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Accueil du site > Actualités > Economie > Peut-on encore acheter des actions Google ?

Peut-on encore acheter des actions Google ?

A plus de 500 dollars l’action de Google et près de 50 % de progression en un an, les investisseurs se demandent s’il est bien raisonnable de rester positionné sur cette entreprise. Qu’en est-il ?

évolution des cours de l'action Google - Source: Smartmoney.comVendredi soir, un ami investisseur me demandait s’il était encore opportun d’acheter des actions Google, celle-ci ayant maintenant dépassée les 500 dollars (505.89 $ le 15/6/07) soit une augmentation de 49.23 % par rapport à son cours du 16/03/06 (338.77 $). Sa question étant de savoir si le géant du Web avait les moyens de poursuivre sa croissance. Je crois pouvoir affirmer que oui ! Pour plusieurs raisons : la jeunesse du marché et de l’entreprise, le style de management et sa capacité financière à acquérir des nouveaux concepts.

La jeunesse du marché et de l’entreprise


La start-up créée il n’y a même pas dix ans (1998) est certes devene un colosse de la recherche sur le Web, mais garde un potentiel énorme en matière de régie publicitaire. Ce n’est pas les tests d’eBAY, voire le retrait de quelques grands annonceurs qui peuvent mettre en danger la progression des ventes de Google. La vision des dirigeants suit les tendances d’un marché dont le potentiel technologique est loin d’être compris par la masse des consommateurs. En un peu plus clair, cela veut dire que les geeks, que vous êtes probablement si vous lisez ce billet sur mon blog, détiennent une connaissance des technologies du Web dont l’adoption reste encore à faire au sein des entreprises. Le fossé numérique semble se creuser plus que de se restreindre au fil des années. Depuis que Tim Berners Lee a quitté les rives du lac Léman, les concepts du Web sémantique sont eux cloîtrés dans les laboratoires de recherche. La lente évolution des techniques d’indexation, en particulier celles du bookmarking, comme ceux mis en œuvre par des systèmes, comme del.icio.us ou encore plus simplement les tags des billets de blogs tels que le fait Blogger, permet d’envisager des développements innovateurs. Certains de ceux-ci sont évoqués dans la prospective (vidéo/Flash) « EPIC 2015 » de Robin Sloan et Matt Thomson.

Le style de management de Google

Sur le plan quantitatif, Google a consacré 11.59 % de son revenu de 2006 à la R&D, soit 1,2 milliard de dollars. Un budget de recherche qui doit permettre de trouver de nouvelles idées ! De plus, chaque ingénieur est invité à consacrer 20 % de son temps pour innover. Les idées ainsi collectées sont revues par la hiérarchie et éventuellement discutées dans l’une des grandes sessions de brainstorming organisées chaque année. Enfin Google se comporte également comme une société de venture capital, n’hésitant pas à acheter des nouvelles idées. Nous le verrons au point suivant. Mais, ce qui me semble le plus prometteur pour cette entreprise est son style de gestion directement inspiré des méthodes suggérées par Jim Collins dans son livre « Good to Great » sous le paradigme de management « Level 5 ». La gestion des ressources humaines apporte un soin particulier à recruter les bonnes personnes et semble les mettre en situation de pouvoir s’exprimer pleinement. C’est pour moi, un gage de réussite à long terme.

La capacité financière de Google à acquérir des nouveaux concepts

505 dollars, c’est beaucoup pour une seule action et le PER de 37.84 est légèrement supérieur à la moyenne de l’industrie (34), mais avec un EBITDA de 4.694 milliards de dollars en 2006, ils ont de la marge. Certains analystes se sont posé des questions lors du rachat de youtube.com pour 1.65 milliard de dollars en octobre 2006. Grosso modo, cela représente un trimestre d’EBITDA (1.426 milliard de dollars en Q1/07). Autant dire que si j’étais actionnaire je considérerais cette acquisition comme un investissement qui va dans le sens de la stratégie visant à transformer le géant du moteur de recherche en la première régie publicitaire mondiale. En ajoutant des vidéos aux résultats des recherches, Google me fournit des informations qui n’ont jamais été aussi pertinentes. En prenant en compte aussi bien les descriptions sémantiques de ces vidéos et en les comparant à mon profil de recherche, ils sont en mesure d’améliorer ma performance en sélectionnant pour moi les informations qui s’avèrent de plus en plus souvent être au cœur de mes centres d’intérêt.

Pour toutes ces raisons, je crois que même à plus de 500 dollars, l’action de Google demeure un bon investissement pour le long terme (dix ans) mais mes conseils ne sauraient engager que ceux qui les suivent.

Jean-Claude MORAND - www.cyberstrat.net 17.06.07

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9 réactions à cet article    


  • Icopas 18 juin 2007 15:41

    Ouais à ce prix là il n’y a pas beaucoup de monde pour acheter ( le 1/3 du revenu mensuel de 40% des français). smiley

    Sinon, ça va aller vers les 570 dollars pour ceux qui rodent autour (le graphique donné indique cet objectif) sauf si....  smiley , mais rapidement .... Et quand à parler de 10 ans c’est de la folie.... Personne ne peux donner une orientation à 10 ans avec une analyse financière. Ca peut se trouver aussi bien par terre que d’atteindre des valorisations monstrueuses .


    • Asp Explorer Asp Explorer 18 juin 2007 22:40

      Voilà bien la remarque de quelqu’un qui ne connaît pas grand chose de la bourse. Quand on n’a que 500 euros à placer, on ne va pas à la bourse. Pour faire une ligne décente, il faut au moins 1000 ou 2000 euros, sinon on se fait bouffer en frais de courtage. En l’occurrence, que l’action cote 570 dollars ou 5,70, ça ne change pas grand chose. Ce qui est important, c’est de savoir si la part de la société représentée par une action vaut vraiment 570 euros.


    • Asp Explorer Asp Explorer 18 juin 2007 22:58

      Cette société me laisse dubitatif.

      En premier lieu, je ne sais pas comment ils font pour gagner tant d’argent, et je trouve ça suspect.

      Ensuite, je m’interroge sur la pérennité du modèle. Car quand une entreprise fait de l’argent, d’autres entreprises tentent de l’imiter, c’est bien naturel. Or, sur quel brevet, sur quel avantage stratégique repose l’avancée de google sur les autres moteurs de recherche ? Aucun. Ils ont eu l’idée d’une interface hyper-simple couplée avec des algorithmes de recherche très pertinents, mais un jour ou l’autre, un petit malin va monter sa start-up avec un petit plus qui laissera google sur place, et rien ne pourra l’empêcher. Souvenez-vous de la vitesse à laquelle Altavista, qui régnait en maître au début des années 2000, a sombré dans l’oubli.

      Déjà, les recherches que l’on fait tous les jours commencent à montrer des signes évidents de « fatigue ». On ramène de plus en plus de liens commerciaux, et de moins en moins de véritable contenu. Essayez simplement de chercher un avis indépendant sur un appareil photo ou un lecteur mp3, vous ne tomberez que sur des sites marchands. Il y a quelques années, si vous vouliez des informations sur un acteur, vous trouviez sans peine des sites de fans. Aujourd’hui, vous ne trouvez que des marchands de posters, de DVD et autres quolifichets. C’est ce qui a tué hotbot ou altavista en leurs temps, et si google n’arrive pas à traiter ce problème, c’est le même sort qui l’attend.

      En outre, l’EBITDA, c’est bien joli, mais ça ne veut rien dire. Enron avait un EBITDA gigantesque, mais c’était une société pourrie. L’EBITDA, c’est ce que les comptables appellent « le bénéfice avant les mauvaises nouvelles », et sur ce genre de sociétés, quand les mauvaises nouvelles commencent à tomber, elles tombent très vite.


    • Icopas 19 juin 2007 10:36

      Pour Asp exploer Il semblerait que tu m’ais mal lu :

      Je comparai le prix d’une seule action avec le salaire de beaucoup de français ce qui ne signifie pas que je prônais l’achat d’une seule action (quand aux frais de courtage, ils ne se font pas au nombre de titres mais en pourcentage).

      Pour ce qui est de la valeur de Google je maintiens qu’on ne peux utiliser des critères internes à une entreprise (des projections à plusieurs années pour gérer et investir) pour définir ce qui serait une bonne affaire pour le porte-feuille du quidam qui passe.

      Contrairement à ce qui se dit en boucle, à droite à gauche, sur 10 ans l’investissement boursier n’est pas toujours rentable. Si on tient compte de l’inflation il y a eu plusieurs époques ces dernières 80 ans où la bourse a globalement baissé sur 10 ou 20 ans. Prévoir ces périodes baissières n’est pas à portée du citoyen normal (ni de la plupart des analystes financiers qui se plantent avec régularité sur le sujet, ce qui ne les empêchent pas de recommencer étant aussi oublieux de leurs gamelles que leurs clients le sont). Personnellement je m’en sens totalement incapable. C’est pour ça que j’ai une aversion profonde à la retraite par capitalisation et un grand respect pour la retraite par répartition, qui me semble ainsi plus solide et avec un risque plus dilué (car assis, dans les faits souvent, sur l’ensemble des évolutions de la richesse d’un état), alors que la logique du fonds de pension à plus long terme est construit sur une base plus réduite (si pour autant qu’il soit bien géré).

      Peut-être des projections sur 3 à 5 ans sont -elles possibles pour les valeurs boursières, mais cela me parait limite, en tout cas cela ne me parait valable que dans le cadre d’une logique professionnelle ou crypto-professionnelle.

      Chercher du Google sur 10 ans rentre donc dans une logique de joueur (comme pour toutes les valeurs d’ailleurs). Sauf si on est dans le secret des dieux....

      Je demeure toujours médusé de voir le nombre de gens qui habituellement mettent leur ceinture de sécurité quand ils prennent leur véhicule, protègent habilement le plus possible leur porte-monnaie, recomptent leur monnaie d’une façon tatillone, ferment à clé la porte de leur appartement, mettent des portes blindées pour protéger leurs patrimoines ,et là, se laissent revendre des actions sur un terrain où existent des requins d’immense ampleur , sur le seul terrain de la confiance, ou pas, dans des bilans qui sont ce qu’ils sont, au mieux éclairant sur le passé, au pire des montages manipulateurs.

      Soyez réalistes, si vous voyez que Google baisse (plus que les ondulations normales d’un titre), quoique disent les commentateurs, c’est que des gros bien informés vendent et que les mauvaises nouvelles sur l’entreprise ne vont pas tarder à arriver.

      A l’inverse si ils vous disent que ça ne doit plus monter plus haut alors que ça le fait, car ça veut dire que les gros restent dessus et que les nouvelles ne sont pas si mauvaises....

      Si on avait comparer il y a quelque temps Airbus et Google on aurait dit que l’un partait d’un modèle solide alors que l’autre était douteux....

      Et pourtant....


    • tvargentine.com lerma 18 juin 2007 16:21

      Par dela le succès d’une entreprise,qui n’aurait jamais pu voir le jour en France et encore moins se développer sans contraintes administratives ,quelles sont les sociétés américaines qui vont prochainement décollées et sur quel créneaux ?

      Merci de votre collaboration


      • Asp Explorer Asp Explorer 18 juin 2007 23:20

        Encore un détail en passant. On considère généralement que pour une entreprise normale, un PER supérieur à 20 est cher. Le PER de 37 est une estimation sur les résultats 2007. Or, nous sommes à la moitié de l’année, donc tout ceci est très théorique. Sur la base des résultats 2006, les seuls connus, on est à un PER de 53, ce qui est énorme. 53, cela signifie qu’au rythme actuel, les bénéfices de la société rembourseront l’achat de l’action en 53 ans (seulement). En terme trivial, on est en dessous de 2%, moins que le livret A. Mais il ne s’agit pas de 2% de rendement, il s’agit de 2% de bénéfices, qui sont sensés être réinvestis entièrement dans l’entreprise. Car, et il est important de le souligner, le rendement de google est nul : la société ne verse aucun dividende à ses actionnaires.

        Il y a une attitude qui m’a toujours réussi à la bourse : un investissement sans rendement, ça ne vaut rien. En tout cas, ça ne vaut pas trois mille balles. Le cours actuel de google repose sur la valorisation fantasmée d’un leader bien fragile. On parie que la croissance de google va continuer à être très forte dans les années à venir, c’est de la pure spéculation et non pas un investissement. On achète du google parce que tout le monde connait google, tout le monde l’utilise, c’est un peu comme acheter des actions OL ou Ferrari. On peut acheter si on aime, mais si on veut faire fortune...


        • Forest Ent Forest Ent 18 juin 2007 23:40

          Un PER de 45 a un sens si l’on estime que l’on va tripler les bénéfs rapidement, pour arriver à un PER normal. Ceux de 2006 ayant été de 3MM$ pour un CA de 9, il faudrait arriver à en gros 9 pour 27 dans les 3 ans. Le CA global de la pub est de 450 MM$, mais là-dessus moins de 100 est du CA d’intermédiaire, le reste est de l’achat du contenu qui sert d’excipient. Et ces 100 ne sont pas du bénéf : il y a quand même la création des campagnes et supports. Si google faisait 9 de bénéf, cela signifierait qu’il aurait pris la moitié de la marge du marché.

          J’ai des doutes sur le fait que Google puisse poursuivre ce rythme de croissance avec juste les liens et la régie. Il faudrait effectivement, comme le dit l’article, qu’il trouve des relais, par exemple avec des contenus vidéos qui valoriseraient sa pub, ce qui donne son sens à l’achat de youtube. C’est là que ça va se passer, parce que la vidéo est le principal valoriseur de pub (le temps de cerveau disponible pour Coca). Mais pour l’instant, ni google, ni personne d’autre, n’a trouvé un moyen de vendre la vidéo sur le net, même par la pub.

          Ca ne veut pas dire qu’ils n’y arriveront pas, mais que cet achat est extrêmement spéculatif. Pour un particulier, c’est comme jouer au loto.


        • stephanemot stephanemot 22 juin 2007 14:36

          La valeur intrinsèque d’une entreprise est une chose, sa valorisation boursière une autre. Ce qui maintient le cours de Google à ce niveau, c’est une relative confiance dans leur capacité à survivre et s’adapter en qualité d’acteur majeur à moyen et long terme.

          Yahoo ! n’est pas parvenu à maintenir ce statut, mais la société avait très vite fait fonctionner la planche à billets en procédant massivement aux acquisitions par échange de papier.

          Il y a une forme de fuite en avant dans le modèle Google, un côté pervasif commun à Microsoft mais fondé sur une plateforme moins captive. La difficulté de l’exercice réside précisément dans le degré de dépendance aux solutions Google, et à mesure que la plateforme s’étend, il devient de plus en plus difficile de ne pas franchir la ligne, vis à vis des clients utilisateurs finaux comme des clients BtoB, partenaires, medias, annonceurs...


          • guillaume 27 juin 2007 17:01

            Et on peut ajouter SNCF, Airbus (Aerospatiale), Alcatel... Ce sont de vieilles entreprises datant de l’époque d’où le France innovait (années 60/70). D’ailleurs tous leur projets aboutis datent de cette époque et et leur position est au mieux ce qu’elle était à l’époque (mais généralement moindre). Depuis, rien de nouveau.

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