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Accueil du site > Actualités > Economie > Le yuan, à la conquète du monde ?

Le yuan, à la conquète du monde ?

L’hégémonie du dollar (états-unien) est-elle entrée en déclin ? La montée en puissance de la Chine justifie ce questionnement. Il est, d’ailleurs, clair que si le gouvernement chinois parvient, en cette période de crise, à restructurer et serrer la vis à son secteur bancaire, le yuan, la devise nationale chinoise, sera de plus en plus prisée dans les échanges internationaux.

En outre, la montée en gamme de l’industrie chinoise constitue une mutation qualitative importante de l’économie mondiale. De nombreux pays du Sud pourront, à l’avenir, obtenir à moindre coût des biens à haute valeur ajoutée en provenance de Chine. Ces échanges commerciaux donneront vraisemblablement lieu à une généralisation du yuan au détriment du dollar. Cette analyse entend montrer comment le yuan a déjà commencé cette longue marche.

 

Une monnaie administrée

Contrairement à l’euro ou au dollar, le yuan n’est pas une devise librement convertible. Une devise librement convertible désigne une monnaie dont les échanges ne sont limités par aucune entrave d’ordre légal et peuvent, dès lors, s’acheter et se vendre contre d’autres devises selon les préceptes du libre-échangisme, c’est-à-dire sans aucune autorisation au préalable de la banque centrale des pays concernés. Acheter et vendre librement des devises n’a rien d’universel ni d’éternel. Pour mémoire, le système monétaire international s’est caractérisé, jusqu’en 1971, par un certain nombre de dispositions finalement fort peu libérales suite aux accords de Bretton Woods qui ont organisé le système monétaire occidental (l’Union soviétique ne fait pas partie de ces accords) au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (en 1944, pour être plus précis).

Toutes les monnaies concernées par cet accord ont été définies par rapport au dollar. Le dollar faisait, pour sa part, l’objet d’une parité fixe avec l’or (35 dollars américains l’once d’or). Les autres monnaies ne pouvaient varier par rapport au dollar, pivot de tout ce système, qu’à l’intérieur d’une bande franchement étroite (1%), sauf en cas de dévaluation ou de réévaluation.

Le système ne pouvait tenir que si les précieux dollars ne sortaient des Etats-Unis que de manière limitée. En effet, les dollars détenus par les banques centrales pouvaient être convertis en or par la Fed (la banque centrale des Etats-Unis). Or, la production d’or est limitée pour d’évidentes raisons physiques. Par conséquent, un équilibre strict entre les avoirs en or des Etats-Unis et les avoirs en dollars des banques centrales étrangères, concernées par les accords, était la condition sine qua non de maintien à l’équilibre du système. A la fin des années 1960, le nombre de dollars détenus à l’extérieur des Etats-Unis avait beaucoup augmenté. La demande de dollars était inévitable dans le contexte de l’après-guerre. Lorsque la Seconde Guerre mondiale s’est terminée en 1945, l’Europe et le Japon étaient détruits. Ils ont eu grand besoin de dollars jusqu’au début des années 1950 pour assurer leur reconstruction. Ensuite, la modernisation des appareils productifs allait alimenter la demande en dollars de ces pays.

Le système issu de Bretton Woods ne prévoyait aucun mécanisme de contrôle en ce qui concerne l’obtention de dollars par des investisseurs européens à partir de la City à Londres. La multiplication des dollars était à la fois nécessaire au système en même temps qu’elle constituait également son plus grand péril. Ce paradoxe, également appelé dilemme de Triffin[1], correspond aux enjeux suivants. La liquidité du système capitaliste, donc la possibilité même des échanges et de la circulation des marchandises, rendait nécessaire l’expansion planétaire du dollar.

Paradoxalement, cette expansion était de nature à faire craindre que le système ne soit devenu complétement dysfonctionnel puisque la masse des dollars en circulation avait fini par dépasser le stock d’or qui en constituait la couverture physique. Vu les menaces de demande de conversion des dollars excédentaires en or (notamment de la part de l’Allemagne), les Etats-Unis décident, le 15 août 1971, de suspendre la convertibilité-or du dollar[2].

La monnaie devint alors en Occident une marchandise librement échangeable comme toutes les autres. Cette situation a entraîné de facto, et sans qu’ils l’aient précisément désiré, les pays parties aux Accords de Bretton Woods à adopter des monnaies librement convertibles. Voilà pourquoi les monnaies pleinement convertibles appartiennent à des pays qui, dans leur quasi-totalité, étaient déjà alignés sur Washington au moment de la guerre froide ou ont rejoint l’Otan après la chute du mur.

C’est la puissance des Etats-Unis, davantage qu’un consensus doctrinal au sein des parties adhérant aux Accords de Bretton Woods, qui a conduit à cette étape importante de la libéralisation financière. En effet, la France gaulliste, par exemple, était, à l’époque, davantage favorable à un retour à l’étalon-or et à un contrôle plus strict des flux de capitaux.

La Chine n’a pas suivi ce mouvement de libéralisation[3]. Et donc, aujourd’hui, il existe une réglementation contraignante qui organise deux marchés de devises distincts pour le yuan. Il s’agit du yuan offshore et du yuan onshore. Explications.

Le yuan offshore est celui qui s’échange librement sur les marchés à l’étranger tandis que le yuan onshore, celui qui circule sur le territoire de la république populaire de Chine, est étroitement contrôlé par la Banque Populaire de Chine. Cette dichotomie monétaire peut paraître étrange pour un occidental habitué à fonctionner à l’intérieur du système de devises pleinement convertibles hérité du monde de l’après Bretton Woods mais il a sa raison d’être. Cette dualité des marchés permet à la Chine de diffuser sa monnaie dans le cadre de ses échanges croissants avec le monde sans pour autant tomber dans une position de dépendance face à des flux de capitaux non contrôlés en provenance du Nord.

 

Une architecture complexe

Pour étendre l’usage de sa monnaie, Pékin a multiplié les accords visant à écouler des yuans sur les marchés extérieurs. Par exemple, vingt pays africains acceptent déjà le yuan comme monnaie de règlement pour leurs transactions bilatérales avec l’Empire du milieu. Et ce n’est pas tout.

« (…) Les prétentions de Pékin ne s’arrêtent pas au continent africain. Depuis quelques années, la Chine a également développé avec la plupart des pays émergents – le Brésil, la Russie, l’Indonésie… – des plates-formes qui permettent de réaliser directement des opérations en devise chinoise. Le yuan représente désormais 20% des échanges réalisés par la Chine avec l’étranger ».[4]

Pour les pays du Sud, l’avantage consiste à ne plus dépendre exclusivement du dollar pour leurs échanges commerciaux. La partie chinoise, pour sa part, peut, grâce à cette extension de l’usage du yuan, accroître son influence géoéconomique.

Les accords monétaires entre la Chine et ses pays partenaires dans le cadre du yuan offshore ont déjà pris une envergure intéressante. En 2012, la masse monétaire du yuan offshore était de 1.100 milliards de yuans (soit 164,16 milliards de dollar au cours actuel)[5].

 

L’extension de l’utilisation du yuan a été pour le moins spectaculaire depuis les premiers essais qui remontent à une décennie à peine. « Le volume de yuans offshore (abréviation sur les marchés : CNH. L’abréviation du yuan offshore est CNY) s'est accru essentiellement via les transactions commerciales. En effet, les autorités chinoises ont lancé un programme pilote en 2009 permettant à certaines entreprises chinoises de facturer leurs exportations en yuans et en offrant, du même coup, la possibilité à toute entreprise étrangère de payer ses importations dans cette même devise. En étendant progressivement ce programme à toutes les entreprises disposant d'une licence d'import-export (mars 2012), les autorités chinoises ont stimulé l'utilisation du yuan offshore comme monnaie de facturation commerciale. Ainsi, la part du commerce extérieur chinois facturée en CNY est passé de 2,5 % en 2010 à 9 % en 2011 puis 11 % en 2012, soit pour cette dernière année un montant de 2.940 Mds CNY (environ 470 Mds USD) ».[6]

Vu le caractère profondément administré du yuan, un certain nombre de médiations d’ordre technique ont été mises en œuvre pour rendre possible son utilisation en dehors de la Chine continentale. Pour qu’on puisse trouver des yuans dans un pays, il faut, tout d’abord, que Pékin accepte que de telles transactions aient lieu. Il s’agit là d’une condition sine qua non. Pour ce faire, des dispositions institutionnelles plutôt drastiques sont prévues.

Ensuite, une banque de compensation en RMB offshore doit être désignée par la Banque Populaire de Chine. Cette banque a pour mission d’assurer la liquidité du marché. Pour mémoire, une chambre de compensation assure la correspondance comptable des mouvements créditeurs et débiteurs entre des acteurs qui n’ont pas de relations directes de comptes et qui ont accepté l’intermédiation de la chambre de compensation dans leurs transactions. La chambre de compensation calcule les soldes nets des parties et joue un rôle de fonds de garantie en assumant le risque d’éventuelles défaillances de l’une des contreparties. On notera que « toutes les chambres de compensation en RMB offshore jusqu’à présent désignées par la BPC sont, sans exception, des succursales des cinq plus grandes banques chinoises – les « Big Five » –, piliers du secteur financier chinois : ICBC, Banque Agricole, Bank of China, Banque de Construction, Banque de Communication. Et parmi celles-ci, seule la Banque Agricole n’a pas encore été choisie comme chambre de compensation en RMB à l’étranger. Néanmoins, sa succursale londonienne a réussi à s’associer avec Standard Chartered Bank, la plus impliquée des banques anglaises dans l’internationalisation du yuan, pour ouvrir, en décembre 2013, un service de compensation en RMB offshore à Londres ».[7]

Enfin, après que la Banque Populaire de Chine a choisi une banque chinoise, un pool de banques locales va s’associer au partenaire chinois pour assurer la promotion de l’utilisation du yuan offshore (CNH). Il s’agit également de grandes banques qui, comme la Société Générale ou encore HSBC, disposent des liquidités permettant de sécuriser les transactions.

Dans le cas de l’accord conclu récemment (mars 2017) avec la Russie, c’est la banque chinoise BICC (Banque industrielle et commerciale de Chine) qui a été désignée comme instance de compensation dans le cadre des relations commerciales sino-russes. Cette ouverture tardive de la finance chinoise à la Russie est le fait d’une certaine méfiance des banques chinoises suite aux sanctions occidentales imposées contre Moscou en mars 2014. Une particularité du dispositif entre la Russie et la Chine réside dans l’implication de la Banque centrale de la Fédération de Russie (qui dispose déjà d’un bureau à Pékin) en lieu et place des banques commerciales du pays. Cette situation s’explique sans doute par le poids des sanctions décidées par les Occidentaux contre la Russie à la suite du conflit ukrainien. En effet, cinq banques russes ont été visées par l’Union européenne. Il s’agit de Sberbank, de VTB, de VEB, de Gazprombank et de Rosselkhozbank. Ces banques couvrent la quasi-totalité du secteur financier russe et ont pour point commun d’avoir comme actionnaire unique ou majoritaire, directement ou indirectement, l’Etat russe lui-même. On notera que les nouvelles sanctions décidées unilatéralement cet été par les Etats-Unis contre la Russie ne modifient pas fondamentalement cette donne. Suite à l’adoption de la mouture trumpiste des sanctions contre la Fédération de Russie, la maturité du crédit interbancaire qu’il est permis d’accorder aux banques russes est passée de 30 à 14 jours. C’est la seule modification notable dans le domaine financier. La Banque centrale de la Fédération de Russie n’est, de surcroît, pas visée par cette nouvelle vague de sanctions. Elle n’a, d’ailleurs, jamais été inquiétée par les Occidentaux.

C’est donc uniquement après qu’une lourde architecture institutionnelle ait été mise en place que des comptes en yuans peuvent être ouverts afin d’effectuer des paiements dans la devise chinoise. De surcroît, les entreprises étrangères peuvent ouvrir un compte en République populaire de Chine afin de régler des transactions avec la partie chinoise. Dans ce cas de figures, on n’oubliera pas de préciser que « contrairement aux échanges offshore (dont les deux parties se trouvent à l’extérieur de la Chine) qui ne sont soumis à aucune restriction, les paiements à destination de la Chine sont soumis à des limitations »[8]. Ces dernières portent sur les opérations dites du compte financier. Il s’agit, en l’espèce, de flux financiers qui portent sur des investissements de portefeuille faisant partie des IDE (investissements directs étrangers). Tout ceci nous amène à constater qu’il est déjà possible d’organiser des rachats internationaux de yuans offshores d’une plateforme à l’autre à travers le monde pour en arriver à financer des achats directs en yuans auprès de compagnies chinoises. Il est donc faux d’affirmer que le yuan constitue une monnaie sur laquelle l’Etat chinois et le PCC règnent d’une main de fer pour de sombres raisons idéologiques.

Le gouvernement chinois entend juste éviter que des flux de capitaux incontrôlés ne déstabilisent son économie. De ce point de vue, la crise asiatique de 1997 a démontré que les stratégies de libéralisation des flux de capitaux pouvaient exercer des effets dévastateurs sur une économie. Il se trouve, d’ailleurs, qu’à l’époque, les deux pays qui avaient été le moins affectés par cette crise étaient la Chine et le Vietnam, deux pays éminemment dirigistes.

 

La libéralisation, c’est pour demain ?

Les pays occidentaux aux économies globalement financiarisées misent naturellement beaucoup sur la libéralisation du compte de capital de la Chine. « Par libéralisation du compte de capital, on entend, d’une manière générale, l’assouplissement des restrictions appliquées aux flux de capitaux franchissant la frontière d’un pays donné. Il en résulte normalement un plus haut degré d’intégration financière à l’économie mondiale sous forme d’entrées et de sorties de capitaux plus importantes »[9].

Les pressions pour que la Chine oriente sa politique économique dans ce sens constituent une ritournelle des relations économiques entre l’Empire du milieu et l’Occident. Depuis son entrée dans l’OMC en 2001, la Chine est priée d’assurer la transition du yuan vers un régime de pleine et libre convertibilité. Cette revendication pour les investisseurs occidentaux constitue une sorte de pied de biche permettant de faire entrer la Chine dans un mouvement de libéralisation financière qui permettrait aux banques des Etats-Unis-Unis, du Japon et de l’Union européenne de profiter des importants volumes d’épargne et des impressionnantes réserves de change de la Chine.

 

Ces dernières ont, certes, fondu depuis le printemps 2014 alors qu’elles avaient atteint un plus haut de 3.993 milliards de dollars. Cela dit, les réserves de la Banque Populaire de Chine se situaient encore au niveau encore fort confortable de 3.057 milliards de dollars en juillet 2017. Depuis décembre 2016, les réserves ont même recommencé à augmenter, certes légèrement. Cette manne ne sera pas de sitôt à la disposition du secteur financier occidental.

L’internationalisation du yuan passait par sa reconnaissance comme monnaie de réserve par le FMI. Le yuan est entré dans le club des monnaies de référence au niveau mondial en octobre 2016[10]. Ce geste de la part du FMI, donc des Etats-Unis qui y exercent un leadership, jusqu’à ce jour, incontesté, est présenté dans nos pays comme un prélude à la convertibilité du yuan et à la libéralisation du secteur financier en Chine continentale.

Le moins que l’on puisse dire est que cette perspective équivaut aujourd’hui à un pari de plus en plus risqué sur l’avenir. Alors que les discussions débutaient au sujet de l’entrée du yuan pour obtenir le statut de devise de réserve, la presse financière occidentale[11] entrevoyait déjà une pleine convertibilité du yuan pour l’année 2020. Un an plus tard, soit en 2016, d’autres experts estimaient que la pleine et entière convertibilité du yuan interviendrait dans un délai de 5 à 10 ans, c’est-à-dire entre 2021 et 2026. Les moins optimistes misaient, d’ailleurs, sur une bonne décennie avant d’arriver à une situation de pleine et entière convertibilité en ce qui concerne le yuan[12]. En misant sur un délai de 5 à 10 ans, on pouvait espérer à l’époque la mise en œuvre d’une totale convertibilité du yuan aux alentours de 2023-2024. Certaines nouvelles invitent à miser sur davantage de temps encore pour parvenir à cette configuration. C’est ainsi qu’au début de cette année, on apprenait que la Chine envisageait de limiter les paiements internationaux en yuans afin de limiter la fuite des capitaux. Le moins que l’on puisse dire est que ce type d’orientations n’a rien de spécialement libéral. Il est vrai que la situation en 2016 était particulièrement inquiétante. On enregistrait en novembre 2016 une sortie nette de capitaux de l’ordre de 309 milliards de dollars de la Chine. Il s’agissait du plus grand mouvement de ce type depuis 2010[13].

L’option interventionniste du gouvernement chinois a payé, comme le prouve la sensible augmentation des réserves du pays. C’est, d’ailleurs, une victoire qui a été saluée par le site d’informations financières américain Bloomberg que l’on ne soupçonnera guère de sympathies à l’égard de l’étatisme et des idéologies socialisantes[14]. Cette tendance ne permet guère d’augurer d’un alignement rapide de la convertibilité du yuan sur celles des monnaies occidentales.

Bien au contraire, le traitement de la crise par les autorités chinoises donne du crédit au scénario de la démondialisation dans les années à venir. En effet, « le flux des investissements non-financiers à l’étranger en provenance de Chine a diminué de moitié au cours du premier semestre 2017 »[15].

 

Quelques défis en perspective

Cette manifestation d’autonomie et de souveraineté est, aujourd’hui, clairement couronnée de succès. Les sorties de capitaux qui subsistent sont plus que compensées par l’excédent de la balance courante. Les succès internationaux de la Chine risquent pourtant de faire de l’ombre aux partenaires dont elle entend, aujourd’hui, se rapprocher. C’est notamment le cas de la Russie. Moscou avait beaucoup misé sur un rapprochement commercial avec Pékin à la suite des tensions avec l’OTAN depuis l’affaire ukrainienne.

Il est clair que le commerce bilatéral entre la Chine et la Russie n’a pas spécialement décollé ces dernières années. Pour le dire crûment, la Russie n’intéresse la Chine que pour son pétrole. Les accords monétaires entre la Chine et la Russie visant à généraliser l’usage du yuan et du rouble dans les échanges bilatéraux entre les deux pays se solde par une appétence marquée de la partie russe pour le yuan. A l’inverse, les entreprises chinoises sont, pour l’heure, peu intéressées de recevoir des paiements libellés en roubles. Tout se passe, d’ailleurs, comme si les acteurs chinois se détournaient du rouble en raison de la faiblesse persistante des prix du pétrole depuis l’été 2014. En tout état de cause, l’alliance économique entre la Chine et la Russie s’avère bancale du fait de l’inégalité économique entre les partenaires. Pourtant, la constitution d’un bloc sino-russe constitue un axe fondamental de la stratégie diplomatique de Pékin.

Il n’y a pas qu’avec la Russie que le déséquilibre des relations économiques pourrait s’avérer, à l’avenir, problématique. Ces dernières années, Pékin a beaucoup intensifié ses relations avec l’Amérique latine. Cela s’est matérialisé par la signature de deux accords monétaires visant à étendre l’usage du yuan et de devises locales dans les échanges bilatéraux entre Pékin et le sous-continent. On pensera spécialement au Brésil, à l’Argentine et au Chili qui ont signé des accords avec la BPC pour l’équivalent de 49 milliards de dollars. Le Brésil était la cible numéro un de la Chine sur le continent avec un accord portant sur 30 milliards de dollars (11 pour l’Argentine et 8 pour le Chili)[16].

Force est de constater que comme dans le cas russe, les investissements chinois dans la région sont restés cantonnés au seul segment des matières premières. Puisque la Chine est moins demandeuse pour ces biens, il en a résulté une diminution des opportunités d’échange en devises de ces pays.

Les cours des matières premières n’ont pas spécialement brillé ces dernières années. Aussi les monnaies latinos ont-elles clairement piqué du nez par rapport au dollar depuis2012. Le peso chilien a perdu 28% de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année 2013. Il est vrai que le cuivre, principal ressource d’exportation de la patrie de Neruda, a, en dépit d’une remontée au cours du premier semestre de l’année 2017[17], baissé de 25% en 5 ans. Le réal brésilien a, pour sa part, accusé une dépréciation 29% face au dollar depuis août 2014. Le cas du peso argentin est encore plus interpellant puisqu’il s’est déprécié de façon plus importante en bien moins de temps (-50% depuis décembre 2015)[18]. Dans le cas de l’Argentine, on signalera la volonté de l’administration du président conservateur Macri de revenir sur les marchés financiers et de s’endetter en dollars. Cette orientation a conduit la gestion des finances publiques argentines à connaître un virage à 180 degrés par rapport au kirchnérisme. Ce dernier était marqué par une ligne de relative fermeté par rapport aux créanciers du pays. Cette époque est révolue depuis l’accord conclu entre l’administration Macri et les fonds vautours. Le recours à l’endettement extérieur a permis de redonner du tonus aux réserves en devises du pays. Ces dernières en avaient, d’ailleurs, grand besoin. Elles n’étaient plus que de 25,563 milliards de dollars le 31 décembre 2015 alors que Cristina Kirchner venait de quitter la présidence[19]. Ces mêmes réserves sont, aujourd’hui, de 46,821 milliards de dollars (2 août 2017). La presse économique locale n’hésitait pas, il y a peu, à mettre ce retour des dollars dans les caisses de la Banque centrale sur le compte de la politique d’endettement du gouvernement. Cette dernière expliquerait environ 93% de l’augmentation des réserves en devises du pays[20].

La situation des années 1990 semble donc se répéter. Comme à cette époque, l’Argentine finance ses déficits budgétaires par la dette. Rappelons à ce propos que le déficit primaire du pays était de 68,781 milliards de pesos en 2016 et de 87,247 milliards en 2017[21]. Le fait que cet endettement corresponde à des dépenses courantes et de fonctionnement (et pas à des projets à long terme) a évidemment quelque chose d’inquiétant. L’histoire économique de l’Argentine n’est qu’une succession de vagues d’endettements suivies de défauts de paiement plus ou moins fracassants. Il y a déjà eu six évènements de ce type depuis la déclaration d’indépendance du pays le 9 juillet 1816[22]. Pour l’heure, certains analystes commencent déjà à se poser des questions.

L’Argentine et le Brésil sont les pays qui présentent les deux plus hauts niveaux d’endettement en dollars dans la région (73% de la dette totale en ce qui concerne le cas brésilien et 69% pour ce qui est de l’Argentine). Le Chili n’est pas en reste avec une dette extérieure (privée comme publique) qui a atteint 63,9% du PIB en 2017[23]. Or, les réserves internationales du pays sont en baisse constante depuis décembre 2016[24]. Cette diminution des moyens de paiement conjuguée à un fort endettement a conduit à une dégradation de la note de la dette chilienne par l’agence Standard and Poor’s au début du mois d’août de cette année.

La soif de dollars ne risque, dès lors, pas de disparaître dans cette partie du monde. La dette extérieure des pays de la région est, pour l’essentiel, libellée en dollar. Or, un retour de la croissance potentialisée par un nouveau cycle haussier des matières premières doit être exclu à moyen terme. La dollarisation continuera à être plus que jamais d’actualité.

En Argentine, le gouvernement Macri a utilisé sa proximité avec les banques pour imposer récemment une limite à l’achat de dollars. La chose doit être signalée en raison précisément des orientations libérales de la nouvelle administration qui s’est, jusqu’à présent, ingéniée à démanteler les mécanismes de contrôle des flux de capitaux instaurés sous la deuxième présidence de Cristina Kirchner (2011-2015). Le dispositif du nouveau gouvernement argentin est le suivant. Si des particuliers ne peuvent justifier fiscalement des devises qu’ils désirent échanger, l’accès au marché des changes leur sera interdit. Il est vrai que l’appétence des Argentins pour le dollar n’a jamais été aussi forte. En Argentine, « les dépôts en dollars ont augmenté de 83,6% depuis le mois d’août 2016 et représentent 11,6% du total »[25]. Des risques importants de dépréciation du peso pourraient constituer la conséquence de cet attrait pour le billet vert. Voilà pourquoi la BCRA multiplie, cet été, les interventions sur le marché des changes et revend des dollars pour maintenir le cours du peso.

Ce tropisme pour le dollar était déjà décelable dès l’élection de Mauricio Macri à la présidence en décembre 2015. A l’époque, le nouveau gouvernement se montrait désireux de recomposer ses réserves. Il a alors tourné le dos à la volonté d’étendre l’usage du yuan en Argentine et a converti pour une valeur équivalente 3,086 milliards une partie des yuans (27% du capital initial) que la BPC avait mis à disposition des pouvoirs publics du pays sous l’administration de Cristina Kirchner.[26].

Le renouvellement pour trois ans des accords monétaires entre la Chine et l’Argentine de juillet 2017[27] ne change rien à la donne précédemment exposée. Disposer d’une ligne en yuans ne coûte rien à la BCRA et permet de donner des gages, fort symboliques au demeurant, au deuxième partenaire commercial de l’Argentine derrière le Brésil.[28]
L’actuel cycle de réendettement en dollars en Amérique latine marque clairement une rupture avec les pratiques des équipes au pouvoir lors de l’hégémonie des populismes. La dépendance qui va résulter de cet épisode d’endettement est patente pour tous les observateurs qui connaissent bien l’histoire des retournements de cycles économiques dans la région.

La question de l’annulation (partielle ou totale) des dettes va donc se (re)poser dans les années qui viennent en Amérique du sud. La Russie, pour sa part, ne vit pas un épisode d’endettement de ce type. Les réserves du pays sont, en outre, particulièrement fournies en devises. Il n’en reste pas moins que tant l’Amérique latine que la Russie ne sont guère sorties gagnantes des accords d’extension de l’usage du yuan dans leurs relations commerciales internationales. Il n’est, jusqu’à présent, ressorti de ces accords aucune amélioration significative des relations commerciales avec Pékin et des flux d’investissement à destination des pays fournisseurs en matières premières de la Chine. De là à évoquer un retour de l’échange inégal, il n’y a qu’un pas que certains auteurs sud-américains n’hésitent plus aujourd’hui à franchir[29].

A Pékin, vu son poids économique et politique, d’inventer une coopération au développement avec l’autre Sud…

 

[1] Du nom d’un économiste belge, natif du pays des Collines (Flobecq, plus précisément), Robert Triffin (1911-1993) qui a travaillé aux Etats-Unis entre 1939 et la fin des années 1970. Triffin est l’auteur de Gold and the Dollar Crisis : The Future of Convertibility, Oxford University Press, Oxford, 1960. Cet ouvrage prophétise avec une bonne dizaine d’années d’avance la fin du dollar convertible. Quitte, cependant, à nous fâcher avec la prestigieuse branche des économistes belges formés aux Etats-Unis, il est désormais clair que Triffin a plagié le raisonnement sur le système monétaire international de l’économiste polonais Feliks Młynarski (lequel était, en réalité, philosophe de formation) qui s’est mis au service de la Deuxième République de Pologne dans l’entre-deux-guerres et du Parti Ouvrier Unifié Polonais (POUP) après 1945. Lire à ce sujet Barry Eichengreen, Golden Fetters. The Gold Standard and the Great Depression. 1919-1939, Oxford University Press, Oxford, 1996, p.20.

[2] Barry Eichengreen, Globalizing Capital. A History of the International Monetary System, Princeton University Press, 1996, pp.91-132.

[3] Sur la participation de la Chine à la conférence de Bretton Woods, lire Jin Zhongxia, The Chinese Delegation at the 1944 Bretton Woods Conference. Reflections for 2015, Official Monetary and Financial Institutions Forum, juillet 2015. Spécialement la page 12 de cet article qui établit que la question des quotas et partant, du poids de la Chine dans les droits de vote et aussi sa capacité d’emprunt auprès du FMI et de la Banque mondiale ont clairement constitué la pomme de discorde entre les gouvernements chinois et états-unien.

[4] La Croix, édition mise en ligne le 28 décembre 2015.

[5] South China Morning Post, édition mise en ligne le 13 novembre 2014. A titre de comparaison, la masse de yuans offshore représentait, d’après les chiffres de la Banque populaire de Chine à peu près 1/60ème de celle du yuan onshore à cette époque.

[6] Trésor-Eco (lettre mensuelle de la Direction générale du Trésor), Internationalisation du yuan : une stratégie à pas comptés, n° 121 Novembre 2013, Paris, p. 2.

[7] Camille Yihua Chen, Chambre de compensation en RMB à Paris : les vrais enjeux, 10 novembre 2014 (Url : http://www.chine-info.com/french/columnist/Camille-Yihua-Chen/20141110/171483.html)

[8] Paris Europlace, The RMB internationalisation. Paris, a hub for Europe, novembre 2012, p.40.

[9] Ayhan Kose, Eswar Prasad, La libéralisation du compte de capital in Finances & Développement, septembre 2004, p.50.

[10] Les Echos, édition mise en ligne du 1er octobre 2016.

[11] Financial Times, 15 juillet 2015.

[12] South China Morning Post, édition mise en ligne le 30 septembre 2016.

[13] El Economista, édition mise en ligne du 13 janvier 2017.

[14] Bloomberg, 24 janvier 2017.

[15] The Australian, édition mise en ligne le 13 juillet 2017.

[16] Douglas W. Arner, Andre Soares, A globalized Renminbi. Will it reshape Latin America ?, Atlantic Council, Adrienne Arsht Latin America Center, octobre 2016, p.3.

[17] Les Echos, Cours du cuivre, Database Investir, calculs de l’auteur (7 août 2017).

[18] Source : BNP Paribas, calculs propres de l’auteur (5 août 2017).

[19] Banco Central de la República Argentina (BCRA), 6 août 2017.

[20] El Cronista, édition lise en ligne du 27 janvier 2017.

[21] Ministerio de Hacienda y Finanzas Públicas, mai 2017.

[22] Carmen M. Reinhart, Kenneth S. Rogoff, This Time is Different. A Panoramic View of Eight Centuries of Financial Crises, National Bureau of Economic Research (NBER), Working Paper n° 13882, Cambrigde, mars 2008, pp.24-27.

[23] Banco central de Chile, août 2017.

[24] Banco central de Chile, juillet 2017.

[25] Ámbito Financiero, édition mise en ligne le 7 août 2017.

[26] La Nación, édition mise en ligne le 22 décembre 2015. Au passage, on notera que cette opération correspond à une décote en dollars du capital originel de l’ordre de 73%.

[27] Buenos Aires Económico, édition mise en ligne du 18 juillet 2017.

[28] International Trade Center, 2016. Bien sûr, on pourra toujours arguer que l’Argentine a émis un bon en yuans dénommé « Bonos Panda » pour 500 millions de dollars à l’été 2016 (Ámbito Financiero, 26 juillet 2016). Ce n’est pas rien mais presque. Cette somme représente, en effet, 0,25% de la dette extérieure (publique comme privée) argentine qui était de 200 milliards de dollars en 2017 (INDEC, 8 août 2017) et moins de 0,4% de la dette publique extérieure qui était de 128 milliards de dollars en mars 2017 (Buenos Aires Económico, 29 juin 2017). On vérifiera, au passage, que les acteurs publics représentent 64% de l’endettement extérieur du pays. Un retour de la préférence pour le dollar n’a, dans ces conditions, rien d’étonnant. Déjà, la Chine et l’Argentine avaient convenu d’un accord d’échange de leurs devises dans leurs relations bilatérales en 2009. Il avait expiré en 2012 sans jamais avoir été actionné (Buenos Aires Herald, 20 juillet 2014). Cet épisode bien peu tiers-mondiste s’est pourtant produit durant l’ère kirchnériste. C’est là un signe irréfutable que le dollar constitue encore la devise de référence en Argentine, quelles que soient, d’ailleurs, les orientations politiques des gouvernements successifs. En matière de politiques monétaires, les gouvernements argentins ne diffèrent finalement pas tellement des uns des autres, comme en témoigne l’utilisation directe des réserves pour payer le capital de certaines dettes avec des organismes multilatéraux par le gouvernement libéral de Mauricio Macri (Tomás  Lukin, Pagar con reservas, Página/12, édition mise en ligne du 12 juillet 2016). Il s’agit là portant d’une pratique éminemment interventionniste que la droite argentine, lorsqu’elle était dans l’opposition, ne manquait pas de critiquer lorsqu’elle était pratiquée par le kirchnérisme au pouvoir. Cela dit, Pékin aura de quoi relativiser la situation si des soucis venaient à apparaître avec l’un ou l’autre pays d’Amérique latine. Après tout, la Chine a passé des accords pour trois mille milliards de yuans à travers le monde, soit 483 milliards de dollars (China Daily, 12 juin 2015), dont une dizaine de pourcents en Amérique latine. De plus, avec la montée en gamme de la Chine, l’Amérique latine devra tenir de plus en plus compte de l’existence du yuan au même titre que le dollar. Ce n’est plus qu’une question de temps.

[29] Fernando Gabriel Romero, El imperialismo y el agro argentino. Historia reciente del capital extranjero en el complejo agroindustrial pampeano, Ediciones Ciccus, Buenos Aires, 2016.


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62 réactions à cet article    


  • Pierre Sanders Pierre Sanders 10 septembre 11:59

    A mon avis, la Chine est un colosse aux pieds d’argile qui ne pourra jamais offrir à la totalité de son milliard quatre d’habitants, la société de consommation dont profite les classes moyennes des régions sur-industrialisées.

    Il pourrait en résulter des tensions sociales énormes quand les laissés-pour-compte du développement s’apercevront qu’ils vont le rester.

    En outre, le pays pourrait avoir un autre problème, aux conséquences totalement imprévisibles, s’il n’est déjà une réalité, et dont les médias ne parlent jamais - ou alors ça m’a échappé : la pénurie de femmes, liée à la politique de l’enfant unique et aux avortements « sélectifs » qui s’en sont suivis.


    • Rincevent Rincevent 10 septembre 14:22

      @Pierre Sanders
      `
      La classe moyenne : Quelque soit le pays, pour qu’il y ait un équilibre, il faut l’existence d’un tampon, une classe moyenne assez prospère. En Chine, c’était bien parti jusqu’au crash boursier de 2015 qui a mis un gros coup de frein au processus. La différence avec nous c’est qu’ils ont une économie dirigiste qui ne laisse pas complètement faire la trop fameuse « main invisible du marché ».

      Qu’est-ce que la classe moyenne chinoise ? : http://chine.blogs.rfi.fr/article/2014/03/05/chine-la-recherche-de-la-classe-moyenne.html

      Classe moyenne et crash boursier : https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/asie-oceanie/22924-crise-boursiere-chinoise-le-nouveau

      Intervention de l’État : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_boursier_de_2015_en_Chine

      Concernant la politique de l’enfant unique, c’est terminé depuis 2015 : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2015/10/29/la-chine-annonce-la-fin-de-la-politique-de-l-enfant-unique_4799364_3216.html


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 septembre 15:19

      @Rincevent


      Considérant son poids dans les échanges internationaux, le dirigisme de sa gouvernance et sa compétence qui ne fait plus de doute, la Chine peut obéir aux lois du marché.... ou créer ses propres règles. La grande question a moyen terme sera de voir si les capitalistes chinois sont d"abord des Capitalistes... ou des Chinois.

      PJCA





    • mmbbb 10 septembre 15:29

      @Pierre Sanders En France la classe moyenne a ete ou sera liquidée nous avons 10 millions de pauvres si l on ne tient pas compte des statistiques officielles . Quant a l enfant unique c est tres gentil mais sans cette politque aurait plus de 2 milllairds d habitants dans ce pays C est un mathématicien qui a convaincu Mao chiffre et equation a l appui Voyez les pays comme le Bangladesh avec une explosion demographique est ce gérable non evidemment . Les taux de natalite c est comme les chiffres en economie ce n est jamais satisfaisant


    • Rincevent Rincevent 10 septembre 15:55

      @ Pierre JC Allard

      Très bonne question. Pour l’instant elle se coule dans les règles du marché (en théorie) tout en imposant les siennes (en pratique). Mais c’est vrai qu’un Jack Ma, par exemple, pourrait bien avoir envie de s’affranchir de l’ombre du Parti sur ses affaires…


    • Pierre Sanders Pierre Sanders 10 septembre 17:19

      @Rincevent

      « La différence avec nous c’est qu’ils ont une économie dirigiste qui ne laisse pas complètement faire la trop fameuse « main invisible du marché ». »

      Quand six cent ou sept cent millions de personnes prennent conscience que la bagnole individuelle, ça ne sera jamais pour eux., les poings qui sortiront des poches seront. eux, bien visibles.

      En outre, si la Chine passait au niveau de consommation des Français qui n’est pas le plus écologiquement coûteux de la planète, l’impact sur la pollution et l’épuisement annoncé de certaines matières premières en serait accéléré d’autant.

      « …l’enfant unique, c’est terminé depuis 2015… »

      Mais le déficit de femmes, c’est maintenant, et donc jusque vers 2035, si les Chinoises ne continuent pas de se faire avorter quand elles sont enceintes d’une fille.

       

      @ mmbbb

      « Quant a l enfant unique c est tres gentil mais sans cette politque aurait plus de 2 milllairds d habitants dans ce pays C est un mathématicien qui a convaincu Mao chiffre et equation a l appui… »

      La question, c’était celle, à l’époque, des femmes enceintes de filles, qui se faisaient avorter dans l’espoir d’être enceinte d’un garçon la fois suivante, ou encore la suivante. C’est de là que vient le déficit.

      On parle d’ûn définit de 200 millions de femmes, dans la région Chine-Inde-Pakistan vers 2025... Quoi qu’on en pense, c’est beaucoup


    • amiaplacidus amiaplacidus 10 septembre 17:52

      @Pierre JC Allard

      L’histoire montre que les Chinois sont avant tout Chinois. C’est à dire des membres de l’Empire du Milieu, avec quelques tribus plus ou moins barbares tout autour (l’Europe n’est que l’une de ces tribus), ma remarque est à peine une caricature.
      .
      La politique de l’enfant unique a été abolie il y a quelques années, mais les Chinois ne font pas vraiment plus d’enfants, ils préfèrent un meilleur niveau de vie.


    • Rincevent Rincevent 11 septembre 00:06

      @Pierre Sanders

      Effectivement, la voiture pour tous en Chine ce n’est pas pour demain, ni après-demain. Le décalage est encore énorme entre les provinces côtières avec leurs mégapoles et l’intérieur et ses paysans. Le Parti a entrepris un rééquilibrage à grands coups de déménagement d’usines (because pollution aussi) et de création de villes plus à l’intérieur mais ça va prendre du temps, beaucoup de temps pour avoir de l’effet.

      Quant aux poings sortis des poches, l’armée serait là pour y remédier, Tien An Men est encore dans les mémoires…

      Cette histoire d’avortement en cas de fille est un vieux problème culturel : la prise en charge de ses parents âgés. Une fille mariée part dans sa belle-famille, elle est donc « perdue » pour eux, un fils pas. Ça, c’est la tradition mais ça commence à bouger, surtout dans les grandes villes et pour la même raison que chez nous : le prix du m2 dans l’immobilier. Pas de quoi ajouter une chambre pour eux. Du coup, la Chine découvre un problème nouveau pour elle : les maisons de retraite http://www.lefigaro.fr/retraite/2014/07/28/05004-20140728ARTFIG00137-la-chine-comptera-350millions-de-retraites-en-2030.php

      Pour ce qui est du déficit en femme, ben on va chercher à la frontière mais ça craint : http://madame.lefigaro.fr/societe/quand-chinois-vont-acheter-leur-femme-vietnam-260614-884217


    • Michel Maugis Michel Maugis 12 septembre 01:21

      @Pierre Sanders

      « A mon avis, la Chine est un colosse aux pieds d’argile qui ne pourra jamais offrir à la totalité de son milliard quatre d’habitants, la société de consommation dont profite les classes moyennes des régions sur-industrialisées. »


      Vous avez tort de raisonner comme si la Chine était un pays « démocratique » comme les autres dits libres et qui pour survivre sont obligés de créer des guerres depuis plus de 500 ans et de coloniser.


      LA Chine est un pays communiste, c’est à dire un pays dirigé par un parti communiste dont le matérialisme dialectique est la philosophe et la méthode de compréhension du monde, qui se développe, à virer les colonialistes, a vaincu les famines, et tient tête au monde « libre » toujours en guerre, et sans coloniser les autres peuples.

      En ce sens, la Chine A UNE DIRECTION RATIONNELLE DE SON DEVELOPPEMENT.

      Le contraire des pays dits « libres » qui reconnaissent être incapable de se diriger rationnellement puisque forcément ils entrent en compétitions selon loi idiote du marché.

      Ce sont des pays ALIÉNES au sens marxiste du terme : Qui ne contrôlent rien, et se laissent mener par les choses qu’ils créent mais ne peuvent contrôler.


      Le monde dit « libres » ne l ’ a jamais été, Un monde qui fait la guerre aux peuples ne peut être libre.

      La Chine est invincible, c’est un colosse aux pieds bien enracinés et sur terre.

      Son alliance avec l’autre pays communiste qu’est la Russie, toujours dirigé par des communistes, est le meilleur qui puisse être arrivés sur cette terre, 

      Quant à offrir « à son milliard quatre d’habitants le société de consommation dont profite les classes moyennes des régions sur industrialisées »... Elle ne pourra le faire comme ne le font pas les pays que vous dites, seulement dans vos rêves forgés par la propagande.

      Elle ne pourra le faire car elle ne voudra pas le faire. La société de consommation n’ existe pas.
      C’est une société de gabegie, une société qui va à sa perte à moins de génocide, OTANAZIER des pays qui veulent se développer comme l’Irak, la Libye, la Syrie, le Venezuela, etc..

      Les USA se meurent de ne pouvoir continuer à MASSACRER les peuples. Eux, c ’est la tête qu’ils ont en argile, et encore. 

      Avec votre société de « consommation dont profite les classes moyennes », la très grande majorité des autres mangeront à leur faim.. une fois que les classes dites moyennes pourront se payer des voyages spaciaux pour 100.000 euro, c’est à dire quand les poules auront des dents



    • Pierre Sanders Pierre Sanders 13 septembre 17:57

      @Michel Maugis

      « Vous avez tort de raisonner comme si la Chine était un pays « démocratique »... »



      Je ne raisonne pas comme si la Chine était un pays « démocratique », je raisonne comme si la Chine était peuplée de gens normaux, capables de frustration et de révolte quand la frustration devient trop forte.


      « ...la très grande majorité des autres mangeront à leur faim. »


      Et vous croyez qu’en comparant leur niveau de survie avec le niveau de vie « bourgeois » des autres, ils vont se résigner indéfiniment ? 


      Au moment des premiers soulèvements, dans les campagnes, rejoints par des mouvements d’étudiants, si le gouvernement ne fait pas tirer dans le tas, ce sera le commencement de la fin.


      Comme pour Louis XVI en 1789, comme pour Ben Ali et Moubarak en 2011. Et votre matérialisme dialectique et votre direction rationnelle du développement n’y pourront rien du tout. Parce que tout ça, c’est du vent. 

      Souvent, on apprend plus de l’histoire que dans les livres, surtout quand les livres ont entre 170 et 140 ans, et une longue série d’échecs dans leur sillage,

    • Michel Maugis Michel Maugis 14 septembre 22:07

      @Pierre Sanders


      Vos livres á vous ont des milliers d’années d’ âges 
      Mais si si « tout ça c’est du vent » alors il n’y a plus rien à dire

      Le matérialisme dialectique a moins de 200 ans et de nombreuses victoires à son actif, du point de vue de l’analyse et compréhension du monde.

      Le reste c’est vraiment du vent !

      Vous rèvez avec « vos chinois des hommes comme les autres » C’est tout ce que vous avez à dire pour en déduire vos scénarios du futur ?

      Extrapoler les problèmes des pays dits « démocratiques » ( et certainement criminels) à la Chine relève d’une incompréhension totale du monde et de l’histoire.

      Le problème est que la CHINE est mille fois plus démocratique que les pays comme la France qui font la guerre AVEC VOTRE ACCORD, puisque vous estimez la France « démocratique ».
















    • Pierre Sanders Pierre Sanders 14 septembre 23:01

      @Michel Maugis

      "Vos livres á vous ont des milliers d’années d’ âges "

      Si vous faites allusion à la Bible, pas de chance, je suis agnostique.

      « ...alors il n’y a plus rien à dire. »

      Plus grand’chose, par le fait.

      "...et de nombreuses victoires à son actif, du point de vue de l’analyse et compréhension du monde."

       On ne peut en dire autant en matière de psychologie et de prévision de l’avenir. Parce que sur ces deux plans, c’est zéro de chez zéro smiley

      « Vous rèvez avec « vos chinois des hommes comme les autres »… »

      C’est quoi alors ? Des surhonmmes ? Des extrarrestres ? Des OGM qui naissent avec le gène du marxisme dans leur ADN ? 

      Les Chinois, mon pauvre ami, sont des hommes comme les autres, avec des instincts, des sentiments, des passions, et un subconscient qu’ils ne contrôlent pas

      Il n’est pas né le « type biologique et social supérieur » que Trotski qualifiait de « surhomme » dans le chapitre VIII de Littérature et révolution. Il ne fut pas Russe, il ne sera pas Chinois ni rien d’autre, et si vous croyez ce genre de c…, de bêtises, vous faites plus pitié que sourire - et si vous n’y croyez pas, on se demande à quoi vous jouez, en faisant le communiste.

      Mais enfin, chacun gâche sa vie comme il veut. La votre, c’est la votre, et vous en faites ce que bon vous semble. Je n’en ai vraiment rien à cirer. Après tout, si vos rêveries collectivistes vous aident à vivre…


    • Michel Maugis Michel Maugis 15 septembre 03:44

      @Pierre Sanders

      « je suis agnostique. »

      Pire qu’athée, avec la honte en plus,

      Un agnostique est un athée honteux. (Lenine)

      Lenine était marxiste, un athée c’est rien.

    • Pierre Sanders Pierre Sanders 15 septembre 09:56

      @Michel Maugis

      « Un agnostique est un athée honteux. (Lenine) »



      Parole de fanatique.


      « Lenine était marxiste »


      Il était aussi syphilitique, il en est mort, et on ne sait pas à quel stade de la maladie, il en était lorsqu’il a dit ça...

    • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 12:06

      Il y a une faute d’orthographe monstrueuse dans le titre. On écrit « conquête » et pas « conquète ». J’ai publié cela fort tard hier. Mille excuses !


      • Alren Alren 10 septembre 13:39

        La Chine investit en Amérique latine et en Russie pour se procurer les matières premières dont elle a un besoin impératif car elle n’est pas soucieuse d’investir dans une industrie secondaire à l’étranger, dans des pays à relativement bas coût de main d’œuvre, qui concurrenceraient ses produits, lesquels sont issus d’une industrialisation financée et technologiquement offerte essentiellement par l’étranger.

        Ce dont elle a bénéficié, du fait de l’avidité des capitalistes jouant contre leur compatriotes travailleurs pour accroître leurs rentes, elle ne veut pas en faire bénéficier les autres !

        Ce qui prouvent que les capitalistes chinois ne dirigent pas la Chine comme les capitalistes occidentaux dirigent nos pays en véritables dictateurs grâce à des hommes politiques et des « journalistes » stipendiés !

        Mais le prix des matières premières comme le cuivre et le lithium ne peut qu’augmenter inexorablement malgré des effets ondulatoires avec le remplacement des énergies carbonées par l’électricité. Et ces deux corps simples comme disent les chimistes, donc irremplaçables par la chimie organique, sont produits en particuliers par l’Amérique latine.

        Par ailleurs, la Chine qui a gravement pollué ses terres arables - qui ne représentent qu’une faible partie du territoire - est condamnée à importer massivement de la nourriture d’autant plus que les dirigeants devront augmenter nettement élever le niveau de vie des laissés pour compte de la révolution industrielle pour éviter des mouvements populaires.

        Il sera de son intérêt que ses yuans soient acceptés pour le paiement de ses achats plutôt que d’être contrainte de se procurer des dollars, le cours du change yuan-dollar pouvant faire l’objet de spéculations pilotées en sous-main par le gouvernement US pour favoriser sa monnaie de singe et ainsi vivre un peu aux crochets de la Chine.

        Le volume de sortie sera considérable. Il faudra donc que la Chine continue à exporter massivement ses produits finis pour équilibrer sa balance des paiements. Ce qui ne sera possible après une nécessaire hausse des salaires intérieurs que s’ils sont de haute technologie.

        Pour l’instant, les pays d’Occident ont encore de l’avance : on ne parle plus guère d’avions civils chinois susceptibles de concurrencer Airbus ou Boeing après une campagne de fierté nationaliste.

        La liste serait longue d’autre domaines très lucratifs où les Chinois ne peuvent s’aligner. Un exemple entre mille : les montres de luxe fabriquées à la main en Suisse.

        Le seul domaine négligé à l’ouest et qui pourrait leur rapporter des milliards sur de nombreuses années est celui des centrales nucléaires au thorium qui semble-t-il fait l’objet chez eux d’une recherche intense.

        Leur avance dans le domaine des satellites transmettant l’intrication quantique pour des échanges de messages inviolables, pourrait être facilement rattrapée notamment par la France qui disposent de cerveaux pour cela si le gouvernement s’en donnait les moyens.


        • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 13:58

          @Alren En matière d’aéonautique, vous me semblez prendre très à la légère le lancement du Comac C919. Les terres arables, cela ne me parle pas. L’Angleterre a sacrifié son agriculture avec les corn laws au début du XIXIème siècle. Cela ne l’a pas empêché de régner sur le monde durant près de 2 siècles. Pour l’heure, le yuan s’apprécie face au dollar. la tendance est structurelle. La montée en gamme de l’économie chinoise est un grand classique en Asie. Il s’est déjà produit dans d’autres pays. Sur le long terme, on verra bien l’évolution des réserves de lithium. mais 27% de ces réserves se trouvent en Chine. Et pour l’automobile, la Chine est devenue le premier marché au monde et les marques chinoises s’imposent de plus en plus. Le moins que l’on puisse dire est que nous ne sommes pas d’accord. Par contre, avez-vous une idée de la façon dont je pourrais rectifier cette faute dans le titre ? 


        • mmbbb 10 septembre 14:15

          @xavier dupret le Comac est un avion construit sous licence Il est le frere de l Airbus A 320 . Par ailleurs les Chinois font la même chose avec les hélicoptères dont ils ont un grand besoin les ingénieurs francais sont sur place. Les Chinois construisent aussi un EPR et cela semble beaucoup moins pose de problemes qu en France .En revanche les Chnois investissement par point PIB dans la recherche beaucoup plus que la France Il est regretable qu Emmanuelle Charpentier par exemple n ait pas pu entreprendre ses travaux en France Les politiques francais n ont plus de projet a longue vues Ce sont des salopards Ils viennent parler dans le vide la clique des Juppe Raffarin etc sont des cretins La Chine a desormais une armée d ingenieur et a choisi un nouveau plan economque vendre de la plus value Elle commence a sous traiter en Afrqiue par exemple Quant au lithium , il y aura une envolée des cours et son extraction est aussi polluante Donc les ecolos ont l art de deplacer les problemes


        • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 14:20

          @mmbbb quand bien même cet avion serait-il produit sous licence, il est entière fabriqué en Chine. ce qui constitue un immense progrès et vu, comme vous le soulignez, le nombre d’ingénieurs en Chine, il est clair que cette production n’est qu’un premier pas vers de nouvelles innovations. 


        • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 14:21

          @mmbbb quand bien même cet avion serait-il produit sous licence, il est entièrement fabriqué en Chine. ce qui constitue un immense progrès et vu, comme vous le soulignez, le nombre d’ingénieurs en Chine, il est clair que cette production n’est qu’un premier pas vers de nouvelles innovations qui ne feront plus l’objet de licences.


        • mmbbb 10 septembre 14:33

          @xavier dupret il s ’agit néanmoins d un transfert de technologie et nons pas d un avion conçu par les Chinois . Un avion de combat comme le F16 américian a ete aussi fabrique sous licence dans de nombreux pays In fine c ’est la R& D qui compte Le programme spatial chinois a ete le fruit de la collaboration avec les Russes . évidemment la Chine sous traite aussi desoramis l electronique des grandes marques Pionnier Marantz et les dalles des ecrans plats . Mais il est vrai que les Chinois ont désormais la volonte de vendre de la plus value comme je l ai écrit précédemment Nous nous ne semblons plus croire a l avenir et surtout l eilite qui brade les acquis de ce pays C est la ou le bat blesse Regardez le niveau de l EN


        • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 14:38

          @mmbbb Ily a transfert et transfert. Ce transfert, vu le poids croissant de la R et D en Chine, donnera lieu à un ajout de valeur. Et puis, le nombre d’entreprises rachetées par les Chinois dont le ,know how va être transféré à Pékin est aussi interpellant. La place du yuan en sortira grandie. C’est l’affaire d’une bonne décennie.


        • Rincevent Rincevent 10 septembre 15:05

          @ xavier dupret

          Hé oui, il n’y a pas que le Comac. Bien d’autres choses encore, dont un avion à fuselage large (donc long courrier) avec les Russes : http://french.peopledaily.com.cn/Economie/n3/2017/0907/c31355-9265593.html


        • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 15:28

          @Rincevent D’un point de vue plus macro, je vous recommande cet ouvrage sur la montée en gamme de la Chine. Bon dimanche

          http://www.pressesdesmines.com/et-la-chine-s-est-eveillee.html


        • Rincevent Rincevent 10 septembre 15:31

          @mmbbb

          Les politiques français n’ont plus de projet a longue vues. Sans vouloir les excuser (loin de là), notre système électoral fait qu’une majorité peut changer tous les cinq ans, et donc ses projets avec. Le système chinois, lui, n’est pas du tout comme ça. Parti unique, recherche permanente d’un équilibre entre les factions (qui existent bien), désignation des dirigeants nationaux par cooptation, après les avoir testés des années dans des fonctions provinciales, etc. Bref, un processus lent et stable qui favorise les projets à long terme. C’est l’avantage de ce mix de capitalisme et de dictature politique (on ne peut plus parler de communisme). Quant à transposer ça chez nous, je ne suis pas spontanément volontaire…


        • Rincevent Rincevent 10 septembre 15:33

          @xavier dupret

          Merci, on va regarder ça de plus près.


        • mmbbb 10 septembre 15:44

          @xavier dupret Les Chinois ne sont pas plus con que nous ils savent jouer au jeu de GO . Si nous sommes assez idiots pour ne plus avoir de perspectives economques comme cela semble être desormais le cas et bien tant mieux pour les Chinois. Nous nous sommes embourbes dans une Europe dont le seul diktat est de vouloir nous mettre a genoux devant les Allemands Nous voullons accueillir la misere du Monde ; la France est desoramais divisée plus que jamais un pays qui avait tant de possibités mais qui ne semble plus croire en lui meme . Peut etre sommes nous en décadence comme l affirme onfray


        • Alren Alren 11 septembre 19:14

          @xavier dupret

          L’Asie, en général, n’invente rien qui change la société mondiale.
          Tout ce qui nous a fait passer de la technologie disons du XVIIIe siècle à celle que nous connaissons aujourd’hui vient d’Europe ou des USA. Un exemple entre mille : l’éclairage par LED qui s’il était généralisé obligatoire dans le monde entier, ferait baisser la consommation d’électricité de manière sensible aurait pu être théorisé en premier par les Japonais qui ont ensuite fait progresser le rendement alors que les Chinois sont les grands fabricants de ce produit. mais non, tout comme auparavant le CD, le laser l’avion ou ... la locomotive à vapeur ! 

          Pourquoi ce phénomène, cette absence d’inventivité vraie, je ne me l’explique pas.
          D’autant moins, qu’en effet, Japonais et Chinois ont très facilement repris ces techniques occidentales. 
          Mais de n’être que des suiveurs vous condamne, si les découvreurs gardent pour eux les secrets technologiques et n’acceptent que de vendre des produits finis, à une position de clients, de dépendants.
          Les deux domaines vitaux pour l’avenir que sont les centrales nucléaires au thorium et les satellites transmettant l’intrication quantique où les Chinois investissent énormément sont issus d’idées occidentales : un prototype de centrale au thorium a fonctionné dans les années 60 aux USA sous les yeux du président Kennedy et n’a été abandonné pour l’uranium que parce que celui-ci produisait le plutonium des bombes atomiques.
          L’existence de la mystérieuse intrication quantique qui offre la perspective de communications impossibles à écouter sans que les correspondants en soient avertis a été prouvée définitivement par Alain Aspect de l’université d’Orsay dans les années 80-82.

          Je suis sûr que si nous, Français en particulier, avions une vraie politique de recherche financée par la puissance publique, nous lancions dans ces deux développements, avec des effectifs de chercheurs et d’ingénieurs très inférieurs à celui des Chinois, nous prendrions très rapidement la tête dans ces deux domaines.

          En fait, il faudrait peut-être aux Chinois et aux Japonais une révolution culturelle qui permettrait aux individus d’oser affirmer leurs personnalités sans croire qu’ils sont inconvenants.
          Mais un tel bouleversement des mentalités ne se décrète pas. Néanmoins on le constate chez les chercheurs asiatiques qui travaillent en Europe ou aux USA et au Canada où ils sont particulièrement brillants. Ce n’est donc pas un problèmes de capacité personnelle mais un phénomène de société.


        • pallas 10 septembre 13:48
          xavier dupret

          Le probleme des économistes est qu’ils ne voient que le monde que dans l’échange monétaire, l’argent, alors qu’ils ne sont que de simples mortels.

          Il n’y a qu’en France pensant ce genre de fadaises.

          La Chine et Le Japon, savent la véritable valeur de l’argent, sa n’est qu’un simple outil et non une fin en soit.

          L’argent peut il faire quelque chose face à l’Ouragan Irma ayant annihilé le paradis fiscal et rendant invivable l’ile de vacance pour milliardaire de Saint Barthélémy ?, la réponse est non.

          Vous ne comprenez pas les enjeux, comme toutes les élites françaises se prenant un coup de massue et moqué ouvertement de part le monde comme de vulgaires ringards.

          La France va disparaitre et c’est chose des plus évidentes.

          Le matérialisme, le consumérisme, le mercantilisme, entraine toujours sa propre auto destruction.

          Les Romains en sont la preuve la plus flagrante et irréfutable.

          Tel dirait Homère « Celui qui se prend pour les Dieux et les réfutent finiront dans la Enfers souffrant éternellement de leurs propres arrogances comme torture ».

          Salut


          • pallas 10 septembre 13:58

            correction

            Tel dirait Homère « Celui qui se prend pour les Dieux et les réfutent finira dans les Enfers souffrant éternellement de sa propre arrogance comme torture ».


            • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 14:12

              @pallas cela me fait penser à un conférencier qui, dans un débat avec moi, entendait rappeler l’homme moderne à la modestie en précisant que si l’histoire de l’humanité pouvait être ramenée à 24 heures, la modernité ne représenterait que deux minutes. Je me suis permis de dire à mon interlocuteur que ces deux minutes avaient été les plus excitantes de cette journée. Nous avons, en aussi peu de temps, proclamé la mort de Dieu, décapité Louis XVI, passé par les armes Nicolas II, proclamé la république en Chine, dissocié l’activité sexuelle de la reproduction grâce à la contraception. Quel boulot en deux minutes !


            • Cateaufoncel 10 septembre 14:19

              @xavier dupret

              "Nous avons, en aussi peu de temps, proclamé la mort de Dieu, décapité Louis XVI, passé par les armes Nicolas II, proclamé la république en Chine, dissocié l’activité sexuelle de la reproduction grâce à la contraception."

              Il y a aussi eu quelques bonnes choses, comme les progrès de la médecine et l’allongement de l’espérance de vie à la naissance, ou l’accès de la classe moyenne à la nourriture des riches.


            • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 14:22

              @Cateaufoncel J’avais envie de provoquer. Je reconnais mais vu le procès d’intention, j’avais un peu le droit tout de même...


            • pallas 10 septembre 14:27

              @xavier dupret

              Et au final qu’en reste t’il ?.

              La réponse est simple, absolument rien uniquement le néant.

              Aujourd’hui s’ouvre une nouvelle ère, celui du plus fort de la plus sanglante et tragique.

              L’Argent n’a plus aucunes valeurs.

              Un univers de cauchemars pour l’argentier.

              Je crains que vous ne saisissez pas la réalité, vivant dans un monde illusoire s’effritant comme du sable d’un simple vent.

              C’est pathétique et merveilleux, la pire dystopie possible, l’espoir n’existe pas, Orwell et Itoh n’avaient pas prévu pareil avenir.

              Bienvenu en faite.

              Salut


            • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 14:31

              @pallas Allons, allons. J’espère pour vous que vous n’êtes pas chrétien. Céder au désespoir est un péché. N’oubliez pas !


            • pallas 10 septembre 14:47

              @xavier dupret

              Vous êtes un être obséquieux, cet honneur que vous cherchez n’est du qu’aux Empereurs et monarques (le Faucon Noir, Saladin, etc etc ) et non au votre, c’est pour sa que je dit que vous êtes obséquieux .

              Il m’est parfaitement visible de voir votre aveuglement, tout comme est devenu la ville de Paris un vulgaire tas de ruine ou sortir la nuit devient une question de survie, un vrai purgatoire.

              Sachez que je connais l’outrecuidance que vous portez et la limite de votre vision, c’est amusant.

              Dans les Enfers de Dante, votre place est celui de « La trahison », la pire des sept chambres.

              Salut


            • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 15:00

              @pallas

              Je ne vois pas ce qui vous permet de me qualifier de traître. 

            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 septembre 19:03

              @pallas
              « L’Argent n’a plus aucunes valeurs. »

              Vous racontez un peu n’importe quoi, non ?


            • bob14 bob14 10 septembre 14:53
              2eme...L’humanité s’étripe pour des morceaux de papiers imprimés ?
              Faut quand même être con sur les bords non..ou débile profond...

              • xavier dupret xavier dupret 10 septembre 15:01

                @bob14 la monnaie est l’expression d’un rapport de forces. Sur ce point, sachez que la Chine est partisane d’un panier de monnaies de référence pour l’économie internationale. ce sont les Etats-Unis qui s’y opposent, soucieux de préserver les privilèges exorbitants du dollar. 

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