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Accueil du site > Actualités > Environnement > Le dragon est de retour

Le dragon est de retour

La planète brûle

Il était une fois un animal légendaire qui semait la mort et la peur dans les campagnes. Le monstre, tapi dans une grotte, une caverne ou bien au sommet d’une montagne inaccessible, imposait sa présence néfaste et terrifiante sur un peuple, prompt à la crédulité et aux vieilles croyances. Le monstre était gourmand de chair fraîche, les jeunes bergères surtout avaient à subir son redoutable appétit. Les enfants et les êtres sans défense avaient également sa préférence. Le dragon est un pleutre derrière son aspect terrifiant.

Pour le vaincre, il fallait avoir recours à quelques courageux et preux chevaliers, à la fleur de la noblesse, à la main de Dieu ou plus rarement à l'ingéniosité de quelques jeunes paysans ou bien charmants cordonniers pour peu qu’un roi leur promit sa fille en mariage. Notre tradition est parsemée de ces exploits mirifiques qui permirent à ces héros de terrasser le monstre tout en poussant le monde à franchir allègrement un pas vers la civilisation éclairée.

Puis les dragons reculèrent devant les lumières, la culture était une arme plus redoutable encore que l’épée pour anéantir la bête fantasmée. L’animal s’est fait gentil compagnon des contes et des légendes, des fêtes et des processions. Il n’était plus qu’une image lointaine des temps obscurs, une réminiscence du chaos initial, un repoussoir symbolique pour éviter de sombrer à nouveau dans les ténèbres.

Mais tout cela est désormais derrière nous. Le dragon a fait son retour, étendant sa langue de feu sur la planète entière. Il a pour objectif de favoriser le réchauffement climatique, il souhaite la fonte de la banquise et des glaciers plus vite encore que maintenant. La bête a établi son repère sur un autre continent, un espace jusqu’alors vierge de telles superstitions oiseuses. Il s’est installé au delà des portes de l’enfer.

Nous ne l’avons pas vu venir ce retour dans les pires méandres de la barbarie et de l’ignorance. Un dragon en devenir a profité des serres d’un aigle pour venir se poser au milieu d’un territoire vaste et prospère. Une nation s’est offerte à lui, lui a ouvert les portes, séduite par sa capacité à éructer la haine et la vulgarité, à brûler les ailes de ses adversaires, à faire table rase de la culture, de la justice et de la science.

Les pauvres bougres, aveuglés par leur amour de l’argent et de la puissance, ont vu dans la bête immonde, l’opportunité de retrouver leur puissance ancienne, leur main mise sur la planète. Ils l’ont couronnée, lui ont donné le pouvoir de nuire au monde entier pour illuminer à nouveau l’univers de la domination du feu et de la terreur.

Le dragon a roulé des épaules avant d’envoyer à la population planétaire ses pensées les meilleures en 144 signes tout au plus. C’est bien là la limite à ne pas dépasser pour une pensée de monstre ailé. Il a fini par dresser des murs et les hommes les uns contre les autres, il a fait table rase de la vérité, de la pitié et de la sécurité. Le dragon brûlait de tout détruire en dehors de sa tanière, car tel était son noir dessein.

Il rêve de laisser un tas de cendres derrière lui, exprimant là la plus grande ambition de ceux de son espèce. On le devine, quand il apparaît en public, toujours prompt à cracher le feu ou la haine, le mensonge ou la bêtise. Il n’a aucune culture, aucune pensée autre que la réalisation immédiate de ses phantasmes.

La bête a enclenché le processus funeste. Sous les applaudissements délirants des abrutis qui l’ont invitée à s’installer dans la place, il repousse toutes les marques de la civilisation, toutes les avancées de la science, toutes les décisions de solidarité planétaire. Le dragon est un être primitif et violent qui ne pense qu’à son plaisir et à son environnement immédiat. Partout ailleurs, il désire un tas de ruines et de décombres pour se sentir le plus fort.

Le monstre est si redouté qu’en dépit de ses pratiques pyromanes, les princes et les seigneurs des autres territoires lui font allégeance et le laissent commettre l’irréparable. Le dragon a toujours assuré sa domination des frayeurs et des lâchetés des peuples, cette fois ce sont les puissants qui se mettent à genou devant lui et le laissent déclencher l’immense et ultime brasier planétaire.

Que pouvons-nous faire, nous autres, pauvres manants, condamnés à rôtir sans pouvoir agir, condamnés au silence devant la puissance de feu de l’ignoble représentant de Lucifer sur Terre ? Les jeux sont faits, la puissance est désormais aux mains du plus stupide animal que la Terre n’ait jamais produite : le dragon aux ailes d’aigles.

Désespérément vôtre.

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8 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 6 juin 10:58

    nous on a le coq qui chante les 2 pieds dans la merde et qui termine dans une gamelle avec du vin......


    • C'est Nabum C’est Nabum 6 juin 12:55

      @zygzornifle

      Le petit coq est un représentant du capitalisme sauvage
      Méfions-nous de son chant illusoire


    • Daniel Roux Daniel Roux 6 juin 12:12

      Il est probable que le point de non retour soit dépassé et que nous allons vers des variations de climat extrêmes. Pourquoi ?

      N’oublions jamais que les hommes politiques servent l’oligarchie et non la nation ou le peuple.

      La surexploitation des matières premières, des forêts, des mers pour satisfaire à la fois l’avidité des puissants et les milliards de bouches à nourrir et à chauffer, fait l’objet d’une concurrence effrénée entre les nations qui n’hésitent pas à massacrer les populations récalcitrantes ou simplement encombrantes, si nécessaire.

      Comme les désordres climatiques commencent à se voir, le CO2 a été officiellement désigné comme la principale cause du dérèglement probablement parce qu’il est le plus facile à taxer.

      http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/quotas-et-taxe-carbone-pour-le-67035

      Quid de la surpopulation et des différences de consommation ?

      Les médias associent souvent la courbe de croissance du CO2 avec le développement de l’industrie mais jamais avec l’accroissement de la population et de la concentration de la consommation.

      Qui consomme ce qui est extrait de la terre et de la mer, puis transformer en objets ? Qui brûle du charbon, du pétrole et du bois pour se chauffer, cuire les aliments, rouler en voiture et camions ?

      Des millions, puis des milliards puis bientôt 15 milliards d’êtres humains mais pas tous avec la même intensité.

      Chaque étasunien consomme en énergie et en moyenne, 25 kg par jour, d’équivalent pétrole ; un européen, 12 ; un Chinois ou un indiens 3 et un africain 1,5.

      Comme rien n’est fait pour simplement réduire la croissance de la population, j’en conclus que le but des politiques n’est pas le contrôle du climat mais une tentative égoïste de maintenir le train de vie des plus riches aux dépens des plus pauvres.

      Trump représente 2% de la population mondiale mais 25% de la consommation et de la pollution qui y est associé. Sa décision est certes brutale, mais elle a le mérite de la franchise.

      Les européens sont des hypocrites qui se cachent derrière leur petit doigt.

      La Chine et surtout, l’Inde, dont la croissance de la population est hors de contrôle, devront affronter les dangereuses conséquences d’une raréfaction des ressources.

      Désolé !

       

       


      • C'est Nabum C’est Nabum 6 juin 12:56

        @Daniel Roux

        Je sais que vous avez raison et j’en suis désolé

        Le pire est devant nous


      • juluch juluch 6 juin 12:28

        Je crois que les décisions et annonces de Donald trump sont plus ambiguës qu’on le crois....Et puis cet accord sur le climat est du vent avec des dates butoirs idiotes.


        Tous les pays immergent peuvent polluer tranquillement....alors.... smiley

        On a dit la meme chose avec Reagan et il a été élus deux fois et il était particulièrement intelligent bien que tous le monde le considéré comme un cow boy...

        pour revenir sur le réchauffement climatique, la terre a subit durant tous le quaternaires des refroidissements et réchauffements c’est donc pas nouveau, sauf que là on peut le mesurer.

        Je me méfie des discours écolo ils cachent souvent des ambitions économiques.

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