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Accueil du site > Actualités > Economie > La crise de l’anarchie néolibérale

La crise de l’anarchie néolibérale

La crise actuelle n’est pas seulement la conséquence des excès des subprimes ou du comportement individuel de quelques traders. Elle est la conséquence directe des excès de la déréglementation.

Aux racines du mal : une triple déréglementation

À partir des années 70, les structures économiques relativement rigides issues de l’après-guerre ont été démantelées par les tenants d’une liberté économique sans limites. Ils sont parvenus à mettre en place une triple déréglementation, monétaire, commerciale et financière, liée par l’idéologie et des intérêts croisés. La libéralisation financière pousse ainsi celle du commerce puisque les multinationales qui investissent à l’étranger cherchent ensuite à exporter. La libéralisation monétaire pousse la libéralisation financière pour permettre aux entreprises de se couvrir contres les évolutions erratiques du cours des monnaies.

On oublie aujourd’hui le rôle fondamental de la fin de la convertibilité du dollar en 1971, qui a accéléré la financiarisation de l’économie (le marché des devises est le premier au monde). Puis, les accords commerciaux se sont multipliés pour démanteler les barrières douanières et assurer une circulation la plus libre possible des biens. Enfin, les années 80 ont vu une accélération de la déréglementation financière jusqu’à ce que les échanges financiers soient 50 fois plus importants que ceux de marchandises.

Les trois conséquences de la déréglementation

La déréglementation a eu trois conséquences. La première a été un gonflement incontrôlé de l’endettement (des ménages et des Etats), permis par le manque d’encadrement des pratiques financières. Les institutions financières peuvent créer toujours plus de monnaie par rapport à leurs capitaux, que ce soit par l’effet de levier, qui permet de prêter ou placer davantage que ce qui est autorisé (par le hors bilan) ou la titrisation (qui permet de sortir le risque du bilan). Les excès de cette libéralisation sont particulièrement bien illustrés par les excès du marché de l’immobilier subprimes aux Etats-Unis, que Paul Jorion décrit si bien.

La deuxième conséquence est une amplification radicale du caractère cyclique de nos économies et la multiplication des crises. Nous vivons dans un monde économique de plus en plus instable : krach boursier en 1987, crise économique du début des années 90 (conséquence d’une bulle immobilière), crise asiatique de 1997, bulle Internet de 2001, subprimes en 2007. Et du fait de la libéralisation, la contagion est plus rapide et les crises sont plus violentes. Le repli de la régulation laisse mieux apparaître le caractère exagérément cyclique du marché, exubérant à la hausse comme à la baisse.

La troisième conséquence est une hausse des inégalités. Le libre-échange non régulé des pays développés avec les pays émergents provoque une déflation salariale et une hausse du chômage. Le système actuel ne profite au mieux qu’à 10% de la population. Et la hausse des inégalités se retrouve également dans la soumission accrue des entreprises au diktat du marché. Enfin, cette inégalité transparaît dans le rapport entre les entreprises et les citoyens puisque les premières s’accaparent une part toujours plus grande de la richesse au détriment des salaires, preuve que déréglementation ne rime pas forcément avec concurrence.

Pire, les trois conséquences de la déréglementation se renforcent entre elles. En effet, c’est bien la hausse des inégalités aux Etats-Unis qui a provoqué la catastrophe des subprimes puisque les ménages modestes ont compensé par l’emprunt la baisse de leur pouvoir d’achat à cause à la déréglementation financière. Et c’est la déréglementation monétaire et financière qui pousse les pays d’Asie à engranger des excédents colossaux pour se protéger des marchés, créant d’énormes déséquilibres financiers mondiaux.

Une guerre sémantique et philosophique

De manière intéressante, les tenants du système ont gagné une partie de la bataille en parvenant à qualifier la destruction de la réglementation économique issue de l’après-guerre des beaux noms de mondialisation, globalisation ou déréglementation. En effet, comment être contre ces termes, porteurs de valeurs positives ? Notre combat idéologique passera également par les mots et il nous revient de qualifier ce qu’est vraiment cette évolution de ce capitalisme sauvage : la loi de la jungle, la loi du plus fort ou l’anarchie néolibérale.

Pire, certains ont réussi à faire passer ce retour en arrière pour moderne. Il s’agit d’une arnaque incroyable tant cette idéologie tend à revenir au capitalisme sauvage du tournant du siècle, celui d’avant les grandes conquêtes sociales. En quelque sorte, pour reprendre Paul Jorion, il s’agit d’une volonté de retour du capitalisme à l’état de nature, d’un déni de tout ce qui fait l’humanité, l’abandon du processus de civilisation où le bien commun et la solidarité l’emportent sur les calculs égoïstes individuels.

Quelques économistes darwiniens ont vendu l’idée que la somme des égoïsmes correspond à l’intérêt général et qu’une main invisible bienveillante veille sur le marché pour promouvoir le « laissez faire » et le « laissez passer ». La crise leur fait perdre une bataille, mais ils n’ont pas encore perdu la guerre…


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41 réactions à cet article    


  • JoëlP JoëlP 11 février 2009 10:22

    >>la somme des égoïsmes correspond à l’intérêt général

    Eh oui, toujours la fable des abeilles de Mandeville. Une idée pas nouvelle puisque cette fable à été publiée à l’année de la mort de Louis XIV. Vous avez raison, l’absence de règles est le vrai problème mais on n’a pas l’impression que l’on va en mettre en place trs vite. Tous les responsables ou presque sont en place. On a pas vraiment entendu de mea culpa... On fait un peu semblant en attendant la fin de la crise pour que repartent ces merveilleux profits.


    • Yena-Marre Yena-Marre 11 février 2009 10:34

      Bonjour ,
      Ils n’ont pas perdu la guerre , simplement parce que certains pensent qu’il est possible de " moraliser " le capitalisme .
      C’set une illusion , le fondement du libéralisme c’est justement l’absence de régulation . Les gens en prennent conscience .


      • LE CHAT LE CHAT 11 février 2009 10:42

        La dérégulation conduit à la loi la jungle , c’est ce qui s’est passé dans le domaine des transports routiers comme aériens . Par ex , sous la pression de chargeurs , les tarifs de transports routiers sont la moitié de ce qu’ils étaient il y a 20 ans , mais les routiers français sont remplacés par des polonais et des roumains ....


        • Tetsuko Yorimasa Tetsuko Yorimasa 11 février 2009 10:56

          Anarchie neolibérale...vraiment n’importe quoi.
          L’Anarchie n’est pas la loi de la jungle.
          L’Anarchie n’est pas la loi du plus fort.
          Vous confondez Anarchie avec chaos


          • Kalki Kalki 11 février 2009 11:40

            L’anarchie (du grec αναρχία -anarkhia-, du an-, préfixe privatif : absence de, et arkhê, commandement, ou « ce qui est premier »)
            http://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchie

            Il n’est pas question de chaos, c’est l’absence de lois permettant aux forces du systeme de se liberer( néoliberalisme)

            On peut voir également l’ Aristocratie libertaire, et les anarchismes de droite.
            http://fr.wikipedia.org/wiki/Aristocrate_libertaire

            Qui ont participés comme prémisces idéologique à l’accomplissement de la destruction des regles et des etats au niveau financier, économique, ... ( et donc également humain mais les etres humains leur besoins et leur bonheurs, n’existent pas aux yeux de certaine personnes)


          • makikou 11 février 2009 14:38

            L’anarchie c’est l’autorégulation du système par ses acteurs. C’est-à-dire qu’on est tous suffisamment intelligent pour ne pas avoir de contraintes d’un régulateur pour ne pas s’entre tuer ou se voler les uns les autres.
            Vous noterez que c’est exactement ce que disent les tenants de l’ultra libéralisme. Pour eux il n’y a pas besoin de régulation parce que les acteurs du système ont des besoins et une appréhension du marché suffisant pour qu’il y ait une autorégulation.

            La seule différence c’est que les uns appliquent cette doctrine à la société et les autres à l’économie.
            (En fait les "jeunes" avec leur T-shirt avec une grand A et les économistes en costard cravate sont de la même tribu mais dans des environnements différents.)
            Le problème dans un cas comme dans l’autre c’est qu’il suffit d’une personne pour mettre en l’air le système.


            Le plus drôle est que l’ultra libéralisme est un pur produit de mai 68. Le fameux "jouir sans entrave".
            Ils ont juste oublié une entrave impérieuse celle des générations futures.


          • FreakOut 12 février 2009 01:46

            Étymol. ET HIST. − 1. 1372-1374 [et non 1361] « exercice du pouvoir où les faibles alternent avec les puissants » trad. (Oresme, Polit., Motz estranges ds DG : Anarchie est quant l’on franchist aucuns serfs et met en grans offices), attest. isolée ; 2. 1611 « désordre produit dans un état par l’absence de gouvernement ou la faiblesse des gouvernants »


          • nuance 12 février 2009 09:43

            Parlons alors d’anomie :
            L’anomie (du grec ἀνομία anomía, du préfixe ἀ- a- « absence de » et νόμος nómos « loi, ordre, structure ») est l’état d’une société caractérisée par une désintégration des normes qui règlent la conduite des hommes et assurent l’ordre social. L’anomie se comprend peut-être mieux entre autonomie et hétéronomie.
            fr.wikipedia.org/wiki/Anomie


          • Julius Julius 11 février 2009 11:24

            Votre analyse est joli, mais faux. La cause de la crise actuelle n’est pas la libéralisation, mais la mauvaise politique des gouvernements et des banques centrales :

            1) Le gouvernement américain a poussé le système bancaire pour faire des maisons pour les personnes, qui ne peuvent pas les acheter. CRA (Community Reinvestment Act) a contraint les banques à ne pas tenir compte de l’histoire de la dette des clients de la "quartiers pauvres". Fanny Mae et Freddie Mac ont été créées pour garantir les créances douteuses, ces instituts sont semi-privé (Government Sponsored Enterprise) - l’état fait de la garantie. La plupart de ces opérations ont été effectuées sous le gouvernement de Carter et Clinton. (L’Europe a fait la même chose de manière différente - par des subventions massives pour "le logement social".)

            2) Ce système aurait déjà l’échec il ya longtemps. Mais FED a poussé le taux d’intérêt bas. Cela a permis les créances irrécouvrables de se cacher derrière l’augmentation du prix de l’immobilier (en utilisant le système des subprimes, poussés par l’administration Clinton).

            3) Le système bancaire est loin d’être libéralisé. En fait, il est l’un des systèmes les plus réglementés. Néanmoins, le règlement n’a pas fonctionné. (Les paradis fiscaux n’ont rien à voir avec l’actuelle crise.)

            4) Il est un mensonge que les gens sont plus pauvres aujourd’hui qu’il ya 20 ans. Presque tout le monde a gagné, les pays pauvres a gagné beaucoup plus que les pays riches ! Les seuls pays qui perdent sont les pays à économie centralisée ou des pays dans les guerres.


            • Claude Simon Tzecoatl 11 février 2009 12:00

              Ressortir cette vieille marotte de CRA datant de 30 ans n’est pas recevable, pour plagier Forest Ent.

              Le CRA n’a jamais obligé à dissimuler en page 57 alinea 385c de monter les taux à 13% au bout de 2 ans.

              "3) Le système bancaire est loin d’être libéralisé."

              Il est d’autant moins libéralisé qu’il a résisté à la crise (cf système bancaire français).

              "
              4) Il est un mensonge que les gens sont plus pauvres aujourd’hui qu’il ya 20 ans."
              Il est bien évident que les jeunes générations françaises ont gagné en ascenseur social par rapport à leur parents, pour peu qu’ils aient délocalisés les entreprises de ceux-ci, qu’ils aient réussi à se nicher fonctionnaires...


            • Julius Julius 11 février 2009 12:25
              > Ressortir cette vieille marottes de l’CRA datant de 30 ans n’est pas recevable

              CRA est certes ancienne (ainsi que Fannie Mae). Mais il a été constamment "amélioré". Le plus important "amélioration" a été réalisée en 1999, au cours de l’administration Clinton.

              > Le CRA n’a jamais obligé à dissimuler en page 57, alinéa 385c de monter les taux à 13% au bout de 2 ans.

              C’est vrai, mais CRA a obligé les banques à accepter ces mauvaises dettes. Mais les banques ont besoin de protection. Alors qu’ils ont "inventé" subprimes. Sans subprimes (et 0$-downpayement), ils ne seraient pas en mesure de répondre à CRA. C’est (à nouveau) Clinton, qui a contraint Fannie Mae à accepter subprime dettes de façon massive.

            • plancherDesVaches 11 février 2009 13:38

              Julius, je crains que vos affirmations et raisonnements ne tiennent pas la route :

              http://www.lesechos.fr/info/inter/afp_00115642.htm

              "Le taux d’imposition des 400 contribuables les plus fortunés aux Etats-Unis, en baisse constante, a atteint en 2006 son plus bas sur deux décennies, ... ce taux est tombé à 17,2% en 2006,....qui visaient à inciter les Américains les plus fortunés à rester dans le pays et à y investir.....Pour faire partie de ce groupe, il fallait avoir déclaré plus de 110,6 millions de dollars de revenus."

              Ce sont donc bien les plus gros contribuables qui ont obligé les états à baisser les taux d’imposition. Sinon... => paradis fiscaux

              Quant à parler de réglementations... regardez ce qu’ils ont obtenu comme situation...


            • Claude Simon Tzecoatl 11 février 2009 13:49

              "C’est (à nouveau) Clinton, qui a contraint Fannie Mae à accepter subprime dettes de façon massive."

              Et certainement que Clinton a fait cela en son âme et conscience, sans pression de lobbies aucune.

              La diatribe libérale est de jeter l’opprobe sur l’état, comme vous le faites Julius, la diatribe étatique ou gauchiste est de jeter l’opprobe sur le privé. Pour ma part, je m’en tiens à constater que les états sont simple boites aux lettres des lobbies les plus puissants. Combien de libéraux se sont gargarisés de cet affaiblissement étatique (fin des états-nations, etc), ils ont beau jeu d’accuser les politiques que leurs lobbies ont poussés à adopter, la manip saute quand même aux yeux.



            • Julius Julius 11 février 2009 14:02

              > Et certainement que Clinton a fait cela en son âme et conscience, sans aucune pression de lobbies.

              Bien sûr, il ya un lobby derrière : ACORN (Association of Community Organizations for Reform Now).


            • Claude Simon Tzecoatl 11 février 2009 15:07

              Une fois de plus, la France qui n’a pas d’anti-communisme aussi primaire qu’aux US, a une politique de logements sociaux qui est ce qu’elle est, certes, mais qui ne cherche pas à tout prix à essayer de conjuguer l’inconjugable, à savoir la finalité de profits d’entreprises privés et les considérations sociales. Et du moins qui n’a pas ébranlé l’économie mondiale, c’est honorable.

              Une si maigre régulation tentant par le marché de résorber la pauvreté a été un cuisant échec. Evidemment, fidèles à leur petit logiciel, les libéraux prétendront que c’est le manque de régulation qui en est la cause, et non l’inverse.

              La France est heureusement autrement plus politisée pour relativement rapidement repolitiser les effets secondaires de ses régulations, ne sombrant pas dans la promesse des béatitudes libérales.

              Cette crise des sub-primes ressemble fortement à s’y méprendre à une volonté de vicier la régulation de l’état, afin de réaffirmer les préceptes libéraux, et d’enfoncer le clou de la dérégulation (renoncement au CRA), ou tout du moins d’en faire des choux gras . Cela s’est retourné contre les instigateurs d’une telle démarche, pour une fois.


            • Julius Julius 11 février 2009 16:44

              Les Etats-Unis et la France font la même chose - ils distribuer la richesse, qui n’existent pas. Les procédures concrètes sont différentes (la dette privée avec garantie gouvernementale aux Etats-Unis, les subventions payées par les impôts et l’endettement de l’État en France). Et les résultats sont similaires : le déclin et l’effondrement. La crise est plus lente en France, mais la croissance a été plus lent aussi. Ainsi, le résultat final sera identique.


            • Claude Simon Tzecoatl 11 février 2009 17:42

              "Les Etats-Unis et la France font la même chose - ils distribuer la richesse, qui n’existent pas. Les procédures concrètes sont différentes (la dette privée avec garantie gouvernementale aux Etats-Unis, les subventions payées par les impôts et l’endettement de l’État en France). Et les résultats sont similaires : le déclin et l’effondrement. La crise est plus lente en France, mais la croissance a été plus lent aussi. Ainsi, le résultat final sera identique."

              Les politiques keynésiennes de 1930 s’y sont pris de la sorte, finançant avec caution publique ou avec finances publiques des infrastructures. Oui, Roosevelt a distribué de la monnaie qui n’était pas de la richesse au début, mais pas de richesse créé,
              pas de monnaie, c’est aussi simple que cela.

              Evidemment, dans ce type de monétisation de projets par la manne publique, il y a des échecs (ex : plan calcul en France), mais pour combien de succès ? Par ailleurs, émettre de la monnaie sans création de richesse réelle n’est pas du déclin, mais de l’inflation. Et cela, le secteur financier a su très bien de le faire, de par la survalorisation d’actifs jusqu’à l’année dernière. Ce n’est sûrement pas l’exclusivité des états.

              D’ailleurs, pour ma part, le privé ne peut pas financer convenablement des projets de recherche lourds et il est possible qu’après 40 ans de libéralisme indiscutable, cela commence à peser sur le progrès en général. Le retour du keynésianisme permet de lever cette hypothèque.

              Comme vous pouvez le constater, j’arrive à des conclusions forts différentes des votres, puisque pour ma part, on évite le déclin, du fait de la complémentarité de l’offre privée et de l’offre publique.






            • fab’ 12 février 2009 10:00

              Il y a tout de même des faiblesses importantes à la mise en cause du CRA comme élément principal de la crise :

              1) Il semble que les prêts accordés dans le cadre des institutions régulées par le CRA aient, au dela des simples affirmations des uns et des autres, posé nettement moins de problèmes que les autres (ce qui suggère d’ailleurs que l’adhésion au CRA n’était pas incontournable dans le système de prêt) :
              http://en.wikipedia.org/wiki/Community_Reinvestment_Act#Legislative_changes_1999

              "subprime excesses came mainly from institutions not regulated by the CRA"
              "CRA banks were also half as likely to resell the loans"
              Le CRA aurait donc eu des effets, en réalité, plutot positifs en limitant les subprimes et la titrisation
              2) On ne parle ici que du volet purement americano-americain de la crise ; le hic, c’est que les excès du crédit sont un phénomène mondial, qu’il n’est donc pas possible de réduire à la seule législation américaine.

            • Alpo47 Alpo47 11 février 2009 11:35

              Les mois et années à venir devraient voir tout ce système s’écrouler complètement.

              Comme le disait récemment N.Roubini, il me semble, le prochain coup devrait être porté par l’effondrement des fonds de pension, notamment des retraites par capitalisation, incapables de remplir leurs obligations.
              Alors, oui, ce libéralisme, qui voit les prédateurs naturels, patrons psychopates, piller la société pour le profit d’une infime minorité, est responsable. Ajoutons la mondialisation.
              La difficulté, c’est qu’aujourd’hui encore, ces mêmes et les politiques qui les servent, sont encore aux commandes. ll est évident qu’ils ne vont pas, d’’eux même, couper la branche sur laquelle ils sont assis.

              Il faudra donc aller encore plus loin dans le gouffre pour voir apparaitre d’autres personnes, d’autres modèles de société s’imposer,


              • plancherDesVaches 11 février 2009 13:40

                Effectivement, Alpo47...

                Voire l’apparition de dictateurs....


              • Claude Simon Tzecoatl 11 février 2009 11:44

                Après la dérégulation, on a le droit à la régulation pro-lobbies : on progresse sans cesse.


                • abdelkader17 11 février 2009 13:02

                  LA révolution conservatrice néolibérale s’est imposé grâce au travail de sape intellectuelle de certaines fondations disposant d’énormes capitaux privés.
                  LA conversion de la gauche à cette entreprise grâce au triomphe des thèses néoliberales à l’orée des années quatre vingt (Reagan Thatcher) à parachevé cette entreprise et ouvert la voie aux déréglementations en tout genre restreignant dans le même mouvement les législations de protection social et du travail.
                  Les crises cyclique du capitalisme financier n’ont point inverser la tendance, à crise supplémentaire injection de marché supplémentaire et réforme de marché toujours tourner vers la politique du pire .


                  • Jimd Jimd 11 février 2009 17:52

                    qu’est ce qui nous garanti que la reglementation sera bonne ou meilleure ?
                    nous en restons au debat ideologique ou la Reglementation serait intresequement superieure au Laissez Aller.
                    ce n’est pas si evident les reglementaions stupides et inefficaces existent.

                    Il faudrait sortir de ce ’’pointage de doigt’’ qui consiste a dire la deregulation c’est mal, la regulation c’est bien.

                    Il y a du bien dans la deregulation, cela permet une dynamique d’entreprise, de l’innovation. ca marche quand meme assez bien sur certains points. vous trouvez pour la majorite des genes de quoi se vetir, mangez, consommer. tout cela vient de decisions iundividuelles non centralisees.
                    je prefere ensuite parler de redistribution que de regulation. c’est la ou une societe prend sont sens et apporte un plus, en aidant les plus faibles.


                    • Kalki Kalki 11 février 2009 20:58

                      le débat philosophique peut avoir lieu entre "reglementation" et "laisser aller".

                      Tout dépend du contexte et dans quel limite.

                      Comment éduquer un enfant par exemple ?

                      Comment "limiter" l’action néfaste de personne ( pas forcément malintentionné) mais qui ont des interrets, des besoins, des pulsions qui les dépasse (ainsi que les concéquence qui les dépasses et dont il ne veulent pas etre responsable.

                      Ce genre de voyous se trouve facilement la ou il est question d’argent, de monaie , et puis ca dois ou devais surmeent se dire que ce n’etait qu’immatériel, tout ca, tout se fric, avec pas trop d’implication ...
                      Alors ils ont fait comme ferait un humain sans morale ni conscience, ils ont profité.

                      Pas mieu.


                    • Leonidas 11 février 2009 18:20

                      L’image que vous utilisez en illustration de votre article me fait trop marrer. Visiblement vous n’êtes pas au courant que "liberalism" aux US se traduit par socialisme ou social-démocratie. Pourtant la phrase "end the left" aurait dû vous faire réfléchir. Il s’agit vraisemblablement d’un rébublicain qui insulte les démocrates.
                      Pour info, libéralisme (selon les standards européens) se traduit par "libertarianism" aux US.
                      Mais qu’attendre d’autre de quelqu’un qui étale son ignorance crasse et sa haine de la liberté sur agoravox.


                      • jjwaDal marcoB12 11 février 2009 19:07

                        Le titre est curieux. Les Etats et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’ont jamais
                        été à ce point corseté au niveau mondial (via l’OMC) quand le droit des entreprises et de
                        la finance à faire ce qu’elles veulent a été déréglementé au forceps. Tout sauf de l’anarchie.
                        Ce processus est un plan mis au point dans les années 70 et le point de basculement fait suite
                        aux deux crises pétrolières et l’abandon local (Thatcher et Reagan) puis occidental d’un
                        système économique qui avait marché pendant plus de 30 ans au motif totalement spécieux
                        qu’il ne pouvait gérer la crise énergétique.
                        "On" nous a dit que la seule façon de gérer l’explosion de nos dépenses passait par un
                        accroissement des recettes (exportations) doublé d’un serrage de ceinture pour "tout le monde".
                        "On" étant bien sûr ceux estimant que la masse laborieuse retirait de la croissance une part
                        exagérée et les très riches bien trop peu. "On" a sortis du tiroir un scénario déjà interprété
                        avant les années 30 de détournement de richesses au profit d’une minorité (la dégringolade
                        de la part des salaires dans le PIB depuis le milieu des années 80 en témoigne).
                        Rétrospectivement les écrits de Amory lovins comme ceux de l’association "Négawatts"
                        montrent que la riposte logique à la crise énergétique passait par une refonte de la production
                        et de la consommation énergétique. "On" a tout fait pour ne pas mettre en oeuvre cette solution.
                        Ensuite, le scénario est connu : la banalisation du double revenu par foyer a dissimulé le transfert
                        de la richesse des producteurs aux profiteurs (à deux salaires on lisse les frais fixes), "travailler plus
                        pour gagner plus" (décrochage de la productivité et des salaires) et finalement endettement
                        pour vivre à crédit quand les revenus du présent ne suffisent plus.
                        Ce système est à l’agonie mais les progrès de l’acharnement thérapeutique aidant peut encore
                        aller jusqu’au "peak oil" et sans doute au-delà.



                        • Mouche-zélée 11 février 2009 19:38
                          					

                          Les 320 milliards d’Euro potentiels pour aider les banques ne coutent pas un seul centime aux Français.

                          Mieux encore, les premiers 25 milliards d’Euro dors et déjà prêtés dégageront un intérêt d’un milliard quatre cent mille Euro fin 2009, qui servira intégralement à financer la politique sociale.

                          Sauf que l’état emprunte à 3% ce qu’il prête à 4%, donc le bénéfice ne sera pas celui attendu ….

                          Sans compter les pertes de ce qui a été investi dans la société DEXIA en prise de participation qui ont déjà perdu 50% de leur valeur .

                          Quand Monseigneur dit que les Français n’ont pas perdu un centime c’est faux !
                          Un taux de rentabilité du prêt d’état à 1% (déduit l’emprunt de l’état à 3% et son prêt à 4%) ne représente même pas l’inflation annuelle ...


                          Ajoutez à cela les salaires qui ne suivent pas l’inflation depuis 20 ans Source INSEE
                          Et nous avons donc une perte annuelle pour les Français depuis 20 ans ...

                          Le président du pouvoir d’achat est en fait celui des travailleurs pauvres, de la dette du pays qui augmente, de l’ hypothèque l’avenir des générations .

                          420 millions d’Euro sur 5 ans pour entrer dans l’OTAN est-ce bien raisonnable en pleine crise ?

                          A cela ajoutons le cercle vicieux qui se prépare : Je suis curieux de voir ce qui va se passer lorsque les nouveaux chômeurs seront en fin de droit = RMI = moins de consommation = perte de la croissance = perte de l’emploi ....

                          Le cercle infernal, juste après viendra la baisse des prix de l’immobilier qui va entraîner son cortège de scandales financiers et de pertes séches pour les propriétaires et les investisseurs ...

                          Donc la conjoncture n’est prévisible par personne, abolument personne, nous ne sommes même pas au creux de la vague de la crise, pas encore ...
                          Trois vidéos pour vous expliquer les généralités .

                          Si vous regardez les 3 vidéos ci dessous, vous savez désormais à quel point nos états sont complices des intérêts multinationaux privés ...


                          Le grand jeu
                          La dette
                          Corporation

                          				
                          L’état providence à l’attention d’intérêts multinationaux privés  smiley

                          • Julius Julius 11 février 2009 20:07

                            Vous êtes un peu répétitif ! Un mensonge répété 1000 fois devient vérité ?
                            http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=51306#commentaire1998728


                          • Mouche-zélée 11 février 2009 20:18

                            Julius

                            Argumentez donc, dites moi où se situe le mensonge s’il vous plaît .
                            Si vous pouvez m’apprendre quelque chose tant mieux.
                            Si je me trompe totalement merci de m’expliquer sur quel point précis et pourquoi   smiley


                          • Mouche-zélée 11 février 2009 20:28

                            Julius

                            En matière de mensonge ou d’incompétence j’en connais un qui est pris la main dans le sac .

                            Je n’ai même pas parlé de la réforme de la nomination du patron de France télévision ...

                            Pur fruit de la morale capitaliste, gagner plus pour, consommer plus, peu importe les conséquences, peu importe la finalité ...

                            Pour quoi faire au fait ?
                            Pour consommer plus et c’est tout...

                            Pas pour une meilleure qualité de vie, ni une meilleure éducation, ni une meilleure démocratie.
                            Juste consommer pour consommer . SUPER

                            Si quelqu’un dit pouvoir "moraliser le capitalisme" je l’envoie chez les malades mentaux pour voir s’il pourrait moraliser quelqu’un de très malade mentalement.


                            Dieu n’existe pas selon vous mais la raison existe-t-elle ?

                            Si dieu n’existe pas, donc pas de terre promise, donc .... Vous voilà confronté à vos propres contradictions !


                          • ddacoudre ddacoudre 11 février 2009 20:39

                            Un Mr Jean Luc Gréau avec un grand M. que j’ai eu l’occasion de croiser car durant trente cinq ans il a été au service du patronat Français puis du MEDEF, donc son libéralisme inspiré par l’école de Schumpeter et de Keynes, est entré dans la contestation de ce qu’il appelle « le prêt à non penser économique », pour en savoir un peu plus il faut lire son livre « la trahisons des économiste ».

                             

                            En substance ce qu’il reproche aux économiste actuels, ce n’est pas de manquer de talents, ce que réclame Schumpeter, mais de rester collé à un modèle de prêt à non penser confectionné dans les milieux des marchés financiers, parmi les analystes et les économistes des banques.

                            C’est à dire en dehors d’eux, de leur capacité à réfléchir, il leur reproche le suivisme. Ainsi ces analystes et économistes imposent l’ensemble de leurs théories, comme modèle incontournable que suivent les autres, sans s’interroger s’il peut en être fait autrement, puisqu’elles rentrent dans le moule de ceux qui les rémunèrent ou les forment.

                             

                            Ce fut ce tableau que donna notre président dans sa conférence. Il fut une époque où il fallait toujours relancer par la demande et l’investissement suivait, les trente glorieuses, et nous sommes  passés à une autre époque où c’est par l’investissement à la production que se relance la demande.

                            Ce dernier est donc la préférence du président.

                             

                            La question est, puisque ni l’une ni l’autre n’ont apporté de solutions finies, est-il donc abscons de se demander s’il ne faudrait pas faire un peu des deux ?

                             

                            C’est ce manque de capacité d’innovation intellectuelle que reproche Gréau aux analystes et économistes, alors qu’eux, c’est leur métier de trouver des systèmes de modélisations pour faire fonctionner les circuits économiques au bénéfice de la société.

                             Nous les envoyons dans de grandes écoles pour cela, et au lieu de leur faire exploser le cerveau de connaissances, on leur colle un modèle dans la tête pour servir des intérêts spécifiques dont les théories économiques contre toutes évidences relèvent du dogme.

                            Il est plus sévère que ce que je dis.

                            Et entre parenthèse c’est ce que veut faire le président dans son programme de modernisation de l’enseignement, coller un modèle dans la tête des enseignés, au lieu de les ouvrir à la diversité.

                             

                            C’est ainsi que devant cette crise les allemands ont fait des deux, et pour cause, quand l’on sait qu’en restant collé aux modèles de pensée unique qui sévit à Bruxelles, personne ne s’aventure à réaliser une modélisation autre, à part quelques prix Nobel, dont il dit, je l’en laisse juge, que de part leur complexité elles sont inapplicables.

                             

                            Ainsi dans le patronat il y a une division idéologique, et il semblerait que ce soit le conformisme désuet néo libéral, dont nous mesurons ses lacunes aujourd’hui, qui soit la préférence soumise à notre président et accepté par lui, comme solution à la crise.

                            La confusion qu’il ne faut pas faire est de croire que parce qu’il intervient pour sauver les banques il est Keynésien, son intervention se veut néo libérale, c’est ce qui le distingue de nos principales références européenne que sont l’Angleterre et l’Allemagne sur le sujet.

                             

                            Notre président en maintenant son cap se montre un jusqu’au « boutiste », même devant l’échec patent de ce néo libéralisme sur son déclin, dont l’école de la critique de Milton Friedman et celles conjugué des analystes et économistes des banques ont conduit à la dérive. Lui se le donne comme feuille de route pour nous sortir de la crise par les moyen où nous y sommes rentré, il y a quelque chose de fou en cela.

                             

                            J’en conviens que face aux français qui sont quasiment « nul » en la matière, son discours fait, sur l’expression d’une bonne détermination, peu convaincre.

                             

                            Dans les débats qui ont suivi je n’ai pas vu ce point soulevé, mais il l’a été d’une autre manière.

                             

                            Le plus merveilleux fut quand il a expliqué que le prêt consenti aux banques allait rapporter 1,5 milliards qu’il redistribuerait en actions sociales. Une modélisation économique ne se vit pas par rapport à des actions sociales, aussi bonnes soient-elles, les actions sociales ne viennent compenser que l’insuffisance d’un modèle économique à redistribuer suffisamment la richesse produite pour que les citoyens d’un pays y trouvent leurs autonomies économiques, sans recourrir à la mendicité des riches.

                             

                            L’action sociale n’est pas un moyen de se sortir de la crise, mais la conséquence, la vitrine, que le système économique ne fonctionne pas bien. Plus l’aide sociale est importante plus elle signe la déficience du système, soit en qualité ou qu’en quantité.

                             

                            Les allocations familiales ne sont pas faite pour donner du pouvoir d’achat, que les citoyens dans le besoin est envie de faire feu de tout bois pour sortir de la misère c’est une chose, et donc le meilleur moyen est bien de leur augmenter leurs revenus, car tous n’ont pas d’enfants « à faire bruler » et certains perçoivent assez de revenus pour se passer d’allocation familiale.

                             

                            Ce n’est pas par ce moyen que l’on fait une répartition équitable.

                             

                            J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire son souci est de permettre aux entreprises d’entrer en compétition avec les entreprises internationales ou européennes qui réalisent leurs bénéfices à partir un rapport de main d’œuvre bon marché est une couverture sociale inférieure à la notre., C’est-à-dire une redistribution des richesses insuffisantes. C’est ainsi, pour ceux qui savent lire entre les mots, qu’il a dit que le différent sur un salaire français était de 1000 euros supérieur par salariés, et que réduire ce différent est une condition essentielle pour que ces entreprisses retournent s’installer chez nous.

                             

                            Pour ce faire il envisage donc de supprimer la taxe professionnelle, (dont je ne vais pas discuter son fondement) pour alléger les charges sur salaire. L’idée paraît merveilleuse, sauf que les masses financières de cette taxe alimentent les budgets des départements, qui n’auront que le choix de réduire leurs dépenses engagées et à venir ou augmenter l’imposition locale.

                            Ainsi pour privilégier un hypothétique retour d’entreprises qui mettront en difficultés les pays qu’elles quitteront, comme elles y ont mis ceux d’où elles sont parties, se détériorera notre existence dans les départements, s’ils ne répercutent pas la perte financière, ou, en feront payer aux seuls citoyens la compensation financière.

                             

                            Nous pouvons même envisager que ceux-ci mécontents, en tant que salariés, réclament à leurs entreprises une augmentation de salaire pour compenser ce relèvement d’impôts si on le leur impose dans les départements, ou accepter une dégradation d’autant de leur pouvoir d’achat qui réduira à néant son fumeux projet d’adoucir la crise pour les citoyens, et accentuera la pression de la charge sur la classe moyenne. De tous cela il va en résulter certainement une petite crise intérieure, car il ne fait peser l’effort collectif sur aucun système de répartition de richesse, puisqu’il diminue un peu plus celle revenant au travail.

                            il se comprend mieux pourquoi il ne veut pas relancer l’augmentation de salaire

                             

                            C’est une manière comme une autre d’importer un peu plus de pauvreté tout en expliquant que l’on apporte une solution aux problèmes.  

                             

                            J’aimerai que ces conseillés nous expliquent comment ils font pour ne pas retenir de l’évidence de ces vingt dernières année que la répartition de la richesse au bénéfice des entreprises nous a apporté l’endettement colossal qui a conduit aux subprimes, par une modélisation pensée par ces analystes et économistes bancaires attachés à une vision désuète du néo libéralisme qui ne peut plus répondre aux difficultés, puisqu’il lcrée.

                             

                            Ce n’est pas un problème de tricheries, de malveillances, d’erreurs, d’opacités, c’est le système qui n’est plus adapté à la mondialisation ni par voie de conséquence à l’Europe. Je ne fais pas en l’espèce une critique politicienne d’un parti ou d’un président, mais d’une théorisation économique qui a vécu, comme l’a été le keynésianisme de la sortie de la guerre, basé sur la seule relance, d’une France en reconstruction par la demande, et dont le début des années 70 y a mis fin, parce qu’il n’avait pas su s’adapter à l’ouverture offerte par le développement technologique, alors que celui présent crève par sa capacité de surproduction qui développe la demande sans lui en donner des moyens autres que part l’endettement, source de richesse pour les préteurs.

                             

                            Nous ne sommes donc pas dans un seul problème de moralité,  mais bien comme je l’ai déjà écrit vers la fin du néolibéralisme, même s’il ne faut pas qu’il tombe brutalement, car il n’y a rien pour s’y substituer pour l’instant, et ses partisans ont verrouillé la création de monnaie à leur avantage, ce qui rend tout autre modèle illégal. Alors, comme cela ne viendra pas de la pensée gelée des économistes et analystes patentés, cela viendra de la demande de la rue, sinon nous nous enliserons un peu plus.

                             

                            Chacun comprend que notre agressivité innée soit redéfinie par ce que nous concevons comme asocial, que nous appelons la morale, dont la « théorisation » est d’essence « judéo chrétienne ».

                             

                            Chacun sait que d’autre « théorisation » en sont nées, que nous appelons les religions du livre, et qui ont fini, indépendamment du fait de croire, de la foi, par devenir désuètes dans leur application textuelles dans les pays des lumières.

                             

                            Et bien pour les théories économiques il en est de même, c’est pour cela que je fais ce parallèle.

                             

                            Et si nous faisons entrer de la morale dans nos comportement sociaux, pourquoi nous l’interdirions nous dans les relations économiques par une perverse définition de l’offre et de la demande qui permet de dénier la partie la plus importante du libéralisme Lockéen.

                             

                            « Les droits naturels sont ceux qui appartiennent à l’homme en raison de son existence : de cette nature sont tous les droits intellectuels ou droit de l’esprit, comme aussi tous les droits d’agir comme individu, pour sa propre satisfaction et pour son bonheur, en tant qu’il ne blesse pas les droits naturels d’autrui ».

                             

                            Alors si cela nous grés, bien que ce soit le plus difficile à réaliser car il faut réguler son ego comme nous régulons nos comportements sociaux, nous en retrouvons le paradigme dans tous ceux qui ont pris conscience de devoir lutter contre l’exploitation de l’homme par l’homme, qui me semble particulièrement remise en question par ce système néo libéral qui meurt, pour ne s’être reposé que sur l’égoïsme individuel dont chacun est porteur, et non solidaire, en nous faisant croire que cela est la réussite de notre bonheur, alors qu’ils ne poursuivaient que le leur et dont notre aveuglement les a rendu maitre du monde.


                            • Claude Simon Tzecoatl 11 février 2009 21:41

                              Et oui, la non-pensée économique s’appelle sur Agoravox le péripatisme.

                              Mais globalement, le patronalisme c’est ceci :


                              - recréer de la pauvreté afin de redonner de la rage au ventre pour réussir (ça passe ou ça casse) ;

                              - donner le minimum d’argent aux salariés afin de créer une relation de dépendance la plus forte à l’emploi, pour qu’il revienne travailler le lendemain, et avoir une main d’oeuvre la plus docile possible ;

                              - prendre toutes les dispositions nécessaires afin de s’élever dans la hiérarchie sociale, la pression du milieu aidant, et pouvoir se comparer à l’épaisseur de son portefeuille, la longueur de sa berline, la hauteur de la tour, comme à une autre époque la hauteur de son haut de forme et plus éternellement la longueur et la taille de la zigounette ;

                              Ulcérés par la peur de la décadence, la honte et l’effroi de la pauvreté, nos élites sont arrivés à l’assurance qu’ils n’en sont pas, grâce au bling-bling.

                              Ils ont par ailleurs vanté les mérites de la concurrence afin de diviser pour mieux régner. Cependant, ils y ont été trop forts, et on enrayés la machine. Ce n’est pas si grave que cela, ils sont sains et saufs, le reste peut couler. Tant que le reste ne se révolte pas...



                            • Cites 11 février 2009 22:05

                              Ah... encore ce bon vieux CRA dans les commentaires.....

                              Est ce que quelqu’un (de préférence un bon vieux libertarianiste...) peut me trouver le texte qui prévoit ainsi que celui qui réprime l’infraction pour une banque de ne pas préter de l’argent à un pauvre insolvable...

                              Bon courage... :->.





                            • Le péripate Le péripate 11 février 2009 23:44

                               smiley Anarchie néolibérale ! Passe encore pour l’adjectif néo, dont personne ne sait ce qu’il signifie, mais qualifier notre époque d’anarchie en dit long sur le désir d’ordre

                              Enfin, réglementez, circonvenez, contrôlez, emprisonnez, la vie sera toujours plus forte.


                              • makikou 12 février 2009 11:45

                                Ce n’est pas un désire d’ordre mais un désir d’égalité. D’une vraie égalité.


                              • Traroth Traroth 12 février 2009 15:42

                                Le libéralisme, c’est la loi de la jungle. C’est à dire la négation de la civilisation. Le titre n’est pas très sympa pour les anarchistes...


                              • Le péripate Le péripate 15 février 2009 15:30

                                 Quand je pense que parfois on me reproche de réciter un catéchisme : le libéralisme, c’est la loi de la jungle. Misère intellectuelle.....


                              • Traroth Traroth 12 février 2009 15:41

                                Là où les libéraux ont vraiment été très forts, c’est que, alors que les conséquences économiques et sociales désastreuses de la libéralisation se multipliaient un peu partout, ils ont quand même réussi à faire croire que le libéralisme était une bonne chose ! Et la croyance est tellement bien ancrée que maintenant encore, en pleine déroute, les dirigeants politiques n’en démordent pas et, comme remède, continuent à prescrire les potions à l’origine du mal ! Que peut-on faire face à un tel aveuglement ?


                                • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 12 février 2009 18:09

                                   @ Julius,

                                  Les politiques et les gouvernements ont bien sûr une grande part de responsabilité dans la crise puisque ce sont eux (de droite comme de gauche d’ailleurs) qui ont permis la déréglementation commerciale, financière et monétaire des 30 dernières années.

                                  Sur le fait que le gouvernement a poussé les Américains à s’endetter, là, c’est un peu fort. Je vous conseille la lecture du livre de Paul Jorion sur les subprimes (L’implosion) qui décrit très bien les abus du secteur bancaire quand on abandonne toute idée de réglementation (les prêts 2-28, Interest Only...). D’ailleurs, aux Etats-Unis, un Etat, la Caroline du Nord, dès 1999, a empêché de nombreux abus, preuve que la réglementation peut avoir un rôle très positif.

                                  Sur les taux de la Fed, je crois que c’est une mauvaise dispute. Le problème est que quand la Fed a remonté ses taux courts à partir de 2003-2004, cela n’a eu aucun impact sur les taux longs car il y avait un afflux de liquidités consécutif à tous les disfonctionnements du système financier mondial (déficit Américain, démultiplication de l’effet de levier), qui a poussé les taux à la baisse alors que l’action de la Fed visait justement à faire remonter les taux. N’oublions pas non plus que les taux courts Américains étaient à 5,25% à l’été 2007, 1,25 point de plus que ceux de la BCE. La Fed a davantage agi que Trichet pour lutter contre la bulle financière !

                                  Sur la réglementation des banques, même s’il y a bien sûr un cadre légal encore présent, elles sont moins réglementées qu’hier, et en tout cas pas suffisamment, ce que montre la crise.

                                  Quand à l’appauvrissement des classes populaires, s’il est moins perceptible en Europe qu’aux Etats-Unis, je vous invite à lire Robert Reich ou Paul Krugman : le salaire minimum est passé de 8 à 5,15 dollars de puis 1966 en dollars constants. Le salaire moyen des ouvriers a baissé de plus de 10% depuis 30 ans. Il y a des multitudes de travaux sur le sujet. En France, le pouvoir d’achat de 80% de la population stagne (et encore, nous sommes un des pays qui s’en tire le mieux). Même une revue ultralibérale comme The Economist l’admet.

                                  @ Marco

                                  Complètement d’accord : les Etats sont de plus en plus corsetés, notamment en Europe et en revanche, les entreprises gagnent une liberté d’action de plus en plus grande.

                                  @ Tous

                                  L’emploi du terme "anarchie" a surpris ou choqué certains. Il est réfléchi et pesé et je remercie ceux qui sont allés chercher les définitions pour le justifier. La déréglementation économique appelée et réalisée par les néolibéraux a abouti à une forme d’anarchie économique où seuls les intérêts particuliers s’expriment, les Etats n’étant plus là que pour recoller les morceaux à grand frais quand le système menace de s’auto-détruire. Cette absence de commandement ou d’autorité me semble donc caractéristique de l’anarchie.

                                  Je crois que l’emploi de ce terme permet de mieux lever le voile sur le fond de la pensée néolibérale, qui est camouflée par les termes de mondialisation / globalisation / déréglementation qui sont trop positifs. En fait, ils souhaitent juste un capitalisme sauvage, une absence de règles qui est donc une forme d’anarchie.


                                  • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 12 février 2009 18:12

                                     @ Julius,

                                    Les politiques et les gouvernements ont bien sûr une grande part de responsabilité dans la crise puisque ce sont eux (de droite comme de gauche d’ailleurs) qui ont permis la déréglementation commerciale, financière et monétaire des 30 dernières années.

                                    Sur le fait que le gouvernement a poussé les Américains à s’endetter, là, c’est un peu fort. Je vous conseille la lecture du livre de Paul Jorion sur les subprimes (L’implosion) qui décrit très bien les abus du secteur bancaire quand on abandonne toute idée de réglementation (les prêts 2-28, Interest Only...). D’ailleurs, aux Etats-Unis, un Etat, la Caroline du Nord, dès 1999, a empêché de nombreux abus, preuve que la réglementation peut avoir un rôle très positif.

                                    Sur les taux de la Fed, je crois que c’est une mauvaise dispute. Le problème est que quand la Fed a remonté ses taux courts à partir de 2003-2004, cela n’a eu aucun impact sur les taux longs car il y avait un afflux de liquidités consécutif à tous les disfonctionnements du système financier mondial (déficit Américain, démultiplication de l’effet de levier), qui a poussé les taux à la baisse alors que l’action de la Fed visait justement à faire remonter les taux. N’oublions pas non plus que les taux courts Américains étaient à 5,25% à l’été 2007, 1,25 point de plus que ceux de la BCE. La Fed a davantage agi que Trichet pour lutter contre la bulle financière !

                                    Sur la réglementation des banques, même s’il y a bien sûr un cadre légal encore présent, elles sont moins réglementées qu’hier, et en tout cas pas suffisamment, ce que montre la crise.

                                    Quand à l’appauvrissement des classes populaires, s’il est moins perceptible en Europe qu’aux Etats-Unis, je vous invite à lire Robert Reich ou Paul Krugman : le salaire minimum est passé de 8 à 5,15 dollars de puis 1966 en dollars constants. Le salaire moyen des ouvriers a baissé de plus de 10% depuis 30 ans. Il y a des multitudes de travaux sur le sujet. En France, le pouvoir d’achat de 80% de la population stagne (et encore, nous sommes un des pays qui s’en tire le mieux). Même une revue ultralibérale comme The Economist l’admet.

                                    @ Marco

                                    Complètement d’accord : les Etats sont de plus en plus corsetés, notamment en Europe et en revanche, les entreprises gagnent une liberté d’action de plus en plus grande.

                                    @ Tous

                                    L’emploi du terme "anarchie" a surpris ou choqué certains. Il est réfléchi et pesé et je remercie ceux qui sont allés chercher les définitions pour le justifier. La déréglementation économique appelée et réalisée par les néolibéraux a abouti à une forme d’anarchie économique où seuls les intérêts particuliers s’expriment, les Etats n’étant plus là que pour recoller les morceaux à grand frais quand le système menace de s’auto-détruire. Cette absence de commandement ou d’autorité me semble donc caractéristique de l’anarchie.

                                    Je crois que l’emploi de ce terme permet de mieux lever le voile sur le fond de la pensée néolibérale, qui est camouflée par les termes de mondialisation / globalisation / déréglementation qui sont trop positifs. En fait, ils souhaitent juste un capitalisme sauvage, une absence de règles qui est donc une forme d’anarchie.

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