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Vers la fin de Bretton Woods et de l’hégémonie du dollar  ?

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​Introduction — Bretton Woods et le roi dollar

Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Accords de Bretton Woods ont marqué la fin progressive de l’étalon-or et la mise en place d’un nouveau système financier international après 1944. Pour structurer ce nouveau monde, différentes institutions ont émergé à cette époque : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) soit une des composantes de la Banque mondiale, le Fond monétaire internationale(FMI) et la signature de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (mieux connu sous le sigle anglo-saxon de GATT) qui donna naissance à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995. L’objectif étant d’ouvrir, unifier et uniformiser les économies du monde sous l’égide d’un unique totalitarisme financier où le dollar US est directement indexé sur l’or. En 1971, les États-Unis mettent fin à la convertibilité du billet vert en or ce qui sonna l’avènement du dollar en tant que première monnaie de réserve à l’international. Récemment, ceux qui ont remis en cause le système dollar sans moyen militaire conséquent ont plutôt mal fini (Saddam Hussein en Irak, Mouammar Khadafi en Libye ou encore Bachar Al-Assad en Syrie qui étudiait une mise en place de l’euro à la place de la devise US en 2006). La donne diffère lorsque la Russie et la Chine travaillent à faire émerger une alternative monétaire internationale. Retour sur les évènements marquants de cette année 2018 à propos de la «  dédollarisation  » du monde.


La Russie contre l’étalon dollar

Actuellement, environ 70 % des transactions commerciales mondiales utilisent le dollar, tandis que 20 % sont réglés en euros, et le reste en yuan et autres devises asiatiques. La Russie s’émancipe peu à peu de la mainmise du billet vert. Début 2018, le Ministère russe des Finances a planifié pour la première fois la vente de la dette russe sous forme d’obligations libellées en monnaie chinoise (yuan ou renminbi). La taille de la première offre est de 6 Mds de yuans, soit un peu moins de 1 Md $. La vente est organisée par la société publique russe Gazprombank, la Bank of China Ltd et l’Industrial & Commercial Bank of China, la plus grande banque publique chinoise.

Le 24 mai 2018, une main a été tendue une nouvelle fois par le ministre des Finances russe Anton Silouanov vers l’Europe de l’Ouest, lorsqu’il a annoncé au Forum économique international de Saint-Pétersbourg que des règlements en euros au lieu du dollar pouvaient être favorisés pour leur commerce extérieur avec l’UE. Mais sous condition : Bruxelles devra en contrepartie être capable de calmer son suivisme vis-à-vis des dernières sanctions américaines contre Moscou, ce qui est peine perdue avec les pays baltes ou la Pologne. Dans le même temps du côté asiatique, la Chine et l’Union économique eurasiatique (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, Arménie et Kirghizistan) ont confirmé le renforcement de leurs liens avec la signature d’un accord de coopération commerciale et économique dans 13 domaines clefs (coopération douanière, propriété intellectuelle, commerce électronique…). Le contrat aboutit après deux ans de négociations pour une entrée en vigueur début 2019.

Du 11 au 13 septembre 2018 s’est tenu le Forum économique de l’Est (EEF) à Vladivostok. Fondée en 2015, cette plateforme de renforcement commercial de la région Asie-Pacifique a mis le thème de la dédollarisation à l’ordre du jour. Kirill Dmitriev, responsable du Russian direct investment fund (RDIF), y a annoncé son intention d’utiliser uniquement les monnaies nationales dans ses transactions avec la Chine à partir de 2019. La Chine a également annoncé la validation de contrat bilatéraux avec le Canada et le Qatar pour des échanges en devises nationales. Moscou soutient les mêmes principes avec Ankara (en pleine crise de la livre turque) qui cherche des solutions alternatives pour ses transactions avec la Chine et d’autres pays consentants.

En mai dernier, le gouvernement de la Fédération de Russie a vendu 69 % des Bons du Trésor américain (BdT) qu’il détenait. Le BdT est un titre d’emprunt (obligataire) émis par l’État et remboursable à échéance. L’État émetteur de BdT, américain dans notre cas, s’engage à rembourser l’acheteur à une échéance déterminée et à lui verser régulièrement des intérêts jusque-là. Le Kremlin juge donc qu’il n’a plus intérêt à ces BdT. Il avait déjà divisé ses réserves par deux le mois précédent. En deux mois, le pays a donc vendu le chiffre colossal de 81,1 Mds $ d’obligations US, ce qui a déstabilisé les impalpables marchés financiers. Désormais, les obligations américaines détenues par la Russie ne totalisent que 14,9 Mds $, loin du temps du pic des 176 Mds $ d’obligation. L’ours a donc été retiré de la liste des créanciers les plus importants de Washington, car au moins 30 milliards de bons US doivent être détenus. Dans cette volonté de reconfigurer les réserves de devises de la Fédération, Vlad Ier a fait passer les rendements de ces obligations à dix ans de 2,7 % à 3,1 %. Parallèlement, notons bien que la Banque centrale de la Fédération de Russie a accru de façon régulière ses réserves d’or ces dix dernières années, qui ont été multipliées par quatre (1 890 tonnes d’or détenu, un record depuis la fin de l’URSS). Si Moscou a été le plus gros vendeur de BdT (de loin) et le plus important acquéreur d’or cette année, la tendance s’avère plus large.


Le yuan comme devise internationale
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​Effectivement, les trois plus gros détenteurs de BdT américain ont quelque peu réduit leur réserve : le Japon a abaissé ses BdT de 12,3 Mds $ (passant de 1 043,5 à 1031,2 Mds $ de BdT), l’Irlande de 17,5 Mds $ (passant de 317,9 à 300,4 Mds $ de BdT) et le gros poisson chinois a vendu près de 5,8 Mds $ de titres américains en mars et avril 2018 (passant de 1 187,7 Mds $ à 1 181,9 Mds $ de BdT). Sur cette période, la Chine a donc été vendeuse nette d’emprunts d’État US, selon les chiffres du Trésor américain. La Chine (Hong Kong compris) détient encore malgré tout une quantité astronomique d’obligations américaines (37 % de ses réserves de change). Mais le signal lancé en inquiète plus d’un, vu que l’empire du Milieu est le premier créancier des États-Unis. Pékin peut en effet se targuer de détenir un cinquième de la dette américaine à l’étranger (1 170 Mds $ en fin janvier 2018). En tant qu’acteur mondial «  responsable  », le Parti communiste chinois(PCC) a toujours réitéré une politique constante vis-à-vis de ses réserves de change, notamment pour préserver leur valeur. De quoi rassurer les saints investisseurs. Le yuan est actuellement à son plus haut niveau depuis deux ans et demi. À noter aussi que la zone euro s’est également débarrassée de 7,4 Mds $ de BdT US.

La Chine acquiert également quantité d’or (1 843 tonnes en réserve début 2018) pour réduire le poids international du dollar et préparer la fin de l’hégémonie américaine. L’affaiblissement du dollar dans le panier de devises de la Chine relève de plusieurs facteurs. La montée en puissance de la devise yuan dans un premier temps avec des contrats sur le pétrole conclus à la Bourse de Shanghai et à Hong Kong libellés dans l’unité monétaire chinoise. Et avec succès : la vente de pétrole avec la devise yuana démarré fin mars 2018 avec des contrats à terme. Pis, pour rendre l’offre encore plus attrayante, la Chine a lié le contrat à terme sur le pétrole brut avec une option de conversion du yuan vers l’or physique. Une rupture majeure que nous pouvons comprendre comme une initiative pour réintégrer l’or dans les relations économiques internationales.

Alors que 20 % du commerce extérieur chinois est actuellement effectué en yuan, la part de cette devise dans le marché obligataire mondial n’est que de 0,5 % et ne représente que 1 % des réserves des banques centrales étrangères. Aujourd’hui, la Chine souhaite clairement l’internationalisation de sa monnaie pour les échanges internationaux (Conflits, n° 16, janvier-février-mars 2018, p.48).

C’en est trop pour le pays du McDonald. Selon l’administration US, la Chine affaiblit artificiellement sa monnaie pour pouvoir exporter ses marchandises à bas prix vers les USA et dans le monde en général. L’objectif de Trump est donc de réduire le déficit commercial bilatéral entre les deux pays, ce qui aura des conséquences incertaines pour l’économie mondiale et même désastreuses selon la Banque mondiale. Les récentes offensives frontales pour réduire le colossal déficit commercial US vis-à-vis de Pékin (300 Mds $) commencent à énerver les cadres de l’empire du Milieu. Le POTUS a lancé sa guerre économique contre les importations chinoises avec des droits de douane punitifs taxés à hauteur de 10 % sur 200 Mds $ d’exportations chinoises, du 24 septembre 2018 jusqu’à la fin de l’année. En réponse, Pékin compte taxer 60 Mds $ de marchandises US, en plus des 50 Mds $ déjà imposés cet été (soit plus des deux tiers des importations chinoises en provenance des États-Unis) en rétorsion aux premières mesures américaines.

A côté de cela, d’autres zones géographiques mettent en avant le yuan comme devise de réserve. La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, 16 États membres) a annoncé cette année la création d’une monnaie commune en 2020. La mise en circulation de cette devise, appelée l’éco, a déjà 3 ans de retard. Le projet n’est pas aisé vu qu’il faut abolir les huit monnaies de la zone CEDEAO, dont le franc CFA (arrimé à l’euro). Reste à savoir sur quelle devise ou quel panier de devises (yuan, euro, dollar) cette nouvelle monnaie commune sera arrimée, c’est-à-dire liée à une monnaie plus forte pour plus de stabilité. Si l’euro a ses chances, le yuan pourrait aussi être un meilleur prétendant au vu du volume des échanges avec de nombreux pays de la zone, notamment avec le Nigéria. La Banque centrale du Nigeria a d’ailleurs élevé le yuan chinois au rang de deuxième devise commerciale pour diversifier ses réserves de dollar, de livre sterling et d’euro. À noter que le Nigéria est la première économie du continent africain, sachant que la seconde, l’Afrique du Sud fait partie du courant contre hégémonique des BRICS (qui a prôné l’émancipation du dollar dans l’ordre du jour de sa dernière réunion de juillet 2018). Le 3 août 2015, l’Angola (3e puissance économique continentale) avait aussi élevé le yuan comme deuxième monnaie ayant cours légal dans le pays. Réciproquement, la devise angolaise kwanza a été validée dans les échanges avec la Chine. Ce n’est pas un hasard : l’Angola est le premier fournisseur de pétrole africain de Pékin (Conflits n°18, juillet, août, septembre 2018, p.26). La Banque centrale du Pakistan a également validé l’utilisation du yuan pour son commerce bilatéral.

Certaines rumeurs commencent à être récurrentes depuis un an à propos de l’Arabie saoudite : elle pourrait ouvrir la voie à des accords bilatéraux de pétrole libellés en yuan indexé sur l’or avec la Chine (premier importateur de pétrole du monde). Si les Saoudiens décident un jour de bifurquer vers un peu de pétroyuan, le roi dollar ne s’en remettra pas. En effet, si l’Arabie saoudite accepte la commercialisation de son pétrole en yuans, ce serait une rupture à son pacte de 1974 avec Washington (qui donnait l’exclusivité au dollar dans la vente de pétrole). Les transactions de pétrole et de gaz russes à la Chine sont déjà effectuées en rouble et yuan. Perceptible depuis quelques années, c’est l’avantage économique exceptionnel des États-Unis, avec son pétrodollar, qui s’érode lentement. Autrement dit, une devise yuan indexée sur l’or, c’est la fin de presque un demi-siècle de suprématie monétaire US.
 

L’embargo contre l’Iran accentue la dédollarisation

L’Europe est le troisième plus gros client de Téhéran en ce qui concerne le pétrole, après la Chine et l’Inde. Elle a donc tout intérêt à conserver l’accord nucléaire iranien, mis à mal par la pression du négociateur Trump. L’accord PAGC (Plan d’action global commun ou Joint Comprehensive Plan of Action - JCPOA) est un texte conclu en juillet 2015 après d’intenses négociations entre les pays du P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies : États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni, auxquels s’ajoute l’Allemagne), ainsi que l’Union européenne et l’Iran. Cet accord signé à Vienne a mis en place un encadrement des activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée progressive des sanctions contre Téhéran.

L’accord élargit aussi la question au domaine de la balistique et de l’activité militaire de l’Iran en général, afin de répondre aux préoccupations israélo-américaines principalement. Ce 27 septembre 2018, le Premier ministre israélien Bibou Netanyahou a récidivé en accusant l’Iran de détenir un «  site de stockage atomique secret » dans un énième discours tragique devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a répliqué en relevant que l’arsenal nucléaire israélien constituait quant à lui «  la plus grande menace  » dans la région. Toujours à gâcher l’ambiance ces deux pays-là.
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L’Iran va se joindre à la coopération économique croissante en Eurasie centrée sur la Chine et la Russie, selon Behrouz Hassanolfat de l’Organisation iranienne de promotion du commerce, ce qui confirme une fois de plus la détermination de ces trois pays à faire face à l’hégémonie occidentale. En mai 2018, McDonald Trump frappe encore un coup en déclarant se retirer de cet accord phare. Il ouvre également la voie à de nouvelles sanctions contre l’Iran, notamment sur son pétrole brut. La liste devrait s’allonger en novembre prochain. La république chiite a répliqué mi-avril 2018 en annonçant qu’elle utiliserait dorénavant plus d’euros que de dollars US dans son panier de devises étrangères, notamment dans le règlement des transactions d’importation. De quoi continuer à provoquer l’hostilité de la frange unilatéraliste de l’Empire américain. Pire encore, toujours en avril dernier, Téhéran et Moscou ont entériné contractuellement la possibilité d’effectuer des transactions entre eux non plus en dollar, mais avec des biens de consommation, pour contourner les embargos et diminuer l’influence de la devise américaine sur leurs économies respectives.

La décision de Trump de se retirer de l’accord PAGC, est également une question de gros sous. Après la révolution iranienne de 1978-1979, Jimmy Carter aurait gelé un montant estimé entre 100 et 120 Mds $ d’actifs iraniens aux USA. La levée progressive des sanctions contre l’Iran suite à l’accord aurait pu débloquer les fonds libellés en dollars américains. Si un tel évènement survenait, l’Iran pourrait convertir ces dollars récupérés dans une autre devise. Inacceptable pour le système du billet vert, qui aurait pâti d’une perte de devises aussi élevée, lui qui dépend grandement de sa capacité à vendre des Bons du Trésor à l’international.

Les menaces américaines mettent à mal la stabilité de la devise iranienne avec les spéculations associées aux incertitudes de l’accord sur le nucléaire. Dans une tentative d’enrayer la chute libre de sa devise, Téhéran avait choisi en avril dernier d’imposer un taux de change fixe entre le rial et la devise US avec un taux de 42 000 rials par dollar. Celle-ci avait chuté de 6 % en une semaine et de 30 % en 6 mois par rapport au billet vert. Deux taux de change subsistent en Iran : l’officiel et celui du marché libre. Sur ce dernier, un dollar pouvait s’échanger à plus de 58 000 rials ce qui fait craindre aux autorités du pays que la spéculation sur la devise iranienne amène l’inflation. La chute du rial s’est accélérée à l’approche du 6 août, date du retour des sanctions américaines après la sortie des États-Unis de l’accord nucléaire début mai. En deux jours, le rial iranien a perdu plus de 20 % de sa valeur : un dollar américain pouvait valoir 110 000 rials.

Suite à l’Assemblée générale des Nations Unies, la n° 1 de la pseudo diplomatie européenne Federica Mogherini (haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité) a déclaré fin septembre 2018 que les signataires de l’accord ont débuté des travaux afin de créer une entité spéciale permettant de continuer à commercer avec l’Iran, tout en respectant le droit européen. Le circuit commercial alternatif donnerait les moyens à la République islamique de continuer à exporter du pétrole vers l’Europe. Une telle insubordination aurait été inimaginable sous Obama. L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne pourraient ainsi créer un Fonds commun de créances (Special purpose vehicle – SPV), une structure juridico-financière capable de titriser et d’effectuer des opérations hors bilan. Autrement dit, c’est une forme habile de troc qui pourrait donc se mettre en place pour contrecarrer l’entrave américaine : «  si par exemple l’Iran vendait du pétrole à une entreprise espagnole, et qu’un fabricant allemand de machines-outils équipait une installation à Téhéran, la somme correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand  ». L’Union européennepenserait également à utiliser l’euro européen au lieu du dollar américain (une logique imparable qui en étonnera plus d’un) dans le cadre de ses échanges pétroliers avec l’Iran, selon «  une source diplomatique » citée par Sputnik.

Les sanctions américaines contre l’Iran donnent une assise supplémentaire à la devise chinoise yuan, car le PCC assure carrément à l’Iran ses achats de brut iranien en yuan ou contre biens de consommation comme la Russie. La Chine conçoit également un accord monétaire bilatéral rial-yuan pour augmenter le volume des échanges entre les deux pays, sans que la Maison-Blanche mette son gros nez dans ces histoires.

Étouffer économiquement le pays est l’objectif des USA, sous influence israélienne, pour sanctionner la politique régionale du régime des mollahs. Peine perdue pour ce pays qui a tenu le coup malgré des décennies d’embargo américain. Si les Yankees vont trop loin dans le chantage et empêchent l’Iran d’exporter ses hydrocarbures, menacer de fermer le détroit d’Ormuz dans le golfe Persique où transite la majorité du pétrole international est un bon moyen de pression mis en avant par les autorités chiites. 
 
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​Conclusion – Le dollar reste un stabilisateur, pour combien de temps encore  ?

Pendant que l’empire du McDo investit dans des actions et des cryptomonnaies [cf. notre dossier sur le sujet], l’alternative par l’or et par le yuan avance. Mais certains analystes pensent que la chute du dollar amènerait à la promotion d’une monnaie mondiale, les DTS (droits de tirage spéciaux), dont la Chine est partie prenante depuis 2015. Il s’agit d’un instrument monétaire international créé par le FMI en 1969 et permettant l’avènement d’une super-monnaie mondiale unique contrôlée par des banquiers internationaux. Tout ceci pour concrétiser un système financier mondial totalitairement stabilisateur. Dans un tel cas, il ne s’agirait non plus de la fin, mais plutôt de l’aboutissement du système de Bretton Woods avec une gouvernance mondiale gérée par quelques institutions internationales. Cette thèse intègre les institutions eurasiatiques (Banque asiatique de développement [BAD], Organisation de coopération de Shanghai [OCS], etc.) en tant qu’éléments moteurs de ce nouvel ordre mondial. Dans tous les cas, le phénomène de dédollarisation est un mouvement financier qui semble inéluctable dans le monde.
 

Résumé des scénarii monétaires

1) Chute du dollar comme devise de référence avec pour conséquence soit :
  • Une multipolarité monétaire  ;
  • L’hégémonie du yuan/renminbi  ;
  • Ou une monnaie internationale DTS gérée majoritairement par le FMI.

2) Maintien du dollar sous assistance respiratoire avec pour conséquence soit :
  • La continuité de l’empire atlantiste (OTAN, extraterritorialité du droit US, colonisation numérique des GAFAM, etc.)  ;
  • Ou la chute lente et inexorablement spoliatrice des États-Unis.


Franck Pengam, extrait de Géopolitique Profonde n°7. 


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27 réactions à cet article    


  • math math 31 janvier 08:53

    ben voyons….MDR


    • math math 31 janvier 10:21

      @math....V’là les cocos qui votent... smiley


    • nenecologue nenecologue 1er février 10:58

      @math
      MDR bien qui rira le dernier ...


    • François Pignon François Pignon 31 janvier 09:06

      « Tout ceci pour concrétiser un système financier mondial totalitairement stabilisateur. Dans un tel cas, il ne s’agirait non plus de la fin, mais plutôt de l’aboutissement du système de Bretton Woods avec une gouvernance mondiale gérée par quelques institutions internationales. »

      Sauf que la « gouvernance mondiale » risque fort d’être à domination chinoise et plus américaine, car il s’agit bien de mettre en œuvre ce qu’implique le néologisme employé par l’auteur : « totalitairement ».

      Totalitaire ne signifie pas « total », mais « englobant » tous les éléments d’un système, et n’admettant aucune opposition organisée.


      • François Pignon François Pignon 31 janvier 09:31

        @François Pignon

        « Récemment, ceux qui ont remis en cause le système dollar sans moyen militaire conséquent ont plutôt mal fini (Saddam Hussein en Irak, Mouammar Khadafi en Libye ou encore Bachar Al-Assad en Syrie qui étudiait une mise en place de l’euro à la place de la devise US en 2006). »

        Et en 2011, Strauss-Kahn était allé à New-York pour présenter à Obama et à l’ONU la nouvelle mouture du plan Keynes qui proposait à Bretton Woods une alternative au plan White qui l’a emporté. Keynes (et DSK) proposait un système monétaire mondial fondé sur une unité de réserve non nationale, le bancor.

        On connait la suite : DSK a malencontreusement glissé sur une savonnette et Kadhafi (qui finançait l’opération) s’est bêtement jeté dans une embuscade tendue par les partisans d’une révolution de couleur « tatalitairement » denuée de toute influence.


      • leypanou 31 janvier 11:17

        Étouffer économiquement le pays est l’objectif des USA, sous influence israélienne, pour sanctionner la politique régionale du régime des mollahs 

         : ce genre d’éléments de langage suffit à discréditer l’article car allant dans le sens des msm qu’on entend/lit 24h/24, 7j/7.

        24h/24 de propagande atlantisto-sioniste façonne beaucoup d’esprits dont le « régime des mollahs » fait partie de la panoplie.


        • GÉOPOLITIQUE PROFONDE Géopolitique Profonde 31 janvier 13:56

          @leypanou
          Il s’agit bien d’un régime politique essentiellement fondé sur l’islam chiite. C’était peut-être un peu maladroit effectivement, mais en fait ce n’est pas du tout péjoratif pour nous. 


        • Julyo Julyo 31 janvier 16:19

          Autant le leitmotiv stéréotypé pour El Assad est choquant, là, ça ne m’a pas dérangé.

          Le régime politique des mollahs est effectivement vraiment particulier.

          Si on rend aux mots leur véritable valeur, il n’y a plus de problème.

          Là, le mot régime pouvait s’apprécier du point de vue des US et Israël…

          Merci à l’auteur pour cet excellent article.

          L’or a fait un soubresaut depuis le 25 01 ; En relation avec ce qui est expliqué dans l’article ?


        • leypanou 31 janvier 16:58

          @Géopolitique Profonde
          vos articles sont sérieux donc je trouve dommage d’utiliser des éléments de langage des msm.

          Je vous fais remarquer que le gouvernement iranien lui-même a fait une remarque sur la question publiquement une fois.

          Si vous pensez que ce n’est pas péjoratif, c’est tant mieux, mais en tout cas, c’est perçu comme tel par beaucoup (sur agvx, c’est l’auteur émirati Dr Salem A. qui utilise souvent cette expression).


        • GÉOPOLITIQUE PROFONDE Géopolitique Profonde 31 janvier 17:19

          @Julyo
          L’augmentation du cours de l’or s’inscrit clairement dans une tendance de fond quand on regarde les courbes sur 20 ans. A court terme par contre, difficile d’analyser les fluctuations pour ma part.  

          @leypanou
          Oui vous avez raison le terme « régime » est trop utilisé comme novlangue pour faire de l’ingénierie sociale négative. Je ne l’emploierai plus dorénavant ou uniquement pour désigner les gouvernements mondialistes. Merci de la remarque.


        • Odin Odin 31 janvier 17:35

          @Julyo

          Exact, l’or qui évoluait depuis le 15/09/2011 (1.912 $) dans un canal baissier, vient d’en sortir par le haut le 25/01/2019 en cassant cette résistance. Pour confirmer cette tendance, il doit fermer le GAP du 28/01 et rebondir sur l’ancienne résistance pour qu’elle devienne un nouveau support pour la formation d’un nouveau canal haussier.

          https://www.boursorama.com/bourse/matieres-premieres/cours/_GC/


        • Julyo Julyo 31 janvier 17:54

          @Odin

          L’or il y a 20 ans, était à 200 dollars de mémoire et depuis longtemps.

          Il n’intéressait personne.

          Puis, il a décollé pour atteindre rapidement les cours que nous connaissons.

          Cette année, il n’y a pas eu de rallye boursier de fin d’année…

          Les économies européennes stagnent y compris l’Allemagne.

          Des incertitudes aussi sur la monnaie...Si le dollar se casse la figure, il faut qu’il le fasse en douceur, ce qui ne me paraît pas tellement possible. Si le dollar cède ce sera le séisme mondial...

          Bien évidemment, un mouvement haussier isolé ne peut prendre aucune signification. Mais celui que j’ai vu à partir du 25 m’a étonné par sa vigueur et soudaineté.

          Bien possible que nous entrions dans une nouvelle ère surtout quand on sait que le yuan serait adossé à l’or et ça, c’est un truc extraordinaire.
          NB. je m’intéresse aux mécanismes économiques pour comprendre le monde dans lequel on vit ; Mais je ne suis pas positionné.


        • jef88 jef88 31 janvier 12:05

          Conclusion – Le dollar reste un stabilisateur, pour combien de temps encore  ?

          C’est surtout un terrain de jeu qui permet une spéculation permanente .....




              • kéké02360 31 janvier 18:19

                Oup’s le lien précédent , bien qu’instructif n’était pas envisagé pour cet article !

                jaune d’or


                2. L’or des Français bientôt misé sur les marchés financiers ?

                La Banque de France s’est associée avec la banque d’affaires américaine JP Morgan dans le cadre du marché de l’or de Paris. Le but ? Développer sa gamme de services pour le trading du métal précieux. Philippe Herlin, Docteur en économie, s’inquiète de la possibilité de voir l’or français servir de collatéral à des produits financiers.

                « Je lance un appel aux Gilets jaunes et au peuple, en leur disant « attention, on va peut-être vous dépouiller ». J’espère les intéresser à ce sujet. Je considère que l’or de la Banque de la France, c’est l’or de tous les Français. C’est la garantie ultime en cas de crise monétaire grave. Il n’appartient pas qu’à la Banque de France. C’est comme la Joconde, il fait partie du patrimoine des Français. Et ils ont un droit de regard en tout ce qui le concerne. »

                Ce dernier demande donc à ce que « tous les tenants et les aboutissants » de cette affaire soient rendus publics.

                https://www.presstv.com/DetailFr/2019/01/30/587210/Les-USA-volent-lor-des-Franais-


                • Julot_Fr 1er février 13:18

                  Si je peux speculer : j’imagine que l’or francais va etre « prete » (leasing) a la Chine d’ou il ne reviendra jamais.
                  Le lien avec l’article ci-dessous est qu’en meme temps que le petro-dollar est demantelle, les multinatianals s’installent en Chine et les reserves d’or y sont transferees (Comme montre par Koos Jansen de Bullionstar avec les transit d’or par le SGE).
                  Les memes gens qui nous dirigeaient depuis la city de Londre et wall street pourraient eventuellement le faire depuis Pekin a l’avenir


                • lufugiv 31 janvier 19:07

                  Bonjour,

                  Premièrement, #BANANAE, l’expérience se poursuit. Ensuite, Je souhaite consacrer ce compte a vous bourrer le mou avec les bases. Je vais déléguer la charge de vous humiller a un rappeur populaire. Simple.

                  Maintenant que vous êtes humbles : Notion de cryptage culturel.

                  Cette femme n’est pas une voyante. Ce poéte a semé les graines de la révolte.

                  Et cette bande de gueux est une véritable menace révolutionnaire.

                  Ce versaillais est absolument inoffensif, un vieux rouage du système.

                  Tandit que ce nounours, est prêt a prendre les armes sur un mal entendu.

                  J’espére avoir semé le doute en vous. Cordialement.

                  ++


                  • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 31 janvier 21:53

                    Excellent article.

                    Résumé concis, argumenté et sourcé. Cependant, c’est mon intuition, la dédollarisation j’en ai trop entendu parler. Fait extrêmement rare, ce débat anime autant les médias alternatifs que les médias mainstream avec exactement les mêmes conclusions. Habituellement soit ces médias opposés ne traitent pas des mêmes sujets, soit ils aboutissent à des conclusions différentes si ce n’est radicalement opposés.

                    En tant que boulimique de l’info, j’ai l’étrange impression qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence.

                    Mon postulat principal est que les USA ne peuvent économiquement survivre sans la permanence d’un conflit depuis la chute de l’URSS.

                    Sachant que la majorité de l’opinion publique des USA et de ses alliés sont pacifistes et cherchent à éviter tout nouveau conflit (c’est évident chez les électeurs de Trump)

                    Sachant que l’état profond et que la presse mainstream tentent de trouver des ennemis partout pour entretenir la machine de guerre (les affaires avec la Russie, le conflit commercial avec la Chine, le cas politique avec le Vénézuela, les sanctions contre l’Iran, les reculades avec la Corée du Nord, la promotion des terroristes en Syrie...)

                    Sachant que les USA usent et abusent de plus en plus de l’extraterritorialité du dollar pour dicter la loi.

                    La dédollatisation ne serait-elle pas l’aubaine idéale pour rallier, à terme, la population et les alliés hésitants dans un nouveau conflit ? La dédollarisation que l’on le veuille ou non ce serait le symbole du déclin de la fondation de l’occident face au reste du monde.


                    • Eric F Eric F 1er février 10:31

                      Article intéressant sur ces questions assez pointues. Toutefois, il semble dater de l’été dernier, et parait optimiste sur le contournement des sanctions US contre l’Iran, puisqu’en fin de compte nos entreprises se sont désengagées et il n’y a pas eu contre-mesure.

                      Un autre article sur Agoravox faisait le lien entre le Brexit et l’avènement d’une monnaie mondiale (complotisme rotchildien), les informations du présent article sont plus convaincantes : les autres blocs économiques ne veulent plus passer sous les fourches caudines yankees et veulent s’émanciper du dollar. Ceci dit, l’euro n’a pas un extraordinaire fiabilité vues les disparités intérieures à l’eurozone, il n’a pas pris la place d’alternative au dollar qui avait été prédite. La place de la Chine dans l’économie mondiale peut lui donner un rôle clé pour une monnaie alternative, mais sa politique de sous-évaluation pour faire du dumping commercial serait alors remise en question. Une « monnaie non nationale » serait en tout état de cause une solution rationnelle, mais lui assurer un pilotage impartial serait un véritable challenge.


                      • Trelawney Trelawney 1er février 10:47

                        Yuan, Dollar, Euro, comme diraient les chinois, vous êtes en train de parler de la couleur du chat. Pondre un article sur un détail aussi anecdotique est stérile.

                        Exemple : imaginons que pour le commerce international, le Dollar soit remplacé par le Yuan chinois. Est-ce que les USA perdrait leur hégémonie économique sur le monde ? Bien sur que non puisqu’il représente une grosse part du PIB mondial et que si on veut faire des affaires avec ce pays on se doit de satisfaire à tous les désires de l’administration américaine. Idem pour la Chine.

                        Breton Wood a été mis en place pour enlever l’étalon or au profit d’une monnaie fiduciaire, car la capacité économique du monde en plein développement était trés supérieur à ce que la capacité en or du monde ne pouvait supporter. Comme l’économie est basé sur la confiance, le dollar était à l’époque la monnaie qui inspirait le plus confiance. Elle l’est encore aujourd’hui


                        • Cyril22 1er février 10:58

                          @Trelawney
                          La question n’est pas d’en revenir à l’étalon or (même s’il reste un des supports) mais d’avoir une référence non dépendante d’un seul pays, dont la prépondérance économique est désormais disputée. L’imprévisibilité de l’administration étasunienne qui utilise le dollar comme moyen de pression sape la confiance dans sa monnaie.


                        • Trelawney Trelawney 1er février 15:06

                          @Cyril22
                          Ce n’est pas la dollar qui est utilisé comme moyen de pression mais l’économie américaine tout entière.
                          Exemple pour Total qui a du renoncé à ses marchés en Iran sous peine de ne plus traiter d’affaire avec les Américains. Ca n’a rien à voir avec le dollar


                        • Cyril22 1er février 15:29

                          @Trelawney
                          oui, c’est en effet toute la puissance économique US qui est employée comme moyen de pression. Mais l’utilisation du dollar pour les échanges commerciaux est un support pour appliquer l’exterritorialité des lois étasuniennes.


                        • Spartacus Spartacus 1er février 10:53

                          On aime cette persistance des articles anti-americains primaires et le paradoxe entre les désirs et la réalité.

                          Qu’ils ont peur les américains.  smiley

                          Il sont pétrifiés de peur à la lecture de cet article....  smiley C’est terrifiant. 

                          Le coca va être acheté en Renminbi la jolie monnaie à l’effigie du plus grand tueur de masse que la terre a connu.  smiley

                          Entre la Russie qui a le PIB équivalent à moins que l’Italie et l’Iran qui doit faire 0,03% du PIB mondial, ils sont terrorisés de la peur de perte de ces parts de marché des échanges mondiaux.

                          N’oublions pas les Chinois qui gavés de dollars de réserves ne voudrait pas les utiliser... 

                          Mince alors, le dollars vient encore de gagner des parts de marchés dans les échanges mondiaux et toutes les autres devises reculer....

                          Sacrebleu.

                          La réalité ne rentre pas dans les désirs, et les exemples misérabilistes qui voudraient faire croire le contraire.

                          Le monde est horrible. Des exemples grossis à loupe ne font pas la réalité...  smiley


                          • novo12 1er février 15:18

                            « Il est suffisant que les citoyens de notre pays ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, car s’ils le faisaient, je pense qu’il y aurait une révolution avant demain matin. » Henry Ford.

                            L’enorme escroquerie du systeme monetaire actuel est que la monnaie est cree par la dette. Explication en 3 minutes : https://youtu.be/Ehme7ai4C_s

                            Voir aussi le documentaire ( en anglais) de James Corbett : https://youtu.be/5IJeemTQ7Vk


                            • microf 2 février 10:02

                              Ceci devait arriver un jour cette fin de l´hégémonie du dollar, exactement comme prendra bientôt la fin l´hégémonie de la France sur le Franc CFA.

                              Le Franc CFA, monnaie créee par le général de Gaule pour contrôler les économies des pays africains, contrôle qui fait que chaque année, ces pays africains versent plus de 500 milliards á la France.

                              Chaque chose a une fin.

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