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Accueil du site > Actualités > Economie > Le Secret de la bourse, c’est le temps de travail

Le Secret de la bourse, c’est le temps de travail

Karl Marx n'avait pas encore de mot pour la nommer, mais il parle des fluctuations de la bourse, dans l'extrait qui vient. C'est au sujet de la détermination de la valeur marchande par le temps de travail, encore difficle à voir, à l'époque. Concentration.

(Cet article fait suite à la Vulgate marxiste - c'est-à-dire antimarxiste et Les capitalistes ne se vivent pas comme des pilleurs.)

  • Krach boursier, 1929

 

Karl Marx, le Capital 1, pp.85-86, Messidor, éd. sociales, trad. Jean-Pierre Lefebvre, a écrit :

En fait, le caractère valeur des produits du travail [leur échangeabilité, leur valorisation marchande au-delà de leurs qualités intrinsèques d'usage] ne s'établit fermement qu'une fois que ceux-ci sont pratiqués comme grandeurs de valeur [quand ils sont comparés sur les marchés]. Or ces grandeurs changent constamment, indépendamment de la volonté, des prévisons et des actes des gens qui échangent [puisque la valeur découle du temps de travail moyen pour une zone d'échange marchand, temps de travail nécessaire à sa production, relatif aux technologies, compétences et autres organisations du travail]. Leur mouvement social propre a pour les échangistes la forme d'un mouvement de choses qu'ils ne contrôlent pas, mais dont ils subissent au contraire le contrôle [sentiment que nous partageons globalement tous, devant la mondialisation marchande]. Il faut attendre un développement complet de la production marchande scientifique de la chose : on comprend alors que ces travaux privés, menés indépendamment les uns des autres, mais mutuellement interdépendants par tous les côtés en tant que branches naturelles de la division sociale du travail, sont réduits en permanence à leur mesure sociale proportionnelle, parce que dans la contingence des oscillations constantes des rapports dans lesquels s'échangent leurs produits le temps de travail socialement nécessaire à leur production s'impose par la force comme loi naturelle régulatrice, au même titre que la loi de la pesanteur s'impose quand quelqu'un prend sa maison sur le coin de la figure. La détermination de la grandeur de la valeur par le temps de travail [moyen pour une zone d'échange marchand, temps de travail nécessaire à sa production, relatif aux technologies, compétences et autres organisations du travail] est donc un secret caché sous la phénoménalité [l'apparence manifeste] des mouvements des valeurs relatives [les unes aux autres] des marchandises. En découvrant ce secret, on lève l'apparence d'une détermination purement aléatoire des grandeurs de valeur des produits du travail, mais on ne supprime nullement leur forme de choses [par quoi elles sont échangeables indifféremment].

Évidemment, à l'heure du capitalisme financier, où 75% de la valeur supplémentaire (plus-value) est produit par des transactions virtuelles, on a l'impression que ce marxisme (qui nous explique là, que la fluctuation boursière semble nous contrôler, parce qu'en fait nous ne saurions tout savoir des diversités technologiques, compétentes et organisationnelles du travail productif ... ) n'est plus si pratique. Et, ce, d'autant plus que les banques s'appliquent par le crédit à la création monétaire, etc. de telle sorte que leurs prêts et leurs remboursements avec intérêt, participent en fin de comptes à la spéculation générale dans laquelle nous sommes - désindexée de l'or.

Néanmoins voyez : ce qui permet de produire de l'argent avec de l'argent seul, et virtuellement, de nos jours, qu'est-ce ? sinon des algorithmes produits du travail humain, et autres free trades humains, sur la base d'organisations sociétaires-logistiques humaines, rendant possible la technostructure qui, elle-même, n'est pas peuplée par autre chose que des humains "technostructeurs" dont nous sommes d'ailleurs parties (vous savez, ce sentiment "globalisé" d'être comme "enveloppé, pétri" par la finance) ?

Soit donc une ruche, humaine ruche, ayant mis en place des procédures désincarnées, déshumanisant des dynamiques proprement humaines pourtant ... sinon que nous nous sommes rendus moins capables de le comprendre a priori, quand on est un quidam. Et néanmoins,

Leur mouvement social propre [aux marchandises, dont l'argent est la forme-équivalente universelle, marchandise-des-marchandises, marchandise au carré] a pour les échangistes la forme d'un mouvement de choses qu'ils ne contrôlent pas, mais dont ils subissent au contraire le contrôle.

Bref : Marx, ou comment se saisir du monde tel qu'il va, sans s'y sentir leurré. Mais d'ailleurs, n'importe quel puissant de ce monde jouant de ces leviers économiques, pressent comme l'ivresse du contrôle.

Au passage, ce "mouvement de choses qu'ils ne contrôlent pas, mais dont ils subissent au contraire le contrôle", a été obscurément décrit par Adam Smith - Adam Smith qui s'y rendait comme en "sentiment océanique" (Romain Rolland) - en tant que main invisible ... Main invisible ! On comprend maintenant pourquoi : elle échappe certes aux différents acteurs, encore qu'elle n'ait rien de manipulatrice ni d'invisible. (Cela dit, au hasard d'un Alternative économique avec Macron en une, on apprend qu'Adam Smith n'a jamais parlé de main invisible comme fantôme régulateur des marchés. Hélas, ce sont deux-trois malheureuses expressions de cet acabit chez lui, par lesquelles d'autres économistes faussaires & fallacieux inventèrent telle improbable égrégore. Pauvre Adam Smith ! Lui, il ne voulait pas que l'économie devienne capitaliste, c'est-à-dire conforme à sa description marxiste !)

Ainsi, la différence entre le prétendu réalisme de notre capitalisme libéral, et le prétendu irréalisme de l'analyse marxienne, tient en ceci, que le capitaliste libéral plonge aveuglément "dans les choses", et que l'analyste marxien en observe scrupuleusement le réel social. Ou encore, dit autrement : le capitaliste libéral s'en moque (il croit que "plus de capitalisme libéral" est le mieux), l'analyste marxien le prend en compte (et ajuste les conditions sociales). L'un dédaigne la politique, l'autre est conscient qu'il n'y a de politique que dans la responsabilisation sociale.

Soit donc qu'un travailleur bradant l'ajustement social au nom du "réalisme capitaliste libéral", se tire une balle dans le pied "irréaliste analyste marxien". C'est-à-dire que, le véritable idéologue, ça n'est pas le marxiste, mais celui qui (se) leurre quant au réel social - quant à la praxis. Le raisonnement à l'intérieur du capitalisme.

Et voyez Karl Marx, le Capital 1, p.803, même édition :

Nous avons vu comment l'argent est transformé en capital, comment, avec le capital, on fait de la survaleur [plus-value], et à partir de la survaleur davantage de capital. Cependant, l'accumulation du capital présuppose la survaleur, la survaleur la production capitaliste, laquelle présuppose à son tour la présence de masses importantes de capital et de force de travail entre les mains de producteurs de marchandises. Tout ce mouvement semble donc tourner dans un cercle [et Marx ajoute] vicieux [c'est moi qui souligne] dont nous ne sortons qu'en supposant une "accumulation initiale" [ce qui est le propos] antérieure à l'accumulation capitaliste ("previous accumulation" chez Adam Smith), une accumulation qui n'est pas le résultat du mode de production capitaliste, mais son point de départ.
 
Cette accumulation initiale joue dans l’économie politique à peu près le même rôle que le péché originel dans la théologie. Adam mordit la pomme, et voilà le péché qui fait son entrée dans le monde. On nous en explique l’origine par une aventure qui se serait passée quelques jours après la création du monde.

De même, il y avait autrefois, mais il y a bien longtemps de cela, un temps où la société se divisait en deux camps : là des gens d’élite, laborieux, intelligents, et surtout doués d’habitudes ménagère [vision d'Ayn Rand, auteure la plus lue aux USA après la Bible] ; ici, un tas de coquins faisant gogaille du matin au soir et du soir au matin. Il va sans dire que les uns entassèrent trésor sur trésor, tandis que les autres se trouvèrent bientôt dénués de tout. De là la pauvreté de la grande masse qui, en dépit d’un travail sans fin ni trêve, doit toujours payer de sa propre personne, et la richesse du petit nombre, qui récolte tous les fruits du travail sans avoir à faire œuvre de ses dix doigts.

L’histoire du péché théologal nous fait bien voir, il est vrai, comme quoi l’homme a été condamné par le Seigneur à gagner son pain à la sueur de son front ; mais celle du péché économique comble une lacune regrettable en nous révélant comme quoi il y a des hommes qui échappent à cette ordonnance du Seigneur.

Et ces insipides enfantillages, on ne se lasse pas de les ressasser. M. Thiers, par exemple, en ose encore régaler les Français, autrefois si spirituels, et cela dans un volume où, avec un aplomb d’homme d’État, il prétend avoir réduit à néant les attaques sacrilèges du socialisme contre la propriété. Il est vrai que, la question de la propriété une fois mise sur le tapis, chacun se doit faire un devoir sacré de s’en tenir à la sagesse de l’abécédaire, la seule à l’usage et à la portée des écoliers de tout âge.

Dans les annales de l’histoire réelle, c’est la conquête, l’asservissement, la rapine à main armée, le règne de la force brutale, qui l’a toujours emporté. Dans les manuels béats de l’économie politique, c’est l’idylle au contraire qui a de tout temps régné. À leur dire il n’y eut jamais, l’année courante exceptée, d’autres moyens d’enrichissement que le travail et le droit. En fait, les méthodes de l’accumulation initiale sont tout ce qu’on voudra, hormis matière à idylle.

Le rapport officiel entre le capitaliste et le salarié est d’un caractère purement mercantile. Si le premier joue le rôle de maître et le dernier le rôle de serviteur, c’est grâce à un contrat par lequel celui-ci s’est non seulement mis au service, et partant sous la dépendance de celui-là, mais par lequel il a renoncé à tout titre de propriété sur son propre produit. Mais pourquoi le salarié fait-il ce marché ? Parce qu’il ne possède rien que sa force personnelle, le travail à l’état de puissance, tandis que toutes les conditions extérieures requises pour donner corps à cette puissance, la matière et les instruments nécessaires à l’exercice utile du travail, le pouvoir de disposer des subsistances indispensables au maintien de la force ouvrière et à sa conversion en mouvement productif, tout cela se trouve de l’autre côté.

Au fond du système capitaliste il y a donc la séparation radicale du producteur d’avec les moyens de production. Cette séparation se reproduit sur une échelle progressive dès que le système capitaliste s’est une fois établi ; mais comme celle-là forme la base de celui-ci, il ne saurait s’établir sans elle. Pour qu’il vienne au monde, il faut donc que, partiellement au moins, les moyens de production aient déjà été arrachés sans phrase aux producteurs, qui les employaient à réaliser leur propre travail, et qu’ils se trouvent déjà détenus par des producteurs marchands, qui eux les emploient à spéculer sur le travail d’autrui. Le mouvement historique qui fait divorcer le travail d’avec ses conditions extérieures, voilà donc le fin mot de l’accumulation appelée "initiale" parce qu’elle appartient à l’âge préhistorique du monde bourgeois.

L’ordre économique capitaliste est sorti des entrailles de l’ordre économique féodal. La dissolution de l’un a dégagé les éléments constitutifs de l’autre.

Quant au travailleur, au producteur immédiat, pour pouvoir disposer de sa propre personne, il lui fallait d’abord cesser d’être attaché à la glèbe ou d’être inféodé à une autre personne ; il ne pouvait non plus devenir libre vendeur de travail, apportant sa marchandise partout où elle trouve un marché, sans avoir échappé au régime des corporations, avec leurs maîtrises, leurs jurandes, leurs lois d’apprentissage, etc. Le mouvement historique qui convertit les producteurs en salariés se présente donc comme leur affranchissement du servage et de la hiérarchie industrielle. De l’autre côté, ces affranchis ne deviennent vendeurs d’eux-mêmes qu’après avoir été dépouillés de tous leurs moyens de production et de toutes les garanties d’existence offertes par l’ancien ordre des choses. L’histoire de leur expropriation n’est pas matière à conjecture : elle est écrite dans les annales de l’humanité en lettres de sang et de feu indélébiles.

Il y a des accents hugoliens, chez Marx, c'est sûr.


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26 réactions à cet article    


  • Zaza Zaza 3 septembre 19:39

    la séparation radicale du producteur d’avec les moyens de production.
     
    Cette séparation se réifie en la séparation de l’homme dans la société algorithmique qui se sépare de sa vie privée et de son autonomie sociale pour plus de production informatisé, comme l’ouvrier du 19e s’est séparé de son outil et de sa production pour le travail en usine plus efficace. C’est ainsi que le capital passe le problème de la baisse tendanciel du taux de profit actuellement.
     
    Ce snobisme de dire « marxien » au lieu de marxiste, pourquoi pas martien.


    • Zaza Zaza 3 septembre 19:47

      On peut dire que l’homme se sépare de lui-même, du village, de la vie sociale, de la famille, de la nation, pour une optimisation productiviste dans la grande conurbation mondialisée, tant vantée par la gauche, sans identité, multiculturelle, anonyme, et standardisée de part le monde.
      L’individualisme dans l’indifférenciation asociale est cette standardisation de la production. Les deux mécanismes en sont la concentration urbaine et l’immigration. Le processus est assez semblable à l’accumulation primitive du capital mais à une échelle globale.
      L’aliénation en est ce jouir sans entrave tant chéri par la gauche.


    • Christ Roi Christ Roi 4 septembre 10:57

      Cet article montre bien que les marxistes, comme les capitalistes, passent leur temps à compter l’argent. Capitalisme et marxisme sont bien les 2 faces d’une même pièce : le matérialisme athée. Rien de grand ne sortira jamais de ces gens qui sont restés au stade anal de la vie : l’argent. La dignité de l’homme passe par Jésus qui Lui nous élève. Choisissez la bonne monture si vous voulez voyager loin. smiley


    • Morologue Morologue 4 septembre 11:01

      @Christ Roi. Pour analyser une situation matérielle, difficile de ne pas être matérialiste, méthodiquement. Mais ça ne préjuge pas de votre âme encore, Seigneur.


    • Christian Labrune Christian Labrune 3 septembre 21:51
      à l’auteur,

      Il y a des années que je n’ai pas ouvert les oeuvres de Marx, lesquelles ne sont pas sans intérêt, mais comme le dit Renan, « la véritable admiration est historique ». C’est-à-dire qu’on ne peut lire Marx que comme un bonhomme du XIXe siècle décrivant la société et l’économie de son temps.

      Le principe de l’exploitation capitaliste fonctionne bien encore, mais pour combien d’années ? Ce qui serait intéressant, ce serait de relire, à la fin du Kapital, les chapitres qui sont consacrés aux machines de la révolution industrielle : de bien pauvres machines à vapeur qu’on peut voir encore au Musée des Arts et Métiers et qui ne correspondent à rien qui puisse être comparé aux systèmes reposant aujourd’hui sur une IA encore faible, mais plus pour très longtemps.

      Il n’y a pas plus à tirer d’une lecture de Marx que des plans que pouvaient dessiner les premiers concepteurs d’avions à l’époque de Blériot. Cela m’étonnerai beaucoup que les ingénieurs qui ont construit l’A380 soient allés chercher l’inspiration en examinant les plans de Clément Ader ou des frères Wright. Du passé technique faisons table rase !

      • Morologue Morologue 3 septembre 22:46

        @Christian Labrune. C’est sur que de tels détails « changent tout » sur le principe ...


      • Morologue Morologue 3 septembre 22:48

        @Christian Labrune. C’est vrai que ces détails « changent tout » sur le principe ...


      • Christian Labrune Christian Labrune 4 septembre 17:03
        C’est sur que de tels détails « changent tout » sur le principe ...
        =====================================
        @Morologue

        Ce que j’évoquais, n’a rien à voir avec un quelconque « détail ». Quand Marx parle de la production industrielle de son temps, il est amené à décrire et à quantifier, d’un point de vue économique, le travail qui permet, en transformant la matière, de lui ajouter de la valeur. Les machines-outils qui ont commencé à exister augmentent déjà considérablement la production, mais il ne lui viendrait pas à l’idée qu’on puisse faire l’économie du travail humain. Le métier Jacquard, qui existe depuis le début du siècle, avec son programme sur cartes perforées, est certes une préfiguration de l’ordinateur, mais il ne travaille pas tout seul sans surveillance, et la mise au point du programme exige elle aussi une grande quantité de travail humain.

        Il est vrai qu’on entend encore aujourd’hui des naïfs qui diront  : il faudra bien toujours des ingénieurs pour construire les ordinateurs et des gens pour les programmer. C’est complètement idiot, et on peut déjà concevoir un système de production entièrement automatisé - et à l’échelle planétaire !-, des biens de consommation. C’est réalisable, et ce sera réalisé. Et là, ça change vraiment tout. Quid du salariat et de l’exploitation capitaliste du prolo dans un tel système ?

      • Morologue Morologue 13 septembre 13:31

        @Christian Labrune. C’est un rêve marxiste, ça, déjà au XIXème, je vous signale ^^ Marx voyait le machinisme en appoint. Et donc, des hommes libérés travaillant à ce qu’ils désirent vraiment.


      • Morologue Morologue 13 septembre 13:32

        Ce qui, d’ailleurs, a été un discours capitaliste ces dernières décennies, paradoxalement. La « réalisation de soi par le travail » ...


      • Morologue Morologue 13 septembre 13:35

        Au final, pour vous répondre exactement, si toutes ces machines s’autonomisent, c’est donc qu’on aura maximiser le rendement en l’infinitisant, plus-value illimitée, sur un travail humain de base. CQFD.


      • Vertagus Vertagus 4 septembre 05:30

        Et l’analyste libéral, vous en faites quoi ?


        • Morologue Morologue 4 septembre 09:00

          @Vertagus. On vous écoute.


        • bob14 bob14 4 septembre 07:25
          La bourse, est une invention du grand capital pour voler l’argent du petit peuple.. !

          • Morologue Morologue 4 septembre 09:02

            @bob14. Non, c’est pensé comme possibilité d’entreprendre, facilitant l’actionnariat. Néanmoins, ça se fait au dédain de l’économie réelle, et vogue la galère, y compris les abus actionnariaux (« vols » légaux).


          • Morologue Morologue 4 septembre 09:03

            De base si vous voulez, c’est « une collecte de fonds » ... avec retour sur « don » ...


          • Morologue Morologue 13 septembre 13:34

            Au final, pour vous répondre exactement, si toutes ces machines s’autonomisent, c’est donc qu’on aura maximiser le rendement en l’infinitisant, plus-value illimitée, sur un travail humain de base. CQFD.


          • Morologue Morologue 13 septembre 13:36

            @Morologue. Ce dernier propos s’adressait @Christian Labrune, ci-dessus. Oups.


          • bébert 4 septembre 09:05

            Le capitalisme financier ne considère plus la productivité comme richesse , mais comme moyen de faire tourner la machine bancaire , il est en train de se phagocyter lui même en rémunérant le capital sur du vent , donc en cela il est inflationniste , on joue sur le temps , toujours du court terme. La bourse est devenu un casino ou même le propriétaire est prisonnier de ces propres règles. Le Capitalisme productif qui est basé sur l’offre et la demande est aussi prisonnier de son jeu , car en appauvrissant les masses il se prive de consommateurs donc de capital , c’est l’excès qui tue le capitalisme. Et tous les plus grands économistes mondiaux peuvent se la jouer comme ils veulent , ils ne feront jamais rentrer le bateau miniature par le goulot de la bouteille.


            • Morologue Morologue 4 septembre 10:50

              @bébert. Le fameux passage de M-A-M’ à A-M-A’ : d’une marchandise échangée contre de l’argent, en vue d’une autre marchandise (où la valeur d’usage prime), on est passé d’un argent envisagé comme capital, servant à se pourvoir de marchandises, en vue d’un capital d’argent supérieur. D’où la perte, entre-temps, dès la base, de l’économie réelle. En fait, je crains qu’il n’y ait pas eu passage du « bon capitalisme » au « capitalisme financier », mais que le capitalisme est financier dès de part en part.


            • JL JL 4 septembre 11:03


               
               «  Ce n’est plus la Bourse qui finance les entreprises mais les entreprises qui financent la Bourse » (Frédéric Lordon : il faut fermer la Bourse) 
               
               
               A ce sujet, on lira également avec profit l’article suivant :
               
               « La Commune de Paris et l’or de la BDF : « … À Paris, dans les faits, les insurgés s’en tiennent à une gestion relativement modérée. Ainsi ne touchent-ils pas à l’or de la Banque de France, se privant délibérément d’un atout stratégique dans la lutte contre les Versaillais !… » »
               https://www.herodote.net/18_mars_1871-evenement-18710318.php
               
               
               

              Ainsi que cet autre dans Le Monde Diplomatique : 
               
              « Pourquoi l’État français a déréglementé la Bourse : « … Le cas français est éclairant. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le financement de l’économie s’est joué en trois actes dominés par trois acteurs : l’État, les banques, les marchés financiers. Pendant la reconstruction, l’État collecte de l’argent auprès d’institutions publiques (Poste, Caisse des dépôts), puis l’alloue en fonction des priorités du Plan. Le deuxième acte s’ouvre en 1966 : l’État délègue aux banques le financement de l’économie mais subventionne les prêts destinés aux secteurs jugés stratégiques (acier, défense, énergie, électronique). Les entreprises désireuses d’investir s’endettent auprès des établissements de crédit dans les limites définies par la Banque de France, elle-même dépendante du pouvoir politique. Ces deux phases ont un point commun : de manière directe ou indirecte, l’État oriente les capitaux conformément à sa volonté politique. Une rupture intervient au milieu des années 1980 quand la puissance publique décide d’organiser son propre retrait et, simultanément, de favoriser l’essor des marchés financiers. Les entreprises seront incitées à trouver des capitaux à la Bourse, les prêts subventionnés seront supprimés, et les banques s’ébroueront dans les eaux glacées de la concurrence. Ce troisième acte, sur lequel la crise ouverte en 2007 fait tomber un rideau (final ?), présente une particularité : il a été écrit par un gouvernement de gauche… » »
               
               
               De fait, la droite au pouvoir, ce sont les possédants. La gauche, ce sont des « usurpateurs ». Ils ont toujours critiqué l’argent, comment pourraient-ils en vouloir ?

              • Morologue Morologue 4 septembre 11:19

                @JL. Au final, les capitaux circulent là où ils restent, façon de parler.


              • JL JL 4 septembre 11:23

                @Morologue


                 ’’ Au final, les capitaux circulent là où ils restent, façon de parler.’’
                 
                Pire : s’enflent !

              • Morologue Morologue 4 septembre 11:40

                @JL. La grenouille qui ...


              • Jean Keim Jean Keim 5 septembre 12:51

                Encore un article qui identifie clairement l’un des maux concrets absolus de notre époque, sûrement le principal : l’argent-fric ; si une personne a de graves problèmes de santé et que la cause est identifiée, disons qu’elle boit trop d’alccool et qu’elle désire sincèrement aller mieux, que fera-t-elle ? Elle ne se contentera pas de réduire sa consommation n’est-ce pas !

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