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Accueil du site > Actualités > Environnement > Les scénarios RTE 50% de nucléaire : des coupures d’électricité (...)

Les scénarios RTE 50% de nucléaire : des coupures d’électricité !

L'objectif de 50% de nucléaire dans la production d’électricité française en 2025 ne sera pas atteint, c'est maintenant une certitude. Mais RTE a publié des scénarios visant à atteindre cet objectif vers 2035. À quelles conditions ?

RTE (Réseau de Transport de l'Électricité), service public français chargé d'assurer en permanence l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité, a publié en novembre 2017 plusieurs scénarios de "Bilan prévisionnel de l'équilibre offre-demande d'électricité en France" pour les années à venir. Ils permettent de se rendre compte de la façon dont l’objectif de 50% de nucléaire dans la production d’électricité pourrait être atteint. Le parc nucléaire français produit actuellement environ 75% de l'électricité. Pourquoi cet objectif de 50% ? On ne peut pas invoquer les accords de Paris sur le climat puisque la production d'électricité nucléaire émet très peu de gaz à effet de serre. Inscrit dans la loi de transition énergétique votée en 2015, sa véritable origine serait dans des accords électoraux lors des élections présidentielles de 2012.

Rappelons que l'électricité représente moins du quart de la consommation d'énergie française et que la principale énergie consommée en France est le pétrole. Celui-ci est, comme le gaz,à l'origine d'émissions de gaz à effet de serre et de divers polluants atmosphériques.

Les différents scénarios de RTE baptisés Ampère, Hertz, Volt et Watt concernent l’année 2035. Ils prévoient essentiellement de remplacer une partie du parc nucléaire par des éoliennes et panneaux solaires. L’électricité se stockant difficilement, on doit adapter en permanence la production à la consommation grâce à des moyens pilotables réglables (nucléaire, fossile, hydraulique, biomasse). Les remplacer par des moyens non pilotables, dont la production dépend du vent et du soleil, est un réel challenge. Cela nécessite de les multiplier en espérant qu’il y aura toujours un peu de vent/soleil quelque part. Ainsi RTE considère pouvoir compter la plupart du temps sur 10% de la puissance éolienne installée. Cela signifie grossièrement qu’il faut installer 10 éoliennes pour espérer avoir en permanence au moins la puissance d’une seule.

Le plus commenté des scénarios est Ampère. Il prévoit une production d'électricité à 46% nucléaire, 50% renouvelable et 4% fossile. Analysons comment.

- La production d'électricité augmenterait de 20%, passant de 530 TWh à 630 TWh* malgré une stagnation de la consommation à 480 TWh. Eh oui, l’objectif est 50% de la production d'origine nucléaire, et non 50% de la consommation. En augmentant les exportations, la production nucléaire représenterait encore 61% de la consommation française mais moins de 50% de la production. Certains y voient l'influence du lobby nucléaire qui aurait trouvé là un moyen de fermer le moins possible de réacteurs. Mais l’irrégularité de la production éolienne et solaire nécessitant de multiplier les moyens de production pour en avoir toujours un minimum quand il y a peu de vent/soleil, il y aurait des moments où elle serait trop importante lorsqu’il y a beaucoup de vent/soleil ; cette production devrait donc être exportée. Ainsi l'augmentation de plus de 200 TWh de la production renouvelable (grâce à l’éolien, au solaire, aux bioénergies et aux énergies marines), passant de 101 TWh à 314 TWh, ne permettrait qu'une baisse de 90TWh de la production nucléaire, passant de 384 TWh à 294 TWh.

La puissance totale installée augmenterait considérablement, elle passerait de 129 GW à 210 GW (+62%). Il faudrait donc augmenter considérablement les moyens de production pour une même consommation. Les éoliennes et panneaux solaires ajoutés (+97 GW) viendraient essentiellement s’ajouter, et non remplacer les autres moyens de production : la puissance installée* pilotable (nucléaire, fossile, hydraulique, biomasse) diminuerait peu, passant de 111 GW à 94 GW (on fermerait environ 16 réacteurs nucléaires sur 58 et quelques centrales au charbon et fioul).

La puissance éolienne installée en 2035 devrait atteindre 67 GW contre 12 GW aujourd'hui, soit une augmentation de plus de 3 GW par an. Or cette augmentation annuelle a été d’environ 1 GW ces dernières années en France. Un triplement du rythme d'installation n'est sans doute pas impossible, mais RTE indique que « cette trajectoire est ambitieuse, et nécessite un changement de dimension par rapport à l’état actuel (mobilisation des financements, mise à disposition du foncier, adaptation des procédures d’autorisation aux ambitions publiques, renforcement de l’acceptabilité). »

La puissance photovoltaïque installée en 2035 devrait atteindre 48 GW contre moins de 7 GW aujourd'hui, soit une augmentation de plus de 2 GW par an contre moins de 1 GW ces dernières années en France. Il faudrait donc doubler le rythme actuel.

Remarquons que l'Allemagne qui a fait des efforts considérables pour installer 94 GW d'éolien et de solaire (1.5 fois le parc nucléaire français) n'a pas diminué sa puissance installée en centrales pilotables : elle a besoin de ces centrales lorsque le vent et le soleil ne produisent pas, mais exporte largement lorsque la météo le permet. L'Allemagne exporte d’ailleurs tellement quand le vent est fort que le prix devient parfois négatif (!) à la bourse de l'électricité. Dans ces conditions on peut se demander si tous les pays pourront suivre la même stratégie d'exportation car les épisodes venteux peuvent se produire sur plusieurs pays en même temps. Pour exporter il faut non seulement des lignes haute tension mais aussi des acheteurs.

 

- La consommation d'électricité annuelle stagnerait à 480 TWh malgré la croissance de la population, une croissance économique de 2% par an et plus de 15 millions de véhicules électriques. Le principal argument invoqué par RTE pour justifier cette stagnation est l'amélioration de l'efficacité énergétique. Il est vrai que la consommation française stagne depuis 2008, mais la croissance économique a été bien faible également. Je trouve surprenant de lire dans le rapport de RTE qu' « une croissance du PIB durablement plus élevée devrait se traduire par plus d’investissements dans l’appareil productif et par de meilleures capacités de financement pour les actions d’efficacité énergétique ». Cela me parait évidemment souhaitable mais historiquement c'est l'inverse qui s'est quasiment toujours produit : l'augmentation de l'activité économique a presque toujours été liée à une hausse de la consommation d'énergie.

Les 15 millions de véhicules électriques considérés consommeraient environ 35 TWh ce qui signifie, à consommation globale constante, que les autres usages baisserait d'autant. Cela me parait souhaitable mais peu probable. En particulier RTE considère 700 000 rénovations de logements par an qui seraient mieux isolés. En 2012, l’État français avait fixé l’objectif de rénover 500 000 logements chaque année, cet objectif a été repris en 2015 et récemment en novembre 2017. Mais il n’a jamais été atteint : on rénove moins de 400 000 logements chaque année, et à un niveau pas toujours suffisant.

 

-La pointe de consommation devrait diminuer car la production éolienne et solaire ne serait pas forcément présente au bon moment. Il faut comprendre que ce qui impose le dimensionnement d’un système de production et de transport d'électricité n'est pas seulement la consommation annuelle en wattheure, mais aussi la puissance en watt pouvant être consommée à un instant donné*. De ce point de vue, les rénovations de logements chauffés à l'électricité sont très importantes. De même, considérer 15 millions de véhicules électriques est commode : comme l'utilisateur n'a pas forcément un besoin urgent de recharger sa batterie, RTE suppose qu'un pilotage intelligent permettra de les recharger essentiellement en dehors des heures de pointe.

RTE publie un exemple de jour d'hiver peu venté où la puissance consommée serait de 84GW : elle ne pourrait être couverte que grâce à 9 GW d'importation, on suppose donc que nos voisins ne seraient pas dans la même situation et pourraient exporter. De plus, 7GW de production éolienne sont nécessaires dans cet exemple, représentant 10% de la puissance éolienne installée. RTE se justifie en déclarant que seules 10% des situations modélisées sur la base de statistiques météo conduisent à une production éolienne inférieure à 7.5 GW. Très bien, mais que ferait-on durant ces 10% de malchances ? On constate actuellement des moments où la production éolienne tombe quasiment à zéro. RTE souligne d’ailleurs que les épisodes de températures très faibles, entraînant une pointe de consommation, s’accompagnent souvent d’une production éolienne réduite. RTE précise que dans ce scénario « l'équilibre offre-demande durant les situations de consommation forte repose nécessairement sur une contribution de l'éolien  », que la probabilité de défaillance peut atteindre 30% pour des puissances appelées supérieures à 94 GW et de 60% pour une consommation supérieure à 101GW. Or la pointe de l'année 2017 a été de 94 GW et la pointe historique française à 102 GW ne date que de 2012. RTE confirme d’ailleurs que « des appels de puissance supérieurs à 100 GW pourraient encore être observés en 2035. Ceci interroge sur le niveau d'assurance », « le système électrique français n’est plus en situation de « passer » une vague de froid comme celle de février 2012 sans appel aux leviers exceptionnels voire au délestage. » On peut également lire que « en 2035, sur les 1000 cas simulés, 44% présentent au moins une heure de défaillance et 5% contiennent plus de 10h de défaillance ».

En clair, RTE prévient qu'il y aura des coupures d'électricité !

 

En conclusion le scénario Ampère nécessiterait des investissements énormes dans l’efficacité énergétique, l’éolien, le solaire et les lignes de transports nécessaires à l’import-export. Il nécessiterait une puissance totale installée de 209 GW contre 129 GW aujourd'hui malgré une consommation constante  : l’installation de 97 GW supplémentaire d'éolien et de solaire ne permettrait de fermer que 22 GW de nucléaire et de thermique. Ce scénario ferait descendre la part du nucléaire à 46% de la production mais elle représenterait toujours 61% de la consommation d’électricité française. Le risque de coupure serait plus élevé qu'aujourd'hui, et même très probable lors de fortes pointes de consommation. Le principal mérite de scénario est une baisse de 45% des émissions de CO2 dues à la production d'électricité, mais ce gain ne représente que 3% des émissions de CO2 françaises.

 

Le scénario Volt est celui qui utilise le moins le gaz pour produire l’électricité, il permet donc de diminuer davantage les émissions de CO2 (-59%). Mais il suppose une consommation d’électricité annuelle en baisse de 8% à 442TWh, et surtout il maintient la part du nucléaire dans la production à un niveau plus élevé de 56%. Le risque de défaillance est plus faible qu'avec le scénario Ampère.

Le scénario Hertz prévoit moins de production nucléaire, mais davantage de production au gaz d’où des émissions de CO2 proches du niveau actuel, et un risque de défaillance plus élevé.

Le scénario Watt aboutit à seulement 11% de nucléaire, mais il suppose une baisse importante de la consommation (-15% à 410 TWh), et un doublement de la production fossile donc une nette hausse des émissions de CO2 (+45%). Il nécessite les effacements de consommation les plus importants (on rémunère de gros consommateurs industriels pour qu'ils décalent leur consommation), ce qui n’empêche pas un risque de défaillance très élevé de 85% (!) lors de pics de consommation à seulement 89 GW.

 

En résumé, si l'on accepte davantage d'effacements de consommation et des coupures, si l’on augmente considérablement la puissance totale installée et les lignes de transport, si l’on réduit la consommation annuelle et les pointes, si nos voisins peuvent nous acheter de l’électricité lorsque nous en produisons trop et nous en vendre lorsque nous en manquons, alors il est sans doute possible de remplacer une partie des centrales pilotables nucléaires ou fossiles par des moyens éoliens et solaires. On constate en comparant les 4 scénarios de RTE que, plus on diminue la part du nucléaire, plus on émet de CO2 et plus le risque de coupure est élevé. On peut légitimement s'interroger sur l'impact financier et environnemental de ces moyens supplémentaires, éolien et solaire, qui viennent essentiellement en plus de, et non à la place des autres. Ne serait-il pas plus pertinent pour l’environnement de mettre plutôt ces moyens dans l’isolation des logements, l’amélioration des transports en commun, l’efficacité énergétique dans les usines… ?

 

Résumé des principales caractéristiques de la situation actuelle et des différents scénarios.

 

 

* Pour bien comprendre, il faut distinguer la puissance installée, qui représente la capacité de production d’une installation en watts (W), de l’énergie produite par une installation sur une période donnée qui se compte en wattheures (Wh). Ainsi un réacteur nucléaire de 1 GW fonctionnant environ 75% du temps à pleine puissance produit chaque année environ 1G*24h*365jours*0,75=6570 GWh=6,57 TWh.

 


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66 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 5 février 16:24

    en 2035, nous aurons un petit âge glaciaire = tout le monde va crever de froid.


    • Jeekes Jeekes 5 février 16:41

      ’’L’Allemagne exporte d’ailleurs tellement quand le vent est fort que le prix devient parfois négatif (!) à la bourse de l’électricité.’’
       
      C’est marrant, ça ne ce voit pas du tout sur ma facture.
      En revanche on voit bien quand ça augmente !
      D’ailleurs ça augmente toujours.
       
      C’est un peu comme le pétrole, quand il a baissé à mort y’a deux ou trois ans, conséquence à la pompe => peanuts, ou peu s’en faut.
      Mais maintenant qu’il remonte (pas tant que ça d’ailleurs),
      conséquence à la pompe => plein la gueule l’augmentation !
       
      Et qui c’est qu’est content ?
      Ben les copains-coquins qui s’en mettent plein les fouilles, comme d’hab.
       
      Les mêmes copains-coquins qui vont se goinfrer avec cette branlette d’énergie pipô-verte-de-mes-deux.
       
      Je rigole d’avance en pensant aux nuits sans vent (par exemple).
      y’aura des coupures qu’ils préviennent déjà (donc leur plan, c’est de la merde).
      Ben tiens mon con-joli !
      Et pour qui les coupures, Mmmm ?
       
      Mais pour ceux qui vont raquer pour financer la branlette de ceux qui vont s’en mettre plein les fouilles, évidemment...


      • generation désenchantée 5 février 19:02

        @Jeekes
        c’est les taxes rajoutées par nos politiques qui font monter aussi la factures
        surtout celles du 1 er janvier


      • wawa wawa 6 février 13:40

        @Jeekes

        c’est bien çà il ne faut pas confondre le prix « au cul de l’eolienne » et au "compteur du consommateur.


      • Le421 Le421 6 février 17:35

        @Jeekes
        On sait stocker l’énergie pour faire le tampon. Ça se fait ailleurs !!

        https://eolienne.f4jr.org/stockage_de_l_energie


      • bibou1324 bibou1324 5 février 17:06

        Au secours, on ne sait pas stocker l’énergie électrique !


        Sauf qu’en fait on sait faire. Voir ici.

        C’est quoi déjà les arguments anti-solaire et anti-éoliens ?

        • Onecinikiou 6 février 03:18

          @bibou1324


          Les arguments les voici, je te souhaite bon courage et un sérieux bagage intellectuel pour venir les contester :


        • bob de lyon 6 février 09:37
          @Onecinikiou

          J’ai bien connu Jancovici. Il est d’une lucidité confondante.

          Et c’est un proche de Hulot, auquel il ramone sérieusement les oreilles de temps en temps.

        • Croa Croa 6 février 12:00

          À bibou1324,
          Oui mais c’est un mauvais exemple : Remonter de l’eau ou stoker un fluide surchauffé c’est bien plus efficace que des batteries d’accumulateurs.


        • Alren Alren 6 février 13:34

          @bibou1324

          Faute de lithium disponible on ne peut espérer multiplier par millions ces batteries géantes au lithium-ion.

          Car n’oublions pas que le problème du stockage de l’électricité produite par des systèmes de captations directe ou indirecte de l’énergie solaire, se posera à l’échelle de la planète entière et non de la seule France !

          Le seul métal pouvant entrer dans des batteries, sans doute associé à une molécule organique ou du silicium (?) est le sodium. Il est disponible en milliards de tonnes dans le sel marin.
          Des recherches se font en ce sens sans aboutir jusqu’à présent. Mais 2035 c’est très loin pour l’évolution technique.

          Une autre possibilité de stocker de grosses quantité d’électricité est de charger des condensateurs géants à lames d’aluminium à 800 volts de tension avec un isolant mica ou céramique (améliorée par rapport à celles d’aujourd’hui).

          Même si, enfin, on développait les centrales au thorium fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ces batteries ou condensateurs géants trouveraient leur place sur les engins mobiles comme les cargos (sous-marins pour passer hiver comme été au nord du Canada ?) ou les trains de la « Route de la soie ». ce dispositif de batteries-wagons ou plutôt « tenders », relayés à chaque station, éviteraient les milliers de kilomètres de fils de cuivre traversant des contrées au climat rude.

          Enfin on peut stocker l’énergie solaire sous forme de chaleur en échauffant de vastes volumes d’eau (meilleure chaleur massique) l’été puis l’enfouir sous terre, dans les anciennes mines par exemple et la retrouver en hiver pour le chauffage par radiateurs à eau.


        • steph63 7 février 12:37

          @Alren

          très bien, voilà de beaux projets !

          La logique serait maintenant de leur donner corps et de les tester à grande échelle plutôt que de continuer à investir massivement dans une production éolienne difficilement exploitable...

          Sauf que, inversement à la poule aux oeufs d’or créée par le lobby éolien, les investisseurs ne s’y rueront pas...

          Choix de société alors :
          - monter des politiques énergétiques destinées à satisfaire les envies (besoins !) de placement de quelques uns ?
          - ou agir pragmatiquement pour tenter de dégager des solutions d’avenir ?


        • Ar zen 7 février 13:04

          @bibou1324

          « C’est quoi déjà les arguments anti-solaires et anti-éoliens, écrivez vous. 

          Lisez ce livre, il est bourré de ce genre d’arguments. Bonne lecture.


           » Transition énergétique, révolution numérique, mutation écologique... Politiques, médias, industriels nous promettent en choeur un nouveau monde enfin affranchi du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires. Cet ouvrage, fruit de six années d’enquête dans une douzaine de pays, nous montre qu’il n’en est rien ! En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires) et numérique (elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien). Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole. Dès lors, c’est une contre-histoire de la transition énergétique que ce livre raconte - le récit clandestin d’une odyssée technologique qui a tant promis, et les coulisses d’une quête généreuse, ambitieuse, qui a jusqu’à maintenant charrié des périls aussi colossaux que ceux qu’elle s’était donné pour mission de résoudre.« 

           » Cet ouvrage apporte un fort éclairage sur les problèmes prévisibles des « énergies vertes » liées au numérique, et pose les questions de fond relativement aux orientations en cours et à venir. Il soulève aussi l’hypocrisie de nos sociétés qui se prévalent d’être « écolos » et respectueuses de l’environnement alors que nous décalons géographiquement les problèmes à l’extérieur de nos frontières autant sur le plan de la forte dégradation environnementale que de la santé publique et des risques sanitaires... tout en pillant toujours les ressources ! Les très nombreuses annotations sont un excellent complément à la fois d’explication et de pistes biblio. Bravo à l’auteur."

        • biquet biquet 5 février 18:19

          Cette étude me fait penser à celle qui aurait pu être faite au XIXè sur le transport par barges...avant que n’arrive le train. On a aucune idée de ce que sera la production d’électricité dans 5 ans, alors dans 20 ans........


          • pemile pemile 5 février 18:23

            @biquet « On a aucune idée de ce que sera la production d’électricité dans 5 ans, alors dans 20 ans »

            C’est plutôt sur le stockage que la recherche bouillonne, non ?


          • Onecinikiou 6 février 03:23

            @biquet


            Dans 20 ans on sait que la consommation électrique en France oscillera entre 400 et 500 TWh (470 actuellement), et donc, toute chose égale par ailleurs, que la production devra suivre.

            Ne comptez pas sur les éoliennes et les panneaux solaires pour assurer cette production, ou alors à un coût absolument exorbitant (entre 5 et 10 fois le coût du KWh actuel) ce qui, de fait, les disqualifie très probablement.

          • pemile pemile 5 février 18:21

            Bertrand Cassoret

            Vous auriez pu mettre un lien vers le document sur lequel vous vous appuyez pour cet article, non ?

            http://www.rte-france.com/sites/default/files/bp2017_synthese_17.pdf


            • Bertrand Cassoret Bertrand Cassoret 5 février 20:13

              @pemile
              enfin un commentaire pertinent, oui les scénarios RTE sont disponibles à http://www.rte-france.com/fr/article/bilan-previsionnel.


            • Onecinikiou 6 février 03:27

              @Bertrand Cassoret


              Remarquons qu’y aurait d’ailleurs un scénario à soumettre à l’exploitant du réseau qu’il n’a pas pris en compte parmi ceux qu’il a proposés aux politiques, puisque ces derniers sont pris en otage et terrorisés par la tyrannie de la bien-pensance, qui, dans le domaine de l’énergie comme dans bien d’autres, remplit son détestable office. Ce scénario qui n’est pas envisagé par RTE, puisque interdit par la loi actuelle qui limite le nucléaire à 63GW de puissance, consisterait à imaginer (et qui est beaucoup moins hypothétique et finalement délirant qu’une pénétration à 50% d’énergies intermittentes dans notre mix), d’une augmentation de nos capacités installés nucléaires qui viendrait en substitution du fioul/gaz/charbon (4 EPR, y compris Flamanville, suffisent à compenser cette production), complétée par de l’hydraulique seul. 

              Cela passerait par une prolongation de toutes les centrales nucléaires actuelles jusqu’à 60 ans (si avis conforme de l’ASN), puis leur remplacement progressif par 40 EPR, fournissant avec 90% de facteur de charge (parfaitement atteignable puisque c’est la valeur courante aux USA) 505 TWh annuel. Complété par de l’hydraulique pour assurer la pointe, produisant 65 TWh, nous couvons amplement nos besoins futurs, nous permettant de conserver un solde exporteur significatif (alors qu’il ne va cessé de diminuer dans les années qui viennent, sous l’impulsion de décideurs incompétents).

              Cela permettrait de fermer rapidement toutes nos centrales fortement émettrices de GES, et de baisser de manière drastique nos émissions de CO2 dans le secteur électrique (qui sont déjà basses). Cela passerait également par un arrêt immédiat des subventions aux énergies intermittentes, qui font un double emploi inutile. Une fiscalité désincitative les frapperait même spécifiquement.

              Je mets au défi quiconque de démontrer que ce scénario, dans le domaine de la production électrique, ne serait pas - et de très loin - le plus efficient du point de vue de la (prétendue) priorité consistant à baisser nos émissions de GES, et aussi le plus profitable économiquement à nos finances publiques, à notre solde commercial, à notre outil industriel, et in fine à nos emplois.

            • nono le simplet nono le simplet 6 février 10:09

              @Onecinikiou
              argument vaguement cohérent qui élude les accidents, le démantèlement et le traitement des déchets ... trois fois rien smiley  


            • biquet biquet 6 février 10:44

              @Onecinikiou
              L’EPR est un échec. Le coût du MW est plus élevé que celui de l’éolien. En plus de l’investissement il faut prévoir le carburant, gratuit pour l’éolien, les charges de personnel, le démentèlement et en plus de ça on n’a encore jamais vu un EPR fonctionner. Il faudra bien chercher ailleurs quoi qu’on en dise.


            • Onecinikiou 6 février 17:50

              @biquet


              Lisez cette étude fort pédagogique et revenez ici soutenir que l’éolien serait moins cher que le nucléaire !


            • wawa wawa 6 février 19:16

              @Onecinikiou

              j’ai un autre scénario fétiche : On ne fait strictement rien !

              *On amorti toutes les centrale construites (y compris fessenheim) au maximum
              *On ne construit pas d’autre centrale nuke tant que nous sommes exportateur, on laisse les autre pays se demerder avec leur merde renouvelable. vu la pagaille qu’on foutu les renouvelable dans le marché européen, rien ne sera rentable sans subvention
              * On arete toutes subvention éolienne et solaire, çà nous a deja couté 40Ge, faut prévoir 100Ge au total si on arete maintenant. on laisse a eolien et solaire une priorité d’accès au resau, mais au prix du marché, cad zero quand le vent souffle et le soleil brille.
              *On demarre l’epr de flammanville si il peut demarrer de manière sécurisé

              *on sort le cout du demantellement d’edf qu’on met à la charge de l’etat ( on emprunte moins cher au niveau etatique qu’edf. On lance des études serieuse sur l’interet de démanteler les centrales versus le couler dans le beton, chercher à découper des morceaux de cuve et disperser plein de poussière radioactive m’’a toujoours semblé louffoque, autant laisser la radioactivité en un seul morceau. Nos descendant nous pardonnerons ce moindre mal de laisser 50 ou 60 cylindres de béton sur le territoire national, après tout, nous n’en voulons pas à nos grand parent de ne pas avoir démanteler la ligne maginot

              *en echange de cet allegement de dette, on demande a edf d’amortir thermodynamiquement les centraale pour les faire fonctionner a pleine capacité, (on arrete les suivi de charge) quand elle ne parvient pas a vendre l’electricité produite, elle le donne aux administration hopitaux, caserne, internat, piscines,etc qui l’utilisent pour se chauffer et ainsi économiser du fioul ; On se garde ainsi une resreve si developpement voiture electrique. Les dites administration équipent leur dispositif de chauffage de basculeur fioul/electrique.

              *On impose a edf de vendre toute participation de moyen electrique hors du territoire national, pour se consacrer au resau national, hormi l’exploitatin de centrake nucléaire dans le pays étranger.

              *On laisse EDF rembourse sa dette sans qu’elle serve de vache à lait pour les politique.

              * On attend que les autre pays (notament l’allemagne) couine financièrement a force de subvventionner les green craps.

              *On peut a la limite subventionner et construire quelques step là ou c’est le plus interessant.

              * On s’interesse à la transition pétrolière et on arrete de se prendre le choux avec l’électricité qui n’a pas besoin de transitionner.


            • biquet biquet 7 février 11:12

              @Onecinikiou
              En effet cette étude est un canular ! Le facteur de charge de l’hydraulique à 28 % ! Pour les barrages au fil de l’eau le facteur de charge est de 100 %, il est absurde de tenir compte des périodes de sécheresse. Pour les barrages lac, il ne peut être à 100 % car leur but est de fournir de l’électricité aux heures de pointe, ce que ne peut pas faire le nucléaire. Le problème est que de tels imbéciles, bardés de diplômes à la con, sont très écoutés.


            • steph63 7 février 13:09

              @biquet

              quelle étude est un canular ? L’avez-vous vraiment lue ?

              J’y lis par exemple, concernant le stockage par l’hydraulique :

              "[...] En effet, quand on stocke de l’électricité en remontant de l’eau en altitude, on perd une partie de l’électricité initiale : on perd tout d’abord 4% dans le réseau électrique pour aller d’une éolienne à une STEP, et 7% quand la production est faite par un panneau solaire (car la tension de départ est plus basse et les pertes de remontée en tension plus élevées).

              A cela il faut ajouter les pertes dues au pompage, d’environ 25% dans les installations existantes, ce pourcentage pouvant descendre à 20% dans les installations modernes, mais avec des STEP de faible dénivellation en bord de mer, ou de haute chute mais avec le pompage qui parcourt des dizaines ou centaines de km de la côte à la montagne, ce % sera supérieur (d’aucuns avancent 40% ou plus).

              Cette électricité perdue au moment du stockage, il faudra la produire quand même. Il faut rajouter très exactement 40% (soit 1÷0,7) d’éoliennes ou de panneaux en plus pour produire l’électricité qui sera perdue lors du stockage, avec les investissements correspondants."


            • Onecinikiou 7 février 14:00

              @biquet


              Vous avez l’insulte facile, alors que vous ne faites que démontrer votre ignorance crasse. 

              Le facteur de charge de l’hydraulique, qui cumule les centrales au fil de l’eau et les STEP (ces dernières représentant l’écrasante majorité des capacités installées hydrauliques, et aussi de la production éponyme), est tiré du dernier bilan de RTE, vous le contestez ?


              Ainsi auriez-vous autre chose que des assertions ridicules pour critiquer cette étude ?

            • biquet biquet 8 février 12:35

              @Onecinikiou
              Confondre STEP et barrages lac, ça aussi il faut le faire !


            • HELIOS HELIOS 11 février 15:34

              @Jarnicoton

              ***** Dois-je rappeler que nous pillons l’Afrique et volons leur uranium aux Nigériens ? *****


              evidement, avec la duplicité de tout une bande de malades, incompetents etc, l’utilisation du plutonium grace a des surgénérateurs serait aujourd’hui parfaitement operationnel. 

              Depuis 1996, Superphenix a Creys autait fait des petits parfaitement fonctionnels... la France aurait un avantage competitif aurait conservé et acquit encore plus de savoir faire et n’acheterait pratiquement plus d’uranium fissile mais de l’U238 a ceux qui n’en n’ont que faire.

              La tactique des ecolos de l’epoque et des idiots utiles est bien claire, exactement comme la fermeture du canal Rhin-Rhone, fut parfaitement efficace... 

              elle a sterilisé la recherche sur le nucleaire au point qu’on a que des ennuis avec les EPR et l’abandon du canal a développé le transport routier dans la vallée du Rhone, mais pas seulement... elle a tué dans l’oeuf le developpement de l’acces mediterranéen de la France, amplifié la circulation maritime par la manche et developpé le port (français ?) de Rotterdam.

              On fait mieux dans le genre économique, ecologique et patriote. Vous allez me dire que le patriotisme on s’en fout... puisque tout ce que perd la France beneficie a d’autres européens quand ce n’est pas ailleurs !

              Il y a des guillotines qui devraient ressortir des caves.....

            • Choucas Choucas 5 février 20:34

               
               
              LE GODE EN LIGNITE TEUTONNE DE MERKEL
               
              Pour bonobobo vert, le soumis gland remplacé, un peu benêt donc...
               
               
              https://www.challenges.fr/monde/allemagne-objectif-co2-pour-2020-abandonne-par-les-negociateurs_558697


              • nono le simplet nono le simplet 6 février 06:39

                EDF se lance dans un programme ambitieux de parcs éoliens offshore

                RTE étudie les scénarios de fermeture des centrales nucléaires 

                alors, de deux choses l’une : ou les écolos-bobos ont pris le pouvoir chez eux ou le bon sens commence à l’emporter smiley

                • Ruut Ruut 6 février 08:38

                  @nono le simplet
                  Ils ont enfin vue les micro fissures sur leurs cœurs de réacteurs et commencent a prévoir le backup.


                • bob de lyon 6 février 09:34
                  Simplement du réalisme et d’aller dans le sens du courant sociétal.
                  Rien ne sert de s’épuiser à convaincre, faisons des éoliennes et augmentons les tarifs...
                   
                  Ce n’est plus une entreprise nationalisée dont il y a quelques années le cahier des charges stipulait :

                  « l’électricité pour tous, sur tout le territoire, avec une qualité constante et au moindre coût ».

                  Ce que chaque agent apprenait à l’embauche et qu’on lui répétait à l’envi quand il demandait une petite augmentation.

                  Vous voulez des éoliennes, vous en aurez.. et la gestion des coupures se fera quasi individuellement par compteur Linky.

                  Evidemment, on pourrait débattre des choix judicieux qui préconiseraient des lieux de production proches de la consommation mais planter des éoliennes (une tranche de 900 MW = 2000 éoliennes) à proximité des mégapoles poseraient quelques problèmes...

                  L’installation off shore est satisfaisante mais elle ne résout pas le problème de 30 % de pertes en ligne.


                  • nono le simplet nono le simplet 6 février 09:49

                    @bob de lyon
                    Simplement du réalisme et d’aller dans le sens du courant sociétal.

                    dans le sens du courant sociétal ou dans le sens de la prise de conscience de ce qu’est un accident nucléaire comme Fukushima et de ses conséquences ? 

                  • Onecinikiou 6 février 17:57

                    @nono le simplet


                    Zéro mort à Fukushima suite à la submersion de la centrale, vous êtes au courant ?

                    L’extraction du charbon c’est dix mille morts annuel dans le monde. Dus à la pollution atmosphérique des mêmes centrales c’est 23.000 morts rien qu’en Europe.


                    Vous allez vous réveillez ?

                    La pollution engendrée par les mines de terres rares, nécessaires à la constitution des rotors d’éoliennes et des panneaux photovoltaïques, vous avez idée de ce que cela engendre sur l’écosystème ?

                    Pourquoi tant d’indignations sélectives ? Par ignorance de votre sujet ? Par idéologie ?

                  • nono le simplet nono le simplet 6 février 10:16

                    pour les défenseurs du nucléaire je ne vois plus qu’un cierge à Ste Rita ...

                    .

                    • bob de lyon 6 février 11:40

                      @nono le simplet

                      Et alors ?

                      Nous marchons tous à pied… pour éviter les accidents d’automobile évidemment !

                      Pour nous promener à travers le monde nous n’utilisons que des bateaux en bois et à voile !

                      Nos parents se chauffaient au charbon… que pensaient-ils des morts des coups de grisou ?

                      Quant à Fukushima, ne serait-ce pas un Tsunami la cause et surtout les quelques économies réalisées sur le mur d’enceinte…

                      Quant à écrire quelques commentaires pour Agora Vox cela n’a aucune conséquence sur la disponibilité électrique, forcément !

                      Personne ne dit que le nucléaire est sans danger mais il peut être contrôlé…

                      Certains pays du Nord de l’Europe, entre autres, et probablement parmi eux de plus écologistes que nous en acceptent le risque bien mesuré et pour quelques principes bien compris.

                      Trouvez lesquels ?

                      Sainte Rita cueillait des roses en plein hiver, le chauffage étant absent dans sa vie monacale elle en mourût... Rude époque !


                    • baldis30 11 février 23:29

                      @bob de lyon

                      bonsoir,

                      « Nos parents se chauffaient au charbon… que pensaient-ils des morts des coups de grisou ? »

                      Oui mais combien le savent et surtout combien ne veulent pas savoir !

                      Une photo que j’ai faite à partir de Saint-Jean Bonnefonds en direction du Sud-Ouest est absolument terrible : on voit un terril et en dessous un cimetière ... tout un symbole...

                      les terrils mais c’est merveilleux .... on y plante des résineux ça fait joli dans le paysage ....puis manque de chance la foudre tombe et allume le bois, le terril prend feu et dégage tout et n’importe quoi dans l’atmosphère au point que l’on envisagea d’évacuer la population voisine ...

                      Et puis le lavage du charbon c’est pas grand-chose ça met à peu prés n’importe quoi dans l’eau de lavage ... arsenic, mercure, plomb, iode radioactif à longue durée de vie , uranium et l’un de ses descendants le radon soluble dans l’eau à la dose 1/2 litre par litre d’eau,.

                      Et puis les dégâts miniers aux terrains cela n’existe pas ... ( puisque je vous le dis vous devez me croire ) et pour combiner le tout les américains qui font tout mieux que tout le monde ils ont crée une mine spéciale « Centralia, prés d’Harrisburg, Pennsylvanie ». Une réussite à la dimension de l’Amérique ! mais pour la France on n’est pas trop mal loti dans cette compétition originale !


                    • Croa Croa 6 février 12:16

                      Il ne faut pas dramatiser la nécessité de devoir recourir à des coupures pour forcer une baisse de la consommation d’électricité. D’autant que de toute façon les secteurs sensibles seront de toute façon épargnés car des priorités sont prévu pour ces cas là (hôpitaux par exemple.)
                      Par ailleurs ce serait très formateur car lorsque les gens se mettront à faire plus attention il y aura moins de coupures forcément !
                      .
                      La Terre se réchauffe et nous ne faisons rien actuellement, c’est grave !  smiley smiley smiley
                      Que nous subissions quelques coupures pour en sortir ce n’est rien alors que les riches nous ont, dans l’Histoire, imposé des guerres pour des motifs futiles. Et la guerre, ça c’est un vrai malheur autrement plus grave que de manquer de jus !

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