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La Grande-Bretagne sous stéroïdes financiers

L’accélération de la croissance outre-Manche a fait de Londres le modèle qu’il faudrait suivre. Passons sur les leçons de l’histoire qui avaient déjà fait de ce pays un modèle avant qu’il ne s’effondre (comme d’autres), la simple lecture de The Economist montre que cela est totalement exagéré.

Une croissance totalement déséquilibrée
 
Le plus amusant est qu’il y a quelques jours, The Economist avait manipulé les chiffres pour montrer le plus grand dynamisme de la Grande-Bretagne par rapport à la France. Il faut dire que le pays affiche fièrement 1,9% de croissance sur l’année 2013, alors que la zone euro est en récession. Cependant, depuis un an, le même journal n’a cessé de nous alerter sur ses déséquilibres économiques : bulle immobilière, bulle de crédit, manque d’investissements, salaires en baisse, reprise par une consommation à crédit. Bref, même les britanniques reconnaissent que leur économie est déséquilibrée.
 
 
 En effet, il y a un grand paradoxe dans la reprise britannique. Elle repose sur la consommation des ménages alors même qu’ils perdent du pouvoir d’achat de manière continue depuis 2008  ! En effet, le moteur du crédit tourne de manière inquiétante : la croissance de la masse monétaire est revenue à 9% par an, le rythme d’avant la crise de 2008, qui a mené des banques à la faillite. Et cette masse de crédits finance notamment une nouvelle bulle immobilière, les prix étant repartis à la hausse, et faisant du pays un des pays les plus chers au monde. En effet, cette masse de crédit ne sert pas à financer des investissements, qui sont en recul de 20% par rapport à 2006, malgré la réussite de l’automobile.
 
Des modèles à la mode en économie
 
Il est tout de même effarant de voir à quel point quelques statistiques trimestrielles parviennent à faire tourner la tête de chroniqueurs aussi rapidement, sans une véritable analyse de ce qui se passe. Cela est d’autant plus stupéfiant que dans les années 2000, la Grande-Bretagne, l’Irlande et l’Espagne étaient sans cesse présentées comme des modèles pour notre pays, trop conservateur, pas assez libéral. On sait ce qu’il en est advenu. Les trois pays ont connu une grave crise bancaire imposant une intervention coûteuse de l’Etat. Alors qu’ils étaient peu endettés, ils le sont plus que nous aujourd’hui.

Pire, il ne faut quand même pas oublier que quand le déficit budgétaire de la France est de 4,1% du PIB en 2013, il atteint encore la bagatelle de 6,7% du PIB en Grande-Bretagne. Certes, la croissance va permettre une baisse plus rapide des déficits, mais cela est à nouveau rendu possible par une bulle de crédits dont on connaît l’issue. Bref, l’économie britannique est à nouveau sous stéroïdes financiers : c’est la principale raison de sa bonne performance économique récente. A moins de penser qu’il soit sain de voir le montant des crédits de monter de 10% par an, cette performance est donc artificielle.

En clair, Londres s’achète à grand frais un présent plus souriant. Mais ce faisant, tôt ou tard, comme en 2008, le pays sera rattrapé par ses excès. Et comme sa situation financière sera très différente de ce qu’elle était en 2008, cela imposera une profonde remise en question.


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8 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 7 février 2014 10:38

    La manipulation des statistiques, les changements apportés aux calculs du PIB, la manipulation des marchés par des achats massifs de la dette d’état et d’actifs pourris par les banques centrales sont les signes de l’impuissance ou du refus des politiques de s’attaquer aux véritables causes de cette catastrophe financière en cours. Il est plus facile de casser le thermomètre que de soigner la maladie.

    Savez-vous que pour améliorer les ratio entre PIB et Dettes, l’achat d’armement par les états sera considéré comme un INVESTISSEMENT , censé rapporter des dividendes dans le futur. UBU ROI n’aurait pas trouvé mieux.

    La guerre comme moyen de produire des richesses, nouvelle doxa ou aveux cynique des but poursuivis en Irak et en Afghanistan ? En tout cas, c’est raté. Le coût de ces 2 guerres pour les états est faramineux, par contre pour les sociétés privées, comme Halliburton, c’est autre chose.


    • amiaplacidus amiaplacidus 7 février 2014 10:45

      La GB, sans le pétrole de la mer du Nord serait tout simplement en pays en voie de sous-développement rapide.

      Mais la solution de facilité est bientôt finie, le pétrole est en train de s’épuiser.

      Une, deux générations ont profité (enfin pas tout le monde) du pétrole en GB.

      A contrario, la Norvège a mené une politique beaucoup plus sage, a constitué un important fond souverain, investi dans des entreprises d’avenir et le pétrole norvégien va profité à passablement de générations futures.


      • Jean-Philippe 7 février 2014 11:18

        Bonjour,

        Je souscris parfaitement à cette analyse.
        Mais devinez de qui s’inspire l’Angleterre dans le choix de sa stratégie, comme toujours ! et donc ....


        • spartacus spartacus 7 février 2014 16:46

          Quelle analyse bobo rigolo.

          L’Angleterre va mieux, moins de dette de l’état, moins de chômage, et une croissance de plus en plus forte. 

          Mais y’en a toujours des Keynésiens marchands de parapluie pour critiquer le soleil.

          Sous couvert d’un vocabulaire « pseudo économique », les charlatans Keynésiens exploitent les peurs, et sont incapables de reconnaître la réalité.
          L’Angleterre va bien mieux, et la politique un peu libérale de Cameron les sort doucement de la merde ou les Keynésiens faiseurs de dette d’état les ont poussés !

          On va expliquer les bases de l’économie aux abonnés Science Po et ENA qui n’ont jamais lu « la route de la servitude » du Nobel Hayek ni compris l’économie.

          La différence entre le crédit du particulier et le crédit d’état :
          1-Le crédit au particulier en cas de mauvais choix choix n’entraîne pas la collectivité dans des délires de dette mais uniquement le particulier qui a pris le risque de son propre argent. Il n’est pas facteur de dette sur les générations suivantes comme l’est l’emprunt d’état Keynésien.

          2-Le crédit du particulier correspond au vrai besoin de l’individu. Le crédit d’état correspond à des besoin dirigés vers des choix dirigistes et étatistes influencés par les groupes de pression.

          3-La dépense étant le fait de particuliers, elle favorise les vrais secteurs d’avenir, là ou la dépense d’état favorise des secteurs « choisis arbitrairement » mais qui ne sont en réalité porteurs de secteur d’avenir et d’emplois correspondant a un marché réel.

          4-Une poule découvre une paire de ciseaux. Le Keynésien s’étonne que le crédit aux particulier décolle, mais ne comprend pas que les gens s’endettent et investissent quand ils perçoivent l’avenir meilleur.

          Quelle France dramatique quand on sait que 100% des partis politiques sont Keynésiens, qu’ils phagocytent l’instruction, les institutions d’état et les médias.

          • abelard 7 février 2014 17:46

            @Spartacus

            Ah oui ! Encore, encore !
            ...Quand je n’ai plus d’histoire Belge à découvrir, je viens sur avox lire les commentaires de Spartacus !
            Ah que c’est bon de rire aux éclats...
            Oui mon bon sparta, encore ! Raconte nous des histoires de « Nobel Hayek », je te jure c’est bien plus drôle que « Rigolo Toto ».

            Ce qui est très rassurant, dans ce monde tourmenté, c’est de constater à quel point tu restes fidèle à toi même : comme un diamant limpide, un bloc de bêtise pure que jamais la moindre réalité ne viendra effleurer...

            Alors raconte nous la suite, dis nous comment Nobel Hayek a marché sur l’eau.


          • izarn izarn 7 février 2014 18:01

            Ce que tu appelles « particulier » c’est surtout la City...Quand à la dette, pas de problème, la BoE rachette tous les bons d’Etat ! Ce qui n’est pas le cas de la BCE....
            La GB ne fait pas partie de la zone euro...Sinon, ce serait pire que l’Espagne !


          • gegemalaga 8 février 2014 09:39

            @abelard 

            pas tjrs d’accord avec Spartacus ; mais là , encore moins avec vous :
            sortez un peu la tete « de votre poubelle » .

          • izarn izarn 7 février 2014 17:56

            Non, si tu regarde bien tes courbes, il s’agit d’une baisse de la livre, qui permet une meilleure exportation...Enfin pas mieux qu’en 2006...La conso stagne. Déja accablée depuis des lustres par Thatcher...
            Bref le résultat n’est pas brillant. Le naufrage est évité garce à la planche à billet envers les banques de crédit, la City, la baisse de la livre fait surnager le reste.
            Bravo, le Titanic flotte encore quelques heures grace à ses puissances pompes...A fric.

            Il est urgent de quitter le navire...

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