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La mondialisation heureuse contre l’économie réelle : Partie II : Le mystère de l’inflation déguisée (3/3)

Billet invité de Marc Rameaux, qui a publié « Portrait de l’homme moderne  », suite des papiers (1/3) et (2/3)
 
Un tour de passe - passe monétaire
 
Une analyse plus profonde et plus critique sur la mesure de l’inflation nous fait cependant reconsidérer ce point de vue. Il est curieux qu’un gonflement monétaire ne se traduise par l’augmentation d’aucun prix, dans aucun secteur de l’économie. Loin de stagner, l’inflation est en fait réapparue sous une autre forme, qu’aucun indice des prix classique ne peut mesurer. Cette inflation « déguisée » ou plus exactement déplacée a été identifiée dans cet article des Echos :
 
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-173178-non-linflation-na-pas-disparu-elle-sest-deplacee-2110020.php
 
Il n’y a pas de miracle : la création monétaire engendre un accroissement de certains prix, encore faut-il savoir lesquels. Comme le note l’article des Echos la première inflation facilement observable est celle des actifs financiers. Par construction, le QE consiste en des programmes massifs de rachats de titres. Les marchés financiers ont connu et connaissent encore une hause considérable, sans rapport direct avec les résultats des entreprises concernées.
 
Par ricochet, cette montée des actifs financiers enflamme également les prix de l’immobilier à l’achat. La barrière à l’entrée de l’accès à la propriété étant importante, ce sont généralement ceux qui ont les moyens d’entretenir un portefeuille d’actifs importants qui l’utilisent pour l’investissement immobilier. Le QE n’a donc « ruisselé » que sur une petite partie privilégiée de la population, celle des plus aisés. Déjà fortement discriminante d’avec le reste de la population, la classe la plus aisée a encore creusé l’écart en ayant accès à une manne de crédit supplémentaire pour des biens qu’elle seule pouvait déjà se payer.
 
L’article des « Echos » mentionne cette répercussion inégalitaire. On ne peut soupçonner pourtant son auteur d’un biais anticapitaliste : l’auteur est responsable de la stratégie de marché chez Neuflize OBC, autrement dit un acteur reconnu des institutions financières, fréquemment interviewé sur les dernières tendances boursières.
 
L’inflation est donc très loin d’avoir disparu. Elle ne se reflète plus dans le classique indice des prix à la consommation. Mais le fait de l’avoir fait disparaître des dépenses courantes revient à casser le thermomètre pour ne pas voir une surchauffe artificielle et malsaine, entretenue par l’intervention directe des banques centrales.


La pompe à spoliation
 
Le maintien de l’inflation courante à des niveaux bas et l’usage de la création monétaire ne semblent pas redoutables individuellement. C’est la combinaison des deux qui instaure un mécanisme très malsain. Il revient à mettre en place un circuit de ponction permanente de l’économie productive pour alimenter une bulle financière, devenant une véritable rente pour une petite minorité qui ne se distingue pas par sa capacité à entreprendre mais par la seule possibilité de toucher cette manne. Cette façon d’entretenir de riches oisifs est l’exacte négation de l’esprit d’entreprise.
 
L’on objectera que tout un chacun peut se placer sur les marchés financiers pour bénéficier de ce treuil monétaire : il suffit de disposer d’un compte titres. C’est une grande naïveté de penser que tous les acteurs sont équivalents à ce jeu, au regard des risques pris. Les acteurs capables d’entretenir un important portefeuille d’actifs ont un accès privilégié aux informations de retournement de marché : des actions de resserrement des taux seront connues plusieurs jours à l’avance par les grands investisseurs, au dernier moment par les petits porteurs. Les quelques bénéficiaires de la pompe monétaire sauront donc également à quel moment se retirer du jeu. Ils bénéficieront ainsi d’une double ponction : celle opérée sur l’économie productive pendant les phases de gonflement monétaire, celle leur permettant de siphonner les comptes de petits porteurs sur les marchés financiers au moment du retournement. Le pillage de l’économie productive par quelques rentiers financiers n’est pas le seul mécanisme élevé au rang d’institution, le délit d’initiés l’est également.
 
Enfin, inutile de préciser que le QE fausse l’efficience des marchés : une bonne nouvelle de conjoncture fait monter les cours, une mauvaise les fait monter également, les acteurs anticipant que cela incitera les banques centrales à perpétuer la création monétaire et la pression à la baisse sur les taux. Le rôle de financement rapide des entreprises que remplissait autrefois la bourse n’a plus aucune existence véritable : les cours deviennent totalement décorrélés des résultats effectifs des entreprises, les seuls paramètres influents devenant totalement endogènes au monde financier, dans une sorte de relation incestueuse demeurant dans son cercle : rythme de la création monétaire, réserves des banques centrales et des banques d’affaires, état de la dette des différents pays, enfin amplification par les algorithmes de trading.
 
 
Il est souvent de bon ton de dire que nous vivons dans un monde complexe pour justifier de regrettables errements économiques. Lorsque nous ramenons notre monde à ses buts, non à ses moyens, il devient pourtant d’une grande simplicité. La combinaison d’un indice des prix à la consommation maintenu bas et de la création monétaire par les banques centrales constitue la plus formidable machine à spoliation de l’économie productive au bénéfice de quelques acteurs financiers.
 

 

Nous ne vivons pas dans la société ouverte et avancée qui nous est souvent décrite, mais dans une économie de rente la plus archaïque qui soit, comme même la bourgeoisie la plus réactionnaire du XIXème siècle, si bien croquée par Balzac, ne l’aurait jamais rêvée. Les véritables entrepreneurs ne gagnent que très peu à ce jeu. Aussi le discours marxisant leur imputant la responsabilité de ces maux se trompe sur toute la ligne. C’est précisément lorsque nous revaloriserons l’économie d’entreprise sur l’économie de rente que nous pourrons sortir de cette situation. Encore faut-il cesser de noyer sous de mauvaises raisons ce qui n’est qu’un objectif parfaitement simple et clair : l’enrichissement sans limite et sans effort de quelques-uns, au détriment du véritable entreprenariat.

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21 réactions à cet article    


  • Hervé Hum Hervé Hum 3 février 09:31

    C’est pas trop mal, mais comme toujours avec le sujet monétaire, vous prenez soin de vous arreter au milieu du guet, parce que poursuivre le raisonnement jusqu’au bout fait aussi s’écrouler vos propres convictions en la matière.

    La prise de conscience a ses limites n’est t-il pas Monsieur Herblay ?

    Ainsi, vous zappez totalement le fait que, dans le système capitaliste, l’esprit entrepreneurial tend à se transformer en esprit de rentier. C’est si vrai, que la rente est placé au coeur de l’esprit entrepreneurial par le biais de la recherche de profit, qui est fondamentalement une rente et non un investissement.

    Votre logique est totalement biaisée, mais vous ne voulez surtout pas le voir et vous en prendre aux conséquences et non aux causes est très pratique pour rester dans votre déni de la réalité économique.
     
    Ainsi, quand vous dites que la bourgeoisie du XIXème siècle en rêvait, vous vous trompez volontairement, car cette bourgeoisie ne l’a pas rêvé, elle l’a mise en pratique avec toute la violence que l’on sait, c’est à dire, des conditions de travail où même un esclave romain était infiniment mieux traité. Vous mentez donc. La différence étant que les financiers n’avaient pas acquis autant d’expériences et surtout, autant de pouvoir sur les politiques et la crédulité des citoyens, qui faisaient s’écrouler la pyramide bien plus vite qu’aujourd’hui.

    Les causes produisent toujours les mêmes conséquences et prétendre pouvoir aménager le système capitaliste est une imposture car il est impossible à réformer sans être détruit. Toute mesure n’a qu’un seul effet, réduire la vitesse de survenue de crise lié à cette spoliation continue de l’économie via l’impôt privé que constitue le profit usurier, mais ne peut pas l’empêcher sans être détruit.

    Voilà pourquoi, entre autres raisons, l’argent créer par les QE vont gonfler les portefeuilles des déjà riches. Une autre raison que vous ne soulignez pas, c’est qu’une partie importante des QE sert à solder des dettes non solvables, totalement dissimulés au travers des fameuses tritisations. De telle sorte que tout semble normal. Il y a d’autres raison connexes, mais laissons cela.

    L’histoire nous enseigne que la rupture du système arrive toujours au moment où la capacité de la population à supporter une telle situation d’asservissement et d’humiliation atteint ses limites. Mais n’est pas le fait des riches, ces derniers pouvant tout perdre quand les autres ne pouvant que gagner.

    SI la population de se révolte pas, c’est dû a plusieurs facteurs, mais un d’eux est le fait de l’état de sidération dans lequel se trouve enfermé la population. Celle qui veut qu’aucune autre alternative n’apparaît car savamment et systématiquement diabolisé d’une part et surtout, parce que ceux qui prétendent donner des solutions, le font sans rien changer au principe capitaliste. Ce sont les gens comme vous qui interdisent toute alternative en maintenant les cogito dans cet état de sidération où ils critiquent un système tout en le défendant dans ses fondements par ailleurs, et en faisant mine de croire que c’est logique.


    • benyx 3 février 19:14

      @Hervé Hum
      Très bonne analyse à laquelle je peux rajouter que l’état de sidération est maintenu par un abrutissement généralisé. La destruction de l’école et le remplacement des savoirs par les compétences en est le trait le plus caractéristique.


    • Eric F Eric F 3 février 19:27

      @Hervé Hum
      je ne partage pas l’ensemble de vos positions, mais je suis d’accord sur le fait que le discours politico-médiatique général est qu’il n’y a aucune alternative au libéralisme mondialisé, ce qui oriente toute l’activité, ainsi même l’économie dite sociale et solidaire est souvent récupérée en tant qu’esquive à la réglementation du travail et à la fiscalité. Le volontarisme d’état est diabolisé, du moins en Europe.


    • Hervé Hum Hervé Hum 4 février 09:54

      @Eric F

      vous pouvez ne pas être d’accord, mais perso, quand j’écris à quelqu’un que je ne partage pas tout ou partie de son point de vue, j’ai la correction de lui dire pourquoi, sinon, je préfère m’abstenir ou bien j’avoue que mon désaccord ne repose sur rien, sinon être du même ordre que dire ne pas aimer les carottes.


    • Alcyon 4 février 15:30

      @Hervé Hum j’ai lu jusque «  des conditions de travail où même un esclave romain était infiniment mieux traité ». L’hyperbole est tellement ridicule que je me suis arrêté là, le message ayant perdu toute crédibilité.


      Je suis sur que les esclaves romains travaillant dans les mines, les champs et sur les galères (indice : l’étymologie de ce terme devrait en faire sursauter plus d’un) étaient heureux de profiter de leurs semaines de congés et de leur liberté simple. Ils étaient également heureux de ne travailler « que » 35 heures par semaine et de pouvoir disposer librement de l’argent récolté. Ils étaient tellement infiniment mieux traités !

    • Hervé Hum Hervé Hum 4 février 17:16

      @Alcyon
      *
      La comparaison portait sur les conditions de travail du XIXème siècle où aucun des « avantages » que vous citez existaient.

      Vous comprenez, qu’un esclave soit traité comme un esclave, rien de plus « normal », mais qu’un travailleur supposé être libre soit traité au même niveau qu’un esclave de la pire espèce et là, dire que c’est « normal », tient de l’hyperbole !

      C’est pourtant ce que soutiennent les gens se définissant comme des libéraux et c’est la normalité du système capitaliste. L’anormalité étant de pouvoir seulement discuter des droits sociaux des travailleurs, un anachronisme que le les tenants du système voudraient bien corriger, comme le rappelait un ancien président du medef.


    • Eric F Eric F 4 février 18:57

      @Hervé Hum
      « j’ai la correction de... » ben voyons... vous le prenez de haut envers l’auteur et les autres intervenants !
      Pour résumer, mon positionnement n’est pas aussi à gauche que le vôtre, mais je voulais juste préciser que l’accord sur un point précis ne signifiait pas un alignement sur l’ensemble de votre commentaire. Vous auriez mieux fait de prendre acte du point d’accord plutôt que donner des leçons !


    • Hervé Hum Hervé Hum 4 février 20:09

      @Eric F

      ben, disons que je sais ni en quoi vous êtes d’accord, ni en quoi vous êtes en désaccord !

      Mon positionnement n’est ni à gauche ni à droite, mais logique.

      C’est à dire, que l’analyse repose sur la logique et non sur des considérations disons, idéologiques.

      Par exemple, quand j’écris qu’il est impossible de réguler le capitalisme, sans le détruire, c ’est la logique qui le dit, pas l’idéologie. C’est un peu comme si pour une course de dragster, vous disiez qu’il faille limiter la vitesse, c’est absurde !


    • Eric F Eric F 3 février 19:16

      Intéressant point de vue, la masse monétaire abondamment créée par la Banque Centrale va en effet majoritairement dans le circuit financier stérile et gonfle les indices, alors que « sur le papier » elle était censé aller dans l’investissement et le crédit pour tirer la reprise. Et quand la bulle spéculative éclatera, les milliards de la BCE partiront en fumée, et on pompera sur les dépôts des ménages pour redresser les banques.
      Concernant l’immobilier, la question est plus complexe, la hausse concerne surtout les « zones tendues » là où les plus fortunés achètent, par ailleurs le faible cout du crédit incite les promoteurs à marger davantage, et enfin les « normes » augment le prix effectif.
      Pour en revenir à l’utilisation de la masse monétaire créée, il n’existe plus de relance par l’investissement public dans les économies européennes désormais totalement libérales -davantage même que ne l’est l’économie étasunienne par exemple-


      • toma 3 février 19:39

        Je trouve cela une très juste analyse. L’inflation, y en a pas, la preuve, le prix du pain n’augmente pas. Par contre, les tranches sont de plus en plus fines...

        Mais les statistiques sont faites sur le nombre de tranches de pain, donc tout va bien.

        Puis les appartements restent abordables, 300.000 eur pour une famille, ça reste payable en 30-35 ans, juste sur 24 m2 sous toit, faudra pas trop faire de gosses, tout va bien. L’accès a la propriété, ni problèmo.


        • Paul Leleu 3 février 19:46

          je ne sais pas où vous avez lu que les marxistes s’en prenaient d’abord aux petits entrepreneurs ? ... 


          les marxistes ont toujours parlé (et on les a caricaturé) du « grand capital » (souvenez vous d’Arlette Laguiller)... et ils considèrent les petits-entrepreneurs comme une classe intermédiaire dupe (sinon complice) d’un système qu’elle ne comprend pas... le petit-entrepreneur regroupe aussi bien le petit-dealer déguelasse qui veut sa part du gâteau mafieux, que l’artisan honnête et semi-prolérarisé, qui effectue son métier comme il le peut, sans avoir vraiment choisi. 

          c’est l’éternelle fable du petit commerçant bouffé par les grands supermarchés... le petit-entrepreneur c’est comme le petit-actionnaire... une fable de propagande, un bouclier civil, un storytelling, qui sert délibérément à cacher l’ignoble capitalisme derrière la sueur de pauvres benêts de commerçants... il n’a jamais été prévu que le petit commerce soit rentable... il est juste là pour faire croire que chacun peut « avoir sa part du gateau »... alors que ce n’est pas vrai... d’où la complainte ancestrale du petit-commerçant qui se tue à la tâche... 

          maintenant, reste à savoir ce que les petits-entrepreneurs veulent être : continuer a servir de marche-pied et de paillasson démocratique à la finance internationale, ou bien cesser de cautionner par leur attitude et leur vote, les spoliations systémiques que vous décivez... le petit-entrepreneur doit savoir de quel côté de la barricade il se situe... et l’assumer comme un adulte... 

          les compromis socio-démocrates que nous avons connu ne tenaient qu’à la pression communiste populaire, et à la présence des chars de l’Armée Rouge à nos frontières... c’est le discours du Médef et de Kessler... les mécanismes que vous décrivez ne vont faire que s’accroitre... et votre démocratie bourgeoise ne fera que les accompagner sinon les promouvoir... 






          • Eric F Eric F 3 février 21:50

            @Paul Leleu
            l’artisan n’a pas le pouvoir de changer le système économique mondial, il fait son job en essayant de gagner sa croute, il ne cautionne pas plus en cela les dérives du capitalisme que ne le fait le salarié d’une grande entreprise. « Savoir de quel côté de la barricade on se trouve » est une expression d’idéologue, car dans la vraie vie la plupart des gens s’efforcent de surnager, hormis l’infime minorité qui ont un très grand pouvoir, et les opportunistes qui leur cirent les pompes.


          • Eric F Eric F 3 février 21:53

            On ne peut pas arrêter de vivre en attendant que le système change, même ceux qui défilent derrière des drapeaux rouge.


          • Hervé Hum Hervé Hum 4 février 10:06

            @Paul Leleu

            Une maxime dit que pour régner, il faut diviser (ses ennemis) et que l’union (de ses amis) fait la force.

            Autrement dit, diviser ses ennemis et unir ses alliés.

            Quel rapport avec votre commentaire ?

            Eh bien, un commerçant, un paysan, un artisan, un médecin, sont tous des salariés au même titre qu’en ouvrier de chez renault.

            La différence ne porte pas sur le principe de la rémunération du travail contre salaire, mais porte sur la modalité du salaire, autrement dit, un salaire fixe ou variable ou une part des deux.

            Ainsi, je suis toujours amusé d’entendre un paysan, un artisan, un commerçant se définir comme patron, fier de son super statut, sauf qu’il oubli un petit détail, c’est qu’il est aussi son employé !

            Autrement dit, le super petit auto patron est aussi son super auto employé, mais bizarrement, ils affichent un total mépris pour l’employé qu’ils sont !

            En fait, toute l’économie repose sur le salariat et en rien sur le patronat, car même un pdg d’une grande multinationale est un salarié, même si le salaire est doublé d’une rente, de telle sortel que ce salarié comprend très bien qu’il défend les intérêts des rentiers et non des salariés, car sa rémunération est faite pour lui permettre d’accéder au statut tant recherché de rentier.

            Commencer par corriger ce genre de biais cognitif, fait pour maintenir le cogito dans des chausses trappes et lui faire croire l’inverse de la réalité.


          • titi 4 février 12:36
            @L’auteur

            L’inflation qu’elle soit sur les prix jusque dans les années 90, ou sur la finance depuis, a toujours la même cause : l’incapacité des politiques a gérer les budgets publics.

            Il n’y a pas de miracle : quand un pays comme la France dépense 60 milliards de plus que ses recettes tous les ans (on parle donc de revenus annuels pas de patrimoine... précision pour les gogos qui vont me répondre qu’il suffit de démanteler les fortunes des milliardaires) il faut bien que ces 60 milliards soit « fabriqués » quelque part, diluant ainsi les milliards existants.



            • Eric F Eric F 4 février 18:48

              @titi
              pas forcément uniquement les déficits publics, puisque la BCE veut à la fois l’équilibre budgétaire, mais aussi un peu d’inflation à 2%. L’inflation peut aussi provenir de l’emprunt privé pour l’investissement ou la consommation des ménages, ou de surcroit de masse salariale (mais ça fait longtemps que ce n’est plus le cas).


            • JC_Lavau JC_Lavau 4 février 23:22

              Article fort clair. Félicitations.


              • BA 5 février 12:53

                A propos de la faillite de l’entreprise multinationale Carillion, qui comptait 43 000 employés :


                L’entreprise Carillion faisait certifier ses comptes par le cabinet d’audit KPMG. Pendant des années, KPMG a toujours certifié les comptes de l’entreprise Carillion !


                Dans le milieu des entreprises multinationales, tout est du mensonge, tout est du pipeau :

                - les bilans comptables sont faux et mensongers,

                - les cabinets d’audit le savent parfaitement, mais ils certifient quand même les comptes truqués,

                - tout ce petit monde passe sa vie à mentir,

                - comme d’habitude, les victimes sont les employés, qui perdent leur travail, et les retraités, qui voient le fonds de pension de l’entreprise Carillion faire faillite.


                Lundi 29 janvier 2018 :


                KPMG visé par une enquête du régulateur britannique.


                Le cabinet d’audit KPMG s’est occupé, entre 2014 et 2017, des comptes du géant du BTP Carillion, au coeur d’un vaste scandale financier.


                La pression était devenue trop forte. Pressé par Londres depuis des jours, le Financial Reporting Council (FRC), le régulateur britannique des cabinets d’audit, a annoncé ce lundi l’ouverture d’une enquête sur KPMG.


                Le FRC s’intéresse au rôle de KPMG dans le scandale de la faillite du groupe Carillion, que le cabinet d’audit a contrôlé pendant des années. Le géant du BTP a fait faillite le 15 janvier 2018, laissant potentiellement sur le carreau 43.000 employés, dont 20.000 Outre-Manche.


                Le régulateur va passer en revue l’examen des comptes de Carillion réalisé par KPMG entre 2014 et 2016 ainsi que sur une partie de 2017 en analysant en particulier la valeur des contrats et du fonds de retraite.


                A l’issue de l’enquête et s’il y a matière, le FRC peut infliger une pénalité financière ou porter l’affaire devant la justice. KPMG a de son côté indiqué vouloir coopérer pleinement avec le FRC et répète avoir agi avec Carillion de manière « appropriée et responsable ».


                L’annonce de cette enquête intervient alors qu’une commission parlementaire britannique accuse ce lundi le groupe d’avoir privilégié les dividendes sur le financement des retraites de ses salariés. Les rémunérations des dirigeants, jugées excessives, sont elles aussi pointées du doigt.


                Etranglé par une dette de 1,5 milliard de livres (1,7 milliard d’euros), Carillion avait vu sa situation financière se dégrader brutalement ces derniers mois. L’administrateur du fonds de pension de Carillion a annoncé lundi que pourrait subsister un déficit d’environ 990 millions de livres (1,12 milliard d’euros).


                https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0301220347783-kpmg-vise-par-une-enquete-du-regulateur-britannique-2148954.php



                • Zip_N Zip_N 5 février 13:39
                   
                  « Il n’y a pas de miracle : la création monétaire engendre un accroissement de certains prix, »

                  C’est pour cela qu’un revenu universel remplaçant le plein emploi ne pourrait pas fonctionner, c’est comme si les heures de travail devaient être répartie entre tous, au final le plein emploi serait obtenu avec « 25 » heures entre tous au lieu de « 35 » heures, le cout de la vie deviendrait grandissant. Le revenu universel ponctue de 10 heures le pouvoir d’achat au lieu de l’augmenter. Celui qui accepte le revenu universel est celui qui accepte 25 heures de travail entre tous au lieu de 35 heures réparti a une majorité.

                  Les millionnaires des bit coin vont consommer plus, et avec la raréfaction des matières première à leur consommation, les prix vont augmenter.

                  • kelenborn kelenborn 5 février 17:02

                    Cet article est excellent et on voudrait que des journullards se piquant d ’économie puissent en écrire de tels.

                    Je regrette cependant que Mr Herblay ne descende pas sur le forum pour débattre
                    Une chose me questionne cependant : l’auteur explique très bien comment les suppléments de liquidité ont pu être utilisés par les acteurs financiers pour acquérir des titres ( d’où explosion des cours boursiers) ou de l’immobilier : jusque là OK ! Mais tout cela est fragile , et pas seulement pour des raisons qui tiennent à la mécanique des marchés financiers.
                    Henri Ford avait compris que pour que l’industrie automobile fonctionne , il fallait que ....ses ouvriers puissent acheter des voitures . C’est au fond l’origine du keynésianisme qui va insister sur l’importance de la demande dans le fonctionnement de l’économie. Or, dans le cas présent, si on prend le seul exemple des actifs immobiliers, il ne suffit pas de les capitaliser à un prix plus élevé : encore faut il les « réaliser » soit par la vente, soit par la location. De même, un fond de pension peut acquérir des titres qui vont prendre de la valeur mais il faut encore qu’ils puissent générer des dividendes à la hauteur de la rentabilité escomptée !
                    Et c’est bien là qu’est le problème, si la création monétaire ne va pas jusqu’à générer une véritable production de biens et services, qui va, in fine , valider la valorisation financière ? On est un peu dans une situation comparable à celle du bitcoin dont la valeur augmente si la demande augmente mais tout cela repose sur la croyance que les bitcoins sont convertibles en véritables valeurs !
                    J’aimerais avoir la réponse de Herblay ou...de quelqu’un d’autre
                    MK

                    • jef_frayeur 6 février 10:03

                      je serai bien pour une suspension provisoire de la neutralité du net , qu’on puisse voir les effets, pendant quelques années, ça pourrait créer des emplois.

                      pourquoi pas créer un indice boursier sur la valeur du clic, (google le fait déjà, à sa manière) à mon humble avis, si on prend pour exemple les journaux papiers et combien ils arrivent à vendre et en calculant le nombre d’articles, on peut créer un seuil de 0.01€ l’article. bref, il serait temps de quantifier la valeur de l’utilisation de l’internet, en tenant compte par exemple le prix de l’électricité ( vu ce qui se passe avec le bitcoin, j’avais raison de penser que ce n’était pas un bon placement, mais à l’avenir, si le probème énergétique est réglé, pourquoi pas). 


                      pour le mix énergitique, question énergie, il ne faut plus traiter avec les russes mais avec les américains, ils en ont à vendre eux aussi, notamment le GNL, grâce à leurs gaz de schistes. 
                      bref, achetez plus de choses aux américains, c’est un moyen d’atténuer plus efficacement les conséquences des prochaines crises économiques. 


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