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Accueil du site > Actualités > Environnement > Le beau bordel européen de l’agriculture bio

Le beau bordel européen de l’agriculture bio

Il est difficile de trouver un agriculteur bio français qui ne soit pas vent debout contre le règlement européen actuel de l’agriculture biologique. Mais en voulant corriger les erreurs du passé, le mouvement de la bio et les politiciens européens en font de nouvelles ! Gravissimes pour l’avenir de l’agriculture biologique !

Pourquoi le règlement européen actuel ne satisfait pas les paysans bio ? Parce qu’il est beaucoup moins ambitieux que le règlement français originel, qui a dû s’aligner sur la version commune, plus légère.
Résultat ? Des éléments importants ont été perdus comme le lien à la terre, c’est-à-dire l’obligation de planter en pleine terre les fruits et légumes cultivés (donc d’éviter l’hydroponie par exemple), facteur essentiel pour le goût des aliments ! Pour un maraîcher artisanal et local, cela veut aussi dire que ses fruits et légumes, cultivés selon les normes plus élevées de l’agriculture bio française d’avant, ne sont pas plus valorisés que ceux produits dans la région de la mer de plastique du Sud de l’Espagne, qui s’est également mise à la bio… mais juste le strict minimum pour apposer le logo « AB ». A cela s’ajoute la pression qui se fait de plus en plus sentir de la grande distribution (coucou Carrefour et Leclerc !) pour faire baisser le prix des produits bio, et qui impacte tout le monde, même quand on vend à Biocoop et sur les marchés. Faute de connaître les détails, les consommateurs ne comprennent logiquement pas pourquoi il existe de telles différences de prix, alors que le logo « AB » est présent en grandes surfaces et sur l’étal du marché.
En voulant démocratiser l’agriculture bio, les politiques ont donc compliqué la tâche aux agriculteurs et vendeurs réellement impliqués et permis à des groupes flairant toujours la bonne affaire de vendre du bio « service minimum ». A tel point que dans certains cas, mieux vaut acheter des fruits et légumes « classiques » locaux que chez certains grossistes « bio » peu scrupuleux !

Au printemps 2018, le nouveau règlement bio a été validé et rentrera en vigueur en 2021. Un point a beaucoup fait parler de lui : la légalisation des semences paysannes ! Après avoir entendu des sons de cloche très différents sur le sujet, j’ai fini par lire moi-même ce nouveau règlement.

Règlement bio 2018 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=OJ%3AL%3A2018%3A150%3AFULL&from=FR

En fait, il est question du droit de vendre du « matériel hétérogène », c’est-à-dire des graines qui sont plus ou moins semblables, mais pas suffisamment pour être décrites comme faisant partie d’une variété bien précise. Les plantes qui sont issues de ce matériel hétérogène peuvent être d’« une grande diversité génétique et phénotypique ». En cela, ça répond au problème sur lequel buttent les variétés paysannes : elles ne sont pas assez stables d’une génération à l’autre. Elles donnent donc naissance à des plants assez différents les uns des autres.
Au premier abord, cela peut sembler une bonne chose, mais il faut avoir à l’esprit ceci : rien ne ressemble plus à une graine qu’une autre graine ! Si vous avez un potager d’agrément, vous commandez par exemple des graines « hétérogènes » qui sont censées avoir des caractéristiques proches des tomates ananas. Finalement, les graines donnent un mix de tomates ananas et de cornues des Andes, vous vous direz tant pis et voilà tout. Maintenant, imaginez la même chose pour un maraîcher professionnel, ce serait une catastrophe. Il ne pourrait pas honorer ses commandes de tomates ananas, et il n’est pas certain qu’il puisse vendre à la place ses cornues des Andes. De plus, toute sa planification (quand auront lieu les levées ? Quel espacement entre les plants ? Quelle maladie surveillée ? etc) serait impactée.
Potentiellement, ça peut aboutir à de graves problèmes pour le maraîcher. Pas sûr que les assurances agricoles acceptent de couvrir ce type de pertes. Pas sûr non plus, qu’il soit possible de se retourner contre la personne ou l’entreprise qui aurait vendu ce « matériel hétérogène ». En voulant assouplir la commercialisation des semences paysannes, on risque surtout d’augmenter les risques pour les agriculteurs bio de se retrouver avec des cultures qui n’étaient pas celles attendues !

En lisant ce règlement, je me suis rendu compte que le problème ne s’arrêtait pas là ! Actuellement, les variétés cultivées pour la plupart des fruits et légumes sont les mêmes en bio et en conventionnelle. Cela pose certains problèmes : des variétés qui marchent très bien en agriculture classique peuvent être décevantes en bio. Pourquoi ? Car ces variétés sont faites pour être associées à des pesticides et des engrais qui compensent leurs faiblesses. Or en bio, les pesticides autorisés sont moins nombreux ou différents (pas de produits de synthèse, uniquement d’origine naturelle), idem pour l’engrais, d’où la différence.
Pour résoudre cette question, les politiques ont eu une fausse-bonne idée : demander à ce que les variétés utilisées en bio soient créées et cultivées spécifiquement pour la bio ! C’est à ce niveau-là qu’on se rend compte que les politiques pensent parfois bien faire et… font pire. Et par la même occasion, on se demande à quoi servent les syndicats de l’agriculture biologique pour laisser faire.
Cette obligation soulève au moins deux problèmes :
1.  Le plus évident : entre un marché du bio qui ne représente encore que quelques pour cent et un marché du conventionnel qui occupe tout le reste. Les maisons semencières préfèreront créer des variétés pour la bio ou l’agriculture conventionnelle ? Actuellement si une variété s’avère assez résistante (aux maladies par exemple) pour être cultivée en bio, elle est proposée à la vente. Demain, ce ne sera plus possible : il faudra des plantes qui auront été sélectionnées spécialement pour la bio. Les possibilités de culture risquent d’être très limitées…
2.  Il est déjà dur de se fournir en semences bio actuellement. Pour compenser, des dérogations peuvent être accordées pour utiliser des graines non-traitées, c’est-à-dire que la plante-mère est cultivée en conventionnelle, mais que la graine une fois récoltée ne subit aucun traitement chimique (fongicide notamment). La volonté générale est d’aller vers des semences uniquement bio, mais c’est un problème de production, pas de politique. Or, le nouveau règlement obligera à recourir à des plantes qui génération après génération auront été cultivées en bio : cela va à nouveau restreindre la production.

A partir de 2021, acheter des semences en bio risque de devenir un casse-tête. Soit, on achète des semences paysannes bien définies, mais contrairement au marketing de certaines associations-entreprises (coucou Kokopelli !), elles sont beaucoup moins résistantes aux maladies (les tomates anciennes sont très sensibles au mildiou !). Soit, on risque de se retrouver avec des graines « matériel hétérogène », parce que les grainetiers ne voudront pas investir pendant des années pour créer des variétés vraiment adaptées aux conditions du bio. On aura des plantes qui différeront d’une graine à l’autre, ce sera une horreur à cultiver et il n’est pas sûr que ces fruits et légumes se vendront bien (standardisation oblige, bio ou pas).
CQFD, en voulant sécuriser la création de plantes adaptées aux conditions de la bio, on va juste réussir à se tirer une balle dans le pied, en limitant grandement le choix des cultures en agriculture biologique !

AJOUT DE DE DERNIERE MINUTE : ENCORE UNE MAUVAISE NOUVELLE !

Les journées sont longues en été, entre le moment où j’ai commencé à écrire et le moment où je clique sur « publier » sur Agoravox, il se passe plusieurs semaines. J’étais déjà très remonté sur le futur règlement du bio, je découvre que l’Europe a encore fait des étincelles : la cour de justice européenne a qualifié les plantes obtenues par mutagénèse d’« OGM »… comme les OGM de Monsanto ! A part que tout le monde utilise ces plantes depuis des dizaines d’années.

Sur le principe, il faut reconnaître que ce n’est pas génial : on bombarde de rayons X ou de substances chimiques des plantes, et parmi les survivantes, on cherche celles qui pourraient avoir de nouvelles mutations intéressantes (résistance à une maladie, meilleur réseau racinaire, etc). On les croise avec d’autres plantes saines pour ne garder que la partie nouvelle. Je ne suis pas sûr qu’il y ait une espèce cultivée en France, tomate, carotte, pomme, fraise, blé, chou, maïs, etc qui n’ait jamais été concernée par la mutagénèse.
La Confédération paysanne, pourtant peu connue pour son amour des OGM, reconnaît que c’est impossible d’interdire les plantes mutées en bio, et pourtant c’est ce que vient de faire la cour européenne ! Car en reconnaissant, que la mutagénèse = OGM, cela veut dire de facto qu’on ne peut plus cultiver les plantes qui en sont issues ! Autant dire toutes ! C’est l’une des premières règles de la FNAB (la fédération de l’agriculture bio) : « Les organismes génétiquement modifiés (OGM) et les produits obtenus à partir d’OGM ou par des OGM sont incompatibles avec le concept de production biologique et avec la perception qu’ont les consommateurs des produits biologiques. »
J’ai vu que certains mégotaient en disant que ça ne concernait que les variétés résistantes aux herbicides, donc principalement le colza et le tournesol. D’autres disent que ce n’est que pour la mutagénèse « nouvelle », les techniques apparues depuis les années 2000. Mais ce n’est pas ce que dit le jugement (mieux vaut lire soi-même) : « les organismes obtenus au moyen de techniques/méthodes de mutagenèse constituent des organismes génétiquement modifiés »

Décision de la cour européenne : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62016CJ0528&from=FR

Je ne suis pas certain que tous mes collègues du bio se soient encore rendu compte du problème ! Le règlement bio dit « pas d’OGM » et les juges européens viennent de dire que tout ce qui est mutagénèse crée un OGM. On utilise ces variétés de plantes depuis les débuts de la bio ! Ça revient à dire que la bio fait des OGM, comment expliquer ça aux consommateurs ? Comment expliquer ça aux paysans ? En tant que maraîcher, je n’ai pas l’intention d’engraisser Monsanto, ni de porter atteinte à la Nature ! Et on vient me dire l’inverse !
De manière très concrète, je m’inquiétais déjà de ce que je vais pouvoir planter en 2021 avec le nouveau règlement bio, mais en fait c’est dès les semis d’hiver de cette année que la question se pose ! Est-ce que je peux encore utiliser des variétés mutées ? A priori, non… D’ailleurs, les identifier n’est pas toujours une évidence. Est-ce qu’on va m’accuser d’avoir trompé mes clients ? Est-ce que les Biocoops vont aussi être accusées de tromperie, si elles continuent de vendre mes fruits et légumes ?
On peut espérer une période de tolérance pour s’adapter, mais les dégâts sur l’image de la bio se font déjà sentir. Plusieurs personnes m’ont déjà interrogé là-dessus. Je prends mon propre cas, mais tout agriculteur bio doit se poser la question !

En bref, les choses ne vont définitivement pas dans le bon sens au niveau européen. On nivelle vers le bas les conditions de culture pour avoir la certification AB, et de l’autre on est en train de faire n’importe quoi avec les graines, qui sont quand même la base de notre métier ! Si on voulait détruire la bio, on ne s’y prendrait pas autrement ! Il est grand temps que les syndicats du bio, Confédération paysanne et FNAB les premières, se mettent sérieusement à bosser sur ce dont les paysans bio ont vraiment besoin : un cadre clair et COHERENT !


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80 réactions à cet article    


  • Jeekes Jeekes 9 août 09:52
    ’’En bref, les choses ne vont définitivement pas dans le bon sens au niveau européen. On nivelle vers le bas’’
     
     
    Ben oui, c’est fait pour ça, l’europe !
     


    • taketheeffinbus 9 août 10:17

      @Jeekes


      Les joies du marché unique, une pseudo concurrence libre et non faussée, alors que les pratiques, les sélections, les conditions climatiques, la pression fiscale, le coût de la main d’œuvre, des charges sociales, la réglementation en matière d’innocuité et produits autorisés et interdits, diffèrent pour chaque pays.

      Dans les faits, TOUT devient concurrence déloyale en Europe, tout !

      L’Espace Économique Européen est un échec total qui n’a fait que paupériser tous ceux qui n’ont pas voulu ou eu les moyens de délocaliser pour exploiter les moins bien lotis, empoisonner les populations et tuer les bassins d’emplois locaux.

      Ce n’est pas du courage politique, c’est un désastre.


    • Le421 Le421 9 août 16:58

      @Jeekes

      Il y en a qui pensent encore que quelqu’un se préoccupe du vrai « bio » ?
      Sans déconner.
      Et c’est qui le pays recordman des pesticides et des paysans qui gueulent contre les règles ?
      Devinez.
      Y’a pas qu’au foot qu’on est les meilleurs.
      Le jour où on fera une Coupe du Monde de la connerie, pas de problème !!

    • Le421 Le421 10 août 08:32

      @Jean Neymar

      Ce n’est pas de la faute à l’euro mais aux commerçants qui en ont profité, avec un alibi tellement facile !!
      Et ce sont toujours les profiteurs les premiers à critiquer.
      Certains critiquent l’Europe - suivez mon regard - et filent se goberger au parlement en récupérant tout ce qui est possible, y compris pour engraisser les petits copains...
      Hélas, des fois, le pognon se retrouve bloqué. On crie au complot !! Ben voyons.

    • zygzornifle zygzornifle 9 août 10:12

      Des éléments importants ont été perdus comme le lien à la terre ....


      Perdu le lien a la terre ? Effectivement il y a de plus en plus de crémations ce qui rajoute des degrés au réchauffement climatique et coûte « un pognon de dingue » en énergie pour alimenter les fours ....

      • Attila Attila 9 août 10:23

        Le « bio » est à l’écologie ce que le cacher est au judaïsme et le halal à l’islam : une nourriture produite conformément à des dogmes religieux.
        Dans un pays laïc, l’État n’a pas à s’occuper des affaires religieuses, cela concerne uniquement le privé.
        .
        C’est bien la preuve que nous ne sommes pas dans un État laïc.

        .


        • Attila Attila 9 août 10:41

          @Attila
          Ça y est, les fanatiques de l’écologie y vont de leurs rafales d’une étoile. Ce sont des lâches et des analphabètes incapables de débattre.

          .


        • alinea alinea 9 août 11:05

          @Attila

          C’est pas faux mais très compréhensible : pour lutter contre les forces gigantesques du mal, il faut développer une force qui s’apparente à la force spirituelle ; qui en est une sûrement.
          Mais ce n’est pas un gros mot, le tout est de ne pas confondre sens du sacré et esprit avec la religion-Église !
          Et, excusez, mais développer le sens du sacré et la spiritualité, c’est plus qu’urgent !

        • taketheeffinbus 9 août 11:48

          @Attila

          C’est si frustrant que ça, de vous retrouver à votre tour, minoritaires ?


        • Alren Alren 9 août 13:08

          @Attila

          "Ça y est, les fanatiques de l’écologie y vont de leurs rafales d’une étoile. Ce sont des lâches et des analphabètes incapables de débattre."

          Si pour vous insulter vos adversaires est une façon de débattre, alors il est normal que vous ne rencontriez que le mépris.

          Vous traitez d’analphabètes ceux qui dénoncent les pesticides comme facteurs de cancer et d’oligospermie. Savez-vous que parmi eux et les premiers à avoir lancé l’alerte, sont des chercheurs en biologie et des médecins ?

          Outre cet empoisonnement de la terre nourricière, l’agriculture doit faire face à l’épuisement des sols en oligo-éléments comme le sélénium, le cuivre et le zinc, indispensables à la vie et qui ne se trouve plus dans les plantes.

          L’épuisement des sols est rapide avec la culture des plantes à fibres comme le coton et le lin.

          Mais il affecte aussi toutes les cultures. La raison est que nous ne rendons pas au champ qui a produit les plantes ces substances non renouvelables (à la différence de l’azote et de l’eau).

          De ce point de vue, le tout-à-l’égout en évacuant vers la mer, au final, les oligo-éléments rejetés dans les selles est une catastrophe.


        • Attila Attila 9 août 13:58

          @Alren
          Ce sont eux qui ont commencé : moi, simple citoyen, vu le brassage médiatique sur le sujet, j’ai cherché à m’informer sérieusement sur un sujet comme le glyphosate, par exemple. En une heure de recherche, j’ai trouvé que la toxicité des substances était évaluée par une procédure scientifique normalisée, universellement reconnue : la dose létale médiane ou DL 50. Cela a été effectué pour le glyphosate et on a pu comparer : le glyphosate est légèrement moins toxique que le sel de cuisine et beaucoup moins que le vinaigre. Et le glyphosate ne se mange pas en salade !
          Puis il y a une autre question : le glyphosate est-il cancérigène ? En une autre heure de recherche j’ai trouvé une étude récemment publiée. C’est une étude clinique sur l’exposition aux risques qu’on appelle « étude de cohorte ». Quand ce type d’étude peut suivre mille participants, c’est déjà une grosse étude. Pour le glyphosate, c’est 89000 personnes (quatre vingt neuf mille) personnes qui ont été suivies pendant vingt ans. C’est énorme. Résultat : il n’y a pas plus de cancer chez les personnes exposées au glyphosate que chez celles qui n’y sont pas exposées.
          Le glyphosate n’est ni toxique ni cancérigène. Quand vous dites cela vous êtes insulté par les fanatiques.
          Glyphosate : le nouvel amiante ?
          .
          L’analphabêtisme consiste ici à ne pas être capable de faire la différence entre les questions d’environnement et l’écologie, croyance en Mère Nature qui n’existe que dans les rêves fous de bobos illuminés

          .


        • pemile pemile 9 août 14:01

          @Attila « Le glyphosate n’est ni toxique ni cancérigène. »

          Lisez le mode d’emploi ?


        • Attila Attila 9 août 14:06

          @alinea
          Je n’ai rien contre la religion en tant que telle, la lecture des sociologues, notamment Émile Durkheim, m’a appris que les religions étaient des faits de civilisation (une conception de l’Univers de laquelle découle un système de croyances et de valeurs).
          Ce que je crains est cela :
          La victoire de la révolution écologique ne peut être accomplie que par la dictature

          .


        • alinea alinea 9 août 14:14

          @Attila

          Il peut s’agir aussi de ne pas faire confiance aux mêmes sources !
          A-t-on jamais vu Monsanto se vanter d’empoisonner le monde ? Pourtant il commence à perdre un paquet de procès ; voyez ?
          Alors que le jeune péquin contemporain croit qu’un poison est anodin, à l’échelle à laquelle il est utilisé, prenant comme maître à penser des études qui expliquent qu’une cuillère à café de sel ou de glyphosate c’est kif kif pour cuire les nouilles, sachant qu’effectivement le sel en quantité jaunit l’herbe et n’est pas très utile en agriculture(!), on se demande quelle est sa longueur de vue !
          Qui a jamais eu l’idée d’utiliser des tonnes de sel pour ôter les mauvaises herbes ? ( https://jardinage.lemonde.fr/dossier-1529-mauvaises-herbes.html )
          Mais bon quand on choisit un tel pseudo, on sent très fort la proximité d’avec Monsanto !

        • Attila Attila 9 août 14:18

          @pemile
          Voilà, je ne hurle pas avec la meute des fanatiques écolos, donc, dans leurs délires, c’est moi qui ne lis pas le mode d’emploi.
          Comme son nom l’indique, la dose létale est celle qui provoque la mort. Il faut une dose moins forte de sel pour tuer les rats de laboratoire que de glyphosate. le sel est donc plus toxique que la glyphosate.
          On ne prétend pas que le glyphosate soit totalement anodin. Contrairement au sel, il provoque des irritations des muqueuses : il est recommandé de ne pas le boire et de ne pas en mettre sur les yeux, il faut un minimum de protection. Mais ça ne provoque pas la mort.

          .


        • Attila Attila 9 août 14:22

          @alinea
          « Mais bon quand on choisit un tel pseudo, on sent très fort la proximité d’avec Monsanto ! »
          Voilà, ça y est, je l’attendais celle-là : je suis un agent de Monsanto !
          Vous pouvez pas vous renouveler un peu, les fanatiques ?

          .


        • alinea alinea 9 août 14:55

          @Attila

          J’ai pas dit ça !! mais prendre pour héros les destructeurs fait preuve d’une certaine tournure d’esprit !
          Je ne suis pas assez stupide pour vous juger, mais je n’ai pas pu m’empêcher aux vues de vos réponses !!
          La dictature écolo ? Oui trois fois oui plutôt que la dictature du fric, de la violence et de la destruction.
          Voyez... ?
          Moi je subis cette dictature, et pas que moi, vous vous craigniez qu’elle s’arrête.
          Alors ne tournez pas autour du pot : votre conscience n’a pas encore abordé la première phase d’entre ouverture !

        • Alren Alren 9 août 18:40

          @Attila

          Vous faites bien de parler d’amiante ! Pendant combien d’années n’a-t-il pas été affirmé par les fournisseurs - notamment canadiens, les industriels l’utilisant, les autorité gouvernementales même que ce matériau était inoffensif.

          Qui oserait prétendre cela aujourd’hui après tant de personnes décédées du cancer de la plèvre et dont les familles eurent tant de mal à faire reconnaître le caractère professionnel de cette maladie inguérissable ?

          "Résultat : il n’y a pas plus de cancer chez les personnes exposées au glyphosate que chez celles qui n’y sont pas exposées."

          Les agriculteurs productivistes ont davantage de cancers du cerveau que l’ensemble de la population et parmi eux, les plus touchés sont les viticulteurs qui comme par hasard sont ceux qui utilisent le plus de pesticides.

          Le cancer du cerveau est rare et la vie à la campagne devrait assurer un cadre de vie plus sain qu’en ville. Ce n’est pas le cas à cause de l’agrochimie. De même la qualité du sperme, en baisse partout, est accentué encore chez les agriculteurs non-bio.

          Il est très triste et même honteux de le reconnaître, mais beaucoup de scientifiques se laissent corrompre par des groupes monopolistiques comme le nouveau monstre économique Bayer-Monsanto.

          La science détachée des pressions, la science libre et pure paie très mal (généralement sur fonds publics) les chercheurs, ses travailleurs. Certains scientifiques, comme d’autres hommes et femmes aiment l’argent, la vie de luxe pour eux et leur famille. Alors ils acceptent de publier ou qu’on publie en leur nom des études bidonnées.

          En face, les tenants d’une agriculture saine n’ont pas de moyens, hormis maintenant internet.


        • pemile pemile 9 août 22:21

          @Attila « il faut un minimum de protection »

           smiley

          Les équipements de protection obligatoires pour les applications de glyphosate sont des gants imperméables aux produits chimiques, un masque à cartouche, des lunettes ou visière et enfin une combinaison intégrale avec chaussures adaptées.


        • Self con troll Self con troll 9 août 22:58

          @Attila
          Faut être beau joueur. Votre pseudo sent la provoc.
          Si l’herbe ne repousse pas sous le sabot du cheval d’Attila, il ne peut pas faire demi tour. Et s’il avait fait fausse route ? Et s’il atteint l’océan ?


        • Attila Attila 10 août 00:31

          @taketheeffinbus
          Les études sociologiques que j’ai lues montrent que l’écologie n’est pas le truc des classes populaire.
          Les groupes sociaux attirés par le culte de la Nature sont minoritaires, voir Christophe Guilluy.

          .


        • Attila Attila 10 août 00:57

          @Alren
          "Vous faites bien de parler d’amiante ! Pendant combien d’années n’a-t-il pas été affirmé par les fournisseurs - notamment canadiens, les industriels l’utilisant, les autorité gouvernementales même que ce matériau était inoffensif. « 
          Vous n’avez pas lu l’article. La preuve :
           »quantitativement parlant, et en ce qui concerne spécifiquement le lien glyphosate/cancer, on est très très loin des chiffres de l’amiante. Les surmortalités associées à l’amiante sont gigantesques, et là pour le glyphosate, sur une cohorte de plus de 50 000 travailleurs exposés, on ne voit rien de significatif. La comparaison est donc totalement démesurée.« Lien
          .
           » Les agriculteurs productivistes ont davantage de cancers du cerveau que l’ensemble de la population« 
          Portail d’information des publics Cancer Environnement du Centre Léon Bérard :
           »
          En milieu professionnel, certaines études ont montré une augmentation du risque de cancers, tels que des lymphomes non hodgkiniens, tumeurs cérébrales, cancers de la prostate, cancer de l’ovaire, cancer du poumon et mélanomes, pour des niveaux d’exposition professionnelle élevés et pendant de longues périodes. Mais un lien causal reste cependant à démontrer, car d’autres facteurs de risque présents en milieu agricole peuvent jouer un rôle dans les associations trouvées (exposition au soleil, à d’autres polluants, contact avec des virus du bétail…). « 

          Et, à la fin :
           » De nombreuses autres études épidémiologiques concernant le risque de cancers en milieu agricole ont été menées dans le monde ces 30 dernières années. Parmi les études épidémiologiques menées actuellement en France, l’étude nationale AGRICAN (AGRIculture et Cancers) a montré que la santé des salariés et des exploitants agricoles était meilleure que celle du reste de la population française "

          .


        • Attila Attila 10 août 01:04

          @Self con troll
          « Faut être beau joueur. Votre pseudo sent la provoc. »
          Vous n’avez pas la moindre idée du pourquoi j’ai choisi ce pseudo. Ça n’a rien à voir.
          Cherchez plutôt un anagramme d’un mentor de Macron.

          .


        • Attila Attila 10 août 01:27

          @Attila
          " Le « bio » est à l’écologie ce que le cacher est au judaïsme et le halal à l’islam : une nourriture produite conformément à des dogmes religieux. "
          Aucun des zétoileurs frappadingues n’a eu l’envie de me demander d’où je sortais ça. C’est très révélateur.

          .


        • Self con troll Self con troll 10 août 10:48

          @Attila
          Je me souviens (avec votre aide) de votre ancien avatar figurant le mentor en question, et du sens ironique qu’il incitait à donner à votre pseudo. Je me souviens aussi que cette tête de cheval, qui pourrait être d’hippocampe, orne un instrument de musique d’Asir centrale.

          Cheval et musique, l’attention d’alinea est attirée (la mienne aussi). Comme elle, je crois plus qu’urgent de développer la spiritualité pour éviter que la puissance technique tourne au délire.

          Cette puissance technique, si elle ne se voyait pas toute-puissance (aspect religieux comme le tout économique chez Attali), se serait orientée vers le machinisme de précision en agriculture si elle avait eu la modestie de reconnaître que : « on est ce qu’on mange ».


        • Self con troll Self con troll 10 août 10:53

          @cassini
          Ca me rappelle la campagne de prévention
          « l’alcool tue lentement »
          à laquelle l’acoolo répond
          « on s’en fout, on n’est pas pressé ».

          C’est plus dur de sortir de l’alcoolisme que de ne pas y entrer.
          On est dans le consumérisme.


        • alinea alinea 10 août 10:57

          @cassini

          Il se trouve que l’Esprit est une composante de l’Humain, c’est même la seule chose qui le différencie des autres animaux. ( eh oui ! la technologie n’est qu’une capacité animale sophistiquée)
          Alors, je veux bien que vous soyez tous des animaux inconscients de ce que vous faites, mais alors ne vous prenez pas pour des Hommes, et bouclez-la !!
          ( vous aurez compris j’espère que le vous est indéfini ! enfin, en ces temps d’incompréhension volontaire généralisée, il faut tout détailler ; on va bientôt devenir aussi chiants que les protestants allemands !)


        • Attila Attila 10 août 12:29

          @Self con troll
          Voilà, c’était pour me moquer d’Attali.

          .


        • Attila Attila 10 août 12:49

          @Attila
          " Le « bio » est à l’écologie ce que le cacher est au judaïsme et le halal à l’islam : une nourriture produite conformément à des dogmes religieux. « 
          Suivant l’exemple de Fifi Brin d’Acier (qui est partie sur Rue89), je donne mes sources pour les lecteurs qui arrivent sur Agoravox.
          Les religions sont des phénomènes culturels et sociaux très anciens, probablement nés avec l’humanité elle-même. Elles sont étudiées depuis longtemps. Parmi ces études, les travaux du sociologue Émile Durkheim, publiés en 1912, ont fait la preuve de leur validité et sont reconnus comme une référence en cette matière. Émile Durkheim a recensé toutes les études sur les religions connues à son époque et s’est posé la question : quels sont les points communs entre toutes ces religions si différentes, quelle est la plus petite organisation que l’on puisse qualifier de religion ?

          Il a trouvé trois éléments communs que l’on retrouve dans toutes les religions. Trouve-t-on ces trois éléments dans l’écologie ? Oui, il n’y a aucun doute.
           »Les formes élémentaires de la vie religieuse", Émile Durkheim. Édité chez P.U.F.
          .


        • Self con troll Self con troll 10 août 13:45

          @cassini
          Vous dites plus haut
          Sacré = garde-à-vous devant des idées arbitraires.
          Spiritualité = escapades mystiques de la pensée individuelle.
          On n’est pas obligé de retenir ces définitions. Abandonner toute spiritualité, c’est se livrer aux puissances séculières. Se voir en rouage du rouleau compresseur de l’industrialisation du vivant. C’est une utopie qu’on n’est pas obligé de partager.


        • alinea alinea 10 août 13:46

          @cassini

          J’ai que très peu idée de ce que peut être l’Absolu.
          En revanche j’ai une vision nette de ce qu’est la Justice, l’Honnêteté ; ce n’est pas quelque chose d’impossible à atteindre !!
          Quant aux protestants allemands, c’est un clin d’œil à une partie de ma famille, qui sait très bien ce que je pense ! Quand on est méditerranéen, vous conviendrez que le poil-de-cutage énerve.

        • Self con troll Self con troll 10 août 13:55

          @Attila
          Avant de me lancer dans la lecture, puis-je vous donner mon impression ?
          Ce qui est de nature religieuse, ne serait-ce pas la confiance aux processus d’emballage et d’étiquettage des produits ? Le qualificatif « bio » n’étant qu’un des éléments de l’étiquettage, qui permet de continuer en bonne conscience à s’adonner à la religion consumériste ?


        • Attila Attila 10 août 14:07

          @Self con troll
          « Sacré = garde-à-vous devant des idées arbitraires.
          On n’est pas obligé de retenir ces définitions »
          Tout à fait. Dans la prise d’otage à la maternelle de Neuilly (Lien), un présentateur télé avait dit : « Les enfants, c’est sacré ». Cela ne veut pas dire que les enfants sont l’objet d’une religion, cela veut dire que les enfants sont une valeur supérieure, même à sa propre vie.
          Comme nous le montre Émile Durkheim, le sacré est une des bases des religions mais le sacré tout seul n’a rien de religieux.

          .


        • Attila Attila 10 août 14:15

          @Self con troll
          « Ce qui est de nature religieuse, ne serait-ce pas la confiance aux processus d’emballage et d’étiquetage des produits ? »
          C’est possible mais je n’ai pas réponse à tout.
          Dans le bio, le sacré est ce qui est considéré comme naturel.

          .


        • Attila Attila 11 août 10:35

          @Tous
          La plupart d’entre nous vient sur Agoravox pour y trouver des informations absentes des médias corrompus. Chacun a son domaine de compétence et en fait profiter les autres. C’est un échange, sans cet échange il n’y a plus d’Agoravox.
          Alors, les tentatives d’intimidation pour empêcher ces échanges d’informations sont une atteinte à Agoravox.

          Les consommateurs ont le droit d’être informés sur tous les aspects du « bio » comme du halal ou du cacher.

          .


        • Attila Attila 11 août 12:30

          @cassini
          « Je n’ai pas parlé de religion »
          Heureusement que je suis là pour le faire : les gens ont le droit de savoir.

          .


        • Attila Attila 11 août 13:38

          @cassini
          Je vous signale que je répondais à Selfcontroll, j’approuvais sa phrase : « On n’est pas obligé de retenir ces définitions  » en donnant un exemple concret.
          Je ne vois pas où vous voulez en venir avec ce qui ressemble à une injonction paradoxale.

          .


        • Alren Alren 11 août 14:11
          @pemile

          Ce jour, 11 août, je lis que Monsanto a été condamné à payer 289 millions de dollars par un tribunal de San Francisco à un jardinier pour ne pas avoir suffisamment mis en garde sur la dangerosité du glyphosate. Le jardinier a développé un cancer.

        • alinea alinea 11 août 16:30

          @Attila

          Je vous ai répondu : ne pas confondre l’esprit et le religieux ses rites et ses croyances ! alors c’est peut-être pas faux pour certains ! du point de vue « rituel » ; mais complétement faux historiquement puisque « revenir au bio » c’est tout simplement revenir à un amour de notre environnement, cesser de le détruire. Là, strictement aucun rapport.
          Le bio est vital si on veut continuer d’exister ; la halal et le cacher sont juste des vues d’âmes torturées !
          Alors d’où que vous sortiez ça, c’est une connerie !

        • pemile pemile 11 août 22:21

          @Alren "Monsanto a été condamné à payer 289 millions de dollars par un tribunal de San Francisco à un jardinier pour ne pas avoir suffisamment mis en garde sur la dangerosité du glyphosate"

          Oui, et plus de 4000 autres procédures vont suivre, @Attila va faire appel smiley

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