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Accueil du site > Actualités > Economie > Label France : et si Bayrou avait raison ?

Label France : et si Bayrou avait raison ?

Pourquoi ne pas parier sur le civisme des Français ?

Quand François Bayrou a proposé la création d’un label France pour relancer l’emploi industriel sur notre territoire, la plupart des commentateurs, qu’ils viennent du monde politique ou journalistique, en ont plaisanté, soit parce qu’il trouvait cette idée inapplicable, soit parce qu’il la pensait inefficace.

Reprenons chacun de ces deux points.

Inapplicable donc. Ses détracteurs ont indiqué, à juste titre, que les processus de production étant très imbriqués, et que souvent les usines situées en France n’étant que des usines d’assemblage, un tel label n’avaient pas grand sens.

Certes, mais il y a une donnée qui serait finalement assez facilement mesurable : la part de valeur ajoutée réalisée en France. Pour cela, il suffirait que, lors de la vente d’un quelconque produit, l’entreprise soit tenue d’indiquer cette part.

Comment cela pourrait-il fonctionner ?

- Si l’entreprise a fabriqué ce produit complètement, à 100% dans ses usines, elle connaît la part réalisée en France, et pourrait donc facilement l’indiquer. Afin de ne pas créer une usine à gaz, on pourrait se contenter d’une exactitude à 5, voire 10% près.

- Si elle ne l’a pas complètement fabriqué, c’est donc qu’elle a intégré des composants achetés à d’autres entreprises. Comme lors des achats, la part réalisée en France figurera sur ces composants, il lui sera aussi facile de calculer la part finale.

- Restera bien sûr l’amorçage du processus, notamment sur les stocks anciens, pour lesquels l’information n’existera pas au départ. Mais vu l’organisation industrielle qui est de plus en plus en flux tendu, cette limite sera de courte durée.

On peut donc avoir pour chaque produit vendu sur le marché final, une estimation de la part de valeur ajoutée faite en France. Le coût d’une telle évaluation serait minime, car elle deviendrait un calcul informatique automatique.

Comment ensuite communiquer ceci auprès des acheteurs ?

Pourquoi ne pas imaginer trois labels matérialisant la part de valeur ajoutée réalisée en France : par exemple plus de 25% ("assemblé en France"), plus de 50% ("fabriqué en France") et plus de 75% ("Tout en France"). On aurait donc une modulation qui permettrait à des produits uniquement assemblés en France d’obtenir le label (je pense par exemple aux usines automobiles de marques étrangères), mais d’être différenciés de ceux plus complètement fabriqués sur le sol national.

Comment contrôler l’exactitude de ce taux ?

S’agissant d’une nouvelle norme, un contrôle par l’AFNOR s’impose. Reste maintenant l’autre reproche : ce serait inefficace, car les consommateurs veulent toujours acheter le moins cher possible.

Je ne suis pas sûr du tout de cette affirmation, et je pense au contraire l’inverse : si les consommateurs étaient informés de la part réalisée en France, avec les 3 niveaux, cela orienterait leurs achats vers les produits les plus fabriqués en France. Bien sûr, cette préférence ne serait possible que si les performances et les prix étaient proches, et si l’impact sur le pouvoir d’achat restait limité.

Difficile de démontrer évidemment mon affirmation que cela marcherait, mais pourquoi toujours parier sur le manque de civisme et l’incohérence de nos concitoyens ? Pourquoi ne pas parier sur l’intelligence individuelle et collective ?

Et même si ce déplacement était modeste, il induirait de fait un encouragement à la localisation d’activités en France. De plus, c’est un procédé libéral, qui ne crée pas de biais sur le marché, et dont le coût pour l’État est voisin de zéro.

Alors, pourquoi ne pas le mettre en œuvre ?

La logique aussi voudrait ensuite d’avoir un label du même type au plan européen, permettant de mettre aussi en relief les produits dont la part de valeur ajoutée est essentiellement européenne.

Et quelle pourrait bien être une meilleure idée, sachant que je ne crois pas au dirigisme, ni une politique industrielle impulsée par l’État : comment imaginer que la réponse efficace à la montée de l’incertitude serait dans une centralisation des décisions ?


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62 réactions à cet article    


  • Voltaire Voltaire 30 janvier 2012 10:33

    Autant l’avouer, j’ai longtemps été sceptique sur cette mesure. Alors que l’idée avancée par Robert Rochefort, le député européen en charge des affaires économiques de Bayrou, de privilégier la qualité (par exemple avec des garanties plus longues pour les produits) me paraissait intéressante et aussi bénéfique au niveau environnemental, l’effet d’un simple label « produit en France » avec un pourcentage me semblait peu efficace.
    Il semble que j’ai eu tort, et Bayrou raison.

    Depuis que Bayrou a emis cette proposition, on ne compte plus le nombre de publicités allant dans ce sens (voir par exemple celle sur la Toyota Yaris), et les labels qui fleurissent sur de nombreux produits, preuve que les producteur ont intégré que les consommateurs étaient effectivement sensibles à un certain patriotisme économique.
    Certes, il y aura toujours nécessité de produits à coût réduits, souvent réalisés dans des pays à bas coût salarial, mais dans les gammes intermédiaires et supérieures, nombreux sont les consommateurs prêts à faire un effort financier de quelques pourcents si le produits a effectivement été fabriqué en France. Or, il suffit d’un déplacement de 10% de nos achats vers des produits « français » pour rétablir l’équilibre de notre balance commerciale...

    L’auteur propose ici un mécanisme intéressant de mise en oeuvre ; l’important sera a lisibilité et la validité du label. Mais sur ce sujet, comme auparavant sur la dette publique, Bayrou a fait preuve d’une réelle clairvoyance.


    • Taverne Taverne 30 janvier 2012 11:00

      Lutter contre les déficits, Bayrou avait raison.
      Réduire notre dette, Bayrou avait raison.
      Promouvoir l’éducation, Bayrou avait raison.
      Rénover la démocratie, Bayrou avait raison.
      Produire français, Bayrou avait raison.
      ...

      Alors, je dirais très sereinement : what else ?
      Tirons-en les conclusions qui s’imposent...Cessons les chamailleries inutiles.


    • epapel epapel 30 janvier 2012 14:16

      Tous les partis politique de gouvernement chantent le même refrain depuis longtemps, tout le problème c’est de passer à l’application.

      Je rappelle les promesses de Sarkozy en 2007 :

      - retour à l’équilibre budgétaire en 2012

      - diminution des dépenses publiques

      - mise en place de l’économie de la connaissance

      Produire et acheter français, Bayrou l’a sorti en 2011 et tous l’ont repris depuis.


    • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 14:34

      Précisément ne votons ni pour Sarkozy, ni pour Hollande... 


    • epapel epapel 30 janvier 2012 14:43

      Je signale que Bayrou faisait partie du gouvernement qui a dit que Thomson ne valait même pas 1 franc quand il s’est agit de le vendre à un coréen.


    • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 14:45

      Il ne s’occupait pas du tout de ce sujet alors...


    • epapel epapel 30 janvier 2012 19:52

      Certes, mais il était d’accord sinon il serait parti, c’est ce qu’on appelle la solidarité gouvernementale.


    • hans 30 janvier 2012 10:35

      Bonjour Robert, oui mais qu’en pensera l’omni(tout) OMC ?


      • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 12:36

        L’OMC n’en pensera rien du moment que le label sera un vrai label, et ouvert aux entreprises étrangères ayant des usines en France.


      • epapel epapel 30 janvier 2012 14:30

        A l’OMC ils savent très bien que ça aura un impact limité, donc pas de soucis de ce côté là.


      • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 14:35

        C’est tout à fait en ligne avec les règles de l’OMC.

        Quant à son impact, même s’il est limité (mais qui sait), c’est une mesure simple, peu coûteuse et qui aurait un effet réel...

      • epapel epapel 30 janvier 2012 14:41

        Apparemment, ça ne marche pas très bien avec les fruits et légumes, secteur en crise depuis des années dèjà.


      • penajouir penajouir 30 janvier 2012 10:46

        Bayrou : Démocrate heu heu bagayeur qui veut heu heu redonner heu confiance heu à la France euh, par heu une série heu de mesure heu vieilles heu de vingt an et qui veut heu heu surtout être heu président …


        • ecophonie ecophonie 30 janvier 2012 11:06

          Plus la politique prendra soin de ses minorités plus elles adhéreront à ce mouvement, on verra peut être fleurir du tajine, des boubous etc labellisé France.


          • ecophonie ecophonie 30 janvier 2012 11:16

            Si tout le monde commence à chercher ce label, on peut imaginer que des français de 2ème génération se lance dans la production de produit plus confidentiel, ethnique en rapport avec leur culture respective.
            Face au produit chinois ou venant (ou senser venir) du bled ou d’inde etc un français attaché à ces cultures pourrait lancer son business et être visible.

            C’est peut être le cas ou pas, j’en sais rien en fait mais ça peut faire des nouveaux débouchés, dans les banlieux notament


          • ecophonie ecophonie 30 janvier 2012 11:40

            Ah et si le label c’est le drapeau avec un coq, pourquoi pas un bérêt et une baguette aussi, j’en veux pas.


          • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 12:38

            L’idée n’est pas du tout de défendre des produits français, ou de culture française, mais de promouvoir des produits fabriqués ou assemblés en France... y compris des boubous ou du tajine.

            Pour ce qui est de l’image, le coq gaulois n’est peut-être pas la meilleure idée, c’était juste pour illustrer mon propos et l’article

          • ecophonie ecophonie 30 janvier 2012 12:46

            C’est pas contre vous que je dis ça, c’est pour tester l’opinion du site.
            Ca moinsse un peu, « La France a peur ».


          • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 12:53

            ok mais alors votre message n’était pas clair ! smiley


          • Taverne Taverne 30 janvier 2012 11:06

            D’accord avec l’auteur. On a trop vite raillé l’idée en, la caricaturant. Puis, maintenant que les Français la plébiscitent (ils ne sont pas si bêtes qu’on veut nous le faire croire), les autres candidats la reprennent à leur compte.

            Une idée simple à appliquer : une pastille (non détachable) bleu-blanc-rouge. Les trois couleurs allant du ventre vers le bord. Un quart gris pour dire que le produit est est de 25% de fabrication étrangère. Un quart noir pour dire qu’il incorpore à 25 % des matières importées. Etc.


            • Taverne Taverne 30 janvier 2012 11:07

              Erratum : « Les trois couleurs allant du centre vers le bord. »


            • epapel epapel 30 janvier 2012 14:29

              Et quand ça sera mis en place, il ne restera plus qu’à discuter du sexe des anges.


            • Constant danslayreur 30 janvier 2012 12:53

              L’idée des tons est stupide, assemblé en France signifie faisant travailler des français et ce devrait être l’essentiel.

              Plus globalement l’esthétique laisse à désirer je roule en Citrotruc depuis plusieurs mois et je n’ai pas à m’en plaindre mais avec une mocheté pareille dessus, je crois que j’aurais hésité...


              • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 13:08

                Oui ce label n’est fait que pour illustrer ! Il devrait être mis au point par une agence de design smiley


              • epapel epapel 30 janvier 2012 14:32

                C’est bien ça : le sexe des anges.


              • bernard29 bernard29 30 janvier 2012 12:55

                Quand il n’y a plus d’énergie et d’innovation, on fait dans le marketting et le Label localiste ou national. Et de fait toutes les régions françaises font déjà dans « produits en Bretagne », « produire en normandie », « acheter près de chez vous » et les logos commerciaux fleurissent jusqu’a plus soif, pour la bonne et simple raison de vendre et de consommer.

                De fait ;

                la principale motivation de cette soirée télévisée de Sarko était de passer à l’offensive contre Bayrou en le poussant dans les contradictions du MODEM.

                - Produire en France contre Acheter français
                - TVA augmentée de 1, 6 % quand Bayrou proposait une augmentation de 1 à 2 %.
                - Dose de proportionnelle ( Sarko d’accord).

                De fait Bayrou n’a plus de raison d’être, sauf a critiquer la personnalité et les manières d’être de Sarko ou à présenter un autre marketting.

                conclusion ; Bayrou va se dégonfler.

                .

                • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 13:03

                  Je ne partage ni votre analyse, ni votre conclusion.

                  1. Le fait d’avoir une forme de label « Produire en France », doit s’accompagner de mesures réelles en faveur du produire en France (voir mes articles sur les PME par exemple)
                  2. L’augmentation de TVA n’a de sens que dans une politique globale de redressement des finances publiques
                  3. Le problème du coût du travail n’est pas tant central qu’on le pense. Voir mon article ce jour sur les Echos (je vais le proposer demain sur Agoravox)
                  4. Le fait que Sarkozy avoue publiquement l’échec de sa politique et qu’il lance 3 mois avant la fin de son mandat des mesures nouvelles, ne va pas renforcer sa crédibilité, au contraire.
                  5. Le rejet massif des français de la politique menée depuis 5 ans devrait conduire à avoir au 2ème tour 2 candidats proposant 2 nouvelles orientations : préfériez-vous un duel Hollande-Le Pen que Hollande-Bayrou ?

                • David Meyers 30 janvier 2012 13:06

                  Bernard29, 30 et bien d’autres
                  La promesse (non tenue pour cause de calendrier électoral) d’augmenter la TVA

                  Ce n’est pas de +1.6% mais de +8%

                  Eléments de langage...

                  Mais l’arithmétique est plus tétue que l’énarchie.
                  passer de 19.6 à 21.2 de TVA c’est une augmentation de 8.163%
                  (calcul réalisé sur calculatrice dotée de piles fabriquées en France)


                • Imhotep Imhotep 30 janvier 2012 13:07

                  Vous participez à la désinformation :

                  1- produire en France a été bien avant Sarkozy le thème de Bayrou - mais vous étiez sur Mars en août, septembre, octobre et novembre 2011 - tout le monde a répété les deux termes forts de la campagne de Bayrou : produire et instruire (et construire une réelle démocratie et république). Avez-vous lu ce mot : PRODUIRE et non ACHETER français. Donc vous continuez à propage un mensonge.
                  2- il n’y a aucune contradiction dans ce que propose Bayrou et sa critique de la TVA sociale. A moins que vous soyez incapable de faire la distinction dans l’affectation de cette TVA, à moins que vous ne désinformiez volontrairement. Une TVA dévolue à la réduction des charges sociales soit 13 milliards sur 450 est d’une parfaite stupidité. En revanche réduire 20 milliards sur 100 de déficit cela a un sens. Donc Bayrou est contre la TVA sociale, donc l’aspect affectation et non il n’est pas contre une augmentation de TVA. Il y a là une énorme différence que vous ne pouvez ou ne voulez pas comprendre

                  Quant à dire que Bayrou va se dégonfler c’est votre analyse on verra bien. Mais la mienne est contraire du fait que Sarkozy va baisser dans les sondages et que certains à droite modérée le rejettent avec force, ou certains autres défaitistes, Sarkozy donnant à Bayrou une certaine caution, pour ceux-ci, du bien fondé de ses positions, ils vont le rejoindre pour aller vers celui qui pourrait battre Hollande que de continuer à soutenir celui qui va perdre certainement.
                  On verra de nos deux analyses celle qui sera la bonne.
                  En revanche cessez de mentir et de désinformer.

                • bernard29 bernard29 30 janvier 2012 14:02

                  mais bien sûr que c’est mon analyse. 

                  Sarko ayant choisi de se représenter doit à tout prix reconquérir les centristes ( au moins ceux de droite attirés par bayrou) , donc il emmerde bayrou.

                  Il ne présente auciun candidat face aux centristes lors des législatives ( décidé il a deux jours avant son intervention) puis il fait les mêmes propositions que Bayrou.

                  Donc messieurs mesdames les centristes, à vous de choisir !!!


                • epapel epapel 30 janvier 2012 14:28

                  Et c’est la preuve que Sarkozy en est réduit à lutter pour son accès au second tour.


                • epapel epapel 30 janvier 2012 14:38

                  Ce n’est pas de +1.6% mais de +8%

                  Eléments de langage...

                  Mais l’arithmétique est plus tétue que l’énarchie.
                  passer de 19.6 à 21.2 de TVA c’est une augmentation de 8.163%
                  (calcul réalisé sur calculatrice dotée de piles fabriquées en France)

                  David, vos calculs sont justes mais votre raisonnement est spécieux. Pour les gens ce qui compte c’est le pourcentage d’augmentation du prix pas de la TVA. Et d’ailleurs élément de langage : le gouvernement dit que la TVA augmentera de 1,6 point ce qui n’est pas la même chose que 1,6%.

                  Ceci dit ça revient à discuter du sexe des anges, désolé de m’y prêter aussi.


                • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 14:38

                  Et si c’était plus à l’UMP de choisir ? ...


                • David Meyers 30 janvier 2012 13:01

                  J’aime bien le brave François mais il perd un peu les pédales quand même avec son xxx... en France. C’est encore un os à ronger, un bouc émissaire, un symbole aussi solide que celui de faire porter tous nos maux sur l’euro au lieu du franc, les étrangers ou la préférence nationale, le produit-fabriqué-labellisé en France.

                  Comme le remarque l’auteur de cet article, le Label France serait difficile à mesurer (Tout ? Assemblé ? Inventé ?) mais quand bien même on y parviendrait... et alors ???

                  Si les industries ont été délocalisées, c’est pour des raisons politiques (évidemment), pour engraisser encore les gains des cupides (évidemment), mais aussi pour satisfaire la soif de posséder d’une société de consommation (moi y compris) de vouloir tout obtenir bien en dessous de son coût - travail.

                  Le Label France serait donc une « niche » comme il en existe déjà bien d’autres avec le pinard, le bio (et encore), une certaine mode, le cinéma exception culturelle (rires...), et la Boule Souvenir avec de la neige tombant sur la Tour Eiffel (celle-là fabriquée bien loin du Champ de Mars).

                  Niveau idées pour la société de demain, y’aurait-il pas mieux ?


                  • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 13:06

                    Je ne partage pas du tout votre analyse, mais bien sûr, une politique industrielle ne doit pas se limiter à un label !

                    Voir mes autres articles sur les PME, ou sur les limites du raisonnement par les coûts 

                  • David Meyers 30 janvier 2012 13:31

                    RB, j’ai été touché par votre article sur le raisonnement par les couts.

                    J’y ajouterai que la comptabilité générale traite des salaires comme d’une charge pour l’entreprise alors que c’est un bénéfice par nature, c’est là où on ramasse le pognon. Racontant cette incohérence à un comptable, il a continué à me faire prendre des vessies pour des lanternes Made in France.

                    On peut estimer aussi que, toujours dans cette comptabilité, base des bilans et des analyses, la valeur d’expertise du personnel est très peu prise en compte. Evidemment, voilà une donnée difficile à mettre en forme dans les (hautes) écoles de commerces à 10.000 euros et plus par trimestre, où l’on aime insérer des êtres humains dans les cases d’un tableur, fut-il Microsoftien.

                    On donnera une certaine importance aux « murs » d’une entreprise, plus encore à ses engagements financiers, mais la valeur homme-savoir faire sera rapidement effacée au profit de valeurs bien plus virtuelles mais plus simple à mettre sur son Calc.

                    Evidemment, le Label tient d’une autre analyse qui met en valeur la qualité et le savoir faire de production. Mais, du point de vue marketing, c’est une niche et non un vecteur profond d’équilibre économique (euh désolé je me mets à parler comme sur M6).

                    Difficile de tabler le programme politique d’un pays, d’une société, et de toute une nation (nation étant entendu au sens strictement opposé à nationalisme), sur un seul concept publicitaire.


                  • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 14:41

                    A nouveau ce label ne serait q’un « petit » morceau d’une politique plus ambitieuse de redéploiement économique et industriel.

                    Mais ce serait un symbole efficace, peu cher, et pouvant fonctionner comme une sorte de « fanion » de ralliement.
                    Je précise aussi que « produire en France » ne veut pas dire produite français. Nous sommes et serons riches de tous ceux qui viendront rejoindre la France pour y créer et s’y développer.

                  • Voltaire Voltaire 30 janvier 2012 13:29

                    Je pense que l’auteur mise plus sur le patriotisme que sur le civisme... Or, dans de très nombreux pays, il existe un partriotisme économique. Pas exclusif bien sûr, mais partiel.


                  • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 13:31

                    Pourquoi être aussi pessimiste ? Et civisme peut rimer avec patriotisme intelligent, c’est-à-dire ouvert aux mondes et à tous ceux qui ont rejoint la France peuvent leur apporter


                  • epapel epapel 30 janvier 2012 14:25

                    Bien sûr que ce n’est pas crédible, c’est un truc pour bobos avec des moyens.

                    La moitié de la population qui a des fins de mois difficiles n’a pas d’autre choix que de privilégier le prix pour un même service rendu.


                  • daryn daryn 30 janvier 2012 17:06

                    @epapel, qui dit c’est un truc pour bobos avec des moyens.

                    Les soutien-gorge Lejaby ne sont sans doute pas achetés par la moitié de la population qui a des fins de mois difficiles. Si une partie de l’autre moitié accepte de payer les quelques euros supplémentaires (de mémoire 2 ou 3 euros pour un prix de vente de 80), Lejaby peut conserver sa production en France. Ca me semble valoir la peine d’essayer.

                    Il semble qu’aucune mesure qui ne s’adresse pas directement aux plus nécessiteux ne trouve grâce à vos yeux. Essayez d’enlever vos œillères.


                  • epapel epapel 30 janvier 2012 17:53

                    Avec Lejaby c’est une autre histoire car cette société n’a pas de problème de coût, la question est plutôt savoir si les actionnaires accepteraient de revenir et de faire moins de profit.

                    Et existe-t-il seulement un moyen, mis à part les baisses de charges et de salaires, de susciter le civisme des actionnaires en général ?


                  • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 17:55

                    Précisément l’idée d’un label France est de faire accepter un prix plus élevé et donc pas moins de profit... même pour Lejaby


                  • epapel epapel 30 janvier 2012 19:55

                    Précisément l’idée d’un label France est de faire accepter un prix plus élevé et donc pas moins de profit... même pour Lejaby

                    Du moment que les actionnaires n’ont pas d’effort à faire, tout va bien.


                  • epapel epapel 30 janvier 2012 14:22

                    C’est intéressant mais Il ne faut pas attendre de miracle d’un simple label « fabriqué en France ».

                    L’électronique grand public, le textile ne reviendront pas en France mis à part sous forme de niches.

                    Sur les fruits et légumes, on a déjà les étiquettes sur la provenance et ça a changé quoi pour la production française ? Pas grand chose.


                    • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 14:43

                      Je ne crois pas aux miracles, mais à l’intelligence individuelle et collective.

                      Pour ce qui est des fruits et légumes, c’est le plus souvent marqué de façon peu lisible, et il y a eu peu ou pas de campagne d’accompagnement.
                      Enfin même un déplacement de quelques % de la consommation aurait un effet macro significatif

                    • epapel epapel 30 janvier 2012 17:54

                      Pour les fruits et légumes, ce que vous dites est totalement erroné. Leur provenance est clairement affichée en gros au dessus du prix dans tous les supermarchés.


                    • Jason Jason 30 janvier 2012 15:33


                      Il y a quand même un danger, c’est de voir les autres pays en faire autant et se mettre à vende du « made in Italy », ou « made in Germany », etc.

                      A ce propos, la commissaire européenne à la concurrence (Nelly Kroes ?) reproche déjà aux Allemands de vendre du « made in Germany » alors que les composants des produits ne proviennent qu’à hauteur de 10% de ce pays.

                      Pour l’histoire, en 1904, la Grande Bretagne a exigé le « made in » pour les produits qu’elle importait, pour disait-elle donner un choix aux consommateurs. Mais, les produits allemands de l’époque étaient tellement supérieurs que le label « made in germany » a eu la faveur du public. Et ce label « made in germany » est toujours porteur de ces symboles aujourd’hui, même si la réalité est tout autre.

                      Alors, « made in France » ? 

                      Pour dynamiser l’économie française il serait bon de penser à la production milieu et haut de gamme tout en donnant du pouvoir d’achat aux classes moyennes qui pourraient se les acheter. Mais, le plus difficile sera de vendre cette idée. Cela voudrait dire que certains salaires augmentent, ce qui n’est pas dans l’optique à court terme des investisseurs.

                      Ce qui obère l’industrie française, ce n’est pas la chèreté du travail, mais bien les intermédiaires du commerce, les prestataires de services et les rendements exigés par le Capital.


                      • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 16:52

                        Vous avez raison sur ce risque de contagion, c’est pour cela que ce label doit être fait sérieusement et labellisé par un organisme comme l’AFNOR.

                        C’est aussi pourquoi je parlais aussi d’aller vers une extension d’un label européen. Pourquoi ne pas imaginer un label européen, précisant dans quel pays a été localisé l’essentiel de la valeur ajoutée.
                        Mais je propose de commencer ici et maintenant, plutôt que de chercher à convaincre nos voisins.

                        Enfin je ne partage pas votre dernière remarque : les prestataires de services et la rémunération du capital existent de partout.
                        Par contre, nous devons aussi lutter contre les délais de paiement (voir mon article sur le PME), et aussi renforcer l’expertise des pouvoirs publics

                      • Mugiwara 30 janvier 2012 17:47

                        désolé mais le premier à avoir vu juste est montebourg. c’est lui qui a lancé le thème de la démondialisation qui n’est rien d’autre que le produire français ou créer le label made in france. 




                        • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 17:58

                          Non ce n’est pas du tout la même idée. L’objectif du label « produire en France » est d’améliorer l’insertion de la France dans l’organisation industrielle globale. Je ne crois pas que l’on puisse « détricoter » les relations construites, car le monde est aussi globalement plus riche grâce au développement des échanges.


                        • epapel epapel 30 janvier 2012 19:53

                          Les anges ont encore de beaux jours devant eux.


                        • Jason Jason 30 janvier 2012 17:49

                          Ma dernière remarque. Les rendements exigés des actifs ont beaucoup augmenté ces 20 ou 30 dernières années. Je n’ai pas de chiffres, mais j’en ai fait l’expérience au cours de réunions dans les années 90. Grande pression du Capital sur les rendements financiers des entreprises. Tout le monde s’en plaint.

                          J’insiste sur le fait qu’au lieu d’aller au plus facile (compresser les salaires), certains (qui ?) feraient mieux d’aller voir ce qui rend les frais généraux toujours plus importants. C’est tout, mais c’est la face cachée des coûts. Cela éviterait de toujours accuser le travail.


                          • Robert Branche Robert Branche 30 janvier 2012 18:00

                            Oui vous avez raison, et l’approche par les coûts est fausse, car simpliste : les comportements humains ne se mathématisent pas ... et Dieu merci. Voir mon article ce jour dans les Echos sur ce thème 


                          • Jason Jason 30 janvier 2012 18:40

                            Laissons les coûts de côté pour un moment. Vous parlez des comportements humains qui ne se mathématisent pas. C’est vrai ; d’autant plus que par là on arrive à la notion de culture d’entreprise, ou de culture du monde du travail, et des relations employeurs-salariés. Et c’est là que l’Allemagne (tant enviée en ce moment) diffère fondamentalement de la France.

                            Ce ne sont pas des économistes, des comptables ou des directeurs financiers qu’on devrait convoquer mais des anthropologues.


                          • Robert Branche Robert Branche 31 janvier 2012 01:28

                            Oui des anthropologues seraient utiles...


                          • Mugiwara 30 janvier 2012 18:29

                            sinon autrement, bon article où je suis assez d’accord dans l’ensemble sauf sur la fin. 


                            oui pour créer un centre de contrôle afin de labelliser les produits Français, et oui pour un certain pourcentage sur des étiquettes. il faut aussi plus de communication tant au niveau national que local. 

                            oui pour parier sur l’intelligence individuelle et collective. à 100 pour cent. mais ce doit être fait en amont, c’est à dire depuis la maternelle. pour les autres, il convient d’être très pédagogique et toujours s’appuyer sur une communication soutenue sur une très longue période (environ 40 ans). 

                             par contre l’auteur ne croit pas à une politique industrielle impulsée par l’État. il se trompe complètement. parce que à l’heure actuelle, on dénombre une quantité de personnes qui attendent d’être utiles mais qui ne savent pas quoi faire. c’est pourquoi l’état doit donner des outils (financiers et méthodologie) afin de les soutenir, les accompagner. 

                            tant il est vrai que le « made in » avait déjà été pensé au siècle dernier comme l’a dit imhotep, ce n’est pas une raison pour penser que ça ne va pas marcher non plus. 

                            les produits allemands étaient de qualité supérieure à cette époque et c’est encore le cas maintenant, que penser donc du siècle écoulé ? les guerres n’auront pas eu de prise apparemment sur les pays qui avaient déjà une avance et je ne crois pas qu’une autre guerre ( et je ne la souhaite ardemment pas) puisse régler le problème. 

                            je suis donc pour travailler avec les allemands, essayer de transposer ce qui marche là bas en France. 

                            une des solutions pour faire face à la concurrence est de faire travailler les 8 millions de chomeurs. il ne s’agira pas de les payer à moindre coût, mais de trouver des moyens pour qu’ils puissent vivre comme s’ils avaient un gros salaire et cela passe par plus d’impôts mais pas seulement. il faut aussi repenser l’économie Française en expatriant nos compatriotes dans les pays à forte croissance. 

                            je m’explique : l’état doit pouvoir mettre en place un système qui permette aux Français d’aller à l’étranger pour travailler. de ce fait, on aurait le label « fabriqué par les Français de l’étranger ». de plus, on pourrait éventuellement penser à un moyen de les rémunérer 2 fois. qu’ils aient à la fois un salaire locale (entre 400 à 800 euros) et des aides sociales d’expatriement (500 euros de plus). cela aurait un triple objectif qui marchera d’enfer : 

                            - diminuer les déficits et dettes publics de notre pays grâce aux transferts d’argents depuis l’étranger vers la France.
                            - les Français de l’étranger ne se retrouveraient pas perdus puisqu’ils ne seront pas seuls ni abandonnés à l’étranger (encadrement par les ambassades Françaises, par exemple). 
                            -Les Français de l’étranger auraient aussi la possibilité de faire travailler les Français de France grâce aux gros achats (logements de qualité, travaux à prévoir, etc..) . (le tout supervisé par un genre de contrôleurs publics afin de remplacer les absents en France, histoire pour les Français de l’étranger qu’ils sachent qu’on ne leur vole pas en France). 

                            • Mugiwara 30 janvier 2012 18:37

                              j’ajoute que l’idée de créer des banques d’investissement public est une très bonne idée alors bravo à hollande d’avoir su diagnostiqué comme il le fallait la problématique du moment. 


                              il faut aller plus loin dans cette voie. en effet, il faut un genre de nationalisation déguisée et recommandée. ne pas l’imposer aux pme, mais que l’état doit proposer une aide à l’accompagnement (ne pas laisser les banques privées à faire n’importe quoi avec les crédits dont dépendent fortement les pme). 

                              il faut aussi plus d’intervention de l’état, du moins dans un premier temps pour un plus grand partenariat entre pme afin que ces derniers puissent se transformer en eti. les pme peuvent se compléter et je crois qu’il leur faudrait plus d’informations sur les besoins que peuvent avoir les pays étrangers. 

                              bref, pour le prochain mandat, hollande doit avec son équipe s’occuper plus des pme. et il y arrivera. bien mieux que bayrou en tout cas... désolé pour ce dernier même si j’apprécie ses réflexions. (en même temps, il n’était pas difficile de copier sur le PS...)

                              • nobody 30 janvier 2012 19:06

                                Autrefois, dans les années 80, les français préféraient ou plutôt faisait l’effort d’acheter des voitures françaises, du coup les voitures françaises étaient vendues plus chères en France qu’à l’étranger....Une bonne idée pour faire du blé sur le dos des mougeons !


                                • colza 30 janvier 2012 19:12

                                  Pour produire français, il suffit que les français achètent français.

                                  Les industriels et les commerçants ne sont pas des enfants de choeur, si le « fabriqué en france » se vend, ils en produiront et en vendront.
                                  Ca me rappelle la réflexion d’un exploitant de salle de cinéma à qui ont reprochait de passer des films porno. Il répondait que ce qu’il voulait, c’était remplir sa salle et que si, pour cela, il devait passer la vie de Ste Thérèse, et bien, il passerait la vie de Ste Thérèse. Mais qu’en attendant, c’est le porno qui le faisait vivre !

                                  • Michel DROUET Michel DROUET 30 janvier 2012 19:13

                                    Avant de savoir comment on va mettre le logo « made in France », il faudrait peut être se poser le question de la qualité du produit rapporté au prix.

                                    Concrètement, si le produit fabriqué en France est plus cher mais de meilleure qualité et a par conséquent une durée de vie plus importante, il est possible d’avancer la carte du Produit en France (je pense aux vêtements Armor Lux par exemple).

                                    Si les conditions de qualité ne sont pas réunies, tous les logos du monde n’y changeront rien et nous continuerons à acheter des vêtements importés parce qu’ils sont moins chers.

                                    Autre point pour les vêtements : convaincre les acheteurs qu’il n’y a pas forcément nécessité d’avoir 30 pantalons et 40 pulls fabriqués en Asie dans son armoire, sachant qu’après un ou deux lavages ils sont déjà déformés. 

                                    Le raisonnement vaut sans doute pour d’autres produits manufacturés.


                                    • volpa volpa 30 janvier 2012 22:07

                                      Les suisses jouent sur leur fabrication pour vendre.

                                      Les français peuvent le faire mais attention de faire vraiment de la qualité.

                                      Fabriquer français, artisanal,petits producteurs ou je ne sais quoi, n’est pas un gage.

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