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Accueil du site > Actualités > Economie > Travailler plus pour gagner moins...

Travailler plus pour gagner moins...

Le slogan « travailler plus pour gagner plus » cache une toute autre réalité mathématiquement établie : « travailler plus pour un salaire horaire moindre ».

Selon l’étude annuelle sur « les salaires en France » publiée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) le surcroît de 11,6 % de productivité horaire du salarié français par rapport à la moyenne des Quinze déjà observé en 1996, est passé à 16,5 % en 2004...

Autrement dit, de 1996 à 2004, l’évolution de votre salaire horaire n’a pas suivi l’évolution des gains de productivité générés par votre travail.

Non seulement vous n’avez pas eu l’évolution du pouvoir d’achat à laquelle vous pouviez prétendre faute d’un partage équitable de ces gains de productivité entre les salariés et les actionnaires, mais vous "travaillez plus pour un salaire horaire moindre".

Pour vous en convaincre, il suffit de prendre une de vos fiches de paie assortie d’heures supplémentaires sous le gouvernement Jospin et de la comparer avec votre fiche de paie assortie d’heures supplémentaires après la mise en oeuvre de la loi TEPA en octobre 2007.

Vous constaterez que le taux horaire augmenté de 25 % existait sous le gouvernement Jospin et que vos heures supplémentaires ouvraient droit à retraite puisque votre employeur cotisait sur cette partie de votre rémunération.

La cotisation de l’entreprise pour votre retraite sur les heures supplémentaires s’analyse comme un "salaire différé".

Aujourd’hui le taux horaire bonifié d’une heure supplémentaire est revenu à + 25 %, après un passage à +10 % sous le gouvernement Raffarin, mais désormais, votre employeur ne cotise plus pour votre retraite sur les heures supplémentaires que vous exécutez à sa demande.

Vous ne toucherez plus - sous forme de points de retraite supplémentaires - le salaire différé constitué par les cotisations patronales sur les heures de travail supplémentaires effectuées au cours de votre carrière.

Il est donc extraordinaire de présenter comme une grande avancée la perte de ces droits à retraite.

Il est illusoire de penser cotiser volontairement à la retraite sur le montant des heures supplémentaires, motif pris qu’elles ne sont plus imposables, car il faudrait encore bénéficier d’une réduction d’impôts effective ce qui n’est pas le cas du chef de famille au Smic : rappelons qu’ouvriers et employés, les principaux concernés par le régime des heures supplémentaires, représentent 53 % de la population salariale active (cf. observatoire des inégalités 2007 page 73).

Ce dispositif mis en place par la loi TEPA permet de voir à quel point les réalités sociales échappent à nos gouvernants, mais il semblerait que l’on n’en reste pas là : pendant la trêve des confiseurs, un risque de régression sociale sans précédent est passé quelque peu inaperçu.

En effet, à ce jour, la première heure supplémentaire payée à salaire horaire bonifié est la 36e heure de travail hebdomadaire. Or le gouvernement envisage d’augmenter la durée légale hebdomadaire du travail qui est actuellement en France de 35 heures.

Il peut le faire en toute légalité jusqu’à la durée maximale du temps de travail définie par les normes européennes qui est de 48 heures hebdomadaires de travail pour un salaire à temps plein.

Si ceci advenait, vous travailleriez 13 heures en plus (48 heures-35 heures) pour un Smic (salaire minimal pour un temps plein) ce qui représente une baisse du salaire horaire de plus du tiers par rapport à ce qu’il est actuellement.

Imaginons que le gouvernement n’aille pas à cette extrémité et qu’il opte par exemple pour un retour à 42 heures hebdomadaires travaillées, la première heure supplémentaire payée à un salaire horaire bonifié de 25 % deviendrait la 43e heure de travail et non la 36e heure comme aujourd’hui.

Autant dire que le régime salarial bonifié des heures supplémentaires disparaîtrait. Nous sommes peu nombreux à faire plus de sept heures supplémentaires par semaine ce qui représente de l’ordre de 20 % de travail supplémentaire par mois. Il suffit pour s’en convaincre de voir ce que représentent les heures supplémentaires dans la rémunération totale pour les 900 salariés qui ont répondu au sondage que vous trouverez sur : http://prudhommesisere.free.fr/indey.htm

Cette modification de la durée hebdomadaire du travail est demandée avec insistance par le patronat.

En effet celui-ci ne peut répondre à la commande gouvernementale du "travailler plus pour gagner plus" faute d’une réelle recrudescence des commandes. Le sondage précité indique que seuls 19 % des salariés ont bénéficié d’une augmentation du quota de leurs heures supplémentaires c’est insuffisant pour impacter le pouvoir d’achat de l’ensemble des salariés.

Le chef de l’Etat l’a parfaitement compris et, pour tenter d’amplifier le mouvement, permet aujourd’hui le rachat des jours RTT déposés sur les comptes épargne temps. Il y a peu de chance que cela change grandement la donne car, au vu du même sondage, seuls 2 % des salariés disposaient de jours RTT sur de tels comptes.

Cependant, cette nouvelle disposition contraindrait le patronat à renégocier les accords RTT qui, pour la plupart, bloquent la contre-valeur financière de ces jours sur de longues périodes.

Or, les jours de RTT ainsi déposés sont la contrepartie de la flexibilité qui a permis d’obtenir en France un des meilleurs taux mondiaux de productivité horaire. Le patronat, fort logiquement, ne souhaite pas revenir sur un tel acquis dont l’Insee a souligné tout l’intérêt dans sa dernière étude sur les salaires.

On ne toucherait donc pas dans l’immédiat aux accords RTT. Par contre, on négocierait entreprise par entreprise l’augmentation de la durée hebdomadaire du travail avec pour seule limite le plafond européen...

On aurait ainsi dans chaque bassin d’emploi, pour un salaire à temps plein égal au Smic et un même type d’activité, des durées hebdomadaires du travail différentes suivant l’établissement concerné.

On a vécu l’effet de dumping social entre pays émergents, ou pays de l’Est européen par rapport aux provinces françaises, le dumping social s’installerait désormais à l’échelle du bassin d’emploi par le biais d’un taux horaire de l’heure travaillée pouvant être réduit de plus du tiers de sa valeur...

On aurait ici un salaire guère supérieur au Smic pour 48 heures hebdomadaires travaillées, là, le Smic serait la contrepartie de 35 heures travaillées.

Ne pensez pas que cette situation soit improbable car elle existe déjà dans le commerce par l’intermédiaire des "heures dites d’équivalence" qui attribuent un Smic pour 42 heures de présence dans les magasins.

Cette disposition parfaitement légale participe d’ailleurs grandement au phénomène des "travailleurs pauvres" car les frais, notamment de garde d’enfants, demeurent à hauteur de 42 heures hebdomadaires d’absence du foyer.

A terme, le nivellement se ferait vers le bas pour tous les emplois courants où le salariat est interchangeable et dans les métiers qui ne connaissent aucune pénurie de main-d’oeuvre, c’est-à-dire la plupart des métiers communément exercés par les classes moyennes.

Il serait peut-être temps de rappeler que nous avons voté contre l’immobilisme, mais jamais délibéré et voté sur le contenu des réformes.

Nous pouvons donc légitimement nous interroger sur l’opportunité et la méthode d’une réforme visant la baisse du coût horaire du travail dont les réels effets ne sauraient être longtemps dissimulés par un slogan trompeur le désormais célèbre : "travailler plus pour gagner plus".


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66 réactions à cet article    


  • chris chris 2 janvier 2008 11:19

    Vous dites « de 1996 à 2004 l’évolution de votre salaire horaire n’a pas suivi l’évolution des gains de productivité générés par votre travail. »

    Cet argument semble oublier que la loi des 35 h a impliqué pour une grande majorité des salariés des entreprises de plus de 20 une augmentation sensible du salaire horaire de travail puisque le passage des 39h hebdo aux 35 h hebdo s’est fait la plupart du temps avec maintien du salaire antérieur.

    Deux conséquences en sont issues : la productivité horaire française très forte que vous soulignez à juste titre et le blocage de la hausse des salaires qui était le deal à l’époque en échange du passage aux 35h.

    Cette loi qui a consacré la flexibilité dans l’entreprise, par le biais des accords d’annualisation du temps de travail a également eu des effets dommageables dans bon nombre d’entreprises de moins de 20 salariés. En effet, les entreprises dans lesquelles les horaires habituels étaient de 40 h hebdo sont passées automatiquement à 35 h certes avec maintien de salaire mais perte du bénéfice de l’heure supplémentaire, la PME ne pouvant dans de nombreux cas continuer à payer l’heure supplémentaire dès la 36ème heure de travail.

    Concrètement, cela a donc constitué une perte de salaire effective en fin de mois pour beaucoup de salariés, ceux ci étant plus nombreux dans les TPE et PME, ce qui est par ailleurs l’une des raisons de l’échec de Jospin en 2002


    • carnac (---.---.227.134) 2 janvier 2008 12:08

      Le chiffre INSEE est un chiffre global qui ne fait pas la différence entre les grosses structures qui ont beaucoup bénéficié des avantages de la flexibilité, contre-partie des accords de RTT, et les TPE - PME qui ont été pénalisées lorsqu’elle n’ont pas pu - ou pour un certain nombre d’entre elles pas voulu adapter les accords de branches à leurs propres problématiques.

      Néanmoins, globalement les gains de productivité sont suffisamment importants en France pour que nous demeurions jusqu’à aujourd’hui le troisième meilleur taux de productivité horaire au monde avant les USA et le royaume uni souvent présentés comme des modèles de dynamisme.

      Le classement de Lausanne 2007 relève effectivement dans ses critères la productivité du travail pour laquelle la France se classe au 3ième rang.

      Mais selon cette étude, cette vertu est contrecarrée par un taux d’emploi très bas : 41% seulement de la population française est active. Contre 48,6% aux Etats-Unis, ou 51% au Danemark : « En France, les actifs sont très bons, mais il n’y en a tout simplement pas assez ».

      Donc la question demeure d’actualité pour tous les actifs : comment ont été répartis les gains de productivité dans mon entreprise ? La réponse sera souvent que l’arbitrage s’est fait en défaveur des salaires et même de la création d’emplois puisque nous n’avons toujours pas rattrapé un taux d’emplois suffisant pour les seniors et les jeunes.


    • Persea (---.---.253.218) 2 janvier 2008 14:17

      Vous dites : Cet argument semble oublier que la loi des 35 h a impliqué pour une grande majorité des salariés des entreprises de plus de 20 une augmentation sensible du salaire horaire de travail puisque le passage des 39h hebdo aux 35 h hebdo s’est fait la plupart du temps avec maintien du salaire antérieur.

      Eh non ! Dans mon entreprise comme dans beaucoup d’autres les augmentations générales et individuelles ont été gelées pendant 3 ans, ce qui donne une perte de pouvoir d’achat, et nos 35 h nous nous les sommes payés.  smiley


    • Fred 2 janvier 2008 18:41

      « C’est une contre-vérité pure... Cela ne s’est produit que dans une infime minorité d’entreprises. »

      Je connais personne qui a vu son salaire diminuer lors du passage aux 35h. Qu’il n’est pas augmente apres ca oui mais diminue jamais vu.


    • carnac (---.---.7.104) 2 janvier 2008 18:51

      Fred , ils n’ont pas diminué sur le coup mais sont restés bloqués plusieurs années d’affilée : sur les fiches de paie cela se traduit par une ligne :

      salaire de base pour 35H suit la somme et une ligne indemnité différentielle qui diminue quand le salaire de base augmente :

      vous trouverez dans l’industrie de nombreuses fiches de paie ainsi rédigées et cela a même eu des conséquences en matière de contentieux sur le tarif des heures supp à payer.

      En effet le taux horaire à prendre en compte pour les heures supp et à bonifier était égal à la totalité salaire de base + indemnité différentielle que divise 35H alors que certains employeurs ont payés les salariés sur le seul salaire de base : j’ai gagné un prud’hommes comme défenseur syndical sur ce thème


    • Claude Simon Tzecoatl 3 janvier 2008 05:58

      @Carnac : « En France, les actifs sont très bons, mais il n’y en a tout simplement pas assez ».

      Hirsch envisage un système à 2 vitesses avec son RMA.

      Sauf à vouloir être hirschissime, j’en vois mollement l’intérêt.


    • carnac carnac 3 janvier 2008 06:34

      Hé bien Tsecoatl , il y en a qui disent qu’on ne se lève pas tôt en France et qu’on est des fainéants ... c’est un concours à qui regarde agora vox le plus tôt ... :))

      ceci dit je ne suis pas tout à fait de ton avis :

      Il y a en ce moment une foultitude de contrats qui sont des contrats d’insertion sans en dire le nom : on a eu les contrats jeunes ,les civis , les contrats jeunes en entreprise,les CAE, les CES , CEC sans compter le VIE volontariat international en entreprise ... une façon de ne pas payer un salaire à de jeunes diplômés en les envoyant à l’étranger ... (voir le site UBIFRANCE)

      Bref , on a mis les publics dans des cases si bien qu’à la sortie il n’y a plus aucune visibilité sur l’usage exponentiel qui est fait de ces multiples contrats.

      ou ... pour ce que j’en vois comme conseillère prud’hommale , il y a des dérives.

      Le RMI a toujours prévu une action d’insertion , seulement il faut reconnaître qu’elle n’a jamais été mise sérieusement en oeuvre.

      Si l’on peut avoir un système d’insertion avec un contrat unique encadré par des conditions d’utilisation bien définies on évitera de rajouter à la précarité des CDD et missions d’intérim ces multiples contrats plus ou moins justifiés.

      Pour autant je ne suis pas rassurée par le dispositif car je pense qu’il risque de tirer les salaires à la baisse par la multiplication des temps partiels : pourquoi payer un temps plein quand on peut avoir trois temps partiels subventionnés le complément étant fourni par le RMA ?

      Je pense que les sections syndicales devront dans les entreprises notamment de service mener une sérieuse bataille pour qu’on ne laisse pas dans un dispositif d’insertion des personnes qui ont fait leurs preuves depuis longtemps.

      et cela c’est l’utilisation du droit du travail collectif et le moins qu’on en puisse dire c’est que les salariés en France ne savent pas très bien le faire ...


    • Le Chacal Le Chacal 5 janvier 2008 13:28

      Vous me faites marrer avec vos 35h payées 39h. Et ceux qui comme moi sont arrivés sur le marché du travail après le passage aux 35h ? ou ceux qui ont changé de boulot entre temps ? Ils ont été payés 39h ? Rien du tout : nous avons eu nos 35h payés 35h avec annualisation du temps de travail, ce qui a fait que nous n’avons même pas eu d’heures supplémentaires.

      Encore une mesure phare de technocrates qui, déconnectés de a réalité du travail, n’ont pas su voir l’effet pervers de leur loi passée en force.

      Et le retour aux 40h (payées 35 ou pas loin, bien entendu) était prévisible...


    • 2 janvier 2008 11:23

      Bravo pour cet article qui pose la vraie question sur le pouvoir d’achat. Que sont les augmentations de la productivité devenues ? Bénéfices ou augmentation salariale ? Pour augmenter le pouvoir d’achat, plutôt que de demander à chacun de travailler plus, pourquoi ne pas commencer par augmenter les salaires, ou mieux, les aligner sur les bénéfices des entreprises ou sur l’augmentation de la productivité ? Une mesure pour le pouvoir d’achat des salariés et non seulement de ceux qui en ont déjà trop...


      • donino30 donino30 2 janvier 2008 12:06

        La remarque de Chris est pertinente, en particulier pour le maintien des salaires lors du passage au 35h que beaucoup ont oublié. Pour le reste, toutes les précisions de l’auteur semblent exactes et cohérentes. Mais la conclusion s’attache à un sempiternel dogme français, qui est que les augmentations de salaires doivent être obtenues par des réformes de l’état. Il n’y a qu’en France que l’on voit cela. C’est à la rigueur compréhensible pour les fonctionnaires, salariés de l’état, mais pour les autres c’est vraiment être complétement à coté de la réalité du monde dans lequel nous vivons.


        • carnac (---.---.227.134) 2 janvier 2008 12:14

          Je me permets de vous inviter à voir le commentaire chiffré et détaillé fait sur l’observation de Chris :

          oui les TPE et PME ont plus ou moins bien négocié leurs accords RTT mais en fin de compte et jusqu’à ce jour nous demeurons pour le taux de productivité horaire la troisième référence mondiale ce qui veut dire que globalement il y a bien eu gain de productivité mais que ni les salaires , ni l’emploi n’en ont vraiment profité.


        • donino30 donino30 2 janvier 2008 13:34

          « oui les TPE et PME ont plus ou moins bien négocié leurs accords RTT mais en fin de compte et jusqu’à ce jour nous demeurons pour le taux de productivité horaire la troisième référence mondiale ce qui veut dire que globalement il y a bien eu gain de productivité mais que ni les salaires , ni l’emploi n’en ont vraiment profité. »

          La France était déjà, selon des instituts et un mode de calcul il est vrai douteux, au hit parade de la productivité horaire avant les 35h. Il n’y a donc pas eu gain mais maintien de la productivité. Par ailleurs la définition même de la productivité mériterait un article tant elle est alambiquée. Voici un exemple :

          Supposons qu’un guichetier d’un organisme quelconque traite en moyenne 10 personnes par heure, en effectuant correctement et promptement son travail. Le lendemain même du passage aux 35h, il continue de tenir cette moyenne. Et bien selon la définition de la productivité, son salaire (contribution au PIB) ayant été maintenu, il est 15% plus productif du jour au lendemain, comme par enchantement. Je ne sais pas ce que les lecteurs en penseront, mais moi une telle définition, même si elle garde un sens, me parait difficilement exploitable pour une négociation.


        • Roland Verhille (---.---.69.242) 2 janvier 2008 14:51

          Domino30, excellente remarque, excellent exemple ! Ce qui est dit être productivité est en réalité coût du travail. Et ce qui est dit être salaire est aussi en réalité coût du travail. La véritable rémunération du travailleur, c’est le coût de son travail moins tout ce qui est prélevé par l’État (deux jours de travail sur trois) et qui ne fait pas d’euros dans le porte monnaie du travailleur. Oui, la France est championne pour le coût du travail, mais aussi pour les prélèvements. Ces confusions sémantiques suscitent des discussions dans le vide, car ne portant pas sur les réalités. Mais elles fournissent de quoi tromper tout le monde, y compris et surtout les travailleurs.


        • JPL 2 janvier 2008 16:35

          à donino30
          Supposons qu’un guichetier d’un organisme quelconque traite en moyenne 10 personnes par heure, en effectuant correctement et promptement son travail. Le lendemain même du passage aux 35h, il continue de tenir cette moyenne. Et bien selon la définition de la productivité, son salaire (contribution au PIB) ayant été maintenu, il est 15% plus productif du jour au lendemain, comme par enchantement. Je ne sais pas ce que les lecteurs en penseront, mais moi une telle définition, même si elle garde un sens, me parait difficilement exploitable pour une négociation.
          Cet exemple - ou ce calcul - est grossièrement faux : le calcul de productivité horaire est fait au niveau d’un pays en tenant compte du nombre d’heures travaillées et du PIB. C’est ce qui permet d’avoir un minimum de comparabilité internationale.
          Dès lors, si en diminuant (légèrement) le nombre d’heures travaillées en total consolidé (et estimé) on arrive quand même à maintenir plus ou moins la même production on a bien une (légère) augmentation de productivité horaire.
          Et cela n’a rien d’aberrant.
          Il est toujours loisible de critiquer les estimations d’agrégats utilisées (par ex. le PIB), comme pour toutes les statistiques macroéconomiques, mais c’est un tout autre débat.


        • carnac (---.---.227.134) 2 janvier 2008 16:49

          Donino , il est 15% plus productif votre guichetier mais comme il a un accord 35H payés 39H il a bénéficié d’une augmentation de salaire de 4H/39H soit environ 10% de son salaire : il reste donc en tout et pour tout 5% de productivité potentielle et là tout dépend des heures supp faites avant et après le passage à 35H .

          Si une annualisation des heures supp a été négociée deux cas peuvent se présenter : ou bien vous faisiez plus de 10% en moyenne d’heures supp par mois et vous perdiez à l’annualisation des heures supp donc votre patron gagne plus de 5% en productivité

          soit vous faisiez en moyenne moins de 10% d’heures supp et dans ce cas c’est vous qui êtes gagnant dans l’accord RTT ;

          Il faut croire que sur l’ensemble du territoire et tous accords RTT confondus globalement le patronat s’en est bien sorti puisque le fameux taux de productivité horaire n’a guère varié de la troisième place mondiale .

          Il faut donc se garder de prendre un cas pratique insuffisamment détaillé pour une généralité


        • xa 2 janvier 2008 17:05

          @donino

          non. l’exemple est erroné. Il fallait dire « un guichetier traitant 390 personnes par semaine/39h, et traitant 390 personnes par semaine après le passage au 35h ». Dans ce cas, effectivement sa productivité a augmenté de 15%. Le même guichetier avec maintien de son salaire, gagne alors 15% de plus par heure travailler (puisque son salaire est réparti sur 35h et non 39h).

          Mais s’il traite toujours 10personnes / h alors sa productivité n’a pas bougé, et pire, sa production est en chute libre (350p/semaine contre 390 avant).

          Ce qui devient drôle c’est quand vous avez les deux discours en face :
          - salarié : je travaille plus parce que je traite plus de dossier en moins de temps. le salarié n’est pas content parce qu’il ne gagne pas plus alors qu’il abat plus de travail à l’heure. En fait il fait la même chose en moins de temps.
          - l’employeur : les 35h c’est 15% de masse salariale en plus. Au final, la masse salariale et la production sont rigoureusement identique, donc ca ne change rien dans le bilan de la boite. Mais rapporté à l’heure travaillé, le cout salarial est 15% plus élevé (mais la productivité est aussi en progression).

          Reste au final :
          - qu’on ne travaille pas assez en volume : il faut soit individuellement travailler plus en maintenant le salaire horaire (donc salaire complet plus élevé) soit que plus de personne travaillent.
          - que la productivité (production / temps) est bonne en France, mais comme le volume de travail est trop faible, la production globale est faible (productivité * temps travaillé = production).

          Si votre guichetier traite 10 personnes / h, soit 350 par semaine. Alors le passer à 39h augmente votre production potentielle à 390 personnes. Par contre, recruter un guichetier de plus, c’est passer à 700 personnes sur 35h.

          Pour le PIB, il est équivalent de mettre 1000000 de personnes qui ne travaillent pas au travail à 30h /semaine que de faire faire 4HS/ Semaine à 7.5 millions de personnes. Pour les personnes, unitairement, c’est le contraire : les HS sont un supplément de revenu, alors que le fait de voir son voisin retravailler est, au mieux, reconfortant.


        • carnac carnac 9 janvier 2008 13:50

          @ donino

          précisément je n’attends rien du tout de l’Etat , je pense au contraire que chaque salarié est en capacité de faire valoir ses droits à revalorisation salariale à partir des bilans de son entreprise tels que publiés sur des sites comme societe.com

          Les salariés doivent être épaulés par les institutions représentatives du personnels en ce sens quand elles existent. Une revendication salariale est toujours plus facile à porter à plusieurs que seul.


        • Lise (---.---.85.87) 2 janvier 2008 13:14

          Personnellement, quand j’entends parler de productivité des salariés en France, cela me fais doucement rigoler. Pour avoir travaillée dans plusieurs entreprises, je peux vous dire que beaucoup de salariés sont effectivement sur leur lieu de travail 35 heures mais ne travaillent que 25 heures, entre les multiples pauses café, cigarettes, coups de fil perso, discussions avec les collègues, 3 heures pour déjeuner à midi, internet, facebook... et le pire c’est qu’ils n’en ont pas conscience. A mon sens, c’est ce qui explique la stagnation des salaires.


          • carnac (---.---.227.134) 2 janvier 2008 13:26

            Ce n’est pas parcequ’on a quelques contre-exemples autour de soi qu’il faut faire une généralité de son observation car la situation est fort différente dans les usines et sur les chantiers

            Le fait est que globalement notre productivité horaire est la troisième référencée au monde ... et que cela est tellement bien reconnu internationalement que nous sommes des champions de l’attractivité pour les capitaux étrangers.

            Par ailleurs, demandez vous pourquoi vos collègues ne sont pas des foudres de la rentabilité horaire ... peut-être parcequ’il s’estiment insuffisamment payés déjà pour ce qu’ils font ??

            On peut être démotivé à ne pas boucler ses fins de mois ...


          • Gilles Gilles 2 janvier 2008 13:58

            Lise

            « beaucoup de salariés sont effectivement sur leur lieu de travail 35 heures mais ne travaillent que 25 heures, entre les multiples pauses café, cigarettes, coups de fil perso, discussions avec les collègues, »

            Peut être, mais quelque soit le pays où l’on se trouve, je veux dire en « démocratie », ces comportements sont communs. L’américain, le british ou le suisse passe du temps sur le net et descend de sa tour pour fumer sa clope, voir discuter avec ses collègues autour de la machine à café(eh oui ça existe...)

            Donc votre remarque est inepte à partir du moment où elle vous sert de moyen de comparaison ou pour expliquer la stagnation des salaires...

            De plus les 35 heures n’ont rien changé à ces comportements qui existaient avant. Double Ineptie !


          • carnac (---.---.227.134) 2 janvier 2008 14:22

            Gilles, je confirme ton point de vue : pour avoir des enfants qui travaillent à l’étranger notamment aux USA et en IRLANDE , il y a toujours des relations informelles d’ailleurs utiles au bon déroulement du travail notamment lors de la pause café


          • donino30 donino30 2 janvier 2008 14:32

            @Carnac

            « ... et que cela est tellement bien reconnu internationalement que nous sommes des champions de l’attractivité pour les capitaux étrangers. »

            @Carnac

            Décidément toute la panoplie y passe. Pardon pour le cynisme, mais poursuivez svp : donnez moi un seul exemple, un et un seul, de capital étranger venu installer, ou aider à installer récemment un outil de production « significatif » (disons >500 emplois) en France, depuis les japonais à valenciennes il y a des lustres. Je parle bien d’un outil de production (logiciel, high tech, industrie, tout ce que vous voulez...), puisque nous avons une productivité mondialement reconnue, pas d’un outil de services, de distribution ou de loisirs. Un seul exemple. Vous en trouverez peut être, et là je serais impressionné.


          • carnac (---.---.227.134) 2 janvier 2008 14:49

            selon les chiffres de l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII), la France oscille selon les années entre la deuxième et la quatrième place mondiale pour les investissements directs étrangers entrants (IDE). Pour l’Institut de Lausanne « L’attraction française est concentrée dans quelques régions clés : l’Ile-de-France, Rhônes-Alpes, dans une moindre mesure la Côte d’Azur et la région toulousaine », « C’est particulièrement le cas depuis la mise en œuvre des pôles de compétitivité. Or l’Institut de Lausanne mesure la compétitivité de l’ensemble du territoire .

            Notre tissu industriel est racheté par des capitaux étrangers c’est incontestable et ils ne viennent pas pour rien : il se trouve que j’en ai l’exemple dans ma propre famille rachat d’une boite de 200 personnes dans le domaine pharmaceutique cotée au second marché par des capitaux made in USA.

            Cela ne crée pas forcément de l’emploi, je suis bien d’accord avec vous mais cela veut dire quand même que notre tissu industriel intéresse.

            Pour le développement de l’emploi il va falloir regarder du coté des principaux pôles de compétitivité - en tout cas Minalogic à Grenoble que je suis attentivement se porte bien.

            Je maintiens donc que la productivité française attire...


          • Gilles Gilles 2 janvier 2008 15:43

            Donino

            Pourtant ça fait des années, que même au jité de TF1, ont parle de cette fameuse troisième place française pour l’investissement étranger

            Je sais que ça doit heurter vos convictions, du style, les entreprises en France sont écrasées de taxes, les patrons pauvres et malheureux, l’esprit d’initiative bridé, mais la France c’est aussi :

            - un réseau de transport vaste, diversifié au coeur de l’Europe, proche de presque toutes les métropoles européennes

            - une main d’oeuvre qualifiée et bien formée (grâce aux impôts « insupportables », pour l’éducation, la formation professionnelle)

            - une main d’œuvre moins chère que certains de nos voisins car contrairement à ce que vous croyez ce n’est pas en France que le coût de la main d’œuvre est le plus élevé, loin de là.

            - un territoire attractif pour s’expatrier (à choisir entre Bradford et Lyon, ya pas photo...)

            - un service public encore utile.

            - et pour certains, des aides de l’Etat pour s’installer (et se barrer une fois les aides épuisées...) et payer moins d’impôts et de charges

            Et ça se sont des raisons invoquées par les Etrangers qui viennent investir en France !


          • donino30 donino30 2 janvier 2008 18:10

            @Carnac

            Globalement nous sommes donc d’accord, il s’agit de prises de participations dans les sociétés françaises, comme dans l’exemple que vous citez, pas d’investissement au sens où de l’argent est injecté pour créer de nouveaux emplois. Ils ne viennent en effet pas pour rien c’est indéniable, ils viennent chercher je suppose de la compétence, des brevets, un carnet de clientèle, éliminer un concurrent, etc. Par contre, il y a beaucoup moins de chance qu’ils injectent des fonds pour la création d’un nouveau pole de recherche pharmaceutique high tech, amortissable sur au moins 10 ans, par exemple.

            @Gilles

            Alors si le JT de TF1 est une référence, je m’incline smiley L’ennui c’est que vous ne pouvez pas citer un exemple concret, visible, palpable, significatif d’un de ces fameux investissements de production. Et c’est normal, car il n’y en a pas. Il ne peut plus y en avoir en provenance de l’étranger. Je ne parle pas de la distribution, comme IKEA, le service, comme Microsoft, ça c’est autre chose, mais dans le domaine de la production, quelle qu’elle soit, vous ne trouverez plus (jamais ?) rien depuis l’épisode Toyota.

            Pour aller dans votre sens, on a entendu à plusieurs reprises une certaine candidate à la présidentielle avancer l’argument de l’investissement étranger, numéro un en europe, dans les débats du même ordre que le nôtre. Mais elle pas plus que tout le monde ne pouvait citer le moindre témoin de cette incroyable attractivité. Cette légende vient tout simplement des prises de participation boursière de nos sociétés par les capitaux étrangers (300 millards en 2006), comme l’exemple d’ailleurs fourni ci dessus par Carnac, et ça c’est à mon sens plus une mauvaise nouvelle qu’une bonne. Cela ne génère strictement rien en terme d’emplois, sinon un éventuel manque à gagner sur l’impôt sur les sociétés, et d’éventuelles évaporations des sièges sociaux de notre pays.


          • Gilles Gilles 3 janvier 2008 10:11

            @ Donino

            « Cette légende vient tout simplement des prises de participation boursière de nos sociétés par les capitaux étrangers »

            Effectivement, si c’est le cas, c’est carrément une mauvaise nouvelle. Pire même on détournerait cette mauvaise nouvelle pour en faire un argument démagogique, auquel j’avoue m’être fait prendre

            Ce serait très intéressant de faire la part entre l’investissement productif, créatif et le spéculatif, prise de contrôle. J’ai un peu cherché comme ça et je n’ai rien trouvé.... Des idées ?


          • carnac carnac 3 janvier 2008 10:25

            @ gilles et donino : très difficile de faire la part entre les investissements spéculatifs et les investissements productifs : en fait pour chaque dépôt de bilan d’une entreprise il faudrait pouvoir vérifier si oui ou non elle avait été reprise par des capitaux étrangers.

            Et encore, après tout, si cette reprise était déjà ancienne , ce peut être un dépôt lié à une erreur de gestion et pas de la casse industrielle.

            J’ai écouté une émission de france culture sur le sujet mais un spécialiste des investissements défendait son point de vue et le journaliste n’avait pas plus que nous de données chiffrées vraiment fiables.

            Investissements productifs ou boursiers en tout cas ce qui n’est pas une légende c’est l’importance des masses financières en jeu et je ne vois pas pourquoi des investissements étrangers viendraient s’ils n’avaient aucun intérêt à le faire.

            Donc , je persiste, la France est attractive pour les capitaux étrangers ...

            Est-ce une bonne nouvelle ? je ne sais pas car ce sont peut-être les exigences de 15% de rentabilité annuelle qui plombent nos salaires ??


          • Lise (---.---.85.87) 2 janvier 2008 14:48

            Petite remarque : Je ne travaille pas dans le domaine de l’industrie ou du commerce où là il est bien évident que l’on peut difficilement quitter son poste de travail. Idem, pour le nettoyage, les travaux publics, etc .... Le phénomène que je décris, cependant, ne concerne pas seulement une poignée de collègues mais est plus ou moins généralisé (selon les services) dans le tertiaire (je n’évoque même pas la fonction publique). Bien évidemment, personne ne se sent concerné, mais c’est une réalité. Et cela n’a rien a voir avec les salaires où les conditions de travail... cela concerne aussi bien les smicards que les cadres moyens et aussi des petits chefs de service. Cela concerne juste des personnes démotivées mais qui ne connaissent pas la précarité et qui ne se rendent même pas compte de la chance qu’ils ont de travailler (de leur niveau de diplôme, par rapport aux jeunes qui ont un bac+5 et sont au chômage) et surtout quand ils ont 30 ans de boîte derrière. Alors oui, je persiste et signe, il y a toute une frange de la population en France qui est surpayée par rapport à son activité réelle. Et je ne parle pas du patronat mais des « classes moyénnes » (dont je fais partie).

            Désolée si cela dérange.

            2nde remarque :

            La productivité des français est une intox : ce n’est pas un mystère s’il n’y a pas de croissance dans notre pays.


            • carnac (---.---.227.134) 2 janvier 2008 14:57

              Lise : il n’y a pas de croissance en France : tout dépend ce que l’on calcule : un exemple : un accident sur la route fait un blessé c’est super pour la croissance , une voiture à réparer voire à changer, les soins au blessé très bon pour les médecins libéraux , l’industrie pharmaceutique en bénéficie également et on appelle cela de la croissance.

              Maintenant vous avez une vieille maman dont vous vous occupez chaque soir : pas de croissance car pas de contrepartie de ce travail réel et voilà pourtant un service qui couterait fort cher si la société devait prendre en charge votre maman ...

              Donc méfions-nous des chiffres de la croissance , comme des chiffres du chômage ...

              Maintenant je comprends parfaitement qu’une jeune femme motivée puisse regarder comme des bêtes curieuses des quadragénaires blasés .


            • titi 2 janvier 2008 14:56

              « La cotisation de l’entreprise pour votre retraite sur les heures supplémentaires s’analyse comme un »salaire différé".

              Votre affirmation est la négation même du principe de répartition !!!

              Non il ne s’agit pas d’un salaire différé. Il s’agit d’une cotisation à une « assurance vieillesse ». Comme une assurance vous ne savez pas si vous en aurez besoin ou pas. Dans le cas d’un décès prématuré ce « salaire » est perdu pour vous (évidemment) et pour votre famille... alors que si le salaire avait été immédiat...

              A la différence d’une assurance, vous ne disposez pas d’un contrat établissant les modalités d’application. Quel taux lors de la liquidation ? Existera-t-elle encore ?

              « Vous ne toucherez plus - sous forme de points de retraite supplémentaires - le salaire différé constitué par les cotisations patronales sur les heures de travail supplémentaires effectuées au cours de votre carrière. »

              Pour les salariés du privé étant donné les modalités de calcul, ces heures supplémentaires apportent rien ou pas grand chose. Ni dans le calcul du Salaire Annuel Moyen, ni dans le système de points supplémentaires.

              Par contre je vous suis gré de ce petit historique sur la réforme des 35h. Et de rappeler que les syndicats qui s’étaient opposés pendant des decennies à la flexibilité, n’y ont rien trouvé à redire lorsqu’il s’est agit de faire passer la pillule des 35h...

              En ce qui nous concerne, mon épouse et moi même, la grosse perte de salaire et de cotisations sur ces dernières années c’est justement cette loi sur les 35h. En effet, le temps de travail a été annualisé... Donc plus d’heures sup. Du coup les mesures de NS ne nous apporterons rien. Mais nous ne perderons rien de plus en cotisations et points retraite que ne nous ont déjà fait perdre les lois Aubry.

              Nous avons déjà perdu et ce n’est pas à NS que nous le devons.


              • carnac (---.---.227.134) 2 janvier 2008 15:14

                Tous les accords RTT qui ont été signé à 35H de travail effectif payés 39H et comme le soulignait notre premier contributeur ont généré une bonification de 10% du taux horaire salarial (soit 4H/39H)

                Il faut faire la balance entre ces 10% d’augmentation du taux horaire salarial et le nombre d’heures supp que vous faisiez à l’époque pour savoir si vous y avez gagné ou perdu. Si vous faisiez au delà de 39H plus de 10% d’heures supp chaque mois vous y avez perdu , mais à l’inverse si vous ne faisiez au delà de 39H de travail que 5% d’heures supp en moyenne mensuelle vous y avez gagné.

                Si dans votre entreprise un accord 35H payé 35H a été signé ... au bénéfice de votre employeur c’est que le rapport de force dans votre entreprise n’était pas en faveur des salariés.

                Il faut se demander pourquoi ? combien y avait-il de syndiqués dans votre entreprise à l’époque ?

                Nous avons deux sources de droit au travail , les droits individuels issus du code du travail et les droits collectifs issus de la négociation qu’elle soit au niveau national ou au niveau de l’entreprise .

                Au niveau national les accords pouvaient être des 35H payés 35H ou des 35H payés 39H cela devait se décider au niveau de chaque entreprise ...

                Quant aux droits à retraite vous conviendrez qu’ils se calculent en point qui donneront lieu à versement lorsque vous aurez atteint l’âge requis.

                Vous avez tous les ans un relevé de vos points retraite tout comme moi, ils seront indubitablement moindre maintenant que l’on ne cotise plus sur les heures supp.


              • (---.---.91.128) 2 janvier 2008 19:25

                Le nombre de syndiqués n’y change rien.

                Sur une société dont mon papa était délégué syndical, un accord 35h avait été proposé par la direction dans le cadre des « 35h loi De Robien ». Tous les syndicats avaient repoussé cet accord.

                Changement de majorité parlementaire.

                La direction a proposé le même accord plus tard dans le cadre « 35h loi Aubry ». Et là... magiquement... les syndicats n’ont rien trouver à redire. Et les représentants syndicaux ont été gentillement invités par leur syndicat à dire Amen ou à rendre leur carte.

                Les syndicats en France ne représentent qu’eux mêmes et leurs intérêts. Il fallait sauver le « soldat Aubry » et tous s’y sont mis.

                Concernant les 35h payées 39h. Il s’en est suivi une « modération salariale », jolie expression pour dire gèle de toute augmentation dans la plupart des entreprises.


              • (---.---.91.128) 2 janvier 2008 19:59

                Concernant le calcul des la retraite, il y a deux volet : le régime de base + complémentaire cadre ou non.

                Régime de base : Le calcul du salaire moyen va concerné uniquement les 20 meilleures années de la carrière. Le montant de la retraite sera de 50 % de ce salaire moyen. Donc avant que la sortie des heures supp de l’assiette des cotisation influe significativement sur le calcul du SAM... D’autant plus que pour les cadres au plafond de la SS, celà ne change absolument rien puisque ce qui excéde le plafond n’est pas pris en compte par le régime de base.

                Complémentaire : Là c’est vrai il y aura nécessairement des points en moins puisque moins de cotisation, mais ces points ne consistuent pas la totalité de la retraite mais une partie seulement : la complémentaire.

                Donc dire que le non paiement des charges va faire perdre beaucoup d’argent aux assurés... celà est à mettre en comparaison avec les changements des règles de calcul du régime de base (on parle de passer aux 25 meilleures années et non plus 20), et des aléas professionnels (pré-retraites).

                L’impact est non nul c’est vrai. Mais de là à dire qu’il est déterminant...

                Sur ce fil en général :

                Ce que je m’étonne, c’est du discours visant à dire « faire des heures sup » n’a pas d’incidence sur votre pouvoir d’achat immédiat et NS est un menteur, mais le fait qu’elles soient défiscalisées en aura un sur votre pension de retraite et NS spolie le travailleur.

                Autrement dit... les heures supp vous vous faire gagner 0 mais le fait de ne plus cotiser sur ces 0 va vous faire perdre tout plein sur votre retraite. smiley

                Tous celà n’est il pas un peu spécieux ?


              • carnac carnac 3 janvier 2008 10:37

                @ titi : comme vous le soulignez Titi , les heures supp sont également exonérées d’impots sur le revenu (du moins quand vous payez des impôts car de mémoire 53% de la population ne parvient pas en payer ...)

                il n’empêche à l’impact direct sur votre retraite personnelle il faut rajouter une baisse des moyens des services publics dont - par exemple - ceux dévolus à la recherche et à l’éducation supérieure éminemment créateurs des emplois de demain ...

                Donc on fout aussi en l’air l’avenir de nos enfants car les petits ruisseau des impôts font aussi les emplois de demain et cela on l’oublie trop souvent en focalisant sur les fonctionnaires sans réfléchir le moins du monde sur ce qu’on attend de l’Etat comme service .

                Personnellement j’attends que l’Etat favorise tout ce qui peut créer des emplois - c’est ma priorité -


              • (---.---.232.212) 2 janvier 2008 16:17

                Plus qu’un long discourt, je laisse à votre entière sagacité, cet article paru dans alternatives économiques, qui tend à démontrer que le travailler plus ne conduit pas imparablement a gagner plus,(du moins pour la nation) mais que l’organisation du travail et l’enrichissement collectif d’un pays tient plus a son organisation et a son mode de fonctionnement plutôt qu’aux nombres d’heures supplémentaires globalement faites.

                Travailler plus ne permet pas de gagner plus

                Le slogan « travailler plus pour gagner plus » a fait le succès électoral de Nicolas Sarkozy. Il structure désormais son action, notamment avec la loi sur les heures supplémentaires entrée en vigueur le mois dernier. Quelle est sa validité ? Que se passe-t-il dans les pays où l’on travaille effectivement plus qu’en France ? Les données de l’OCDE, le club des pays riches, concernant ses 28 pays membres livrent quelques éléments de réponse.

                La richesse créée clans un pays dépend à la fois de la qualité et de la quantité de travail qu’il mobilise. C’est la productivité horaire, c’est-à-dire la richesse produite, en moyenne, en une heure de travail, qui permet le mieux de mesurer la qualité de ce travail. Dans les pays riches, cette productivité est élevée : de l’ordre de 30 euros par heure travaillée. La quantité de travail dépend, elle, du nombre de personnes qui occupent un emploi et du nombre d’heures de travail que chacun réalise au cours d’une année. Le taux d’emploi, qui mesure la proportion des personnes qui travaillent parmi la population des 15-64 ans, est en moyenne de 68 % dans les pays développés. Le nombre d’heures travaillées se situe, lui, aux alentours de 1 700 heures par an et par personne, en incluant le travail à temps partiel qui fait baisser la moyenne.

                La productivité horaire combinée au nombre de travailleurs et à la quantité d’heures travaillées détermine donc la richesse créée dans un pays. Si 10 millions de personnes travaillent 1 700 heures avec une productivité horaire de 30 euros, alors le produit intérieur brut (PIB) sera de 10 000 000 x 1 700 x 30, soit 510 milliards d’euros. C’est cette richesse, divisée par le nombre d’habitants du pays concerné qui permet de mesurer si les uns gagnent ou non plus que les autres. Le « travailler plus » n’est donc en fait qu’une dimension d’une problématique plus large qui pourrait se résumer par le slogan : « travailler plus, travailler tous et travailler mieux pour gagner plus ».

                Mauvaise pioche

                En focalisant son discours sur un seul de ces trois facteurs, sans mentionner les deux autres, le président Sarkozy a-t-il fait le bon choix ? Pas vraiment. On vérifie en effet que, parmi les pays de l’OCDE, plus on mobilise les travailleurs, plus la richesse par habitant est élevée. De même, plus la productivité horaire est importante, plus riches seront aussi les résidents. En revanche, rien n’indique que cette richesse progresse avec la durée individuelle du travail. Au contraire, le « travailler plus » est plutôt une caractéristique des pays les moins riches. Ainsi, en Pologne, au Mexique, en Turquie, en Hongrie ou en Grèce, on travaille beaucoup, et plus qu’en France. Mais ces pays se classent aux dernières places en termes de richesse par habitant. A l’inverse, dans les pays où l’on gagne le plus, on a tendance à travailler moins, c’est particulièrement vrai aux Pays-Bas, au Danemark, en Allemagne ou en France. Autrement dit, les principaux facteurs qui déterminent le « gagner plus » sont le « travailler tous » et le « travailler mieux », mais pas le « travailler plus ».

                Ces résultats invitent à penser que, pour que la France devienne plus riche, il faudrait donc qu’elle améliore en priorité son taux d’emploi et sa productivité. Pour accroître le taux d’emploi, on peut envisager, par exemple, d’introduire davantage de souplesse sur le marché du travail en échange de plus de sécurité pour les salariés (la fameuse flexsécurité à la danoise), et d’assurer un accompagnement plus efficace des chômeurs vers l’emploi. La productivité est déjà élevée en France. Pour l’augmenter encore, il faudrait surtout être capable d’innover davantage et donc d’augmenter l’effort de recherche comme cela est régulièrement rappelé dans les rapports sur ce sujet. En revanche, le « travailler plus » ne semble pas de nature à répondre à ce dont un pays moderne a besoin pour permettre à ses habitants de « gagner plus ».

                La prime au « travailler tous »

                Dans un contexte où le chômage touche encore plus de deux millions de personnes en France, il est également intéressant de s’interroger sur le lien entre le « travailler plus » individuel elle niveau de l’emploi. En effet, on peut légitimement craindre que les heures supplémentaires des uns soient synonymes de manque d’emplois pour les autres. Et c’est bien ce qu’on observe dans les 28 pays de l’OCDE : « travailler plus » et « travailler tous » tendent à s’opposer. La Norvège, la Suisse, le Danemark, les Pays-Bas ou encore la Suède ont fait le choix du « travailler tous » : leurs taux d’emploi tournent autour de 75 % de la population en âge de travailler et sont les plus élevés au sein des pays de l’OCDE. Mais ces pays figurent aussi parmi ceux où on travaille le moins : autour de1 500 heures par an.

                A l’inverse, l’Italie, la Grèce, la Corée, la Hongrie, la Pologne, le Mexique et la Turquie sont des adeptes du « travailler plus » : on y travaille environ2 050 heures par an, mais seulement 55 % de la population en âge de travailler y occupent un emploi.

                Arithmétiquement, 1 500 x 75 % est pratiquement équivalent à 2 050 x 55 %. Autrement dit, les pays où l’on travaille beaucoup individuellement et ceux où l’on travaille peu affichent, en fait, à peu près la même quantité d’heures travaillées par habitant. Mais les pays qui ont fait le choix du .1 travailler tous » plutôt que celui du « travailler plus » ont une richesse par habitant plus élevée, preuve que cette réduction du temps de travail ne les a pas conduits à s’appauvrir, bien au contraire.

                Malgré les réserves qui viennent d’être exprimées, l’évolution démographique ne pourrait-elle pas justifier le slogan présidentiel ? Avec le papy-boom, de nombreuses personnes vont en effet quitter leur emploi, et la France risque de connaître d’ici quelque temps une pénurie de main-d’œuvre. Pour combler ce trou et éviter que le pays ne s’appauvrisse, il faudrait donc travailler plus, et l’adage sarko-zyen ne ferait que préparer dès maintenant les Français à cet avenir. C’est aller un peu vite en besogne, car il existe en France un important réservoir de main-d’œuvre. Il ne se limite pas aux chômeurs, encore très nombreux même si ce nombre a heureusement commencé à décroître de façon significative. Il comprend aussi les personnes, aujourd’hui inactives, qui pourraient revenir sur le marché du travail si la situation de l’emploi s’améliorait. Le taux d’emploi est actuellement de 62 % en France. S’il montait de dix points, l’économie du pays bénéficierait de près de 4 millions de travailleurs supplémentaires. Plutôt que de demander à ceux qui ont déjà un emploi de travailler plus, ne faudrait-il pas se préoccuper d’abord de ceux qui n’en ont pas, en se fixant comme objectif central le « travailler tous » ?•

                Brieuc Bougnoux (économiste et directeur du cabinet reverdy )


                • carnac (---.---.227.134) 2 janvier 2008 16:34

                  L’article d’Alternatives Economique sur l’intérêt du « travailler tous » pour améliorer la productivité horaire est particulièrement intéressant.

                  C’est aussi une autre façon de dire que le partage du travail visé par les 35H n’était pas si mauvais que cela d’autant qu’il n’a pas forcément été contre-productif grâce à la flexibilité supplémentaire obtenue par les entreprises qui nous classe désormais au 3ième rang mondial pour la productivité horaire.

                  Alors effectivement en disant cela vous n’êtes « pas politiquement correct » aussi, plutôt qu’une nième polémique sur les 35H ai-je préféré aborder ce sujet sous l’angle de la fiche de paie et de l’évolution du salaire horaire qui ne peut que pâtir de la loi TEPA.

                  Sous cet angle, difficile de faire passer pour une augmentation du salaire horaire ce qui est une diminution de la valeur nominale de ce salaire que notre productivité horaire ne justifie pas.

                  Pour moi , le « travailler plus pour gagner plus » est mathématiquement faux mais en plus il risque de limiter la création de nouveaux emplois ce qui est totalement contre-productif comme le démontre fort bien l’article d’alternatives économiques


                • haddock (---.---.2.29) 2 janvier 2008 16:21

                  gagner plus pour avoir plus ...


                  • Marsupilami Marsupilami 2 janvier 2008 16:47

                    @ Carnac

                    Bon article bien documenté. Le « travailler plus pour gagner plus » de notre hyperprésident est bien entendu un slogan vide de sens et en totale contradiction avec les tendances lourdes du marché de l’emploi. Sur ce sujet lire le dernier numéro de Courrier International qui consacre un très intéressant dossier intitulé « Travailler moins pour vivre moins et vivre mieux ». On peut aussi s’intéresser aux propositions de Pierre Larrouturou sur la semaine de 32 heures...


                    • carnac (---.---.227.134) 2 janvier 2008 16:53

                      merci pour ces références -


                    • Marsupilami Marsupilami 2 janvier 2008 18:16

                      @ Carnac

                      Horrible erreur de ma part : ce n’est pas « Travailler moins pour vivre moins et vivre mieux », mais « Travailler moins pour gagner moins et vivre mieux ». Mon anti-sarkozysme primaire, secondaire et tertiaire a quand même des limites...


                    • TSS 2 janvier 2008 18:08

                      pour la nième fois il faut faire remarquer à ceux qui vilipendent les 35h en parlant du passage de 39 à 35 comme d’un gain salarial qu’à cette occasion le salaire fut bloqué pendant 2 ans et que les heures sups passèrent de 25% à 10% !

                      à l’heure où certains trouvent normal de travailler plus pour cotiser plus est il normal qu’avec une technologie de plus en plus performante on se pose ce genre de question ?

                      a l’heure où chez lactalys 2 robots font le travail de cent personnes et moulent 250000 camemberts à la « louche »par jour et envoient ces 100 personnes au chomage ! ne serait pas normal de taxer ces machines dans une proportion qui permette à l’ouvrier moyen de travailler 35 et pourquoi pas 30h ?

                      une machine c’est un investissement rentable car grace à l’amortissement on minimise les impots et une fois amorti,c’est tout benefice !!alors taxons !!

                      ne nous a t’on pas fait miroiter au cours des années 60 que la mecanisation c’etait pour le bonheur de l’homme ? et que constate t’on !! exactement l’inverse . d’un coté des entreprises qui n’ont plus besoin de l’homme et de l’autre la culpabilisation systematique du chomeur !!


                      • (---.---.7.104) 2 janvier 2008 18:40

                        TSS , il faudrait être un peu plus nuancer car il y a eu toutes sortes d’accords :

                        certains, les 35H payés 39H ont été très favorables aux salariés.

                        Comme vous j’ai eu dans mon entreprise un « mi-figue, mi raisin » : 35H payés 39H mais deux ans de blocage salarial plus l’ouverture sans discontinuité de 8H à 18H à la clientèle mais à la sortie ... on a embauché 100 collaborateurs soit le 1/4 de l’effectif initial en plus et des jeunes gens qui seront formés lorsque nous babyboomers nous partirons.

                        Bon, ce n’est pas cela qui m’aide pour mes fins de mois mais quand même nous sommes bien mieux organisés et la boite est parmi les 5 plus performantes de notre secteur donc pour l’emploi c’est quand même positif.

                        Le blocage des salaires a lui duré pour des raisons réglementaires et parfaitement indépendantes des 35H beaucoup plus longtemps que 2 ans, c’est tout le problème dans notre secteur : 4 augmentations nationales en 10 ans évidemment que cela impacte le pouvoir d’achat...

                        Chez nous il y a eu gain de productivité malgré nos 100 recrues supplémentaires : nous avons considérablement réduit les impayés, fait rentré l’argent plus vite donc obtenu des ressources de placement que nous n’avions pas précédemment , reloué les logements très rapidement parceque les travaux sont aussi faits plus rapidement - donc maintenant il faudrait que les salaires suivent ce gain de productivité et sans heures supp parce qu’on ne peut pas jouer contre l’emploi de proximité que constitue notre organisme et qui est très apprécié des collectivités locales.

                        Il faut reconnaître que dans de plus petites structures les résultats n’ont pas forcément été aussi bons surtout quand il n’y a eu aucune discussion sur les questions d’organisation du travail.

                        Ceci dit globalement la rentabilité du salarié français est la troisième au monde ... il faudrait quand même qu’il y ait un juste retour de cela sur les salaires et indépendamment des heures supp qui de toutes manières ne peuvent pas régler le problème du pouvoir d’achat dans sa globalité


                      • Haddock (---.---.229.182) 2 janvier 2008 18:15

                        j’ en connais , ils gagnent plus ou moins et sont bien quand-même .


                        • deci 2 janvier 2008 20:33

                          Chapeau pour cet article, pourquoi n’entendons nous pas de commentaires d’une telle pertinence dans les propos du PS ? Je suis presque heureux d’avoir lu une bonne partie des réactions, je commençais sérieusement à désespérer, Dieu merci il existe encore du bon sens en France. NS et son équipe n’arrêtent pas de soutenir des idées farfelues et du côté de l’oposition et des médias pas de réplique, rien, le vide. Je réalise sur Agoravox que les français ont encore assez dintelligence et surtout savent argumenter et documenter leurs positions. Jour après jour la sarkomachine avance et nous sommes incapables de la stopper, de lire vos commentaires me consolent. Merci pour ces réactions de qualité.


                          • (---.---.144.116) 2 janvier 2008 21:18

                            ici une réaction super pertinente ; et pendant q’un seul ouvrier moulent 250000 calendos les 100 qu’il remplace bavassent sur agorax vox ou alors les 101 moulent 252550000 camenberts...bon tout le monde n’aime pas ce fromage et certain peuvent preferrer des fromages non moulés comme le roquefort par exemple pour lequel j’ai un faible. Notez je n’ai rien contre la normandie et je ne suis pas membre du syndicat des producteurs de roquefort mais estt ce que l’ouvrier mouleur de camemberts ne pourrait pas mouler autre chose que ce fromage et suivre une formation de coupeur de roquefort en tranche


                            • (---.---.144.116) 2 janvier 2008 21:19

                              ..c’est super excellent le roquefort...


                            • carnac carnac 3 janvier 2008 06:13

                              Les ex-mouleurs de camenberts ont en effet tout intérêt à suivre une formation professionnelle de qualité pour se reconvertir et il faut reconnaître que sur ce point nous ne sommes pas au TOP ;

                              Les idées de sécurisation des parcours professionnels ou de sécurité professionnelle devraient nous aider à améliorer les transitions entre deux emplois.

                              personnellement il me semble que notre contrat de travail devrait aussi prendre en compte la question de l’évolution des compétences : voir sur ce point l’article

                              http://www.agoravox.fr/article.php3 ?id_article=18482.php3?id_article=61


                            • 2 janvier 2008 21:22

                              ..personellement j’ai un faible pour le munster, mais le munster ne se moule pas comme le camembert...


                              • 2 janvier 2008 21:23

                                ..moi par contre c’est l’emmenthal et la c’est une affaire de trou plus que de moules


                              • 2 janvier 2008 21:25

                                ..remarquez les moules avec des frites c’est bon aussi mais ça nous éloigne du sujet


                              • Haddock (---.---.192.13) 2 janvier 2008 21:26

                                Perso c’ est le Chaource , un con promis entre l’ Ourse et le Chat ...


                              • carnac carnac 3 janvier 2008 06:41

                                hé bien c’est le printemps avant l’heure ... nos matous sont en verve ... bon c’est proche du travailler moins pour avoir d’autres espaces à découvrir ... mais le sujet c’est quand même travailler plus pour gagner moins et c’est nettement moins drôle :((


                              • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 2 janvier 2008 22:38

                                Un commentateur demande : Que sont les augmentations de la productivité devenues ?

                                La réponse est dans l’article publié sur AgoraVox qui explique où est la tromperie : « Mondialisme, meilleure productivité, durée de travail accrue : à qui cela profite ? ». Lien :

                                http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=24555

                                Cet article explique à qui profitent le nivellement vers le bas des acquis sociaux européens, dans le contexte d’alignement mondialiste des conditions de travail au niveau planétaire.


                                • ZEN ZEN 3 janvier 2008 08:03

                                  Le détricotage du droit de travail , déjà bien entamé, est une préparation à à l’arbitraire en matière de rémunérations :

                                  http://www.marianne2.fr/En-France-on-nettoie-le-Code-du-Travail_a82484.html?PHPSESSID=67325b0235158360f50e9a1cf3fde134


                                  • saulay (---.---.168.105) 3 janvier 2008 09:34

                                    Travailler plus pour avoir plus de pouvoir d’achat.D’abord le pourvoir d’achat c’est quoi !!! la possibilité avec une somme égale d’acheter plus exemple si avec 10€ je peux acheter 4 kg de patates plus de pouvoir c’est 10€ pour 4,200kg cela veux dire que le prix des patates à diminués. si je travaille plus, je peux dépenser plus ou, et c’est la que le système devient intéressants je peux payé plus cher et en avoir un peu plus pouvoir d’achat 12€ 4.2kg de patates le pouvoir d’achat à bien augmenté mais les patates sont plus chères. travailler plus pour plus de pouvoir d’achat rien n’a était inventé depuis la nuit des temps cela est vrai si tu gagne plus tu peux dépenser plus donc acheter plus si les prix sont stables ou inférieur a l’augmentation du pouvoir d’achat et la aussi c’est toujours aussi vrai pas de vrai révolution. les heures supplémentaires payées c’est pareils cela existé déjà depuis bien longtemps les chiffres contrairement au mots sont des réalités que l’ont peut manipuler à désire. le soucis de l’interprétation des chiffres c’est que c’est dernier ne peuvent être compris que par des mots le chiffre en lui seul ne veut rien dire si nous ne savons pas comment il a était obtenu. de toute façon quoi que les pouvoirs politique décide ou déciderons le coût de la vie ne cessera d’augmenter sauf si nous devenons raisonnables, un terme que les humains que nous sommes ne semble pas connaître si nous travaillons plus dons payés plus pour plus d’heures donc pour le patron un coût plus cher d’où une productivité plus grandes, plus de vente plus d’achat plus de dépenses et ainsi de suite sauf si nous vendons à d’autres mais aussi ça coince car si les autres achètent ils leurs faut du pouvoir d’achat dons travailler plus et nous revoilà revenu au départ. pour finir plus pour plus c’est illusoire, de la fumée pour que nos yeux ne voit plus la réalité « déjà que beaucoup porte des lunettes »nous sommes manipulables,manipulés,nous manipulons nous connaissons les problèmes nous les analysons nous trouvons des solutions qui à leur tour entraînent de nouveaux problèmes.


                                    • (---.---.146.50) 3 janvier 2008 10:34

                                      à l’imbecile de 21h18

                                      lactalys n’etait qu’un exemple que l’on peut reproduire à l’infini ! tous ces gens licenciés c’est la collectivité de ceux qui travaillent(de+ en + rare) qui avec leurs impots subviennent à leurs besoins en lieu et place des employeurs .Ceux ci avec des machines dociles et sans frais car non taxées font de super benefices selon le principe moteur du liberalisme :« privatisation des benefs,mutualisation des pertes ».

                                      car tous ces employeurs et pro liberaux qui chantent« il faut se liberer du carcan de l’etat » viennent pleurer dans son giron au moindre pepin en reclamant des aides !!


                                      • Fred 5 janvier 2008 15:00

                                        Je vois beaucoup de personnes qui se plaignent des patrons et des faibles salaires. Mes collegues majoritairement socialistes ont a peu pret les memes propos ; cependant quand je leur demande combien ils paient la nounou de leur bebe (sachant que la moitie est defiscalisee, merci les celibataires) ils me repondent tous que c’est sur la base du smic. Je trouve ca interessant qu’ils ne cherchent pas a payer leur nounou plus que le minimum avec leurs propos. Quand je leur dis que ca permet aussi de defiscaliser, ils me disent que c’est normal car ils emploient quelqu’un, encore un discours de droite. Comme quoi quand on est a la place du patron malgre les beaux discours on reagit de la meme maniere.


                                        • carnac carnac 9 janvier 2008 14:04

                                          @ fred

                                          concernant les emplois de proximité on a un vrai problème de financement alors que ce sont des emplois potentiels en grand nombre :

                                          quelles sont les familles qui peuvent aisément compte tenu de leurs ressources payer un bon salaire à leur nounou : dans les résidences HLM que je gère pratiquement aucune si bien que des enfants encore très jeunes sont livrés à eux mêmes lorsque les parents travaillent .

                                          Objectivement si les parents avaient une "juste rémunération" 1 - ils pourraient avoir une nounou et ce serait de l’emploi 2- ils pourraient la rémunérer correctement.

                                          Il ne faut pas confondre la cupidité de certains de quelques bords qu’ils soient au réels problèmes de financement des emplois de proximité.

                                          Le problème est le même pour l’aide aux personnes dépendantes et que voulait faire notre gouvernement : supprimer le financement public de ces emplois ...


                                        • (---.---.193.139) 5 janvier 2008 15:11

                                          Notre productivité est obtenue par le travail effectué dans des pays comme le Vietnam . Les chiffres doivent pouvoir indiquer que la comptabilité de certaines matières est un peu faussée par des pb de taxes et ou impôts. Il existe des allées et retours qui ne sont que des venues pures et simples en France. Voilà pour la «  » Productivité Compétitive«  » et les chiffres donnés !

                                          Ce qui n’est pas fabriqué en France ne peut profiter à des Français ...voilà une autre vérité.

                                          Monsieur Hollande a clamé que « la France est un pays sans le sous » comment peut-on espérer avoir plus qu’avant ? Nous pouvons encore plus ou moins bien manger , c’est déjà pas mal . Mais, il faudrait pouvoir remonter Notre Pays. >>>Ou bien, cette affirmation de Monsieur Hollande ,encore jamais démentie, est fausse !<<<.


                                          • carnac carnac 9 janvier 2008 14:06

                                            oui à mon sens la consommation "de proximité" peut favoriser l’emploi "de proximité" et nous avons sans doute à nous interroger sur le contenu de nos caddies


                                          • tektek93 (---.---.9.162) 6 janvier 2008 11:28

                                            Bonjour , lecteur habituel d’Agoravox c’est la première fois que je lance un commentaire sur un article. Je suis entièrement d’accord avec la formule « travailler plus pour gagner moins »qui bien sur n’est qu’une formule mais résume assez bien mes sentiments. Puisque nous avons eu des « Grenelle »sur tout (le général De Gaulle parlait de comité Théodule) , revenons à l’original : un Grenelle des salaires. Je suis sur que notre Président et ses ministres(les bien notés, pas les autres) agréeront cette proposition.


                                            • tvargentine.com lerma 6 janvier 2008 15:17

                                              Reconnaissons que cette loi des 35h Aubry aura été une machine à gaz qui aura pénalisé de nombreuses entreprises et d’hopitaux et qu’au lieu d’apporter une liberté supplémentaire elle n’aura apporter que des contraintes pour les salariés et un statut de travailleur pauvre.

                                              L’erreur du Président Nicolas Sarkozy c’est de ne pas avoir le courage d’abroger cette loi et de la remplacer juste par 1 seul article de loi

                                              ARTICLE 1 - La durée du travail hebdomadaire en France est de 35 heures.

                                              Voila,pas besoin de dépenser 28 milliars d’euros d’exonération de cotisations sociale et la liberté pour les salariés de travailler au dela avec exonération totale de charges sociales (ce qui permet à l’entreprise d’être compétitive face à des pays à bas cout ou au travail au noir d’entreprises fictives)

                                              C’est vraiment simple à faire et cela permettra à la France de retrouver le chemin d’une croissance de l’emploi qui partent actuellement en délocalisation au Maroc ou ailleurs à cause des contraintes « sociales » qui n’ont apporté aux salariés que des contraintes


                                              • Harald 6 janvier 2008 16:26

                                                « C’est vraiment simple à faire et cela permettra à la France de retrouver le chemin d’une croissance de l’emploi qui partent actuellement en délocalisation au Maroc ou ailleurs à cause des contraintes »sociales« qui n’ont apporté aux salariés que des contraintes » "

                                                Quelqu’un a t-il compris ce galimatias ? smiley


                                              • Vincent Marot 7 janvier 2008 21:48

                                                Bravo pour votre article. Le malheur est que les slogans les plus simples ont beau être faux, ils sont les plus durs à démonter, surtout s’ils sont relayés sans critique par les medias et laissés en friche par les dirigeants nationaux du PS... Pour compléter ce que vous avez déjà très bien dit, 3 références à propos :

                                                - hors-série Alternatives Economiques « Les chiffres de l’économie 2008 » (p41, « à quoi sert l’argent public »). Dans la comparaison France-USA, « les dépenses d’éducation et de santé prises en charge par l’Etat ou la protection sociale augmentent le budget des ménages de plus de 20% en moyenne »

                                                - article du Monde du 15/11/07 (« Les inégalités de revenus persistent en France selon l’Insee ») : « C’est le système de redistribution qui permet de corriger les inégalités. Le jeu des prélèvements et des prestations »réduit ainsi le niveau de vie des 20 % les plus élevés de 22 % en moyenne" et fait grimper de 40 % le niveau de vie des 20 % les moins aisés, a calculé l’Insee. Mais, entre 1996 et 2006, « la baisse globale du poids des prélèvements, en particulier de l’impôt sur le revenu, a profité davantage aux plus aisés », alors que les prestations, qui bénéficient aux ménages les plus modestes, « en revanche ont peu évolué ». Les minima sociaux et les allocations logement représentent respectivement 12,4 % et 15,1 % du niveau de vie des 20 % de personnes aux revenus les plus modestes, qui bénéficient de près de 80 % des montants de ces prestations. "

                                                - et pour finir, cet article de Jérôme Guillet, polytechnicien et banquier, paru dans le Monde le 10/09/07, qui confirme la culpabilisation infondée des français et du système social français, et l’inversion incroyable des valeurs opérée par la droite, qui finit par associer archaïsme à justice sociale, et qui, tout en dévalorisant le travail, s’approprie cette valeur :

                                                Non, la France n’est pas en déclin

                                                A l’image des propos annonçant la constitution de la commission Attali, il est bien difficile aujourd’hui de trouver, dans les médias tant nationaux qu’internationaux, un commentaire sur l’économie française où manquent les mentions obligatoires de son déclin, de la faiblesse de la croissance, ou de la persistance d’un chômage de masse. De tous côtés, les « réformes » sont présentées comme une urgente nécessité. Ce mot « réformes » est devenu un nom de code plus ou moins explicite pour un programme à sens unique : libéralisation d’un marché du travail considéré « trop rigide », via l’assouplissement du code du travail ; baisse des charges sur les entreprises ; allégement du contrôle de l’Etat, et, naturellement, baisse des impôts. Des travailleurs plus flexibles et moins chers seraient plus facilement embauchés, ce qui améliorerait la compétitivité des entreprises et leurs profits, sur le modèle anglais ou américain. Et, évidemment, les 35 heures tant décriées, cette « aberration économique », doivent être éliminées afin de remettre la France au travail. Le problème est que ce programme, qui sert bien les intérêts des actionnaires et des dirigeants d’entreprise, se fonde sur une description extrêmement partielle et partiale de la réalité. Le leitmotiv du déclin prend généralement appui sur la croissance plus faible de la France et sur la baisse relative de son PIB par habitant, comparé à ceux de pays comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis au cours des dernières années. Or cette description tronquée de la réalité ne tient pas compte de la distribution des richesses et de l’augmentation extraordinaire de l’inégalité dans ces économies censées servir de modèles. En fait, toute la richesse créée dans ces pays a été captée par une tranche étroite de la population. Les revenus médians sont stagnants, alors que les revenus des 0,1 % les plus riches de la population augmentent en flèche, au point d’être passés de 2 à 7 % des revenus totaux en moins de vingt ans aux Etats-Unis, selon les chiffres de la retentissante étude de Piketty et Saez. Ces 5 % supplémentaires captés par les plus riches sont équivalents à l’appauvrissement relatif des Français (dont le PIB par tête est passé de 78 % à 72 % de celui des Américains sur la période, en moyenne), ce qui veut dire que la croissance économique a été identique en France pour les 99,9 % les moins riches de la population... L’accroissement des inégalités se constate également à l’autre bout de l’échelle des revenus, où l’on note un taux de pauvreté infantile de 7 % en France, de 16 % au Royaume-Uni (le double de celui en 1979) et de 20 % aux Etats-Unis (sans oublier les 15 % d’Américains qui n’ont aucune couverture maladie). Il est compréhensible de défendre la liberté d’entreprendre et de bénéficier des fruits de leur travail pour les membres les plus dynamiques de la société. Mais cette liberté accordée sans contreparties s’accompagne inévitablement de fractures sociales bien plus marquées qu’en France. Le choix d’un niveau élevé de solidarité et de redistribution modère les revenus des plus riches, soit, mais pas ceux des autres, ce qui est moins souvent évoqué. Des études comme celles de la banque UBS démontrent qu’un Français de revenu modeste ou membre des classes moyennes ou même aisées profite plus de la croissance modérée de l’économie française que son cousin américain profite du dynamisme de son pays. Il semblerait donc que, sur le plan des revenus, les très riches forment le seul groupe qui bénéficie des « réformes ». Mais cette conclusion ne fait-elle pas bon marché du chômage dont souffre la France ? Tout dépend de ce qu’on mesure. Ainsi, parmi les hommes de 25 à 54 ans, 87,6 % avaient un emploi en 2004 en France et 87,3 % aux Etats-Unis, selon les chiffres de l’OCDE. Et pourtant, le taux de chômage pour cette catégorie était alors de 7,4 % en France et de 4,4 % aux Etats-Unis. La ligne séparant chômage d’inactivité n’est visiblement pas mise au même endroit dans chaque pays... De même, le chômage des jeunes touche 8,4 % des 15-24 ans en France, contre 5,5 % au Danemark, 7,6 % aux Etats-Unis et 7,5 % au Royaume-Uni, donc pas de quoi crier à la faillite du modèle. Certes, le taux de chômage est nettement plus élevé, mais cela reflète essentiellement le fait que la population active est plus étroite dans cette classe d’âge en France, notamment parce que moins de jeunes trouvent nécessaire d’occuper un emploi tout en poursuivant leurs études. Nouvel argument : les Français travaillent moins, nous dit-on. Ce n’est pas vrai. Les travailleurs français effectuent 37,4 heures par semaine en moyenne, contre 35,6 heures au Royaume-Uni. Les employés à temps-plein travaillent effectivement moins longtemps en France (40,9 heures, contre 43,2 heures en 2005), mais le nombre élevé d’emplois à temps partiel baisse la moyenne britannique ; le nombre d’heures totales travaillées dans les deux pays est à peu près équivalent, pour des populations similaires. Dire que les Français travaillent moins est donc tout simplement faux. Par ailleurs, la France a créé autant d’emplois que le Royaume-Uni au cours des dix dernières années : 2,5 millions. La seule différence est que, au Royaume-Uni, la création de postes a été très régulière, alors qu’en France, la quasi-totalité de ces emplois a été créée entre 1997 et 2002, c’est-à-dire précisément au moment de la mise en place des 35 heures et alors que la croissance mondiale a été plus forte durant les cinq dernières années. Plus remarquable encore, la France a créé plus d’emplois dans le secteur privé (+ 10 % entre 1996 et 2002, selon l’OCDE) que le Royaume-Uni (+ 6 %) ou les Etats-Unis (+ 5 %). En fait, le Royaume-Uni n’a créé quasiment aucun emploi net dans le secteur privé depuis près de cinq ans, mais a bénéficié de l’augmentation très forte des emplois dans le secteur public. Cela reflète le fait que les croissances anglaise et américaine reposent très largement sur l’augmentation de la dépense publique, qui a littéralement explosé sous Blair et Bush, passant de 38 % à 45 % du PIB au Royaume-Uni et de 34 % à 37 % aux Etats-Unis entre 2000 et 2006. Dans le cas britannique, cette relance keynésienne (centrée sur les secteurs de l’éducation et de la santé) s’est faite grâce à l’augmentation des impôts et à la cagnotte du pétrole de la mer du Nord, tandis que l’administration Bush a procédé (pour payer sa guerre en Irak) à une augmentation sans précédent de la dette publique comme de la dette privée, la plupart des ménages se voyant obligés d’emprunter pour compenser la stagnation de leurs revenus. Mais dans ce cas-là, semble-t-il, il s’agit de « dynamisme ». Il paraît cependant légitime de se demander quelle partie du modèle anglo-saxon nous sommes conviés à copier... Evidemment, il ne s’agit pas de dire que tout va bien en France, ni qu’il n’y a rien à changer. Mais le mot « réforme » est maintenant porteur d’un tel agenda idéologique qu’on aurait sans doute tout à gagner à l’exclure de tout discours qui se voudrait sincère. A moins, bien entendu, que nous soyons tous déjà d’accord sur l’objectif : faire baisser les revenus des travailleurs les plus modestes afin de réduire le fardeau qui pèse sur les quelques happy few en haut de l’échelle des revenus. Il est tentant de se demander si le feu roulant qui tend à déprécier l’économie française provient de ceux qui ne supportent pas l’existence d’un modèle social différent. S’il est possible d’assurer la prospérité de presque tous en décourageant la concentration de la richesse entre quelques mains, cela élimine le principal argument des partisans du capitalisme débridé. Comme l’a dit le milliardaire Warren Buffett, les riches aux Etats-Unis mènent - et gagnent - la lutte des classes. Il serait temps de noter qu’ils n’agissent pas dans l’intérêt de tous, mais uniquement dans le leur.


                                                • carnac carnac 9 janvier 2008 13:40

                                                  Je vous remercie de ces compléments d’information .

                                                  Les négociations actuelles des partenaires sociaux sur la fluidification du marché du travail m’amènent à proposer à AGORA VOX un article intitulé : TOUS PRECAIRES : le "contrat de projet."

                                                  J’espère qu’AGORA VOX le publiera car ce nième contrat proposé par le MEDEF est , à mon sens, destiné à devenir le principal contrat en remplacement du CDI aggravant encore la pression sur les revenus salariaux.

                                                  Dans l’hypothèse d’une toute prochaine publication de cet article, je serais contente de pouvoir compter sur votre aimable contribution.

                                                  si cet article n’est pas publié , il m’est possible de vous l’envoyer par mail.


                                                • Vincent Marot 7 janvier 2008 22:44

                                                  L’article de Jérôme Guillet copié lourdement ci-dessus est plus digeste avec ce lien :

                                                  http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1301

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