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Accueil du site > Actualités > Economie > Les grands lacs ne font pas les petits ruisseaux

Les grands lacs ne font pas les petits ruisseaux

Faut-il plus d'impôt ? "Oui", dit la gauche... "Non" dit la droite... Qui faut-il taxer ? "Les riches" dit la gauche... "Personne" dit la droite...

Et voilà tout ce qui nous sert de débat sur la fiscalité. On en oublierai que la fiscalité outre de rapporter des sous à l'état et aux collectivités (qui en ont grand besoin) peut servir à orienter les énergies dans le sens que l'on souhaite et à favoriser solidarité et justice sociale.

Comment ça va, la France ?

Pas très bien. La France qui réalisait plus de 18% des exportations de l'union européenne au début des années 90, ne compte plus que pour à peine plus de 12% aujourd'hui... Le manque à gagner a été compensé par le recours au crédit public et privé qui a soutenu l'économie, mais on voit bien que cette logique arrive à bout de souffle. Il n'y a que 2 options : se prendre le mur du surendettement sans solution de rechange : le prix à payer sera notre prospérité et notre système social ou relancer (tout de suite !) la production ; ce qui est d'autant plus difficile qu'il faut aussi trouver des recettes fiscales, car sinon on aura pris le mur avant d'avoir pu allumer les rétro propulseurs....

Quelle fiscalité ?

Il faut donc trouver un moyen de jouer sur des impôts qui ne pénalisent pas l'initiative, la production, la création et l'emploi...

Je pense qu'il existe deux grandes sortes d'impôt : ceux basés sur le patrimoine et ceux basés sur la création de richesse. C'est l'image du lac et du ruisseau : où faut-il aller chercher de l'eau ?

Je soutiens dans cet article l'idée suivante : les impôts basés sur le patrimoine pénalisent moins la production que ceux basés sur le travail et la création. Or, aujourd'hui, ce sont ces derniers qui fournissent le gros de la manne. Pis, les seconds ont été les plus touchés par les réformes fiscales entre 2007 et 2010 (bouclier fiscal, allégement des impôts sur les successions,...). 

Est-ce juste ?

Qu'est-ce qui est le plus juste ? Taxer celui qui est déjà riche ou taxer celui qui trime (et qui produit !) pour le devenir un peu ? 

Il y a qq années, des jeunes ont occupé un immeuble place des Vosges qui était inutilisé par sa riche propriétaire depuis 44 ans. Qui vaut-il taxer, cette femme qui ne fait rien de son bien immobilier ou le chercheur qui monte une entreprise de pointe ? Qu'est-ce qui est juste ?

Et finalement est-il juste de faire supporter les mêmes charges de solidarité fiscale à une famille qui gagne 4000 euro par mois mais qui doit payer 1500 euro de loyer (ou de crédit) et à celle qui a les mêmes revenus mais dont le patrimoine dispense de certaines charges ?

Concrètement

Plus efficace et plus juste les impôts sur le patrimoine pourrait être développés. A l'extrème, cela peut amèner quelques personnes à payer plus d'impôt que ce qu'ils n'ont de revenus. Mais comme ce seront des gens riches et improductifs qui seront dans ce cas, personnellement cela ne me dérange pas outre mesure ! 

Il faut soulager autant que possible les "créateurs", ce dont on a bien besoin pour relancer la production dans notre pays.

Quelles mesures ? 

F. Bayrou propose de créer une contribution de solidarité sur le patrimoine. Une petite révolution fiscale puisque la base de IRPP ne serait plus les seuls revenus mais aussi une petite fraction du patrimoine. Il introduit cela de façon très prudente avec un seuil élevé et un taux modeste. Mais il est le seul à proposer cette voie là. Cette mesure peut vraiment être le début d'une réorientation de notre fiscalité vers une forme plus moderne.

Personnellement, je pense qu'il faut -aussi- revenir sur les exonérations de droits de successions et étendre la base de l'impôt sur les plus-values immobilières, augmenter les taxes foncières. 

Je veux que la propriétaire de l'immeuble vide de la place des Vosges soit obligée de le louer à quelques entrepreneurs ou familles (ou à le vendre !) pour payer ses impôts !

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Grand Lac

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4 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 14 avril 2012 09:47

    Depuis des années, malgré les diminutions régulières des dépenses publiques, les suppressions de postes dans la fonction publique et les privatisations, le déficit budgétaire s’amplifie sans cesse. En fait, ce déficit s’accroit au rythme des baisses d’impôts successives accordées à ceux qui pourraient pourtant facilement s’en acquitter .....................
    http://2ccr.unblog.fr/2012/03/21/vive-limpot/


    • Cyril Lanas 15 avril 2012 13:56

      Je vous remercie de votre réaction. 


      Vous notez justement la volatilité des prix des élèments constitutifs du patrimoine des français, en premier de l’immobilier, qui en constitue la plus large part.

      Je considère que cette volatilité n’est pas une bonne chose à long terme. Les hausses de prix déplace une part exessive de l’énergie de la nation vers ce secteur, la chûte qui s’ensuit peut provoquer de graves crises (cf Espagne).

      Les pouvoirs publics doivent à mon sens participer à la régularisation de ce marché, c’est à dire lutter contre les hausses et les baisses excessives. C’est d’ailleurs exactement le contraire qu’à fait létat français ces dernières années.

      Un autre avantage de la fiscalité du patrimoine, c’est qu’elle contribue à cette régularisation. En effet en période de hausse des prix, la tendance des propriétaires est de conserver son bien, même si sa rentabilité ou son utilité est faible car il espère bénéficier de plus-values. Si les impôts augmentent en même temps que les prix, cela incitera les propriétaires à se défaire de leurs biens pour réinvestir dans des secteurs que le législateur aura exclu du champs de cet impôt (par exemple le capital des PME innovante).

    • Karash 15 avril 2012 00:04

      @l’auteur


      Je me suis récemment mis à penser exactement de la même façon, sans référence 
      au programme de Bayrou ou autre.

      Il est effectivement complètement abherrant, sinon du point de vue pratique pour la collecte de l’impôt que l’état ponctionne l’activité économique et non la richesse accumulée. En fait, les raisons sont surement très simples si on considère les intérêts de l’hyperclasse qui domine les politiques depuis la révolution Française ( avec un maigre répit sous de Gaulle ... ) 

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Lyric


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