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Accueil du site > Actualités > Economie > La hausse des prélèvements peut augmenter les revenus nets

La hausse des prélèvements peut augmenter les revenus nets

Contrairement aux idées reçues, la hausse des prélèvements peut augmenter les revenus nets.

Les meilleurs niveaux de vie sont dans les pays où les taux de prélèvements sont les plus forts. Des pouvoirs d’achats élevés. Des systèmes sociaux avancés. Les pays d’Europe du Nord en sont l’exemple et la preuve. L’histoire économique prouve que lorsqu’il y a croissance continue des taux de prélèvements pouvoir d’achat et justice sociale prospèrent ensemble.

Que la justice sociale s’épanouisse avec les prélèvements n’est pas une surprise. Par contre, que la croissance des prélèvements n’empêche pas la progression des revenus disponibles est plus étrange. Plus la puissance publique prélève, plus le peuple dispose d’argent. Il y a là une sorte de contradiction, un mystère qui s’explique facilement par la résolution du petit problème mathématique ci-dessous.

Situation 1 :

Un individu reçoit un gâteau dont on lui prélève un certain pourcentage. Il lui reste une certaine quantité de gâteau disponible.

Situation 2 :

Au même individu, on donne un gâteau plus gros mais on augmente le pourcentage de prélèvement. De combien peut-on augmenter le taux de prélèvement pour que sa quantité de gâteau disponible ne diminue pas mais même augmente par rapport à la situation 1 ?

Si T est le pourcentage initial de gâteau prélevé, DT la variation de ce pourcentage et E le taux de croissance du gâteau, un calcul simple prouve que si

medium_equa1.4.JPG

la quantité de gâteau disponible et le pourcentage de prélèvement peuvent augmenter ensemble.

D’un point de vu macroéconomique, si E représente le taux de croissance du PIB et T le taux de prélèvement, on peut affirmer que :

tant que cette inéquation liant ce taux et la croissance est vérifiée, le revenu net disponible pour les assujettis augmente malgré la hausse des prélèvements.

Ainsi avec de la croissance, le taux de prélèvements et le revenu net disponible peuvent augmenter conjointement. Telle est l’explication du mystère évoqué plus haut. Si cette relation est vérifiée, les revenus augmentent et l’Etat est de plus en plus providence.

A l’inverse, en récession, le taux de prélèvements et le revenu net disponible peuvent très bien décroître ensemble.

Il est donc faux de dire que la baisse des prélèvements augmente forcément le pouvoir d’achat. Tout dépend de la croissance.

Si l’on poursuit le raisonnement mathématique plus loin on peut définir la variable IRAP (Indicateur revenu après prélèvements ) comme :

medium_equa2.2.JPG

Tant que IRAP est positif l’évolution du revenu net disponible est favorable.

En matière de prélèvements on raisonne malheureusement le plus souvent en pourcentage. Cependant ce n’est pas avec des pourcentages que l’on règle les factures mais bien avec ce qui reste dans la poche. C’est donc l’évolution de ce « reste » qu’il faut analyser. C’est ce que fait l’indicateur IRAP.

Si l’augmentation des prélèvements sert à soutenir la consommation populaire et à financer des investissements créateurs d’emplois, alors celle-ci soutient la croissance qui permettra à nouveau de donner du pouvoir d’achat tout en augmentant encore les prélèvements qui de nouveau soutiendront la croissance et ainsi de suite. Ainsi on a un cercle vertueux où l’augmentation des prélèvements entraîne pour chacun plus d’argent disponible dans une société plus juste.

Le cercle vertueux décrit ci-dessus n’est pas un schéma utopique. Il a fait ses preuves dans les économies de l’Europe du Nord en particulier. C’est lui qui explique le mystère décrit ci-dessus. Les trente glorieuses c’était cela. Une croissance forte accompagnée d’une augmentation constante des taux de prélèvements. Malheureusement focalisé sur le pourcentage des taux et non sur l’essentiel, à savoir l’évolution du net disponible, on a oublié ce cercle vertueux. Il y a eu une sorte de blocage psychologique irrationnel (cf. le bouclier fiscal) consistant à dire qu’au-delà d’un certain taux il y avait confiscation. Si la relation ci-dessus est vérifiée on peut constamment augmenter dans une certaine limite les prélèvements sans que cela devienne confiscatoire.

Judicieusement employées, les augmentations d’impôts peuvent soutenir et consolider la croissance. En d’autres termes lorsqu’il y a croissance pour la pérenniser et la consolider il faut augmenter les prélèvements. On a eu malheureusement tendance ces dernières années à faire l’inverse. Dès que de la croissance s’est manifestée, on s’est empressé de baisser les impôts plutôt que d’utiliser les surplus pour la soutenir par la répartition. C’est ainsi que l’on a brisé un cercle vertueux.

On peut décliner IRAP par catégories sociales E représentant alors la croissance des revenus bruts des différentes classes.

Dans ce cas, pour ces dernières années on s’aperçoit que ce sont les catégories les plus imposées qui ont été les plus favorisées. Pour les hauts revenus, E (croissance du revenu brut) a été important et DT (augmentation des prélèvements) faible voire négative. Il n’en est pas de même pour les catégories moyennes et inférieures qui ont un E faible, voire négatif, tandis que DT restait positif ou au mieux nul. D’où la crise et la souffrance aujourd’hui de ces classes.

Tout le monde a intérêt à la croissance. Des augmentations de prélèvements pour alimenter la croissance auraient permis aux revenus favorisés une augmentation encore plus importante de leur montant brut avec au bout du compte malgré tout IRAP encore plus fort. Le cercle vertueux de la course-poursuite des prélèvements et de la croissance n’empêche pas les riches de devenir encore plus riches. L’arrêt de cette course au nom du raisonnement que "trop d’impôts c’est trop et que trop c’est trop" n’a pas été pour eux aussi positive qu’ils le croient. Lorsque l’on a droit à la meilleure part du gâteau, on a grand intérêt à ce que ce gâteau soit le plus gros possible. Même s’il faut payer pour cela en acceptant une réduction en pourcentage de sa part. Part qui peut néanmoins augmenter en masse grâce à la croissance du revenu brut. Ainsi, contrairement aux idées reçues, l’augmentation des prélèvements est bonne pour tous, riches comme moins riches.

Nul ne peut contester qu’avec des moyens l’État, en ciblant pour la justice sociale ses aides, ses allocations et ses investissements, peut soutenir la croissance. Dans ce cadre, l’augmentation des prélèvements garantit mieux la croissance qu’une baisse profitant à des catégories plutôt épargnantes et dont les dépenses ne peuvent être orientées obligatoirement vers ce qui génère le plus de croissance.

A tout cela, on peut répondre que ce qui est encore mieux c’est d’avoir de la croissance et une baisse des taux de prélèvements. Dans ce cas IRAP est forcément positif. Le gâteau grossit et les parts aussi en pourcentage. Et, merveille des merveilles, si la baisse est raisonnable le surplus de rentrées fiscales dû à la croissance peut servir à soutenir cette dernière.

C’est le schéma rêvé par les libéraux. Schéma qui n’a jamais fonctionné. En tout cas pas de façon durable. Le libéralisme est par nature et légitimement à la recherche des profits. C’est ce qui fait son efficacité à servir l’économie. Mais cela ne suffit pas pour garantir la croissance. Les années 2004 et 2006 le démontrent où l’on a vu des profits records avec une croissance décevante. Cela prouve que l’on peut obtenir de gros profits avec une faible croissance du PIB qui entraîne un appauvrissement des classes moyennes et inférieures. Ce schéma c’est celui des favorisés qui gagnent de l’argent entre eux et qui, méprisant la répartition, génèrent la fracture sociale. Comme les rentrées fiscales sont plus liées aux PIB qu’aux profits (l’impôt sur les sociétés ne pèse que très peu par rapport à la TVA), dans ce schéma l’État s’appauvrit et ne peut plus impulser l’économie dans le sens de la croissance par la répartition qui, comme l’histoire économique le prouve, et dans le respect du calcul décrit plus haut, est la seule à garantir une croissance durable. Les baisses des prélèvements ne profitent qu’aux favorisés (tranche élevée des impôts, effet d’aubaine pour les prélèvements sociaux) et ne favorisent donc pas la consommation populaire qui entretient le mieux la croissance. Voilà pourquoi ce schéma ne peut fonctionner de façon durable. C’est le schéma des favorisés qui scient la branche sur laquelle ils sont assis car à long terme, sans croissance, il n‘y a de salut pour personne.

Hors de la croissance point de progrès. Les profits importants réalisés par les entreprises ne la soutiennent pas ou au mieux lui sont indifférents. Ce qui nourrit à court terme les profits ce sont les vertigineuses augmentations de productivité, les délocalisations, la spéculation financière mais très peu la croissance. Avec la productivité actuelle et à venir, le capital a et aura de moins en moins besoin de travail pour produire. Et s’il lui en faut, il y a l’Inde ou la Chine. Ceci réduit la part du revenu du travail dans le PIB pour augmenter celle des rentiers. A cela il faut ajouter le chômage qui, faisant pression sur les salaires, accentue encore la diminution de la part du travail dans le PIB au profit du profit. Les revenus du travail représentent aujourd’hui une part trop faible du PIB pour que ces derniers puissent assurer une juste et efficace répartition des richesses. Cette évolution irréversible qui va s’accélérant confie aux prélèvements un rôle de plus en plus majeur pour la redistribution. Il faut reprendre le raisonnement de Ford au début du siècle dernier sur les salaires pour l’appliquer maintenant aux prélèvements.

Cette mauvaise répartition explique la croissance molle. Les salariés composante la plus jeune et la plus consommatrice y sont mal traités. Pour corriger cette mauvaise répartition il faut augmenter les prélèvements pour mieux redistribuer la richesse. Ainsi on aura une croissance plus forte qui ne nuira pas en masse aux profits (donc à l’investissement privé ) et aux privilégiés, puisque les parts seront peut-être plus petites en pourcentage mais d’un gâteau plus gros.

En conclusion il faut arrêter de fixer comme objectif la baisse des prélèvements. Admettre que leur hausse irrémédiable ne signifie pas forcément baisse des revenus. Bien au contraire. Les PIB annuels sont des gâteaux d’une recette étrange. Leur importance peut très bien dépendre de la façon dont on a partagé le précédent.

CALCUL
Stituation 1

RB1 = quantité totale de gâteau
RD1 = quantité de gâteau disponible
T = taux de prélèvement

Situation 2

RB2 = nouvelle quantité totale de gâteau
RD2 = nouvelle quantité de gâteau disponible
DT = variation du taux de prélèvement
E = taux de croissance du gâteau

RD1 = RB1 - T*RB1
RD2 = RB2 - RB2*(T + DT)

Si E est le taux de croissance du gâteau on a :

RB2 - RB1
E = -----------------
RB1
Þ
RB2 = RB1*(1 + E)

Pour que :

RD2 > RD1

Il faut en remplaçant que :

RB2 - RB2*(T + DT) > DB1 - T*RB

Þ
DT*RB2 < RB1 - RB2 + T*RB1 -RB2

Þ
RB2 -RB1 + T* (RB1 -RB2)
DT < ----------------------------
RB2
Þ
(RB2 -RB1)*(1 - T)
DT < ------------------------
RB2

En remplaçant RB2 par RB1*(1 + E)

(RB2 -RB1)*(1 -T)
DT < -------------------------
RB1*(1 + E)

En divisant en haut et en bas pas RB1 on obtient :

medium_equa1.4.JPG

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62 réactions à cet article    


  • Avatar 20 avril 2007 10:22

    A l’auteur,

    Je me suis permis de retrancher de RB1 le « R » afin de l’additionner au titre :

    (RB1-R=B1) R+titre=titre correct CQFD

     smiley


    • Jo 20 avril 2007 10:34

      En effet, si les prelevements sont utilises plus convenablement on peut ameliorere les revenus. MAIS mes prelevements financent la retraite des cheminots a 47 ans alors que moi ca sera a 65 ans, mes prelevements financent les 20000 employes de la banque de france (2000 en UK) qui maintiennent le taux de change avec le Franc Francais, les 18000 communes avec leur mairie, leur MJC toujours fermee.

      Je m’excuse mais ces prelevements la, il faut les reduire car ce n’est pas ca qui va ameliorer mon niveau de vie.


      • bozz bozz 20 avril 2007 14:47

        non pas 18000 mais 36 000 communes.


      • Emile Red Emile Red 21 avril 2007 13:03

        On sait bien que les cheminots sont à la retraite avant d’avoir travaillé...

        Pour info, la majorité du personnel SNCF a sa retraite à 60 ans et pour seconde info, les taux de cotisation retraite à la SNCF pour leur caisse particulière étaient jusqu’à présent plus importants de près de 3 points que dans le privé.

        La caisse autonome SNCF n’était en rien déficitaire, elle le devient en pesant sur le régime général, cherchez l’erreur, quand la désinformation et le mensonge tiennent lieu de règle on en arrive à de telles aberrations.


      • alberto alberto 20 avril 2007 10:42

        Cher ami, je pense qu’il y a du vrai dans votre démonstration, le problème c’est qu’aujourd’hui les paramètres servant à définir la « croissance » sont en train de se modifier...

        Comme vous le savez sans doute, les accidents de la route, les cancers, et les cambriolages augmentent l’activité humaine et sont donc facteurs d’augmentation de PIB : doit-on souhaiter leur croissance ?

        Bien à vous.


        • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 21 avril 2007 00:57

          @ alberto

          Depuis un siècle et demi (1850), on a démontré que la destruction de valeur n’a jamais enrichi personne : Les cambriolage, les accidents ... sont destructeurs.

          Puisqu’il semble que vous ne l’ayez pas lu, je vous encourage vivement à lire ce texte de Frédéric Bastiat.

          D’ailleur, l’auteur de l’article détourne la démonstration du même Bastiat concernant sa polémique avec Proudhom sur la légitimité de l’intérêt du capital vs la gratuité du crédit.

          Quant à la qualité des service dans les pays nordiques, c’est oublier un peu vite qu’ils sont rendus par des sociétés de droits privées. Comme quoi, les services publiques sont toujours meilleurs et moins chers quand ils sont rendus par des entreprises privées.


        • Emile Red Emile Red 21 avril 2007 13:07

          « Comme quoi, les services publiques sont toujours meilleurs et moins chers quand ils sont rendus par des entreprises privées. »

          Quelle blague, où sont les démos ?

          La preuve du contraire : les autoroutes...


        • vraitravailleur 21 avril 2007 15:38

          @Emile Red

          « La preuve du contraire : les autoroutes... »

          Que voulez-vous dire : que les autoroutes privées sont mieux entretenues que les autoroutes appartenant à l’Etat, ou le contraire ?

          exemple d’autoroutes privées : en France,

          exemple d’autoroutes publiques : en Biélorussie, au Danemark où la vitesse est limitée en raison des trous dans la chaussée.

          vraitravailleur


        • Emile Red Emile Red 22 avril 2007 13:48

          Merci Leon de m’avoir compris.

          N’est plus sourd que celui qui ne veut entendre. Le système tatchérien est un désastre aussi bien au niveau transport que sanitaire, et je ne parle pas de l’éducation.

          Si le privé était si convenable, comment se fait il, qu’aujourd’hui, des mutuelles santé refusent des allocataires sous différents prétextes fallacieux... ?


        • aquad69 20 avril 2007 11:24

          Cher Professeur Steffen,

          car vous êtes bien professeur, n’est-ce pas ?

          Il me semble que vous avez tout de même oublié d’intégrer une chose dans vos formules :

          C’est l’indice d’évasion à l’étranger de capitaux, sous telle ou telle rubrique comptable ou banquaire et le taux d’hémoragie des revenus de notre activité économique que celà représente.

          Sans compter le discount de notre patrimoine, cette braderie systématique d’entreprises nationales de notre pays aux fonds de pensions internationaux, les « Zinzins », sous prétexte de privatisations, pendant les vingt dernières années.

          Rien que celà devrait disqualifier aujourd’hui tout candidat se présentant comme « l’héritier » d’un de ces gouvernements...

          Cordialement Thierry


          • tmd 20 avril 2007 12:53

            Je vois une grosse faille dans votre raisonnement. C’est qu’il faut tenir compte de l’inflation. Et donc dans ce cas, on se retrouve avec un E négatif !

            Et si l’on reprend vos équations avec un E négatif, on en déduit qu’il faut vite diminuer le taux de prélèvement.

            En conclusion, si E est positif, on peut augmenter T. Mais comme cela fait plusieurs années que E est négatif ...


            • Eric Steffen 20 avril 2007 15:41

              Le E dont je parle c’est celui du PIB mais mon raisonnement est aussi vrai pour les revenus dans ce cas E représente ces derniers qui pour bons nombre et surtout pour les plus riches E n’a pas été du tout négatif !!!!


            • debonsens 20 avril 2007 13:24

              bonjour—a jo—la retraite des cheminots est a 50ans pour les roulants et a 55ans pour les autres


              • Emile Red Emile Red 21 avril 2007 13:12

                55 ans pour les cadres, 50 ans pour certains roulants (grandes lignes) 55 pour les autres roulants (maneuvre), 60 pour tout le personnel restant...


              • aktos 20 avril 2007 13:40

                Et les prélèvement financent des employés charger de les collecter et de les redistribuer. Alors sur 100 euros collecté on ne peut pas distribuer 100 euros : Il faut bien payer ceux qui travaillent dans l’administation. Donc il y aura 85 de redistribué. A moins qu’il y ait création monétaire dans ce cas 100 produisent 110 distribué !


                • Eric Steffen 20 avril 2007 15:37

                  Payer les fonctionnaires c’est une façon de redistribuer puiqu’ils vont consommer avec leurs salaires !!!


                • Argo Argo 20 avril 2007 16:39

                  Et en payer moins de fonctionnaires, c’est aussi une façon de redistribuer parce qu’on va plus consommer avec le notre.


                • Eric Steffen 21 avril 2007 11:24

                  Vous avez raison, cequi prouve qu’il y a plusieur façons de redistribuer. Le tout est de savoir quelle est la bonne..... Il n’est pas sur que des baisses d’impôts pour les gens aisés qui épargnent plutôt que de consommer soient bonnes pour la croissance. Les fonctionnaires dont les revenus sont souvent modestes mais garantis sont peu épargnants et plutôt consommateurs.Ils soutiennent la croissance plus que d’autres...


                • Droopy 20 avril 2007 13:42

                  Il manque l’âge du capitaine dans la démonstration. Non là vous êtes sérieux avec vos mathématiques ? Moi mon raisonnement c’est : Plus j’ai moins d’argent, moins j’ai plus de sous !!!


                  • Eric Steffen 20 avril 2007 15:33

                    Mais c’est très sèrieux les mathématiques. La preuve : Préférez vous recevoir 100 et qu’on vous prélève 30% ce qui vous laisee 70 ou que l’on vous donne 300 et qu’on vous prélève 60% ce qui vous laisse 120 ?


                  • dbug 23 avril 2007 17:49

                    Dans votre explication, tout vient de s’éclairer pour moi avec ce dernier message : C’est l’employeur qui trinque, le salaire horaire qui explose et la france qui coule ...


                  • plume 20 avril 2007 16:10

                    A l’auteur : vous partez du principe que la part du gâteau (pour continuer sur votre analogie) qui m’est distribuée régulièrement augmente lorsque le gâteau augmente, et cela dans le même rapport...

                    Cela n’est absolument pas garanti : en effet, l’augmentation des salaires n’est en rien liée à la croissance (ni à l’inflation, d’ailleurs).

                    A titre d’exemple, je suis informaticien dans une grande entreprise privée... et mon salaire est bloqué depuis 5 ans, la direction refusant toute discussion avec les syndicats ! J’ajoute que je bénéficie d’aucune prime.

                    A comparer avec les augmentations statutaires des fonctionnaires, par exemple, dont les syndicats obtiennent régulièrement un « plus » qui n’a en général rien à voir avec le taux de croissance observé.

                    D’une manière générale d’ailleurs, dans les (grandes) entreprises, c’est la même chose : les augmentations négociées dépendent des rapports de forces syndicats/direction, un peu des résultats de l’entreprise, pas du tout du taux de croissance du pays...

                    Votre « modèle » est donc très éloigné de la réalité française...


                    • Eric Steffen 20 avril 2007 16:33

                      J’ai voulu simplement évoquer que l’augmentation des prélèvements ne signifiait pas forcément baisse des revenus lorsque que ces derniers « croissent » et que bien employés les surplus perçus par l’Etat pouvaient consolider et soutenir la croissance qui elle seule donne les meilleures chances d’augmenter les revenus..Ensuite vous avez raison tout est affaire de rapport de force pour le partage.

                      Qu’une petite proportion d’un gros gâteau puisse nourrir mieux qu’une grosse proportion d’un minuscule est une vérité universelle !!!!


                    • Emile Red Emile Red 21 avril 2007 13:19

                      @ plume

                      Comment on découvre que le syndicalisme n’est pas qu’une agence de parti (de gauche ?), mais un régulateur de répartition des richesses. Plus les syndicats ont de poid, plus les salaires peuvent être négociés, CQFD.

                      Ainsi va la société, le MEDEF est un syndicat très puissant, les patrons ont compris ce que les employés peinent à comprendre. L’union fait la force, faut-il encore le démontrer ?


                    • Argo Argo 20 avril 2007 16:36

                      @ l’auteur,

                      Augmenter les prélèvements ? Vous lésinez R2D2... Avec vos équations, on peut montrer que si on lui filait absolument tout notre fric à l’Etat providence, on vivrait encore plus heureux... C’était donc ça la solution ?

                      Sérieux. 100% d’accord avec vous pour dire que la croissance constitue la clé. Et sur ce point, nous sommes à la traîne de l’Asie, des USA et de l’Europe. Les leviers de la croissance sont aujourd’hui assez bien connus et mis en avant à droite comme à gauche : investissement dans la recherche et l’éducation, financement des PME (seules entreprises créatrices d’emplois), libéralisation du commerce et des services, meilleur accès au crédit pour un plus grand nombre de ménages.

                      Cependant votre raisonnement ne tient que sur la petite ligne qui dit que l’Etat est le mieux qualifié pour favoriser cette croissance. En gros, celle qui justifie qu’on lui donne plus de fric en augmentant les impôts (pour ceux que les mathématiques rebutent, cela me paraît plus clair). Et là je suis 100% en désaccord avec vous. Les précédents gouvernements de droite comme de gauche l’ont bien démontré.

                      Mais je suis beau joueur et franchement je vous promets que le jour où :

                      - La part (en % du PIB) de dépense publique productive (éducation, universités, recherche, nouvelles technologies, aide aux PME et à l’innovation) atteindra la moyenne des pays développés (je vous invite à considérer notre score sur chacun de ces points, c’est pitoyable).

                      - L’Etat aura eu le courage d’engager les réformes structurelles qui permettront de réduire la part de dépense publique non productive (transferts publics, salaires, service de la dette).

                      Ce jour là, je dirai OK. En Suède je dis pas, mais en France et en attendant, je fais plutôt confiance aux ménages et aux petites entreprises et préfère laisser le peu qu’il me reste d’oeufs dans ces paniers là plutôt que d’en filer encore plus à l’omelette nationale. Quand on voit la gabegie, on a le droit d’être craintif... Non ?


                      • Eric Steffen 21 avril 2007 10:03

                        Les dépenses publiques c’est de l’argent qui retourne à la société donc qui favorisent l’activité. La dette c’est de l’argent emprunter par l’Etat pour ne pas avoir à augmenter les impôts pour équilibrer ses comptes. La dette aussi soutien l’activité. Sans la dette nos impôts auraient été et seraient encore plus lourds.

                        On parle toujours de la gabegie sans jamais parler des décisions qui sont à l’origne d’économies comme les impôts par internet ou le TGV qui a relancé la croissance de bon nombre de régions et est un facteur attirant pour les entreprises étrangères. La valeur ajoutée du TGV pour la France compense largement le déficit de la SNCF.(bonne omelette que le TGV !!!)

                        Mon propos n’est pas de dire qu’il faut augmenter les impôts à tout va mais que la hausse des prélèvements n’est pas forcément comme on l’entend partout forcément un chose négative.


                      • Emile Red Emile Red 21 avril 2007 13:29

                        La SNCF n’est plus en déficit depuis longtemps, et encore l’a-t’elle été un jour ?

                        Le déficit présumé était du au paiement à exercice suivant (janvier de l’année suivante) des factures par l’état, parlons donc d’une dette de l’état envers la SNCF, mais certainement pas d’un déficit. Une grande partie du déficit de la SS provient des mêmes raisons, l’état ne payant ses factures que dans l’exercice de l’année d’aprés.


                      • Argo Argo 21 avril 2007 14:28

                        Tout comme vous, je n’ai rien contre la dette publique tant qu’elle reste dans des limites raisonnables. Aujourd’hui 66% du PIB contre 60% fixés par l’Europe, ça va. Et à tout prendre, je préfère que l’état emprunte pour combler ses déficits plutôt qu’il augmente les impôts et les taxes (comme vous le suggérez).

                        Comme je l’ai indiqué plus haut, je n’ai rien non plus contre l’investissement productif, la recherche, l’innovation et puisque vous en citez un fleuron, le TGV.

                        Je déplore simplement la part trop importante de dépenses publiques non productives (celles qui ne contribuent ni à une croissante juste et durable, ni au bien être social).

                        Ou si vous préférez l’incapacité des gouvernants de droite et de gauche à mener les réformes structurelles qui permettraient :

                        - de réduire certaines dépenses non productives : réforme des système de retraite et de santé, réduction des effectifs de la fonction publique d’état (hors enseignants, santé, police/gendarmerie et justice).
                        - et de favoriser la croissance : incitation des ménages à investir dans l’innovation et la R&D, réforme de l’enseignement supérieur et en particulier de l’université, réforme du système bancaire.


                      • Gilles Gilles 21 avril 2007 16:17

                        @ ARgo

                        Tu dis :

                        « Et à tout prendre, je préfère que l’état emprunte pour combler ses déficits plutôt qu’il augmente les impôts et les taxes (comme vous le suggérez). »

                        N’oublie aps qu’ensuite il faut rembourser ET payer les intérêts qui représentent environ 40 à 50 MILLIARDS d’euros par an.

                        En plus, l’Etat emprunte surtout à ceux qui ont de l’argent pour épargner et à l’Etranger. Se sont eux qui récupéreront le pactole des intérêts.....pas toi mon gars, ni la France !


                      • Eric Steffen 21 avril 2007 19:34

                        La dette c’est de l’argent dépensé et investi en France donc qui augmente le PIB. Sans la dette notre PIB serait moins important qu’avec. On vivrait moins bien sans la dette. La question qui se pose c’est de savoir si la différence positive entre un PIB avec dette et un PIB sans dette genère suffisemment de recettes fiscales pour rembourser ou payer les intérêts. A cette question je n’ai pas de réponse...


                      • Argo Argo 21 avril 2007 20:28

                        La dette extérieure est contrainte en France. Nous n’avons pas les moyens de faire financer la consommation par de la dette extérieure comme les états unis. Si la dette était extérieure ce serait beaucoup plus problématique.

                        Au total, la dette est de 66% du PIB (les prélèvements obligatoires de 44% du PIB) et selon la loi de finances 2007 on arriverait en 2010 aux 60% imposés par l’Europe. Avec un déficit de 2,5% du PIB, c’est à dire qu’avec une croissance d’environ 2,25% on est à l’équilibre.

                        La clé en fait c’est la croissance. Si on réduit la dette et le déficit en pourcentage ce n’est pas en dépensant moins, c’est en augmentant le PIB (la croissance). Après le seul problème c’est de dépenser « mieux », créer de la croissance (et du bien être social). C’est comme ça qu’on laissera une situation saine (moins de dette, moins de chômage) aux générations futures.

                        Mais il ne faut pas oublier le plus « lourd », les transferts sociaux (retraites et santé) dont le poids croissant (parce que la population vieillit) est bien plus inquiétant pour les jeunes que le service de la dette et qui ne se règleront que par une réforme. Seulement pour s’écarter d’un iota du sacro saint modèle à la française (la répartition), bon courage !


                      • Gilles Gilles 22 avril 2007 09:07

                        Oui mais quant on voit que le coût des intérêts sur la dette est a peu prés équivalent au déficit budgétaire (40-50 milliards d’euros par an) ne peut-on penser que sans dette ces milliards seraient d’abord tout autant dépensés en France mais aussi d’une manière plus productive, comme par exemple dans la recherche, plutôt que de finir dans les poches des quelques personnes (physiques ou morales) qui financent notre dette.... et qui ne sont pas forcément en France pour y dépenser leur profit ?


                      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 23 avril 2007 15:06

                        Cette réponse arrive un peu tard, mais si la SNCF n’est plus endetté c’est par un double artifice comptable : la création de la RFF, qui a pris toutes les dettes, une recapitalisation par l’Etat (sans compter le non paiement des charges sociales).

                        Pour info, RFF est chargé de la maintenance du réseau ferré, et loue les lignes aux utilisateurs. Mais chose extraordinaire, la SNCF est le véritable exécutant des travaux d’entretien que lui sous-traite la RFF à un coût beaucoup plus élevé que le montant que paye la SNCF pour l’accès au réseau. Nous vivons une époque formidable.


                      • Fred 21 avril 2007 12:11

                        Si on parle des pays scandinaves, il faut rappeler certains points que l’auteur (volontairement ?) oublie.

                        - il n’y a pas de charges patronales donc forcemment l’imposition sur les salaries va etre plus importante pour financer la secu. Est-ce que les francais (ceux plutot de gauche) sont prets a accepter que les patrons ne paient pas de charges patronales ?

                        - Il n’y a pas d’indemnite de licenciement prevue par la loi.

                        - Le chomage certes peut durer 4 ans mais apres 2 refus de proposition d’emploi ou de formation, la personne ne recoit plus rien.

                        - certains de ces pays ont aussi baisse leur nombre de fonctionnaires.

                        Pour resumer, je suis persuade que les gens de gauche seraient les premiers a refuser de tels systemes.


                        • Emile Red Emile Red 21 avril 2007 13:38

                          Ahhh ??? Parcequ’il y a des charges patronales en France ?

                          Si je ne m’abuse, un patron paie moins de charge pour lui qu’un employé, alors si vous voulez parler des charges qu’un patron paie pour chaque employé, réfléchissez et comprenez une fois pour toute que c’est un langage de dupe.

                          Un ouvrier rapporte à une entreprise il ne coute pas, au risque de vous décevoir, c’est l’ouvrier qui paient les charges patronales et non l’inverse.

                          Quand un ouvrier rapporte 10 € à son entreprise, ces 10 € sont partagés ainsi : le salaire net de l’employé, les charges de l’employé, les charges patronales, les frais généraux de l’entreprise, dans le cas où le patron n’est pas productif son salaire et ses charges perso, le bénéfice.

                          Où voyez vous que le patron paie pour quelqu’un d’autre que lui même ?


                        • Fred 21 avril 2007 17:15

                          "Ahhh ? ? ? Parcequ’il y a des charges patronales en France ?

                          Si je ne m’abuse, un patron paie moins de charge pour lui qu’un employé, alors si vous voulez parler des charges qu’un patron paie pour chaque employé, réfléchissez et comprenez une fois pour toute que c’est un langage de dupe.

                          Un ouvrier rapporte à une entreprise il ne coute pas, au risque de vous décevoir, c’est l’ouvrier qui paient les charges patronales et non l’inverse.

                          Quand un ouvrier rapporte 10 € à son entreprise, ces 10 € sont partagés ainsi : le salaire net de l’employé, les charges de l’employé, les charges patronales, les frais généraux de l’entreprise, dans le cas où le patron n’est pas productif son salaire et ses charges perso, le bénéfice.

                          Où voyez vous que le patron paie pour quelqu’un d’autre que lui même ?"

                          encore une tirade anti-patron, on connait des entreprises sans salarie, on n’en connait pas une sans patron.

                          vous pouvez discuter semantique mais le fait que le patron paie plus de charges a l’etat pour le salarie que le salarie lui-meme. Dans l’optique de l’article et les pays scandinaves il y a une raison simple pour laquelle leur fiscalite est plus elevee chez les individus parce qu’ils paient la part equivalente aux charges patronales.


                        • Gilles Gilles 21 avril 2007 19:16

                          Comme tu veux Fred, mais néanmoins leurs prélèvements obligatoires sont autours des 50% du PIB (44% en France).

                          Ensuite, les charges patronales sont les parties du salaire que l’employeur verse directement à l’Etat et aux organismes sociaux pour que ces derniers le redistribue. SI en Sandinavie il n’y a pas de charges nommées « charges patronales », (je n’en sais rien mais je te suis), l’employeur les donne en tant que salaire à l’employé qui ensuite file une plus grosse part à l’Etat qu’en France..... le calcul du coût du travail revient au même, c’est juste uen histoire de vocabulaire.

                          D’ailleurs, dans ces pays les salaires sont beaucoup plus élevés qu’en France (le coût de la vie aussi) et la différence entre bas et hauts salaires est bien plus faible ; Comme le montre l’auteur, des sociétés ayant une classe moyenne plus vaste avec moins de disparité comme les sociétes scandinaves ont comme par hasard l’un des meilleurs niveau de vie au monde et sont les premiers dans l’indice de développement humain.


                        • Fred 21 avril 2007 19:21

                          On peut aussi rajouter qu’il n’y a pas de salaire minimum au Danemark et en Suede.


                        • Emile Red Emile Red 22 avril 2007 13:55

                          Des entreprises sans patron ???

                          Oui les scoops qui se comportent généralement très bien économiquement et où les salaires n’ont aucune commune mesure avec la concurrence, de plus les bénéfices sont ou réinvestis ou partagés entre les employés augmentant d’autant leurs revenus, tout ce que le capitalisme moderne a perdu de vue.


                        • Emile Red Emile Red 22 avril 2007 14:00

                          « les individus parce qu’ils paient la part equivalente aux charges patronales. »

                          Vous admettez donc bien que ce qu’on appelle « charges patronales », en France, n’est qu’un jeu sémantique et que c’est bien le travail de l’employé qui finance ces charges et non le patron qui les sort de sa poche, d’ailleurs si c’était le cas ce serait un piètre dirigeant.

                          Donc il n’y a réellement pas de charges patronales, dire le contraire est une falsification intellectuelle.

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