• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Environnement > Le mystérieux envol des 150 cadenas de l’EPR de Flamanville : ce (...)

Le mystérieux envol des 150 cadenas de l’EPR de Flamanville : ce n’est pas Greenpeace

JPEGComme il fallait s’y attendre, hormis donc la reprise par quelques média de la dépêche de Reuters du 7 mai reprenant quasi in extenso le communiqué d’EDF, la presse n’a pas jugée utile par la suite d’enquêter sur cette mystérieuse affaire de vol de cadenas d’armoires électroniques au cœur de l’EPR de Flamanville. Un vol incongru de 150 cadenas, mais qui n’a pas d’autre but en réalité que de faire passer un message très clair : le cerveau électronique de contrôle–commande du réacteur de l’EPR de Flamanville a été visité.

Et a-t-il été piraté, c’est-à-dire pillé, modifié, mis sous contrôle extérieur, ou devons-nous donner crédit aux allégations d’EDF assurant que « les scellés mis en place à l’intérieur des armoires sont intacts » ? Personne même à EDF, malgré leur conviction sur les scellés, ne détient la réponse. Et c’est pourquoi EDF compte effectuer « un audit de l’intégrité du contrôle-commande  ». Parce qu’elle a manifestement une très grande confiance dans la qualité de ses scellés… Mais l’audit n’est pas tout. Il restera à percer le mystère d’un exploit digne d’un James Bond ou d’un Arsène Lupin. S’introduire au cœur de l’EPR, forcer en finesse un tel nombre d’armoires électroniques et signer par 150 cadenas subtilisés ou camouflés, n’est pas à la portée du premier venu ! Même la Banque de France ne dispose pas comme chaque centrale nucléaire d’un peloton spécialisé de protection de la Gendarmerie (PSPG), unité d’élite comportant au minimum une quarantaine de gendarmes. A moins que le ou les monte-en-l’air en réalité ne fasse(nt) partie de la maison. Et bizarrement un exploit aussi mystérieux n’a suscité l’intérêt d’aucun journaliste depuis bientôt trois semaines que le "casse" du siècle a eu lieu.

A défaut d’éléments supplémentaires de source journalistique nous en sommes réduits aux conjectures. Sans grain à moudre je me contenterai donc d’apporter des précisions à mon article précédent (EPR : plus fort que le survol des drones, le super-vol de cadenas !), avec comme objectif de tenter d’éliminer par étape les responsables potentiels, pour n’en conserver que les plus crédibles.

Commençons par établir une liste des pistes les plus sérieuses, en écartant toutes les hypothèses farfelues dont j’avais agrémenté mon article précédent dans le but de vous divertir en moquant la volonté consubstantielle de dissimulation, manipulation, mystification parfois grotesque, mais toujours éminemment dangereuse de la nucléocratie : 

 

1) En premier lieu, bien entendu, la piste des lanceurs d’alerte anti-nucléaires 

- Parmi les suspects, c’est à Greenpeace qu’on pense d’emblée, compte tenu de ses prouesses et de son ingéniosité. Pourtant elle ne fait jamais d’action clandestine. On ne prête qu’au riche. Elle est par ailleurs la seule piste pour laquelle nous avons de nouveaux éléments à nous mettre sous la dent, bien qu’ils soient très ténus. Au terme du déroulé de la liste, c’est donc à elle que j’apporterai le plus d’attention. Mais vous noterez déjà que la téméraire organisation est restée jusqu’à présent relativement indifférente à cette affaire, sans doute très préoccupée par son procès de Privas du 17 mai, puisqu’elle n’a ni revendiqué cette action, ni démenti en être l’auteure. Contrairement à l’automne 2014 où elle avait rapidement nié toute responsabilité dans cette autre grande affaire qui comptera une quarantaine de survols, officiellement non élucidés, de sites nucléaires par des drones. Il n’y avait à l’époque aucune raison de contester son démenti puisque Greenpeace a toujours revendiqué ses actions, aussi illégales soient-elles (qu’elle n’a d’ailleurs pas besoin de revendiquer puisqu’elle en donne toujours le maximum de publicité). Nous verrons qu’aujourd’hui en raison de nouvelles contraintes judiciaires démesurées, imposées pour ainsi dire spécifiquement à Greenpeace, et visant le bris du thermomètre plutôt que le traitement de la fièvre, on pourrait plus logiquement se laisser contaminer par le doute en cas de démenti dans une action clandestine. Mais je le répète : Greenpeace n’agit jamais masquée.

- Une autre hypothèse est celle de l’éventuelle apparition d’une nouvelle génération de militants antinucléaires, ces fameux geeks dont Greenpeace suspectait l’émergence en réponse à son démenti concernant les drones.Comment identifier ces supposés nouveaux militants, et d’un âge sans doute moins respectable que celui de la plupart des militants actuels, et dont Stéphane Lhomme regrettait leur absence sur le terrain de la lutte antinucléaire dans une récente rubrique sur Reporterre ? Seraient-ils des dissidents ou des anciens de Greenpeace formés aux coups d’éclats ? Des épigones des admirables faucheurs d’OGM ? Ou du groupe de Tarnac parvenu tout récemment, après de si longues et si pénibles années, à tourner en ridicule ceux de la DGSI portés à la manipulation dévastatrice de militants radicaux démocrates et non-violents ? Sont-ils les déboulonneurs de pylônes ? Ou encore des continuateurs spécialisés es-énergie nucléaire des Camille et autres Tritons crété(e)s de Notre-Dame-des-Landes et déjà assidus boueux hiboux de Bure ? Le soudain jaillissement partout en France de nombreux comités de soutien à Bure au lendemain de la violente évacuation du bois Lejuc tendrait à apporter du crédit à cette hypothèse.

- Les personnalités politiques, signataires à l’automne 2014 d’un appel solennel à la fermeture de la centrale de Fessenheim que je ne pouvais exclure des suspects dans cette affaire de drones parce que l’appel n’hésitait pas à formuler deux exigences avec des dates butoir (leur démenti m’avait poussé par plaisanterie à les suspecter un peu plus), ne sont bien sûr pas plus soupçonnables aujourd’hui. En revanche certaines d’entre elles ont continué à agir en faveur d’une convergence politique sur la question du nucléaire en s’associant à une réunion nationale à Montreuil le 8 septembre 2017 en vue d’empêcher l’homologation de la cuve par l’ASN (je vous en parlerai bientôt). La France Insoumise et le Réseau Sortir du nucléaire s’impliquèrent vivement, mais les médias n’en ont pas parlé, et Reporterre non plus, malgré le vif intérêt affiché. Cette rencontre aura néanmoins contribué à la dynamique menant au rassemblement unitaire antinucléaire du 11mars 2018 sur la place de la République.

- Il serait bien difficile en revanche d’impliquer pour cette affaire des militants pilotés par le Réseau Sortir du nucléaire. Non seulement parce que ce type d’action ne rentre pas dans son modus opérandi, mais également parce qu’il est encore bien trop englué dans les affres de la très grave affaire l’ayant éclaté en 2010, et qui commence seulement à décanter. En 2015 Stéphane Lhomme, terriblement meurtri, a enfin été réhabilité, et tout récemment le coordinateur général responsable du chaos a été licencié pour avoir pris l’infamante habitude d’enregistrer à leur insu les réunions téléphoniques des administrateurs et probablement de ses collègues salariés.

 

2) En second lieu la piste de l’intimidation ou de la disqualification étrangère

Les services secrets de nations étrangères mécontentes de la politique étrangère de la France ou de sa politique nucléaire peuvent bien sûr être suspectés comme ce fut le cas dans l’affaire des drones de l’automne 2014.

A l’époque la Russie concentrait les soupçons en raison du refus de la France de lui livrer les porte-hélicoptères Mistral, en rétorsion à l’annexion de la Crimée.

Mais les Israéliens avaient tout autant de motifs de se montrer agressifs en raison d’un projet de vote d’une résolution par l’Assemblée nationale d’une invitation au gouvernement de reconnaitre l’Etat palestinien. Une résolution (n° 439) finalement adoptée le 2 décembre 2014.

Si les récents bombardements français suite à l’hypothétique utilisation de gaz par l’armée syrienne peuvent encore irriter les Russes, et le refus de la France de suivre les Américains sur la dénonciation du traité concernant le nucléaire iranien, les Israéliens, ces enjeux néanmoins ne semblent pas être de la même importance que ceux de 2014.

En revanche d’autres pays peuvent vouloir l’échec de l’EPR : les Anglais dont certains dirigeants doivent être affolés à l’idée que les français puissent construire deux EPR aussi pourris que celui de Flamanville à Hinkley Point, tout en étant intéressés par les indemnités de retard ou d’échec du projet ; et les Allemands excédés d'une fermeture imaginaire de Fessenheim et de l'irresponsabilité crasse des nucléocrates français d’une manière générale et en particulier dans le cas de l'EPR.

Cette liste de pays voulant intimider ou disqualifier la politique française n’est bien sûr pas exhaustive.

 

3) En troisième lieu, enfin, l’acte de sabotage :

Il serait le résultat de la rébellion de techniciens et/ou d’ingénieurs scandalisés par un ensemble d'éléments un peu plus insupportables les uns que les autres se succédant régulièrement depuis 2006 : l’état lamentable de la centrale (radier, cuve, soudures, etc), le scandale financier du Creusot ayant probablement joué un rôle important dans cette situation métallurgique déplorable, la lâcheté et l’irresponsabilité des dirigeants de l’ASN ayant donné leur feu vert à l’homologation d’une cuve forgée avec un acier défectueux hors normes, et enfin la corruption morale (et qui sait financière) de dirigeants d’EDF, d’Areva et de hauts fonctionnaires issus de la corporation indéfectiblement soudée des X-Mines.

La visite récente à Flamanville de l’ex-Premier ministre japonais Naoto Kan ayant eu à gérer les premiers mois de l’accident de Fukushima et appelant à l’arrêt du nucléaire sur l’ensemble de la planète, couplée à l’exemple du colonel Beltrame, héros compassionnel, auront peut-être déclenché de nouvelles vocations. Plus que la vie d’une femme c’est en effet de la survie d’une large population voire de l’Humanité tout entière dont il est question ici en cas de rupture de la cuve de cet EPR en si piteux état.

C’est donc aujourd’hui une piste parmi les plus sérieuses. En effet comment mieux avoir accès aux armoires électroniques et à leurs cadenas, tout en disposant d’un temps suffisant, qu’en étant habilité à circuler librement dans les lieux ?

 

La liste des pistes sérieuses établie, revenons à Greenpeace.

Quelle est la probabilité que ce soit une nouvelle fois cette organisation maudite par les nucléocrates et vénérée par les nucléophobes qui puisse être l’auteure de cette intrusion et de cette mise en scène inédite ?

S’il n’y avait pas eu le récent procès de Thionville condamnant des militants de Greenpeace pour la première fois de son histoire à de la prison ferme, et celui de Privas dont le verdict n’est pas encore tombé, la probabilité serait sans nuance : soit nulle soit complète, comme d’habitude, selon que Greenpeace aurait démenti ou claironné l’action. Désormais, à cause de la loi De Ganay du 2 juin 2015, dite aussi loi Greenpeace, selon laquelle toute intrusion de centrale en groupe peut-être punie de cinq ans de prison et de 75000€ d’amende, Greenpeace est poussé à l’acte clandestin et à sa non-revendication. Néanmoins vous aurez noté que cette loi n’a pas empêché Greenpeace de continuer à effectuer des intrusions à visage découvert. Parce qu’elle a probablement tablé sur le fait qu’une sanction abusive produisant un effet contraire à l’effet recherché, autrement dit aboutissant à une médiatisation décuplée, serait impossible. Et puis il fallait bien tester le nouveau cadre. Mais avec le procès de Thionville et une sanction sévère - mais légère au regard de la loi (2 mois ferme)- les choses se compliquent. Greenpeace est confronté à un nouveau principe de réalité : agir ou ne pas agir ? Et si action : la revendiquer ou pas ?

Une organisation comme Greenpeace peut-elle exposer ses bénévoles à des risques inconsidérés ? Bien sûr que non. Et agir en opposition à ses principes de publicité de ses actions ? Il est possible que la discussion soit désormais ouverte. Si une décision a été prise elle serait très récente. Or une action masquée et aussi complexe de « vol » nécessite une longue préparation en amont. Par ailleurs Greenpeace n’effectue que des actes symboliques, la pire dégradation qu’elle commet se résume à la section d’un grillage. Donc elle ne peut pas être à l’origine de ce vol et encore moins à celle d’une dégradation informatique.

Mais puisque cette fois-ci il n’y a pas eu démenti, soit parce que c’est sa nouvelle politique : jouer sur l’ambigüité, soit parce que, comme beaucoup, elle n’a pas mesuré l’importance de l’affaire, il nous reste à scruter les moindres manifestations publiques de Greenpeace et de ses responsables, et les décortiquer.

Dans l’hypothèse - plus qu’improbable, nulle vous l’avez compris - d’une action masquée, Yannick Rousselet, le responsable "nucléaire" de Greenpeace, aurait surveillé la presse comme le lait sur le feu et communiqué rapidement à partir des informations publiées. Ce ne fut pas le cas.

Pour les trois autres raisons suivantes on peut donc affirmer un peu plus que Greenpeace n’a rien à voir avec l’affaire du "vol" des cadenas :

La première, le 7 mai, Yannick Rousselet a bien signalé le vol dans un tweet : (https://twitter.com/plutonyck/status/993445404636262400), mais il n’en a apparemment pas mesuré la portée, et s’est contenté d’ironiser :

 « Sécurité #nucléaire ? GAG ! #EPR de #Flamanville  : 150 cadenas disparus, Ces cadenas permettent de fermer des armoires qui contiennent les matériels informatiques du contrôle-commande du réacteur nucléaire. Rien que ça ? #EDF porte plainte Enfin lhttps://www.ouest-france.fr/normandie  »

La seconde, c’est que le lendemain de la date de publication de mon article le 10 mai, il retweettait une ancienne plaisanterie sur l’EPR de Flamanville que le Gorafi ressortait en jour anniversaire de son jour de publication le 11 mai 2016 : Areva accusée d’utiliser des boites d’œufs non réglementaires pour construire l’EPR de Flamanville — Le Gorafi.fr . Tandis qu’il négligeait le mien bien plus d’actualité, ou bien celui-ci lui avait-il échappé.

Enfin la troisième raison la voici : dans son communiqué de presse du 14 mai annonçant la réunion du Conseil d’Administration d’EDF du lendemain, Greenpeace dénonce « les 3 intox que Jean-Bernard Lévy présentera demain aux actionnaires », dont celle sur l’EPR. A laquelle Greenpeace réplique par un « EDF ne relancera pas la filière nucléaire avec l’EPR », arguant des problèmes de la cuve, des soudures, du retard de construction et du surcoût. Mais à aucun moment il n’est question du "vol" des cadenas, constituant pourtant un très grave problème de sécurité et désormais de sureté. 

 

A suivre…

Puisqu’il faudra bien qu’on en sache un peu plus, non ?

 

Patrick Samba

 

Au sujet de l’EPR :

EPR : qui fera cesser le scandale ?

EPR de Flamanville et acier de Creusot Forge : l’abcès ne va pas tarder à crever

 

Au sujet du survol de centrales par des drones :

1) Drone de guerre à Fessenheim et sur d’autres sites nucléaires : action de nouveaux geeks militants ? 

2) Drôles de drones... L’un d’entre eux va-t-il de nouveau survoler Fessenheim ?

3) La fermeture de Fessenheim serait-elle l’objectif final de ces mystérieux drones ?

4) Le mystère des drones, à Fessenheim et ailleurs, s’épaissit

5) Les drones sur les centrales ? C’est terminé !

6) Ils sont enfin identifiés ! Les auteurs de survol par drones des sites nucléaires, dont Fessenheim, dévoilés !


Moyenne des avis sur cet article :  3.8/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

86 réactions à cet article    


  • bob14 bob14 28 mai 09:32
    EPR..ou comment dépenser en gabgie l’argent des Français smiley

    • bob14 bob14 28 mai 10:33

      @bob14.....ça prouve hélas le niveau bas des ingénieurs de ce pays..Les bons sont partis depuis longtemps !


    • bob14 bob14 28 mai 10:34

      @bob14...Remarquez pour les « ronds-points » ils sont les meilleurs.. smiley


    • matthius matthius 29 mai 09:42

      @bob14
      Les cuves en acier dépendent de Boloré. Croyez-vous que Boloré soit pour le nucléaire ?


    • cassini 28 mai 10:50

      Il est probable que les logiciels de commande ont été trafiqués et que l’EPR explosera dès son premier démarrage. Il faut prévoir une puissance de cinquante mégatonnes environ, qui dévastera le tiers de la France et en face la moitié de l’Angleterre. 


      Je suis un citoyen de mon époque, pas spécialement brave, qui devant l’intimidation ne demande qu’à céder. Puisqu’il y a des antinucléaires prêts à on ne sait pas jusqu’à quoi si je demande du nucléaire, vite, je renonce à toute prétention à l’organisation démocratique du monde. Il est temps de clore la parenthèse démocratique et de revenir à la crapulerie qui a toujours dirigé les humains. 

      Il y a toutefois une petite erreur technique dans l’article. Il suppose la cuve prête à éclater alors que l’autorisation de l’ASN pour le mise en service de la cuve repose sur l’analyse physique du comportement du métal sous contrainte. La question a été ici exposée plusieurs fois, mais encore faut-il s’envoyer les raisonnements rationnels, ce que la science citoyenne déconseille formellement.  

      Pour ce qui est de la menace invoquée par l’auteur de l’extermination de l’humanité par un accident d’EPR, on peut se demander quel élément nouveau va venir ainsi millupler les effets de Tch. et Fk. ? Mais après réflexion, les candidats abondent : le changement climatique, l’aluminium dans les vaccins, HAARP, la haine contre Maduro, la montée des populismes : autant de méfaits qui viendront tout naturellement se conjuguer avec l’explosion de l’EPR pour faire par une synergie encore mal connue disparaître dans la foulée de six à sept milliards d’individus. 



      • nono le simplet nono le simplet 28 mai 12:06

        @cassini

        les effets de Tch. et Fk.
        je ne ferais qu’une remarque à ton commentaire : ces abrégés « Tch » et « Fk » pour Tchernobyl et Fukushima comme si c’étaient des gros mots smiley

      • Patrick Samba Patrick Samba 28 mai 13:19

        @cassini


        Tout dans votre commentaire démontre le caractère crucial que vous octroyez à cette affaire dans la destinée de la filière nucléaire français, et de ce point de vue je suis amplement d’accord avec vous : si l’EPR ne démarre pas (et désormais il ne pourra pas redémarrer malgré la confiance qu’EDF veut mettre dans son audit, car un doute toujours subsistera), la filière nucléaire française est condamnée à l’arrêt.

        Mais devant l’inéluctable on ne perd pas instantanément ses mauvaises habitudes de pronucléaire manipulateur. Le pronuc a toujours besoin de tromper ses interlocuteurs, notamment en déformant les propos de ses contadicteurs :

        - je n’ai pas invoqué l’extermination de l’humanité, j’ai parlé de sa survie ("c’est en effet de la survie d’une large population voire de l’Humanité tout entière dont il est question ici en cas de rupture de la cuve« ), c’est-à-dire des conditions délicates de sa vie après un tel cataclysme (pour ceux et celles qui n’en seront pas morts).

        - sous couvert d’arguments techniques c’est en réalité une décision politique qu’a prise l’ASN cédant au chantage économique de la Commission européenne quand elle a accordé l’homologation de la cuve. L’acier ce cette cuve ne respecte pas les normes de sureté.
        Sa teneur en carbone est de 0,32% alors qu’elle ne devrait être que de 0,16% (avec une tolérance jusqu’à 0,20%), soit le double de la norme !
        La résilience de la cuve est de 36 Joule/cm2 au lieu de 100 prévus pour l’EPR, quand 60 est la norme minimale indépassable, soit le tiers de la norme visée !

        Oui donc, la cuve peut rompre ! Alors qu’elle doit être conçue en »exclusion de rupture« , c’est son obligation de base ! Où est »la petite erreur technique" ?

      • Patrick Samba Patrick Samba 28 mai 13:43

        @nono le simplet

        « ces abrégés « Tch » et « Fk » pour Tchernobyl et Fukushima comme si c’étaient des gros mots » :

        c’est pire que ça, c’est une manière de tenter de les faire disparaitre car ces mots sont insupportables à la vue même d’un pronuc. Bientôt ce sera T et F, puis plus rien.

        Les accidents nucléaires sont IMPOSSIBLES ou SANS DANGER, avec ZÉRO MORTS.
        A Tchernobyl c’était le système soviétique qui était l’accident, et ses ingénieurs incompétents (et pourtant le 1er vol spatial humain est soviétique...)
        A Fukushima c’est le tsunami. Il n’y a pas eu d’accident nucléaire à Fukushima, il y a eu un tsunami. C’est ce qu’a répété Sarkozy. Et il est allé quelques jours plus tard à Tokyo, n’a pas quitté l’aéroport, et a clamé au peuple japonais, et au monde entier : « Le nucléaire est sûr ! ». La honte....

      • foufouille foufouille 28 mai 13:55

        @Patrick Samba

        c’est marrant, ya pas un mot sur la cuve non conforme.


      • cassini 28 mai 14:15

        @nono le simplet


        C’est surtout gonflant à écrire à chaque fois, mais votre argument bizarre fait effet sur Samba. C’est déjà ça. 

      • Patrick Samba Patrick Samba 28 mai 14:33

        @foufouille


        « c’est marrant, ya pas un mot sur la cuve non conforme. » : comme pour les mots Tchernobyl et Fukushima, faut effacer ce qui fâche....

      • nono le simplet nono le simplet 28 mai 14:51
        @cassini
        argument bizarre
        cela doit relever de l’inconscient chez toi ... il y a peu tu écrivais « foukouchima » ( de mémoire ) ... prouvant que ce qui te gonfle c’est autre chose ... smiley

      • cassini 28 mai 14:53

        @Patrick Samba


        Pourquoi perdrait-on ses mauvaises habitudes de manipulateur antinucléaire. L’antinuc a toujours besoin de tromper ses interlocuteurs, notamment en déformant les propos de ses contradicteurs. 

        Il vous plaît d’inventer que j’ai vu dans cette affaire la fin du nucléaire. C’est l’application du stratagème 14 de l’Art d’avoir toujours raison de Schopenhauer : « proclamer son triomphe » en changeant en réalité de sujet pour parler à côté. L’emploi de ces ficelles dénote le professionnel de la rigolade (je suis courtois, n’est-ce pas). 

        Votre « petite erreur technique » est d’oublier qu’à défaut de répondre aux normes l’analyse technique des efforts mécaniques et thermiques de la cuve (ça a été mis en lien sur gogovox, z’avez qu’à le retrouver) montre que le métal reste approprié, et que c’est pour cela que l’ASN a donné son coup de tampon. 
        Si vous préférez : la science, c’est les calculs ; les normes, c’est ceinture plus bretelles plus fil de fer barbelé plus grue et câble, le fool proof pour protéger les idiots et donner aux manipulateurs.matière à arguments hyperboliques absurdes. 

        Ne me lassant jamais de voir la science antinucléaire à l’œuvre, je vous demanderai le pourquoi d’une exigence de résilience du métal, et de me dire quel va être ce phénomène qui à cause de cette résilience décevante va rompre la cuve. 

      • nono le simplet nono le simplet 28 mai 14:59

        @cassini

        le métal reste approprié, et que c’est pour cela que l’ASN a donné son coup de tampon

        elle est bonne celle là mon cher Schopenhauer smiley
        il y a un simple détail, l’ASN a exigé le changement de couvercle d’ici 2024 ce qui laisse supposer une certaine réserve sur la qualité du métal, non ?

      • cassini 28 mai 15:00

        @nono le simplet


        J’écris Foucouchima. La transcription des idéogrammes en alphabet latin se fait selon la phonétique anglaise, ce dont je n’ai rien à cirer. 
        Quand ça touche le cyrillique cela devient insultant pour le grand Poutine qui en devient Putin. 

      • nono le simplet nono le simplet 28 mai 15:03

        @cassini
        un c ou un q ne changent rien à l’affaire smiley


      • cassini 28 mai 15:05

        @nono le simplet


        ========================
        l’ASN a exigé le remplacement du couvercle d’ici 2024....
        =======================

        Relisez la décision de l’ASN. 
        Elle a prescrit des tests sur le métal mais constaté qu’ la forme complexe du couvercle percé d’une foule de passages rendait les tests mal prédictifs. Mais puisque c’est le même métal que la cuve et que l’ASN est satisfaite des tests sur la cuve, elle accepte passer le couvercle en ajoutant pour ceinture et bretelles qu’on le changera bientôt, tout de même. 

      • nono le simplet nono le simplet 28 mai 15:06
        @nono le simplet
        l’ASN a exigé le changement de couvercle d’ici 2024
        d’un autre côté l’EPR n’aura peut être pas encore démarré en 2024 smiley

      • cassini 28 mai 15:06

        @nono le simplet

        ==================
        un c ou un q ne changent rien à l’affaire
        ==================

        Votre remarque précédente était donc sans objet.

      • nono le simplet nono le simplet 28 mai 15:15

        @cassini

        té, une taquinerie qui me venait en entraîne une autre, inattendue celle là ...
        je voulais te faire remarquer que ton éducation chez les jésuites était bien visible et il me revient que j’avais fait cette remarque à Sarcastelle qui m’avait répondu que les jésuites n’éduquaient pas les filles ... ça prend aujourd’hui tout son sel smiley

      • cassini 28 mai 15:22

        @nono le simplet


        Collège Langevin de Châlons puis lycée Pierre Bayen de la même ville, tous deux de l’enseignement public laïque.

        Le jésuitisme consiste à inventer des réponses capillotractées à des à des objections justes, et non à donner des réponses justes à des objections mal fondés. 

      • aimable 28 mai 15:23

        @foufouille

        le coefficient de sécurité n’est pas optimum mais reste largement au dessus du minimum requis d ’ou l’autorisation , mais ne peut rester dans le long terme d’ ou ’ obligation de le changer en 2024 .
        je crois que pour la fabrication d’ une telle cuve il faut du temps , du temps au cas ou ils rencontreraient des problèmes .

      • foufouille foufouille 28 mai 15:35

        @Patrick Samba

        donc c’est une info verte magique non officielle ...........


      • HELIOS HELIOS 28 mai 16:13

        @cassini

        ***** et que l’EPR explosera dès son premier démarrage. *****


        hi, hi, hi... pour une fois, on peut rire de la stupidité de certains !

        Sans apport d’explosifs exterieurs, un EPR NE PEUT PAS EXPLOSER !!!

        Un coeur peut eventuellement perdre son refroisissement, puis fondre sous la chaleur dégagée par la fusion... et cela peut durer longtemps puisque les barres actives seront neuves, ... mais une explosion, non, si on apporte rien de plus !!!
        Même si on enfermait tout dans l’enceinte de securité et qu’on laisse monter la pression, comme une cocotte minute, les soupapes prévues céderaient et l’explosion en resterait impossible.

        Note, il ne s’agit pas des soupapes equivalentes a celles de TMI (three mile island, aux USA), mais des « faiblesses volontaires » faites pour evacuer une eventuelle pression excessive dans l’enceinte de confinement en cas de fusion du coeur !!!... donc déjà prévu !

        Pas grave, pas grave, racontez n’importe quoi, il en reste toujours quelque chose dans les esprits faibles pour qui le nucleaire=explosion. Au fait pourquoi tant de pays, Iran, Corée cherchent-ils a faire des bombes nucleaires, puisque cela exploserait si facilement ???

      • cassini 28 mai 16:37
        Je fais des efforts pour devenir écologiste et voilà comment ils sont récompensés !


      • cassini 28 mai 16:42

        @cassini a écrit : il est probable...........que l’EPR explosera à son premier démarrage.........cinquante mégatonnes.......... dévastera le tiers de la France............


        Puisque Hélios a pris ça au sérieux, précisons que c’est pour me foutre de la gueule des écolos. Est-ce mieux ainsi ??

      • nono le simplet nono le simplet 28 mai 17:43

        @cassini

        Collège Langevin de Châlons puis lycée Pierre Bayen
        Chalons ? Chalons/Saône, Chalons/Marne, Chalons en Champagne ... ?
        comme si tu me disais que tu habites à St Yriex ... St Yriex la Perche, St Yriex le Déjalat, St Yriex des Bois ?

      • Patrick Samba Patrick Samba 28 mai 17:54
        @HELIOS

        « Sans apport d’explosifs exterieurs, un EPR NE PEUT PAS EXPLOSER !!! » :

        pourriez-vous nous indiquer la différence à ce point significative entre un EPR et une autre centrale dite de « deuxième génération » style Fukushima, qui vous permet cette affirmation
        aussi catégorique ?

      • pissefroid pissefroid 28 mai 18:28

        @Patrick Samba


        EPR est un réacteur à eau pressurisée avec enceinte de confinement,
        et fukushima sont des réacteurs bouillants sans enceinte de confinement.



      • l' hermite k’go=חכם 28 mai 18:38

        @Patrick Samba

        Bien sur que ce n’ est pas l’ EPR lui même qui explose , et l’ hydrogene est bien un élément « extérieur » au fonctionnement il est normalement recapter tant que ca fonctione bien  , pas besoin de C4 non plus 

        Car l’ hydrogène et l’oxygène produit par crackage de l’ eau a très haute température (commence a 750 celsius et atteint les 100% a 2500 celsius.) .

        Les soupape de sécurité ne suffiront pas en cas de formation de corium , (2500-2900 Celsius)
        la moindre étincelle produite par les câble fondu /vaporisé suffit a l’ allumage même avec soupape et ventilation . 

        Bref on nous enfume encore une fois

        Nucléaire sans conscience , n’ est que ruine du pays .
        Nucléaire bien mené , est la science de demain .




      • Patrick Samba Patrick Samba 28 mai 18:58
        @pissefroid

        Bon, laissez Hélios s’exprimer, si vous n’avez pas à dire autre chose que des énormités :

      • Patrick Samba Patrick Samba 28 mai 19:04

        @k’go=חכם


        "Bien sur que ce n’ est pas l’ EPR lui même qui explose , et l’ hydrogene est bien un élément « extérieur » au fonctionnement il est normalement recapter tant que ca fonctione bien "

        Et quand l’hydrogène explose, l’explosion reste gentiment confinée, c’est ça ? Et l’EPR parce qu’il est vachement fort, il fait juste que tousser ? J’ai bien compris ?

      • l' hermite k’go=חכם 28 mai 19:11

        @Patrick Samba


        Non au contraire , l’ hydrogène c’ est ce qui as mit fin au « dirigeable » car l’ hélium était trop cher .
        Il est responsable des 3 premier accident qui ont crée les nuage.

        Ce que j’ essaye d’ expliquer c’ est que c’ est une hérésie de refroidir a l’ eau un feux trop chaud car celle ci devient un combustible par crackage , tout les pompier vous l’ expliqueront.

         



      • cassini 28 mai 22:28

        @nono le simplet


        Châlons n’est pas Chalon.


      • Omnimus Omnimus 28 mai 22:44
        seide@hkln> rejeu 445 44.11.02

        « Iter ? C’est une pompe a fric, un moyen pour la recherche de grater des fonds. 
        Tout le monde sais que ca ne marchera jamais. » -un professionnel du nucléaire blablacar-



      • nono le simplet nono le simplet 29 mai 07:47

        @cassini

        Châlons n’est pas Chalon.
        Chalon de Provence ?

      • pissefroid pissefroid 29 mai 10:57
        @Patrick Samba

        Vous avez raison, c’était, littéralement, une énormité.

      • MAGURA 29 mai 21:56

        @cassini

        vous avez oublié la sclérose en plaques...


      • cassini 28 mai 11:09



        Deux articles bien réconfortants ! Merci à M. Samba de les avoir indiqués ; je répète le lien pour qu’ils ne passent pas trop inaperçu. 

        On nous y explique que la jeunesse est distraite de l’essentiel par de futiles divertissements. Mon curé pense de même : le matérialisme et les lampions de la consommation de masse occultent la foi. C’est triste. 

        C’est à vous dégoûter d’avoir fait 68 (ou 69, certains préfèrent). 

        • aimable 28 mai 13:06
          et si tout simplement les cadenas sans clefs avaient été volés pour la revente a un ferrailleur 
          ou si les cadenas avec clefs avaient été volés pour la revente a des particuliers .
          pour les sortir vous pouvez faire confiance au génie des voleurs
          je serais curieux de connaitre le montant des voles sur un tel chantier .

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès