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Accueil du site > Actualités > Economie > Marx sauvera-t-il le capitalisme ? (part I)

Marx sauvera-t-il le capitalisme ? (part I)

Marx, un "génie novateur"
 
En écrivant son ouvrage clé « Das Kapital » (Le Capital publié en 1867), Karl Marx n'a pas simplement « révolutionné » la pensée, il a fondé une nouvelle « religion ».
Le rationalisme est donc devenu le père, le matérialisme le fils, et le contrôle de l'état le Saint Esprit, la trinité revisitée.
« Toucher » au grand Marx, prophète de la vérité, est donc devenu un « blasphème » et personne n'ose faire le bilan (avant liquidation) du marxisme.
Pourtant, pour ceux qui n'ont pas encore compris ce qu'est la dialectique, après avoir eu le capitalisme (la thèse) et le socialisme (l'antithèse) nous aurons bientôt la synthèse : le capitalisme centralisé régulé.

Plonger au coeur de la pensée de notre « grand génie novateur » est donc devenu indispensable.

Marx est un penseur à part, cependant, il s'inscrit au sein d'une grande chaîne d'intellectuels. En effet, sans Descartes (rationalisme), Spinoza (matérialisme), Hégel (dialectique), Feuerbach (athéisme), Comte (Sociologie), Smith (baisse tendancielle du taux de profit), Ricardo (théorie de la valeur travail) et surtout Lamennais, le véritable "père" de la lutte des classes, la pensée marxiste serait réduite à peau de chagrin.

 
Il existe en effet un grand secret qu'il faut désormais dévoiler, la lutte des classes n'est pas un concept marxiste mais chrétien.
Lorsque le prêtre Félicité Robert de Lamennais écrivit le Livre du peuple en 1837, c'est à dire huit ans avant les premiers manuscrits de Marx (1844), il suscita un tollé général.
Dans cet ouvrage, il définissait les deux concepts cultes attribués faussement à Karl Marx : le prolétaire et la lutte des classes.
 
Lamennais écrivait ainsi aux pages 17 et 18 de son livre phare :
« Les prolétaires, ainsi qu'on les nomme avec un superbe dédain, affranchis individuellement, ont été en masse la propriété de ceux qui règlent les relations entre les membres de la société, le mouvement de l'industrie, les conditions du travail , son prix et la répartition de ses fruits. Ce qu'il leur a plu d'ordonner, on l'a nommé loi, et les lois n'ont été pour la plupart que des mesures d'intérêt privé, des moyens d'augmenter et de perpétuer la domination et les abus de la domination du petit nombre sur le plus grand.
Tel est devenu le monde lorsque le lien de la fraternité a été brisé. Le repos, l'opulence, tous les avantages pour les uns ; pour les autres la fatigue, la misère et une fosse au bout.
Ceux-là forment, sous différents noms, les classes supérieures, les classes élevées ; de ceux-ci se compose le peuple
. »
Source : Lamennais - Le livre du peuple
 
Plus intéressant encore, Lamennais fut le premier à aborder, à la page 28 de son ouvrage, le concept de lutte des classes, ce qui lui valut un procès retentissant.
 
« Toute domination implique des classes distinctes, par conséquent des privilèges, par conséquent un assemblage d'intérêts qui se combattent. »
Elias Régnault dans son ouvrage Procès de M.F. Lamennais devant la Cour d'assises, à l'occasion d'un écrit publié en 1841, précisait à la page 24, le contenu du réquisitoire contre Lamennais :
"Le réquisitoire avait relevé le délit de provocation à la haine entre les diverses classes de citoyens."
Puis, plus loin sur la même page expliquait :"Lamennais avait décrit la lutte des classes qui est devenue la persistante inquiétude de la législation."
 
 
Source : Elias Régnault - Procès de Lamennais
 

Pourquoi a-t-on attribué la paternité de la lutte des classes à Karl Marx ?

En fait, cela arrangeait tout le monde. L'église qui se retrouvait dans une position délicate, l'élite financière qui percevait le danger d'une condamnation s'appuyant sur la religion et surtout, les philosophes et intellectuels de l'époque qui refusaient toute légitimité à la pensée religieuse. Humour noir au carré, l' insurrection théologique de Lamennais est devenue la théologie de l'insurrection marxiste.

Ludwig Andreas Feuerbach (1804 – 1872) écrivait au même moment (en 1841), L’Essence du christianisme, un ouvrage qui scella le refus complet et total de toute religion.
Le matérialisme qui affirmait qu'en dehors de la nature et des hommes, il n’y avait rien, avait vaincu.
Il est intéressant de noter que le matérialisme qui refusait la religion devint lui-même une religion...
 
Le philosophe Friedrich Engels indiquait l'impact de Feuerbach sur la pensée de Marx dans son ouvrage Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande publié en 1888  :
« C’est alors que parut L’Essence du christianisme de Feuerbach. D’un seul coup, il réduisit en poussière la contradiction en replaçant sans détours le matérialisme sur le trône. »
« L’enthousiasme fut général : nous fûmes tous momentanément des « feuerbachiens ». On peut voir en lisant La Sainte Famille, avec quel enthousiasme Marx salua la nouvelle façon de voir et à quel point — malgré toutes ses réserves critiques — il fut influencé par elle. »
 
Pour Feuerbach, la principale aliénation de l'homme était de croire en Dieu. On comprend mieux l'origine de la phrase (dont on supprime systématiquement celle venant avant car le sens en serait modifié)  : "La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans coeur, comme elle est l'esprit des conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple."

Donc, les concepts de prolétariat et de lutte des classes appartiennent à un prêtre, Félicité Robert de Lamennais. Les livres d'histoire doivent désormais être modifiés.
Il reste cependant la grande loi de la baisse tendancielle du taux de profit, une loi qui prouve selon les marxistes que le système capitaliste est condamné.
A l'image du concept de lutte des classes, la baisse tendancielle du taux de profit n'est pas une idée de Marx. Elle appartient en effet au philosophe et économiste Adam Smith (1723–1790).
 
Dans son ouvrage clé Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Volume 1 publié en 1776, Adam Smith écrivit à la page 179 :
 
«  L’accroissement des capi­taux qui fait hausser les salaires, tend à abaisser les profits. Quand les capitaux d’un grand nombre de riches commerçants sont versés dans la même branche de commerce, leur concurrence mutuelle tend naturellement à en faire baisser les profits ; et quand les capitaux se sont pareillement grossis dans tous les différents commerces établis dans la société, la même concurrence doit produire le même effet dans tous. » 

Il précisait à la page 193 :
« Dans un pays qui aurait atteint le dernier degré de richesse auquel la nature de son sol et de son climat et sa situation à l'égard des autres pays peuvent lui permettre d'atteindre, qui par conséquent ne pourrait parvenir au-delà, et qui n'irait pas en rétrogradant, les salaires du travail et les profits des capitaux seraient probablement très bas tous les deux. Dans un pays aussi pleinement peuplé que le comporte la proportion de gens que peut nourrir son territoire ou que peut employer son capital, la concurrence, pour obtenir de l'occupation, serait nécessairement telle que les salaires y seraient réduits à ce qui est purement suffisant pour maintenir le même nombre d'ouvriers, et le pays étant déjà pleinement peuplé, ce nombre ne pourrait jamais augmenter. »
On le voit encore ici, la baisse tendancielle du taux de profit n'appartient pas à Karl Marx. Cependant, il y a plus intéressant.
L’économiste Philippe Simmonnot a ainsi réfuté cette théorie. La démonstration est sur mon blog.

 


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41 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 22 janvier 2013 09:36

    À l’auteur :
    1)
    Marx sauvera-t-il le capitalisme ?
    Non !
    2)
    après avoir eu le capitalisme (la thèse) et le socialisme (l’antithèse) nous aurons bientôt la synthèse : le capitalisme centralisé régulé.
    Cette voie n’est pas inéluctable !


    Depuis plus de 160 ans, Karl Marx fourvoie le prolétariat, de manière criminelle, en le focalisant sur la lutte des classes (éradication de la bourgeoisie) et la possession prolétarienne des moyens de production.

    Aujourd’hui encore, la situation semble lui donner raison puisque le capital boursier mondial, d’environ 36.000 milliards d’Euros, est majoritairement détenu par une minorité de « nantis ».

    Toutefois, il est vain d’espérer une plus juste répartition des moyens de production par des nationalisations, voire des révolutions. Cela a déjà été fait avec les tristes résultats que chacun connaît...

    Puisque le capital boursier mondial est en permanence disponible à la vente et à l’achat, pour que le prolétariat, les « démunis », puisse accéder à la possession des moyens de production, la solution la plus simple consisterait à produire un effort soutenu d’épargne et d’investissement à long terme afin d’acheter ce capital financier des entreprises, banques incluses, et parvenir à l’Acquisition collective et citoyenne du Pouvoir Économique.

    Bon ou mauvais, le système financier actuel est contrôlé par les actionnaires des banques.

    Les autorités politiques pourraient nationaliser toutes les banques, avec ou sans indemnisation partielle ou totale des actionnaires (en en assumant toutes les conséquences).

    Mais, la gestion calamiteuse d’entreprises ou/et de banques par des politico-technocrates a déjà été expérimentée dans le passé.

    Pour contrôler et réguler le système financier, il convient d’acquérir, collectivement, des minorités de blocage ou/et la majorité absolue au sein du capital des banques.

    Le financement nécessaire ne saurait être constitué que par l’épargne d’une association des citoyens-électeurs-contribuables.

    En ces temps de crise, on ne cesse de parler de déficits budgétaires, de dette, d’inflation, de réduction des charges, d’augmentation des impôts, et cætera...
    Parmi nos « élites », il n’y a personne pour prononcer ce qui semble être LE gros mot absolu : ÉPARGNE ! ! !
    Pourtant, que ne pourrait-on faire avec de l’ÉPARGNE ? ? ?...

    Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

    Ce projet de « Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel par l’Épargne » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

    Objectif Principal :
    Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique en vue de la « Refondation du Capitalisme ».

    Objectifs Spécifiques :
    I)
    Transformer le « capitalisme ordinaire » en un authentique Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
    II)
    Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage ainsi que celui de la « lutte des classes ».



    • JL JL 22 janvier 2013 10:16

      Marre de ce tract que Llabrés dépose systématiquement sur tous les articles de ce genre, sans même les lire. Cela fait plus de cent fois que je le dis.


    • Dwaabala Dwaabala 22 janvier 2013 09:55

      Après la thèse et l’antithèse, voici la foutaise : la sempiternelle réfutation de Marx.
      C’est à la philosophie matérialiste et aux sciences sociales ce qu’est la critique créationniste du darwinisme.


      • JL JL 22 janvier 2013 10:23

        Bonjour Dwaabala,

        jolie formule.

        Et pour rester dans le ton, c’est aussi les coups de boutoir régulièrement assénés à la théorie psychanalytique par la génétique néolibérale et la psychopharmacologie.

        Onfray en est l’un des plus verbeux agresseurs.


      • Dwaabala Dwaabala 22 janvier 2013 10:47

        à JL.
        Oui, P. Changeux paraît plus sérieux dans l’approche.


      • JL JL 22 janvier 2013 10:16

        Bonjour Gilles Bonafi,

        à propos du matérialisme, il est à noter que ceux qui ne possèdent rien sont appelés les matérialistes, cependant que ceux qui possèdent tout sauf le cœur se présentent comme libéraux, quand ce n’est pas humanistes !

        Au sujet du concept de la baisse tendancielle du taux de profit, qui prouverait selon les marxistes que le système capitaliste est condamné :

        Je crois hélas, que le capitalisme financier est le moyen - avec l’obsolescence accélérée - qu’a trouvé le capital pour dépasser cette loi. Et les crises actuelles sont davantage les velléités de la société dans son ensemble qui ne veut pas crever que les derniers soubresauts du capital.

        Pour la réfutation de cette loi, j’irai voir sur votre blog.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 22 janvier 2013 10:24

          Bonjour GB,

          « Lorsque le prêtre Félicité Robert de Lamennais écrivit le Livre du peuple en 1837, il suscita un tollé général. » « Toute domination implique des classes distinctes, par conséquent des privilèges, par conséquent un assemblage d’intérêts qui se combattent. » Raciste, et probablement antisémite car il n’y a que deux classes, le peuple élu et les impurs !

          « Il est intéressant de noter que le matérialisme qui refusait la religion devint lui-même une religion... » Il est aussi intéressant de noter comme la démocratie tourne au totalitaire...Et comme ce sont les branleurs de père en fils qui prônent le plein emploi...


          • JL JL 22 janvier 2013 10:33

            Lisa Sion,

            « ce sont les branleurs de père en fils qui prônent le plein emploi. »

             ??? Vous avez vu ça où ?

            Si je voulais trouver un sens à votre formule, je dirai que les branleurs de père en fils sont les héritiers. Et ceux là ne savent même pas de quoi l’on parle.

            Au sujet du plein emploi, je vous renvoie aux travaux de Pierre Larouturou et Michel Rocard : il n’est pas normal ni acceptable que ceux qui travaillent soient exploités jusqu’à l’os, et ceux qui n’ont pas de boulot reçoivent des aides qui leur permettent de mieux s’en sortir que les travailleurs pauvres.

            Pour ce qui est des branleurs, je vous renvoie aussi à tous ceux qui réclament à cor et à cri un revenu universel. Une société à trois classes donc : les esclaves, les veaux et les maîtres.


          • Robert GIL ROBERT GIL 22 janvier 2013 10:57

            d’apres Keyne, le capitalisme est le seul système possible. Il n’y en a pas d’autre ! Rien, même les crises qu’il traverse ne peut le remettre en cause. Pour Marx, la propriété privée du capital soumet le système à une logique interne qui devient insoutenable à un moment donné de son évolution...et entraine sa chute.

            voir : LES GRANDES THEORIES DU CAPITALISME


            • Jean-Fred 22 janvier 2013 11:14

              Je suis en train de lire le Capital de Karl Marx et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est le premier à identifier les origines de la lutte des classes, mieux il a réussi à unifier des théories qui semblaient incompatibles entre elles.

              Même s’il n’est pas le premier à avoir parlé de la lutte des classes, il est bien le premier à établir une théorie économique globale qui tient compte de nombreux paramètres (sociologique, mathématique et philosophique).

              Marx a déjà sauvé à de nombreuses reprises le capitalisme car il livre les secrets de l’économie de marché. Les prolétaires auraient bien fait de s’approprier sa théorie mais il s’est produit l’effet inverse.
              Il ne se passe pas à un jour où les lois établies par Marx ne soient pas utilisées par le grand Capital.

              J’espère un jour avoir le temps d’expliquer aux lecteurs d’Agoravox les théories de Marx.


              • Gilles Bonafi 22 janvier 2013 11:43

                @Jean-Fred

                Vous avez raison, Marx a identifié les carences du système et c’est un de ses grands mérites.
                Le système tente de survivre en récupérant une partie de ses idées et Marx deviendra le plus grand réformateur du capitalisme.
                Paradoxal non !

                Marx n’a jamais été économiste et, désolé, mais sa pensée économique doit tout à Smith et surtout Ricardo. Par contre, son analyse et sa synthèse critique sont excellentes en dehors de la baisse tendancielle du taux de profit totalement réfutée par Simmonnot.


              • Jean-Fred 22 janvier 2013 12:06

                Je n’ai pas terminé le livre I, je ne peux donc pas savoir s’il parle de la fin du capitalisme à cause de la fin des profits.

                Je sais par contre que Smith prédit la fin des profits dans un système purement libéral, on parle de concurrence pure et parfaite, bref, un système qui n’existe qu’en théorie.

                J’ai lu par contre « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme » de Lénine et il est ici nullement question de la fin du capitalisme par la baisse du profit. Bien au contraire, il explique clairement comment le capital ne fait qu’accroitre le profit.

                Avez-vous une source bien vérifiable indiquant que Marx prédit la fin du capitalisme à cause de la baisse du profit ?


              • sophonie 8 janvier 2017 05:44

                @Gilles Bonafi
                La théorie de Marx ne doit pas tout à Smith et Ricardo. La la théorie de la valeur-travail de Marx diffère très sensiblement de celle de Ricardo. Chez Ricardo, elle était vue comme une loi économique naturelle. Chez Marx, cette loi n’existe que dans la société capitaliste, et c’est pourquoi elle n’aura plus cours dans la société communiste. Marx étudie les rapports économiques comme historiquement déterminés, contrairement aux économistes classiques. D’autre part, sa théorie de la valeur est rattachée à l’analyse du procès de production. Il affirme donc avoir découvert derrière la dualité de la valeur la dualité du travail , qui se présente comme travail abstrait et concret. Cette thèse est absente des oeuvres de Ricardo qui contrairement à Marx ne cherche pas à découvrir les lois économiques à partir du procès de production. Enfin, Ricardo n’a pas assez développé sa théorie de la valeur pour voir tous les problèmes qu’elle impliquait. Marx, par son analyse détaillée, montre que la théorie de la valeur n’est pas vraie dans le cadre de la société capitaliste mais qu’elle n’en exprime qu’un rapport déterminé. La théorie de la valeur vaut dans le cadre de la production immédiate du procès de production, non dans les rapports concrets, développés de la société capitaliste, dans les prix réels. Ceci est expliqué au début du chapitre 3, quand il est question de la différence entre valeur et prix de production. 

                Ricardo n’a pas non plus développé la même théorie de la plus-value que Marx. Certes, Marx s’est inspiré des ricardiens de gauche (et pas de Ricardo lui-même) mais les ricardiens de gauche eux-mêmes n’avaient pas développé la notion de force de travail et exposé la théorie de la détermination de la valeur de cette force de travail.
                La théorie de la rente de Marx reprend en partie celle de Ricardo, mais elle l’approfondit en montrant que la culture des terrains défrichés ne signifie pas forcément une augmentation du coût de production des denrées agricoles.
                La théorie monétaire est bien différente. Marx se moque de Ricardo qui voulait imposer à la banque d’Angleterre un rapport minimum entre la quantité de monnaie émise et son stock d’or. Il montre l’échec de cette législation et dit que la quantité de monnaie en circulation n’est déterminée que par les besoins de la circulation.
                Par ailleurs, Marx avait une connaissance encyclopédique des économistes, comme Smith, Ricardo Destutt de Tracy, Mill, Say, Tooke ou Senior, qu’ils s’attache à réfuter avec sérieux. Il a étudié en plus très attentivement les faits économiques, les mouvements boursiers, l’évolution des stocks d’or de la banque d’Angleterre, la législation sur l’activité économique et ses conséquences... Il a établi la distinction désormais célèbre entre la sphère d’activité qui produit les biens de consommation et celle qui produit les moyens de production, distinction reprise par Keynes par exemple. Ses théories représentent une tentative de compréhension globale des faits économiques. Je ne vois pas en quoi on peut lui dénier sa qualité d’économiste. 
                Quant à la réfutation de SImmonnot elle n’aurait pas fait sourciller Marx lui-même. Elle relève d’une méconnaissance de l’oeuvre de Marx et d’une incompréhension de son concept de profit. D’ailleurs elle ne vise pas tant la loi de baisse tendancielle que la notion de profit lui-même. Il ne faut pas se laisser abuser par une formalisation du reste très sommaire.Pou résumer l’idée de Simmonnot, selon lui, la théorie de Marx implique que la composition organique du capital modifie le taux de profit or dans le cadre de concurrence pure et parfaite qu’étudie Marx, la composition organique du capital ne peut déterminer le profit. Mais ce serait vrai si, pour Marx, les prix étaient déterminés par la loi de la valeur-travail, ce qui n’est pas le cas. Avant d’énoncer la loi tendancielle du taux de profit il introduit le concept de profit moyen. Le profit dans une branche de production est déterminé par la composition organique moyenne du capital dans toutes les branches, non par la composition organique réelle dans la dite branche. Je ne développe pas plus avant, tout ceci est très bien expliqué au début du livre 3 du capital. 

              • Gilles Bonafi 22 janvier 2013 11:32

                Que cela plaise ou non, Marx n’a rien inventé.
                Essayez de trouver un concept qui n’appartienne qu’à lui. J’invite tout le monde à tenter d’en trouver un seul.
                Le problème n’est pas là, cette étude est une introduction à ce qui va suivre.
                Le capitalisme est à l’agonie car toute sa base théorique est basée sur des idées fausses. La concurrence libre et parfaite n’existe pas et l’équilibre général non plus.
                Le système s’effondre car on ne peut plus produire à outrance, nous avons atteint le point de rupture. Face à cela le marché, pour survivre doit transférer à l’état les mécanismes de régulation. Socialiser les pertes et privatiser les profits pour résumer.
                L’exemple socialiste chinois est une merveille de répartition des richesses avec un coefficient de Gini proche de 0,7 pire qu’à l’époque féodale.

                http://gillesbonafi.blogspot.fr/2013/01/chine-la-fin-du-mythe-egalitaire.html

                Le plus drôle, c’est que le combat gauche/droite est basé sur du vent et nous serons tous « régulés » bientôt au profit des fameux 0,1%..

                Blague russe : « Tout ce qu’on nous a dit sur le communisme était faux, mais tout ce qu’on nous a dit sur le capitalisme était vrai. »

                La preuve en image :

                http://gillesbonafi.blogspot.fr/2013/01/capitalisme-et-communisme-par-milton.html


                • Jean-Fred 22 janvier 2013 11:54

                  « Que cela plaise ou non, Marx n’a rien inventé. »

                  Que cela vous plaise ou non, un inventeur, cela n’existe pas car les lois existent déjà et ne demandent qu’à être découvertes.

                  Alors oui Marx n’a rien inventé, mais il est le premier à avoir unifié les lois économiques qui régissent l’économie de marché, c’est humm CAPITAL !!

                  Pour reprendre Sartre dans son livre « Le Diable et le bon Dieu » :
                  - Je détruirai cette ville
                  - Et pourquoi ?
                  - Parce que c’est mal
                  - Et pourquoi faire le mal ?
                  - Parce que le bien est déjà fait
                  - Qui l’a fait ?
                  - Dieu, moi j’invente


                • politzer politzer 23 janvier 2013 07:59

                  Bonjour

                  « Marx n a rien inventé » ? laissez moi rire et lisez le si vous en avez le courage au lieu de débiter des sottises ; Marx en effet a déclaré que ce n est pas lui qui a découvert la lutte des classes ni la lutte qu’elles se livrent , il le dit en toute lettre . C est pas un scoop ! vous ne faites qu enfoncer une porte ouverte mais la malveillance , autrement dit votre anti marxisme primaire vous fait prendre vos désirs pour la réalité , 1er point. Voici ce que Marx a découvert pour votre édification :a) le« mystère révélé » de la plus value b) que la lutte des classe conduit inéluctablement à la « dictature du prolétariat » - prendre le terme au sens grec ou romain ! C’est tout  ! Quant à Lénine immense lecteur du Capital et seul penseur à avoir compris à fond ( il faut avoir lu la « grande logique de Hegel » pour comprendre cet ouvrage , dixit Lénine) ce monument de la pensée scientifique de l’Histoire, il déclara à un contradicteur que Marx n avait pas dit l’alpha et l’omega mais seulement jeté les fondations de cette science historique. Marx a d’ailleurs précisé que cette issue à la lutte pouvait fort bien se terminer par la destruction mutuelle des protagonistes comme cela est déjà arrivé dans l’Histoire . Mais pour comprendre ça il faut faire plus que lancer de sots anathèmes et faire un gros effort intellectuel : pas pour les paresseux qui manient mieux l’insulte que les arguments . De nombreux ouvrages d’économistes bourgeois qui le lisent ou le relisent valident les thèses marxiste actuellement . Par exemple P.Artus directeur de recherche à la Caisse des Dépôts « Marx is back » où il montre qu en effet le système capitaliste doit accroître le chômage pour maintenir le taux de profit .On pourrait en citer des dizaines tant le besoin de comprendre les ressorts de ce systèmes pourri conduit les moins favorables à l’économie planifiée , dirigée, maîtrisée à chercher dans le Capital des réponses à leurs interrogations. Les déclamations arrogantes pédantes et prétentieuses sont une goutte d’eau dans l’océan de la pensée économique.


                • taktak 22 janvier 2013 12:07

                  Votre critique de Marx est étonnante, rien que par le fait qu’elle arrive à ne pas le citer et à ne rien résumer des concepts qu’elle veut critiquer.

                  Si l’on en revient au Capital, il ne me semble pas que la baisse du taux de profit tel que vous l’entendez a grand chose à voir avec ce que décrit Marx....
                  http://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_12.htm

                  Vos lecteurs peuvent à la lumière de cette simple comparaison se faire une idée de la portée de votre critique...


                  • Gollum Gollum 22 janvier 2013 12:25

                    Il existe en effet un grand secret qu’il faut désormais dévoiler, la lutte des classes n’est pas un concept marxiste mais chrétien.


                    Non c’est un concept satanique. Capitalisme et Marxisme sont les deux faces de la même médaille, celle du matérialisme, fille des Lumières et de son rationalisme.

                    La société autrefois comportait 4 castes : celle des guerriers a été anéantie le 22 septembre 1792, début de l’an I de la République puis le 22 janvier (joyeux anniversaire.. smiley) 1793 où le Roi, oint, fut tranché...

                    Il reste encore la caste des Prêtres (plus pour longtemps) mais sans influence aucune sur la société désormais.

                    Ces deux castes correspondant aux Brahmanes et Ksatryas de l’Inde correspondent au spirituel. La montée du matériel a fait donc que n’existent plus que la bourgeoisie ploutocratique et la caste des exploités. La logique quaternaire qui prévalait a laissé la place à une logique binaire du conflit qu’illustre la dialectique marxiste..

                    • Gilles Bonafi 22 janvier 2013 12:58

                      Les marxistes connaissent très mal Marx et la plupart n’ont pas lus ses écrits.
                      La baisse tendancielle du taux de profit est un des piliers de son analyse.
                      Elle est ici :

                      K. Marx Le Capital - Livre III

                      Le procès d’ensemble de la production capitaliste

                      § 3 : Loi tendancielle de la baisse du taux de profit

                      Chapître XIV : Facteurs antagonistes

                      http://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_13.htm


                      • Dwaabala Dwaabala 22 janvier 2013 13:09

                        « La baisse tendancielle du taux de profit est un des piliers de son analyse. »
                        Absolument faux. 

                        S’il fallait définir le pilier de l’analyse du Capital, il faudrait commencer par mentionner la théorie de la plus-value, dont, sauf erreur, il n’est pas question dans cet article.

                        La question de la baisse du taux de profit, irréfutable, n’est traitée que dans le Livre III.


                      • Dwaabala Dwaabala 22 janvier 2013 14:45

                        à l’auteur.

                        Vous critiquez au fond ce que certains attribuent faussement à Marx pour en déduire que Marx n’a rien inventé, à défaut d’avoir tout faux.
                        Vous vous braquez sur la lutte des classes, en attribuant sa découverte exclusive à Lammenais.
                        C’est faux.
                        L’idée est apparue au XIXe siècle chez les historiens libéraux français de la Restauration, François Guizot, l’initiateur, Augustin Thierry, Adolphe Thiers et François-Auguste Mignet, auxquels Karl Marx l’a emprunté[1].


                        • soi même 22 janvier 2013 15:45
                          Marx sauvera-t-il le capitalisme ?

                          La réponse est non, pourquoi ? c’est qu’il n’a pas prit en compte une donner fondamentale d’une réalité de notre époque, et que l’on ne peut pas avoir un point de vue novateurs, si l’on tiens pas compte de la part humaine d’être social et antisocial à la fois.

                          Le fait que cela est complètement absent de la pensé de Marx, il ne peut d’afficher un règlement dualiste de la question économique, donc opposé d’une réaction frontal, et en aucun cas une proposition qui pourrait déboucher sur dialogue économique.

                          Marx est l’apôtre du Grand Soir. et les résultats montrent son incompétence et sa nocivité de sa théorie.



                          • spartacus spartacus 22 janvier 2013 16:21
                            Marx= Don Quichotte.

                            Pour Marx, le capitalisme n’était plus un moteur de progrès économique et serait englouti par une crise finale qu’il voyait toute proche. 

                            L’échec du marxisme et son analyse critique du capitalisme n’aura pas été un moins cuisant échec que celui de la révolte de Don Quichotte contre les moulins à vent. 

                            Les crises économiques, pour nombreuses et profondes qu’elles soient, ne réussissent jamais à jeter le capitalisme dans les poubelles de l’histoire. 

                            D’autre part, n’en déplaise à Marx, on ne compte plus le nombre de bouleversements technologiques engendrés par le système qui le fait perdurer. 

                            Il suffit de regarder le chemin parcouru depuis l’automatisation de la production par Henry Ford jusqu’aux transformations apportées par Silicon Valley pour comprendre que l’inventivité du capitalisme, contrairement aux vociférations de Marx, le Capitalisme n’est pas prêt de s’essouffler.

                            Le marxisme par contre finira dans la poubelle de l’histoire comme utopie du 20 et 21eme siècle. 

                            • escoe 22 janvier 2013 17:06

                              > D’autre part, n’en déplaise à Marx, on ne compte plus le nombre de 

                              > bouleversements technologiques engendrés par le système qui le fait perdurer. 

                              Vous devriez au minimum lire le Karl Marx d’Attali, ca vous éviterait de dire strictement le contraire de ce que Marx disait sur le développement des forces productives.

                            • escoe 22 janvier 2013 17:01

                              > Pourquoi a-t-on attribué la paternité de la lutte des classes à Karl Marx ?


                              Qui est ce « on » ?

                              • soi même 22 janvier 2013 17:17

                                Pour la raison que c’est lui qui la formuler comme la seul alternative pour passé dans une autre économie.

                                "L’histoire de toute société jusqu’à nos jours
                                n’a été que l’histoire de la lutte de classes."
                                Karl Marx et Friedrich Engels - « Manifeste du parti communiste » - 1848

                                Comme il est à l’origine de ceux beau mot d’ordre qui se révèle être une rivière de sang.

                                « Définition de Dictature du prolétariat
                                Origine : expression employée par Karl Marx.

                                Dans la doctrine marxiste, la dictature du prolétariat est la première étape de l’évolution de la société vers le socialisme, en remplacement des régimes capitalistes, appelés dictatures de la bourgeoisie. Pour renverser la classe dominante qui détient tous les pouvoirs (économiques, politiques), la classe des travailleurs (le prolétariat) doit dans un premier temps s’emparer de tous les pouvoirs. Le prolétariat est, en effet, le moteur de l’Histoire et le moyen de transformation de la société car c’est sur lui que repose l’économie.

                                Le pouvoir des prolétaires s’exerce sous la forme d’un Etat ouvrier qui prend les mesures nécessaires, y compris coercitives, pour transférer les moyens de production de la bourgeoisie au prolétariat. Lorsque la société est devenue sans classes, cette phase transitoire prend fin et laisse la place au communisme intégral. »

                              • soi même 22 janvier 2013 21:54

                                J’invente rien, c’est une citation du capitale, vous deviez vous en prendre aux éditeurs d’avoir déformés la pensé de Marx.


                              • soi même 23 janvier 2013 10:24
                                « Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !  » de Karl Marx « Les individus ne constituent une classe que pour autant qu’ils ont à soutenir une lutte commune contre une autre classe ; pour le reste, ils s’affrontent en ennemis dans la concurrence.  » de Karl Marx« Ce n’est pas la conscience des hommes qui déterminent leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience.  » de Karl MarxMarx et la lutte des classes : 

                                - “L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes”

                                - “Une idée devient une force lorsqu’elle s’empare des masses”

                                - “Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience”

                                Si cela n’est pas l’appel à la lutte des classes , c’est quoi alors ? 

                                Un chat et un chat, il ne faudrait arrête de nous faire prendre de Marx pour un rêveur inoffensif.

                                ceux qui l’ont lues ne ses sont pas trompées sur ses intentions belliqueuses.


                              • soi même 24 janvier 2013 17:51

                                Et bien comme finalité, je suis contre, pour la raison que nous avons rien à y gagné avec cette lutte des classes.
                                Il y a d’autre moyen de faire que de passé par le Marxisme.

                                .


                              • soi même 24 janvier 2013 20:07

                                je ne vois pas ce qui à affaire mon QI, par contre je voie dire non, le naturel revient au galop.
                                Franchement si tu en es nostalgique, la Corée du Nord c’est pas mal comme idéal.
                                Heureusement que Marx et compagnie passe de mode, on a plus important à faire que prendre la tête avec un bourgeois décadent payé par l’oligarchie financiére de Londres.


                              • Gilles Bonafi 22 janvier 2013 19:13

                                La fameuse Loi de la plus-value n’est pas marxiste, encore un mythe qui s’effondre !
                                C’est Proudhon qui l’a développée en 1840 dans son livre Qu’est-ce que la propriété ?
                                Continuez à chercher vous ne trouverez rien de novateur sauf un très bon esprit de synthèse.

                                Par contre dire que tout est matière et que tout ce qui est de l’ordre de l’esprit n’existe pas relève de la foi. Pour affirmer, il faut prouver et c’est ici qu’est la faille. C’est pourquoi le marxisme est une religion puisqu’elle affirme ce qu’elle ne peut pas prouver.

                                En ce qui concerne Marx, je remets juste les pendules à l’heure, rien de neuf, juste un bon esprit de synthèse ce qui n’enlève rien à ses qualités de penseur.

                                Mais « toucher » au grand Marx c’est insulter dieu lui-même.


                                • politzer politzer 23 janvier 2013 08:09

                                  ah Proudhon serait le découvreur de la plus value ? Veuillez me citer le texte svp ce scoop a dû m échapper lors de ma maîtrise sur Marx et Proudhon . J attends donc avec impatience ce que notre « savant » qui du haut de sa chaire juge que Marx est « un grand esprit de synthèse ! »LOL va nous révéler ! vite le texte et pas de confusion entre la théorie de la valeur travail de Ricardo svp et celle de la plus value . Je pécise pour gagner du temps !


                                • Norbert 22 janvier 2013 21:24

                                  @ Gilles Bonafi
                                  Prenez n’importe quelle idée, la relativité par exemple, ce n’est pas Einstein, Non,  ce n’est pas Poincaré, c’est Galilée,…. on peut  remonter jusqu’à Zénon qui a (peut-être) été le premier à critiquer la notion de mouvement absolu allant jusqu’à évoquer l’existence d’une vitesse limite. Les idées ont une histoire et se développent comme les être vivants.  

                                  Marx n’a jamais dit que ce qui est de l’ordre de l’esprit n’existe pas mais (et ce n’est pas le premier) il soutient la primauté de la matière sur l’esprit.

                                  Le solipsisme est irréfutable du point de vue de la pure logique formelle. Donc ne pas être solipsiste relèverait aussi de la foi selon votre conception. Mais la logique formelle n’est qu’une petite partie de nos moyens de connaître. Du point de vue du rasoir d’Ockham, le  solipsisme a de surcroît  le défaut de devoir en plus expliquer pourquoi tout se passe comme si le monde extérieur existait vraiment.

                                  Avant de parler de la baisse tendancielle du taux de profit il faudrait d’abord parler de la loi de la valeur qui a disparue de l’économie « moderne » et qui explique bien des choses.


                                  • Gilles Bonafi 22 janvier 2013 22:00

                                    Marx (lettre à Feuerbach du 11 août 1844) :

                                    « La conscience, ou plutôt la conscience de soi, est considérée comme la seule et unique qualité humaine. On nie par exemple l’amour parce qu’en lui la bien-aimée ne serait qu’un objet. A bas l’objet ! »

                                    Donc « A bas l’amour »...

                                    - rationalisme - Descartes

                                    - matérialisme - Spinoza

                                    - théorie dialectique - Hegel

                                    - dialectique matérialiste - Joseph Dietzgen

                                    athéisme - Feuerbach

                                    baisse tendancielle du taux de profit - Adam Smith

                                    - théorie de la valeur travail - Ricardo

                                    - théorie de la plus-value - Proudhon

                                    Où est Marx ???


                                    • politzer politzer 23 janvier 2013 08:10

                                      le texte de Proudhon svp !


                                      • Gilles Bonafi 23 janvier 2013 15:02

                                        Proudhon et la plus-value :

                                        « A commence une entreprise avec 10000 francs, paie cette somme d’avance aux ouvriers qui, en échange, doivent fabriquer des produits ; après avoir converti ainsi son argent en marchandises, A doit une fois la production finie, au bout d’un an par exemple, convertir de nouveau les marchandises en argent. A qui vendra-t-il sa marchandise ? Aux ouvriers naturellement, puisqu’il n’y a que deux classes dans la société : les entrepreneurs d’un côté et les ouvriers de l’autre. Ces ouvriers, qui ont reçu 10 000 francs pour le produit de leur travail à titre de salaire, subvenant à leurs stricts besoins vitaux, doivent toutefois payer maintenant plus de 10 000 francs pour le surplus perçu par A, à titre d’intérêt et autres profits qu’il escomptait au début de l’année  : ces 10 000 francs, l’ouvrier ne peut les couvrir qu’en empruntant, ce qui le plonge dans des dettes sans cesse croissantes et dans la misère. De deux choses l’une : ou bien l’ouvrier peut consommer 9 quand il a produit 10, ou bien il ne rembourse à l’entrepreneur que son salaire, mais alors c’est l’entrepreneur qui fait faillite et tombe dans la misère, car il ne touche pas les intérêts du capital qu’il est tenu lui-même de payer."


                                        • Gilles Bonafi 24 janvier 2013 05:06
                                          Mais s´il achète tous et vend tout et maintien tout à sa valeur, comment peut il donc s´enrichir ?
                                           
                                          EXCELLENTE QUESTION !!

                                          Enfin, on relève le niveau !!!

                                          C’est en effet la question clé sur laquelle j’ai énormément travaillé.
                                          Le modèle d’équilibre walrasien est l’épine dans le pied des théories capitalistes. En effet, à l’équilibre, les pertes et les profits sont nuls !
                                          Toute la recherche économique contemporaine est basée sur la tentative de justification du modèle walrasien qui est faux. J’approfondis cela dans mon numéro 2 bientôt.

                                          En effet, la question qui en découle est de savoir qui fixe les prix et de quelle manière car il faut bien dégager une plus-value sinon, quel est l’intérêt de produire ?
                                          Avec la mondialisation et l’augmentation exponentielle des dettes, produits dérivés et variables aléatoires, le marché devient incapable de réaliser les conditions d’un marché équilibré et la régulation devient indispensable.
                                          Face à ses contradictions, le marché prend donc en compte les critiques de Marx.
                                          Après le capitalisme de marché nous aurons donc le capitalisme d’état avec les mêmes aux commandes. Le modèle chinois pour tous.

                                          "Le capital est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent."

                                          Auguste Detoeuf



                                          • Gilles Bonafi 24 janvier 2013 05:32

                                            « Il s´enrichit parce que la valeur d´une chose ne reflète que le temps de travail social investit en elle pour la produire. »

                                            Totalement faux !!!

                                            La valeur d’une chose reflète le temps de travail en théorie.
                                            Petite leçon d’économie :
                                            -
                                            cas 1 : un trafiquant de drogue ’impose son monopole par la violence dans une région donnée, crée la pénurie et inonde le marché. Plus-value maximale !
                                            - cas 2 :
                                            Picasso pouvait vendre un tableau réalisé en 15 minutes une fortune.
                                            - cas 3  : je possède un logiciel de trading plus rapide que celui de mes concurrents, je m’enrichis à l’aide d’algorithmes financiers sans travailler, le logiciel tourne tout seul.
                                            - cas 4  : je parie 1 million d’euros à la bourse que le CAC 40 va baisser dans dix jours. Si cela se réalise, jackpot ! Temps de travail, 5 minutes !
                                            - cas 5 : je fais n’importe quoi avec des amis et je poste la vidéo su YouTube qui fait un malheur ! Jackpot !
                                            etc, etc, etc...

                                            Marx avait tout compris à l’économie, à l’époque !!!


                                            • bicychavez bicychavez 24 janvier 2013 22:04

                                              bonjour

                                              Marx n’a rien inventé, soit mais nous ne sommes pas fetichiste nous les marxistes que ce soit marx ou un autre bonhomme qui a la barbe aussi longue de karl nous importe peu. Les idées sont eternelles. Et comme disait Newton : "si je vois plus loin, c’est parce que je suis un nain assis sur les épaules des geants qui m’ont précédé.

                                               

                                              marxistement votre


                                              • Norbert 25 janvier 2013 13:13

                                                Mr Gilles Bonafi, cela est désagréable d’échanger avec quelqu’un qui se permet de dispenser ses jugements sur « le niveau » de la discussion qui aurait enfin atteint un seuil digne de votre intellect.   Si nous apprenons par vous quelque chose et devons pour cela revoir nos conceptions et bien tant mieux et l’on voudrait vous embrasser si le cas se présentait. En ce qui me concerne, à défaut d’être d’accord avec vous, je trouve au moins que la discussion initiée par votre article est intéressante. Pour gagner une « autorité »  par la pertinence des arguments  et qu’elle soit acceptée par un grand nombre, inutile de recourir à cette forme de violence qui consiste à traiter vos contradicteurs par le mépris. Les « petits professeurs » sont déjà assez nombreux dans la vie réelle de la société de classe. On peut trouver une idée stupide et le dire sans détours, mais essayons de ne pas jouer à celui qui est « au-dessus ». Acceptons avec humilité les « conneries » des autres et aussi celles que l’on peut dire soi-même.

                                                Vous avez sûrement énormément travaillé comme vous dîtes pour nous donner « une petite leçon d’économie ». Pourtant, les exemples que vous avez trouvés sont archi-connus, et, à mon avis, Michel Maugis répond très bien à vos objections. J’aurais cependant une remarque personnelle concernant la valeur. La  valeur d’une chose selon la conception marxiste, n’est pas seulement le temps de travail social qu’elle contient comme une sorte de substance contenue en elle (à la Ricardo).  C’est aussi un rapport social de production qui lui fait perdre son caractère substantiel et localisé. Je crois que JM Harribey (peut-être d’autres auteurs aussi) à bien développé cet aspect. L’analogie suivante avec la physique moderne est exagérée mais on retrouve un peu cela avec la masse qui ne serait pas une propriété seulement liée à une quantité de matière localisée dans une région de l’espace  mais une propriété qui doit faire intervenir l’ensemble de l’univers.


                                                • spartacus spartacus 29 mars 2013 12:40

                                                  Henri Haelitt a fait un résumé très clair de Marx :


                                                   «  Tout l’évangile de Karl Marx peut être résumé en un seul couplet : haïssez l’homme qui est plus riche que vous. N’admettez en aucune circonstance que son succès puisse être dû à ses propres efforts, à la contribution productive qu’il a fait en faveur de toute la société. ».

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