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Accueil du site > Actualités > Environnement > « Je veux que vous pas niquiez (?) »

« Je veux que vous pas niquiez (?) »

Nous vivons une époque qui craint l'avenir, et qui se repaît de cette certitude. Il fallait entendre et voir cette toute jeune Suédoise, Greta Thunberg, rapport aux manifestations pour la sauvegarde du climat, se la jouer « gosse de films d'horreur (!) » : « I want you to fear, I want you to panic. » (« Je veux que vous craigniez, je veux que vous paniquiez. ») La petite a du cran, si l'on veut. De la témérité, aussi. Jeune rebelle à la rébellion autorisée, inexpérimentée mais endoctrinée par l'ambiance pseudécolo du « capitalisme vert » ... Cela ne veut rien dire.

Image tirée du Guardian, 'I want you to panic' : 16-year-old issues climate warning at Davos – video

 

Cashpunk capitalism

Que l'on se comprenne bien : le grouillement proactif et affairiste d'une humanité rhizomatique tout autour de la Terre (communément nommé mondialisation capitaliste, éventuellement libérale) n'est pas exempt de fraudes massives, de rétorsions planétaires, ni de pullulements polluards ... Au juste, en cause : les logiques d'investissements depuis banques de prêts et bourses d'actions, dominées par les prêteurs et les actionnaires (pleines d'hypothèques et autres gages) et finalisés par la croissance économique pour elle-même (aux noms de la « liberté » et de la « démocratie » : « chacun fait bien ce qu'il veut quand il veut de ses pactoles » genre « t'as le cash ou tu t'couches »).

Tout cela soumet l'ensemble des relations à la calculabilité, et pour « bon gestionnaire » et « économe » que cela se veuille, ça n'est en réalité pas réaliste. Les mathématiques, les comptabilités et les logistiques ne peuvent pas, à elles seules, résumer l'espèce humaine. Tout cela n'aide, à la limite, qu'à gérer une subsistance étendue jusqu'au luxe. Mais, au final, ça échappe à toute dimension symbolique. Ça se résume au cashpunk, c'est-à-dire pas grand'chose. « Paye ta vie en société ... », genre. Seulement, tout ça n'est pas une raison radicale pour qu'il faille craindre, paniquer, et finalement « combattre le futur ».

 

Fight the future

« Combattre le futur », « fight the future », c'était le titre du film X-Files (1998). Cette série marqua plusieurs générations sur les quarante dernières années, et est devenue une référence incontournable de la pop-culture. Elle voguait et anticipait sur tout ce qu'il est convenu (à tort, à retors ou à raison) de nommer aujourd'hui « le complotisme ». Ce qu'elle nous apprend, c'est qu'on peut facilement faire la synthèse de toutes les imaginations possibles et imaginables autour des superstitions, des folklores et des « gouvernances » (comme on dit ...), histoire de se payer d'effrois bien sentis.

Mais ça n'est pas que dans la fiction. En 2013, l'anthropologue de la modernité Bruno Latour (un Français internationalement reconnu) donnait une conférence à Science Po : « le Futur a-t-il de l'avenir ? » ... où en somme, sur la base d'un jeu de mot futur/avenir, il expliquait ce « truc » essentiel que, le futur, c'est une projection infinitiste, illimitiste et éternaliste désormais démentie ; l'avenir, c'est ce qui inquiète d'être à-venir, comme s'il allait nous déborder : il est judicieux de le penser défini, limité et actualisant. Ou bien encore, l'éminent anthropologue de la modernité Marc Augé (un Français, qui gagne largement à être connu, directeur d'études à l'EHESS) traitant du Pour quoi vivons-nous ? comme s'il venait à manquer de raisons de vivre, ou encore des Nouvelles Peurs concernant cet article précisément.

Ainsi, tout se passe comme s'il fallait diffusément « combattre le futur », et quoi de pire qu'une « menace fantôme » ? ... La Menace fantôme, tenez, encore un titre annonçant le XXIème siècle en 1999 (Star Wars épisode 1), et la prélogie est belle et bien lourde d'un véritable Complot total, non ? ... Oui décidément, de la conscience collective à l'imaginaire collectif plus ou moins inconscient, tout se passe dans le sens d'un plébiscite de la peur (!) — sans parler du terrorisme. « Les gens heureux n'ont pas d'histoires », fichtre.

 

Mensonge, fallace ou vérité de la peur ?

Ce qu'il y a de plus terrible avec la peur, c'est qu'on peut en avoir peur (phobophobie) mettant tout simplement en abîme et en cercle vicieux la peur, réfraction de miroirs opposés, à l'infini récursifs. Ou en spirale infernale, très clairement. C'est d'ailleurs la sale logique du scoop médiatique ... y compris de l'hystérisation collective que l'on observe aussi allègrement sous AgoraVox, puisque les articles font largement focus sur les figures du pire.

D'autant plus que, selon ces articles (à tort, à retors ou à raison ... et de loin pas que sous AgoraVox, et vraiment partout : de BFMTV à Causeur — sans parler des sites qui se veulent d'une radicalité alternative absolue) ... selon ces articles, le Monde est le Mal. Pour l'anecdote d'ailleurs, samedi 9 février 2019, on entendait sur radio France Info, dans le cadre du « Grand débat » gouvernemental qu'elle encense comme « national » ... on entendait des journalistes jurer sur la foi du Droit français qu'ils étaient indépendants, et qu'ils allaient redoubler de formats informationnels pour fact-checker, sourcer et au fond « réinformer » la population, dans le cadre d'un besoin de confiance : c'est dire à quel point ils font pitié (du gouvernement aux grands médias ils en sont tous là, à devoir mendier notre créance, ces piteux !). De quoi avoir très peur pour d'excellentes raisons.

 

Qu'est-ce à dire ?

Rien d'autre que la paranoïdie domine les mentalités, que l'esprit d'espionnage et de contre-espionnage a largement quitté le cadre des James Bond, et que dans l'ensemble tout un imaginaire collectif (avec plus ou moins d'inconscient idoine) depuis le film Ennemi d'État (encore 1999 ... ) au moins, a pétri notre conscience collective. C'est-à-dire que nous tenons tous imaginairement compte d'une effroyable donne, qui d'ailleurs est largement mise en oeuvre en Chine déjà, et qui l'est par nos propres services de renseignements, occidentaux. Serait-ce au nom de « la sécurité garantissant la liberté ».

Nicolas Sarkozy après Jacques Chirac, avait fait campagne sur la sécurité fin des années 2000, entamant notre décennie des Nouvelles Années 10. Mais le même Sarkozy avait en fait réduit les effectifs de police durant son mandat. Aussi avait-on augmenté médiatiquement le stress collectif (sécuritaire comme « antiflics ») et cela contribua fatalement à l'oppression des banlieues avant les Gilets Jaunes, comme des Gilets Jaunes eux-mêmes — débilité sans nom.

Dans la santé mentale publique de tels politiciens, tout comme les grands médias (médias de grande diffusion si l'on préfère) ont une responsabilité majeure, incalculable (sans parler des saillies actuelles au sommet). La corrélation est évidente, mais naturellement chacun se déresponsabilisera en justice d'une manière ou d'une autre. On ne pourrait qu'obliger à une déontologie devant cela. Chacun sent bien qu'elle manque, par temps de trolling permanent (et serait la seule vraie réponse à la méfiance générale, désormais) mais que l'on soit bien clairs, au passage : ça n'est pas en supprimant l'anonymat sur Internet qu'on y changera quelque chose. Supprimer cet anonymat, ce serait comme obliger à porter un haut-de-corps avec notre identité inscrite dessus. Ce n'est pas logique quand on défend la liberté, la pulsion sécuritaire prétendrait-elle la garantir. Il faut aussi pouvoir circuler incognito en ligne.

 

L'avenir est imprévisible

Au fond, ce qui nous fait le plus « tous chier », c'est que l'avenir reste imprévisible, quoiqu'on fasse. Et il est d'abord plus « rassurant » de se dire qu'il empire ! ... Après tout, « mieux vaut la certitude du pire qu'aucune certitude du tout ». C'est un ressort psychologique fondamental, simplement superstitieux « comme au bon vieux temps ». Juste, on a remplacé les chats noirs par — au hasard — le climat.

Je répète que ça n'est pas pour nier l'impact écologique humain. Mais simplement pour dire que nous nous enfermons dans des prophéties apocalyptiques, qui n'ont pas plus lieu d'être que l'optimisme béat qui présida à la mauvaise élection du chef de l'État (si insoucieux et dédaigneux de ce fait. « Je m'en soucie guère ... », comme dans la chanson, ça ne manque pas d'en faire flipper non plus.

Quoi de plus frustrant, à l'heure où les technologies prétendent au contrôle total (à tort, à retors ou à raison), que d'avoir encore toujours à « combattre le futur » ? ... Et les « capitalistes » (les personnes de culture capitaliste) en premier chef, ça a toujours été pour elles un objectif immédiat que de « garantir leurs investissements » et « sécuriser leurs avoirs ». Le « capitalisme » est, à ce titre, une vaste logique bourgeoise de mise au pas, de verrouillage, de contrition, de contènement et de protection matérielle « combattant le futur ».

 

Sainte Mère Matière, Diabolique Père Avenir (!)

Or la matière, comme son nom nous en souvient, c'est le matériau, la materia, la mater, la mère (si charnelle d'accoucher des corps, c'est-à-dire de nos matérialités). Et ainsi, se sécuriser, c'est sécuriser son corps, c'est craindre pour sa mère (pour le meilleur et pour le pire) face à l'avenir — nom masculin quant à lui, inconnu à caractère paternal car adjuvant, édifiant, confrontant et altérant, tout à la fois. Ceci n'était qu'une digression symbolique … pour dire que personne n'échappe au père-avènement. Et heureusement, il est le seul garant de notre ouverture véritable et de la liberté, ce qui s'appelle la liberté.

Rien n'est dit. N'ayez pas peur de rien, restez attentifs, la peur sert l'attention quand elle ne la déborde pas. Sans peur, pas d'attention mais, hélas, trop de peur ne tue pas la peur. Trop de peur tue, que ce soit devant le climat comme devant l'intelligence artificielle, en passant par le terrorisme ou la mondialisation capitaliste, songez que ça doit être compris avec sagacité. Une qualité que n'a pas l'actuel président de France de tendance si anti-française, par exemple.

Bref, Greta Thunberg aka « I want you to fear, I want you to panic ; Je veux que vous craigniez, je veux que vous paniquiez » ... est née de la dernière pluie imaginée par Netflix series : The Rain. C'est tout.

Entre nique et panique, il ne faut pas choisir.

 

 

 

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58 réactions à cet article    


  • François Pignon François Pignon 11 février 16:35


    "On pourrait penser que si quelqu’un était suffisamment conscient pour reconnaître que l’écologie mondiale était compromise et que les polluants détruisaient l’eau douce et les terres, et que le réchauffement planétaire allait probablement rendre d’énormes parcelles non arables - vous pourriez penser que personne chercherait des solutions dans un cadre politique. Après tout, c’est le capital mondial qui a amené l’humanité dans ce précipice historique. Mais au lieu de cela, beaucoup, sinon presque toutes les personnes à qui je parle, définissent les choses en termes de responsabilité personnelle. Arrêtez de conduire de gros VUS diesel, arrêtez de prendre l’avion pour Cabo pour les vacances, arrêtez de manger de la viande, etc. Mais ces mêmes personnes ont tendance à ne pas critiquer le capitalisme. Ou plutôt, ils demandent un petit capitalisme vert non-nègre. Je suppose que cela signifierait exploitation verte et guerres vertes ? Car la guerre est le moteur du capitalisme mondial actuel. Ce sont tous les thèmes du thème de la surpopulation qui sont abordés. Un ajustement idéologique commode qui blâme les habitants les plus pauvres de la planète. »

     

    - John Steppling, ne faites confiance à rien, 2019


    lien


    • Erwan Prigent Erwan Prigent 11 février 17:00

      @François Pignon. Nous chérissons les effets des causes que nous honnissons, ou l’inverse, je ne sais plus. Ou bien, les autres devraient toujours en faire plus et mieux , nous, ça va, à notre niveau, vous comprenez. Ou encore, plus sûrement, et pour le dire en récupérant une vieille image : « il est plus aisé à un chameau de passer par le chas d’une aiguille, qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu », ceci dit sans prêchi-prêcha, je suis vaste mécréant.


    • François Pignon François Pignon 11 février 16:42

      La photo la plus monstrueuse en matière de faux-culs était quand même celle de la mère Lagarde avec cette pauv’ gamine !

      Et la loi sur la protection des mineurs et l’exploitation de leur image, hein ?

      Ils en font quoi les lessiveurs de Davos ?

      C’est vraiment à gerber.


      • Erwan Prigent Erwan Prigent 11 février 17:00

        @François Pignon. Ça crisse et dissonne nettement.


      • François Pignon François Pignon 11 février 16:48

        Le spectacle programmé l’an prochain à Davos sera une grande prière animée par le Dalaï-lama pour prêcher le dénuement et l’ascétisme, avec Soros la tête rasée en bonze tibétain drapé d’orange, concert de gongs et moulins à prières

        le pape en fera une jaunisse !


        • Erwan Prigent Erwan Prigent 11 février 17:01

          @François Pignon. Si le DL est assez con-passionnel pour leur donner l’onction, je veux bien être le pape !


        • Erwan Prigent Erwan Prigent 11 février 17:03

          Blague à part, sauf chaos mondial duquel n’émergerait qu’un anarcho-capitalisme affreux de toutes façons, je ne vois pas de qui d’autre attendre le changement. Les vrais cons, c’est nous autres, sans quoi on ne râlerait pas pour se soulager de nos éventuels ulcères ...


        • JL JL 11 février 18:05

          @Erwan Prigent
           
           ’’Les vrais cons, c’est nous autres ’’
           
           Et on fait quoi, après avoir dit ça ? On se couche ?


        • Erwan Prigent Erwan Prigent 11 février 18:29

          @JL. Ce n’est pas ce que j’ai dit. Pour cela, voyez plutôt les Shadocks de @gaijin ci-dessous, en pire.


        • JL JL 11 février 18:43

          @Erwan Prigent
           
           Ah ?
           Ce n’est pas ce que vous avez écrit ci-dessus, à 17:03 ?


        • Erwan Prigent Erwan Prigent 11 février 20:49

          @JL. On se croirait dans Kaamelott vous savez, avec nos malentendus. Je faisais référence au fait de se coucher. Non, ce n’est pas ce que j’ai dit, ni même suggéré. Quant au reste, les cons, se sont toujours ceux qui subissent les décisions dont ils sont spectateurs et sur lesquels ils n’ont pas de prise. Parce que les conséquences, elles, elles ont bien lieu, qu’on estime que les cons soient les décideurs ou non au final, les cons, c’est nous autres. D’où probablement, la revendication du RIC actuellement : au moins, les majorités ne pourront s’en prendre qu’à elles-mêmes en assumant les conséquences qu’elles auront elles-mêmes provoquées décisionnellement.


        • velosolex velosolex 11 février 23:39

          @Erwan Prigent
          Dans le temps je lisais « Dracula » de Bram stoker, pour me foutre les boules dans le noir, maintenant il suffit que je lise « un empoissonnement universel » de Fabrice Nicolino, pour me foutre les boules, en pleine journée.
          On voit par là combien le spectacle du monde est en progrès constant. 
          Je participe avec mes petits moyens, à lutter contre l’indicible. Mais c’est dur, et la tache est épuisante qu’il vaut mieux en rire, finalement. On devrait jamais avoir à donner un point de vue sur l’humanité, juste faire son jardin. Au moins là on tient un outil en main, pas une illusion. 


        • Erwan Prigent Erwan Prigent 12 février 10:02

          @velosolex. Contre l’indicible à craindre en pleine journée alors, je vous conseille la lecture de H.P. Lovecraft. C’est distrayant d’effroi, et ça reste une façon de cultiver son jardin intérieur.


        • baldis30 12 février 10:23

          @François Pignon

          bonjour,
          d’accord mais vous avez oublié de dire qu’en même temps, sur le conseil de Jupiter Dieu des dieux, le fils préféré de Dieu ( Ben Allah) financera le transport aérien de l’officiant et de ses aides ... il faut le dire .... et que tout cet argent viendra de l’entourage de Poutine ( ça y est j’ai réussi à mettre Poutine dans le coup qu’ai-je gagné ?)


        • velosolex velosolex 12 février 11:45

          @Erwan Prigent
          Merci, je connais le gars de Providence, ainsi que son copain Derleth, que je lisais en mon adolescence.
          Mais Dracula est vraiment un texte étonnant, nous prévenant contre les affres de la mondialisation. Le vampire est en effet la première espèce invasive, utilisant de plus toutes les découvertes de la technologie et de la modernité. Peut être qu’il possède maintenant plus quelque chose de chinois que de roumain. 
          Au niveau littéraire, c’est superbement bien écrit, et ça ne gâche rien. 


        • Erwan Prigent Erwan Prigent 12 février 19:10

          @velosolex. Oui, le capitalisme est un vampirisme.


        • Erwan Prigent Erwan Prigent 12 février 19:32

          Ou une vaste pyramide de Ponzi.


        • gaijin gaijin 11 février 17:06

          demain n’aura pas lieu

          parce que demain c’était déjà hier ...

          il y eut les temps modernes et puis le modernisme et puis le post moderne et enfin le no futur ....et ça c’était les années 80 ensuite les revivals et le vintage ( la même merde que le modernisme mais plus chère ) .....nous avions rêvé de cosmos 99 , 2001 odyssée de l’espace et puis paf on nous sort 2001 la tour n’existait pas .....entre temps tatcher met fin a la partie : there is no alternative ....game over !

          mais toute la civilisation a toujours vécu sur demain on rase gratis que ça soit dans un paradis céleste ( qui avait le mérite de pouvoir être repoussé éternellement ) ou dans un bonheur progressiste qui en devenant rationnel révèle son inexistence ....

          coincés sur une planète qui tourne en rond a 2.5 millions de km-jour les shadocks prenaient conscience de l’inanité de leur existence et décidaient de suicider collectivement ........

          https://www.youtube.com/watch?v=3BfcBSEqDIk


          • Erwan Prigent Erwan Prigent 11 février 17:25

            @gaijin. Avec les Shadocks, vous avez l’idée de l’article : inutile de paniquer. Cela dit, pas nécessairement utile de se suicider, justement. Qui vivra verra : l’avenir est imprévisible, dans un sens ou l’autre. Tout ce que nous pouvons faire, ce sont des probas. Bof. C’est bien pour cela que les fous perpètrent leurs folies sans fin !


          • velosolex velosolex 11 février 23:33

            @Erwan Prigent
            Cette gamine me semble a vrai dire un peu instrumentalisée. Une bouée de secours envoyés par ses parents proche de la jet society, afin de nous rassurer sur la mondialisation heureuse. 
            Je pensais que les moustiques qui ont survécu aux dinosaures, seraient l’avenir de l’homme, pas les teenagers à nattes évadés de la petite maison dans la prairie . 
            Hors, j’apprend qu’ils disparaissent au taux étonnant de 2,5% par an, et que dans 100 ans il n’y aura plus un seul à la surface de la terre.
            Les spermatozoïdes d’ailleurs disparaissent au même pourcentage. Mon pare brise était déjà au courant ( pour les moustiques je veux dire)

            Dans la sillicon valley, les milliardaires font des conserves dans des bunkers.
            La Joconde vaudra t’elle moins qu’une sardine à l’huile.
            Je comprend mieux maintenant son mystérieux sourire. 


          • Erwan Prigent Erwan Prigent 12 février 10:04

            @velosolex. Oui instrumentalisée, c’est l’évidence. Après, si ça peut aider ... !


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 12 février 10:19

            @velosolex

            Quand les insectes auront disparu, l’humanité n’aura plus que trois ans à vivre (Einstein). Ce qui me frappe avec cette jeune fille, c’est qu’elle ne pose pas la question à ses parents. Pourquoi m’avoir mis fait naître dans un tel monde. A quoi pensiez-vous ? Mes propos peuvent paraître choquants, mais les parents de tous ce jeunes sont les premiers concernés. quelqu’un osera-t-il un jour faire une étude sur le sujet. C’est délicat, mais demander aux parents que vu l’état du monde, pourquoi mettent-ils un enfant au monde. Inconscience, sentiment d’omnipotence (nous y échapperons), les enfants seront nos sauveurs, notre espoir.. Je pense plutôt que la plupart ré« pondrons » : nous sommes instinctivement conditionnées (comme les animaux) à procréer. Faire un enfant pour dénier notre mortalité,...


          • baldis30 12 février 10:27

            @Erwan Prigent
            bonjour,
            « l’avenir est imprévisible, dans un sens ou l’autre »
             mais Pierre DAC avait bien résumé la chose ...
            « son avenir est devant lui mais qu’il prenne garde de ne pas se retourner car il l’aurait dans le dos  ».
            Quoiqu’il n’ait pas précisé la hauteur à laquelle cela se passerait dans le dos !


          • velosolex velosolex 12 février 13:12

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.
            Il y a beaucoup de choses que nous faisons sans nous occuper des cours de la bourse, de la notre, et des perspectives du monde.
            La folie nous guette quand nous perdons cette perspective de vue et de vie qui ne dépassait pas naguère les murs de notre jardin. 
            La vie est tragique.
            Il y a de quoi rire.
            Heureusement de temps en temps nous revenons au pays de notre enfance. 
            Et puis la tête de castaner avec son gourdin nous rappelle que nous sommes revenus au pays de Guignol, et de Ganafon


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 12 février 13:30

            @velosolex

            Et Macron avec ses dents écartées comme celles d’un requin ou d’un loup. Jeune loup dynamique. Brigitte en fée clochettesur le retour. Quelle mascarade. Cela me rappelle cette scène du film Casanova. Une mécanique apparemment bien huilée qui risque bien un jour de se gripper sérieusement .https://www.youtube.com/watch?v=uknSRgBNkuM


          • velosolex velosolex 12 février 13:55

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.
            Joli numéro de mime de la dame en jupon
            Par quel miracle les pantomimes avec leur gestes cassés 
            Nous paraissent plus éloquents et plus vrais que le spectacle du monde
            Peut être parce qu’ils résument en trois gestes la danse de saint Guy qui agite la vie

            J’ai de nouveau regardé amacord de Fellini, il y a quelques jours. Le pays de l’enfance de Fellini et de son génie. Le bœuf aux longues cornes sortant du brouillard, la bellissima habillée toute de rouge enflammant les trottoirs, et faisant courir les ados derrière elle. J’ai tout retrouvé. Y compris les guignols immortels drapés dans leur drapeau, les péplums dérisoires. Je regrette ce cinéma là, si près de l’expressionisme du muet où il n’y a rien à dire, avec ces gestes dévoilant l’esprit, comme les statues blanches du parc ; de temps en temps tout de même un film plein de grâce et de sens nous montre que rien n’est perdu. Avez vous vu « Blanca nieves »" ?
            Un film qui nous laisse muet devant cet inconscient qui vous fait faire des passes de torero !

            https://bit.ly/2Btbg1h

            https://bit.ly/2E5Qsi6


          • Cadoudal Cadoudal 12 février 14:07

            @velosolex

            Mais au-dessus de cette plèbe cheap et technophile règnent « les cavaliers-nomades de la surclasse »…Comme Christophe Guilluy, Chatelet souligne l’antiracisme tartuffe de cette surclasse à la romaine (revoyez les Fellini, Dolce Vita et le Satiricon). Et d’ajouter :

            « On peut accorder une chose à cette surclasse : elle n’est pas « raciste » et même friande d’exotisme. Elle adore visiter ces précieux réservoirs de sauvagerie que sont les peuples-marchés pourvoyeurs de gladiateurs-boxeurs et de nubiens à plume. »

            http://www.dedefensa.org/article/chatelet-et-le-devenir-gibier-de-la-jeunesse-en-france


          • velosolex velosolex 12 février 14:14

            @Cadoudal
            Le racisme revient en période de crise, quand on se dispute un bol de riz. Il est moins évident à observer sur une terrasse romaine, quand tout le monde fait des bons mots en buvant du champagne.
            Le radeau de la méduse est une autre plate forme d’expérimentation, pour parler des sacrifiés et des justifications, de la nature, de la culture, et de la barbarie.
            Certains sont assoiffés par le pouvoir, et ont plus de gout aux breloques que pour les belles peintures, c’est pour cela qu’ils instrumentalisent ce qui ne demande chez beaucoup qu’à se réveiller, sous le vernis fragile de la civilisation. 


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 12 février 14:21

            @velosolex

            Et ce chef d’Ouvre qu’est : L’année dernière à https://www.youtube.com/watch?v=G8qIr_Ni4Aw Ou Malpertuis avec Orson Welles


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 12 février 14:22

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Marienbad.


          • Cadoudal Cadoudal 12 février 14:23

            @velosolex
            sous le vernis fragile de la civilisation.

            Romain Gary : « 90% de notre civilisation, ce sont des murs. Si vous supprimez les murs, il ne reste rien ! »

            Certains sont assoiffés par le pouvoir, et ont plus de gout aux breloques

            D’un coût de 650 000 € (dont 60% financés par la Ville, 28% par la région Ile-de-France et 12% par l’Etat), le cœur de Joana Vasconcelos s’inscrit dans le programme d’implantation de 24 œuvres d’art appelées à fleurir le long de la ligne du tramway T3. Cet « accompagnement artistique » est doté d’un budget de 17,3 millions d’euros sur la période 2006-2019, la Ville étant aussi chargée de leur entretien. »

            http://www.leparisien.fr/paris-75/un-gros-coeur-rouge-va-illuminer-la-porte-de-clignancourt-11-02-2019-8009004.php

            Je crois que toute la Porte de Clignancourt est « œuvre d’art » : les fils électriques qui pendouillent comme à Dacca, la pharmacie Cohen jouxtant l’immeuble du marabout Babacar (grande lignée, fait revenir l’âme sœur et te désenvoûte définitivement), la fatma algérienne voilée croisant la malienne en boubou, le touriste chinois croisant le Chinois du Sentier, le tag « nique ta mère » sur des immeubles haussmanniens, le KFC et le McDo omniprésents lâchant des effluves de friture et des milliers de papiers gras marqués « végan », « halal » ou « recyclable », les feux rouges qui ne servent à rien et maintenant un coeur bisounours pour pacifier le quartier...


          • velosolex velosolex 12 février 14:31

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Cela réveille en mois ce que je préfère au cinema : Ce cinéma italien surtout autour de la fin des années 50 et des années 60. Antonioni….Qui est maintenant oublié sauf des cinéphiles, avec sa belle égérie, Monica Viti. D’orson welles évidemment...Qui apparait aussi dans le troisième homme, un film remarquable et qui n’a pas vieilli dans le rythme, et le message, alors qu’il date de 48


          • Cadoudal Cadoudal 12 février 14:44

            @Cadoudal
            Turandot, opéra italien sensé se dérouler dans une Chine imaginaire, trois mandarins chantent (à peu près) ce qui suit à l’adresse d’un prince Tartare un peu « exalté » :
            "retourne dans ton pays, tu y trouveras des arbres pour te rompre les cornes, nous n’avons pas besoin de fous étrangers, nos propres fous nous suffisent !"

            je me demande combien de temps les metteurs en scène vont encore tolérer de tels propos xénophobes...


          • JC_Lavau JC_Lavau 12 février 14:56

            @velosolex. Papa observa qu’il avait compris pourquoi le film s’appelait L’Eclipse : parce que c’est comme la Lune.
            Mais bon, la mollesse et la lourdeur de la voix de Vitti était-elle celle de sa doublure française ? C’était doublé ou sous-titré ? « Non so », c’était bien prononcé en italien.


          • velosolex velosolex 13 février 00:39

            @JC_Lavau
            je regarde toujours les films en version originale ; le son, et la voix, c’est la moitié du spectacle, et peut être un peu plus pour les italiens, italiennes, bellissima ou non.

            Le video projecteur a redonné vie a beaucoup de films que j’avais un peu oublié, car les images de ciné, il faut de la démesure, et bien peu se prêtent au format de poche d’un écran de télé, quoique on trouve maintenant aussi des écrans aussi grands que des cirques de village de naguère ; 
            Quand nous vibrions, gamins, en nous retrouvant autour de la télé noir et blanc du voisin ;
            On a beau dire, c’est l’émotion qui règle au fond la dimension de l’écran. 


          • velosolex velosolex 11 février 23:44

            Le capitalisme vert utilise Greta Thunberg https://bit.ly/2WZ0usL

            Je ne veux pas que vous soyez désespérés, je veux que vous paniquiez. Je veux que vous ressentiez la peur qui m’habite chaque jour et que vous agissiez, comme s’il y avait le feu, parce que c’est le cas. […] Il y a encore une petite chance de stopper les émissions de gaz à effet de serre afin d’éviter des souffrances pour une grande partie de la population de la planète.  »

            Derrière ces moments forts, on trouve un petit génie suédois des «  public-relations  », Ingmar Rentzhog. L’envers du conte de fées est moins joli, mais plus intéressant.

            Le journaliste d’investigation suédois Andreas Henriksson est, d’après mes recherches, le premier à avoir enquêté sur ce sujet et son article a été publié sur le blog de Rebecca Weidmo Uvell, le 11 décembre 2018.

            Extrait de reporterre, un très bon journal en ligne, qui a besoin d’appuis


            • Erwan Prigent Erwan Prigent 12 février 10:05

              @velosolex. Merci !


            • Erwan Prigent Erwan Prigent 12 février 10:06

              Enfin, j’espère qu’on aura remarqué, de manière générale, que l’article se consacrait à notre environnement émotionnel.


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 12 février 10:08

              Excellent article. Et de rappeler une phrase de Freud : il ne sert à rien de lutter contre le destin. Les crises de panique, c’est la peur d’avoir peur. Beaucoup d’anxiété alors qu’il ne s’agit que d’un phénomène physiologique bénin La fin d’un monde ne signifie pas nécessairement la fin de notre monde personnel. Suffit de décrocher son drapeau de la parano générale. FReud aussi aussi écrivait que notre civilisation peut se terminer. De toute façon, quand nous sommes mort, le monde disparaît avec nous.

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