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Accueil du site > Actualités > Environnement > Sécheresses des années 1940 : la loi des séries

Sécheresses des années 1940 : la loi des séries

L’année 1947 est connue comme la plus chaude du XXe siècle. On sait moins qu’elle figure dans une série, soit un ensemble de plusieurs années chaudes et sèches. C’est l’apogée d’une forte poussée chaude commencée dans les années 1920.

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Une série peut advenir à toute période : années froides en période chaude ou inversement, années humides entrecoupées de plusieurs saisons sèches.

Dans les années 1940 c’est la chaleur et la sécheresse qui dominent. Certains météorologues parlent même de la « grande sécheresse des années 1940 », comme s’il s’agissait d’un épisode continu. En réalité il y a eu plusieurs épisodes rapprochés et répétés qui ont pu donner ce sentiment d’un assèchement durable.

L’image 1 montre une statistique des grandes sécheresses en France entre 1500 et 2014. Plusieurs séries sont décelables. (Source)

L’image 2 montre la même période (jusqu’en 2005) pour la région Languedoc-Roussillon. (Source)

Les données anciennes ne viennent pas des relevés scientifiques mais d’étude des cernes des troncs d’arbres (dendrochronologie), et aussi de données historiques.

Par exemple les chroniques du prix des céréales qui montent en cas de sécheresse, les plaintes de cultivateurs auprès de l’autorité pour perte de récoltes, la possibilité ou non de navigation fluviale en fonction des péages perçus, les relevés des débits des rivières, etc.

 

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Les registres du quotidiens sont une source abondante d’informations interprétables en matière de tendances ou d’événements météorologiques.

C’est un travail de fourmi comme le révèle Emmanuel Garnier, chercheur au CNRS, dans ce document de 2009. Il y décrit ce qu’il nomme les grandes rivières documentaires. Les informations hydrologiques sont obtenues :

« … à partir de données majoritairement textuelles produites par les corps municipaux, les administrations (Corps des Ponts et Chaussées, ingénieurs du Canal du Midi), le clergé (processions) et des particuliers appartenant le plus souvent aux élites. Toutes sont par conséquent empreintes de subjectivité. C’est donc la somme et le croisement incessant de ces différents gisements documentaires, sans exclusive aucune, qui ont permis la réalisation d’une chronologie quantifiée en jours sans pluie pour plusieurs bassins hydrographiques. »

Pour la décennie 1940 on trouve plusieurs années marquées par la sécheresse, comme le relate ce document de l’Université de Grenoble :

« Une sécheresse impressionnante a sévi en France et dans d’autres pays, notamment, avec une gravité extrême, en Afrique du Nord, de 1942 à 1945 et même au début de 1946.

 

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Elle a eu pour conséquences désastreuses, une diminution des débits fluviaux et donc de la production de force hydroélectrique à un moment où l’on comptait sur celle-ci pour suppléer au manque de charbon.

En outre la déficience des pluies a eu des suites funestes pour les récoltes, notamment pour celles de fourrages durant les quatre années en question, et pour celles de blé, de céréales et de pommes de terre en 1945. Aussi la sécheresse a contribué pour beaucoup à la continuation des pénitences alimentaires qui nous ont été imposées. »

Une mention particulière pour 1945, selon les données de la station de La Tronche près de Grenoble :

« En 1945 la sécheresse de printemps devient catastrophique. Mars et avril ne recueillent plus que 27,5 % de la moyenne. Une seule fois en 60 ans il a moins plu qu’en mars 1945, une seule fois aussi on a connu plus grande sécheresse d’avril. Le retour des pluies en mai devait s’accompagner de gelées d’une exceptionnelle gravité et tout aussitôt une sécheresse subtropicale d’installe sur le pays de juin à juillet, fait unique dans les annales de La Tronche. »

Vint l’année la plus chaude du siècle, 1947. J’ai traité le sujet ici, je n’y reviens pas sauf pour signaler que cette année massue survient après quatre années avec sécheresses sévères pendant lesquelles le déficit en eau s’est creusé.

 

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Dans cette période les gardes forestiers dénonçaient déjà les atteintes aux forêts dues aux sécheresses répétées. On trouve cette mention de l’année 1949 dans leur revue :

« Dans l’ensemble 1945 s’avère comme une année particulièrement catastrophique, et surtout 1949 (…) au sujet de laquelle des chiffres suggestifs ont été publiés par ailleurs. (…)

Outre cette sécheresse anormale (la plus forte constatée à Paris depuis 1871 et très probablement depuis deux siècles), l’'année 1948-49 fut caractérisée par un été particulièrement chaud (température moyenne de juillet supérieure à la normale de 1°5 à 2°5) ; par une insolation remarquablement longue (640 heures en juin-juillet à Paris contre 464, valeur normale), enfin par une évaporation spécialement forte et par un état hygrométrique fort bas. »

Cette série de sécheresses et de canicules, apocalyptiques pour l’époque, est peut-être fortuite, ou associée à un cycle de réchauffement. La décennie 1940 est en effet au bout d’une poussée chaude commencée trente ans plus tôt. Les températures allaient ensuite descendre pendant trente autres années, avant de remonter entre 1985 et 2000.

 

Remarque : sur l’image 3 – cumuls de pluies d’été à Avignon de 1871 à 2017 – on ne constate pas de diminution notable des quantités de pluies. Ce tableau ne montre pas de tendance à moins d’eau, donc à plus de sécheresse durant les mois d’été, pour une ville assez représentative d’une vaste région suspectée de s’assécher à cause du réchauffement. (Source : Criiam sud agro-météo)

L’image 4 est un graphique de Météo-France sur les sécheresses en région parisienne depuis 1874. Là encore on ne constate pas d’évolution significative sur les derniers cent ans.


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12 réactions à cet article    


  • Jeekes Jeekes 19 septembre 22:56

    ’’Dans les années 1940 c’est la chaleur et la sécheresse qui dominent.’’ 

     

    Meuh nan.

    Puisqu’on vous dit que c’est maintenant que y’a un réchauffement climatique qui va tous nous faire crever.

     

    Et tout ça à cause du céhodeu.

    C’est pourtant clair, nom d’une pipe !

     

     smiley

     


    • velosolex velosolex 21 septembre 12:24

      @Jeekes

      1947 : 22 ème année la plus chaude depuis 1900, avec 12, 6 degrés, en France métropolitaine
              
           73 ème année la plus chaude depuis 1880, avec 13,8 degrés au niveau mondial

      Il suffit de regarder d’installer le curseur sur l’année que vous désirez supervisez pour avoir une donnée objective des données scientifiques, et vous faire une idée, loin des propos des affabulateurs et des farfelus qui tentent de tordre la vérité des thermomètres ;...

      https://bit.ly/33KvUrf
      LE Monde -3 janv. 2020 - A partir du bilan annuel de Météo France, nous avons pu mesurer le niveau du réchauffement climatique dans plus de soixante-dix villes et départements.....
      Très intéressant car ce site permet une lecture personnalisée des informations, qu’on peut visualiser à l’espace régional, national, et mondial...Ahurissant .
       Impossible à supporter à certains.....



    • nono le simplet nono le simplet 22 septembre 08:28

      @velosolex
      l’année dernière j’ai tondu la pelouse en mai, juin ... puis octobre, novembre et décembre ... puis janvier cette année ...tondre en janvier ... étonnant, non ?...
      et ça a l’air reparti pareil pour cette année ...
      j’ai des petits chats de 3 mois ... av-hier j’en ai récupéré sous un gros orage tout trempé et tétanisé ... il n’avait jamais connu la pluie ... hier il s’est planqué aux premières gouttes


    • velosolex velosolex 22 septembre 10:51

      @nono le simplet
      Attendre la pluie dans le Finistère, c’est inédit aussi. Bon, on se plaint pas, les températures restent correctes, par rapport au sud, mais si tu regardes le lien que que j’ai mis, elles correspondent au sud de la bretagne il y a 40 ans. Un des décalages les moins flagrants, car en gros il faut faire 400 kms au nord pour retrouver les saisons que tu as connu dans ton enfance. 
      On voit que 1947 est loin d’être l’année de tous les excès, comme le prétend l’auteur. Deplace le curseur de l’année avec la souris, et tu vois que Paris a passé sa température moyenne de 12, 4 en 47 à 13,7 l’an passé….Si effectivement 12,4 était une température notablement élevée à l’époque, où dans les année 30 on a des moyenne autour de 11, cela n’a rien à voir avec les moyennes observées années après années depuis les années 90 qui n’en finissent pas de monter. 
      Si les populations peuvent migrer, et l’homme peut être emmener la vigne avec lui, il n’en ai pas de même des arbres, qui ne peuvent pas migrer vers le nord. La mort de la nature telle qu’on la connait est inéducable. Quand à la notre, il va falloir espérer pour nos enfants, ce qui est inédit. 


    • JC_Lavau JC_Lavau 22 septembre 10:55

      @velosolex, négationniste : se consacre à nier toutes les fluctuations climatiques précédentes.


    • hommelibre hommelibre 24 septembre 08:50

      @velosolex
      L’indice que vous mentionnez est intéressant mais très imcomplet. Mesurer le niveau du réchauffement dans les villes, soit, mais il y a un biais : les îlots de chaleur urbaine. Et les stations utilisées.

      Par exemple à Lyon 07 : Moyenne des T° maximales, 20°15 / Moyenne générale, 15°16.
      Lyon-Bron : Moyenne des maximales, 16°48 / Moyenne générale : 11°93.

      Données Infoclimat, qui utilise aussi les sources de Météo-France. Soit près de 4° de plus en ville que hors de ville. L’indice des villes proposé dans Le Monde provient précisément de quelles stations ? Des villes, forcément. Pas des campagnes.

      Mais bon, je suis méfiant à l’égard des décodeurs du Monde.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 20 septembre 08:16

      Dans l’ensemble 1945 s’avère comme une année particulièrement catastrophique

      Même pour le pinard ?


      • jef88 jef88 20 septembre 12:27

        Dans mes Vosges natales la fin de l’hiver 1948 fut marquée par de grosses inondations : Forte couche de neige et fonte rapide accélérée par des pluies ! ! ! 


        • pipiou2 20 septembre 19:18

          C’est pas vrai, y en a encore qui continuent à nier le réchauffement ?

          Hé bé


          • vesjem vesjem 21 septembre 08:26

            @pipiou2
            c’est pas vrai, y en a encore qui continuent de gober la propagande CO2 ?
            eh bien !


          • JC_Lavau JC_Lavau 22 septembre 10:57

            @vesjem. Ils ont une excuse : jamais ils n’ont appris la physique des gaz et du rayonnement. Ils répètent moutonnement la propagande carbocentriste.


          • velosolex velosolex 21 septembre 15:40

            C’est toujours assez marrant de voir tous ces papys évoquer les étés splendides de leur jeunesse, et persuadés que le tabac n’est pas dangereux pour la santé, pour la bonne raison qu’ils sont encore vivant.

            N’y a pas que le climat, qu’est timbré. C’est systémique. 

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