21 novembre 2006 17:54

                                  Le non à l’ europe de 2005 est un « non » à Giscard . La France hurle « stop » ,les français avaient faits fermer l’ ena . Elle est encore en activité parait-il !!!Nous allons nous facher....


                                  • (---.---.37.70) 21 novembre 2006 18:04

                                    « La qualité de sa main-d’œuvre, »

                                    Pas de bol, l’OCDE nous explique que la France à le plus de salarié non qualifié de tous les pays..

                                    « son niveau d’épargne »

                                    Ridicule.

                                    « et sa qualité de vie, enviée à l’étranger. »

                                    Soyons sérieux, enfin.

                                    « L’éducation, la formation doivent rester des priorités, même si des réformes sont nécessaires pour les adapter aux demandes d’aujourd’hui et de demain. »

                                    Oui, il faut tout privatiser.

                                    « L’épargne, le bas de laine des Français, doit sortir des armoires, des placements improductifs, les assurances-vie par exemple, pour donner de l’oxygène à notre économie, et à l’industrie en particulier. »

                                    Ah Ah AH !! RIDICULE ! L’Etat à BESOIN de cet argent.

                                    « La France, première destination touristique mondiale, »

                                    Troisiéme, en fait.

                                    « n’a pas pour unique vocation de devenir un seul espace de services. La puissance d’une nation, c’est avant tout son industrie. »

                                    L’industrie ? Et pourquoi pas l’agriculture, pendant qu’on y est ?? Ou l’industrie du sabot ? Non, l’avenir, ce sont les services, comme les USA le montrent -qui ont toujours 10 ans d’avance sur nous.

                                    « Elle se condamne à importer. Or importer des biens, c’est se résigner à voir partir des emplois à l’étranger, à importer du travail des autres. »

                                    Des conneries, digne du XVIIéme siécle. Importer peut parfaitement créer de l’emploi. Les USA importent énormément, et sont en plein emploi. D’ailleur, si l’on importe, c’est bien que cela rempli les besoins des français.

                                    Par contre, le déficite prouve la baisse de compétitivité de la France (17éme rang mondial...), du fait des impots débiles sur le capital (deux fois plus eleve que le reste de l’europe...) et du climat politique de haine contre « les riches » (en vouloir au mec qui peuvent seul vous aider vraiment, c’est super intelligent...).

                                    Ce parcours est typique des pays socialistes, qui vise avant tout l’Egalité, donc la pauvreté généralisé. Foutez la paix aux riches, et tout ira bien mieux.


                                    • cdg (---.---.213.35) 21 novembre 2006 21:38

                                      les USA sont aussi en deficit, ce qui contredit votre argument.

                                      En soit etre deficitaire n est pas tres grave, si ca ne dure pas tres longtemps (ex la france avait un commerce exterieur deficitaire jusqu au milieu des annees 80) Dans le cas des USA, c est encore mieux car ils payent en monnaie de singe. (le deficit est en $ que les chinois et japonais sont obliges d utiliser pour acheter des bons du tresor US afin deviter que leur monnaie monte et ce qui reduirai leur exportations. Seul pb, tot ou tard les USA ne rembourseront pas (soit via inflation, soit par une manip type non convertibilite $/or comme nixon a l epoque)


                                    • Marc Bruxman (---.---.48.80) 21 novembre 2006 19:45

                                      Le libéralisme tout de suite.

                                      Et pas un faux libéralisme à la sarko, un vrai libéralisme !

                                      - Remplacement des retraites par répartition par un système de capitalisation. - Privatisation de l’assurance chomage. - Supression de toutes les allocations. - Privatisation de tous les services publics. - Pertes de statut de tous les fonctionnaires.

                                      Seul ce traitement de choc nous libérera de ce qui gangréne ce pays.


                                      • Le Hérisson (---.---.121.162) 21 novembre 2006 23:13

                                        Je voulais signaler aux commentateurs précédents que si on suivait le raisonnement du « tout libéralisme », on aurait enfin un bon vieux système féodal sans parachute pour les plus démunis... Or, les bas salaires, voire les rmistes ou les chômeurs sont aussi générateurs de consommation intérieure, même davantage proportionnellement que les « riches » qui épargnent plutôt.. Leur raisonnement va aussi à l’encontre des pensées économiques modernes (voir le dernier prix Nobel d’économie.. américain) qui prône un retour à un état plus protecteur, tout comme stiglitz, un autre prix Nobel. A un autre, je voulais signaler que le travail est taxé 20 à 40 fois plus que les flux financiers. La productivité industrielle également. Est-ce bien normal ? Du fait de l’arrivée des fonds de pension américains, là où autrefois des entreprises se contentaient de 5 % à 10 % de bénéfice, elles exigent aujourd’hui de 20 à 30 % : le capitalisme a changé de nature, il s’est « financiarisé ». Quelles sont les entreprises les plus gagnantes : les services, les banques et assurances, la grande distribution... Il suffit de lire la presse économique pour constater que les services ne sont pas touchés par la crise, et cela depuis au moins deux décennies. C’est la raison pour laquelle, ainsi que le préconisent Eric Le Boucher et bien d’autres, il faut effectivement relancer l’industrie, la recherche et développement, la coordination industrielle alors que l’Etat est aujourdhui en train de tout laisser filer. Rappelons tout de même que nos impôts ont financé pour plusieurs milliards de francs dans les années 80 le maintien puis le développement de la sidérurgie, aujourd’hui vendue à une société indienne. Au commentateur qui veut « protéger les riches », je lui conseille de méditer sur l’attitude des actionnaires de Suez repris dans la presse d’aujourd’hui. En effet, la fusion avec GDF a fait augmenter l’action (c’est donc l’Etat et nous-mêmes qui indirectement, par la fusion, font augmenter l’action). Devinez ce que les actionnaires de SUEZ demandent ? Une revalorisation par l’Etat du prix de SUEZ... Franchement, si le ridicule ne tue pas, la cupidité non plus. Voilà à quoi conduit le libéralisme débridé. Quand on parle d’industrie, il ne s’agit pas uniquement de l’industrie des années 80, mais de toute l’industrie du XXIème siècle : l’industrie du développement durable, les nanos, les biotech, etc.. C’est ce que l’Allemagne, la Chine, l’Inde, la Finlande, la lettonie... font. Rappelons que la principale industrie de la Finlande jusqu’en 1985 était le bois ! Aujourd’hui, c’est la téléphonie ! Si la France se contente de ses petits services, non seulement elle contribue à développer la financiarisation de l’économie mais elle obère son avenir pour 50 ans.


                                        • melanie (---.---.121.158) 25 novembre 2006 13:49

                                          Juste merci à l’analyse de « Hérisson » qui a l’avantage d’être non seulement claire et structurée mais argumentée et intelligente.

                                          Reste à innover et relancer une économie industrielle sur des bases saines et tournée vers les enjeus à venir à savoir -bis repetita- environnementaux :

                                          Traitement des déchets de masse, traitement des eaux infiltrées de pesticides nitrates et autres polluants, amélioration de la performance énérgetique des batiments, renouvellement d’un véritable parc automobile adapté et peu polluant, utilisation des energies renouvellables à grande échelle dans l’Habitat, formation de techniciens et de véritables médiateurs auprès du grand public pour faire changer les habitudes des citoyens de façon massive.....

                                          Je connais autour de moi et sur différents forums environnementaux une energie à « se bouger » pour ces enjeux là très encourageante. Donner enfin un sens à son ivestissement professionnel là où tous les sondages montrent une lassitue et un raz le bol des salarés cadres y compris.

                                          Pour avoir été commerciale je sais que la variable argent n’est pas à terme celle qui vous donne envie de vous lever le matin pour travailler.

                                          Denamiser une économie motibonde en investissant dans la recherche autour d’industries « propres » est un challenge qui réussi, nous donnera des atouts indéniables y compris en matière de transfert de technologies.


                                        • baaltwelve (---.---.80.30) 22 novembre 2006 11:42

                                          à penser cette croissance en panne fait les beaux jours de tous ceux qui pronnent le disparition des 35 h. cela va permettre à l’ensemble de nos décideurs de pouvoir dire que la productivité française est trop faible et qu’il faut pour l’augmenter balayer tous les acquis sociaux. j’ai peur en l’avenir pourrait devenir un slogan de campagne non ??


                                          • René Job (---.---.131.81) 22 novembre 2006 20:05

                                            Au club de l’économie sur LCI, les patrons des grandes banques françaises défilent.

                                            Leur vision de la France : un pays dont l’activité principale doit se concentrer sur le tertiaire.

                                            Ce qui est amusant, c’est qu’ils installent des filiales en Chine où ils n’hésitent pas à financer les industries locales de toutes sortes.

                                            La réalité, c’est que les gens qui disposent des masses financières préfèrent investir en Chine.

                                            1,3 Milliards d’individus. L’aubaine. On y trouvera bientôt toutes les sortes d’activités économiques incluses les plus pointues. Le tout aura été activement soutenu par nos propres institutions financières. L’épargne française sert à développer d’autres économies. Nos industriels n’ont pas suffisamment accès aux capitaux. c’est tout.

                                            Ce phénomène insidieux a commencé au début des années 90 où on a commencé à vouloir mettre dans la tête des entrepreneurs qu’il fallait qu’entre eux, ils se règlent vite sans compter sur les banques.

                                            La banque d’investissement est un ensemble de métiers. S’ils existent, ce n’est pas pour rien. On ne pouvait pas demander aux entrepreneurs d’être aussi leurs propres banquiers. çà n’a pas marché. Le résultat est qu’aujourd’hui faute d’avoir pu investir, les industriels français n’ont pas le choix soit ils vendent soit ils s’en vont (en transférant à nos concurrents nos savoirs).

                                            Paldeolien pense qu’il faudrait développer les industries des technologies du futur notamment en ce qui concerne l’écologie. Oui, je suis d’accord.

                                            Mais il faut savoir que si personne ne fait rien sur les Banques d’investissement et l’Europe, nous développerons des technologies qui finiront par aboutir dans l’escarcelle de nos concurrents, et pour pas cher.

                                            Il faut le dire : nos gouvernements travaillent clairement contre l’intérêt général de notre pays.

                                            Rien ne changera. Il y aura des revenus sociaux pour amortir les chocs. Jusqu’au moment où on ne pourra plus les financer à leur tour. La crise générale est au bout du chemin.

                                            Il y a des économistes qui préconisent d’autres politiques, mais ils ne sont pas écoutés. leur discours ne sert pas les intérêts particuliers qui se sont substitués à la notion d’intérêt général.

                                            Je pense que les données du troisième trimestre 06, elles-mêmes, sont insincères. La contreperformance a sûrement due être atténuée : on aura mis « zéro » au lieu de « -x ». C’est plus présentable et défendable. L’argument de défense est alors : « mais regardez la croissance glissante sur la période des 12 mois écoulées. » Pratique.

                                            La thèse de Breton est que les entreprises ont « déstockée ». J’attends de voir. Nous verrons en février 2007, les données pour le dernier trimestre 2006.

                                            Comme le dit B. Dugué, nous ferons 2%. C’est-à-dire deux à trois fois moins bien que la croissance mondiale moyenne. Tout va bien.


                                            • melanie (---.---.121.158) 25 novembre 2006 13:59

                                              Chutttt... Juste à titre personnel : J’aime les analyses intelligentes et « ce qui se conçoit clairement s’énnonce clairement » et donc Merci à René Job.


                                            • www.jean-brice.fr (---.---.30.225) 26 novembre 2006 12:59

                                              Avant de se lamenter sur notre déclin incontestable, ne serait-il pas opportun d’en rechercher les causes ? Pour cele je vous conseille de cliquer RUEFF Jacques et vous aurez une autre approche de la situation ... Vous pouvez aussi aller sur mon site www.jean-brice.fr où vous aurez une description étayée de notre lent déclin : seule un retour à une vraie démocratie est à même de pouvoir entreprendre un rebond salutaire ...


                                              • (---.---.221.249) 29 novembre 2006 18:17

                                                Voici ce que je préconise pour relancer la croissance : je me tiens à votre disposition pour plus d’explications

                                                1) Baisse des charges sociales

                                                2) Suppression du motif de licenciement

                                                3) Suppression des indemnités de licenciement

                                                4) Abaissement du taux d’imposition sur les bénéfices à 15%/20%, 5% pour les holdings. Suppression de la double imposition bénéfice et revenu pour les actionnaires

                                                5) Secret bancaire absolu

                                                6) Suppression des droits de successions

                                                7) Défiscalisation totale pour les non résidents

                                                8)Suppression des allocations chômage après 6 mois d’inactivité

                                                9) Aides sociales revues à la baisse et remboursables dès reprise d’une activité

                                                10) Suppression du statut de fonctionnaires

                                                11) Réduction de l’administration

                                                12) Suppression du SMIC

                                                13) Privatisation de tous les services publics à part police, justice, éducation et la gestion des infrastructures routières.

                                                14) Développement de l’apprentissage

                                                15) Abaissement des taxes sur les transactions immobilières à 5%

                                                Je n’invente rien : c’est exactement ce qui est en vigeur en Suisse. Taux de chômage en Suisse 3%, en France 9.1%, officieusement 19%

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès