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Accueil du site > Actualités > Environnement > Capitalisme et destruction

Capitalisme et destruction

Bien des auteurs ont déjà disserté sur l'histoire de l'homme et son combat contre la nature (1). L'être humain, fragile mais intelligent se serait prémuni contre un environnement qui lui était a priori hostile.

Cette opposition s'est radicalisée avec le développement du capitalisme. Certes aucun projet préconçu d'anéantissement n'a existé. Et l'idée s'imposait que la destruction de la nature serait toujours équilibrée grace à de nouvelles découvertes elles-mêmes suscitées par le moteur que représentait la recherche d'un profit indispensable.

Renouvelables ou non renouvelables ?

On attribue, dès la préhistoire, la disparition de certaines espèces animales, à la main de l'homme. Cependant on a aussi constaté, dans les sociétés dites « primitives » (2) une volonté de préservation du milieu qui, liée à des croyances religieuses, s'est traduit par un respect de la nature.

La conception du capitalisme qui s'affirme au XIXe siècle, est doublée d'une vision de progrès inéluctable compensant la destruction du milieu et les génocides. Ainsi très rapidement, la végétation et la faune endogènes d'Amérique du Nord disparurent avec l'arrivée des colons européens. Quant à la tragédie des peuples amérindiens elle est aujourd'hui assez connue et indéniable.

Peu importait que le bison disparaisse puisqu'il fallait de l'espace pour la culture industrielle des céréales et l'élevage du bétail.

Dès les années 1930, on constatait néanmoins de l'épuisement des terres nord-américaines ainsi exploitées. Ce qui engendra non pas une remise en question mais tout au contraire le développement d'une industrie chimique destinée à « améliorer » les rendements. Ainsi s'affirmait encore mieux cette tendance mortifère à la destruction. En prétendant conjurer le mal on l'aggravait.

Le marché de l'écologie

Et « l'écologie », nouveau champ politique émergeant dès la fin des années 1970, apparut pour beaucoup un marché juteux qui faisait dire à certains industriels allemands que lorsque « les Français évoquent l'écologie, ils plantent un arbre alors que les Allemands créent une industrie », comme Ecosia, par exemple. Même si, depuis, les capacités d'investissement ont faibli, les pays de l'ancien bloc soviétique, ont représenté effectivement fin 1980, par le caractère vétuste de leurs infrastructures industrielles, un marché de recyclage alléchant.

Une nouvelle antienne sema ensuite l'inquiétude : l'épuisement des ressources pétrolières. On n'en avait plus que pour quelques années et ensuite c'était plié !... La bicyclette, fantasme maoïste, n'allait-elle pas redevenir la petite reine ?... Pour le coup le progrès technique vint effectivement au secours du système en désarroi : exploitation des gaz de schistes, perfectionnement des capacités d'exploitation, nouveaux champs désormais exploitables.

On n'en parle plus.

Et Nono peut continuer de faire le plein même s'il doit payer plein pot, même s'il sait qu'il est assis sur le tonneau d'explosifs que représente la catastrophe climatique annoncée. Pour le coup c'est la consommation de carburant, d'énergie, les pêts des vaches destinées à la consommation de viande, qui accentuent l'irrémédiable destruction de la planète.

Pourtant la réunion de la COP 21 avait semblé prometteuse, suscité même l'enthousiasme.

Mais face à l'opposition des Etats-Unis à ces accords, où en sont, par exemple, les investissements promis dans l'exploitation de « nouvelles énergies » ?

L'organisation de la destruction

Le capitalisme ne peut vivre sans gaspillage. Que deviendraient les compagnies d'électricité si, soudainement, les consommateurs trouvaient le moyen de s'en passer, ou plus simplement, consommaient moins ? Et quid des éleveurs de bovins si l'on consommait moins de lait et plus de viande du tout. Ne faut-il donc pas soutenir les marchés quitte à produire de l'inutile ou du néfaste condamné à la poubelle à plus ou moins long terme ? C'est même encore mieux pour le système, assuré par la destruction promise, d'une continuité de la production.

Régulièrement on découvre, mis en vente, des produits, notamment carnés, qui sont contaminés ou jugés impropre à la consommation, provoquant avec toujours plus d'acuité des remises en question. Le capitalisme par la prééminence de la recherche du profit, promet des monceaux de déchets et la mort.

Mais comment organiser cette destruction indispensable ?

L'obsolescence programmée

Depuis longtemps on sait que les industriels gardent à l'idée que ce qu'ils produisent se doit d'avoir une durée de vie limitée. Cependant cela reste un calcul risqué car la concurrence peut toujours faire valoir une fiabilité plus grande. Ainsi l'industrie allemande vit sur cette réputation de savoir-faire, de qualité et de durabilité. Ce qui permet de garder et d'étendre le marché, tout en vendant plus cher que ce que l'on trouve ailleurs.

Comme dans un jeu de bonneteau auquel peut être comparé aujourdhui le jeu financier, il convient de trouver ce qui, compte tenu du rapport qualité prix, est le plus rentable. La durée d'un produit, d'une valeur en Bourse, si elle peut être évaluée (3) corrige dans la durée, même limitée, sa moindre qualité, sa fiabilité douteuse.

Les marchés issus des progrès technologiques doivent désormais compter dans leurs rangs la Chine, qui ne se contente pas de rester simplement « l'atelier du monde ». Par cette montée en puissance, en qualité et en efficience, la Chine devient un redoutable concurrent pour une production qui était jusqu'ici l'apanage de pays occidentaux.

A l'obsolescence programmée, les écologistes opposent une idéologie de durabilité et de recyclage raisonné....

Contradictions de « l'écologie durable »

La vision des écologistes paraît raisonnable. Il faut produire moins, autrement, tout en parvenant à satisfaire les besoins. Moins de gaspillage, du recyclage, de l'énergie moins cher et moins polluante...

Mais c'est justement là où le bât blesse dans le système tel qu'il est. La recherche du moindre coût, du recyclage, contrecarre radicalement l'idéologie capitaliste basée sur l'expansion permanente de la production, la destruction et le gaspillage. Que deviendraient tous ces marchands de gadgets si ces derniers devenaient vraiment utiles et durables ? Le fabricants de portables sophistiqués craint en effet la réaction du consommateur, blasé, gardant son vieil appareil qu'il peut donner à réparer... Certains fabriquent à la maison leurs détergents prétendumment « écologiques », d'autres encore plus nombreux, achètent leurs fruits et légumes dans des amaps... On parle de plus en plus de covoiturage, de voitures électriques... Mais que vont devenir nos émirs dont le principal revenu est le pétrole (4) ?

On perçoit vite que les conceptions écologistes entrainent sans rémission, dans une l'économie capitaliste, une baisse radicale des profits. Hormis quelques naïfs bien utiles, servant de paillasson, que l'on expose sous les feux de la rampe et des médias, comme Nicolas Hulot, la plupart de ceux qui veulent vraiment s'informer, savent cela.

Mais qu'importe nous disent les écologistes les plus radicaux. Que ce système s'effondre sous les coups de la Raison et tout le monde ne s'en sentirait-il pas mieux ? Sauf que, bien évidemment, ledit système, les intérêts qu'il soutend, reste prédateur, bien décidé, lui, à ne pas se laisser détruire quitte à renverser la table... à bouleverser la planète.

La guerre réponse à l'impossible valorisation du capital

L'impossible valorisation du capital (5) accélère la financiarisation de l'économie capitaliste qui, au bout du compte, risque de n'être plus basée que sur du vent. Tout ne tient plus qu'au fil ténu de la confiance. C'est la récurrence de ces crises, de plus en plus fortes, connues depuis la faillite de la Compagnie du Mississipi, et l'échec du papier-monnaie de Law, en France, en 1722 , qui, aujourd'hui, atteint mortellement le système sans qu'aucun rebond ne soit raisonnablement possible. Ladite confiance s'étiole, disparaît.

La financiarisation entraîne des crises récurrentes qui deviennent banalisées. Ainsi chacun sait, même Trump, que la hausse des taux d'intérêts, inéluctable (5) va probablement provoquer en cette fin d'année 2018, une nouvelle crise financière.

Quelle mouche aurait piqué les Américains et les Etats-Unis ? Disent à voix haute les libéraux partisans du libre-échange, de l'absence de barrières douanières, de l'OMC, etc.

Ce Trump serait un fou dangereux dont la politique erratique nous ménerait à la catastrophe.

Le vrai, comme ailleurs, est ici un moment du faux.

Les mesures économiques de Trump visent apparemment à préserver l'industrie et la production américaine. Car pour rassurer les marchés financiers il faut bien montrer des bases solides, une force attractive, une production réelle et rentable sur laquelle on pourra continuer de spéculer.

Et en cela cette volonté politique ne diffère guère des velleités de pays européens, comme la France, dont les dirigeants, eux aussi, évoquent une réindustrialisation. Même si, à terme, en tenant compte des coûts de production, une telle tentative semble vouée à l'échec, dans l'immédiat la popularité des gouvernants qui la soutienne est assurée. Comme est assurée sur cette ligne, par cette même démagogie, l'essor des populistes.

La guerre économique qui existe depuis la nuit des temps, apparaît avec plus d'acuité avec les mesures et les réactions de Trump. Au bout du compte, c'est le libéralisme lui-même, dans son essence, qui est finalement remis en question comme il l'a été dans une situation de crise similaire, celle des années 1930. Le repli, mais néanmoins les menaces de guerre contre un état comme l'Iran, dans un Moyen Orient qui n'a jamais connu la paix depuis 1945, représente une issue apparemment inéluctable pour les partisans de l'extrème-droite au pouvoir à la Maison Blanche (6).

Derrière la guerre économique qui fait rage, comment ne pas distinguer la menace d'une vraie guerre ? La crise de 1929 n'a t'elle pas trouvé sa fin dans la deuxième guerre mondiale et ses destructions ?

L'opposition

Les manipulations des médias, du Pouvoir, bien organisé, ayant toujours un coup d'avance, rendent difficile l'organisation d'une opposition à un système capitaliste pourtant décadent.

Dans cette période de tensions, la mainmise réactionnaire rencontre une opposition populaire qui sait encore se manifester. On sait que l'atmosphère aux Etats-Unis est celui de la guerre civile.

Aucun compromis n'est possible : ou l'on est contre ledit système et l'on doit concevoir la radicalité de cette opposition. Ou l'on tente discussions et concessions avec les tenants du Pouvoir, pour ergoter, par exemple, sur les comptabilités, les tours de passe passe des « décideurs » des banques centrales, de la Finance, et alors la défaite est assurée.

Paul Mattick, militant conseilliste, penseur et homme d’action rappelle que « Marx ne prévoyait pas, quant à lui, un effondrement "automatique" ou "économique" du système capitaliste. Seule la puissance des actions révolutionnaires de la classe ouvrière était apte, selon lui, à montrer si la crise du système à un moment donné en constituait ou non la "crise finale". » (7). Peut-on encore en rêver ?

 

Notes

1. On peut citer « Capital contre nature » de Michael Löwy et Jean-Marie Harribey (2003).

Et, bien qu'adeptes du développement à tout crin des forces productives, citons aussi Marx, et son camarade Engels :

[…] tout progrès de l’agriculture capitaliste est non seulement un progrès dans l’art de piller le travailleur, mais aussi dans l’art de piller le sol ; tout progrès dans l’accroissement de sa fertilité pour un laps de temps donné est en même temps un progrès de la ruine des sources durables de cette fertilité. […] Si bien que la production capitaliste ne développe la technique et la combinaison du procès de production social qu’en ruinant dans le même temps les sources vives de toute richesse : la terre et le travailleur.

Le Capital, livre I, Éditions sociales, 1982, p. 565-567. Edition et traduction de Jean-Pierre Lefebvre.

[…] ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature. Elle se venge sur nous de chacune d’elles. […] Les faits nous rappellent à chaque pas que nous ne régnons nullement sur la nature comme un conquérant règne sur un peuple étranger comme quelqu’un qui est en dehors de la nature, mais que nous lui appartenons avec notre chair, notre sang, notre cerveau, que nous sommes dans son sein et toute notre domination sur elle réside dans l'avantage que nous avons sur l’ensemble des autres créatures de connaître ses lois et à pouvoir nous en servir judicieusement. […] depuis les énormes progrès de la science de la nature au cours de ce siècle, nous sommes de plus en plus à même de connaître aussi les conséquences naturelles lointaines, tout au moins de nos actions les plus courantes dans le domaine de la production, et, par suite, d’apprendre à les maîtriser. Mais plus il en sera ainsi, plus les hommes non seulement sentiront, mais sauront à nouveau qu’ils ne font qu’un avec la nature, et plus deviendra impossible cette idée absurde et contre nature d’une opposition entre l’esprit et la matière, l’homme et la nature, l’âme et le corps, idée qui s’est répandue en Europe depuis le déclin de l’antiquité classique et qui a connu avec le christianisme son développement le plus élevé.

Engels, La dialectique de la nature, Éditions Sociales, Paris, 1977, p. 180-181. Traduction d’Émile Bottigelli.

2. Les sociétés que l'on a qualifiées de « primitives » sont en fait des sociétés qui n'ont pas connu le capitalisme.

3. L'usage d'alogarithmes tel qu'il a pu être mis en usage par des gens comme Robert Mercer, conseiller de Trump, permet aujourd'hui, dans le temps, des évaluations apparemment de plus en plus fiables.... et des manipulations sophistiquées !

4. Le recyclage de l'économie des pays pétroliers s'effectue tout en restant néanmoins tributaires de la manne pétrolières

5. Lire « Krachs,spasmes et crise finale » petit opus prémonitoire dont aucun éditeur n'a voulu, mais lisible intégralement sur le site de la « Chayotte Noire » https://lachayotenoire.jimdo.com

6. Il s'agit du clan du génial et maléfique Robert Mercer.

7. « Marx et Keynes » P.Mattick, Gallimard, 2010, p.126


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35 réactions à cet article    


  • Elixir Elixir 20 octobre 13:30
    Une des grandes avancées du capitalisme de ces dernières années :

    la perche à selfie.

    Moi devant, une bombe atomique derrière. Le cliché ultime.



    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 20 octobre 13:38

      @Elixir J’ai beaucoup aimé la réponse de Laspales face à cela : « je me recoiffe puis me sert un grand Bourgogne  » .


    • zygzornifle zygzornifle 20 octobre 13:33

      Le problème c’est que le destin de l’humanité est entre les mains de fous qui se disent présidents et qui sont pantalon baissé devant le capitalisme car pour eux seul le « pognon de dingue » compte quel qu’en soit le coût pour le reste de l’humanité  ....


      • zzz'z zzz’z 21 octobre 14:03

        @zygzornifle
        Le problème est que leurs opposants sont tous fonctionnaires ou assimilés grattant pour eux de quelques façons, et, donc à leurs bottes. Alors on propose des mesures cosmétiques, des lois mémorielles, du rainbow-washing, dans certains pays des frappes préventives…


      • louis-ferdinand 20 octobre 13:52

        Il n’y a que le capitalisme qui a apporté autant d’améliorations, de progrès, de bien -être, de richesses au sein même de la population !


        • Sozenz 20 octobre 14:26

          @louis-ferdinand

          c est al ppat du gain qui a fait qu ’ il y a eu des investissement dans l innovation . ce n est pas le capitalisme qui à apporter le progrès .

          quand on voit en france e nmbre de persnnes qui nt été bligé da er breveter aux etats unis ...

          ce n est donc pas les idées ni l ingéniosité qui manquent pou( faire progresser . c est la volonté par ceux qui ont les moyens de valoriser ces idées .
          et si une idée n est pas machandisable ou rentable et alliénable ; alors elle est jetée . et meme mise dans un fond de tiroir alors qu’ elle pourrait etre plus avantageuse et plus progressiste que ce qui est déja en place .

          vous ne regardez pas de la bonne façon les choses .

        • Sozenz 20 octobre 14:28

          @Sozenz
          le capitalisme peut donc être un frein au progrès et au bien être .


        • Oceane 20 octobre 14:49

          @louis-ferdinand

          C’est une blague ?


        • Ecométa Ecométa 22 octobre 08:52
          @louis-ferdinand

          Et à quel prix ... c’est ce que l’on vous explique !

        • lloreen 20 octobre 16:21
          Lorsqu’on arrive à ce degré de parodie il est grand temps que la masse laborieuse ouvre les yeux...et se ressaisisse.

          Il existe des solutions autrement plus épanouissantes que ces simulacres et voies sans autres issues que le dépérissement mental.




          • eric 20 octobre 16:59

            Bravo ! On trouve à peu près tous les poncifs du genre ! Maintenant, dites-nous pourquoi pratiquement toutes les civilisations«  » A-capitalistes«  », «  »primitives«  », ont disparue ou dégénéré sous les coups d’épidémies, de variations climatiques, de perturbations internesw sansbaucun capitaliste. Pourquoi, dans le monde moderne, les pays les moins «  »capitalistes«  », ont été aussi les plus polluant, les moins performant, les moins écolos. tout en étant des véritables mystiques du progrès et du productivisme. Pourquoi, les forces politiques qui chez nous adhéraient à ces modèles, nous assennent désormais exactement le contraire, avec la même véhémence, et en dénonçant toujours le même ennemi imaginaire. Cela mérite d’être répété. Capitalisme, libéralisme, sont des mots tiroirs qui ne veulent rien dire et permettent seulement d’éviter de penser.


            • JL JL 20 octobre 20:22

              @eric

               
              ’’pourquoi pratiquement toutes les civilisations« » A-capitalistes« », « »primitives« », ont disparu ou dégénéré sous les coups d’épidémies, .... « 
               
               il faut savoir que les épidémies comme vous dites, ont le plus souvent été délibérément inoculées aux indigènes. Il faut lire à ce sujet les ouvrages de Jack London, où il raconte comment les blancs donnaient aux Indiens des couvertures contaminées par le variole.
               
                » ... sous le coup de Variations climatiques " ? Vous rigolez ?
               
               De perturbations  ?

            • eric 20 octobre 20:41

              @JL

              Achetez vous une culture mon vieux. Les Mayas semblent avoir succombe a une secheresse, les asteques a une fievre hemorragique, l’empire romain a une serie de pestes asiatiques, le Cambodge d’Ankhor a un melange de surexploitation et d’amok collectif. Idem Sumer and co.


            • Alain 21 octobre 18:14

              @eric
              J’ai bien le terme « semblent » pour exprimer une vérité. Sauf que la vérité est plutôt çà :


              « Je n’ai pas connu mon père, il est mort de maladie quand j’étais petit, d’après ce que ma mère m’a dit. Depuis tout petit j’ai souffert avec mon peuple. De nombreux parents sont morts de la rougeole, de la malaria, de la tuberculose, des maladies de Blancs qui tuent encore aujourd’hui. Mon frère, mon grand-père, ma tante sont morts… Ça m’a révolté contre l’homme de la ville. »

              « je n’aime pas dire « blanc » tout le temps, je les appelle les Napë. Donc, le Napë se développe beaucoup, la ville croît, et il est aussi venu beaucoup de gens de l’étranger. En Europe il n’y a plus de terre, alors ils sont venus ici, et ça ne fait qu’augmenter la population du peuple non-indien. Nous sommes inquiets, c’est un problème sérieux. Beaucoup de gens se sont habitués à ces choses-là [il touche l’alliance du reporter], ils veulent de l’or, de l’argent et des pierres précieuses. Et de la bonne terre pour faire des briques, prendre du bois… Ce que la nature avait mis sous la terre est devenu comme une jeune femme. Tout le monde veut la voir, tout le monde la veut dans son lit. Ils disent aussi que ça appartient au gouvernement, mais le gouvernement n’a rien planté, non, c’est la nature qui a mis tout ça ici. La surface de la Terre est faite pour que l’Indien cultive sur brûlis, qu’il plante du manioc, des bananes, de la canne à sucre… Tout ce qui fait l’alimentation indigène. Mais le Blanc veut extraire la marchandise de la terre, ça fait longtemps que j’ai appris qu’il pense comme ça. Le Napë ne veut pas préserver la nature, prendre soin de la terre. Il ne pense qu’à détruire, à prendre la richesse de la forêt, à faire commerce du bois avec les pays où il n’y en a pas. Et il y a aussi le problème du braconnage et de l’extraction illégale. Tout est déjà dans le nom : garimpagem, faire des trous… Ils ont tué mon peuple pour de l’or et des diamants. Ils veulent faire des boucles d’oreille pour que leurs femmes soient belles et décorer leurs maisons, décorer les magasins, tout décorer… La pensée, le monde du Blanc tout entier est ainsi. »

              « Mais l’homme de São Paulo, de l’Angleterre ou des États-Unis ne veut pas entendre parler de garder la terre en vie, la forêt debout. Il veut tout abattre et en faire des marchandises. Il faut pourtant penser au futur, à ce qui va arriver aux générations futures, ou bien d’ici cent ans notre planète sera comme un terrain de football, sans arbres, sans oiseaux et sans eau propre, sans beauté et sans Indiens. Et quand il n’y aura plus ni Indien ni forêt, cela sera la fin du monde. »

            • Ecométa Ecométa 22 octobre 09:07
              @eric
               Les pays les moins capitalistes comme les pays communistes ? Tout simplement qu’ils étaient tous voués au « productivisme » ; tous : capitalistes comme communistes !

              De l’humanité à l’humanisme, de la liberté au libéralisme, de l’économie à l’économisme,de la productivité au productivisme, de la rationalité au rationalisme, du capital au capitalisme, de la finance au financiarisme du libre-échange au libre-échangisme...

              Nous avons développé une civilisation du paroxysme, une civilisation paroxysmique, et c’est ainsi que nous abusons tout : la « Nature » comme les « états de nature »... dont notre propre nature humaine ! 

            • microf 22 octobre 21:37
              @Alain

              Merci @Alain pour ce poignant et vrai témoignage.

            • jjwaDal jjwaDal 20 octobre 18:14

              L’espèce humaine a toujours modifié son environnement. En fait, toute forme de vie modifie son environnement, consommant une partie de celui-ci et lui restituant au final sous une forme différente, ce qu’elle y a prélevé. Toutes les espèces ont pu faire ça durablement pendant quelques milliards d’années, car la biologie a appris « l’économie circulaire » bien avant nous, bouclant, à la louche, tous les cycles de circulation des éléments vitaux à la poursuite de la vie.
              On a modifié ce schéma par l’invention d’outils, os, bois, pierre et bientôt métalliques, permettant d’augmenter grandement notre capacité à modifier notre environnement et donc à favoriser le développement de l’espèce.
              Puis, on a inventé les machines et la chimie, augmentant très fortement notre capacité à modifier notre environnement. Sauf que ces machines ne sont pas plus biodégradables que leur nourriture n’est biologique. Elles consomment un stock, isolé de l’écosphère pendant des dizaines de millions d’années et donné une fois pour toute.
              Quand à la chimie, elle a donné lieu à toutes sortes de transformations qui sont étrangères à la vie et donc non biodégradables, voire hostile à la vie.
              On est passé d’une « économie circulaire » du vivant à une économie de « flux linéaire », de la mine à la décharge sauvage avec un court intermède comme bien de « consommation » à obsolescence programmée.
              Ce système n’était pas d’évidence imbécile, quand nous étions bien moins nombreux et que nos « besoins » étaient bien moindres.

              Le capitalisme restera comme une parenthèse, ayant permis de passer d’un système globalement durable à un autre ne l’étant pas, en grillant en peu de temps et avec une certaine efficacité les ressources naturelles, pour, on l’espère, revenir à une situation où nous réinventons des flux bouclés de manière bien plus fine que dans le passé (car nous avons la masse d’un astéroïde et tout écart de bouclage induirait des effets, à terme assez court, conséquents.).
              On aurait pu faire autrement, mais c’est une autre histoire.

              • Arthaud Arthaud 20 octobre 19:05

                Manque une réflexion ontologique sur le bipède, la dimension spirituelle. 


                On peut réécrire l’article en remplaçant « capitalisme » par matérialisme, ou « consommation » ou « absence de conscience »

                De toutes les façons, c’est désormais la question démographique qui supervise le tout, avec ses questions corollaires : et les déchets ? (avant même celle de « l’énergie »)

                NB : vous Canadien, vous auriez pu citer l’ Amérindien : « Quand ils auront coupé le dernier ... »

                .. Ou J.W. Rawles ..

                Bien cordialement



                • Spartacus Spartacus 20 octobre 19:30

                  Voici venir les nouveaux communistes, les écolo-fascistes.


                  La présentation anti capitaliste est juste un recyclage de leurs anciennes lubies socialistes qu’ils ne peuvent plus sortir tellement la faillite du socialisme est patente.

                  Faut arrêter la branlette !
                  Bien entendu les 100 millions de mort par génocide sont tous issus des mondes socialistes. Les capitalistes ne tuent pas leurs propres gens. 
                  Le marché libre et capitaliste n’a pas besoin d’écolos-fascistes pour trouver lui même la direction de la qualité de vie.
                  Le capitalisme a mis fin à la famine sur terre, là ou le socialisme qui le promettait par collectivisme n’ est arrivé qu’a créer le totalitarisme génocides et terreurs.

                  Les écologistes proposent surtout une idéologie qui n’est qu’un recyclage totalitariste et collectiviste. 
                  De la fausse science anxiogène qui prédit des échéances apocalyptiques pour imposer des peurs absurdes.

                  Leurs résultats ne sont que des merdes très loin de durabilité ou de meilleure vie promise. 
                  Ils ont réussit a imposer le charbon pollueur à l’Allemagne, en France détruire le nucléaire pour mettre des merdes subventionnées d’éoliennes qui produisent rien dans les derniers lieux sauvages. 
                  Partout ou ils passent ils grèvent le pouvoir d’achat pour détourner vers des lubies subventionnées stériles.
                  Refuser le développement des pays pauvres comme l’Indonésie ou ils préfèrent la diversité des moustiques et orang outan à une industrie de l’huile de palme qui élève le niveau de vie et bien être par 10 des gens.
                  Refuser les OGM par dogmatisme débile et le riz doré, riche en vitamines qui nourrit et sauve des gens de la famine.
                  Refuser le schiste qui permet actuellement aux USA de baisser les rejets de CO2, un monde moins pollué 4 fois plus vite que l’Europe et ses signataires ou ça augmente dans leur branlette de Cop21.
                  Et culpabiliser les gens en faisant peur à tout le monde en les accusant d’être les responsable d’une modification naturelle du climat qui a toujours changé depuis qu la terre est terre.

                  Bref après la faillite du communisme, le nouveau siècle sera celui de la dictature écolo-fasciste, qui fonctionne sur les mêmes shémas d’intellos étatistes.



                  • jjwaDal jjwaDal 20 octobre 21:00

                    @Spartacus
                    Vous avez mille fois raison. On a bien vu lors de la seconde guerre mondiale, comment le fascisme a été porté à bout de bras par les écolofascistes en Allemagne, Italie et Espagne pendant que les capitalistes (banques, industries) combattaient farouchement la propagande d’Etat à leur détriment et que les capitalistes russes repoussaient l’armée allemande jusqu’à Berlin. Quand on fait à ce point de la « cueillette de cerises » c’est qu’on souffre d’une bonne grosse névrose. Cela se soigne, mais encore faut-il le vouloir.
                    Moi, j’ai plutôt croisé des historiens malfaisants et révisionnistes prétendant que les capitalistes étaient cul et chemise avec le fascisme des années 1930/1940. Allez savoir où est la vérité...


                  • eric 20 octobre 21:04

                    @Spartacus Vous etes optimiste. Avec l’ecologie, pour laquelle l’horizon ultime est que la solution finale au sauvetage de la planete passe par l’elimination massive de la cause des problemes, la vie sera effectivement difficile. Mais en y ajoutant leur intersectionalisme, les autorisés a survivre auront encore moins le droit de penser qu’avec les socialismes. Il y a peut etre un espoir. Comme tous cela, chez ces gens, c’est de la crise mimetique a outrance, on peut esperer qu’ils se bouffent entre eux. Ainsi, recemment, tous les mecs tombés pour violence aux femmes, ou aux hommes, etaient des progressistes feministes.


                  • eric 20 octobre 21:10

                    @jjwaDal

                    Un type qui melange Franco, sauveur de la republique lors des premiers soulevements illegaux, mais catho et royaliste, avec les socialistes nationalistes allemands, ou le parti cree par le socialiste Mussolini, peut il utilement participer a un debat politique ? Allez jetter un coup d’oeil a « Nazisme et ecologie »


                  • Spartacus Spartacus 21 octobre 00:23

                    @jjwaDal

                    L’histoire a bien été revisité en France par cette armée de 98% de profs extrême gauchistes, et manuels d’histoire revisités à la gloriole des tarés communistes

                    Les gamins ne savent pas que Mussolini était un communiste avec un programme calqué, que Hitler était à la tête d’un parti socialiste et que son programme a réalisé plus de points du manifeste communiste sauf l’appropriation des moyens de production.

                    Y’a même des branleurs de gauchistes comme ici qui présentent, sur la dernière guerre l’URSS du bon coté alors que ces pourris de communistes ont envahis plus de pays aux coté des nazis.
                    Bien entendu pour ces gens, comme les écolos, l’important c’est le collectivisme, l’idéologie bien plus que la vie des gens.

                    Le capitalisme n’a jamais été aux coté de Pol Pot, Staline, Mao, la dynastie Kim, Castro et tous les assassins de masse ni nié leurs tares.
                    Le capitalisme a sorti de la misère les pays et les gens.

                  • Ruut Ruut 21 octobre 06:27

                    @Spartacus

                    Le souci avec la capitalisme moderne c’est qu’il est toxique.
                    La majorité des produits issus de l’industrie moderne ne correspondent plus aux attentes des clients. Nourriture toxique, sur médicamentation, produits volontairement ultra bas de gamme destinés a se casser vite, etc...
                    Normalement il est de la responsabilité des tribunaux ou des gouvernements de mettre des limites aux abus, mais ces 2 axes sont pour le moment corrompus.
                    Pareil au sein des grosses entreprises (public et privé) ou les pots de vins passe par les renouvellement de sous traitants et le sélectionné est celui qui aura offert le meilleur pot de vin.
                    Meeting d’1 jour dans les îles avec 1 semaine all inclusive 5 étoile avec la famille payé par le futur sous traitant....



                  • jjwaDal jjwaDal 21 octobre 18:11

                    @eric
                    Je voulais juste mettre en parallèle les « écolofascistes » de Spartacus avec une période de notre histoire ou c’était globalement un peu plus chaud. Si déclencher une guerre civile de 3 ans pour prendre le pouvoir par la force avec l’aide de l’Italie de Mussolini et celle de l’Allemagne nazie en fait un gentil garçon, dont acte. J’ai dû commettre une boulette. Sinon les délires reliant le nazisme à l’écologie, je laisse ça aux esprits simples. Hitler était végétarien ? Pythagore aussi. Par contre Mao et Staline mangeaient de la viande... Un lien avec la diminution de l’espérance de vie dans leur pays quand ils étaient au pouvoir ?


                  • Alain 21 octobre 18:17

                    @eric
                    franco, sauveur de la république ? T’es du Canada ? t’as fumé du pot ?


                    Quand à Spartacus, qui crois que le capitalisme, c’est le bonheur, il devrait jeter un coup d’oeil à « un siècle de moi » :

                  • Alain 21 octobre 18:21

                    @Spartacus
                    Spartacus a trop mangé de la bonne bouffe capitaliste comme par exemple la confiture à la fraise sans fraise ou la glace à la vanille sans vanille pour réfléchir sereinement.

                    Pour la confiture de fraise sans fraise ou pour la fabrication du mile capitaliste sans ruche et sans abeilles, je le laisse chercher.Pour une fois qu’il utilisera Internet à bon escient....

                  • jjwaDal jjwaDal 21 octobre 18:34

                    @Spartacus

                    Vous êtes aveuglé par cette idéologie, qu’est devenu capitalisme. A vous lire, on jugerait que l’invention de l’imprimerie, le recul de la religion et le développement de la recherche scientifique (largement rémunérée par les Etats, aujourd’hui encore) ont compté pour du beurre face à une organisation de l’économie qui a au demeurant connue plusieurs variantes. Le capitalisme des années 1950/1980 ne favorisait pas outrancièrement la sphère financière en dépit de taux de croissance sans comparaison avec ce que nous connaissons par ex, mais rémunérait bien mieux les seuls vrais producteurs de richesses, à savoir les porteurs de projets et tous les salariés sans le talent et le travail desquels rien ne se ferait. Il est estimé que les USA ont tué 20 millions de personnes à travers 37 conflits depuis WW2 mais j’imagine qu’ils ne peuvent être adoubés par votre religion comme économie capitaliste, vu que la FED est tout sauf une main invisible depuis 2008, ni le Japon que sa Banque Centrale arrose, etc.
                    On fait toujours deux colonnes et globalement votre dernière phrase semble vraie. On pourrait demander aux Irakiens, Syriens et Libyens ce qu’ils en pensent, mais bon...
                    Et la colonne du passif ? « It was worth it » comme le disait Albraight ?

                  • Pierre Régnier Pierre Régnier 21 octobre 19:54

                    @jjwaDal

                     Vous avez constaté, vous, que l’islam a reculé ?


                  • jjwaDal jjwaDal 21 octobre 20:50

                    @Pierre Régnier

                    La distance moyenne des popotins tournées à 180° de la direction de la Mecque (lors de la prière) augmente au fil du temps et donc on peut en effet dire que l’Islam s’éloigne de la Mecque, il recule donc... smiley .
                    Pas le souvenir que le capitalisme soit né dans les pays islamiques et donc en me relisant, vous devriez comprendre que je ne parlais pas de l’Islam.

                  • Pierre Régnier Pierre Régnier 23 octobre 13:51

                    @jjwaDal

                    J’espère que la toute dernière décision du comité dit « des droits de l’homme » de l’ONU, contrôlé par les pays totalement islamisés, vous aura fait relativiser votre croyance en une « reculade » de l’islam et de ses pouvoirs sur le monde.

                    Ce qui est à constater, au contraire, c’est l’enracinement de la soumission des défenseurs des droits humains à la loi islamique.


                  • pipiou 20 octobre 21:46

                    Et pendant ce temps-là l’auteur pollue la planète en utilisant l’Internet capitaliste pour publier ses discours naïfs...


                    • Pierre Régnier Pierre Régnier 20 octobre 21:48

                      Sur ce sujet, un article personnel publié en 2014 sur Agoravox :

                      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-le-socialisme-150555


                      • Pierre Régnier Pierre Régnier 20 octobre 22:21

                        A la fin de mon article je citais le livre que François Brune a publié en 1981 chez Gallimard, Le Bonheur conforme, un livre que je crois utile comme le 1984 d’Orwell (*). Je disais que l’auteur a réédité son livre aux éditions de Beaugies mais j’avais mal orthographié ce mot.

                        C’est donc aux éditions de Beaugies qu’on peut aujourd’hui se procurer "Le Bonheur conforme" de François Brune.

                        (*) François Brune a d’ailleurs publié par la suite, à L’Harmattan, Sous le soleil de Big Brother. Précis sur « 1984 » à l’usage des années 2000.


                      • nemo3637 nemo3637 22 octobre 00:53

                        Merci pour vos contributions et remarques, souvent pertinentes (sauf évidemment les quelques égarés facilement discernables). Lisez mon prochain article « Qui menace les institutions ? » ...

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