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Trump, Bolsonaro : l’alternance sans alternative économique

L’ascension de Corbyn ou de Sanders dans le monde anglo-saxon démontrait l’émergence d’un discours économique marquant une vraie rupture avec la vague oligolibérale à l’œuvre depuis quatre longues décennies. Mais cette remise en cause économique est pour l’instant rarement gagnante électoralement, comme le montre les victoires de Trump aux Etats-Unis et Bolsonaro au Brésil.

 

Choisir au sein du cadre oligolibéral
 
Depuis deux ans, monte d’Amérique un message complexe. Les inégalités sont souvent proches de leur plus haut historique, les conflits d’intérêt pullulent, un ras-le-bol vis-à-vis de la violence et de l’immigration s’exprime, sur fond d’une réhabilitation de la nation. Au Brésil, les succès des années Lula pour un meilleur partage des fruits de la croissance ont fini par passer au second plan de la violence endémique du pays et de la récession provoquée par les politiques austéritaires de Temer, arrivé au pouvoir après la destitution de Rousseff. La victoire de Bolsonaro apparaît comme l’expression d’une forte volonté de changement, ses provocations crédibilisant sa différence, comme Trump au Nord.
 
Bien sûr, les pauvres ont continué à préférer le candidat du PT, mais on peut se demander si nous ne sommes pas dans une configuration proche de celle des Etats-Unis de Trump, où la moindre avance de la gauche dans les classes populaires a scellé sa perte. Le contexte n’en reste pas moins différent, dans la mesure où une part probablement plus importante des classes supérieures a soutenu Bolsonaro, quand le caractère de Trump en avait éloigné une part plus importante. Le nouveau président du Brésil a été soutenu par les classes supérieures et les élites du pays, sur base d’un programme très libéral de privatisations, de baisse des déficits, ou de retraites par capitalisation.
 
Aux Etats-Unis, l’équation Trump est complexe. Il a réussi à réduire significativement l’avance traditionnelle des démocrates auprès des classes populaires blanches, pour lesquelles les années Clinton et Obama ont montré qu’il n’y avait pas grand chose à attendre des démocrates, leur condition continuant de se détériorer. Son style est un signe de changement bienvenu pour beaucoup, même si son programme fiscal n’est qu’un copier-coller des mesures de Georges Bush, et de Reagan encore avant lui. Et si des droits de douane ont été mis en place avec la Chine, ils restent assez modérés, et un accord a été trouvé avec le Canada et le Mexique, relativisant ses discours protectionnistes.
 
Mais le problème avec cette évolution est que nous passons d’une alternance entre modérés de la pensée unique à une alternance entre oligolibéraux libertaires pseudo ouverts et oligolibéaux conservateurs, sans possibilité de véritable changement économique. En somme, l’émergence d’un courant plus identitaire et conservateur, s’il permet une expression démocratique sur certains sujets, pour peu qu’il ne s’agisse pas d’esbrouffe, solidifie l’emprise oligolibérale, comme le montre le Brésil, où Bolsonaro va prolonger et accentuer bien des politiques de Temer, économiquement. En somme, cette vague conservatrice pourrait bien nous faire prendre du retard sur la réfome économique.
 
 
Le choix de NDA en 2017 est à ce titre très intéressant. Suivant le vent du moment, il a viré de bord pour rejoindre le courant libéral-conservateur, rompant avec un discours alternatif sur l’économie comme l’Europe. Cette évolution est celle sur laquelle mise Macron, avec son discours effarant sur les années 1930. Mais les peuples pourraient finir par chercher une alternance économique ailleurs.

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6 réactions à cet article    


  • Christian Labrune Christian Labrune 14 novembre 10:30

    à l’auteur

    L’ascension de Corbyn dans une Angleterre actuelle bien perturbée et aussi déboussolée que la France actuelle rappelle surtout « l’irrésistible ascension » d’une autre crapule du même tonneau dans l’Allemagne des années 30.


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 14 novembre 10:52

      Le problème posé par cet article va beaucoup plus loin que la situation du Brésil et des USA.


      C’est aussi toute la population européenne qui risque de choisir prochainement un très sain rejet des destructeurs actuellement aux pouvoirs politiques et médiatiques dans les pays dominants comme la France et l’Allemagne, mais en conservant l’économisme, principale cause du désastre humanitaire.


      Voire en l’aggravant.


      • Spartacus Spartacus 14 novembre 16:02

        Encore un article erroné sur les réalités. 

        Le programme de Bolsonaro est au contraire très différent du passé.

        Le programme Bolsonaro économique est un condensé de ce qui a transformé le Chili en miracle chilien et en a fait le tigre économique de l’Amerique du Sud.

        Guedes le prochain ministre va vendre 147 entreprises publique, et avec rembourser 30% de la dette de l’état.

        Mettre fin au déficit  au déficit budgétaire de 7%

        et imposer une balance des dépenses positives.

        Simplification radicale du système fiscal brésilien, l’un des plus complexes au monde en système Flat tax unique.

        Réforme du système de retraite et passer une grande partie à la capitalisation.


        Autre erreur sur la réalité :

        le Brésil a fait des réformes de libéralisation entre 1995 et 2002. L’inflation a été jugulée. Les investissements ont étés libérés.

        Lula présenté comme le « sauveur », par les bobos n’a ne fait que gérer la situation de son prédécesseur et s’en est mis plein les poches.

        Le candidat du PT opposé à Bolsonaro dirigeait le pays vers un Venezuela bis. Proposait de libérer le voleur sans scrupules de Lula



        • Désintox Désintox 14 novembre 22:55

          En effet, il n’y a rien à attendre de bon de ces dirigeants.

          Les États Unis sont dans une impasse absolument effrayante. La misère et la violence s’y développent, la santé des gens se dégrade, l’espérance de vie baisse, les catastrophes se multiplient.

          Bolsonaro au Brésil, cela sera probablement encore pire. La forêt amazonienne va disparaître, des épidémies apparaîtront. Avec Lula, le Brésil se développait. Il va redevenir le pays misérable qu’il était du temps des dictatures militaires.

          L’exemple de ces deux pays nous montre que le capital estime maintenant que la démocratie est incompatible avec le néo-libéralisme.


          • Cadoudal Cadoudal 15 novembre 00:10

            @Désintox
            Je suis viré de chez le touriste groschouplon, donc je te renvoie à la définition de Jack lang :

            @Aéroclette
            Le souchien ? Qu’est-ce que c’est ?

            Vous voulez dire : le sous-chien ?

            Je ne comprends pas.

            affirme avoir fait usage du néologisme « souchiens » pour désigner les « Français de souche », les « Blancs »26

            N’importe quel Blanc, le plus antiraciste des antiracistes, le moins paternaliste des paternalistes, le plus sympa des sympas, devra subir comme les autres.

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Houria_Bouteldja


          • Pierre Régnier Pierre Régnier 15 novembre 11:01

            @Désintox

            L’économisme décomplexé (le « néo-libéralisme », le productivisme et le capitalisme poussés à l’extrême...) est incompatible avec la démocratie.


            On voit bien en ce moment, en France même, que ses partisans au pouvoir n’en veulent pas, et ses adepte (gouvernants, journalistes des grands médias, fausse Gauche...) font tout pour présenter un éventuel choix démocratique lors des élections européennes comme une horreur.


            Mais le problème, gravissime, est qu’en France et en Europe les opposants, comme les politiciens aux pouvoirs aux États Unis, et maintenant au Brésil, sont eux aussi favorables à l’économisme décomplexé plutôt qu’à l’indispensable socialisme écologiste.

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