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Accueil du site > Actualités > Environnement > Les plantes et la sécheresse

Les plantes et la sécheresse

Tous les organismes vivants sont composés essentiellement d’eau. Cette eau est nécessaire à l’apport des nutriments, au fonctionnement du métabolisme, au maintien des structures internes, à l’élimination des déchets. Ainsi les plantes récupèrent par leurs racines les éléments minéraux dissouts dans l’eau du sol, ces nutriments sont transportés grâce à l’eau dans les cellules où seront synthétisées les molécules constitutives des organes, l’eau sera éliminée au niveau des stomates par évaporation ou par sudation au niveau des nectaires ou des glandes sécrétrices. Le manque d’eau va affecter la nutrition, le métabolisme, les structures internes et à la limite la vie des plantes.

Au fur et à mesure qu’une période de sècheresse se développe nous observerons donc plusieurs phénomènes : chez les plantes herbacées, une fanaison des feuilles (phénomène encore réversible) et, si la sècheresse se prolonge, leur dessiccation et leur mort. La pelouse devient sèche, elle ne reverdira qu’après une pluie qui fera germer des graines présentes dans le sol non affectées par le manque d’eau ou induira la croissance de nouveaux bourgeons à l’aisselle du collet racinaire encore vivant. Chez les plantes ligneuses (arbres et arbustes), il y a dessiccation des feuilles et leur chute. La présence de lignine dans les rameaux et les troncs est une protection forte contre leur dessiccation, mais si la sècheresse persiste on observera une destruction des jeunes rameaux non encore totalement lignifiés et, sur les troncs, des lésions se manifestent par des méplats de l’écorce sous lesquels apparaissent le bois desséché. Ces lésions sont liées à l’échauffement produit par le rayonnement solaire sur le tronc, la chaleur n’y est plus évacuée par la montée de sève provenant de l’absorption racinaire. Non visibles à l’œil nu, peuvent aussi se créer dans les vaisseaux du bois des ruptures de la colonne de sève qui les rendent ensuite impropres à la conduction.

Les plantes (nous nous limiterons aux plantes de nos climats non xérophytes) ont acquis plusieurs défenses pour se protéger des variations climatiques. Il y a d’abord des dispositifs dits de régulation, ceux-ci ne nécessitent pas de changements morphologiques ou biochimiques. En ce qui concerne la déshydratation, le plus important est la fermeture des stomates qui intervient dès que la perte par évaporation à la surface des feuilles est supérieure à la fourniture d’eau par les racines. Au-delà de cette fermeture, la déshydratation de la feuille se fait par toute sa surface et aboutit à la fanaison qui est une perte de turgescence des feuilles et des jeunes rameaux. La fanaison est un phénomène réversible si la déshydratation tissulaire n’affecte pas l’intégrité des cellules. L’acclimatation est un autre dispositif réversible de protection des plantes aux variations du climat. Elle ne s’acquiert que lentement. Ainsi en période sèche, la cuticule, couche cireuse qui recouvre l’épiderme les feuilles et des fruits, s’épaissit ralentissant ainsi l’évaporation ; les tissus internes sont moins hydratés (penser à la différence entre une salade de serre et celle de plein champ) enfin la pilosité est plus dense (notamment chez les plantes dont les feuilles et les fruits sont à épiderme duveteux : pêches, Kiwis). En dernier lieu il existe des réponses irréversibles de type développemental. La plus remarquable, vis-à-vis de la sècheresse, est la capacité du système racinaire à explorer le sol. La vigne en est l’exemple le plus démonstratif, son système racinaire est capable de s’enfoncer très profondément dans le sol pour y puiser l’eau retenue dans les couches imperméables.


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12 réactions à cet article    


  • Durand Durand 19 juin 09:31

    Bien mais l’évapotranspiration n’est pas évoquée en tant qu’élément essentiel du cycle général et des cycles locaux de l’eau. Le cycle de l’eau est le seul domaine sur lequel on peut agir rapidement pour réguler (à la baisse) la température de surface. Le GIEC, auxquels nos politique ne font dire QUE ce qui concerne le CO2 (et le business qui s’y attache), à également fait un travail remarquable sur le cycle de l’eau et son impact sur le climat.

    Quant au CO2 :

    https://www.businessbourse.com/2022/06/18/urgence-climatique-les-gouvernements-vous-mentent-ils-sur-le-climat/

    ..


    • eau-mission eau-mission 19 juin 19:53

      @Durand

      Bien dit (je remplis a minima ma mission en renforçant votre post).
      Le temps passe vite : il y aura bientôt une année que vous nous aviez tenu ce langage à propos des incendies du Var.

      Il n’y a pas de raison de douter des valeurs que F.Gervais extrait des rapports du GIEC. Elles sont quand même très surprenantes. Je pensais que les politiques, pour faire dire la conclusion qu’ils souhaitent aux modélisations, faisaient pression sur les modélisateurs. Comme on l’a vu en épidémiologie avec Ferguson, les prédictions d’une simulation sont très sensibles aux paramètres.

      Si je comprends bien F.Gervais, ce n’est pas le CO2 qui provoque, dans les modèles, les catastrophes qu’on nous annonce. Voila qui mérite une plongée dans ces fameux rapports.


    • Durand Durand 19 juin 22:43

      @eau-mission

      Les bagarres de ”spécialistes" ne sont plus d’actualité. L’urgence réclame l’action.

      Retenir l’eau douce sur les terres émergées, en petites ou en grandes quantités, par tous les moyens pratiques et en tous lieu judicieux ne comporte aucun risque. Je ne sais pas si ça suffira à améliorer le climat mais nous aurons des réserve d’eau. 

      Ils veulent nous confisquer l’eau.

      ..


    • eau-mission eau-mission 19 juin 23:49

      @Durand

      Ils veulent nous confisquer l’eau.

      Dans mon profil je donne le lien sur ce site. On y voit ce qui arrive à celui qui veut exercer son devoir institutionnel de s’opposer à cette confiscation (qui prend aussi la forme de la pollution non contrôlée).

      Cette confiscation a des formes sournoises. Ainsi, dans mes collines, il serait facile de trouver des sites où stocker l’hiver l’eau de la Têt. Les projets en ce sens ont un siècle d’ancienneté, et de timides débuts de réalisation.
      Au lieu de consacrer à cet aménagement l’énergie limitée (au regard des travaux de réalisation de lotissements) qu’il demande, on va planter des ombrières (sous ce lien, c’est le prototype en plaine) destinées à limiter de 35% l’évapotranspiration de la vigne. Du PV à 4m de haut !

      Sans compter les forages dans la nappe fossile.

      L’action individuelle est possible, bien sûr, à coup de tonnes d’eau pompées dans le canal.

      Sinon, si les dires de F.Gervais sont faciles à vérifier, en faire la publicité n’est pas inutile.


    • Durand Durand 20 juin 11:21

      @eau-mission

      Les décisions urgentes pour stocker l’eau douce doivent être prises et mises en œuvre localement – au niveau communal pour la partie publique mais également par des propriétaires privés comme les y autorise largement la nouvelle loi sur l’eau – et avec les moyens publics et privés locaux pour chaque bassin versant. L’orgueil démesuré des pouvoir centraux et leur déconnexion des réalités de terrain ne débouchent – quand elles débouchent – que sur un gigantisme hors de prix, et désormais, face à l’urgence, hors délais...

      Il me semble donc nécessaire et urgent de sensibiliser les maires autant que les propriétaires privés.

      Concernant F. Gervais et tous les spécialistes en la matière qui se contredisent les uns les autres sur la primauté ou pas du CO2 dans le dérèglement climatique, si l’on doit attendre qu’ils se mettent d’accord pour prendre ce type de décision, le drame qui s’annonce aura lieu.

      Retenir l’eau douce sur les terres émergées doit avant tout être considéré comme une guerre contre la sécheresse et non-pas contre le dérèglement climatique, même si l’on peut raisonnablement penser que, selon les lieux où cette action est mise en œuvre, elle permettrait de dynamiser les cycles locaux de l’eau en maximisant l’évapotranspiration sur les bassins versants. 

      ..



    • Clocel Clocel 19 juin 09:43

      Quid des cochonneries de la géo-ingénierie ?


      • troletbuse troletbuse 19 juin 10:04

        @Clocel
        Un ciel dégueulasse chaque jour grâce aux épandages.
        Deepuis 30 ans, 100 kgs d’actinidias sur 2 plants.
        En 2021, immangeables car trop acides
        En 2022, une miltitude de fleurs et des bourdons favorisant la pollinisation
        Une semaine après, pas un seul fruit, que dalle.
        Naturellement, c’est du complotisme, bien sur.
        Mais on sait que le complotisme d’aujourd’hui sera la vérité de demain.


      • Clocel Clocel 19 juin 10:13

        @troletbuse

        Produire des tomates hors-abri devient un sport de combat...

        Je suis assez vieux pour avoir connu les grands ciels bleus, c’est terminé, même en plein océan, ça laisse rêveur...

        Cette année, pas une seule hirondelle chez moi, seulement les huppes fidèles au rendez-vous annuel...


      • sylvain sylvain 19 juin 21:28

        @troletbuse
        le progrès technologique se justifie principalemment par les problèmes qu’il crée .Ce n’est nulle part plus vrai qu’en agriculture


      • LeMerou 26 juin 07:26

        @BlogHardi

         smiley

        Très bien, j’ai appris une chose et ?


        • jesuisdesordonne jesuisdesordonne 7 août 02:33

          Pour compléter votre panorama, à noter que le PDF en lien dans l’article ci-dessous indique que la photosynthèse crée de l’eau !

          Comprendre les cycles hydrologiques et cultiver l’eau
          L’eau plus importante que le CO2 pour le climat ?

          Et

          43 millions d’hectares de forêts ont été perdus entre 2004 et 2017


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