• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Europe > Economie : pourquoi les Anglais réussissent-ils mieux que nous (...)

Economie : pourquoi les Anglais réussissent-ils mieux que nous ?

La dernière note de conjoncture de l’INSEE (mars 2006) livre un tableau comparatif intéressant. Pourquoi donc les Anglais réussissent-ils mieux que nous, alors qu’ils ont subi les mêmes chocs et qu’ils sont dans la même Europe ? La réponse de nos agents publics de la statistique est : parce que leur pouvoir d’achat est resté le double de celui des Européens continentaux, permettant une consommation des ménages en croissance du double (2% par an, au lieu de 1%). Et pourquoi ce pouvoir d’achat supérieur ? La dépense publique a joué, mais de façon marginale ; elle a été plus forte au Royaume-Uni qu’en Europe continentale (eh oui ! quand on a les moyens...), mais ce sont bien les progressions des revenus qui ont permis la croissance. Nous n’avons pas été capables de faire pareil. Voyons pourquoi.

Ecarts_de_croissance_uk_ue_1

1/ La banque d’Angleterre (qui n’a pas rejoint la BCE) a baissé son taux d’un tiers, de 6 à 4%, ce qui a allégé les remboursements des ménages britanniques, endettés le plus souvent à taux variables, comme aux Etats-Unis ; dans le même temps, la Banque centrale européenne n’a baissé son taux que d’un cinquième, de 4,75 à 3,75%. Sa contrainte a été la divergence persistante des économies : fort rattrapage des économies en retard des pays de la périphérie (Espagne, Irlande, Grèce, Portugal) avec inflation forte, et lourde stagnation des économies engluées dans un modèle obsolète (Allemagne, France, Italie) avec inflation faible et comportements de récession. Une monnaie indépendante donne plus d’inflation et plus de fragilité à l’économie, mais permet une politique dotée de tous ses instruments : monnaie, budget, change. La solidarité européenne a un prix. La solution est peut-être dans l’approfondissement de la zone euro, avec une politique budgétaire plus convergente et un budget commun plus consistant.

Conso_prive_et_emploi_zone_euro

2/ Le taux de chômage anglais a baissé de façon continue, de 5,1% en 2001 à 4,7% en 2004, tandis que celui de la zone euro a augmenté de façon tout aussi continue, de 7,9% en 2001 à 8,9% en 2004 (9,6% pour la France). Des emplois privés ont été créés en Angleterre alors qu’ils stagnent en France, la diminution du chômage ne provenant, selon l’INSEE, que de « l’augmentation du nombre de bénéficiaires d’un contrat d’aide à l’emploi non marchand » comme de la stabilisation des demandeurs sur un an. Notre exceptionnelle incapacité française à créer un environnement favorable à l’emploi est constante : est-ce dû à l’interventionnisme jacobin qui alimente une persistance incertitude ? Au poids trop lourd du secteur public dans la mentalité nationale, syndicale, intellectuelle, suscitant une façon de penser plus « théologique » que pragmatique ? A la formation scolaire inadaptée au monde économique, que ce soit l’apprentissage ou l’université ? A autre chose ?

3/ La dynamique des salaires a été plus favorable au Royaume-Uni en raison du plus faible chômage : là où il y a de la croissance, il y a des bénéfices, donc de la distribution possible ; là où il y a surtout emplois aidés et fonction publique prépondérante, il y a peu de bénéfices venus de l’extérieur (mais des bénéfices collectifs, utiles, qui doivent cependant être financés par les productions vendues à l’extérieur). La distribution salariale en Angleterre est négociée par des syndicats puissants et responsables, qui n’ont pas la volonté affichée de changer totalement la société à chaque réunion (tout le contraire de chez nous, où ils sont faibles, divisés et radicaux, laissant donc seul le salarié face au patron - sauf face à l’Etat où joue à plein le lobbying des statutaires). En France, les baisses d’impôts ont joué, mais c’est surtout « la décélération des prix qui emmène l’accélération modérée mais régulière du pouvoir d’achat du revenu disponible des ménages : il a augmenté de 1,8% en 2005 après 1,6% en 2004 », selon l’INSEE. Uniquement du négatif : on gagne de l’argent parce qu’on en perd moins, pas parce qu’on le produit. Rien à distribuer, seulement à « re »distribuer, sûr que ça aide le pacte social...

Eco_compare_euro_zone

4/ La vigueur de dépense des ménages anglais a soutenu la production de services domestiques, ce qui explique « l’essentiel de l’écart de croissance » avec la zone euro, car l’écart industriel n’est que de 0,4%. Soumis à une même mondialisation, important le pétrole, les mêmes produits électroniques et d’habillement, ayant donc un commerce extérieur en déficit tout comme nous, les Anglais ont mieux tiré parti de la conjoncture en renforçant ce qu’ils savaient faire, et en le faisant chez eux. La France exporte peu de services et ses exportations de produits manufacturés n’ont cru que de 2,3% (aidées en plus par une petite dépréciation de l’euro), alors que la demande mondiale a cru du double (5,5% ). L’effritement des parts de marché est particulièrement net dans l’industrie automobile et les biens intermédiaires (peu d’innovation collant à la demande, un service après-vente qui laisse à désirer). Les entreprises françaises, étant donné les blocages de la société, hésitent à investir comme à embaucher sur le territoire national ; les meilleures vont produire ailleurs, les autres font des efforts encore plus grands de productivité pour supporter la concurrence des produits étrangers, mais pas d’efforts de capacités, dit l’INSEE. Quant aux services, longtemps délaissés au profit d’une vision productiviste de la société (où se rejoignaient ingénieurs de terrain et intellectuels marxistes), ils sont si émiettés qu’ils doivent se regrouper. Or toute fusion se fait dans un premier temps au détriment de l’emploi : les banques en sont le meilleur exemple.

5/ Contrairement aux anglaises, nos PMI se découragent rien qu’à l’idée d’exporter : « Avec nos charges et les 35 heures, vous n’y pensez pas ! ». Il s’agit d’un effet plus psychologique que réel, mais la psychologie est primordiale dans la confiance que nécessite tout investissement : il serait temps que les technocrates qui nous gouvernent, inventeurs d’usines à gaz telles les 6 SMIC et les 30 contrats de travail différents, s’en rendent compte. Etablir la confiance, cela veut dire arrêter l’activisme des non-concernés, économiquement peu formés ou technocrates-qui-savent-tout-mieux-que-tous.

Pour que la société soit en forme, laissez-la respirer, tel est peut-être le secret des Anglais.


Moyenne des avis sur cet article :  2.55/5   (253 votes)




Réagissez à l'article

104 réactions à cet article    


  • Clém (---.---.89.19) 30 mars 2006 13:37

    Ah, la croissance... si chère à nos amis économistes... Quelle connerie ! Miser l’avenir de nos populations sur une croissance alors que la planète ne supportera pas longtemps le dépouillement qu’on lui inflige... A croire que toutes ces études ne prennent jamais en compte les ressources ! Arrêtons de faire des calculs sur les € et autres $ Calculons notre croissance en fonction des ressources énergétiques, miniaires...


    • argoul (---.---.18.97) 30 mars 2006 13:49

      Ben oui la croissance. Ca peut se faire sans ressources plus grandes vous savez, ça fait un demi siècle qu’on le fait, les moteurs consomment moins, il faut moins de pétrole pour le plastique, etc. A vous entendre, revenons au moyen-âge, chacun dans son petit coin à élever ses petites chèvres. Je ne crois pas que les chômeurs, les étudiants qui cherchent un boulot et les exclus des banlieues entendent votre discours. Vous savez au moins qu’ils existent ?


    • argoul (---.---.18.97) 30 mars 2006 13:53

      Oui, bien sûr, mais c’est bien la plus forte croissance qui compte dans le cas anglais : le double de chez nous ! Partager le gâteau en plus de parts est bien démographique, mais avoir un gâteau plus gros ne l’est pas. Nous ne savons pas produire un plus gros gâteau en France. Mon hypothèse est que la mentalité, due au poids du secteur public dans les représentations du monde, bloque largement l’initiative en France. Pourquoi s’en faire puisqu’on va être « aidé » ? Pourquoi chercher à être meilleur quand il y a des concours de fonctionnaires ? Pourquoi avoir de l’initiative ou de l’originalité puisque dans les concours de la fonction publique c’est la docilité et l’ingurgitation des cours qui compte ?


    • Clém (---.---.89.19) 30 mars 2006 14:12

      Je ne dis pas que le progrès ne peut pas apporter quelque chose, je ne suis pas un de ces écolos qui veulent retourner élever des brebis dans leur ferme (Bien que je respecte ce choix). Seulement, j’en ai marre de ces études qui ne reflètent que la croissance économique des pays. C’est une vrai plait pour l’humanité.

      Prenez par exemple le PIB, valeur bien connu des études économiques. On se gargarise de sa croissance. Mais si l’on prend d’autre mesure (Malheureusement pas normalisée) sur la qualité de vie de la population, celle ci ne font que décroitre depuis les années 60 dans les pays occidentaux. Je terminerais par une citation de l’OCDE : « En résumé, les mesures de la croissance économique restent cruciales pour toute évaluation du bien-être, mais il faut les compléter par des mesures des autres dimensions du bien-être. Il reste à savoir comment intégrer de façon optimale ces différentes mesures. Une solution consiste à prendre comme point de départ les mesures des ressources économiques, puis à introduire une série de correctifs pour tenir compte d’autres aspects, mais on ne dispose pas encore de normes internationales pour évaluer ces divers facteurs non marchands. Une autre solution est d’utiliser différents indicateurs non monétaires en complément des mesures des ressources économiques. Même si un cadre conceptuel et statistique cohérent leur fait encore défaut, ces indicateurs fournissent des informations pertinentes pour l’évaluation du bien-être. »


    • Redj (---.---.125.36) 30 mars 2006 21:42

      Le problème du gateau plus gros c’est qu’il est plus gros à une seule condition, c’est que celui du voisin soit plus petit ! Et oui c’est ca la croissance a tout prix : on est compétitif donc on prend des parts de marcher aux autres donc on a une belle économie...Beau raisonnement...un peu limité certe mais c’est quand même un beau raisonnement d’égoiste !

      Pour l’effet psychologique en économie je suis entièrement d’accord !


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 2 avril 2006 10:14

      Il s’agit en Angleterre essentiellement de la croissance des services, moins consommateurs de ressources matérielles.

      Tourt dépend donc de la « qualité » et du type de la croissance


    • leif (---.---.18.97) 30 mars 2006 13:46

      Si je vous comprends bien, les Anglais vont mieux parce qu’ils ont une politique économique plus cohérente, encouragent l’emploi plutôt que le statut et se cantonnent à ce qu’ils savent faire tout en le faisant chez eux. Alors comme ils ont un gâteau plus gros, ils peuvent le partager en donnant plus à chacun, ce qui favorise la consommation et le cercle se boucle. Pas mal ! Les taux, c’est sûr, c’est une aide aux pays les moins avancés de la zone euro, une solidarité. L’industrie est plus forte en France donc la concurrence et les délocalisations plus importantes, ça joue. Le poids du secteur public est non seulement en termes de budget en France (des prélèvements obligatoires plus gros) mais aussi en termes de blocages politiques (le lobby des profs, des transports, etc) et il contraint les marges de manoeuvre - en contrepartie, il ne marche pas si mal même s’il coûte cher, mieux que les transports anglais (sauf les ports). En bref, je crois que vous mettez le doigt là où il faut sur la fin. La France n’est pas l’Angleterre, mais la psychologie joue pareil. Les entrepreneurs, en France, sont découragés : embaucher, exporter, se démener, qu’est-ce que ça leur rapporte, sion des ennuis ? Des impôts en plus, des taxes parafiscales sans nombre, des règlements dans tous les coins à respecter, des travailleurs jamais assez payés parce que quand vous donnez 100 en Angleterre, le salarié touche 80, en France il touche 40, tout le reste va aux taxes patronales et à l’Etat. La croissance, l’emploi, c’est surtout de la psychologie au fond. merci de nous avoir dit ça. On peut avoir des modèles différents mais avoir envie, c’est ce qui compte ! Et là, en France, on est bien fatigué...


      • argoul (---.---.18.97) 30 mars 2006 13:59

        Oui cher Leif, la psychologie est primordiale dans l’économie ! Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas « le capital » ou « les matières premières » qui comptent le plus, elle ne sont que des moyens, c’est l’envie de se risquer qui importe. Et pas de risques sans confiance : confiance du banquier qui va vous prêter, ou du marché à qui vous allez faire appel avec vos actions ou vos obligations, confiance des fournisseurs qui vont vous livrer de la marchandise que vous transformerez, confiance envers vos salariés que vous embauchez, confiance envers l’Etat qui, s’il change les règles fiscales, ou d’embauche, ou de crédit, va vous obliger à tout revoir et à tout recalculer, confiance des étrangers envers vos livraisons... Tout est confiance en économie. Pas d’échanges sans confiance. Sinon, c’est le Plan venu d’en haut, le rationnement d’Etat, ou encore l’autarcie, chacun chez soi dans sa ferme.


      • Hikaru (---.---.194.249) 30 mars 2006 14:21

        Il ne manque à ce joli tableau que la confiance du salarié qui ne sera pas précipité dans la pauvreté si vous n’avez plus besoin de lui demain. Confiance qui lui permettra d’essayer de se rendre utile plutôt qu’indélogeable. Là-dessus non plus on n’est pas très bon ces temps-ci.


      • nemesis (---.---.9.103) 31 mai 2006 23:04

        Les francais ont un handicap de poids , une classe politique qui ne rêve que de créer de nouvelles taxes, et ce meme à droite de l’échiquier politique ... ainsi Chirac propose un taxe sur les billets d’avion ... et son copain Alain Lamassoure vient de proposer de créer une taxe sur les email et les sms pour financer l’europe ...

        voir ci dessous :

        http://today.reuters.co.uk/news/newsArticle.aspx?type=internetNews&storyID=2006-05-26T121239Z_01_L26740888_RTRIDST_0_OUKIN-UK-TELECOMS-EU-FUNDING.XML

        si Les shadocks pompaient, pompaient ... nos elues eux ne savent que taxer ...

        Tous cela pour financer quoi ?

        les fraudes massives comme l’encouragement de la culture de cannes à sucre en Croatie ...

        Alors que c’est une plante qui ne pousse que dans les pays tropicaux ...

        quand on vous dit que l’europe est une république bananière !

        ---- Voir l’article ci dessous ----

        http://www.kc3.co.uk/ dt/eu_fraud.htm

        Fraud against the European Union totaling more than half a billion pounds have been uncovered in the past year, according to official figures obtained by The Times, which show that fraud is far more widespread than had been thought. The number of suspected cases has risen by nearly a fifth in just one year to 3,440, with fraud being discovered in almost all the institutions of the EU and all its funding programmes. In the last financial year alone, 252 cases of fraud were proven, leading to 230 cases being sent to court. Filing false expenses, claiming for work that has not been done, evading customs duties, misappropriating funds and padded contracts to outside suppliers have all been uncovered. One case involved claiming support for Croatia ’s sugar cane industry, despite the fact that sugar cane grows only in tropical climates. (EU Weekly News - C Mobray 30/11/03 )


      • éric (---.---.166.26) 30 mars 2006 13:49

        Attention, quand on parle de chômage, il ne faut pas négliger la variable démographique. D’ailleurs, en France, cette année, la population en âge de travailler croîtra 4 fois moins vite que précédement. De quoi donner raison à notre gouvernement qui prévoit une baisse du chômage. Une façon de justifier après coup une politique qui bénéficie de la variable démographique.


        • (---.---.10.188) 30 mars 2006 14:02

          Economie : pourquoi les Anglais réussissent-ils mieux que nous ?

          Pourquoi toujours serinner des contrevérités ?

          - En 2005, résultats UK catastrophiques (PIB < 2%)
          - Chômage UK ne tient pas compte des personnes inaptes au travail (2,7 millions de personnes)
          - Déficit du CE abyssal (95 milliards euros)
          - Infrastructures publiques dégradées (d’après OCDE)

          Le « miracle » UK tient plus à 20 ans d’excédent de production pétrolière qu’à l’orientation libérale de son économie. Maintenant que le pays devient importeur net de pétrole, son économie bat de l’aile.


          • (---.---.133.11) 30 mars 2006 14:05

            Tu as oublié le déficit budgétaire > 3 %


          • argoul (---.---.18.97) 30 mars 2006 14:11

            Pourquoi « contrevérités » ? Allez donc sur le site de l’INSEE au lieu de dire des âneries : http://www.insee.fr/ Serait-ce que ces FAITS établis conterdisent vos préjugés ? Creusez donc la question avec des arguments étayés, au lieu de proférer des insultes à ceux qui n’ont pas les mêmes idées toutes faites que vous !


          • argoul (---.---.18.97) 30 mars 2006 14:12

            Parce que notre déficit budgétaire serait meilleur que celui des Anglais ?


          • (---.---.128.240) 31 mars 2006 15:28

            Ben oui (2,9%)


          • machinchose (---.---.129.40) 30 mars 2006 14:17

            en tout cas notre chomage réel est équivalent.

            pourquoi les français veulent ils toujours avoir honte ??


            • Hikaru (---.---.194.249) 30 mars 2006 14:33

              Que les Français en général tiennent à avoir honte, cela reste à prouver. Une énorme majorité des éditorialistes veulent leur donner honte, pour les convaincre qu’il est urgent d’adopter une politique thatcherienne qualifiée de « réformes indispensables ».

              Personnellement, je trouve cela très malsain. La honte de soi était un des éléments de la montée du fascisme avant la dernière guerre, ce n’est une pas une très bonne idée de pousser les Français à s’auto-détester.

              Cela dit, le présent article n’est peut-être pas un très bon exemple de cette évolution inquiétante - par rapport à un édito du Monde ou du Point, au moins il est argumenté et posé, contient des informations et non uniquement des invectives, et en plus ici il y a une place pour la discussion.


            • machinchose (---.---.129.40) 30 mars 2006 19:08

              je parlais en effet évidemment de l’image que l’on se donne (donc des médias) et agoravox est à ce propos terriblemetn révélateur !

              partout des articles pour dire un mépris du peuple français (inreformable, ingouvernable etc.)


            • Copas (---.---.248.175) 30 mars 2006 19:23

              On a le droit ici comme ailleurs au discours de haine sociale ultra-liberaux qui cherchent des recettes à importer, dont toutes ont particularité de frapper les moins prospères de nos concitoyens et d’encenser ce qui enrichit ceux qui le sont déjà trop.

              Rien de neuf ici. Mais au moins il existe des petites musiques autres qui ont droit de citer.


            • a 2 balles (---.---.117.250) 30 mars 2006 14:51

              IP:xxx.x23.10.188, pourquoi toujours nier la réalité ?

              * en 2005, résultats français < résultat anglais * en france aussi on « oublie » beaucoup de monde, les RMIstes, etc. Le total des oubliés est sensiblement le même, et le différentiel de chômage reste significatif * en france aussi on a un déficit du CE qui se creuse à toute allure, mais sans l’excuse de la croissance (qui se paye toujours sur le plan du CE) * infrastructures dégradées, ça c’est vrai, mais finalement quelle importance ?

              * L’effet du pétrole britannique est réel, mais la France a bénéficié d’un effet similaire grace à son parc nucléaire (seul cocorico recevable : ce parc, il n’attendait pas qu’on le trouve au fond de la mer, il a été délibérément construit). Sans parler de la PAC, qui pemettait à la France d’avoir l’Europe gratis, alors que le Royaume-Uni payait (même après le fameux « chèque »).

              Ajoutons qu’au milieu des années 70 on se moquait du Royaume Uni en en parlant comme le seul pays en voie de sous-developpement, avec la fin de toutes ses industries et le transfert vers les USA de la finance mondiale.

              Ceci pour dire d’où ce pays revient...


              • (---.---.9.223) 30 mars 2006 15:58

                « Ajoutons qu’au milieu des années 70 on se moquait du Royaume Uni en en parlant comme le seul pays en voie de sous-developpement, »

                Ce qui confirmerait que le développement de l’Angleterre serait bien dû à la découverte du pétrole en mer du nord, découverte qui comme par hasard est intervenue à ce moment là.

                Il faut également ajouter qu’après la France, l’Angleterre est le pays le mieux équipé en centrales nucléaires car, justement avant les années 70, elle n’avait pas de pétrole.


              • Copas (---.---.248.175) 30 mars 2006 19:03

                « .../....L’effet du pétrole britannique est réel, mais la France a bénéficié d’un effet similaire grace à son parc nucléaire.../.... » Propos farfelu . Il n’y a aucune comparaison possible entre les deux . D’un côté un effort, un investissement puissant pour arriver à un parc nucléaire (dont on peut penser ce qu’on veut par ailleurs ) De l’autre, du pétrole sous les pieds (pardon, sous la mer)...

                Ce n’est ni Blair, ni Major , ni Tatcher qui ont été mettre le pétrole sous les eaux territoriales de la Grande-Bretagne !

                Comparer les deux part d’un raisonnement puissemment décevant. D’un côté le hasard et la « chance », de l’autre l’effort et l’investissement. Même en faisant une parenthese sur le cocorico, la comparaison est pitoyable.

                « .../... Sans parler de la PAC, qui pemettait à la France d’avoir l’Europe gratis, alors que le Royaume-Uni payait (même après le fameux »chèque« ).../... »

                Là oui on peut faire le décompte mais le differentiel entre les fonds européens et ceux avancés par la France dans l’UE est tout à fait ridicule comparé à la rente pétrolière britannique en fin de parcours.

                Il faut egalement ajouter la place financière de Londres, sa puissance, qui n’ont pas été créés par Blair, Tatcher et Major...


              • a 2 balles (---.---.117.250) 30 mars 2006 20:34

                OK, d’accord, moi je me souviens d’avoir lu un travail sérieux d’économiste (promis, si je le retrouve je vous le cite), vous vous croyez que c’est un pur effet « pétrole ». Croyance contre souvenir, on ne va pas aller loin, brisons là. (Simplement, il ne faudra pas oublier d’être cohérent et rire bien grassement de la social-démocratie norvégienne, encore plus dépendante du pétrole...) Le test, c’est que la mer du Nord c’est fini. Donc, on saura dans 10 ou 15 ans... évidememnt, c’est un peu tard, mais si vous avez de la mémoire ça peut servir.

                La place financière de londres, elle existait depuis longtemps, elle n’a pas empéché le déclin, elle ne peut pas suffire à expliquer le rebond.

                Sur le nucléaire anglais, lisez plutôt, au lieu d’affirmer qu’il est comparable à celui de la France. Lisez ça, par exemple http://www.industrie.gouv.fr/energie/nucleair/epr_1_1.htm Le parc nucléaire français c’est environ la moitié du parc total en Europe, et 5 fois celui du Royaume-Uni... OK, c’était un investissement, mais un investissement tellement rentable (cocorico !) que c’est devenu une rente, très comparable à la rente pétrolière.


              • lool (---.---.192.187) 30 mars 2006 22:09

                Pour la PAC, il me semble que la France (tout confodu) est un des rares pays (avec de mémoire l’Allemagne, les Pays Bas et sans doute la Suède + un ou deux autre) qui ont un solde négatif vis à vis de l’UE... et donc qui donne plus à l’Union que ce qu’ils reçoivent de l’Union...

                Même si ce solde est assez faible (quelques millions d’euros sans doute), si on fait le compte, la France paye sa PAC !!! Et ne reçoit pas d’argent des autres pays (ni de l’Allemagne, ni de l’Angleterre)...

                « La contribution de chaque pays est fonction de la richesse et de la taille du pays. Pour 2006, les plus gros contributeurs au budget de l’UE sont l’Allemagne, dont la contribution doit s’élever à 20,56% du budget 2006, la France avec 16,43%, l’Italie avec 13,70% et le Royaume-Uni avec 12,36%. »

                Pour ce qui est du chèque de l’Angleterre (5.6 milliards d’euros cette année) il est payé par les autres pays (sauf Allemagne Pays Bas, Autriche et Suède) et le plus gros contributeur de ce chèque est... le pays déclinant qu’est France qui offre 1.6 milliards d’euros cette année à la puissante économie Anglaise.

                Par contre ton commentaire : « infrastructures dégradées, ça c’est vrai, mais finalement quelle importance ? » Me laisse vraiment pantois... c’est tout simplement catastrophique pour le dévelopement futur et la puissance économique d’un pays... c’est le tissu économique de base !

                Lool


              • (---.---.7.112) 31 mars 2006 09:37

                « infrastructures dégradées, ça c’est vrai, mais finalement quelle importance ? »

                En fait, discours typique des néo-libéraux, dont l’horizon se limite à des BP de 3 ans.

                Sauf, qu’en l’occurrence, un Etat ne se gère pas comme une entreprise. L’optimisation du cash flow ne doit pas être pour un gouvernement l’objectif n° 1.


              • (---.---.66.24) 30 mars 2006 14:53

                « parce que quand vous donnez 100 en Angleterre, le salarié touche 80, en France il touche 40 »

                Mon Dieu les préjugés ont la vie dure ! Pour avoir travailler en Angleterre je peux dire que c’est très loin d’être le cas. Mon salaire était peut être plus élevés, je payais aussi 500 euros par mois de train, un loyer exorbitant sans parler du reste (council tax, nourriture...).Je travaille maintenant en Espagne avec un salaire 2 fois moins élevé et je m’en sort mieux... Question impôt, les impôts en france sont peut plus élevés, les transport et l’énergie sont moins cher et bien plus sur (blackout à Londre il y a 2 ou 3 ans) et cela grâce aux impôts... Ce serais peut être intéressant de mettre sa dans la balance, et voir si globalement les entreprises et particuliers y gagnent ou non. Avant que tous cela ne soit privatise la France était intéressante pour certaines industries. Enfin, niveau croissance, les Anglais ont une meilleure croissance que nous, ils ont aussi un des taux d’endettement des ménages les plus importants d’Europe (comme les US si je ne me trompe pas), ce qui revient a entretenir la croissance avec de l’argent que l’on ne possède pas. Je ne suis pas sur qu’ils y gagnent a long terme.


                • Fred (---.---.155.75) 30 mars 2006 15:18

                  le Royaume-Unis ce n’est pas Londres uniquement comme la France ne se resume pas a Paris.


                • (---.---.66.24) 30 mars 2006 16:19

                  Je n’ai jamais travaille a Londre... Meme si la situation est pire a Londre, elle reste la meme partout en Angleterre. Je ne critique pas l’angleterre mais je me mefie des comparaison et des qui est mieux que quoi. Tout depend de ce que l’on compare : Soins : France, chomage : UK, pouvoir d’achat je pense France etc, cela me semble un peu sterile. Oui j’ai apprecie le fait de pouvoir dire merde a mon patron en sachant qu’il ne me faudra pas un moi pour retrouver du boulot (l’avantage d’une bonne qualification), j’ai aussi vu des vieux etre superviseur d’escalier electrique a Tesco ou pousser leur chariot dans le train a longueur de journee pour arriver a vendre 2 beignets.


                • argoul (---.---.18.97) 30 mars 2006 18:21

                  Quand je disais 100, 80, 40, je parlais des prélèvements obligatoires et à la source, sur la fiche de paye, pas de l’ensemble des impôts. Il s’agit de dépenses obligatoires sur lesquelles le salarié n’a aucun contrôle ni aucun choix. L’impôt sur le revenu est calculé de telle façon que 90% de son rendement est payé par 20% des Français qui déclarent, on le sait, il est trop vite progressif avec un seuil trop élevé. A l’inverse, la CSG est unique et total, prélevé sans douleur, à la source, sur tout revenu quel qu’il soit (un peu comme la TVA) ; ne parlons même pas de la TIPP qui compose 70% du prix du litre d’essence. Seuls les impôts sur les bénéfices des entreprises et les prélèvements sur la dette de l’Etat (obligations) et sur les actions (très peu de Français ont des actions) sont dans les normes des pays voisins européens. Il n’y a pas globalement « plus » d’impôts, mais il est très mal réparti, incompréhensible (près de 400 exceptions pour l’impôt sur le revenu) donc très cher à collecter. Vous saviez que la CSG dépasse désormais l’IR ? (source : Documentation Française)


                • Copas (---.---.248.175) 30 mars 2006 19:09

                  Le 1er impôt est bien la TVA, de loin, et celle-ci est acquitée par tout le monde.

                  L’image d’épinal indiquant qu’une forte proportion de gens ne paye pas d’impots est donc à nouveau une fantaisie argumentaire.


                • (---.---.2.20) 30 mars 2006 15:08

                  J’ajouterais que le chomage est peut etre plus important en france qu’en angleterre, mais ce n’est pas le cas de la pauvrete. Le taux de pauvrete est de 17% au Royaume-Uni, contre 6.5% en France. Moi je prefere ne pas avoir de travail et pouvoir manger que travailler mais ne pas gagner assez pour vivre... A mediter...


                  • Fred (---.---.155.75) 30 mars 2006 15:20

                    Comme avec le chomage, il faut faire attention a la definition de la pauvrete qui est souvent en dessous de 50% du salaire median, ca ne prend pas en compte le pouvoir d’achat dans le pays.


                  • dscheffes (---.---.28.175) 30 mars 2006 15:54

                    et combien d’anglais vivent en dessous du seuil de pauvreté ?

                    et combien d’autres encore cumulent 2 ou 3 jobs pour (péniblement) joindre les deux bouts ?


                    • Fred (---.---.155.75) 30 mars 2006 16:04

                      Apparement vous semblez connaitre ces statistiques donc peut etre pourriez vous nous les donner.


                    • argoul (---.---.18.97) 30 mars 2006 18:24

                      C’est un air connu : hors de France point de salut ! Les Anglais meurent de faim dans les rues, les mendiants sont plus nombreux qu’à Paris, les chômeurs font la queue aux soupes populaires et seuls les gras capitalistes de la City exploitent les pauvres travailleurs réduits à survivre avec rien. Dites, vous êtes un jour sortis de l’Hexagone ? Si la France était la paradis que vous suggérez, pourquoi donc les banlieues et les étudiants sont-ils en guerre civile ? Je ne crois pas que ça se passe comme ça chez Tony Blair.


                    • machinchose (---.---.129.40) 30 mars 2006 19:06

                      MAIS C’EST L’AUTRE AIR QUI EST CONNU ! PERSONNE NE VOUS DIT « HORS DE LA FRANCE POINT DE SALUT’ on vous demande juste d’arrêter de nous bassiner avec »la france est nulle c’est tellement mieux ailleurs" quand on vous démontre que ce n’est pas vrai ! ce qui ne signifie pas qu’on pense qu’ici c’est mieux !

                      c’est épuisant au bout d’un moment !

                      agoravox est rempli d’articles qui disent : vive l’angleterre ! les français sont des cons ! impossible de réformer en france ! pourquoi c’est plus chouette ailleurs !

                      et vous nous dites que l’air connu c’est « la france c’est le paradis ??? »


                    • Copas (---.---.248.175) 30 mars 2006 19:18

                      Des émeutes ont secoués à intervalles réguliers le grand Londres, ....

                      Pareil, il ne faut pas simplifier.

                      La vérité me semble être que les deux sociétés se ressemblent beaucoup et qu’on cherche, pour des raisons idéologiques, à promouvoir un soit-disant modèle anglais contre un soit-disant modèle français.


                    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 31 mars 2006 00:33

                      Argoul, vous balayez les objections en renvoyant à la face de vos contradicteurs des « et c’est mieux en france peut-être ? » puérils. Récemment, lors d’un débat sur France 2, Martine Aubry avait parlé de la pauvreté au Royaume-uni et ça me trottait dans la tête en lisant votre papier. Je vois que d’autres abordent ce point dans leurs commentaires. Alors j’ai fait des recherches à ce sujet pour être rigoureux dans ma critique. Voici quelques éléments qui me font récuser la valeur de modèle du Royaume-Uni.

                      AFP - mercredi 28 mars 2001 LONDRES (AFP) - Environ 500.000 enfants britanniques scolarisés travaillent illégalement, selon une étude publiée mercredi par la principale organisation syndicale du pays, le Trade Union Congress.

                      Différentes études ont évalué à environ 2 millions le nombre total des enfants occupant un emploi occasionnel en Grande-Bretagne, où l’âge limite pour commencer à travailler est de 13 ans. Déjà régulièrement pointée du doigt par Bruxelles, qui a introduit une directive européenne limitant et encadrant le travail des enfants, la Grande-Bretagne n’a guère enregistré d’améliorations en la matière depuis la dernière grande enquête du syndicat réalisée il y a quatre ans.

                      Parmi les enfants scolarisés qui travaillent, un tiers ont 13 ans et travaillent illégalement. La plupart des 2.500 enfants interrogés par le syndicat travaillent en effet plus que le nombre d’heures autorisées, qui est de 12 heures par semaine au maximum en période scolaire.

                      Cette enquête révèle qu’un enfant sur dix reconnaît manquer l’école pour travailler. Près de la moitié travaillent après 20H00 et un sur quatre avant 06H00 du matin, alors que la législation européenne interdit aux enfants de moins de 16 ans de travailler avant 07H00 du matin et après 19H00.

                      Le Monde - 20.11.02 - Londres de notre correspondant

                      Charles Dickens, s’il vivait aujourd’hui, aurait encore de quoi nourrir sa veine littéraire. Il trouverait matière à s’indigner dans le plus inattendu des résultats d’une enquête remise au maire de Londres, mardi 19 novembre, à la veille de la Journée internationale des droits de l’enfant : 53 % des enfants de la capitale britannique vivent sous le seuil de pauvreté. Ainsi, la plus riche, la plus opulente, la plus dispendieuse des capitales européennes abrite en son sein, à côté de ses nombreux millionnaires - en livres sterling -, plus de 300 000 enfants officiellement « pauvres ».

                      Alternatives économiques, janvier 2006 : (...) En 2002, comme on ne disposait alors que des chiffres de 1998 pour le taux de pauvreté, alors que le score de pauvreté de 2001 était déjà connu, certains ont accolé les deux mesures, ce qui a donné : sous Jospin, la pauvreté est passée de 6,9 % (niveau du seuil de pauvreté à 50 % en 1997) à 11,6 % (niveau du score de pauvreté en 2001), contribuant à provoquer l’effet électoral que l’on connaît. Si l’on prend le seuil de pauvreté à 60 %, qui est le seuil utilisé au niveau européen, la France, avec ses 12 % (chiffre provisoire pour 2003) se situait au... troisième rang de l’Union européenne à 15, à égalité avec le Danemark et les Pays-Bas, seules la Suède et la Finlande faisaient mieux, avec 11 %. Quant au Royaume-Uni, avec 18 %, il se situait loin derrière.

                      Dans Société civile, le mensuel du lobby anti-Etat, Bernard Zimmern avance, graphique à l’appui, que « les Anglais créent 300 000 emplois de plus [que la France] par an. (...) Les Anglais ont créé plus de 6 millions d’emplois en vingt ans (...). Le nombre de personnes employées dans le secteur marchand est [chez eux] de 7 millions supérieur au nôtre : 24,2 millions, contre 16,8 millions. » Trois affirmations erronées. Entre 1982 et 2002 (dates retenues par celui que Le Nouvel Economiste dans son numéro du 8 décembre 2005 qualifie d’ « expert »), le nombre annuel moyen d’emplois créé au Royaume-Uni est de 120 000, contre 137 000 en France, selon les données de la comptabilité nationale des deux pays (source qui compte les personnes et non les postes (2). En vingt ans, le nombre de personnes en emploi a progressé de 2,4 millions au Royaume-Uni et de 2,75 millions en France. L’emploi marchand compte 22,8 millions de postes au Royaume-Uni (Office national des statistiques britannique), contre 18 millions de personnes en France (comptabilité nationale), soit un écart de 4,8 millions. Quant à l’emploi non marchand, il emploie 500 000 personnes de plus au Royaume-Uni qu’en France. On pourrait tout aussi bien affirmer que la productivité du travail britannique dans le secteur marchand est de 30 % plus faible qu’en France (malgré les 35 heures...) et qu’ils emploient plus de monde que nous pour produire encore moins de services dans le secteur non marchand. Bernard Zimmern devrait se délocaliser outre-Manche : les fonctionnaires y sont plus nombreux et moins efficaces. Comme les non-fonctionnaires, d’ailleurs.

                      Et si vous l’accompagniez ?

                      Il y a aussi un papier publié par... Agoravox : L’imposture du modèle britannique

                      Article rédigé par Anthony Meilland

                      Chaque mois, dans les médias, on nous ressort la même rengaine : moins de 5% de chômage au Royaume-Uni et environ 10% en France !!! Voilà de quoi mettre à mal notre modèle social. D’où le sentiment, de plus en plus partagé et propagé, que notre modèle social est moribond, et qu’il faut de grands changements pour sortir la France de son déclin. Or, voilà quelques chiffres qui chantent une tout autre musique...

                      Chaque mois, dans les médias, on nous ressort la même rengaine : moins de 5% de chômage au Royaume-Uni et environ 10% en France ! Voilà de quoi mettre à mal notre modèle social. La croissance aussi est deux fois plus importante chez nos voisins d’outre-Manche !

                      D’où le sentiment de plus en plus partagé et propagé que notre modèle social est moribond, et qu’il faut de grands changements pour sortir la France de son déclin, voire, pour certains, de sa décadence.

                      Or voilà quelques chiffres qui chantent une tout autre musique. Ses chiffres sont extraits des sites Internet de l’OCDE, de l’INSEE et de l’organisation anglaise New Policy Institute.

                      Ne parlons pas chômage, parlons plutôt pauvreté, car un des principaux buts d’une société avancée comme le prétend être la nôtre est l’éradication de la pauvreté. Bien qu’étant un concept complexe, sa définition statistique est assez simple. On commence par calculer le revenu médian après redistribution de ressources (la moitié des habitants gagnent plus, l’autre gagnent moins). Le seuil de pauvreté est alors défini comme un certain pourcentage de ce revenu médian. Deux valeurs sont couramment utilisées : 60% et 50%. On peut parler respectivement de pauvreté et de grande pauvreté. Pour être plus clair, est considérée comme « pauvre » une personne dont le revenu individuel est inférieur à 50% ou 60% du revenu médian. Voilà pour la théorie.

                      Passons à la pratique. Selon l’OCDE, le taux de pauvreté à 50% du revenu médian en 2000 était de 7% en France contre 11,4% au Royaume-Uni. De son côté, l’INSEE relève en France un taux de grande pauvreté de 6,3% et un taux de pauvreté de 12,2% en 2003. Et du côté britannique, le New Policy Institute recense en 2004 environ 8 millions de personnes vivant avec moins de 50% du revenu médian, soit environ 13% de la population britannique, et 12 millions vivant avec moins de 60% de ce revenu, soit environ 23% de la population du pays. Quel que soit le seuil utilisé et quelles ques soient les sources, on arrive donc à la même conclusion : il y a environ deux fois plus de personnes pauvres au Royaume-Uni qu’en France.

                      Le plus douloureux, c’est que les mauvais chiffres de la pauvreté en Grande-Bretagne sont clairement liés au choix d’un nouveau modèle économique et social, lancé par Margaret Thatcher lors de son arrivée au pouvoir en 1979. Les taux de pauvreté et de grande pauvreté étaient alors respectivement de 12% et 5%. Le rideau tombe ici sur le miracle économique britannique ! La pauvreté a doublé en Grande-Bretagne sous l’ère Thatcher, et bien que ses successeurs (John Major et Tony Blair) aient réussi à stopper son augmentation, ils n’ont pas pu faire redescendre ce taux à une valeur comparable à celle qui est observée dans le reste de l’Europe.

                      Que se passait-il en France pendant la même période, me demanderez-vous ? La pauvreté y a reculé, certes modestement, mais régulièrement, sous quasiment tous les gouvernements, passant, selon l’INSEE, de 8,3% en 1979 à 6,3% en 2003 pour la grande pauvreté, soit une baisse d’un quart environ. Quant au taux de pauvreté à 60% du revenu médian, il est passé de 14,3% à 12%, soit une baisse de 16%.

                      Ajoutons un petit bémol à ce tableau « idyllique » de la France, l’INSEE à mesuré en 2003 une augmentation du taux de grande pauvreté de 5% (passage de 6% à 6,3%). Est-ce seulement passager, ou annonciateur de l’adoption du modèle britannique en France ? Attendons les chiffres pour 2004 et 2005 avant de nous prononcer.

                      Le taux de chômage ne serait donc pas un bon indicateur économique, ou tout au moins social, puisque le Royaume-Uni a vu son nombre de pauvres doubler, alors que son taux de chômage était divisé par deux. Comment est-ce possible ? Deux réponses peuvent être proposées :
                      - De nombreux « actifs inactifs » sont exclus du chômage pour faire baisser celui-ci de manière mécanique.
                      - Il existe un Grande-Bretagne un nombre important de travailleurs pauvres.

                      Les chiffres de l’OCDE nous apportent encore la réponse à cette question : ces deux assertions sont vérifiées, et contribuent à expliquer l’écart entre chômage et pauvreté.

                      Commençons par étudier « l’inactivité des actifs » au Royaume-Uni et comparons-la à celle de la France. L’OCDE dispose d’un indicateur intitulé « taux de personnes vivant dans un ménage sans travail alors que le chef de ménage est en âge de travailler », qui mesure exactement ce qui nous intéresse ici. Ce taux est de 10,6% de la population totale en France, contre 12,7% au Royaume-Uni. Etonnant, n’est-ce pas ? Il y aurait donc, semble-t-il, quelques différences dans la façon de mesurer le chômage de chaque côté de la Manche.

                      Mais passons au plus grave maintenant : le cas des travailleurs pauvres. Je n’ai pas trouvé d’indicateur vraiment convaincant pour mesurer directement le taux de travailleurs pauvres dans chaque pays, mais en étudiant la pauvreté par type de ménage, je suis tombé « par hasard » sur quelques chiffres très intéressants. Le taux de pauvreté (à 50% du revenu médian) dans les familles monoparentales sans emploi est d’environ 62% dans les deux pays, mais lorsque le parent travaille, ce taux chute à 9,6% en France contre 20,6% chez nos voisins. De même, le taux de pauvreté chez les couples avec un emploi y est respectivement de 6,3% et 17,6%, avec deux emplois on passe à 1,6% et 3,6%. Il semble bien que le phénomène des travailleurs pauvres soit au moins deux fois plus important au Royaume-Uni.

                      Exclusion d’un certain nombre de personnes du chômage et travailleurs pauvres, voilà, semble-t-il, le vrai visage du modèle britannique. Peut-être devrions-nous un peu moins parler de ses 4% de chômeurs, et un peu plus de ses 20% de pauvres. Et réfléchissions un peu, avant de renoncer à notre modèle social.


                    • machinchose (---.---.129.40) 31 mars 2006 08:14

                      MERCI ! mais je crains qu’on vous réponde quand même que « arrêtez de dire que la france c’est le paradis »...

                      Parce que l’air de rien on se tue à démontrer cet autre point de vue mais de toute évidence, et je ne sais pas pourquoi, certains ne parviennent pas à avoir l’honnêteté nécessaire pour rejetter non pas cet autre modèle au profit du notre mais pour au moins cesser cette insuportable propagande pour un modèle qui n’a pas à en être un plus que les autres. Ses succès sont aussi ses échecs. C’est dur à admettre pour certains mais les paradis de millionaires ne sont toujours pas des succès de société. Une société ça va plus loin que les entrepreneurs préstigieux qui la représentent. Une société c’est un ensemble. et si l’ensemble est un désastre humain le fait qu’il produise trois millionaires de plus par an n’est pas une raison suffisante pour applaudir. (ça devient même indécent à la lumière de ce cout humain, justement)


                    • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 10:01

                      Ce qui est extraordinaire est de voir comment les intellos français font immédiatement de la théologie quand on leur propose un débat simple : dans une même conjoncture, un pays s’en sort mieux que l’autre.

                      1/ dites pourquoi ?

                      2/ expliquez comment la France a fait le choix qui est le sien,

                      3/ est-ce un choix volontairement assumé ou une dérive d’incompétences et de laisser-faire corporatistes de tous bords (patronat qui s’en fout, gouvernement qui ne tient qu’au pouvoir, salariés qui galèrent pour conserver ne serait-ce que leur boulot, lycéens immatures et dopés aux hormones printanières, syndicats minus qui font de la pose théâtrale, enseignants fort de leur « bon droit » et de leur « irresponsabilité » de discours...),

                      4/ comment la France, qui se targue de droits-de-l’homme et de démocratie en arrive à mener au second tour un fasciste notoire, donc à réélire un Président de droite déclarée, puis à geindre comme jamais parce que ce Président applique la politique qui a toujours été la sienne, à savoir surtout ne rien faire et, quand il le fait, passer en force, panache déployé et chevaux au galop.

                      Oui, l’Angleterre fait mieux que nous, Non ce n’est pas la misère là-bas, et nombre de Français y vont pour TRAVAILLER et les Anglais qui viennent en France sont majoritairement retraités et guignent la terre pas chère des anciennes « possessions » de Guyenne et Périgord ; ils se gardent bien de demander à devenir Français.

                      Oui, la réputation de la France (jusqu’à ces derniers jours) est sa qualité de vie. On n’a pas tous les défauts, mon article n’est pas une Bible ni une doctrine mais un questionnement pratique.

                      Mais voilà : au lieu de se dire pourquoi donc les Anglais réussissent mieux que nous dans la même conjoncture, n’y aurait-il pas quelque exemple à suivre dans certains domaines, on en appelle aussitôt au « Môôôdèle Sôôôciallll » rendu aussi intangible que la Bible littérale pour les intégristes évangélistes, comme si la question était de « changer de modèle » (où avez-vous lu ça ?). D’autant que - chacun le sait - ça marche Mêêêrrrvêêêîllllllêuêusement chez nous. J’ai regardé dans un article précédent sur Agoravox le soi-disant « modèle » français, montrant qu’il était non une Bible mais l’oeuvre d’une génération particulière (née durant la guerre de 14) et mené de façon élitaire en raison des circonstances particulières (la reconstruction d’après-guerre). Il n’y a donc pas de « modèle » intangible venu des sicèles reculés comme une Bible Franque écrite une fois pour toute par un Prophète intolérant, mais une façon de CHAQUE génération successive d’aborder le monde auquel elle est confrontée. La nôtre, à vous lire, me paraît mal engagée si c’est « ça » que vous appelez le débat (merci en revanche à ceux qui apportent des arguments et pas des incantations).

                      C’est d’ailleurs curieux cette propension de la Déploration Navrée de beaucoup ici à réagir comme le Néo-Con moyen aux Etats-Unis, à prôner un texte unique et une lecture unique, croyant que la fin du monde étant proche, seule l’obéissance la plus littérale à la Lettre pourra sauver les justes...

                      « Aide-toi, le ciel t’aidera ! » Si le Français regardait au-delà de son nombril, peut-être pourrait-il en tirer expérience ?


                    • machinchose (---.---.129.40) 31 mars 2006 11:03

                      mais argoul vous êtes en plein délire... personne ne dit ce que vous citez... il faut vous reposer un peu relire ce que l’on vous dit, d’autre chiffres et d’autres questions à l’appuis. rien de plus qu’un questionnement.


                    • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 12:54

                      Vous êtes sûr ? Vous avez lu les autres commentaires ? Et n’est-ce pas vous qui avez écrit : « cette insuportable propagande pour un modèle qui n’a pas à en être un plus que les autres. Ses succès sont aussi ses échecs. C’est dur à admettre pour certains mais les paradis de millionaires ne sont toujours pas des succès de société. »

                      Je n’oppose PAS les modèles, je pose des questions sur l’adaptation d’un pays et pas d’un autre. « Propagande », « paradis », ça ne fait pas partie du vocabulaire de la discussion rationnelle argumentée mais ressort de la théologie où l’on oppose une « Bible » (pas au sens littéral, évidemment !!!!) à une autre. C’est curieux comme le SERIEUX, le « pied de la lettre », la LITTERALITE des mots, inhibent toute discussion. C’est de la scholastique médiévale, pas du débat citoyen au 21ème siècle.

                      Nous ne sommes pas dans l’exégèse mais dans le questionnement. Et je constate qu’à accuser l’auteur de « délire » ça vous évite (« naturellement » dirait l’autre) de répondre aux questions.


                    • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 12:57

                      Vous m’amusez avec vos « puérilités ». Je ne nie en rien les arguments, quand vous les présentez. Dois-je vous rappeler, vous qui êtes lecteur d’Agoravox et plus encore, que cet article n’est pas le SEUL que j’ai écrit sur ce site et sur ce sujet. Malheureusement, accusez-en les medias) le format d’une note oblige à ne prendre qu’une seule idée à la fois. Je n’écris pas la Bible totale avec ses Commandements et ses nuances-évidemment à chaque article, vous m’en voyez désolé. Mais les archives, ça existe, vous savez. Ca peut se consulter.


                    • machinchose (---.---.129.40) 31 mars 2006 13:09

                      là j’avoue que vous me fatiguez un peu. relisez votre dernière réponse argumenté qui répond complétement à coté à celui qui vous précédait (je ne parle pas de moi) et vous nous servez quelques imaginaires réplique bêllantes.... en ce sens vous êtes dans l’aveuglement. enfin vous qui nous donnez des leçons de réthorique relisez votre titre ! elle est ou la nuance et on cherche encore l’interrogation ?? donc merci d’avoir un peu d’humour et un peu moins de hauteur, revenez parmis nous et cessez de vous prendre trop au sérieux et tout ira mieux.

                      (à chaque fois que je vois votre avatar je bondis, nous avons au moins un goût commun , vous ne pouvez pas être totalement mauvais -humour).


                    • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 14:06

                      Désolé, le commentaire du dessus n’était pas destiné à vous répondre mais à répondre au très long (et assez argumenté) commentaire citant l’AFP, Le Monde, etc qui commence par « puérilités ». Le problème de la technique est que lorsque vous répondez à un commentaire précis et qu’un autre s’enregistre pendant ce temps, vous êtes décalés. J’ai, ces quelques jours, un peu de temps pour répondre, ce qui fais mon « activivisme » actuel. Mais je constate que les questions principales sont trsè vite délaissées pour des querelles secondaires ou d’étiquettes. N’est-ce pas un moyen d’évitement classique ? Je ne voudrais pas vous blesser ni vous paraître inintéressé (hautain) envers ce que vous dites. Si c’était le cas, je ne répondrais rien, vous vous en doutez.


                    • parkway (---.---.18.161) 31 mars 2006 14:24

                      le modèle social français EXISTAIT avant 1981 :

                      DE 1972 à 1976, j’ai changé 4 fois d’employeurs (4 banques) toujours avec un meilleur salaire étant simple employé : j’avais une automobile, une moto, un apartement, j’allais 3 fois au ciné par semaine et je partais un mois complet en congé ( portugal, crete,ecosse, sardaigne...).

                      Aujourd’hui, nous sommes 2 salaires pour faire vivre 3 personnes : nous payons difficilement notre apartement et nous envisageons de laisser tomber la voiture définitivement.

                      Plus de ciné, plus de vacances...

                      Je ne dis pas vive la france ni vive l’angleterre, je pense que la mondialisation et l’OMC foutent le bordèle au profit de quelques uns !( air connu,hélas !)

                      D’ailleurs la richesse des uns est due à l’appauvrissement des autres : les vases communicants, vous connaissez ?

                      tant que notre société sera régie par les marchands et les financiers, rien ne changera !

                      mais, la terre va à sa perte : la mondialisation = échange maximisé des produits et services = pollution maximisée

                      je me trompe,là ?

                      Alors discuter sur des modèles « riches » qui changent régulièrement, c’est de la foutaise !

                      Moi, j’ai commencé à devenir anti-pollueur : je me suis mis dans une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne). nous y avons des légumes cultivés sainement pas plus chers que ds la grande distribution et on cotoie des gens sympas tout en niquant les intermédiaires.

                      Le culto, lui, est content,il vends des légumes bio et reçoit un petit revenu d’appoint non négligeable et régulier.

                      c’est ma participation à l’environnement ! mêmes les « pauvres » peuvent pratiquer !


                    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 2 avril 2006 10:47

                      Il faudrait pour être rigoureux faire des comparaisons dynamiques, par exemple se demander si et en quoi la politique de Blair à corrigé les effets sociaux de celle qui l’a précédée.

                      Il ne faut pas à se sujet juger d’une politique par simple comparaison statique entre des pays ayant des histoires sociales et politiques différentes. Comparaison n’est pas raison : Une politique n’est évaluable que dans un certain contexte (pré)existant. D’autant que souvent les mêmes indicateurs n’ont pas nécessairement le même sens dans des situations et des traditions différentes(ex : chômage, taux de pauvreté, nombre de fonctionnaires etc..). Question de méthode.

                      Blair a hérité d’une situation sociale extrêmement difficile, ne l’oublions pas..On ne peut pas lui reprocher de n’avoir pas révolutionné l’UK sur le modèle français....

                      Le rasoir philosophique


                    • (---.---.145.6) 30 mars 2006 16:50

                      « La banque d’Angleterre (qui n’a pas rejoint la BCE) a baissé son taux d’un tiers, de 6 à 4%, ce qui a allégé les remboursements des ménages britanniques, endettés le plus souvent à taux variables, comme aux Etats-Unis ; dans le même temps, la Banque centrale européenne n’a baissé son taux que d’un cinquième, de 4,75 à 3,75%. »

                      Pour info le taux de la BCE a été modifié le 1 mars 2006 : il est passé de 2,25 à 2,50.


                      • argoul (---.---.18.97) 30 mars 2006 17:13

                        Je fais référence à l’étude de l’INSEE mars 2006 « Fiches thématiques - International » page 8 encadré « Comparaison des performances économiques Royaume-Uni / zone Euro », de 2001 à mi-2005. Les taux cités sont ceux de l’année de crise 2001, montrant la réactivité anglaise et la lourdeur euro. J’aurais dû le préciser, merci de m’y avoir donné l’occasion.


                      • (---.---.154.25) 30 mars 2006 23:27

                        « La banque d’Angleterre (qui n’a pas rejoint la BCE) a baissé son taux d’un tiers, de 6 à 4%, ce qui a allégé les remboursements des ménages britanniques, endettés le plus souvent à taux variables, comme aux Etats-Unis ; dans le même temps, la Banque centrale européenne n’a baissé son taux que d’un cinquième, de 4,75 à 3,75%. »

                        Aujourd’hui (mars 2006), ces taux se présentent ainsi :
                        - le taux de la BCE (modifié le 1 mars 2006) à 2,50.
                        - le taux « repo rate » de la BoE (dernière modif. le 7 août 2005) à 4,5%

                        Les taux sont donc désormais pratiquement 2 fois plus élevés au RU que dans la zone euro, ce qui relativise le discours souvent entendu comme quoi la BCE maintiendrait des taux trop élevés.


                      • (---.---.7.112) 31 mars 2006 09:46

                        Il semblerait aussi que la BCE, contrairement à ce que soutient l’article, soit ces derniers temps plus réactive que la BoE, qui n’a pas bougé ses taux depuis août 2005.


                      • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 13:08

                        Les taux anglais défendent aussi de la prévision d’inflation anglaise. Et rappelons qu’une monnaie « stable » est une monnaie assise sur plusieurs économies qui se compensent (comme l’euro), ce qui n’est pas le cas de la Livre sterling. Commentaires Société générale fin 2005 : "Dans son dernier Inflation Report, la Banque d’Angleterre évoque bien entendu les prix du pétrole mais revient également une nouvelle fois sur la hausse des prix de gros du gaz au Royaume-Uni. Ces derniers avaient plus que doublé en novembre par suite de températures historiquement basses et de perturbations intervenues sur l’outil de production domestique. La Banque souligne le manque d’arbitrage qui tient notamment, selon elle, à la structure du marché continentaldu gaz. Elle met également en avant le relatif sous-développement des capacités d’importation de gaz, même si des projets d’expansion devraient s’achever pour l’hiver prochain. Enfin, la BoE note que les futures indiquent qu’après un reflux estival habituel, les prix du gaz connaîtraient une nouvelle flambée en fin d’année. Outre l’énergie, la Banque centrale s’inquiète de la montée des tensions inflationnistes tout au long de la chaîne de production et cite notamment : i/ la hausse des coûts salariaux unitaires, en particulier dans l’industrie (hausse de près de 3 % en glissement annuel fin 2005) ; ii/ la hausse rapide des prix facturés entre les entreprises de services (Corporate Service Price Index, CSPI, à +3,8 % sur un an au T4) ; iii/ la forte remontée du prix des importations au cours de l’année écoulée. Remontée qui ne s’explique que partiellement par la hausse du prix des produits énergétiques. Pour le moment, ces hausses n’ont été que partiellement répercutées sur les prix finaux ; mais rien ne garantit que les entreprises continueront à comprimer leurs marges."

                        Les taux sont « gérés » comme tout instrument de politique économique ; il ne s’agit pas d’opposer terme à terme mais de voir « en tendance » COMENT ces taux sont gérés. la Banque centrale Européenne manque d’un pied : la politique budgétaire convergente. C’est cela qui importe, la réactivité et la cohérence, pas le + ou - 1% en nominal à un moment.


                      • Scaton l’africain (---.---.1.1) 30 mars 2006 17:00

                        Simple remarque,

                        Laisser toute une partie de la population en marge du marché du travail en raison de leur apparence n’est ce pas préjudiciable pour la santé de la France ? Tout en sachant que ces même personnes vont pour certaines finalement aller en GB pour faire bénéficier à d’autres ce qu’ils ont appris en france, n’ya t-il pas un pb de retour sur investissement ?

                        Je parle d’une population jeune, éduquée,diplomée et formée et non pas du stéréotype du type qui a arrêté l’école à 15 ans.


                        • Copas (---.---.248.175) 30 mars 2006 19:31

                          « .../...Laisser toute une partie de la population en marge du marché du travail en raison de leur apparence n’est ce pas préjudiciable pour la santé de la France ? Tout en sachant que ces même personnes vont pour certaines finalement aller en GB pour faire bénéficier à d’autres ce qu’ils ont appris en france, n’ya t-il pas un pb de retour sur investissement ?.../... »

                          Problème réel,

                          Mais une petite question :

                          quel est le pays qui attire le plus de jeunes diplomés , la France ou la Grande-Bretagne ? (en proportion evidemment de la population).

                          Nous aurons donc ainsi une précieuse indication sur ce type de polémique où chacun y va de son discours impressioniste.


                        • parkway (---.---.18.161) 30 mars 2006 17:00

                          vous avez oublié de lire l’article sur les retraités anglais ?

                          Ils semblent que ce soient eux qui aient payé et qui vont continuer de payer la « bonne économie anglaise » ;

                          Allez vivre en angleterre et faites pas chier le monde avec votre démagogie et vos données incomplètes qui forgent des opinions et des contre-vérités !

                          Quel intérêt avez-vous à raconter ça ?

                          Dîtes franchement que vous allez voter pour les politiques de merde qui nous gouvernet depuis 40 ans, comme ça ce sera clair !


                          • argoul (---.---.18.97) 30 mars 2006 18:27

                            Je ne sais pas à qui votre aigreur s’adresse mais croyez-vous que (si vous travaillez) les cotisations retraites que vous versez aujourd’hui vont vous être reversées dans 20 ou 30 ans ? Rien que la démographie montre qu’au lieu d1 actif pour 1 retraité aujourd’hui, on aura 2 puis 3 retraités pour un seul actif. Vous payez aujourd’hui pour les gens d’aujourd’hui en retraite, la suite... vous verrez bien.


                          • Copas (---.---.248.175) 30 mars 2006 19:24

                            On fait + de gosses qu’ailleurs en Europe....


                          • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 14:10

                            Très vrai, mais ils ne suffiront pas. La génération du bay boom qui arrive en retraite est très grosse. De plus, quelles sont les cotisations qui vont résulter des CDD, stages et autres CPE (s’il existe) tout comme des préretraites et CDD fin de carrière ? Si on commence à travailler vraiment à 30 ans pour finir à 49 et demi, les cotisations seront vraiment très faibles, ne croyez-vous pas ? Qui va payer ? le budget général ? Pris sur qui ? Ce sont des questions intéressantes que vous soulevez.


                          • Copas (---.---.232.162) 1er avril 2006 10:58

                            Vous posez mal le problème :

                            La question se pose en production de richesses et partage de ces dernières.

                            Par contre il est exact que si la part des travailleurs et des retraités baisse dans ce calcul ça sera très mauvais pour ces deux catégories.

                            On peut calculer les choses comme on veut. Et la Grande-Bretagne est un formidable échec pour les personnes âgées originaires des couches populaires de sa société. Une situation indigne y existe qui necessité rectification de nos amis anglais.

                            Pour ce qui est de la natalité, la France n’a pas de problème de ce point de vue, alors que la quasi-totalité des autes états européens ont un problème complexe à résoudre sur ce terrain.


                          • Copas (---.---.232.162) 1er avril 2006 11:03

                            La Grande-Bretagne n’est plus un exemple ...

                            Mais il y en a encore qui continuent sur la lancée....

                            Eh ! Ce n’est plus à la mode de prendre la Grande-Bretagne en exemple ! Ce système est une catastrophe sociale, qui approche du moment où il lui faudra régler la note...

                            Bon, maintenant, nos libéraux foncent au pas de charge vers un nouvel exemple : le Danmark....

                            Mais oui, allons-y, on augmente les impots ?


                          • (---.---.57.68) 1er avril 2006 15:22

                            Bien entendu uniquement les taxes indirectes et on baisse les impôts sur le revenu


                          • (---.---.15.26) 30 mars 2006 17:40

                            « La réponse de nos agents publics de la statistique est : parce que leur pouvoir d’achat est resté le double de celui des Européens continentaux, permettant une consommation des ménages en croissance du double (2% par an, au lieu de 1%) »

                            La consommation des ménages anglais dépend essentiellement du crédit qui représente fin 2005 environ 130% des revenus de chaque ménage.

                            Cet avantage sur la consommation est toutefois contrebalancé par des faillites personnelles en croissance et une spirale des emprunts (les gens empruntent pour rembourser). Le système porte donc en lui-même des risques importants à la fois pour les ménages et pour le système bancaire. Ces risques sont accentués dans la mesure où les prêts au Royaume-Uni sont à taux variables.

                            En France (et aussi en Allemagne), les ménages sont beaucoup moins endettés (de l’ordre de 40% des revenus en moyenne), ce qui pourrait inciter nos politiques à favoriser l’endettement pour soutenir la consommation (il y a encore du grain à moudre).

                            En conclusion, la comparaison entre le Royaume-Uni et la France, en ce qui concerne la consommation, est complexe ; en 2000, le RU avait peut-être un système mieux adapté, mais en 2006 et dans les années qui viennent, il risque de pâtir du surendettement de sa population.


                            • argoul (---.---.18.97) 30 mars 2006 18:29

                              Très juste. Mais les Anglais sont nettement plus réactifs en tout ; les taux les aident, mais nous pareils... avec retard (taux fixes très bas de 2002-2004 à rembourser aux même taux sur 20 ans).


                            • ifelhim (---.---.242.2) 30 mars 2006 18:52

                              Le problème en France semble, surtout, être celui de la paperasse et de la « legislatite aigue », dont même les fonctionnaires se plaignent. De plus les emplois aidés, dans la fonction publique, ne produisent rien et ont un effet marginal sur l’économie (mesures à/de court terme). Plutot que des emplois aidés, il faudrait une législation et une fiscalité plus efficaces (ce qui n’est pas forcement au détriment des fonctionnaires d’ailleurs). Malheureusement, les syndicats de fonctionnaires, encouragés par les maladresses de nos hommes politiques, ne veulent pas l’admettre car cela leur ferait perdre des adhérents (cependant, ils feraient bien de réflechir au fait qu’ils ne représentent que 15% des fonctionnaires ; je doute qu’ils perdent réellement au change)...

                              Cela dit, en France (et plus généralement en Europe), il semble aussi, que les gens acceptent difficilement de changer de région, alors que dans un pays comme les états-unis, les gens bougent beaucoup plus facilement. Le plus dommage c’est qu’il s’agit probablement de l’une des flexibilités les plus faciles et les moins douloureuses à obtenir... Sous reserve d’un marché immobilier un peu moins spéculatif, je l’admets...


                              • Copas (---.---.248.175) 30 mars 2006 19:34

                                La mobilité...

                                Vous parlez des USA, mais parlons Grande-Bretagne et France, quel est celui des deux payx où les travailleurs sont les plus mobiles ? Celui où les jeunes travailleurs sont les plus mobiles ?

                                Par curiosité, ça aiderait à la comprehension et savoir si, réellement, le système anglais pousse à la mobilité.


                              • Copas (---.---.248.175) 30 mars 2006 19:54

                                Au final, un mauvais article faisant une comparaison entre la zone Euro et la Grande-Bretagne pour pouvoir critiquer la France.

                                La politique monétaire par exemple... Si on a des taux cours faibles en zone euro avec dans cette zone des pays à très faible inflation et des pays à plus forte inflation, les derniers sont necessairement avantagés par rapport aux premiers.

                                Ces questions ne sont pas anodines et rendent la comparaison complexe (et tendancieuse) entre des pays de la zone Euro et la Grande-Bretagne. Il y a donc des contraintes exterieures aux états dans la zone Euro qui ne renvoient pas à une question de modèle social ou quoique ce soit.

                                Cette zone va évidement permettre, en l’absence d’une politique fiscale unifiée , des distortions de concurrence qui conduiront à une exfiltration des richesses produites vers les zones à plus faible fiscalité (fabriquer en France et imposer en Irlande, hum....).

                                Les abandons de souveraineté + importants dans la zone euro qu’à l’échelle de l’UE rendent difficiles des comparaisons utiles sur un modèle ou un autre.

                                Mais tout porte à penser que les differences, sur ce qui releve d’une spécificité française ou d’une spécificité anglaise sont de peu de poids. L’ensemble évoluant sur des taux d’emplois faibles d’une population (les chiffres sont éloquents quand on ne parle pas de chômeurs mais de proportion de gens qui travaillent), une grande poussée des inégalités sociales, une énorme croissance des revenus d’une petite nomenklatura bourgeoise et des tensions de plus en plus puissantes parcourant l’ensemble de l’Union Européenne.


                                • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 10:32

                                  Quand vous dites « mauvais article », vous attaquez directement les fonctionnaires français qui ont effectué la comparaison pour l’INSEE dont je rends compte. Je note donc que vous avez une piètre idée des compétences de notre fonction publique.

                                  Pour en venir aux arguments car (fort heureusement, vous en avez), vous mettez le doigt sur deux des principales questions : l’intégration européenne (limitée à la zone euro pour le monétaire, mais au reste des 25 pour tout le reste - d’où contradiction) et la crise économique (qui rend les groupes sociaux plus âpres à défendre leurs avantages).

                                  En revanche, vous n’apportez pas d’élément de réponse. Dans l’article, je suggère qu’une intégration plus poussée de la zone euro pourrait permettre d’être cohérent, comme le sont les Anglais qui ont les 3 manettes de l’action économique à leur disposition (taux, budget, change). Evidemment, quand on dit NON à l’Europe et qu’on se contente à Bruxelles de défendre ses vaches ou ses stars de ciné, on est difficilement crédibles... Où l’on en revient à la psychologie. Car même le Hallyday national veut devenir belge et le Noah réside 6 mois + 1 jour de l’année à Genève, sans parler de Laetitia, Marianne de plâtre, mais modèle top à Londres le plus souvent, dit-on.

                                  Car (un seul commentateur seulement l’a repris, je crois), la PSYCHOLOGIE est primordiale en économie. Une économie n’est pas un domaine détaché mais l’action pratique d’une société pour produire et distribuer des biens rares. Le moral d’une société conditionne donc son économie comme le reste. Toute économie ne peut donc qu’être « politique ». N’inversons pas les termes à la Hegel : ce n’est la politique qui mène l’économie, mais l’économie qui permet la politique (Marx). Pourquoi ? Parce que l’économie génère la puissance et que seule la politique peut dompter la puissance.

                                  Or, la France n’est pas plus imposée ou plus règlementée qu’ailleurs, elle est seulement plus « coincée », tout est mal réparti, figé dans des archaïsmes, ça rouille dans les rouages. Si vous abordez une réunion en étant constipé, vous n’aurez guère tendance à écouter l’autre et ne constaterez guère de progrès dans dans le débat. C’est ce qui arrive à la France en interne et à la France en Europe. Au contraire des Anglais, forts actifs à la Commission. Pourquoi pas nous ?

                                  Vous noterez qu’il ne s’agit pas de « changer de modèle » (bouc émissaire commode pour surtout ne rien faire), mais de changer d’attitude.


                                • parkway (---.---.18.161) 31 mars 2006 13:24

                                  Changer d’attitude ? vous parlez aux politiques,là ?

                                  Ils deviendrait alors plus humains et moins ambitieux ?

                                  J’y crois pas !


                                • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 14:26

                                  Par « changer d’attitude », je parle de tous les Français, pas uniquement du Gouvernement même si (et c’est normal) il a valeur d’exemple. Tous les Français cela signifie les salariés, les fonctionnaires, les syndiqués, les non-syndiqués, les syndicats (qui ne sont pas forcément représentatifs des syndiqués...), les enseignants, les patrons, les législateurs, les magistrats, les partis politiques, les citoyens et les autres. Pour l’instant, par crainte de l’avenir, par manque de projet politique, nous tous avons le sentiment d’aller dans le mur, d’où les crispations sur les zacquis et les (rares et petits) privilèges de chacun : qui un emploi statutaire, qui un statut social, qui la satisfaction d’un pouvoir, qui... Il me semble, pour les fréquenter quelque peu, que les pays voisins sont plus détendus que les Français sur l’avenir. Ils n’y voient pas trop clair non plus mais on a l’impression que la méthode pour construire cet avenir existe (en Allemagne, en Espagne, en Irlande, en Scandinavie, en Angleterre pour ce citer que les plus proches).

                                  Ce qui m’étonne en France, c’est « la constipation » si vous me pardonnez l’expression, tant de « sérieux » dans toute chose, tant de méfiance viscérale envers toute idée non référencée dans le corpus médiatique, envers tout profil original, envers tout ce qui n’est pas « dans la norme » ou bien « étiqueté », tant d’exégèse littérale de ce qu’on dit, dans le même temps que les mots sont pris à la légère, comme de grands fourre-tout, du style « libéralisme », « socialisme », « réforme », et j’en passe.

                                  C’est pourquoi je pensais qu’en restant dans le concret, en regardant entre 2001 et 2005 comment deux pays proches, aux identités marquées, ont réagi à la crise financière puis terroriste, d’après une étude menée par des fonctionnaires français (donc non soupçonnables de rouler pour qui et quoi) pouvait surgir une discussion sur ce que l’on pourrait faire ici ou là. Malheureusement, on touche aux limites du média, me semble-t-il, les « commentaires » sont plus des réactions que des propositions, des mesures d’écart à une « ligne » partisane prédéfinie que des idées à explorer. Très « réactionnaire » en somme, au sens de la méthode socratique. Et (je ne parle pas de vous) il ne suffit pas de se dire « de gauche » pour y échapper.


                                • Copas (---.---.232.162) 1er avril 2006 11:23

                                  « .../....Evidemment, quand on dit NON à l’Europe et qu’on se contente à Bruxelles de défendre ses vaches ou ses stars de ciné, on est difficilement crédibles.../.... »

                                  Vous faites un singulier raccourci. La PAC à la Française a bien été soutenue par ceux qui ont soutenu le OUI ua referendum, Chirac en tête de gondole dans l’affaire.

                                  Quand à ceux qui ont dit Non au referendum, vous prétendez qu’ils ont dit non à l’europe. Libre à vous cette assertion.

                                  Je ne pense pas que l’épisode du referendum est montré un refus de l’Europe par les Français (les sondages explicatifs ont montré tout autre chose), mais un refus, partagé par de très nombreux européens, d’une orientation anti-sociale et anti-democratique, d’un système cultivant l’opacité, le blocage et un talibanisme ultra-liberal inconnu ailleurs dans les règles de fonctionnement d’une société.

                                  Vous faites une singulère inversion des choses.

                                  Les peuples d’Europe, France comprise, sont prêts à une Europe nouvelle, plus unifiée, mais certainement pas à un bréviaire ultra-liberal où les dumpings fiscaux et sociaux regnent en maîtres.

                                  Le fond est là. Sans unification des règles, au moins progressive, vous jetez à la gorge les peuples les uns contre les autres.

                                  Pour en revenir au focntionnement de la zone Euro, ça fait un moment que, DANS cette zone, les performances ne semblent pas bien liées à plus ou moins de libéralisme à l’anglaise, mais à d’autres processus comme ceux que je soulignais.

                                  Quand sur plusieurs années, vous avez des taux courts inferieurs ou comparables avec l’inflation dans certains états et paralellement des états où c’est l’inverse , vous avez imparablement transferts des moins inflationistes vers les plus inflationistes dans une même zone.

                                  Mais même, malgrès celà, il y a des situations saignantes pour certains états qui ont pris un virage ultra-liberal en étant trop aveuglé par l’idéologie...(on peut parler de nos amis portugais).

                                  En fait, la langueur de la zone euro est globale, dûe à des questions qui transcendent l’aspect plus ou moins social des états concernés. Je ne vois pas de differences considérables, dans les vieilles démocraties de la zone euro, entre ultra-liberaux et moins ultra-liberaux.

                                  Le problème est la zone euro, la politique de la BCE et l’ouverture aux quatre vents pour des états qui n’ont pas les contraintes monétaires de la zone.


                                • José (---.---.21.118) 30 mars 2006 20:34

                                  Il est très amusant de noter que désormais c’est l’exemple anglais qui est SYSTEMATIQUEMENT cité en exemple pour notre pays.

                                  Il y a quelques années (5 ans maxi), c’était au contraire l’exemple allemand qu’on nous louait systématiquement, et qu’il fallait suivre à tout prix. Il n’y avait pas un seul journal télévisé qui nous montrait les bienfaits du dialogue à l’allemande, et l’organisation économique du pays.

                                  Aujourd’hui à peine 5 ans après, les mêmes commentateurs bien souvent nous disent que le modèle allemand est très mauvais, archaïque, au bord de la faillite, sclérosé, etc...

                                  Ainsi, ce qui était un exemple à suivre il y a peu est devenu un exemple à éviter à tout prix.

                                  Amusants effets de mode sans doute, auxquels l’article ci-dessus ne dépareille aucunement...


                                  • lool (---.---.192.187) 30 mars 2006 22:30

                                    Avant l’Allemand, nous avions, il me semble, l’exemple Japonnais qui commence tout juste à ressortir d’une mauvaise passe de 15 ans... et Renault à réçament racheter Nissan et l’a redresser de manière innespérée...

                                    L’Angleterre est sur la pente descendante il ne faut pas se leurrer, ses prévisions économiques sont mauvaises, Blair en viens à privatiser les écoles publiques (ou pas loin)... de son côté l’Allemagne se remet enfin de sa crise et semble repartir... et quoi qu’on en dise, les indicateurs économiques français sont très bon (en dehors du moral qui malheureusement est une composante principale), l’économie française est plutôt saine (exception faite des dépenses publiques)...

                                    Il suffit en fait de faire un tour sur les rubriques économiques de yahoo par exemple pour lire « bénéfices records » « nouvel envolé du CAC40 » et autre... les entreprises françaises vont bien et sont pleine de tunes !

                                    Lool


                                  • (---.---.137.77) 30 mars 2006 23:07

                                    Changer de modèles tous les 5 ans, est-ce sérieux ?


                                  • www.jean-brice.fr (---.---.23.41) 31 mars 2006 08:42

                                    Comparer les Français aux anglais est une vue de l’esprit : une partie (importante) de la bourgeoisie n’hésite pas à franchir le pas, ce qui la rend schizophrène. On s’en aperçoit particulièrement maintenant avec les CNE et CPE...


                                    • Alexandre Damiron (---.---.97.119) 31 mars 2006 10:58

                                      A savoir : Que cette réussite « supérieure » soit réelle ou pas (ayant vécu un an en Angleterre, en bas de l’échelle sociale, je dirais non), les anglais ne sont pas allés jusqu’à une mesure aussi extrémiste que le licenciement sans motivation.

                                      Employment Rights Act 1996 - Chapter 18 - Part IX - Art.92 : " 92. - (1) An employee is entitled to be provided by his employer with a written statement giving particulars of the reasons for the employee’s dismissal- (a) if the employee is given by the employer notice of termination of his contract of employment,

                                      (b) if the employee’s contract of employment is terminated by the employer without notice, or

                                      (c) if the employee is employed under a contract for a fixed term and that term expires without being renewed under the same contract.

                                      "

                                      Ceci est suivi par des gardes-fous en ce qui concerne le licenciement des femmes enceintes, ainsi qu’une organisation de la saisine des « industrial courts » - Les prud’hommes anglais.

                                      Dans cette affaire, c’est bien le gouvernement qui est le fanatique. Et que des « libéraux » français ne puissent pas faire la différence entre la nécessité de la fluidité du marché du travail et une mesure extrémiste et inique me désole.


                                      • gem (---.---.117.250) 31 mars 2006 11:17

                                        les libéraux français disent non au CPE, pour eux c’est juste un cautère sur une jambe de bois et un contrat de plus, c’est à dire encore un paquet de pages en plus dans le code, et de quoi enrichir les avocats. Ils préfèrent un contrat unique, non discriminatoire. http://www.ifrap.org/ifrap-2007/ifrap-2007/contrat-plein-emploi.htm http://www.alternative-liberale.fr/medias/060317_TFJ_Said_Bouaissi_Cpe.htm

                                        Galouzeau n’est pas un libéral, c’est un bon vieux colbertiste à l’ancienne, qui a juste perdu la vieille qualité de ces gens là : il n’est même plus paternaliste.


                                      • Yasunari (---.---.129.150) 31 mars 2006 12:21

                                        Je pense que sur le fonds il y deux principes qui s’opposent sur qqchose de très simple. Soit on fait de la flexibilité (virabilité ? licenciabilité ?) la règle, soit on en fait l’exception. Aujourd’hui, en France, c’est l’exception. Logiquement, dans ce cadre, si je veux des employés flexibles, je leur verse une prime de précarité qui compense ce risque. Ce que veulent l’UNICE, le MEDEF et autres défenseurs duCPE et de sa généralisation, c’est que la flexibilité soit la norme, et ne soit donc plus compensée par une prime...

                                        On reste donc bien dans le cadre néolib, privatiser les frofits, socialiser les perte, faire l’apologie du risque tout s’arrangeant pour le faire peser sur le voisin (ou l’employé). Et hop.


                                      • (---.---.49.177) 31 mars 2006 12:47

                                        http://www.ifrap.org/ifrap-2007/ifrap-2007/contrat-plein-emploi.htm site des néo-libéraux français, spécialisé dans le dénigrement de l’Etat et de la fonction publique

                                        On retrouve ici le poncif des neéo-libéraux, qui veulent la destruction de l’Etat républicain


                                      • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 13:13

                                        Sauf que, si vous m’avez lu régulièrement sur Agoravox (j’en doute) et si votre « commentaire » porte sur l’article qui figure tout en haut et pas sur le commentaire du commentaire qui commente le commentaire - vous auriez vu que pour moi (Argoul, on s’y perd avec ces gloses de gloses), le CPE n’est en aucun cas un « progrès », que je ne suis pas « ultra » (mot à la mode) libéral mais un « libéral » au sens des Lumières (voir l’une de mes réponses plus haut). Mais il est tellement plus facile de coller des étiquettes et de lancer des invectives que qu’argumenter, n’est-ce pas ? Bel alibi pour le conservatisme le plus foncier en pratique. Tout contester tout le temps permet que rien ne change, au fond. Les privilèges seront donc bien gardés.


                                      • machinchose (---.---.129.40) 31 mars 2006 13:38

                                        bel exercice de l’art de l’entourloupe. Vous rejetez les étiquette (ce qui vous honore) pour immédiatement affublé vos contradicteurs des plus archaïques et grossiers modèles (d’étiquette) que vous avez sous la main. Et dire, au passage, une fois de plus comme vous êtes grand et bon.

                                        et ce recours aux lumières ! un peu too much non ?


                                      • machinchose (---.---.129.40) 31 mars 2006 13:42

                                        j’ajouterais que cette façon un peu hautaine de vous prétendre incontournable (« si vous m’aviez lu bla bla ») est un peu déplacé, agoravox n’est pas votre blog et nous réagissons ici à votre article pas à votre oeuvre complète. Si cet article ne se suffit pas tout seul alors c’est qu’il est mauvais. et sur le CPE vous auriez pu dire simpleemnt : « sachez que comme je le disais dans tel article je ne suis pas pour le cpe » mais bon il semble que vous vous aimiez beaucoup. C’est bien l’estime de soi c’est important dans un monde compétitif.


                                      • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 14:01

                                        Sauf que je ne nomme personne, parmi la masse des commentaires. Pas les commentateurs qui, par définition, commentent l’article que j’ai écris. Peut-être l’avez-vous oublié ?


                                      • (---.---.135.119) 31 mars 2006 14:19

                                        Sur les dessous du modèle britannique et la réalité du succès outre-Manche, vous pouvez lire cet excellent article d’un économiste travaillant à Harvard, paru il y a quelques mois dans Newropeans-Magazine : http://www.newropeans-magazine.org/index.php?option=com_content&task=view&id=2528&Itemid=84


                                        • argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 14:56

                                          Intéressant article en 2 parties que vous nous proposez-là. Ma critique porte sur deux points :

                                          1/ cet article cherche à démontrer qu’il existe un « modèle » alors que (voir commentaire plus haut), il n’y a pas de modèle figé mais la façon pour chaque société, à chaque génération, de répondre aux questions posées par l’histoire qui survient. La conclusion de l’article, sur le « nécessaire pragmatisme » est en revanche tout à fait conveable.

                                          2/ la démonstration s’appuie exclusivement sur l’économie et, pire, sur le seul « mesurable », malgré une salutaire critique des chiffres et un essai de combiner les mesures. Or la mentalité de la société, et la psychologie de la génération aux commandes sont tout aussi importantes que les mesures brutes, parfois peu comparables entre elles.

                                          Je note quelques éléments là-dessus : le PIB par salarié montre l’avantage productif des salariés français mais omet bien évidemment de préciser qu’il ne s’agit QUE de ceux qui travaillent, laissant donc de côté tous les chômeurs (la France n’y est pas à son avantage).

                                          Le revenu « net des contributions » est utile si l’on compare deux ménages de même taille et de même statut social mais, pris en globalité, il ne dit rien du rapport coût/avantage des diverses prestations facultatives ou obligatoires. En France on vous prélève d’autorité et on place votre cotisation vous ne savez où (la Sécurité Sociale englobe maladie, vielliesse, famille, prévention, que sais-je), sans que vous n’ayiez aucun contrôle sur ce qui est fait de cette cotisation. Quand celle-ci est volontaire (ou obligatoire mais avec choix comme en Suisse), vous savez où vous mettez cette cotisation et vous pouvez surveiller comment elle est gérée et à quoi elle sert. Grosse différence !

                                          Attractivité d’un pays : il n’y a pas que la fiscalité ou la « docilité sociale » qui compte dans la décision d’investir d’une entreprise étrangère ; il y a surtout la position du territoire (la France, plus centrale, est mieux placée que l’Angleterre) ; la langue (l’anglais est plus utilisé internationalement que le français, encore qu’avec les accents plus typés en Angleterre qu’en France, je me demande s’il s’agit encore d’un avantage. Pour l’Inde sûrement, pour la Cornouaille ou le pays de Galles, pas sûr) ; le terrain disponible, donc sa cherté pour l’implantation joue sans aucun doute (la France, plus vaste et moins habitée a un avantage sur l’Angleterre, de même que sa forme assez carrée plutôt que longiligne pour les transports) ; les services collectifs (trains, crèches, allocations chômage en cas de licenciement) jouent aussi, mais surtout pour le secteur tertiaire où la qualité de la vie est la prime qui permet d’attirer les grosses pointures internationales (la France a d’incontestables atouts avec son climat, sa nourriture, sa vie culturelle, etc.). Si l’investissement étranger est plus fort en France récemment, c’est surtout parce qu’il était resté très en retard durant les années Mitterrand et Jospin (législation sociale et fiscale en constantes modifications), et que la création + la réussite de l’euro précipitent les décisions maintenant (la France a plus d’atouts que l’Allemagne, avec une démographie plus jeune et est + centrale dans la zone euro que l’Italie ou l’Espagne) ; le nombre d’étudiants, autre critère de l’article, ne fait en rien la qualité de la formation, on le voit bien dans le débat actuel (à cet égard, si nous avons d’excellentes Grandes écoles reconnues internationalement, nos universités ne sont vraiment pas à la hauteur).

                                          En bref, l’argument qui me paraît le meilleur de ces deux articles que vous citez (et que je conseille à chacun d’aller lire) est d’ordre psychologique : la simplicité fiscale et la constante de la règlementation.

                                          Une entreprise (étrangère ou non) qui veut s’implanter en France et y embaucher, apprécie que les règles du jeu ne changent pas tous les ans ou selon le « bon plaisir » de chaque gouvernement. Peu important les contraintes globales in fine, ce qui ne va pas c’est la bougeotte. Et là, c’est une confirmation des questions soulevées par l’étude de l’INSEE.


                                        • (---.---.128.240) 31 mars 2006 15:35

                                          En réalité, les entreprises étrangères se plaisent bien en France car il parait que dans notre pays un salarié sur 7 travaille pour une société étrangère, ce qui serait supérieur aux chiffres de pays « libéraux » comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis.

                                          Les entreprise sont intéressées notamment
                                          - par une marché de 64 millions d’habitants,
                                          - par la qualité des infrastructures,
                                          - par la qualité du personnel et de la formation
                                          - et aussi par la situation géographique de la France


                                        • gem (---.---.117.250) 31 mars 2006 16:29

                                          @ (IP:xxx.x23.128.240) Vous semblez considérer comme « super » que les entreprises française soit pilotées par des étrangers.

                                          On peut se réjouir de l’investissmeent étranger, mais on peut aussi, avec les mêmes faits, s’inquiéter de l’absence d’investissement des français eux-même dans leur propre pays (alors qu’ils ont plein d’argent pour le faire : un taux d’épargne exceptionnel !), ou bien s’interroger sur le choix de vendre leurs biens à des étrangers, ou de se faire employés plutôt que patrons. S’inquiéter de la perte de contrôle que ça implique, y compris en terme de transfert technologique. Des hurlements que ça peut provoquer, si jamais ces entreprises se délocalise. Du coût que sa représente, en terme de frais pour les attirer. etc.

                                          Juste pour dire relativiser l’interprétation positive de la présence étrangère...


                                        • Marc P (---.---.184.124) 31 mars 2006 21:53

                                          Merci beaucoup pour cet article de newropeans, combiné aux propos non moins pertinents d’Argoul, il recentre ou réajuste plutôt bien les choses...

                                          Cordialement

                                          Marc P


                                        • Copas (---.---.232.162) 1er avril 2006 11:30

                                          « .../...Je note quelques éléments là-dessus : le PIB par salarié montre l’avantage productif des salariés français mais omet bien évidemment de préciser qu’il ne s’agit QUE de ceux qui travaillent, laissant donc de côté tous les chômeurs (la France n’y est pas à son avantage).../... »

                                          Nous savons maintenant que le blairisme a triché encore plus qu’en France sur le chômage en balançant un nombre inoui de personnes comme invalides hors des statistiques.

                                          Le dernier avantage anglais tombe.


                                        • Mathieu (---.---.49.160) 31 mars 2006 15:17

                                          Je suis sûr que les pauvres anglais, bien plus nombreux qu’en France seront fous de joix à l’idée que la croissance anglaise est bonne...


                                          • gem (---.---.117.250) 31 mars 2006 16:14

                                            @yasunari « privatiser les profits, socialiser les pertes » c’est une belle formule, mais pas très sérieuse... à moins de défendre le slogan inverse : « privatiser les pertes, socialiser les profits » ?

                                            ... « Et hop »...

                                            Et puis j’ai beau retourner le problème du licenciement dans tout les sens, je n’arrive pas à trouver le moindre rapport avec votre slogan ni avec les « néolibs ». Expliquez-nous ça.

                                            Sinon, OK pour la première partie de l’analyse, mais c’est encore bien sommaire.

                                            * la précarité est un risque pour l’employé, pas pour le patron ! Au nom de quoi faudrait-il que l’employeur paye pour un risque qui n’est pas le sien ? Aux employés de s’organiser entre eux pour répartir la charge de la précarité des emplois disponibles. Mais le rapport de force social est favorable au salarié sécurisé plutôt qu’au salarié précaire. Résultat : au lieu de bénéficier d’une prime de risque, les salariés précaires sont aussi les plus mal payés, en réalité. Autrement dit : ça ne sert à rien d’essayer de compenser la précarité au niveau du salaire, ça ne marche pas.

                                            * le prix de la précarité est très dépendant de la possibilité de retrouver un emploi. Si c’est très facile, le prix de la précarité est faible, si c’est difficile le prix de la précarité est élevé. Pas de chômage, pas de problèmes... Il est donc secondaire de lutter contre la précarité, et si il faut faire un choix entre la lutte contre la précarité et la lutte pour l’emploi, il n’y a pas photo.

                                            * la précarité elle-même (et non pas son coût) est un sous-produit de l’emploi, pas du chômage ! La création d’un emploi crée ipso facto le risque qu’il disparaisse. Pas de précarité sans emploi, pas d’emploi sans précarité. Le seul paramètre libre, une fois connu le stock d’emploi, c’est le degré de transfert des emplois, entre employés et chômeurs : on peut, effectivement, réduire la précarité pour un groupe d’employés en lui garantissant que son emploi ne sera pas transféré à un autre, mais ça se fera forcément au détriment soit d’un autre groupe d’employés, soit des chômeurs (et ça correspond bien à ce qu’on observe en France, avec toute l’échelle de sécurité, du fonctionnaire au chômeur, en passant par le CDI, le CDD, l’interimaire et le stagiaire). Conclusion peu réjouissante et un peu brutale : toute lutte frontale contre la précarité est directement une lutte contre l’emploi, car l’un ne va pas sans l’autre !

                                            Et là, on rentre dans le débat politique : la théorie (peu contestable mais parfois trop dérangeante) c’est que si le niveau de sécurité légale de l’employé en poste est trop élevé, ça conduit les patrons à s’auto-censurer, à limiter leurs embauches, donc à augmenter le chômage ; le diagnostic, non partagé, c’est que ce point de rupture est atteint. La droite française propose de réduire le niveau de sécurité légale (et Galouzeau ajoute « à la niche les gauchistes »). La gauche pragmatique (quasiment absente en France...) dit OK pour le diagnostic mais on préempte une partie des bénéfices globaux (plus d’emplois, plus de richesses) pour financer un filet de sécurité puissant (genre : 90% de l’ancien salaire pendant 4 ans, Cf. Danemark), la droite pragmatique répond OK pour le filet puisque c’est votre condition pour la mise en oeuvre. La gauche française dit : votre théorie c’est de la blague et votre diagnostic est une grosse fumisterie, tout ça c’est rien ka pour taxer un peu plus les employés (et les danois sont juste des crétins qui laissent « privatiser les profits et socialiser les pertes »).

                                            Soit dit en passant, c’est exactement le même genre de débat que celui qui n’a pas vraiment eu lieu à propos du SMIC. La droite le trouvait trop élevé, la gauche dogmatique est monté sur ses grand cheveaux, et après des années de débats la gauche pragmatique a dit OK vous avez raison mais on ne touche pas au SMIC net, et finalement on a mis en place des allègements de charges qui ont le même effet pour l’employeur qu’une réduction du SMIC sans que ça touche l’employé, au prix d’une subvention de la collectivité à la Sécu. Et aujourd’hui il y a encore des débat de réglages, mais peu de débat de principe.

                                            Juste pour dire qu’on peut trouver une solution sans s’énerver...


                                            • Perfide Albion (---.---.195.218) 1er avril 2006 04:44

                                              Quand conseiller, c’est pas payer. Et les retraites...en Angleterre ?

                                              ICI : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=8293


                                              • Manu Manu 1er avril 2006 11:04

                                                Une petite piqûre de rappel concernant les « modèles ».

                                                Quand j’était au lycée (BAC en 1992), c’était dans l’ordre :

                                                l’Allemagne (avec avec l’apprentissage, etc...)

                                                le Japon (productivité record, zéro défaut, etc...)

                                                les « dragons d’Asie » (croissance hallucinante, etc...)

                                                Il n’est pas besoin d’en écrire plus pour en rire presque aujourd’hui !

                                                Attention, JE NE DIS PAS QUE LE SITUATION EST IDYLLIQUE EN FRANCE, simplement, QU’ON ARRETE DE NOUS BASSINER AVEC « C’EST BIEN MIEUX AILLEURS !! »

                                                A tous ceux qui le prônent, une seule réponse : EMIGREZ !

                                                Chaque pays est différent, donc les comparaisons sont difficiles est souvent biaisées.

                                                Ceci dit, il y beaucoup à faire pour améliorer l’état de notre société. Pour autant, jamais je n’accepterai pas que les solutions soient inspirés par des raisons comptables mais bien pour l’intérêt général et à long terme.


                                                • Copas (---.---.232.162) 1er avril 2006 11:26

                                                  Je crains effectivement qu’au bout d’un moment monte une grande colère en France de recevoir les reproches incessants des privilégiés en France et que ça finisse par un cri :

                                                  Tirez-vous et arrêtez de nous agresser !


                                                • (---.---.108.131) 1er avril 2006 14:45

                                                  l’herbe est toujours meilleure ailleurs c’est pourquoi les anglais qui le peuvent viennent chez nous ... Les politiques droite-gauche influencent à la marge le taux de chomage (qui est d’ailleurs plus important en Angleterre qu’en France ) . Le facteur décisif est le prix du barril de pétrole . A propos de l’angleterre , ils en ont pour moins de 10 ans de reserves en mer du nord et apres ... je serais pas etonné qu’ils adoptent tres tres vite l’Euro .

                                                  Le modèle néo-libéral commence à prendre l’eau de toute part à cause du prix du barril et dans 10-15 ans quand nous arriverons au pic de hubert pour les principaux pays de l’OPEP votre modèle néo-libéral va tout simplement couler à pic et profondement .

                                                  http://www.oleocene.org/

                                                  http://www.manicore.com/


                                                  • geremy (---.---.55.100) 1er avril 2006 21:59

                                                    Cet article est terriblement mauvais et mérite bien sa mauvaise note. On ne fait pas très bien la différence entre les faits, établis par l’INSEE, et vos opinions (je devrais dire élucubrations). Pour ceux qui s’intéressent réellement à ces questions, je donne l’adresse de la note : http://www.insee.fr/fr/indicateur/analys_conj/archives/mars2006_f1.pdf


                                                    • Perfide Albion (---.---.210.201) 2 avril 2006 04:31

                                                      Ces anglais tout de même ! Ils achètent à tour de bras nos vieilles maisons de nos belles provinces (surtout du sud) faisant d’ailleurs grimper le prix de l’immobilier. Serait-ce la preuve que l’on vit mieux en France ? Oui, sans hésitation !


                                                      • Antoine (---.---.85.54) 2 avril 2006 08:36

                                                        La comparaison que fait l’auteur de cet article sur les taux chomage en Angleterre et en France, et les conclusions qu’il en tire sont absurdes. Si le chômage est moitié moindre en Angleterre qu’en France, c’est avant tout parce que ce pays a mis en place une politique systématique de précarisation, de sigmatisation et de culpabilisation du chômeur. Les chômeurs anglais sont peu indemnisés, le moins de temps possible, et l’équivalent anglais de l’ANPE les pousse sans ménagement à retrouver du travail, quitte à les obliger à accepter des salaires et des conditions de travail les plus dégueulasses. J’ai vécu récemment en Angleterre et j’y ai connu des prolos qui bossaient 45 heures par semaine pour un revenu mensuel équivalent à notre RMI. Si en France on supprimait le RMI, diminuait drastiquement les ASSEDIC et forçait les concernés à accepter des salaires et des conditions dignes des temps de Zola, c’est sûr qu’il n’y aurait plus alors que 4,7% de chômage en France. Plutôt que de mendier, se prostituer ou crever de faim, une bonne moitié de nos chômeurs se remettrait à bosser. La seule question qui vaille est donc celle-là : Vaut-il mieux toucher le RMI en France ou bosser, pour le même revenu, 9 h par jour à tondre sous la pluie le gazon de Hyde Park ?


                                                        • argoul (---.---.110.74) 19 juin 2006 12:24

                                                          Vous me faites rire : bien sûr qu’il y a de la précarité en Angleterre. Et chez nous ? Vous n’avez pas vu les mendiants, les clodos et les dealers ?

                                                          Mais bien plus : il y a beaucoup moins de fonctionnaires en Angleterre. Rapporté à la population active TOTALE, le chôme est donc bien plus élevé en France dans le privé qu’en Angleterre !

                                                          La bonne question à se poser est « pourquoi ». Ca n’a pas l’air de vous effleurer.


                                                        • Simplet (---.---.78.157) 2 avril 2006 09:51

                                                          Pourriez-vous aussi indiquer la croissance de l’endettement des ménages anglais ? Cet endettement dépasse 100% du PIB ! Je ne vois pas où est le miracle : endettez vous de 3% de plus chaque année et l’ économie croitra en proportion. (En France on vient de découvrir les vertus du refinancement hypothécaire cher aux anglos-saxons, qui permettera de faire passer l’endettement des ménages français de 40 à 100% du PIB). Et quant toute les bulles immobilières, boursières, les spéculations sur les matières premières (vous avez vu l’or ces derniers temps ?) éclaterons, sur quoi seront gagées ces montagnes de dettes ? On est dans une gigantesque fuite en avant vers ce qui sera probablement un abime du type de celui de 1929... et ce qui à suivi (Hitler et cie...). Dans cette fuite en avant, les anglos-saxons sont un peu en avance sur nous, mais ce n’est pas une raison pour se presser.


                                                          • (---.---.129.167) 2 avril 2006 15:03

                                                            Cet endettement dépasse 100% du PIB !

                                                            Précision : en réalité l’endettement est de 150 %


                                                          • l1dit (---.---.54.30) 2 avril 2006 12:03

                                                            Une des supercheries économico-politique est de faire croire qu’il existerait un modèle unique satisfaisant : le Japon, l’Allemagne,l’Angleterre maintenant... Il y a des problèmes partout - différents, pas à cause des cultures ou des mentalités comme on veut le faire croire mais du fait de contraintes propres aux systèmes. Si l’on n’accepte pas de prendre le risque de dérégler momentanément un système on ne peut pas y introduire de nouveauté. Il n’y a pas de « star » au pays des Nations. 1) si celà été, celà se saurait aujourd’hui et l’on verrai une nation se détacher de l’ensemble par ses progrés sociaux, économiques et politiques. Dites-moi où se trouve ce pays de Cocagne ! 2) cette idée ne permet qu’une seule chose c’est de stériliser les cerveaux : suivez comme des moutons, ne posez pas trop de questions, et si vous avez des idées attendez qu’elles soient à la mode ! C’est l’imagination, la souplesse, la capacité d’adaptation et une certaine prise de risque qui pourront modifier les situations. Peu m’importe que les entreprises en France soient dirigées par des étrangers : pourvu qu’elles tournent, produisent du travail, des salaires corrects, et donc des conditions de vie honorables. Il y aura sans doute en contre-partie des dirigeants français à Singapour ou ailleurs. Ce qui pourrait peut-être produire des effets positifs serait de rechercher ce qui marche dans chaque pays(et il y a des choses qui marchent un peu partout) et de l’adopter collectivement et/ ou progressivement(sur toute l’Europe) pour une certaine durée. En gros faire au plan social et économique ce qui a été fait pour l’€uro. On finirait peut-être par obtenir quelques résultats, plutôt que de vouloir tout faire à l’anglaise, à la japonaise, ou à la nouveautaise !


                                                            • Simplet (---.---.210.105) 2 avril 2006 19:25

                                                              Justement, il me semble que le fait de ne pas être dans la zone Euro est un plus pour la Grande Bretagne. Cela lui permet d’avoir une politique monétaire gérée par le politique et de pouvoir coordonner les déficits publics, les relances de type Keynésienne et les taux d’intérets en fonction des problêmes rencontrés. Par example, on vit probablement en se moment les début d’un krach immobilier ; la Grande Bretagne à augmenté ses taux d’intéret pour essayer de maitriser le problême : Dans la zone Euro, c’est impossible car il faudrait baisser les taux d’intérrêt en Allemagne et les augmenter fortement en Espagne et en Irlande (entre autre) qui partent dans un mur spéculatif !


                                                            • madeleine (---.---.58.215) 5 avril 2006 21:02

                                                              Juste une petite réaction sans prétention pour vous dire que votre commentaire m’a plu et le néologisme « nouveautaise » m’a faite rire toute seule devant mon ordinateur. c’est tout.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Argoul

Argoul

Chroniqueur


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès