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Accueil du site > Actualités > Environnement > Nucléaire : l’illusion du réacteur à sels fondus

Nucléaire : l’illusion du réacteur à sels fondus

Les Pays-Bas vont tester la conception d’un réacteur de thorium à sels fondus. Profitons-en pour bousculer quelques mythes populaires autour du réacteur de thorium. Le thorium est promu comme une énergie nucléaire propre, mais il suffit de fouiller un peu pour comprendre que cette propreté est factice et que si on doit rester sur le nucléaire, alors il vaut mieux rester avec l’uranium.

Ces derniers temps, on a eu de mauvaises nouvelles sur les alternatives aux énergies fossiles. Les États-Unis qui sortent de la COP21 et le manque de volonté politique de nombreux pays. Cependant, on pourrait avoir de bonnes nouvelles d’Europe sur de l’énergie basée sur le thorium

Les scientifiques du Nuclear Research and Consultancy Group (NRG) à Petten aux Pays-Bas, ont commencé la première expérience de réacteur à sels fondus. Il n’y a que quelques endroits au monde où on peut effectuer ces tests. Avec cette expérience, l’Europe vient d’entrer dans la course à l’énergie de Thorium.

L’expérience SALt Irradiation ExperimeNT (SALIENT) a été préparée en collaboration avec l’European Commission Laboratory Joint Research Center-ITU et elle consiste en une série d’expériences avec des étapes successives plutôt qu’une seule exploration.

La première phase de SALIENT se concentrera sur la création d’un combustible de réacteur qui soit plus propre. On le fait en supprimant les métaux nobles du combustible de thorium lorsqu’il se transforme en uranium par l’intermédiaire de la fission. Dans la deuxième phase, les chercheurs espèrent tester la résilience des matériaux communs qui sont utilisés dans la construction des réacteurs de thorium à sels fondus ou Thorium Molten Salt Reactors (TMSR). Si les matériaux résistent bien à la corrosion et aux températures élevées, alors cela pourrait réduire les coûts de l’énergie nucléaire. On s’attend à ce que les phases futures testent de nouveaux matériaux qui ont montré un certain potentiel dans le passé. On peut citer le Hastelloy qui est un alliage de nickel et de TZM (titane-zirconium-molybdène).

Des résultats prometteurs à Petten permettraient au monde de se rapprocher de la commercialisation des réacteurs de thorium à sels fondus. Ces réacteurs sont considérés comme étant plus “sûrs” que les réacteurs actuels et ils ont une conception plus simple. Les TMSR réduisent légèrement le problème les déchets nucléaires durables.

À l’heure actuelle, seules la Chine, l’Inde et l’Indonésie travaillent sur les réacteurs de thorium à sels fondus. L’approche de la Chine implique une étape intermédiaire de l’exploitation d’un réacteur à lit refroidi aux sels fondus et l’Indonésie a manifesté son intérêt à travailler avec ThorCon pour tester un réacteur non alimenté à grande échelle avant de commencer ses opérations commerciales. L’Inde a quelques conceptions de réacteurs de thorium à sels fondus sur le papier, mais aucune ne reçoit beaucoup d’attention. Les scientifiques indiens s’intéressent davantage à un réacteur avancé à eau lourde alimenté par le thorium (Advanced Heavy Water Reactor) tandis le premier ministre indien envisage de conclure des contrats sur des réacteurs à eau légère (uranium) en provenance de Russie.

L’entreprise NRG avec SALIENT renforce la concurrence au niveau international pour être le premier à proposer un réacteur commercial alimenté au thorium. La concurrence permet de développer de nouveaux moyens et une meilleure efficacité. L’expérience de NRG permet à l’Europe d’être en tête dans la quête de l’énergie commerciale à base de thorium après des décennies de retard. Un succès à Petten pourrait inciter des pays comme l’Inde à accélérer le développement de leur technologie. Cela peut aussi booster les startups américaines qui ont des idées intéressantes, mais qui ont dû mal à obtenir des financements sans oublier les retards de la législation.

Étant donné que l’uranium a très mauvaise réputation, on a eu énormément de mythes qui circulent sur le réacteur de thorium. Selon certains, l’énergie au thorium serait tellement intéressante qu’elle surpasserait la fusion nucléaire (cette dernière tient réellement toutes ses promesses par contre). Nous avons utilisé les informations du site Whatisnuclear dont les auteurs sont principalement des ingénieurs et des physiciens nucléaires pour clarifier les mythes autour du thorium.

1 - Les réacteurs de thorium à sels fondus ont été annulés parce qu’ils ne pouvaient pas faire de bombes nucléaires :

C’est quasiment faux. Le réacteur de thorium peut faire des bombes et ce n’est pas ce qui a motivé son annulation au début du développement des réacteurs nucléaires. La conclusion à l’époque est que même si le réacteur de thorium pourrait être moins cher, on ignore ses performances sur le long terme.

De plus, l’industrie avait déjà investi énormément sur les réacteurs à eau légère, à très haute température et le réacteur rapide à métal liquide. L’industrie rechignait également à créer les services pour le cycle de combustible et la recherche en physique nucléaire s’était beaucoup concentrée sur les réacteurs à combustible solide. En gros, le monde avait trop investi sur les réacteurs à l’uranium pour tout jeter à la poubelle et choisir le thorium, car cela ne valait pas le coup. De plus, il y a une autre hypothèse pour laquelle les Américains auraient pu préférer l’uranium et le plutonium et on vous l’explique plus bas sur le résumé des armes nucléaires.

2 - Les réacteurs de thorium n’ont pas besoin d’enrichissement :

C’est mal comprendre le concept d’un réacteur à surgénérateur qu’il soit à base de thorium ou d’uranium. Le principe de ce type de réacteur est qu’ils vont surgénérer au fur et à mesure. Ils vont produire de la matière fissile égale ou supérieure par rapport à leur consommation de départ ce qui permet d’avoir une énergie en abondance sur le long terme.

Donc, on peut dire que ce n’est pas un vrai mythe, mais l’absence d’enrichissement est valable pour tous les types de réacteur surgénérateur. C’est même pour ça qu’on les a inventés. Toutefois, le réacteur de thorium peut utiliser la surgénération thermique. Cela signifie qu’on a besoin de beaucoup moins de matériaux fissiles au départ par rapport à un réacteur de surgénération rapide. Mais le réacteur rapide à métal liquide peut faire la même chose et donc, ce n’est pas exclusif au thorium.

3 - Le réacteur de thorium ne peut pas produire de bombes nucléaires :

C’est sans doute le mythe qui revient le plus souvent. Et c’est faux. Le thorium n’est pas un élément fissile contrairement à l’uranium, mais fertile. Déjà, il serait incorrect de dire que le thorium est un combustible “nucléaire”, car il ne l’est pas, mais on a tendance à utiliser le terme par commodité. Dans le réacteur, on va irradier le thorium avec des neutrons pour que le thorium se transforme en Uranium 233 qui est fissile. C’est cet uranium 233 qui va vous donner votre énergie. Sauf que l’Uranium 233 n’existe pas dans la nature, mais sachez que l’Uranium 233 est un excellent combustible pour une bombe.

4 - Il y a plus de thorium que d’uranium sur Terre

C’est vrai, mais il faut nuancer. La concentration moyenne de thorium dans la croute terrestre est de 0,00060 % comparée au 0,00018 % de l’uranium. Mais on a également du thorium et de l’uranium dans l’océan. Pour un pourcentage par masse, on a 4×10-12% de thorium par rapport à 3.3×10-7 % d’uranium. En chiffres, cela nous donne 56 000 tonnes de thorium et 4,62 milliards de tonnes d’uranium. Cependant, l’exploitation de l’uranium en mer coute 4 fois plus cher et donc, ce n’est pas économiquement viable. Donc, ce mythe est vrai si on se base uniquement sur la concentration dans la croute terrestre.

En résumé, il ne faut pas négliger l’intérêt du réacteur de thorium, mais il n’est pas la solution idéale qui nous est proposée par certains acteurs de l’industrie. Et cette expérience aux Pays-Bas est assez intéressante, car elle concerne un réacteur de prochaine génération qui est moins nocif et moins gourmand que ce soit sur le combustible ou l’impact environnemental. Pour certains pays comme la Chine ou l’Inde, le thorium pourrait être une vraie alternative, car ils en ont une grande quantité devant leur porte, mais au niveau mondial, c’est plus compliqué.

La question est-ce que les réacteurs au thorium sont l’énergie du futur ? Ces dernières années, des Startups ont investi sur le thorium et comme tout startup qui respecte, la communication est plus importante que la réalité du terrain. L’énergie au thorium ne concerne pas seulement le fait d’avoir un réacteur plus sûr et plus propre. Cela implique aussi de nouveaux projets d’extraction de thorium et nous devons plutôt abandonner l’industrie de l’extraction puisqu’on a déjà l’uranium en très grande quantité. L’énergie idéale du futur devra être abondante, aussi propre que possible, abordable avec le minimum de dommages collatéraux. Et si on regarde les réalités de l’énergie au thorium, elle manque de nombreux de ces critères.


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54 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 3 novembre 14:27

    À l’auteur :

    « Selon certains, l’énergie au thorium serait tellement intéressante qu’elle surpasserait la fusion nucléaire (cette dernière tient réellement toutes ses promesses par contre). »
    J’ignorais que la fusion nucléaire fût déjà opérationnelle au niveau industriel...


    • Doume65 3 novembre 16:04

      @Jean-Pierre Llabrés
      L’auteur a une boule de cristal à boucle spatio-temporelle, un truc que tu ne pourras pas te payer et a ainsi 150 ans d’avances.
      Par contre, il n’a pas son diplôme nucléaire car il a oublié le PRINCIPAL atout du réacteur à sel fondu, à savoir sa sûreté. Ceux qui voient dans cet oubli une manœuvre pas très honnête sont des complotistes.


    • Alren Alren 3 novembre 17:47

      @Jean-Pierre Llabrés

      Pour appuyer ce que vous dites :

      Les réacteurs de thorium à sels fondus ont été annulés parce qu’ils ne pouvaient pas faire de bombes nucléaires : C’est quasiment faux. Le réacteur de thorium peut faire des bombes et ce n’est pas ce qui a motivé son annulation au début du développement des réacteurs nucléaires.

      C’est faux, je regrette ! On peut faire des bombes au thorium mais elles coûteraient des dizaines de fois plus cher que les bombes à plutonium. La centrale au thorium que le président Kennedy et sa femme sont venus admirer aux USA en 1960, fonctionnait parfaitement.

      C’est la nécessité de fabriquer énormément de bombes dans le cadre de la guerre froide qui a fait choisir la filière uranium enrichi-plutonium.

      Selon certains, l’énergie au thorium serait tellement intéressante qu’elle surpasserait la fusion nucléaire (cette dernière tient réellement toutes ses promesses par contre).


      Aucun dispositif de fusion nucléaire n’a fourni à ce jour plus d’énergie qu’il en a absorbé. Cela fait maintenant plusieurs dizaines d’années que l’on nous promet la réussite ... pour obtenir des crédits.

      Mais il est clair que le confinement magnétique à haute température fait l’objet de phénomènes quantiques non élucidés qui font que le tokamak ne marche pas.

      Le bombardement d’une bille creuse de tritium à l’état solide, proche donc de zéro Kelvin, par des particules ou irradiée par un laser femtosecondes ultra puissant, semble bien avoir été abandonné.

      Peut|être y aurait-il un peu d’espoir avec la striction magnétique et des aimants supra conducteurs mais à ma connaissance cette voie n’est pas financée actuellement.

      Car ces recherches coûtent au fil des années horriblement cher.

      Cependant avec ITER, on fait des progrès dans la connaissance de la matière. Elle vient en complément avec les grands accélérateurs de particules et d’ions lourds et c’est très important scientifiquement.


      C’est mal comprendre le concept d’un réacteur à surgénérateur


      Les réacteurs à uranium enrichi et eau pressurisée ne sont pas surgénérateurs car s’ils produisent du plutonium qui peut être réutilisé avec le MOx, celui-ci est un mélange uranium-plutonium où l’uranium est dominant : 8,5 % de plutonium et 91,5 % d’uranium appauvri.

      Le MOx ne permet absolument pas d’absorber le plutonium produit par les centrales à uranium enrichi.


      Les surgénérateurs à neutrons rapides comme Phénix et Superphénix qui auraient été des surgénérateurs vrais ont été abandonnés car beaucoup trop dangereux.



      Une conclusion devrait s’imposer : si un pays relativement petit comme les Pays-bas peut mettre au point une centrale au thorium, c’est que c’est relativement facile à concevoir et à construire (pas de cuve en inox résistant à la pression de l’eau pressurisés, cuve qui pose tant de problèmes) et aucun danger « d’excursion nucléaire » comme à Fukushima.


      On comprend que cette concurrence d’un pays non nucléaire, qui ne saurait pas faire une centrale à uranium, en gêne beaucoup ! Le drame pour les tenants de l’uranium serait que les Pays-bas se mettent à vendre à des pays du tiers-monde des centrales au thorium. Les pétroliers aussi seraient mécontents !


      L’avenir départagera les points de vue.


    • JMBerniolles 4 novembre 11:59

      @Severomorsk

      Un des intérêts de cet article est de mettre en valeur le fait que les technologies en matière de réacteurs à fission sont encore très jeunes

      Pour une question de variation de sections efficace avec l’énergie des neutrons incidents il y a une différence entre l’évolution de la chaine Pu sous irradiation suivant la nature des neutrons rapides ou thermalisés. 


    • Alren Alren 4 novembre 13:57

      @Severomorsk

      Pour qui sait lire, je ne vois pas ce qu’il ya de confus dans ce paragraphe :

      "Les réacteurs à uranium enrichi et eau pressurisée ne sont pas surgénérateurs car s’ils produisent du plutonium qui peut être réutilisé avec le MOx, celui-ci est un mélange uranium-plutonium où l’uranium est dominant : 8,5 % de plutonium et 91,5 % d’uranium appauvri.

      Le MOx ne permet absolument pas d’absorber le plutonium produit par les centrales à uranium enrichi."


      Il n’y a plus de surgénérateur à neutrons rapides en fonctionnement dans le monde. Donc on n’en parle plus. Ils étaient beaucoup trop dangereux et difficiles à piloter.


      La seule « surgénération » qui existe actuellement, c’est-à-dire la production de plutonium 239 fissile à partir d’uranium 238 fertile par capture d’un neutron, se fait dans les réacteurs à eau pressurisée et à neutrons ralentis des centrales « civiles ». Car paradoxalement les neutrons « lents » provoquent davantage de fissions que les neutrons « rapides ».


      Au bout de 4-5 ans, la charge d’uranium enrichi à 3% d’uranium 235 fissile pour 97% d’uranium dit fertile car susceptible d’être transformé partiellement en plutonium fissiles doit être retiré de la centrale pour être retraité comme « déchet ».

      Certains métaux comme l’américium sont inutilisables et doivent être stockés dans des piscines où l’hydrogène de l’eau absorbe des neutrons. Mais ces déchets sont encore radioactifs quand on les retire de l’eau.

      On récupère aussi du plutonium en quantité telle que la filière nucléaire ne peut les absorber. Ils sont utilisés pour renouveler les bombes H. Tout ceci bien entendu est couvert par le plus grand secret militaire.


      On peut faire des bombes atomiques avec tous les atomes susceptibles de fusionner, comme le cobalt ou le thorium. je manque de temps pour développer.


    • Jean Keim Jean Keim 5 novembre 13:50

      @Alren Je vous cite : « C’est faux, je regrette ! On peut faire des bombes au thorium mais elles coûteraient des dizaines de fois plus cher que les bombes à plutonium. » Je ne conteste pas vos connaissances mais pour le militaires (pour simplifier), le prix d’une (bonne) arme n’est pas rédhibitoire.


    • Alcyon 5 novembre 19:31

      @Jean Keim moi je les conteste, il raconte n’importe quoi.


    • Emohtaryp Emohtaryp 3 novembre 14:34

      Une belle messe nucléaire....c’est beau la foi !
      Amen ! ( pensez à communier pour vous faire absoudre de vos pêchés...)

      Pourquoi ne pas vous adresser aux Japonais, aussi  ?
      Ils vont se faire un plaisir de vous répondre sur la nucléopathologie aiguë et ses avatars....


      • foufouille foufouille 3 novembre 15:17

        @Emohtaryp
        le tsunami était de la faute des centrales nuke ?


      • amiaplacidus amiaplacidus 3 novembre 15:51

        @foufouille
        Évidemment que la centrale nuke n’est pas responsable du tsunami. Mais en revanche il est responsable d’avoir transformé une catastrophe, le tsunami, en un désastre.


      • foufouille foufouille 3 novembre 16:40

        @amiaplacidus
        c’est très exagéré, rien n’est sûr à 100% avec certaines catastrophes comme avec une grosse météorite. certains endroits sont bien plus naturellement radioactifs sans le moindre cancer en plus.


      • scorpion scorpion 3 novembre 16:57

        @foufouille
        Putain la foufouille t’es grave ou tu joues au con !


      • baldis30 3 novembre 17:56

        @foufouille

        bonsoir,
         en matière de météorite certains devraient aller faire un petit tour à Rochechouart !


      • JMBerniolles 4 novembre 17:20

        @amiaplacidus Quel mépris ignorant pour les 20.000 morts et disparus environ dus au Tsunami.

        L’impact sanitaire des accidents nucléaires proprement dits reste aujourd’hui encore très limité. Y compris chez les techniciens de la TEPCO les plus exposés et les jeunes.

        Cette bande de menteurs professionnels et de manipulateurs de Greenpeace affirmé le contraire bien entendu.


      • Jean Keim Jean Keim 6 novembre 08:40

        @foufouille
        Un tsunami qui dévaste une centrale nucléaire et un tsunami qui dévaste une centrale classique, une fois le désastre passé, ne pensez-vous pas qu’il y a une énorme différence, même chose s’il s’agit d’un tremblement de terre, de la chue d’une météorite ou d’une attaque terroriste, enfin c’est vous qui voyez, bon ! quand je dis que vous voyez, c’est un euphémisme smiley


      • finael finael 3 novembre 16:05

        L’intérêt des réacteurs à sels fondus c’est leur rendement. Avec un réacteur actuel, quelques pourcents seulement de l’uranium est réellement utilisé.

        Dans les réacteurs à sels fondus on peut obtenir un rendement de l’ordre de dix fois plus.

        EDF a étudié ce type de réacteur (à uranium) dès les années 80, et ce serait le vrai progrès à réaliser. A l’époque on était en plein déploiement des centrales actuelles et EDF rencontrait des problèmes sans nom avec Superphénix et ça n’a pas été poussé.

        Sinon, pour le thorium, c’est un bon exposé.


        • sls0 sls0 3 novembre 16:58

          @finael
          Le rendement c’est aussi une histoire de température.
          L’eau comme fluide primaire ne permet que 355°
          Avec du sel fondu on monte plus haut tout comme le sodium des surgénérateurs. Cycle de Carnot.


        • Xenozoid Xenozoid 3 novembre 17:22

          @sls0
          tout les déchets du nucleaire sont des armes,ses produits aussi


        • sls0 sls0 3 novembre 17:54

          @Xenozoid
          Il y a certainement plus de personnes tuées à l’aide d’un marteau qu’à l’aide de déchets nucléaires.
          Quand je me ballade dans la sierra, j’ai toujours mon marteau de géologue, je sort armé. Mes seules victimes par le passé n’ont été que faisans et lièvres.
          Pour des démonstrations médiévales je lançais des haches.
          Marteaux et haches c’est plus facile à trouver que des déchets nucléaires et sont plus facilement manipulables.


        • Xenozoid Xenozoid 3 novembre 17:58

          @sls0
          je parlais de sa fonction guerriere ,de retraitement,mais bon c’est comme un pavé... on peut toujours réutilisé si c’a fait pas de mal...


        • biquet biquet 3 novembre 18:03

          @finael
          Pour l’instant la surgénération n’est pas prouvée. De plus si le thorium produit de l’U233, quelle sera le niveau de radioactivité de l’U233 après avoir été utilisé ? Il n’est pas dit qu’on produise encore plus de déchets qu’avec les centrales REP.


        • Cyrus La Maison Dieu (la tour) 4 novembre 22:58

          @Xenozoid

          Quand on manquera d’ uranium appauvri , on regrettera de l’ avoir foutu sur la gueule du voisin .
          Les déchets d’ aujourd’hui sont ’ or de demain... si on trouve quoi en faire .


        • finael finael 5 novembre 12:30

          @sls0

          Il s’agit surtout du rendement des réaction nucléaires proprement dit. L’eau est le meilleur calo-porteur et un modérateur (ralentisseur de neutrons) mais aussi une barrière très efficace aux radiations. D’autres fluides font moins barrage et sont de meilleurs modérateurs.


        • onaf 6 novembre 10:07

          @biquet Un prototype de réacteur à sels fondus de thorium a marché pendant 5 ans à ORNL dans les années 60 sans problème. Il faut cependant reconnaitre qu’au départ la charge contenait de l’uranium 233 produit par ailleurs mais la dernière année il a été rechargé qu’en thorium. Un point essentiel qui n’est pas dit dans l’article est que le thorium est fertile comme l’uranium 238 et non fissile comme l’uranium 235 ou 233 qui n’existe plus de façon naturelle sur notre planète. Il faut donc pour démarrer la réaction un minimum de produit fissile avec le thorium cela peut être de l’uranium 233 et alors on n’aura aucun déchets transuraniens à longue vie ou du plutonium ou de l’uranium enrichi (en U235) mais dans ces derniers cas on retombe avec le problème des déchets.


        • Xenozoid Xenozoid 9 novembre 17:11

          @La Maison Dieu (la tour)

          Quand on manquera d’ uranium appauvri , on regrettera de l’ avoir foutu sur la gueule du voisin .
          Les déchets d’ aujourd’hui sont ’ or de demain... si on trouve quoi en faire .

          Quand ...... si, ça résume ta pensée ?


        • Zaza Zaza 3 novembre 17:37

          Les chinois ont réussi à faire un EPR, pas les français...

           

          Les chinois étudient l’industrialisation de la filière thorium, les français la filière dynamo à pédales. Chacun suivant son QI ...  smiley


          • JMBerniolles 4 novembre 10:39

            @Zaza

            Cela n’est pas une question de QI mais de politique.

            Les dirigeants chinois défendent leur pays, les nôtres attaquent la France depuis des dizaines d’années..  


          • baldis30 3 novembre 17:59

            bonsoir,

            prenons l’information... toutefois en matière de coût du combustible il faut voir que le coût du nucléaire civil n’est pas déterminant n’est pas dans le combustible ou sa préparation ...


            • Esprit Critique 3 novembre 19:01

              Pour résumer, de toutes façons, Vu La formule E= m c2,

              l’Energie nucléaire est incontournable vu le nombre que nous sommes.

              Après, reste a mettre au point les techniques les plus fiables.

              Aucune piste n’est a négliger, y compris la fusion.


              • JMBerniolles 3 novembre 23:36

                Une fission d’U5 ou d’ U233 ou de Pu 239, Pu 241... libère une énergie de 200 Mev …..  on a donc 200 Mev pour 235 ou 240 g/N par atome

                Une fusion Deutérium /Tritium dégage un peu moins de 20 Mev pour 5 grammes/N  (les réactions chimiques de combustion ou d’électrolyse, -dans une pile à combustible par exemple-, donne quelques ev au mieux)

                C’est approximatif, à un facteur près notamment, mais cela donne bien l’immense avantage de la Fusion rapportée à la masse de combustible par rapport à la fission   

                D’où l’immense intérêt de la Fusion et la nécessité de recherche type ITER, même si ce type de fusion thermonucléaire rencontre aujourd’hui des problèmes non résolus.

                Les réacteurs à sels fondus sont catalogués comme réacteurs nucléaires de la IV ème génération comme les rapides à sodium type Super Phénix (aujourd’hui appelé ASTRID qui n’est guère plus vivant) BN600 et BN800 qui vient de démarrer (eh oui les russes ont poursuivi avec succès la mise au point de cette technologie)

                Les réacteurs à sels fondus ont beaucoup d’avantages potentiels [il y a eu un reportage d’Arte su le sujet il y a quelques temps qui était pour une fois correct à ce niveau tout en critiquant injustement les réacteurs à eau pressurisée ou bouillante..]

                • Thorium comme combustible (l’Inde en possède beaucoup par exemple)
                • Surrégénération dans des réacteurs à neutrons thermalisés
                • des avantages au niveau de la sûreté …. 

                Le problème majeur est que si l’on commence les études maintenant le débouché industriel est dans 30 ou 40 ans…. 

                Donc la IV ème génération la plus accessible 2025/2030 est constituée par les réacteurs nucléaires rapides à sodium. 


                • baldis30 4 novembre 12:03

                  @JMBerniolles

                  bonjour,
                   c’est le problème général de toutes les ressources énergétiques assurant un service continue : le délai de mise en œuvre industrielle.
                   Entre la découverte d’un gisement d’hydrocarbures et sa mise à disposition sur le marché il faut au moins douze ans ... c’est plus faible que pour le charbon même si les ressources enfouies sont mieux connues ! 
                  on ne peut ignorer que la mise en place d’une centrale nucléaire classique non expérimentale, type PWR par exemple, nécessite entre sept ou huit ans entre la décision et le premier couplage ... à la condition que les ukases et manifestations violentes des khmers verts ne viennent pas raconter n’importe quoi ...
                  ne parlons pas du transport de l’énergie et de son danger ... Amoco-Cadiz, Exxon-Valdez, Olympic Bravery, ..... cadenza ad libitum , ni de l’exploitation colonialiste des pays du Moyen-Orient, 
                   ne parlons pas de la métallurgie du silicium ... on s’en fout... ce sont les chinois qui la font et là-bas si on ouvre sa gueule ....


                • JMBerniolles 4 novembre 17:58

                  @baldis30 Oui. Prenons l’exemple de la pile à combustible au principe simple mais à la mise en œuvre laborieuse


                • baldis30 5 novembre 09:59

                  @JMBerniolles

                  et on transporte de l’hydrogène n’importe où ... !
                  même sous forme hydrocarbonée ou hydrure .... sauf C2 H5 OH bien vieilli ...


                • onaf 6 novembre 11:16

                  @JMBerniolles Enfin une réponse intéressante faite par un connaisseur. Les études de Daniel Heuer sur un nucléaire acceptable socialement sont intéressantes. Bien sur ce futur réacteur nucléaire doit être de la génération IV donc auto stable mais sur le plan sécurité il faut aller plus loin et ne pas utiliser des produits pouvant présenter des risques de dispersion de produits radioactifs même en cas de sabotage ou d’attentat. Donc pas de sodium qui brule à l’air ou à l’eau, pas de graphite qui brule à l’air, pas de pression dans le circuit primaire. Ainsi on arrive aux réacteurs à sels fondus à base de fluorure de lithium. Le problème de corrosion et de tenue en température a été résolu il y a 60 ans avec le nickel (ou son alliage comme Hastelloy N). Effectivement si la faisabilité d’un tel réacteur a été faite il y a 60 ans, son industrialisation n’est pas commencé sauf peut être aux Pays Bas ! Mais à mon avis le sodium est trop dangereux à manipuler et restera « une niche » alors que l’on peut prévoir des myriades de réacteurs nucléaires à sels fondus de thorium non seulement fixes mais mobiles utilisés pour le transport. Le prototype était pour un moteur d’avion.


                • meslier Mr Meslier 3 novembre 23:38
                  Le cycle thorium et les combustibles liquides
                  Quelles sont les contraintes sur le type de liquide ?
                  Transparence aux neutrons
                  Température
                  de fusion pas trop élevée
                  Température d’ébullition
                  suffisamment élevée
                  Tension de vapeur faible
                  Bonnes propriétés thermiques et hydrauliques
                  Stabilité du liquide sous irradiation
                  Solubilité des éléments fissiles et fertiles suffisante
                  Pas de production de radio-isotopes difficilement gérables
                  Possibilité d’un retraitement du combustible

                  • JMBerniolles 4 novembre 10:04

                    @Mr Meslier

                    Si le milieu est « transparent », cas du sodium ou de l’hélium, les fissions ont lieu avec des neutrons rapides.

                    Si le milieu ne l’est pas, il y a thermalisation des neutrons et le spectre neutronique est thermique et épithermique.

                    Du point de vue de l’efficacité, relative à la section efficace de fission, il est mieux d’avoir des neutrons thermiques. Dans ce cas on privilégie aussi un peu les fissions par rapport aux captures.

                    Un inconvénient des cœurs rapides UO2-PuO2 (malgré l’auto élimination par le même processus) est d’avoir une notable production de Pu9 et d’actinides, Américium, Curium… au-delà du Pu, (pour la production de Pu239 les graphites-gaz et réacteurs à eau lourde étaient les plus performants dans les premières générations)

                    Avec le Thorium qui va donner l’éléments fissile U233 on part de plus loin dans la chaine et effectivement la production d’actinides est faible relativement aux rapides par exemple. On a donc une surgénération sans cet inconvénient ce qui est un avantage clair des réacteurs à Thorium… 


                  • baldis30 5 novembre 10:03

                    @JMBerniolles

                    rebonjour,
                    mais la meilleure entendue est celle-là :
                    « ces s.... d’edf ils n’ont pas installé de modérateur dans le surgénérateur parce que cela coûte trop cher  »
                    ça vaut son pesant de m.... bien sèche !


                  • Goldored 4 novembre 11:08

                    Un article du lobby pronucéaire ?

                    Mangez donc vos foutus déchets !


                    • cétacose2 4 novembre 13:27

                       « Le réacteur de thorium peut faire des bombes. »....Et son dérivé soigner la tuberculose :....le sanathorium....


                      • MakeItRight 4 novembre 14:43

                        La confusion de l’article réside dans l’amalgame « Thorium » et « Sels fondus » :

                         Les réacteurs à sels fondus fonctionnent très bien avec de l’uranium, pas besoin de thorium pour réussir, donc la question du thorium p

                        La confusion de l’article réside dans le mélange des concepts :

                         Les réacteurs à sels fondus fonctionnent très bien avec de l’uranium, pas besoin de thorium pour réussir, donc la question du thorium pollue totalement le débat. Pour initier les réacteurs à sels fondus, c’est de toute manière avec de l’Uranium 235, le thorium ne pouvant qu’être utilisé dans un 2ème temps. Cela n’est pas le fait d’utiliser de l’uranium ou du thorium qui change la donne, mais bien le fait que la fission se fasse dans un liquide très stable, ce qui permet outre une sûreté intrinsèque excellente, d’ajuster la production vers le haut ou le bas sans aucun risque d’emballement. Cela permet aussi un arrêt immédiat en cas de problème, un refroidissement passif (convection), un fonctionnement à pression ambiante (pas de fukushima possible). En bref, c’est l’allié idéal pour suivre la production des énergies renouvelables intermittentes en temps réels sans avoir à recourir aux centrales à charbon.

                         Un retraitement sur site des sels en continu permettrait de diviser la quantité de déchets nucléaires par presque 100, tout en multipliant par presque 100 les rendements (le tout en divisant par 100 la durée de vie des dits déchets, avouez que 300 ans de demi-vie n’a rien à voir avec les 200 000 ans actuels !). Ce retraitement chimique (séparation des éléments chimiques avant renvoi dans le cœur) est le gros challenge restant. Le problème des sels fondus, n’est donc plus un problème nucléaire (neutronique parfaitement connue...), mais un problème de chimie. Sur ce point la Chine est très en avance. 

                         Il n’est pas mentionné dans cet article que les réacteurs liquides peuvent utiliser des combustibles différents, ce qui permettrait de brûler nos déchets existants qui sortent de nos vieilles centrales . Quoi de plus écologique ?

                         Il faut bien comparer les ordres de grandeurs : on parle de 4 grammes de déchets par an et par habitant européen (yc son chauffage et ses transports), ce qui équivaudrait à 4 tonnes de pétrole et 7,5 tonnes de CO2.

                         pour les bombes, on doit arrêt le mythe du civil utile pour les militaires. Ils sont tout à fait autonomes, même dans les pays pauvres comme la Corée du N, pour créer leur propre filière directe via centrifugation. La prolifération via un réacteur à sels fondus est un mythe.

                        En bref, arrêtons l’amalgame entre le thorium et les sels fondus et comparons objectivement les technos aux sels fondus avec la fission solide actuelle d’une part, et avec le charbon /pétrole /gaz d’autre part (les seules alternatives pour produire de l’énergie à haute densité 24h/24). Les ENR en compléments des RSF, c’est un mix décarboné à 100%.

                        Regardons les chiffres sur les déchets, mettons la lumière au bon endroit et arrêtons de faire peur au commun des mortels alors qu’il est le premier à utiliser son smartphone et ses ordinateurs pour lire ces lignes. N’oublions pas que les déchets métalliques utilisés dans le raffinage amont des métaux de nos pc’s, de nos aimants d’éoliennes, et dans nos panneaux photovoltaïques, sont radioactifs. La ville de Baotou, capitale des métaux rares, serait plus radioactive que Tchernobyl . Il faut choisir la meilleure solution décarbonée dans une approche globale avec le cycle de vie, le rendement, la densité, la quantité de métaux et de CO2 nécessaires pour produire un KWh, et le prix du KWh décarboné... Et raisonner en statistiques quant à l’accidentologie, et non à la peur irrationnele...

                        Allez voir « First Man », du temps de Kennedy où un réacteur à sels fondus a tourné, ils avaient la foi et regardaient devant eux. C’est exactement ce que nous devons faire avec les réacteurs à sels fondus pour enfin avoir une solution décente à horizon 10 ans pour substituer une bonne partie du pétrole. Avez vous de meilleurs choix pour décarboner les 80% d’économie mondiale ?

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