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Accueil du site > Actualités > Economie > Les fantasmes autour de la création monétaire : 1ère partie

Les fantasmes autour de la création monétaire : 1ère partie

La création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable à la fabrication de monnaie (réprimée par la loi) par des faux-monnayeurs. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents.

*

C’est exact ce que vous écrivez et cela montre la différence fondamentale entre la monnaie crédit où seuls les intérêts demeurent et la monnaie d’épargne, où en plus des intérêts, le montant q de votre exemple reste actif.

Le système monétaire fondé sur la monnaie d’épargne est une cavalerie ou pyramide de Ponzy. Le plus incroyable, mais il n’y a pas d’autres alternatives au système de Ponzy, c’est que la solution pour contrer la crise est de faire tourner la planche à billet, donc, d’alimenter la pyramide pour la faire durer plus longtemps, retarder l’échéance de la faillite et dans le contexte actuel, tout faire pour que ce soit l’autre qui soit désigné comme coupable.

 

Voici deux extraits de commentaires postés sur mon article MV=PT. Ils sont représentatifs de toute une littérature qui abonde sur Internet diffusant des bobards à propos de la création de la monnaie et qui a la même saveur que les théories complotistes. Je vais tenter de clarifier cette matière dans deux articles. Voici le premier ; dans quelques jours, un article suivra, qui sera consacré au pseudo-problème des « intérêts manquants ».

Quelle mouche a piqué ces personnes qui ne sont pas des économistes, de s’enflammer sur la question de la nature de la monnaie ? Ces gens ont appris l’information parfaitement correcte que la banque, lorsqu’elle octroie un crédit, peut créer de la monnaie par un simple jeu d’écritures, ce qu’ils appellent « ex nihilo », un terme qui revient régulièrement comme une incantation magique. L’offre de monnaie par le système bancaire (comportant la banque centrale et les banques commerciales) est un système complexe. Ceux qui ont compris la « création ex nihilo » n’ont compris qu’un centième de la complexité du système, le centième le plus facile, mais ils s‘imaginent l’avoir compris dans sa totalité.

Certains opposent « monnaie de dépôt » et « monnaie de crédit ». Cette distinction ne tient pas. Nous vivons dans un système où toute monnaie est née dans le crédit. Si après avoir gagné au loto, je dépose le gain sur mon compte en banque, la monnaie disponible sur mon compte augmente et celle sur le compte de la loterie nationale diminue. D’où vient cet argent ? Du crédit qu’à un moment dans le passé, une banque a octroyé à une entreprise X. Cette entreprise a payé les salaires de ses ouvriers. Ceux-ci ont acheté des billets de loto et c’est moi qui ai raflé la mise. Cette monnaie trouve son origine dans le crédit tout autant que si la banque m’avait prêté cette somme directement. Si demain l’entrepreneur X rembourse son crédit à la banque, ça ne change rien pour moi, l’argent reste imperturbablement sur mon compte, car la banque aura prêté de nouvelles sommes à d’autres entrepreneurs. Et tout cet argent ruissèle en permanence dans l’économie. La gestion d’une banque n’est pas une chose simple. Il faut équilibrer les flux de paiement entre les banques (c’est-à-dire entre clients de banques différentes), être prêts à transformer des dépôts en billets ou inversement. De plus, une banque ne peut pas octroyer plus de crédits que les règles de prudence et les règles légales ne le permettent. Le « ex nihilo » n’est en réalité pas tout à fait ex nihilo. Un certain taux de couverture des crédits bancaires par les réserves auprès de la banque centrale doit être respecté.

L’apparence du Ponzi vient de ce qu’il n’y a pas de monnaie sans un encours de crédits restant à rembourser. Si pendant x années, les banques laissaient leurs débiteurs rembourser tous leurs crédits, sans en consentir de nouveaux, la monnaie disparaîtrait progressivement. Mais c’est une hypothèse absurde. Le fait qu’il faille toujours de nouveaux crédits n’est pas un problème. L’économie a besoin du crédit et plus l’activité économique est importante, plus elle en a besoin. De ce point de vue, le système est bien fait car il crée plus de monnaie quand on en a le plus besoin. Il n’y aucune faillite qui menace ce système lorsqu’il est bien géré, ce qui est habituellement le cas ; et lorsqu’il y a des problèmes, ils ont une cause autre que le « ex nihilo », par exemple les risques excessifs pris par les banques lors de la crise de 2007.

La suite au prochain numéro.


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16 réactions à cet article    


  • Parrhesia Parrhesia 21 juin 14:16

    >>> De ce point de vue, le système est bien fait car il crée plus de monnaie quand on en a le plus besoin. Il n’y aucune faillite qui menace ce système lorsqu’il est bien géré, ce qui est habituellement le cas ;<<<


    Et à part cela !

    Qui évalue le besoin tant quantitativement que qualitativement  ???

    Et bien, il se trouve que pour le moment, ce sont les mêmes qui sont supposés gérer le système de telle sorte qu’il ne présente aucun danger de faillite !!!

    Rassurant, non ???


    • Arogavox 21 juin 14:37

      @Parrhesia
      eh oui : le ponzi n’est alors pas là où l’auteur le suppose.
       Ce « ponzi » serait plutôt dans le capital de confiance (consubstanciel à toute monnaie) accordé initialemement à la banque dans l’espoir que cette confiance fasse boule de neige ...


    • Parrhesia Parrhesia 21 juin 16:08

      @Arogavox
      C’est pourquoi le capital-confiance que j’accorde à toute monnaie est plutôt basé sur l’importance de la garantie-or offerte par ses gestionnaires que sur l’apparente mais toujours fluctuante santé de son économie.
      Bien que ces gestionnaires soient en principe réputés compétents, honnêtes et … désintéressés !

      Isn’t it ?

      Bonne journée.


    • joletaxi 21 juin 14:32

      ce bon vieux marronnier de la création de monnaie ex nihilo, increvable

      il fleurit aussi bien en hiver qu’au printemps, mais c’est à cause du réchauffement climatique non ?

      allez expliquez moi à nouveau

      la banque inscrit la somme prêtée à l’actif, et crédite le compte de l’emprunteur au passif, qui dispose donc de la somme ?

      mais j’ai lu kekpar que les seules valeurs disponibles se trouvent à l’actif ?

      allez comprendre


      • JL JL 21 juin 15:09

        Lire La Monnaie entre violence et confiance Michel Aglietta

         

         « Pourquoi l’euro a-t-il suscité l’engouement des Français ? Pourquoi la parité du peso et du dollar a-t-elle déchaîné la violence des Argentins ? A ces questions, l’économie traditionnelle est en mal de réponses. Peut-être parce que la monnaie n’est pas uniquement un phénomène économique... Michel Aglietta et André Orléan montrent comment elle constitue la clé de voûte des sociétés humaines, comment elle les fait passer tour à tour de la violence mimétique à la confiance institutionnelle ; et comment son histoire depuis les temps les plus reculés est celle de la dissolution et de la constitution du lien social. Bref, qu’est-ce que la monnaie ? Pour Michel Aglietta et André Orléan, ce n’est pas un phénomène économique ; c’est beaucoup plus que cela, c’est, selon l’expression de Marcel Mauss, un fait social total. »

         7

        « 30 milliards, c’est la somme des gains encaissés par 100 courtiers qui ont parié sur la baisse de l’immobilier induite par les subprimes. 200 milliards, ce serait le total »perdu« par les banques à cause de cette même crise » (info radiodiffusée avant les 2000 mds d’euros selon France Inter ?). « Les marchés de la terre, du travail et de la monnaie sont sans aucun doute essentiels pour l’économie de marché. Mais aucune société ne pourrait supporter, ne fût-ce que pendant le temps le plus bref, les effets d’un pareil système fondé sur des fictions grossières, si sa substance humaine et naturelle comme son organisation commerciale n’étaient pas protégées contre les ravages de cette fabrique du diable ». (Polanyi, cité par M. Aglietta et A. Orléan in «  »La monnaie entre violence et confiance", éd. Odile Jacob).


        • foufouille foufouille 21 juin 17:21

          narticle ARCHI NUL.


          • Paul Jael 21 juin 21:41

            @foufouille
            Ne serait-il pas intéressant que vous développiez votre point de vue, avec quelques arguments peut-être...


          • foufouille foufouille 22 juin 19:26

            @Paul Jael
            ce serait du temps perdu et il ne m’en reste pas beaucoup.
            sorry man.


          • Paul Jael 23 juin 10:40

            @foufouille
            Quel courage !!!


          • Julot_Fr 22 juin 10:14

            tout sur la creation monetaire (aux usa) en une seule video bien expliquee

            https://www.youtube.com/watch?v=iFDe5kUUyT0


            • Eric F Eric F 22 juin 12:32

              Question sans arrière pensée : en quoi le « taux directeur » de la banque centrale influe-t-il sur les taux consentis par les banques privées, si celles-ci peuvent consentir les crédits sans passer par la banque centrale ?

              Question subsidiaire : comment les banques peuvent elles -comme actuellement- consentir des prêts à long terme à un taux inférieur à l’inflation actuelle, sans faire faillite ?


              • mimi45140 22 juin 20:04

                @Eric F
                Pour la question subsidiaire,il faut faire un crédit sur dix ans à 1% pour acheter, des conserves,des pâtes,des sardines,du miel et autres denrées non périssable à court terme,( je me pose la même question de crédits sur maisons surévalués à 1.5 % sur 20 ans ?)


              • Paul Jael 23 juin 10:35

                @Eric F

                1. Comme je l’écrivais, la création monétaire n’est pas totalement « ex nihilo » en ce sens que les banques commerciales doivent respecter divers ratios, notamment entre leurs liquidités et leurs prêts. Régulièrement, pour obtenir les liquidités leur permettant d’accorder de nouveaux prêts, elles sont amenées à céder des titres à la banque centrale. Cette opération se fait à un certain taux d’intérêt. Si ce taux est élevé, cela les dissuade de céder les titres et elles pourront prêter moins et elles le feront à un taux élevé. Si le taux de la banque centrale est bas, cela les incite à céder des titres pour accorder de nouveaux prêts qu’elles consentiront à des taux bas.
                2. Les banques ont déjà exprimé que la situation actuelle ne leur plaît pas. Mais les prêts qu’elles accordent se font encore et toujours à un taux d’intérêt plus élevé que les taux auxquels elles se financent chez leurs déposants et à la banque centrale. Elles tirent également des recettes de commissions perçues sur certaines opérations et des revenus de titres qu’elles détiennent. On constate également qu’elles diversifient leurs activités, notamment vers les assurances.

              • Hervé Hum Hervé Hum 24 juin 09:42

                Salut,

                Vous faites des déductions un peu rapide à mon sujet ! Mais ce n’est pas pour me déplaire.

                Voyons donc si votre jugement est fondé et lequel de nous deux maîtrise le mieux le sujet.

                Pour ce faire, je vous invite à lire cet article (mais qui fait suite à deux autres) et y apporter votre réfutation. Cela me semble honnête, parce qu’une partie de la réponse à votre critique s’y trouve suffisamment développé et donc argumenté.

                Attention, l’emploi de l’expression « monnaie de crédit » est sans doute mal choisi, car effectivement ; toute monnaie doit obligatoirement comporter la double partie, crédit-débit, car sans cela, elle n’a aucune valeur. Mais l’usage parlant de monnaie crédit ou monnaie dette d’ailleurs, je l’ai conservé. Ce qui est une erreur vis à vis de vous !


                • Paul Jael 24 juin 23:59

                  @Hervé Hum
                  La comparaison de la monnaie avec un « Ponzi » est injustifiée. Si tout le monde est incité à vendre des tupperwares, le moment viendra certainement où il n’y aura plus d’acheteurs. Pour que la masse monétaire se maintienne, il n’est pas nécessaire qu’il y ait toujours plus d’emprunteurs. Un encours de prêts constant soutient une masse monétaire constante. L’encours des crédits ne doit augmenter qu’en cas d’accroissement de la masse monétaire. Un tel accroissement est nécessité par la croissance économique. Cette dernière accroît simultanément le besoin de monnaie et le besoin de crédit qui permettra l’éclosion de cette monnaie.


                • Hervé Hum Hervé Hum 25 juin 07:36

                  @Paul Jael

                  Je pense que vous avez lu mon lien, car je n’écris pas le contraire sur le fait que la masse monétaire doit être adaptée aux besoins de l’économie et non l’inverse. J’écris d’ailleurs que la monnaie non thésaurisable ou monnaie dites de crédit ou dette, selon les personnes, est celle qui permet la meilleure gestion de la masse monétaire. Avec cette monnaie, on ne raisonne plus en terme de croissance, mais en terme d’équilibre économique et ce n’est plus la même chose.

                  Je ne compare pas la monnaie avec une cavalerie, mais la manière dont elle est utilisée dans le système capitaliste, qui est une cavalerie, qu’on appelle pour le coup ’croissance", mais interdit une économie de gestion raisonnable et impose une croissance continue, une cavalerie tant productiviste que monétaire en raison de l’intérêt bancaire, mais surtout en raison du taux de profit prélevé sur l’économie dites réelle. Plus ce taux est élevé, plus la cavalerie est forte et plus il est faible, moins elle est forte. La stabilité économique relative des années d’après guerre ne tient pas à la non séparation des banques de dépôt et d’affaire, mais à des circonstances favorables, liés à la reconstruction d’après guerre et à une forte innovation technique, l’avance technique des pays occidentaux, mais aussi, avec un taux de profit contrôlé par des prélèvements obligatoires élevés. Suffit juste pour s’en rendre compte de regarder la courbe d’évolution des impôts dans les pays occidentaux.

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