• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Environnement > Les scénarios RTE 50% de nucléaire : des coupures d’électricité (...)

Les scénarios RTE 50% de nucléaire : des coupures d’électricité !

L'objectif de 50% de nucléaire dans la production d’électricité française en 2025 ne sera pas atteint, c'est maintenant une certitude. Mais RTE a publié des scénarios visant à atteindre cet objectif vers 2035. À quelles conditions ?

RTE (Réseau de Transport de l'Électricité), service public français chargé d'assurer en permanence l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité, a publié en novembre 2017 plusieurs scénarios de "Bilan prévisionnel de l'équilibre offre-demande d'électricité en France" pour les années à venir. Ils permettent de se rendre compte de la façon dont l’objectif de 50% de nucléaire dans la production d’électricité pourrait être atteint. Le parc nucléaire français produit actuellement environ 75% de l'électricité. Pourquoi cet objectif de 50% ? On ne peut pas invoquer les accords de Paris sur le climat puisque la production d'électricité nucléaire émet très peu de gaz à effet de serre. Inscrit dans la loi de transition énergétique votée en 2015, sa véritable origine serait dans des accords électoraux lors des élections présidentielles de 2012.

Rappelons que l'électricité représente moins du quart de la consommation d'énergie française et que la principale énergie consommée en France est le pétrole. Celui-ci est, comme le gaz,à l'origine d'émissions de gaz à effet de serre et de divers polluants atmosphériques.

Les différents scénarios de RTE baptisés Ampère, Hertz, Volt et Watt concernent l’année 2035. Ils prévoient essentiellement de remplacer une partie du parc nucléaire par des éoliennes et panneaux solaires. L’électricité se stockant difficilement, on doit adapter en permanence la production à la consommation grâce à des moyens pilotables réglables (nucléaire, fossile, hydraulique, biomasse). Les remplacer par des moyens non pilotables, dont la production dépend du vent et du soleil, est un réel challenge. Cela nécessite de les multiplier en espérant qu’il y aura toujours un peu de vent/soleil quelque part. Ainsi RTE considère pouvoir compter la plupart du temps sur 10% de la puissance éolienne installée. Cela signifie grossièrement qu’il faut installer 10 éoliennes pour espérer avoir en permanence au moins la puissance d’une seule.

Le plus commenté des scénarios est Ampère. Il prévoit une production d'électricité à 46% nucléaire, 50% renouvelable et 4% fossile. Analysons comment.

- La production d'électricité augmenterait de 20%, passant de 530 TWh à 630 TWh* malgré une stagnation de la consommation à 480 TWh. Eh oui, l’objectif est 50% de la production d'origine nucléaire, et non 50% de la consommation. En augmentant les exportations, la production nucléaire représenterait encore 61% de la consommation française mais moins de 50% de la production. Certains y voient l'influence du lobby nucléaire qui aurait trouvé là un moyen de fermer le moins possible de réacteurs. Mais l’irrégularité de la production éolienne et solaire nécessitant de multiplier les moyens de production pour en avoir toujours un minimum quand il y a peu de vent/soleil, il y aurait des moments où elle serait trop importante lorsqu’il y a beaucoup de vent/soleil ; cette production devrait donc être exportée. Ainsi l'augmentation de plus de 200 TWh de la production renouvelable (grâce à l’éolien, au solaire, aux bioénergies et aux énergies marines), passant de 101 TWh à 314 TWh, ne permettrait qu'une baisse de 90TWh de la production nucléaire, passant de 384 TWh à 294 TWh.

La puissance totale installée augmenterait considérablement, elle passerait de 129 GW à 210 GW (+62%). Il faudrait donc augmenter considérablement les moyens de production pour une même consommation. Les éoliennes et panneaux solaires ajoutés (+97 GW) viendraient essentiellement s’ajouter, et non remplacer les autres moyens de production : la puissance installée* pilotable (nucléaire, fossile, hydraulique, biomasse) diminuerait peu, passant de 111 GW à 94 GW (on fermerait environ 16 réacteurs nucléaires sur 58 et quelques centrales au charbon et fioul).

La puissance éolienne installée en 2035 devrait atteindre 67 GW contre 12 GW aujourd'hui, soit une augmentation de plus de 3 GW par an. Or cette augmentation annuelle a été d’environ 1 GW ces dernières années en France. Un triplement du rythme d'installation n'est sans doute pas impossible, mais RTE indique que « cette trajectoire est ambitieuse, et nécessite un changement de dimension par rapport à l’état actuel (mobilisation des financements, mise à disposition du foncier, adaptation des procédures d’autorisation aux ambitions publiques, renforcement de l’acceptabilité). »

La puissance photovoltaïque installée en 2035 devrait atteindre 48 GW contre moins de 7 GW aujourd'hui, soit une augmentation de plus de 2 GW par an contre moins de 1 GW ces dernières années en France. Il faudrait donc doubler le rythme actuel.

Remarquons que l'Allemagne qui a fait des efforts considérables pour installer 94 GW d'éolien et de solaire (1.5 fois le parc nucléaire français) n'a pas diminué sa puissance installée en centrales pilotables : elle a besoin de ces centrales lorsque le vent et le soleil ne produisent pas, mais exporte largement lorsque la météo le permet. L'Allemagne exporte d’ailleurs tellement quand le vent est fort que le prix devient parfois négatif (!) à la bourse de l'électricité. Dans ces conditions on peut se demander si tous les pays pourront suivre la même stratégie d'exportation car les épisodes venteux peuvent se produire sur plusieurs pays en même temps. Pour exporter il faut non seulement des lignes haute tension mais aussi des acheteurs.

 

- La consommation d'électricité annuelle stagnerait à 480 TWh malgré la croissance de la population, une croissance économique de 2% par an et plus de 15 millions de véhicules électriques. Le principal argument invoqué par RTE pour justifier cette stagnation est l'amélioration de l'efficacité énergétique. Il est vrai que la consommation française stagne depuis 2008, mais la croissance économique a été bien faible également. Je trouve surprenant de lire dans le rapport de RTE qu' « une croissance du PIB durablement plus élevée devrait se traduire par plus d’investissements dans l’appareil productif et par de meilleures capacités de financement pour les actions d’efficacité énergétique ». Cela me parait évidemment souhaitable mais historiquement c'est l'inverse qui s'est quasiment toujours produit : l'augmentation de l'activité économique a presque toujours été liée à une hausse de la consommation d'énergie.

Les 15 millions de véhicules électriques considérés consommeraient environ 35 TWh ce qui signifie, à consommation globale constante, que les autres usages baisserait d'autant. Cela me parait souhaitable mais peu probable. En particulier RTE considère 700 000 rénovations de logements par an qui seraient mieux isolés. En 2012, l’État français avait fixé l’objectif de rénover 500 000 logements chaque année, cet objectif a été repris en 2015 et récemment en novembre 2017. Mais il n’a jamais été atteint : on rénove moins de 400 000 logements chaque année, et à un niveau pas toujours suffisant.

 

-La pointe de consommation devrait diminuer car la production éolienne et solaire ne serait pas forcément présente au bon moment. Il faut comprendre que ce qui impose le dimensionnement d’un système de production et de transport d'électricité n'est pas seulement la consommation annuelle en wattheure, mais aussi la puissance en watt pouvant être consommée à un instant donné*. De ce point de vue, les rénovations de logements chauffés à l'électricité sont très importantes. De même, considérer 15 millions de véhicules électriques est commode : comme l'utilisateur n'a pas forcément un besoin urgent de recharger sa batterie, RTE suppose qu'un pilotage intelligent permettra de les recharger essentiellement en dehors des heures de pointe.

RTE publie un exemple de jour d'hiver peu venté où la puissance consommée serait de 84GW : elle ne pourrait être couverte que grâce à 9 GW d'importation, on suppose donc que nos voisins ne seraient pas dans la même situation et pourraient exporter. De plus, 7GW de production éolienne sont nécessaires dans cet exemple, représentant 10% de la puissance éolienne installée. RTE se justifie en déclarant que seules 10% des situations modélisées sur la base de statistiques météo conduisent à une production éolienne inférieure à 7.5 GW. Très bien, mais que ferait-on durant ces 10% de malchances ? On constate actuellement des moments où la production éolienne tombe quasiment à zéro. RTE souligne d’ailleurs que les épisodes de températures très faibles, entraînant une pointe de consommation, s’accompagnent souvent d’une production éolienne réduite. RTE précise que dans ce scénario « l'équilibre offre-demande durant les situations de consommation forte repose nécessairement sur une contribution de l'éolien  », que la probabilité de défaillance peut atteindre 30% pour des puissances appelées supérieures à 94 GW et de 60% pour une consommation supérieure à 101GW. Or la pointe de l'année 2017 a été de 94 GW et la pointe historique française à 102 GW ne date que de 2012. RTE confirme d’ailleurs que « des appels de puissance supérieurs à 100 GW pourraient encore être observés en 2035. Ceci interroge sur le niveau d'assurance », « le système électrique français n’est plus en situation de « passer » une vague de froid comme celle de février 2012 sans appel aux leviers exceptionnels voire au délestage. » On peut également lire que « en 2035, sur les 1000 cas simulés, 44% présentent au moins une heure de défaillance et 5% contiennent plus de 10h de défaillance ».

En clair, RTE prévient qu'il y aura des coupures d'électricité !

 

En conclusion le scénario Ampère nécessiterait des investissements énormes dans l’efficacité énergétique, l’éolien, le solaire et les lignes de transports nécessaires à l’import-export. Il nécessiterait une puissance totale installée de 209 GW contre 129 GW aujourd'hui malgré une consommation constante  : l’installation de 97 GW supplémentaire d'éolien et de solaire ne permettrait de fermer que 22 GW de nucléaire et de thermique. Ce scénario ferait descendre la part du nucléaire à 46% de la production mais elle représenterait toujours 61% de la consommation d’électricité française. Le risque de coupure serait plus élevé qu'aujourd'hui, et même très probable lors de fortes pointes de consommation. Le principal mérite de scénario est une baisse de 45% des émissions de CO2 dues à la production d'électricité, mais ce gain ne représente que 3% des émissions de CO2 françaises.

 

Le scénario Volt est celui qui utilise le moins le gaz pour produire l’électricité, il permet donc de diminuer davantage les émissions de CO2 (-59%). Mais il suppose une consommation d’électricité annuelle en baisse de 8% à 442TWh, et surtout il maintient la part du nucléaire dans la production à un niveau plus élevé de 56%. Le risque de défaillance est plus faible qu'avec le scénario Ampère.

Le scénario Hertz prévoit moins de production nucléaire, mais davantage de production au gaz d’où des émissions de CO2 proches du niveau actuel, et un risque de défaillance plus élevé.

Le scénario Watt aboutit à seulement 11% de nucléaire, mais il suppose une baisse importante de la consommation (-15% à 410 TWh), et un doublement de la production fossile donc une nette hausse des émissions de CO2 (+45%). Il nécessite les effacements de consommation les plus importants (on rémunère de gros consommateurs industriels pour qu'ils décalent leur consommation), ce qui n’empêche pas un risque de défaillance très élevé de 85% (!) lors de pics de consommation à seulement 89 GW.

 

En résumé, si l'on accepte davantage d'effacements de consommation et des coupures, si l’on augmente considérablement la puissance totale installée et les lignes de transport, si l’on réduit la consommation annuelle et les pointes, si nos voisins peuvent nous acheter de l’électricité lorsque nous en produisons trop et nous en vendre lorsque nous en manquons, alors il est sans doute possible de remplacer une partie des centrales pilotables nucléaires ou fossiles par des moyens éoliens et solaires. On constate en comparant les 4 scénarios de RTE que, plus on diminue la part du nucléaire, plus on émet de CO2 et plus le risque de coupure est élevé. On peut légitimement s'interroger sur l'impact financier et environnemental de ces moyens supplémentaires, éolien et solaire, qui viennent essentiellement en plus de, et non à la place des autres. Ne serait-il pas plus pertinent pour l’environnement de mettre plutôt ces moyens dans l’isolation des logements, l’amélioration des transports en commun, l’efficacité énergétique dans les usines… ?

 

Résumé des principales caractéristiques de la situation actuelle et des différents scénarios.

 

 

* Pour bien comprendre, il faut distinguer la puissance installée, qui représente la capacité de production d’une installation en watts (W), de l’énergie produite par une installation sur une période donnée qui se compte en wattheures (Wh). Ainsi un réacteur nucléaire de 1 GW fonctionnant environ 75% du temps à pleine puissance produit chaque année environ 1G*24h*365jours*0,75=6570 GWh=6,57 TWh.

 


Moyenne des avis sur cet article :  4/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

97 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 5 février 16:24

    en 2035, nous aurons un petit âge glaciaire = tout le monde va crever de froid.


    • Jarnicoton 5 février 16:26

      Il faut 0% de nucléaire et 0% de fossiles. La transition est faisable en quelques mois :

      .

      • amiaplacidus amiaplacidus 5 février 17:31

        @Jarnicoton

        Le Japon a fait une transition bien plus drastique : plus de 29 % d’électricité nucléaire en 2013, moins de 2 % en 2017.

        Et cela n’a pas nuit à l’économie : après pratiquement 30 ans de stagnation et même de déflation, l’économie repart lentement, 1 % en croissance en 2017, chômage à 3,1 % (inimaginable actuellement un tel taux de chômage dans la France bien nucléarisée).

        Je ne dis pas que l’abandon quasi total du nuke est la cause du mieux économique, mais, contrairement aux Cassandre nucléocrates, je constate que cela ne nuit pas.



      • s4m0 5 février 18:16

        @amiaplacidus
        une transition oui, vers les énergies fossiles ! Les 25% d’électricité nucléaires en 2010 ont été compensés par :
        +12% sur le gaz,
        +6% sur le charbon,
        +3,1% sur le solaire,
        +1.1 sur le biomasse,
        +0,9% sur le pétrole et l’hydraulique.
        (les pourcentages donnés sont la hausse de la proportion par énergie sur le total).
        Bref, le grand gagnant c’est bien le CO2. Ainsi le japon retrouve son niveau d’intensité carbone de 1982 !
        sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_au_Japon#Secteur_%C3%A9lectrique
        https://www.google.fr/publicdata/explore?ds=d5bncppjof8f9_&met_y=ny_gdp_mktp_cd&hl=fr&dl=fr# !ctype=l&strail=false&bcs=d&nselm=h&met_y=en_atm_co2e_eg_zs&scale_y=lin&ind_y=false&rdim=region&idim=country:JPN&ifdim=region&tdim=true&hl=fr&dl=fr&ind=false

        Cependant, il faut malgré tout souligner que la consommation d’électricité à baissé de 9.3% entre 2010 et 2015.

        Bref l’exemple du Japon confirme la démonstration de l’article : arrêter le nucléaire n’est pas impossible, mais il y aura des conséquences.


      • Onecinikiou 6 février 03:15

        @amiaplacidus

        « Je ne dis pas que l’abandon quasi total du nuke est la cause du mieux économique, mais, contrairement aux Cassandre nucléocrates, je constate que cela ne nuit pas. »

        Les émissions de CO2 par tête au Japon sont légèrement supérieures en 2015 (8,99t) à ce qu’elles étaient en 2010 (8,68t), avant la décision conduisant à fermer le parc nucléaire, alors qu’elles ont baissé de 20% en France à mix quasi inchangé, ce qui montre que l’arrêt du nucléaire au japon l’a privé d’une possibilité de baisse substantielle de ses émissions. 


        Donc cela nuit.

      • JC_Lavau JC_Lavau 6 février 15:00

        @Onecinikiou. La prémisse est idiote, car nous sommes encore en période de pénurie en dioxyde de carbone atmosphérique. Du point de vue de 98% des espèces de plantes terrestres.


      • V_Parlier V_Parlier 6 février 15:22

        @Jarnicoton
        « faisable en quelques mois » -> restons sérieux tout de même !
        Quand on voit le temps que peut prendre le relooking d’un malheureux rond-point, je rigole...


      • V_Parlier V_Parlier 6 février 15:29

        @Onecinikiou
        Ah, ce fameux CO2, il nous manquait déjà ! Les gaz à effet de serre présentent l’avantage de faire oublier tout le reste, les désastres environnementaux à venir dix fois pires que la montée des eaux, mais chuuut... Comme dans le mainstream, le réchauffement climatique est pour beaucoup ici le seul sujet écologique ayant droit de cité. On peut s’empoisonner, empoisonner la mer, rendre la Terre inhabitable en la transformant en une gigantesque poubelle, tant pis. Mais le réchauffement, ça c’est le truc grave. (Et c’est pratique car on sait qu’on ne l’empêchera pas mais que ce sera de la faute du moins sage qui aura émis plus de CO2).


      • Onecinikiou 6 février 17:59

        @JC_Lavau


        Ça c’est votre avis, que je ne partage pas, comme la grande majorité des scientifiques de part le monde. 

      • JC_Lavau JC_Lavau 6 février 19:19

        @Onecinikiou. A condition qu’on les paie pour qu’ils adhèrent à l’escroquerie du siècle.

          
        ...

      • JC_Lavau JC_Lavau 6 février 19:22

        @JC_Lavau. C’est la merde, cet éditeur vérolé de SPIP.

        Les liens sont rassemblés, et non vérolés en bas de l’article 

      • kelenborn kelenborn 7 février 15:20

        @amiaplacidus

         C’est ça oui !!! Comme l’explique Lomborg , l’Allemagne a dépensé un fric monstre pour saturer le pays d’éoliennes et produire l’électricité la plus chère en Europe ! Mais , l’Allemagne a un excédent commercial de 250MM par an grâce à son Lebensraum , elle a un excédent budgétaire et peut se permettre de balancer de l’argent par la fenêtre tout en ayant un PB par tête supérieur à 20% au nôtre !! Peut être que le prochain cadeau de Noel de Macroléon aux « sans dents » après la CSG sera l’augmentation des prix de l’électricité
        Quant à l’exemple du Japon, 3% de taux de chômage avec une démographie en berne, et un taux d’emploi féminin plus faible.... c’est déjà beaucoup !

      • JMBerniolles 11 février 10:49
        @amiaplacidus

        Vous avez une vision complètement fausse de la situation au Japon.

        1) Le Japon a eu massivement recours au gaz naturel pour produire son électricité, à l’aide de chaudières à gaz et de turbines à gaz qu’il s’est procurées dans la région asiatique (en Thaïlande notamment)

        2) Comme le Japon a du acheter en catastrophe du gaz sur les marchés, il a payé le prix maximum. Cela a complètement plombé son commerce extérieur qui est devenu largement déficitaire. D’où des efforts maximum pour remettre en route son nucléaire, ou du moins ce qu’ii restait de son parc nucléaire après les accidents de Fukushima Daiichi et la déclassification de certains réacteurs nucléaires (notamment les réacteurs 5 et 6 à Fukushima Daiichi et d’autres )

        3) son économie est en déflation depuis la fin des années 90 et n’en sort pas. Récemment le géant Toshiba a déclaré une perte de 9 milliards de dollars ce qui lui permis de justifier un désengagement sur des projets de réacteurs nucléaires AP1000 aux USA où il contrôle Westinghouse.

        4) la déflation est une situation économique grave dont il est très difficile de sortir. Le gouvernement Abe est connu pour ses tentatives, du type Quantitative Easing notamment, pour sortir de cette funeste engeance économique, surnommées par les économistes abenomics (une évocation de atomique, économique... ) et citées comme une référence d’actions qui ne marchent pas. Il semble que le Japon évolue d’une situation où il misait totalement sur les exportations, à une politique plus nationale, avec des aspects nationalistes, et cela conduira sans doute à un léger mieux (je n’ai pas trop de détails à ce sujet)... 

        5) Les données économiques fournies officiellement sont tellement manipulées, - croissance, chômage, ...-, qu’il faut utiliser d’autres données liées à l’économie pour approcher un peu la situation réelle. Dans le texte de monsieur Cassoret il y a une contradiction fondamentale qui remet en cause la donnée qu’il fournit. Il n’est pas possible d’avoir une vraie croissance de 2% quand la consommation électrique décroit. Le 2% est un chiffre officiel maquillé.
        Notre vérité économique est celle-ci :
        * Notre production décroit (ce qui se traduit par une baisse de la consommation électrique)
        * Notre dette s’accroit
        * Notre taux de chômage réel augmente fortement. Chez les jeunes de 18-24 ans le taux de non emploi va vers les 50%
        * Notre déficit extérieur s’accroit
        * Il y a une légère inflation et surtout les taxes et impôts augmentent, ce qui plombe la consommation intérieure 
        * Notre pays est littéralement en vente à la découpe, comme la Grèce.....  

        Donc nous sommes nous aussi en déflation, ce que le pouvoir en place et les médias cachent (au Japon c’est un fait reconnu depuis longtemps)

        Notre économie est aussi victime d’orientations absurdes sur le plan technique, comme le soutien financier très important aux EnR éolien et photovoltaïque (plusieurs centaines de milliards d’euros, une vraie bulle financière que le système favorise pour lui-même)

        Notre industrie nucléaire est notre dernier pilier industriel à rayonnement mondial. Si on l’abat cela en est fini de la France que nous connaissons. 





      • baldis30 11 février 23:14

        @JC_Lavau
        bonsoir

        l’article est nul et venant de ma part tu comprends parfaitement


      • Jeekes Jeekes 5 février 16:41

        ’’L’Allemagne exporte d’ailleurs tellement quand le vent est fort que le prix devient parfois négatif (!) à la bourse de l’électricité.’’
         
        C’est marrant, ça ne ce voit pas du tout sur ma facture.
        En revanche on voit bien quand ça augmente !
        D’ailleurs ça augmente toujours.
         
        C’est un peu comme le pétrole, quand il a baissé à mort y’a deux ou trois ans, conséquence à la pompe => peanuts, ou peu s’en faut.
        Mais maintenant qu’il remonte (pas tant que ça d’ailleurs),
        conséquence à la pompe => plein la gueule l’augmentation !
         
        Et qui c’est qu’est content ?
        Ben les copains-coquins qui s’en mettent plein les fouilles, comme d’hab.
         
        Les mêmes copains-coquins qui vont se goinfrer avec cette branlette d’énergie pipô-verte-de-mes-deux.
         
        Je rigole d’avance en pensant aux nuits sans vent (par exemple).
        y’aura des coupures qu’ils préviennent déjà (donc leur plan, c’est de la merde).
        Ben tiens mon con-joli !
        Et pour qui les coupures, Mmmm ?
         
        Mais pour ceux qui vont raquer pour financer la branlette de ceux qui vont s’en mettre plein les fouilles, évidemment...


        • generation désenchantée 5 février 19:02

          @Jeekes
          c’est les taxes rajoutées par nos politiques qui font monter aussi la factures
          surtout celles du 1 er janvier


        • wawa wawa 6 février 13:40

          @Jeekes

          c’est bien çà il ne faut pas confondre le prix « au cul de l’eolienne » et au "compteur du consommateur.


        • Le421 Le421 6 février 17:35

          @Jeekes
          On sait stocker l’énergie pour faire le tampon. Ça se fait ailleurs !!

          https://eolienne.f4jr.org/stockage_de_l_energie


        • Jarnicoton 5 février 16:44

          De bonnes et solides coupures dissuaderont d’acheter des congélateurs : nouvelles économies d’électricité supplémentaires. 


          • Croa Croa 6 février 11:56

            À Jarnicoton,
            Faux problème !
            Un congélateur tient sans problème 24h sans électricité. Le seul souci c’est qu’il ne faut jamais l’ouvrir pendant une coupure.


          • Jarnicoton 6 février 12:29

            @Croa

            .
            ne jamais l’ouvrir pendant une coupure
            .
            Ce n’est pas toujours possible... Quand le gendarmerie est en route pour aller chez une maman et qu’il faut sortir immédiatement les enfants...

          • kelenborn kelenborn 7 février 15:24

            @Croa
            Oui tu...croa...mais quand la coupure durera huit jours tu verras ! car le scenario décrit par l’auteur c’est le scénario hiver normal ! En amérique du Nord , ils ont eu -40 , en Sibérie-60, l’an dernier c’était l’Europe centrale qui a eu -30 ...ça va bien finir par nous arriver avent que les premiers phoques réfugiés climatiques ne débarquent


          • Croa Croa 8 février 09:53

            À kelenborn,
            Les coupures longues durées sont hors sujet. Ce dont il est question ici c’est de délestages, un impératif lié à une impossibilité à suivre la demande d’énergie. Les délestages ne durent jamais bien longtemps et l’entreprise chargée d’acheminer le courant les fait tourner.


          • bibou1324 bibou1324 5 février 17:06

            Au secours, on ne sait pas stocker l’énergie électrique !


            Sauf qu’en fait on sait faire. Voir ici.

            C’est quoi déjà les arguments anti-solaire et anti-éoliens ?

            • Jarnicoton 5 février 17:53

              @bibou1324

              .
              Oui, ce n’est pas mal.
              .
              Une batterie de 129 MWh et un parc de 99 éoliennes de 315 MW de puissance installée : la batterie emmagasine 25 minutes de production du parc.
              .
              Autre détail : la batterie avec ses diesels de secours coûte 318 millions d’euros. Or un parc éolien de 315 MW sans stockage, sur la base grosso modo de 1000 euros le kW installé, fait dans les 315 millions d’euros. Le stockage double le prix du kWh éolien qu’on nous dit être en chute libre.
              .
              Oui, ce n’est pas mal. 


            • Jarnicoton 5 février 17:55

              @Jarnicoton

              .
              J’ai supposé que la batterie dure la vie de l’éolienne. Si elle dure plus, c’est moins cher ; si elle dure moins, c’est plus cher. 

            • Onecinikiou 6 février 03:18

              @bibou1324


              Les arguments les voici, je te souhaite bon courage et un sérieux bagage intellectuel pour venir les contester :


            • bob de lyon 6 février 09:37
              @Onecinikiou

              J’ai bien connu Jancovici. Il est d’une lucidité confondante.

              Et c’est un proche de Hulot, auquel il ramone sérieusement les oreilles de temps en temps.

            • Croa Croa 6 février 12:00

              À bibou1324,
              Oui mais c’est un mauvais exemple : Remonter de l’eau ou stoker un fluide surchauffé c’est bien plus efficace que des batteries d’accumulateurs.


            • Alren Alren 6 février 13:34

              @bibou1324

              Faute de lithium disponible on ne peut espérer multiplier par millions ces batteries géantes au lithium-ion.

              Car n’oublions pas que le problème du stockage de l’électricité produite par des systèmes de captations directe ou indirecte de l’énergie solaire, se posera à l’échelle de la planète entière et non de la seule France !

              Le seul métal pouvant entrer dans des batteries, sans doute associé à une molécule organique ou du silicium (?) est le sodium. Il est disponible en milliards de tonnes dans le sel marin.
              Des recherches se font en ce sens sans aboutir jusqu’à présent. Mais 2035 c’est très loin pour l’évolution technique.

              Une autre possibilité de stocker de grosses quantité d’électricité est de charger des condensateurs géants à lames d’aluminium à 800 volts de tension avec un isolant mica ou céramique (améliorée par rapport à celles d’aujourd’hui).

              Même si, enfin, on développait les centrales au thorium fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ces batteries ou condensateurs géants trouveraient leur place sur les engins mobiles comme les cargos (sous-marins pour passer hiver comme été au nord du Canada ?) ou les trains de la « Route de la soie ». ce dispositif de batteries-wagons ou plutôt « tenders », relayés à chaque station, éviteraient les milliers de kilomètres de fils de cuivre traversant des contrées au climat rude.

              Enfin on peut stocker l’énergie solaire sous forme de chaleur en échauffant de vastes volumes d’eau (meilleure chaleur massique) l’été puis l’enfouir sous terre, dans les anciennes mines par exemple et la retrouver en hiver pour le chauffage par radiateurs à eau.


            • steph63 7 février 12:37

              @Alren

              très bien, voilà de beaux projets !

              La logique serait maintenant de leur donner corps et de les tester à grande échelle plutôt que de continuer à investir massivement dans une production éolienne difficilement exploitable...

              Sauf que, inversement à la poule aux oeufs d’or créée par le lobby éolien, les investisseurs ne s’y rueront pas...

              Choix de société alors :
              - monter des politiques énergétiques destinées à satisfaire les envies (besoins !) de placement de quelques uns ?
              - ou agir pragmatiquement pour tenter de dégager des solutions d’avenir ?


            • Ar zen Ar zen 7 février 13:04

              @bibou1324

              « C’est quoi déjà les arguments anti-solaires et anti-éoliens, écrivez vous. 

              Lisez ce livre, il est bourré de ce genre d’arguments. Bonne lecture.


               » Transition énergétique, révolution numérique, mutation écologique... Politiques, médias, industriels nous promettent en choeur un nouveau monde enfin affranchi du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires. Cet ouvrage, fruit de six années d’enquête dans une douzaine de pays, nous montre qu’il n’en est rien ! En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires) et numérique (elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien). Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole. Dès lors, c’est une contre-histoire de la transition énergétique que ce livre raconte - le récit clandestin d’une odyssée technologique qui a tant promis, et les coulisses d’une quête généreuse, ambitieuse, qui a jusqu’à maintenant charrié des périls aussi colossaux que ceux qu’elle s’était donné pour mission de résoudre.« 

               » Cet ouvrage apporte un fort éclairage sur les problèmes prévisibles des « énergies vertes » liées au numérique, et pose les questions de fond relativement aux orientations en cours et à venir. Il soulève aussi l’hypocrisie de nos sociétés qui se prévalent d’être « écolos » et respectueuses de l’environnement alors que nous décalons géographiquement les problèmes à l’extérieur de nos frontières autant sur le plan de la forte dégradation environnementale que de la santé publique et des risques sanitaires... tout en pillant toujours les ressources ! Les très nombreuses annotations sont un excellent complément à la fois d’explication et de pistes biblio. Bravo à l’auteur."

            • kelenborn kelenborn 7 février 15:30

              @bob de lyon
              Oui Jancovici , c’est ce charlot qui voudrait faire passer la population agricole à 10% des actifs !! Un polytechnicien ! Faudrait quand meme les trier car il y a des malades ! J’en ai connu un qui avec un petit groupe d’allumés voulait construire une croix sur le lieu d’une apparition de la vierge et à la demande de cette dernière à Dozulé (14)... Pour la petite histoire, la croix devait faire plus de....130 mètres de hauteur !!! Il avait même passé un an à calculer l’ancrage nécessaire pour que le vent ne la dégomme pas !!!46 mètres de mémoire !!! eh que ferait on si on n’avait pas de polytechniciens : ?


            • biquet biquet 5 février 18:19

              Cette étude me fait penser à celle qui aurait pu être faite au XIXè sur le transport par barges...avant que n’arrive le train. On a aucune idée de ce que sera la production d’électricité dans 5 ans, alors dans 20 ans........


              • pemile pemile 5 février 18:23

                @biquet « On a aucune idée de ce que sera la production d’électricité dans 5 ans, alors dans 20 ans »

                C’est plutôt sur le stockage que la recherche bouillonne, non ?


              • Onecinikiou 6 février 03:23

                @biquet


                Dans 20 ans on sait que la consommation électrique en France oscillera entre 400 et 500 TWh (470 actuellement), et donc, toute chose égale par ailleurs, que la production devra suivre.

                Ne comptez pas sur les éoliennes et les panneaux solaires pour assurer cette production, ou alors à un coût absolument exorbitant (entre 5 et 10 fois le coût du KWh actuel) ce qui, de fait, les disqualifie très probablement.

              • pemile pemile 5 février 18:21

                Bertrand Cassoret

                Vous auriez pu mettre un lien vers le document sur lequel vous vous appuyez pour cet article, non ?

                http://www.rte-france.com/sites/default/files/bp2017_synthese_17.pdf


                • Bertrand Cassoret Bertrand Cassoret 5 février 20:13

                  @pemile
                  enfin un commentaire pertinent, oui les scénarios RTE sont disponibles à http://www.rte-france.com/fr/article/bilan-previsionnel.


                • Onecinikiou 6 février 03:27

                  @Bertrand Cassoret


                  Remarquons qu’y aurait d’ailleurs un scénario à soumettre à l’exploitant du réseau qu’il n’a pas pris en compte parmi ceux qu’il a proposés aux politiques, puisque ces derniers sont pris en otage et terrorisés par la tyrannie de la bien-pensance, qui, dans le domaine de l’énergie comme dans bien d’autres, remplit son détestable office. Ce scénario qui n’est pas envisagé par RTE, puisque interdit par la loi actuelle qui limite le nucléaire à 63GW de puissance, consisterait à imaginer (et qui est beaucoup moins hypothétique et finalement délirant qu’une pénétration à 50% d’énergies intermittentes dans notre mix), d’une augmentation de nos capacités installés nucléaires qui viendrait en substitution du fioul/gaz/charbon (4 EPR, y compris Flamanville, suffisent à compenser cette production), complétée par de l’hydraulique seul. 

                  Cela passerait par une prolongation de toutes les centrales nucléaires actuelles jusqu’à 60 ans (si avis conforme de l’ASN), puis leur remplacement progressif par 40 EPR, fournissant avec 90% de facteur de charge (parfaitement atteignable puisque c’est la valeur courante aux USA) 505 TWh annuel. Complété par de l’hydraulique pour assurer la pointe, produisant 65 TWh, nous couvons amplement nos besoins futurs, nous permettant de conserver un solde exporteur significatif (alors qu’il ne va cessé de diminuer dans les années qui viennent, sous l’impulsion de décideurs incompétents).

                  Cela permettrait de fermer rapidement toutes nos centrales fortement émettrices de GES, et de baisser de manière drastique nos émissions de CO2 dans le secteur électrique (qui sont déjà basses). Cela passerait également par un arrêt immédiat des subventions aux énergies intermittentes, qui font un double emploi inutile. Une fiscalité désincitative les frapperait même spécifiquement.

                  Je mets au défi quiconque de démontrer que ce scénario, dans le domaine de la production électrique, ne serait pas - et de très loin - le plus efficient du point de vue de la (prétendue) priorité consistant à baisser nos émissions de GES, et aussi le plus profitable économiquement à nos finances publiques, à notre solde commercial, à notre outil industriel, et in fine à nos emplois.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



-->