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Accueil du site > Actualités > Economie > Le fantasme autour de la création monétaire : 2ème partie

Le fantasme autour de la création monétaire : 2ème partie

Suite de mon article du 21 juin.

Pour analyser les fantasmes suscités par la création monétaire « ex nihilo », rien de tel que de prendre un exemple. En surfant sur Internet, je suis tombé plus ou moins par hasard sur cet article qu’un internaute avait posté sur son blog en 2011.

Je commence par vous donner le lien :

https://blog.rom1v.com/2011/12/comprendre-le-mystere-de-largent-et-le-probleme-des-interets-manquants/

… et vous fixe rendez-vous lorsque vous aurez terminé cette lecture, car la suite de mon texte n’a d’intérêt que pour ceux qui ont lu l’article concerné.

***

L’auteur partage avec les autres « ex-nihiloïstes » une incapacité à distinguer entre la technique de création monétaire (qu’il semble avoir comprise) et la gestion de l’offre de monnaie dans l’économie, phénomène d’envergure bien plus large dont la technique de création n’est qu’une pièce du puzzle. Son discours part dans tous les sens parce qu’il mélange une multitude de problèmes bien distincts, avec en arrière-fond permanent des allusions à l’injustice du système. Comme l’auteur, je pense que notre société est pleine d’injustices, mais la méthode de création monétaire n’en fait pas partie.

Son point de départ est correct : je cite l’auteur, parlant d’un prêt bancaire : « Les banques créent alors purement et simplement cette somme par une simple opération d’écriture, et elles le déposent sur votre compte. Cet argent est ensuite détruit au fur et à mesure du remboursement de la dette. L’argent créé est qualifié de monnaie scripturale : de l’argent créé par un jeu d’écriture…  »

Ce qui le turlupine : « C’est le problème des intérêts manquants : si seul l’argent correspondant au principal est créé, comment rembourser les intérêts ? Cet argument, s’il est valide, ne dénonce pas seulement une injustice, il met en évidence une parfaite impossibilité : il n’existe aucun moyen pour la population de rembourser toutes ses dettes envers la banque, puisqu’il n’y a pas assez d’argent en circulation. »

Il connaît pourtant la réponse correcte à laquelle il ne veut pas croire : « il existe au moins un moyen pour la population de rembourser toutes ses dettes envers la banque, il faut considérer que le banquier va dépenser les intérêts dans l’économie. »

Bien-sûr que toute monnaie créée est recyclée sans relâche et se met au service d’une multitude de transactions successivement, notamment pour les intérêts dus aux banques comme pour n’importe quelle autre transaction. Les intérêts perçus constituent leur chiffre d’affaires ; les banques en font ce que font toutes les entreprises : payer les fournisseurs, les salariés et les actionnaires, ainsi que dans le cas présent les intérêts créditeurs aux déposants.

Il y aurait une injustice : « B (NDLR : la banque) a gagné des intérêts sur de l’argent qu’il a créé ex nihilo, sans aucun travail, qu’il a pu ensuite dépenser dans l’économie. » Erreur : l’intérêt rémunère le prêt qui est un véritable service. L’auteur le reconnaît, mais il ajoute tout de suite : « le service fourni n’est pas un service comme un autre : le banquier demande, en échange de quelque chose, ce même quelque chose en quantité plus importante, alors que lui seul a le droit de créer ce quelque chose. ». Le service bancaire EST un service comme les autres[1]. L’auteur a la bonne idée de faire intervenir un producteur de pommes dans son exemple. La banque ne produit pas plus ses services financiers ex nihilo que le producteur de pommes ne récolte ses pommes ex nihilo. Dans les deux cas, le travail des employés (dont l’auteur va jusqu’à nier l’existence pour la banque) est indispensable ; si l’activité bancaire rapportait beaucoup plus que la culture des pommes, tous les investissements s’orienteraient vers la banque et les capitaux quitteraient la culture des pommes, ce qui rééquilibrerait leurs rendements respectifs.

Contrairement à ce que l’auteur affirme, le banquier ne reçoit pas un intérêt sur toute richesse créée, mais uniquement sur les prêts. L’argent avec lequel j’achète mon pain au boulanger a son origine dans un prêt bancaire ; pour autant, la banque ne touche pas un pourcentage sur cet achat. Certes, sans l’existence de prêts bancaires à de nombreux emprunteurs que je ne connais pas, l’argent que j’utilise pour payer mon pain n’existerait pas ; les emprunteurs paient un intérêt sur leur emprunt, c’est tout normal, et l’ensemble des agents économiques utilisent quotidiennement de la monnaie sans payer d’intérêt.

L’auteur semble gêné par le fait qu’une même somme d’argent prêtée successivement plusieurs fois rapporte chaque fois de l’intérêt. Il n’y a pas de différence entre une somme d’argent prêtée à vingt reprises pour un an et le cas où elle est prêtée une fois pour 20 ans. Chaque année, un intérêt devra être payé. Celui qui reçoit l’intérêt le dépensera. Si l’intérêt est gagné par un déposant riche qui l’accumule sur son compte, la banque veillera à ce qu’il ne reste pas « inactif » ; elle le reprêtera.

La monnaie circule ; il n’y a pas plus de raisons de craindre qu’il n’y aura pas assez d’argent pour payer l’intérêt que de craindre qu’il en manquera pour acheter les pommes ou le pain. Ce qui est certain, c’est que, comme l’a compris l’auteur, une économie en croissance aura besoin de plus d’argent ; la masse des prêts bancaires doit alors augmenter. Mais cet accroissement est plus ou moins automatique : lorsqu’elle produit plus, l’industrie a tendance à emprunter plus. Oui, le système monétaire existant implique un perpétuel endettement ; mais d’où vient cette crainte qu’un jour, on n’emprunterait plus assez pour perpétuer le système ? Il peut y avoir des creux conjoncturels. Les banques réduisent alors le taux d’intérêt pour stimuler l’emprunt.

La référence aux faux monnayeurs ne soutient pas la thèse de l’auteur. Il n’a de cesse d’insister sur l’importance du crédit dans la création monétaire. Que je sache, les faux-monnayeurs ne pratiquent pas le crédit. La comparaison est donc boiteuse, même si elle invoque un Prix Nobel.

Quant à l’ « injustice cachée », l’idée que les banques s’enrichiraient indûment par l’astuce de la déflation, elle est absurde. Chaque jour, des milliers de prêts sont accordés et des milliers arrivent à échéance ; il ne peut donc pas y avoir un jour creux dont le banquier pourrait profiter pour acheter à bas prix.

La monnaie de crédit n’est pas le seul système monétaire concevable. On pourrait par exemple imaginer que l’Etat paye ses fournisseurs (jusqu’à une certaine tranche) en créditant leur compte ex nihilo. Serait-ce mieux ? Et puis, dans le passé, on a eu un autre système : la monnaie métallique. Quand les métaux précieux étaient la monnaie, ce n’était pas le crédit qui la créait mais - en simplifiant un peu- l’exploitation minière. Dans ce système, la monnaie coûtait extrêmement cher à la société et manquait de souplesse. Il n'y a pas lieu de regretter un tel système.

 

[1] Chaque type de service a sa spécificité. Ce n’est pas moins vrai de la coiffure, du transport de colis, du courtage immobilier… que du crédit.


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31 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 juin 16:44

    « Et puis, dans le passé, on a eu un autre système : la monnaie métallique. Quand les métaux précieux étaient la monnaie, ce n’était pas le crédit qui la créait mais - en simplifiant un peu- l’exploitation minière.  »

    faux : L’escroquerie monétaire mondiale


    • foufouille foufouille 24 juin 17:11

      plus débile = tumeur.

      accord de bâle.


      • Jean Guillot Jean Guillot 24 juin 17:45

        Il faut en revenir aux fondamentaux , la monnaie sert à faciliter les échanges car le troc c’est compliqué , il devrait être interdit de s’enrichir avec l’usure , la monnaie est un moyen d’échange pas un moyen pour s’enrichir


        • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 juin 18:11

          @Jean Guillot

          c’est la raison pour laquelle les banques de dépôts devraient être séparées des banques d’affaires, ce qui était le cas avant et que les candidats aux présidentielles promettent de remettre en place mais ne font jamais.


        • JL JL 26 juin 09:23

          @Jean Guillot

          @Séraphin Lampion
           
          ’’ il devrait être interdit de s’enrichir avec l’usure’’
           ’’les banques de dépôts devraient être séparées des banques d’affaires’’
           
           Sauf que, les gens qui ont des économies préfèrent toujours les investir sur des actions qui promettent un plus gros rapport possible, sans souci des considérations éthiques.
           
           Comment vous faites avec ça ?


        • coucoach 24 juin 17:51

          Bonjour M. Jael,

          Est-ce que le problème vient du fait que seules les banques ont aujourd’hui ce pouvoir de création monétaire ex-nihilo, alors que les états devraient l’avoir également (avec certaines limites) ?
          Car les états ont un minimum de contrôle démocratique, normalement,
          et car certains investissements de rupture pour l’avenir ne viendront pas du privé et que l’état peut avoir son rôle à jouer.
          Les états n’ont pas toujours été aussi endettés. Comment l’expliquez-vous ?


          • Paul Jael 24 juin 23:41

            D’où vient le problème ? Encore faut-il savoir de quel problème on parle. L’économie regorge de problèmes, mais justement la monnaie de crédit me semble le système monétaire le moins mauvais. J’ai évoqué la possibilité de création de monnaie ex nihilo par l’Etat pour la forme. A ma connaissance, historiquement, il n’a jamais existé en tant que tel et aucun économiste ou homme politique ne le propose. Il y aurait un risque important d’inflation.

            L’endettement des Etats s’est terriblement aggravé ces dernières années parce que les Etats ont dû sauver les banques du naufrage en 2007. Celles-ci avaient pris des risques inconsidérés après la dérégulation du secteur financier. Cette dérégulation s’est révélée une bombe à retardement. Hélas, on voit que les promesses de réformes du système ne se concrétisent qu’insuffisamment, ce qui donne à penser qu’une nouvelle crise est possible. En outre, la croissance économique est faible : avec moins de rentrées fiscales, les Etats sont amenés à plus s’endetter.


          • Hervé Hum Hervé Hum 25 juin 11:01

            @Paul Jael

            Savez quelle est l’unique manière de « sauver » non pas tant les banques, mais le système monétaire en cours ?

            Ce qui a été appliqué d’ailleurs et dont la réponse explique pourquoi il était tout à fait inutile de mettre en faillite les banques, car cela n’aurait rien résolu du tout. Autrement dit, sauver ou non les banques et leurs actionnaires, est juste une question politique, mais pas économique.


          • sylvain 26 juin 13:09

            @Paul Jael
            l’auteur ne comprend à mon avis pas ce qu’implique fondamentalement l’argent dette .
            Plus il y a de PIB et plus la masse monétaire est importante ( il faut plus d’argent pour échanger plus de richesse), donc plus il ya de dette ( vu que c’est l’argent), donc plus il y a de croissance ( du PIB) plus la dette croit.
            C’est l’exacte inverse de ce qu’on nous raconte tout le temps  : « on a trop de dette, il faut stimuler la croissance pou pouvoir rembourser » . Ben non, plus il y a de croissance, plus il y aura de dette, c’est mécanique
            l’auteur vous dit que les états sont endéttés pour avoir soutenu les banques, en soit ce n’est pas faux, mais ce qu’il est important de comprendre c’est que de toutes facons cette dette doit exister quelque part, entreprise, ménage, état..
            en 2008 « on » a simplement décidés que ce serait les états qui seraient endéttés.
            Et que plus le monde sera riche, plus il sera globalement endétté
            j’explique mieux ca dans un article


          • Hervé Hum Hervé Hum 24 juin 18:11

            Hélas, vous ne maîtrisez pas suffisamment le sujet !

            L’intérêt d’un prêt est une escroquerie, quel qu’il soit. En cela, vous avez tort et défendez l’escroc. Qu’il y ait paiement d’un salaire pour le banquier en tant que gestionnaire et des charges liés, soit, mais pas qu’il puisse en tirer profit au delà. De même, dans le système actuel, le prêt est loin d’être le seul moyen pour le banquier de grossir sa réserve monétaire. les frais de tenu de comptes, les frais abusifs pour impayés dont un ancien haut cadre de banque c’est fait son cheval de bataille ici même sur agoravox, rapporte des milliards d’euros aux banquiers. La spéculation boursière, notamment sur les denrées alimentaires pouvant provoquer des famines ne leur pose aucun problème de conscience. Etc...

            Mais surtout, autant l’article mis en lien que vous même, passez à coté du plus important, qui n’est pas l’intérêt bancaire, mais le taux de profit pris sur toute l’activité économique et qui exige alors, soit de faire tourner la planche à billet en monnaie de dépôt, soit d’accroitre la dette publique, soit d’avoir une assiette de prélèvement obligatoires qui équilibre les comptes, mais c’est alors sortir du système capitaliste. Donc, totalement interdit et pire, la solution pour résoudre les problèmes de la dette publique, consiste à diminuer les impôts publics et augmenter les impôts privés que sont les dividendes. 

             


            • Jean Guillot Jean Guillot 24 juin 19:20

              les pauvres mangent beaucoup de patates , de pâtes et de sauce tomate , ces trois aliments devraient exemptés de la TVA


              • William 24 juin 21:21

                la faille de ce scénario, c’est que si le capital est « effacé » lorsque le crédit est remboursé, il ne devrait pas y avoir augmentation de la masse monétaire, or celle-ci s’accroit perpétuellement.


                • joletaxi 24 juin 21:37

                   Les banques créent alors purement et simplement cette somme par une simple opération d’écriture, et elles le déposent sur votre compte. Cet argent est ensuite détruit au fur et à mesure du remboursement de la dette. L’argent créé est qualifié de monnaie scripturale : de l’argent créé par un jeu d’écriture…  »

                  cela fait ... pas mal de temps que je demande à chaque fois que je vois cette phrase:montrez moi cette fameuse écriture magique

                  curieusement ,personne n’est capable de l’écrire

                  bon, fait chaud, prenez votre temps

                  concernant la monnaie « crédit », autre marronnier ,bitcoin, libra et autres sont des monnaies, mais il n’y a jamais eu la moindre opération de crédit à leur base.

                  Cela pose un problème fondamental, car par exemple le libra, qui va gérer la création de cette monnaie, sur quelle base, ?

                  On a vu que bitcoin limite de fait l’émission, ce qui a terme condamne ce système( on voit apparître des 1/10 des 1/100 de bitcoin, à quand des 1/100000 ded bitcoin ? cela n’a pas de sens.

                  finalement, une banque centrale gérée avec claivoyance, c’est pas si mal


                  • William 25 juin 11:14

                    @joletaxi
                    les crypto monnaies ne valent que par le fait qu’elles sont achetées avec de la vraie monnaie, sinon ce ne sont que de simple « tickets d’échange » au sein d’un groupe d’utilisateurs.


                  • Paul Jael 25 juin 12:27

                    @joletaxi
                    Il n’y a pas unanimité entre les économistes quant à savoir si les crypto-monnaies sont de vraies monnaies au sens économique du terme. En ce qui concerne le bitcoin, comme vous le dites justement, il ne naît pas dans le crédit ; il vient comme une rémunération de la mise à disposition de ressources informatiques. L’énorme instabilité de son cours en fait avant tout un objet de spéculation.


                  • Hervé Hum Hervé Hum 25 juin 13:40

                    @Paul Jael

                    Le bitcoin est effectivement une monnaie de spéculation. je ne vais pas m’étendre sur le sujet, mais quand joletaxi écrit "On a vu que bitcoin limite de fait l’émission, ce qui a terme condamne ce système( on voit apparître des 1/10 des 1/100 de bitcoin, à quand des 1/100000 ded bitcoin ? cela n’a pas de sens.

                    "

                    C’est une contradiction dans les termes qui échappe d’ailleurs à la plupart des analystes de cette monnaie. Le fait que le nombre limite de bitcoin ne limite absolument pas sa masse monétaire, qui peut être aussi exponentielle que l’est une monnaie classique.

                    Tout simplement et comme le remarque joletaxi, car il n’y a pas de limite déclaré quant à son fractionnement ! Ainsi, au début, 1 bitcoin s’échangeait contre quelques centimes d’euros, alors qu’ajourd’hui il s’échange à près de 10 000 euros. Il peut chuter, mais en théorie, il peut continuer à croître indéfiniment. Les conséquences ne portent donc pas sur la limitation de la masse monétaire, mais sont ailleurs et pour cela, il faut étudier les relations de causalités d’espace/temps


                  • sweach 26 juin 13:59

                    *C’est le problème des intérêts manquants : si seul l’argent correspondant au principal est créé, comment rembourser les intérêts ?*

                    A dire vrai je me pose la même question, car si j’emprunte 100 créé par la banque et que je rembourse 105 avec la banque qui détruit les 100 d’où sorte les 5 ?

                    *il faut considérer que le banquier va dépenser les intérêts dans l’économie.*

                    Même si la banque investie ces 5 dans l’économie, ça n’explique pas d’où ils viennent ?

                    A première vue, la quantité de money « non scripturale » semble être un chiffre fixe depuis la perte des banques centrale et seul la money issus du crédit soutien notre économie, qui visiblement ne peut croître qu’avec encore plus de crédit, 93% de la money en europe.

                    Cela explique la chute des taux d’intérêt et la futur déflation, car il n’y a tout simplement pas assez de money en circulation par rapport aux besoins.

                    Ça explique aussi les prêts des banques privés par la banque centrale avec des taux négatif qui est une forme de création de money.

                    Sans forcement revenir à l’étalon-OR, juste réutiliser la banque central et sa planche à billet, relancerait toutes notre économie.


                    • Xenozoid 26 juin 14:04

                      @sweach

                      c’est curieux alors on nous dit que la masse monétaire augmente, si les dettes sont comblé ,sans l ’usure(qui est de l’exponentielle). elle n’augmenterai pas


                    • Xenozoid 26 juin 14:05

                      @Xenozoid

                      et les banques étant obligatoire, il n’y a rien a discuter en fait


                    • Paul Jael 26 juin 14:45

                      @sweach
                      La réponse à votre interrogation se trouve répétée tout au long de mes deux articles. Il semble que pour la majorité des gens, il est difficile de comprendre la différence entre l’offre de monnaie, phénomène permanent, et la méthode de création de la monnaie par le crédit.
                      Vous vous demandez où l’emprunteur va chercher les 5 euros de l’intérêt. Mais pourquoi ne vous demandez-vous pas où il va chercher l’argent pour acheter son dentifrice, ses carottes, son essence : de tout ça, il a encore besoin après avoir remboursé son emprunt. Croyez-vous vraiment qu’il a son porte-monnaie vide parce qu’il a remboursé son prêt ? 
                      Ce qu’il faut, c’est qu’il y ait en permanence suffisamment de monnaie qui circule et c’est le cas, car chaque jour des milliers de nouveaux prêts sont accordés à des gens qui dépensent cet argent auprès d’autres gens qui le dépenseront aussi auprès ...


                    • sylvain 26 juin 15:19

                      @Paul Jael
                      vous ne répondez pas à la question . Vous faites intervenir des carottes alors qu’on parle d’un système logique complet qui n’en a nul besoin . 
                      on ne peut évidemment suivre toutes les transactions réelles et prouver quoi que ce soit sur la logique globale par des exemples concret, donc on prend des situations simplifiées . Par exemple un preteur et un emprunteur, et à ce moment là l’exemple de l’argent dette n’est pas absurde loin de là : si seulement 100 euros ont été créés, on ne peut pas rendre 105 et solder définitivement ( là est le terme important ) la dette, par contre on peut rembourser en continuant d’être endétté .
                      Mais de toutes facons, avec l’argent dette, on ne peut jamais rembourser toute la dette puisque sans elle il n’y aurait tout betement pas d’argent en circulation
                      C’est à mon avis le plus grand reproche qu’on peut faire à l’argent dette : il maintient les gens, états... dans la dette ( globale) permanente et plus on a de PIB, plus on a de dette et donc plus on a de croissance plus la dette croit
                      D’autre part cette dette est détenue par des banques privées, et tout le monde connait le pouvoir du détenteur d’une dette sur son débiteur ( surtout quand il doit tout le temps demander de nouveaux prêts)
                      En réalité l’argent dette est un transfert du pouvoir de la sphère publique ( l’état principalement) vers le privé ( les banques principalement), il en est l’outil principal, et c’est une évidence quand on regarde la politique des 40 dernières années
                      j’ai écrit un article la dessus


                    • Xenozoid 26 juin 15:32

                      @Xenozoid

                      et les banques étant obligatoire, il n’y a rien a discuter en fait

                      ben c’est vrai ça


                    • sweach 26 juin 17:28

                      @Paul Jael
                      Merci à Sylvain qui confirme mon interrogation.

                      *où l’emprunteur va chercher les 5 euros de l’intérêt*
                      Vous répondez à cette question par un nouveau prêt smiley, donc le taux de 93% de monnaie scripturale ne peu que croître indéfiniment sans jamais rien rembourser autre que pas un nouveau prêt.

                      La money est l’outil qui sert à faire nos échanges, mais je ne suis pas de votre avis quand vous dite : « suffisamment de monnaie qui circule et c’est le cas »

                      Si vous avez un gâteau avec 6 parts pour 6 personnes, chaque part ont la même valeur, mais si vous rajoutez une personne la parts de gâteau prend de la valeur

                      Notre création de money n’est pas un modèle stable viable dans le temps, car les intérêt d’emprunt sont sur un model exponentiel (même si les taux chute), là où nos besoin de money sont plutôt linéaire.
                      Si demain tout le monde rembourse sa dette, l’argent prend de la valeur et inversement si tout le monde emprunte l’argent à moins de valeur.

                      Puis la notion du temps est un peu oublié dans cette équation

                      En l’état actuel des choses, les taux d’intérêt bancaire ne peuvent que chuter et la dette grossir ce qui ralentie inexorablement tout développement.
                      Exemple : une maison dans les année 80 coûtait 75 000 euros ; un couple médian avait 2300 euros de revenu, 20 ans plus tard ce couple avait payé 140 000 euros au total mais la valeur de la maison et leur revenu avait suivi le coût du crédit.

                      Aujourd’hui la même maison c’est 300 000 euros ; un couple médian à 3600 euros, 20 ans plus tard le couple aura payé 370 000 euros, mais la valeur de la maison n’aura pas suivi, ni les revenus.

                      Le system actuel ne permet plus d’avoir d’inflation, l’argent gagne de la valeur et les échanges sont de plus en plus difficile (toujours plus endetté), en gros ce qu’on fait aujourd’hui à plus de valeur que ce qu’on fera demain et moins que ce qu’on à déjà fait hier.


                    • Hervé Hum Hervé Hum 26 juin 18:34

                      @sweach

                      Ça explique aussi les prêts des banques privés par la banque centrale avec des taux négatif qui est une forme de création de money.

                      Non, c’est exactement l’inverse, les intérêts négatifs réduisent la masse monétaire en épargne, ce sont les intérêts positifs qui nécessitent de créer de l’argent, parce qu’à la différence du capital d’un emprunt fait avec de la monnaie dites improprement de crédit (ou dette, c’est pareil), l’intérêt est toujours de la monnaie de dépôt, sinon, il y a l’effet mal expliqué qu’est le principe des vases communiquant. Autrement dit, pour soutenir la monnaie, il faut effectivement faire tourner la planche à billet, mais il y a des conséquences à cette politique, celle de nourrir la cavalerie monétaire, que les intérêts négatifs tentent désespéramment de contenir.

                      Cela dit, l’auteur à raison, malgré les apparences, c’est la monnaie dites de crédit qui est la moins nocive pour l’économie et la seule qui permet l’équilibre de la masse monétaire, mais il y a deux conditions. D’abord, qu’il n’y ait pas de prise d’intérêt.bancaires et qu’il n’y ait pas non plus de profits et autres dividendes, mais uniquement la rémunération du travail Car ce ne sont pas les intérêts bancaires qui pèsent le plus sur l’économie réelle, mais les profits des actionnaires des entreprises. Ils déséquilibrent d’autant l’économie, que les impôts sont bas !

                      Mais il y a trop de biais cognitifs liés à la monnaie, aussi, sans repartir des fondamentaux, c’est comme essayer d’arrêter l’eau qui coule d’une passoire en bouchant les trous un par un !


                    • Paul Jael 26 juin 22:36

                      @sylvain
                      Si la personne intéressée trouve normal d’avoir de l’argent pour acheter des carottes, il n’y a pas de raison de s’étonner d’en avoir pour payer les intérêts. Ce que j’essaie de faire comprendre, c’est que l’argent pour les deux paiements a la même origine. Après avoir reçu votre salaire mensuel, vous en utilisez une partie pour payer les intérêts sur votre prêt à la consommation et une autre pour acheter des carottes : il n’y a pas de raisons de croire que les sources d’argent pour ces deux paiements sont différentes.
                      Vous dites qu’il est impossible de payer 105 avec 100 de monnaie : faux. On peut même payer beaucoup plus que 105 et c’est d’ailleurs ce qui se passe dans la réalité économique. C’est le sens de l’équation MV=PT qui fait l’objet d’un des mes articles précédents. L’argent circule de poche en poche et chaque année, le stock de monnaie paie des transactions valant peut-être cinq fois sa valeur. Il ne faut pas se braquer sur l’argent du prêt ; vous recevez un salaire chaque mois. Avec votre salaire, payer des intérêts ou des carottes, ça revient au même. Et d’où vient la monnaie avec laquelle on paie votre salaire ? D’une multitude de prêts que les banques consentent tous les jours à des inconnus.


                    • sweach 27 juin 10:40

                      @Hervé Hum

                      *Non, c’est exactement l’inverse, les intérêts négatifs réduisent la masse monétaire en épargne*

                      On n’est pas sur la même longueur d’onde, moi je parle de money non scriptural soit 7% de la masse monétaire.

                      Si la banque centrale prête 105 et qu’on lui rend 100, elle a créé 5

                      *Et d’où vient la monnaie avec laquelle on paie votre salaire ? D’une multitude de prêts*

                      Vous continuez sur la même réponse, d’où vient la monnaie ? réponse : d’encore plus de crédit.

                      Que l’on paye des carottes où bien des intérêts oui on s’en fou au final, la question c’est d’ou vient la money vu que la planche à billet est au point mort depuis plus de 20 ans.

                      La réponse c’est une pyramide de ponzi de prêt qui grossi avec les intérêts et à terme ces intérêts sont impayable car il n’y a pas de monnaies réel pour ça.

                      On peut jouer à ce jeu indéfiniment, tant qu’on demande toujours plus, on est déjà à 93% de money scriptural mais le problème avec le fait de payer nos dettes avec de nouveau crédit, comment on fait si on refuse de nous prêter ? Comment on fait si il n’y a plus suffisamment de nouveau crédit ?

                      Cela donne de plus en plus de pouvoir aux banques qui sont assise sur des montagnes d’intérêt impayable.

                      Afin de favoriser la création de monnaies on réduit les taux de crédit, ce qui fait monter les prix, qui engendre une réduction des taux, qui font monter les prix, etc ... jusqu’à ce que plus personne ne puissent acheter ou emprunter, bref on va finir par détruire notre monnaies.

                      Vous ne voyez pas la fragilité de ce system qui à forcement besoin de croître pour rester en vie ? 

                      Avec nos délocalisations et notre démographie en berne, croître est de moins en moins à l’ordre du jour.


                      • Hervé Hum Hervé Hum 27 juin 15:18

                        @sweach

                        On n’est pas sur la même longueur d’onde, moi je parle de money non scriptural soit 7% de la masse monétaire.

                        Si la banque centrale prête 105 et qu’on lui rend 100, elle a créé 5

                        Mon erreur n’est pas là, elle est quant au bénéficiaire de l’intérêt. J’ai gardé le banquier ! C’est le genre de bug qui m’arrive parfois.

                        Lorsqu’une banque prête 100 et demande 105 ; l’intérêt est dû à la banque, mais si elle demande 95, évidemment, l’intérêt dû est au client.

                        Pour le reste, je ne change rien. Mais merci de m’avoir corrigé,


                      • sweach 27 juin 17:23

                        @Hervé Hum
                        J’avais zappé les taux de rémunération des dépôts des banques privés qui est aussi négatif, donc la BCE créé de la monnaies avec des taux négatifs mais elle en détruit en même temps avec des intérêts négatifs sur les placements des banques.


                      • Hervé Hum Hervé Hum 28 juin 10:30

                        Votre dernier commentaire m’as incité à aller regarder de plus près ces fameux taux négatifs et c’est pas aussi négatif que cela !

                        Quand la BCE prête de l’argent aux banques commerciales à taux négatifs, c’est une forme d’aide, de soutien. Par contre, quand il s’agit de taux négatifs pour le marché obligataire, là, il s’agit d’une spéculation, où, partant d’un achat négatif, il s’agit de le rendre positif en misant sur l’évolution des devises. Car, sinon, il s’agirait d’une forme de soutiens d’investisseurs privés aux finances publiques, ce qui n’a évidemment aucun sens !

                        Bref, si l’expression « taux négatifs » en jette, elle est plutôt abusive.


                      • lecapricorne 8 août 12:31

                        @Hervé Hum
                        Vous avez raison d’insister sur la question « d’où vient l’argent pour payer les intérêts » Il vient de nouvelle création monétaire ce qui fait que l’on ne peut jamais rembourser les intérêts qui s’accumulent et forme la dette. Mais ça les économistes orthodoxes ne le reconnaîtront jamais. On ne revient pas facilement sur un demi siècle de croyance.
                         Les taux négatifs ont de nombreux avantages même sur les titres mais c’est long à expliquer dans ce message. Cherchez du côté des miniBots et CCF Italiens, voyez ce que cela donnerait avec des taux négatifs. Cela devrait vous mettre sur la voie. N’oubliez pas non plus que plus que le taux lui-même ce sont les delta de taux qui sont important pour les marchés. Echanger du moins négatif ou prêter à un taux moins négatif que celui emprunté (banques commerciales) revient à encaisser du positif.
                        Bon courage


                      • lecapricorne 7 août 16:27

                        Votre raisonnement ne tient pas la route. Pour que le banquier réinjecte les intérêts dans l’économie encore faut-il pouvoir lui payer les intérêts, or il est entendu que ce n’est pas possible, sauf à réemprunter. Le banquier ne rend pas les intérêts au circuit économique il crée un manque qui génère de nouveaux emprunts en chaine.

                        Quand au paiement par l’état en utilisant lui aussi la création ex-nihilo est préférable à condition que l’état ne réclame pas d’intérêt, c’est à dire ne jour pas au banquier.

                        Vous n’avez pas tout compris au fonctionnement de la monnaie et du circuit économique. Je vous invite à lire les passages sur le budget de l’état et la monnaie du livre « L’escroquerie du capitalisme néolibéral » ; vous aurez les bonnes réponses.

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