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Accueil du site > Actualités > Economie > Soldes primaires des budgets publics

Soldes primaires des budgets publics

Dès que les données budgétaires 2010 ont été connues Philippe Derudder et moi-même avons mis à jour "La dette publique, une affaire rentable"

Une partie de nos conclusions furent celles ci :

- Les soldes primaires (sans intérêts) des budgets des Administrations publiques sont sensiblement en équilibre moyen sur la période 1980 – 2008.
- Les déficits presque systématiques des budgets des Administrations publiques sont dus aux intérêts qu’il a fallu payer et qui représentent maintenant le second poste budgétaire après l’enseignement.
- Fin 1979, la dette, déjà injustifiable, était de 243 Md€ (21% du PIB) ; Fin 2010, la dette s’établit à 1591 Md€, 82% du PIB !
- Entre fin 1979 et fin 2010 la dette a augmenté de 1348 Md€
- Nous avons, sur cette période, payé 1 408 Md€ pour les seuls intérêts : 125 millions par jour en moyenne, 5 millions par heure !

Je rajoute ici, en complément, trois graphiques importants concernant les soldes primaires des budgets des administrations publiques :

Premier graphique issu de nos calculs  : période 1979 à 2010 (euros valeur 2010),

Entre fin 1979 et fin 2008, les soldes PRIMAIRES des budgets des administrations publiques ne furent déficitaires que de 45 milliards d'euros cumulés. Sans intérêts l'augmentation de notre dette représenterait ce montant.

Si on intègre les deux années "catastrophiques", 2009 et 2010, nous arrivons à une augmentation de 231 milliards d'euros alors que la dette a réellement augmenté de 1348 Md€

Second graphique : en pourcentage de PIB

On pourra évidemment discuter nos calculs issus des données de l'INSEE (l'INSEE ne fournit pas directement les soldes primaires sur la période 1979- 2010). Nous sommes donc allé chercher les données chez Eurostats qui est une très bonne référence ; malheureusement les données de soldes primaires ne sont accessibles que depuis 1995, en euros courant que nous avons donc "déflatés" pour obtenir des euros 2010.

Voici le résultat eurostats sur le troisième graphique :

Ici aussi nous voyons bien que si nous n'avions pas eu à payer d'intérêts pour emprunter NOTRE PROPRE MONNAIE (ce qui est une aberration totale) , nous n'aurions, sur la période 1995-2008, accumulé une dette de seulement 10 Md€ (9,9 pour être précis). Si on intègre les 2 années catastrophiques que sont 2009 et 2010, la dette aurait été augmentée de 198 Md€ (198,1 pour être précis)

C'est encore une démonstration supplémentaire que "la charge de la dette nourrit la dette"

_____________________

Compléments :

Ne manquez pas la petite vidéo sur la dette, par "Mrquelquesminutes"

Le tableur excel de calcul de cet article est disponible en téléchargement


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20 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 3 novembre 2011 13:12

    voici un PPS tout simple sur l’arnaque de la dette :

    http://2ccr.unblog.fr/2011/09/18/pps-comprendre-la-dette/


    • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 4 novembre 2011 07:09

      C’est bien d’avoir fait cet effort. Pour ma part je recommande la courte vidéo

       « comprendre la dette publique (en quelques minutes) »



    • Amada 3 novembre 2011 13:59

      Bonjour André Jacques.


      Merci de ne pas vous décourager. Et de répéter et répéter les faits,
      chiffres à l’appui...
      Même si, apparemment, les réactions des internautes sont peu nombreuses,
      je ne doute pas que l’info va circuler sur de très nombreux blogs.

      Très cordialement
      Amada

      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 4 novembre 2011 03:47

        @ l’auteur

        J’avoue moi aussi être étonné par le petit nombre de réactions pour un article de cette qualité et de cette actualité.

        Mon hypothèse est qu’étant appuyé sur des faits, il offre trop peu de prise aux excités du néo-libéralisme défenseurs du statu quo qui préfèrent passer leur chemin.

        Merci quoi qu’il en soit pour vos efforts de pédagogie.

        Une question : au-delà du simple fait d’édifier les consciences, comment imaginez-vous que la restauration de la souveraineté populaire sur la création monétaire puisse se réaliser ? Pensez-vous que le jeu institutionnel puisse permettre cela ? Ou pensez-vous qu’il faille mettre en oeuvre des modes d’action spécifiques, comme les OWS par exemple ?


      • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 4 novembre 2011 07:20

        Merci Amada et Luc-Laurent

        Pour répondre à la question de Luc-Laurent, non, je ne pense pas qu’un changement de mentalité ou de système puisse arriver s’il n’y a pas un crash du système existant
        Je suis pour ma part partisan du « 100% monnaie » et à défaut d’une « monnaie complémentaire sociétale nationale » , car, si l’on peut admettre localement des « bons d’échanges » (SEL ou autre) il faut un contrôle « national » de la masse monétaire et une « garantie » de la monnaie (faux monnayeurs)


      • AntoineR 3 novembre 2011 14:32

        J’essaye d’expliquer cela autour de moi et j’ai l’impression que personne ne comprend l’importance de cette arnaque.
        C’est pourtant pour moi un problème majeur. Si ce n’est LE problème majeur.

        Etant donné que le débat sur la légitimité de la dette ou sur le droit des états à disposer de la création de leur monnaie n’a jamais lieu dans les médias de masse, n’importequelle personne qui entend parler de ça n’y accorde pas l’importance qu’il faudrait.

        On vous répète depuis 30 ans que vous vivez au-dessus de vos moyens alors vous finissez par le croire !

        Dans des pays riches, qui améliorent leur productivité tous les ans, on ne pourra bientôt plus assurer la santé, la retraite et l’enseignement de nos enfants. Mais la fabrique du consentement est faite. 

        Nous avons affaire à un transfert d’argent de « la masse » vers les 1% les plus riches. Tous les ans, l’équivalent de l’impôt sur le revenu est drainé vers les marchés pour doper les dividendes. ça ne choque personne. Par contre le RMI, le Chomage et les fonctionnaires, tout le monde trouve cela trop cher.

        Franchement, arrêter de perdre votre temps avec des sujets comme ceux-là. Les gens n’en ont rien à foutre. Il vaut mieux leur raconter les aventures de DSK. Les gens sont dans la caverne et on l’a compris depuis Platon et personne ne veut en sortir. Les ombres projetées semblent tellement belles et vraies........


        • Croa Croa 4 novembre 2011 11:19

          « Par contre le RMI, le Chomage et les fonctionnaires, tout le monde trouve cela trop cher. »

          Oui, ça fait cette impression quant on regarde trop la télé smiley

          « Les gens n’en ont rien à foutre. » PAREIL ! (La télé ne va surtout pas vous expliquer les trucs gênants !)


        • Jason Jason 3 novembre 2011 18:22


          Excellent.

          Exit le mythe couramment entretenu selon lequel les Etats ne font pas faillite. N’importe quelle entreprise aurait mis la clé sous la porte depuis longtemps.

          Pour beaucoup d’hommes politiques c’est : « Mon succès, c’est l’argent (et la vie) des autres ».


          • Croa Croa 4 novembre 2011 11:21

            Ce mythe date du temps où il existait des états indépendants. (En ce cas c’était vrai !)


          • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 4 novembre 2011 07:44

            D’accord globalement sauf que, à propos de la monétisation directe par la Banque de France, si elle est bien encadrée et corresponds à une augmentation régulière de la masse monétaire ( de l’ordre de 4 à 5% soit 2% d’inflation et 2 ou 3% d’investissements collectifs et « énergétiques ») il y a peu de risques d’inflation.
            Parallèlement, bien sur, il faut limiter la capacité de production de monnaie par les banques commerciales.

            Mais ce que j’essayais de montrer dans cet article c’est simplement que si la Banque de France pouvait faire à l’Etat les avances de trésorerie nécessaires (délai entre les dépenses et les recettes), l’Etat n’aurait pas du emprunter sur les marchés puisque les soldes primaires sont quasiment à l’équilibre (sauf 2009 et 2010).

            Mais plus fondamentalement se pose la question : pourquoi devrions nous-emprunter NOTRE PROPRE monnaie, alors que nous pouvons la produire sans frais ?
            Réponse ; parce que « nous » l’avons décidé ainsi. La dette ne se justifie que pour les besoins de devises étrangères...


          • Jason Jason 4 novembre 2011 18:04


            Bonjour M. Holbecq,

            Ne pensez-vous pas que les pays européens, en empruntant plus que leurs recettes, ont essayé d’imiter les USA ? Pays que certains ont montré du doigt en disant que les USA faisaient payer leur endettement par d’autres pays par le truchement des obligations d’Etat (les fameux bonds). Et cela dans des proportions sans précédent.

            Je pense qu’il y a eu là un effet de mimétisme.


          • jacques lemiere 4 novembre 2011 00:40

            ceci dit tout emprunt a un taux d’interet....dans le monde tel qu’il est....la situation est « normale »



            • Croa Croa 4 novembre 2011 11:26

              « le monde tel qu’il est » peut être changé...

               smiley Abolissons l’usure ! smiley


            • bigglop bigglop 4 novembre 2011 02:46

              Bonjour André-Jean,
              Merci pour cette démonstration implacable et lumineuse à tatouer sur le front de tous les politiques et banskters comme signe d’infamie


              • JahRaph JahRaph 4 novembre 2011 13:06

                Merci à vous, à vos analyses, et à votre livre « Dette publique, une affaire rentable ».

                Le peuple a besoin d’explication clair, et votre travail de vulgarisation va clairement dans ce sens. Je pense que le peuple a besoin d’explications encore plus vulgarisées, ce qui est difficile à faire sans caricaturer le sujet.


                • Jose 5 novembre 2011 01:31

                  Très bon article je recommande surtout le livre « La dette publique une affaire rentable » qui explique clairement le mécanisme de la création monétaire ainsi que celui de la dette de l’état.

                  J’aurai une question (peut être hors sujet ?) sur la relation inflation/chômage. Un économiste a trouvé une relation inverse entre le taux d’inflation et le taux de chômage la fameuse courbe de philipps. Cette relation a été contesté par les « monétaristes » car on aurait observé lors des relances keynésiennes des années 70 un phénomène de stagflation dans lequel l’inflation et le chômage ont augmenté de pair ce qui aurait poussé les gouvernements a abandonner ce genre de politique pour consacrer la lutte contre l’inflation façon BCE. Connaitriez vous un livre ou des articles d’auteurs qui ont analysé ce phénomène ?

                  Bien cordialement


                  • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 5 novembre 2011 06:16

                    Bonjour
                    Il me semble que cet article sur le site de Simonnet est assez explicatif des différentes analyses de la courbe de Philipps.
                    Celui ci est intéressant également.

                    Néanmoins je pense que le NAIRU , issu des analyses de Philips, détermine la politique monétaire actuelle


                  • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 5 novembre 2011 06:27

                    @ Jason 4 novembre 18:04

                    Il faut se souvenir que toute la monnaie étant issue de dettes envers le système bancaire, seuls 3 agents peuvent s’endetter pour obtenir de l’argent : les ménages, les entreprises, les administrations (l’État pour faire simple).
                    L’endettement actuel (dont la cause principale est le cumul des intérêts) n’a que deux alternatives (puisque l’État redistribue - bien ou mal, là n’est pas la question - tout ce qu’il percoit) : endettement de l’État, imposition qui signifie endettement supplémentaire global des 2 autres agents (je ne parle pas de la répartition)


                    • Jose 5 novembre 2011 13:49

                      Merci pour ces liens qui ont l’air bien intéressants smiley


                      • yvesduc 27 novembre 2011 12:26
                        J’ai interrogé deux économistes cette semaine.

                        Le premier, Dominique Plihon, président du conseil scientifique d’ATTAC, qui donnait une conférence jeudi soir à Nanterre, organisée par le groupe ATTAC du Mont Valérien. Tenant votre livre d’une main (et ayant celui de Plihon à proximité), j’ai posé les questions suivantes :

                        – Le cumul des intérêts versés au privé par l’État sur la période 1980-2006, calculé par André-Jacques Holbecq dans son livre, vous semble-t-il plausible ?

                        – Quelles mesures ont été prises en 1973 pour que l’État puisse faire face à ses nouvelles charges ?

                        – Pensez-vous que la loi de 1973 est, comme certains le disent, une “loi scélérate” ?

                        Plihon a d’abord répondu qu’il n’était « pas d’accord avec cet avis » et qu’il trouvait cette présentation trop « simpliste ». Cependant, il a décrit cette loi comme un « cadeau énorme » aux banques.
                        Plihon a dit par ailleurs qu’il voulait une banque centrale sous contrôle du politique (et non l’inverse), autorisée à prêter directement aux États en temps de crise, ainsi que pour soutenir certains investissements stratégiques (énergies renouvelables par exemple). En d’autres termes, il préconise un assouplissement de la loi de 1973, sans la remettre foncièrement en cause.

                        Coïncidence, 2 autres personnes dans la salle ont également interrogé Plihon sur cette fameuse loi de 1973, et les discussions informelles à l’issue de la conférence sont aussi largement revenues dessus. Manifestement, ce sujet est beaucoup plus discuté par les militants “de base” d’ATTAC que par ses têtes pensantes.

                        Mon impression personnelle (toute subjective) a été qu’en son for intérieur, Plihon est plutôt choqué par cette loi mais que son abolition lui semble hors d’atteinte.

                        J’ai aussi interrogé un militant du Parti de Gauche, présent ce soir-là, qui a confirmé que Mélenchon dénonce cette loi de 1973 mais que l’UMPS est pieds et poings liés, car remettre en cause cette loi effrayerait les investisseurs.

                        Le deuxième économiste est Henri Sterdyniak, membre des Économistes Atterrés. Il donnait lundi dernier une conférence (première d’une série de 3) à Arcueil.

                        J’ai posé à peu près la même question.

                        La réponse a été très différente. Il a commencé par asséner théâtralement que « C’est faux ». Explication : il est « impossible », selon Sterdyniak, que le « marché » prête à taux nul. Aucun prêteur n’a envie de prêter à taux nul car ça ne lui rapporte rien. Il a ajouté que les taux auxquels la France emprunte depuis 1973 sont de bons taux. Puis, il évoque le Front National et le fait que certains, à droite, qualifient cette loi de 1973 de « loi Rotschild » (alors que Pompidou était malade, etc.).

                        Moralité : il y a encore du travail !

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