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#Brexit : sur la situation politique actuelle en Grande Bretagne par le Workers’ Party of Britain

Le 16 janvier le parlement britannique a rejeté massivement par 432 contre 202 l’accord de Brexit imposé au gouvernement May par l’Union Européenne. Ce vote sanction extrêmement lourd ouvre la possibilité d’une sortie du Royaume Unis unilatérale, provocant l’inquiétude de la Commission Européenne.

La situation peut sembler confuse. Elle ne l’est pas. Et elle l’est d’autant moins en écoutant ce que nos camarades du Workers’ Party of Britain ont à dire, à expliquer et à proposer. Car le Brexit, comme l’est le Frexit, c’est une question de lutte des classes, une question de libération des travailleurs du joug de la dictature de la classe capitaliste, dont l’Union Européenne est l’un des plus solide verrou.

On remarquera que les communistes de Grande Bretagne et avec eux les ouvriers, les salariés, les travailleurs en étant les electeurs les plus nombreux pour le brexit ne sont pas dupes ceux qui tout en se prétendant de gauche voire communiste font chorus avec les commissaires européens, les milliardaires et leur Macron et Merkel qui veulent leur faire croire que ‘l’union européenne protège”. Un Ian Brossat candidat du PCF pour les élections européennes en déclarant “Ce vote est un épisode de plus dans la longue série de difficultés rencontrées par la Grande-Bretagne depuis son vote en faveur du Brexit. Au vu de ces turpitudes, on se dit que l’idée d’une sortie de l’UE serait une folie pour la France. La preuve : alors que la Grande-Bretagne était moins intégrée que la France au sein de l’Union européenne, elle rencontre les plus grandes difficultés à en sortir. Il n’y a pas donc pas d’autre choix qu’une transformation profonde de l’Union européenne” choisit de fait son camps, celui du capital contre celui des travailleurs. A l’opposé les communistes britanniques, en concordance totale avec la lutte pour le Frexit progressiste menée par les communistes de France avec le PRCF, appellent à “réaffirmer les conceptions de la classe ouvrière sur l’internationalisme, le patriotisme, le socialisme et la nation. Nous aimons la Grande-Bretagne et son peuple, comme ceux de toutes les autres nations, nous haïssons le capitalisme. La démocratie et le pouvoir de la majorité sont les plus grandes armes contre le capitalisme. Nous devons gagner la bataille pour la démocratie en Grande-Bretagne et construire une nation indépendante.”

la démonstration de la nature totalitaire de l’Union Européenne du Capital

Démontrant une nouvelle fois son mépris pour la souveraineté des peuples, la commission européenne par la voix du président du conseil européen, D Tusk, a appelé purement et simplement à l’annulation du Brexit. Pourtant les électeurs britanniques ont été on ne peut plus clair en votant massivement pour le leave, ils veulent décider démocratiquement et pour eux même.

De fait, depuis deux ans, l’Union Européenne soutenu par l’action de Macron et de Merkel, tente d’imposer un “hard brexit”. Une sortie la plus dure possible pour la Grande Bretagne. De lui faire des conditions imposssibles. C’est ces conditions impossibles qui ont été rejetées par le parlement britannique. C’est qu’il s’agit de faire un exemple, de terroriser les peuples de toutes l’Union Européennes qui tous sont de plus en plus majoritairement tentés par la sortie de l’Union Européenne. La situation britannique démontre toute la justesse des analyses du PRCF qui montrent combien il serait dangereux de conditionner la sortie de la France de l’Union Europénne à l’article 50 du traité européen. Ce serait en pratique livré le pays pied et poings liés aux attaques. Et ce d’autant plus que contrairement à Londres, la France elle est également prisonnière d el’euro

Seule la classe des travailleurs peut imposer le brexit

Le chef de l’opposition travailliste, J Corbyn a immédiatement déposée une motion de censure contre le gouvernement conservateur à la fois pour “sortir de l’impasse” sur le Brexit mais aussi pour “en finir avec l’austérité”. Theresa May “ne peut pas sérieusement croire que, après deux ans d’échec, elle est en mesure de négocier un bon accord pour le peuple. Le problème le plus important auquel nous sommes confrontés est que le gouvernement a perdu la confiance de la Chambre et de ce pays”. Cette motion de censure déposée par les travaillistes a été rejetée, sans surprise par une courte majorité de 325 voix contre 306.

Jeremy Corbyn a avec un courage démocratique certain et malgré les lobbies de droite du Parti Travailliste, a affirmé, juste avant Noël, que le Brexit continuerait s’il accédait au pouvoir. Pour ce “vétéran de l’euroscepticisme de gauche”, comme le dit avec hargne Le Monde il n’est pas question de ne pas respecter les 37 % d’électeurs de sa formation, souvent issus des milieux ouvriers et populaires, qui ont voté pour le Brexit en juin 2016. Il s’agit du simple respect du suffrage universel et de la décision souveraine du peuple britannique. Mais il semble que pour nos médias-chiens de garde, les gouvernements doivent s’affranchir de ces considérations vulgairement démocratique et agir comme l’alliance PS UMP dont LREM est le prolongement actuel en France en violant la souveraineté populaire exprimée lors du référendum de 2005. Quand la forfaiture devient une méthode de gouvernement prônée par les les grands médias, c’est que la fascisation est bien….en marche.

Pour autant la position des travailliste n’est pas claire. Corbyn déclare ainsi ce 16 janvier que l’option d’absence d’accord doit être retirée de la table, tandis que plus d’une soixantaines de députés de son partis s’aligne sur les déclarations de Tusk et veulent déchirer le referendum de 2016.

Oui tout cela n’est pas clair et c’est pourquoi il est important d’entendre les analyses et les propositions des camarades du Workers’ Party of Britain,

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/brexit-sur-la-situation-politique-actuelle-en-grande-bretagne-par-le-workers-party-of-britain/


La situation politique actuelle.

Déclaration du Workers’ Party of Britain. 15 Janvier 2019.

La clarté du vote de la classe ouvrière en faveur du départ de l’UE a renforcée la division d’une classe dirigeante déjà divisée.

Si le Parlement vote contre le résultat du référendum et contre ses propres décisions précédentes favorables à un Brexit le 29 mars, il s’opposera à un choix démocratique pour la première fois depuis sa création en 1649.

Une telle situation serait très grave. Les grandes entreprises et l’UE géreraient alors, de fait, directement nos affaires. Le peuple perdrait toute confiance dans le Parlement. Sous le faux nom de « souveraineté parlementaire », le Parlement céderait complètement le contrôle à ceux que nous n’avons pas élus.

Le capital financier britannique, qui représente la partie dominante de la classe dirigeante veut, dans l’ensemble, que nous restions dans l’UE, mais il est plus divisé qu’auparavant et s’oppose en tout état de cause à un nouveau référendum sur la question. Certaines sections du capital financier britannique sont maintenant attirées par la résurgence d’un marché libre mondial et depuis 2016, les ambassadeurs britanniques à l’étranger ont été occupés à encourager de nouveaux échanges commerciaux.

Si le capital financier accueille favorablement certaines limites à l’immigration, il veut en revanche un maintien complet de la libre circulation des capitaux. À ce stade, ni les travaillistes, ni les conservateurs ne menacent cette position.

Les grandes entreprises multinationales veulent que nous restions dans l’UE. Mais leur pragmatisme général veut aussi que la question soit réglée pour apporter plus de certitude sur les marchés.

Les entreprises basées en Grande-Bretagne, dont 90 % n’ont pas d’échanges commerciaux avec l’UE, veulent en général que nous quittions l’UE et souhaitent une relance de l’économie britannique.

Les députés du Parti travailliste et du Parti conservateur qui veulent que nous restions dans l’UE ne reflètent pas les 64 % de leurs électeurs qui ont voté pour le Brexit. Leur position est déterminée par un mélange de fantasmes politiques, qui voient en l’UE un sauveur, et par des liens directs avec les sinistres forces néolibérales pro-UE.

Nous sommes maintenant en présence d’une nouvelle force constituée de nationalistes bourgeois et de socialistes internationalistes qui luttent pour la démocratie et l’indépendance de la Grande-Bretagne contre les libéraux mondialistes. Les mondialistes représentent la libre circulation du capital, du travail, des biens et des services ; libre circulation tellement nécessaires au néolibéralisme qu’elle est le pilier de l’UE.

Les nationalistes bourgeois n’ont pas de base solide et cohérente et manquent de soutien populaire. Ils ont des difficultés à abandonner le cadre néolibéral et l’austérité qui lui est associée pour retrouver la version dix-huitièmiste du laisser faire le capitalisme qui leur est chère. Ils ont environ 60 représentants au Parlement.

Plus inquiétant encore, les internationalistes socialistes ne peuvent plus s’appuyer sur un mouvement syndical de classe. Il n’y a eu que 11 socialistes en faveur du Brexit au Parlement (lors du référendum).

Ceux, et ils sont nombreux, qui se revendiquent du socialisme au sein du parti travailliste héritent en fait des traditions de pensées libérales et individualistes et n’ont pas d’enracinement dans les luttes. Ils ont tendance à associer nation et réaction, n’ont pas de fierté pour un pays qu’ils ne voient pas comme la création de ses travailleurs, par leurs luttes pour le progrès et contre l’exploitation. Ils pensent qu’être socialiste c’est être « de gauche », mais pas de faire avancer la situation de la classe ouvrière.

Il est nécessaire de réaffirmer les conceptions de la classe ouvrière sur l’internationalisme, le patriotisme, le socialisme et la nation. Nous aimons la Grande-Bretagne et son peuple, comme ceux de toutes les autres nations, nous haïssons le capitalisme. La démocratie et le pouvoir de la majorité sont les plus grandes armes contre le capitalisme. Nous devons gagner la bataille pour la démocratie en Grande-Bretagne et construire une nation indépendante.

traduction CP pour www.initiative-communiste.fr – commission international du PRCF


The current political situation.

A statement by the Workers’ Party of Britain. 15^th^ January 2019.

The clarity of the working class vote to leave the EU has further divided an already divided ruling class.

If Parliament votes against the referendum result and its own previous decision to leave the EU on March 29th it will set itself against
democratic advance for the first time since its creation in 1649.

The situation would be very severe. Big business and the EU would in effect be directly running our affairs. The people will lose all trust
and confidence in Parliament. In the false name of parliamentary sovereignty, Parliament would hand over control completely to those we
do not elect.

British finance capital which represents the dominant section of the ruling class, by and large wants us to stay in the EU, but is more
divided than previously and is in any event against another referendum on the question. Sections of British based finance capital are now
attracted to the resurgence of a free world trading market. Since 2016 British ambassadors overseas have been busy encouraging new trading
opportunities.

Although finance capital welcomes some limits to immigration, they will want to retain a domestic commitment to the free movement of capital. At
this stage neither Labour, nor Tories threaten this.

Big multinational corporation capital wants us to stay in the EU. Their general pragmatism also wants the question to be settled to create more
certainty in the markets.

British based business, 90% of which does not trade with the EU, generally wants us out of the EU and a reflation of the British economy.

Labour Party and Conservative Party MPs who want us to remain in the EU do not reflect the estimated 64% of the voting constituencies who voted
to leave. Their position is determined by a mix of ill-informed fantasy politics presuming the EU to be a saviour and direct links to sinister
neoliberal pro EU forces.

 

We now have a new force of bourgeois nationalists and socialist internationalists fighting for the democracy and independence of Britain
against liberal globalisers. The globalisers represent the free movement of capital, Labour, good and services so necessary to the neoliberal
agenda and the pillars of the EU.

The bourgeois nationalists do not have a strong coherent base and lack some popular appeal. They are finding it difficult to break the
neoliberal, austerity framework and return to their somewhat eighteenth century version of laisse faire capitalism. The have 60 or so in
Parliament.

More worryingly the socialist internationalists no longer can rely on a class conscious trade union movement. There were only around 11 leave
voting socialists in Parliament.

Those claiming the mantle of socialism in some numbers in the Labour Party inherit liberal and individualistic traditions of thought and lack root in struggle. They tend to associate nation with reaction and have no pride in their country as being the creation of its workers and their struggles for progress and against exploitation. They associate being socialist with being ‘left wing’ but not with advancing the position of the working class.

There is a need to reclaim the working class concepts of internationalism, patriotism, socialism and nation. We love Britain and its people, and those of all other nations, we hate capitalism. Democracy and the rule of the majority is the greatest weapon against capitalism. We have to win the battle for democracy in Britain and build an independent nation.


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2 réactions à cet article    


  • Trelawney Trelawney 18 janvier 16:29

    De fait, depuis deux ans, l’Union Européenne soutenu par l’action de Macron et de Merkel, tente d’imposer un “hard brexit”. Une sortie la plus dure possible pour la Grande Bretagne. 

    Accord ou pas accord, la Grande Bretagne sortira de l’UE le 29 mars 2019. Certains proposent un recul de cette date, mais les banque comme les pro breixit s’y opposent. Car lorsque l’on met une date butoir on s’y tient sinon ça n’a plus de sens. On reporte la sortie ad vitam eaternam et la GB reste dans l’UE.

    Si la GB sort de l’UE sans accord ce qui est le cas le plus probable et même le plus souhaitable, tous les accords commerciaux, droits de pèche, droits de circulation etc sont caducs et il faut tout reprendre à zéro.

    Ensuite si la GB a envie de renvoyer les 300 000 français habitant à Londres c’est son droit. De même que si la France renvoie les douaniers anglais de Calais ou Paris vers Douvres, c’est aussi son droit. Elle en profitera pour mettre les migrants dans les ferry et charge aux anglais de les stopper à Douvres.

    80% des produits consommés en Angleterre sont importés. Donc si on rétablie les droits de douanes, ce ne sera pas à leurs avantage ou du moins à l’avantage du consommateur anglais.

    L’Angleterre exporte essentiellement des services et des produits financiers. En sortant de l’UE, il lui suffit de devenir un paradis fiscal (ce qu’elle fera trés certainement) et des sociétés comme Renault ou autres se feront une joie de transférer le siège de leur holding des Pays bas vers l’Angleterre.

    On peut défendre jusqu’au bout une idéologie moribonde, il faut quand même avoir un minimum les pieds sur terre.

    On sait trés bien qui va morfler dans cette histoire et ce n’est certainement pas le trader de la city


    • CN46400 CN46400 19 janvier 10:55

      Bof, les Nissan montées en GB seront taxée à Paris, les Renault montées en France seront taxées à Londres. Et les prolos, anglais ou français, paieront les taxes....

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