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France/Allemagne/Grèce le grand écart !

Les Céfrans n’ont pas voté Hollande pour les beaux yeux d’icelui, mais bien parce que le sieur Sarkozy leur sortait par les trous de nez. Une situation qui n’est guère nouvelle, cela fait belle lurette qu’en Hexagonie l’on ne vote plus pour quelqu’un mais contre son rival. Mitterrand n’avait pas été élu en 1981 parce qu’il incarnait l’espoir des foules, mais parce que déjà Giscard s’était fait largement détester par ses postures snobinardes et factices, son côté petit marquis parvenu (souvenons-nous de ses visites de délinquants prisonniers, les éboueurs maliens conviées à petit-déjeuner à l’Élysée, la libéralisation de la pornographie, le rapprochement familial, son répugnant côté chasseur viandard qui l’aurait conduit jusqu’à traquer le gorille à la façon d’un “comte Zaroff“ de mini pointure (1), ses bonnes fortunes et ses rencontre inopinées avec le camion du laitier au petit matin… nous en passerons et des meilleurs), certains de ces travers qui seront ceux de M. Bocsa vingt-six ans plus tard. Un m’as-tu-vuisme plus accentué chez ce dernier, mais au fond, et finalement, certainement pas pire que celui du prétendu descendant de Louis XV par la main gauche (2).

Donc les français n’ont pas élu M. Hollande (avec un apport non négligeable de voix nationales et surtout 93% du vote musulman [7 mai La vie/OpinionWay]… au soir du 6 mai, victoire de la France millénaire, la Colonne de Juillet s’ornaient de drapeaux marocains, tunisiens, syriens et algériens !), mais ils ont jeté M. Sarkozy aux corbeaux, tout comme les Grecs ont jeté le Pasok social-démocrate d'Evangelos Venizelos et leur complices de la Nouvelle démocratie conservatrice d'Antonis Samaras κατ’εἰς κόρακας.

La base électorale présidentielle plombée par les suffrages des “nationaux“

Élu avec une faible majorité (d’autant plus fragile que les pourcentages ne tiennent aucun compte des votes blancs : quelque 2 millions 147 173 soit 5,80 % qui sont, quoiqu’on en dise, l’expression du refus d’un choix forcé, celui dans lequel le système entend enfermer l’électeur), M. Hollande ne bénéficiera d’aucun état de grâce. Et c’est tant mieux, il ne pourra pas saccager les finances de la même façon que le fit le triste sire Mauroy pendant les trois années qui suivirent le 10 mai 1981. Aujourd’hui les fantaisies ne sont plus de mises, et il faudra se contenter d’un flux soporifique de paroles verbales renvoyant à demain ce qui était promis hier.

Car nous savons déjà que le “changement“ promis au peuple des jobards ce sera pour plus tard : le vote des étrangers en situation régulière (après régularisation massive), le mariage “gay“ et le droit à l’homoparentalité (quelle délicieux néologisme), la retraite eldorado à “soixante ans“, le Smic mirifique, tout cela sera repoussé aux calendes, au mieux en 2013 pour les plus tapageuses et les moins coûteuses. D’ici là de l’eau aura eu le temps de passer sous les ponts et la troupe pourra continuer à croupir dans la vallée de la Kapisa, vallée des larmes et du déshonneur… car on l’aura bien compris, il n’y aura pas de retrait français d’Afghanistan d’ici 2013 pour la simple et bonne raison que ce départ la queue entre les jambes est logistiquement et stratégiquement irréalisable dans les délais annoncés. C’est ce qui, à mots couverts, ressortira du sommet de l’Alliance atlantique le 21 mai prochain à Chicago, pays des grands abattoirs et terre politique d’élection de l’Oncle Obama.

Pour revenir à la base électorale ayant permis l’élection de M. Hollande, il appert que la “gauche plurielle“ ne saurait aujourd’hui se passer, à commencer lors du crucial rendez-vous législatif, des voix nationales qui, venues en appoint décisif, ont contribué à faire tomber l’Union pour la majorité et son chef honni. Aucune maladresse n’est donc permise comme de mettre en œuvre des mesures qui pourraient hérisser la droite dissidente… tout au moins pendant ou selon un certain délai de carence !

Dans l’immédiat, afin d’écarter de la gestion des affaires et des positions parlementaires clefs (les présidence de commissions par exemple) une droite libérale-conservatrice dont le pouvoir de nuisance (du point de vue socialiste) est à peine entamé, il s’agira de l’exciter à cultiver ses tendances suicidaires et se retrancher toujours plus dans un illusoire “Front républicain“ dressé contre nationaux. Sans tenir le moindre compte de la situation grecque où désormais n’existe plus aucun Front de la “bienpensance“ politiquement correcte car les cartes ont été si bien rebattues que les partis caciques et ringards ont dû faire place nette aux forces nouvelles de l’extrême gauche et de la droite radicale. En France tout sera fait pour que cela n’advienne pas, même au prix d’une défaite aux législatives, reste que cela ne devrait pas être le cas : M. Copé, organisateur hors pair, tient bien ses troupes. Après tout, la victoire en chantant de M. Hollande, à bien y regarder, ne laisse pas présager d’un raz de marée rose. Ironie de l’histoire, l’hypothèse d’une cohabitation et un gouvernement copéiste ne serait peut-être pas à exclure tant il est vrai que les agonies des grands organismes – tels la Nation France – sont longues et douloureuses.

Du Pacte budgétaire au pacsage franco-allemand

Et puis il va falloir - comme annoncé – sous peine de se déjuger gravement - renégocier le “Pacte budgétaire“ avec l’Allemagne et les équipes de la chancelière Merkel, dans l’intention avouée de pacser le moins disharmonieusement possible la carpe et le lapin, à savoir dame austérité et monsieur relance. Une quadrature du cercle envisageable si l’on en croit Guido Westerwelle, ministre des Affaires étrangères de la Bundesrepublik se référant au “Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance“ que les Vingt-Sept ont conclu en 1997 afin de juguler la croissance cancéreuse des dettes souveraines (3). Pour Herr Westerwelle il s’agirait de « Surmonter la crise de la dette [laquelle] est un objectif commun, un objectif franco-allemand… nous allons désormais œuvrer ensemble à y inclure un volet croissance qui permettra de créer plus de croissance en parallèle avec plus de compétitivité »… car « discipline budgétaire et croissance sont les deux faces d'une même médaille » [Associated Press soirée du 6 mai].

Les diplomates ayant pour vocation et mission de se montrer accommodant avec les nouveaux venus - mais la nuit portant conseil - c’est un tout autre son de cloche qui se faisait entendre à Berlin au matin du 7 mai. Contredisant son collègue, le ministre allemand des Finances douchait l’enthousiasme du Quai en déclarant « qu’ajouter un volet croissance au Traité budgétaire européen reviendrait à entamer l’autorité européenne de la chancelière » [Financial Times Deutschland 7 mai]. Celle-ci catégorique précisait au même moment : « Le pacte budgétaire n'est pas négociable ».
 
Tant et si bien que la Chancelière Merkel, bien au fait des déclarations aussi intempestives que démagogiques (4) du candidat Hollande, avait formellement refusé de le recevoir (5) pendant la campagne électorale (un fait médiatiquement passé sous silence). Celle-ci, campant sur ses positions, exige sans discussion possible l’extension à la totalité de l’Eurozone de la fameuse “Règle d'or“ destinée à encadrer strictement (mettre sous tutelle) les dépenses publiques. « Le pacte budgétaire n'est pas négociable… car il est impossible de tout renégocier après chaque élection, parce que dans ces conditions l'Europe ne pourrait plus fonctionner ». En outre, last but not least, si le pacte était révisé ou modifié « la Grèce à son tour pourrait demander également à renégocier le plan d'austérité auquel elle est soumise en contrepartie de l'aide européenne et internationale qui lui est accordée ». Et c’est d’ailleurs bien ce que les nouveaux députés grecs entendent faire…

Donnant le ton, la presse allemande ne s’est pas privée de qualifier la “victoire“ de M. Hollande de revers personnel pour Mme Merkel [7 mai AFP], laquelle aura en effet misé jusqu'au bout sur le mauvais cheval, autrement dit le président perdant… « Les Allemands vont se retrouver seuls avec leur Pacte budgétaire » [Die Welt, libéral-conservateur]. C’est-à-dire seuls pour imposer la “règle d’or“. Pire si M. Hollande entend alimenter la relance par une augmentation de sa dette nationale (et la tentation sera forte !), le couple « franco-allemand se brisera ! » Enfonçant le clou, le progressiste Tagesspiegel, rappelle que, comme la France vient de le faire, la Grèce a également voté dimanche 6 en faveur de partis opposés à la politique de redressement budgétaire que la chancelière Merkel veut imposer à l’Europe… « Une Grèce qui ne veut plus contribuer à sa propre guérison et une France qui avec une politique économique orientée sur l'offre quitte symboliquement l'Europe du Nord pour l'Europe du Sud, c'est-à-dire tourne le dos à la discipline budgétaire. Cela signifie que l'Allemagne n’a plus que très peu d'alliés ». Tandis que Berlin remâche ses craintes d’esseulement, M. Hollande persiste et signe…

Hollande persiste et signe

Dimanche soir, emporté par l’enthousiasme de la victoire, le nouveau président de la France d’en bas, réaffirmait sa volonté de « donner à la construction européenne une dimension de croissance d'emploi, de prospérité, d'avenir »… D’avenir ? N’en avait-elle donc pas auparavant la malheureuse Union ? Avant la survenue le 6 mai de la “cavalerie“ socialiste, arrivée à point nommée pour sauver à elle seule l’Europe du naufrage ? C’est, entre nous soit dit, une manière assez crue de dire qu’avant le passage “de l’ombre à la lumière“ (6) et le Triomphe de Babar (les éléphants du Ps, n’est-ce pas !), l’Europe n’en avait plus pour très longtemps. C’est encore plus vrai aujourd’hui où les bourses chutent et les taux d’emprunts repartent à la hausse, à la seule perspective d’une sortie (volontaire ou exclusion) des Grecs de l’Euroland. Heureusement M. Hollande va corriger le tir et exiger la reconfiguration d’un “Pacte de stabilité“ « risquant de plonger toute l’Eurozone dans la récession ». Encore qu’il s’agirait de savoir quels sont les risques les plus grands et les plus imminents ? Ceux lié à la politique d’austérité coupe-faim de Mme Merkel, ou bien la crise politique et monétaire déclenchée par la Grèce ? Question en passe de plonger l’Europe réelle dans un abîme de perplexité, voire un chaos économique singulièrement tangible.

Le 6 au soir M. Hollande ressassait encore l’antienne récité le 18 avril au quotidien économique de Düsseldorf Handelsblatt : « Si le pacte ne contient pas de mesures de croissance, je ne pourrai pas soutenir sa ratification par l'Assemblée nationale. Je l'ai promis aux Français et je m'y tiendrai ». Un message en fait clairement destiné aux néo-bolchéviques du Front de gauche dont les voix seraient précieuses au second tour puis au troisième, législatif celui-là. Mais à l’arrivée une position de principe qui n’a pas “évoluée“ d’un pouce entre l’avant et l’après élection, dans une conjoncture de crise majeure où il conviendrait de montrer quelque souplesse afin de surmonter à la fois ce premier obstacle d’un parcours qui s’annonce périlleux. Quant à la chancelière allemande, sous ses allures bonasses, celle-ci n’est pas femme à s’en laisser compter aussi faudrait-il éviter que, de guerre lasse, elle ne renvoie Paris et Athènes dos-à-dos.

M. Hollande, homme “fluide“

Heureusement, M. Jospin, ex candidat malheureux aux présidentielles de 2002, nous rassure, décrivant M. Hollande comme une personnalité « fluide » [l’opposé de “compact“ tel que se perçoit lui-même M. Jospin - France Inter 8 mai]. Celui-ci ne devrait pas en conséquence se montrer trop psychorigide sur un dossier aussi crucial pour l’avenir immédiat de la France et de l’Europe puisque de toutes les manières M. Hollande n’étant ni Bonaparte, ni César ne fera aucun saut dans l’inconnu en rendant par exemple sa souveraineté monétaire à l’Hexagonie exsangue… ce que feront sans doute, peut-être, volens nolens, les Grecs dans les prochaines semaines. D’ailleurs quand bien même le président français le voudrait, il ne le pourrait pas tant les rets aux mailles serrées de ses créances lui retirent toute velléité de broncher.

Rappelons qu’en 1997, M. Jospin, menant le Parti socialiste dans la bataille des législatives, avait juré mordicus que revenu aux Affaires, il s’empresserait de renégocier le traité d’Amsterdam et ne ratifierait le « Pacte de stabilité » qu’à la condition expresse d’y adjoindre un volet relatif à “la croissance et l’emploi“. Le Pacte fut donc pour la circonstance rebaptisé “de stabilité et de croissance“. Quinze ans plus tard, la France a perdu un million d’emplois industriels, et, quant aux profits tirés d’une brève parenthèse de modeste croissance à la fin des années 1990 prolongés à l’An 2000, ils ne servirent surtout pas à l’allégement de la dette. De la même façon, M. Hollande aura beau afficher une volonté sans faille de “renégocier“, il ne pourra pas le faire et ne le fera pas l’urgence de la situation grecque lui étant alors une excuse toute trouvée !

Il ne le fera pas de toutes façons et particulièrement en s’adossant au Portugal, lequel vient justement de ratifier, deux jours avant l’élection française, le 4, le Pacte budgétaire européen, alors que plusieurs États-membres, dont les Pays-Bas, annoncent leur intention de lui emboîter le pas. M. Hollande, à l’entendre, n’était pas isolé. Hier oui, mais demain, hormis la nouvelle gauche volontariste majoritaire au Parlement grec ? Ce sont à présent les seuls à refuser mordicus les plans d’austérité qu’exigent les bailleurs européens et le FMI en contrepartie d’un plan de sauvetage… Plan toujours révocable : 5 mds d’€ devaient être débloqués lundi 14 mai… le seront-ils dans le contexte actuel ? Oui Bruxelles, faisant la part du feu, accepte que ces fonds servent à aider la Grèce à sortir définitivement ou temporairement de l’Euro, fonds alors utiles à la relance de son économie et à prévenir l’hyperinflation. Dans cette hypothèse, M. Hollande restera seul face à une Allemagne qui lui fera durement sentir la différence… sauf à ce qu’il ne vienne à résipiscence en effectuant une reddition dans les règles. Mais alors, que lui restera-t-il de crédit - moral et politique - à l’international pour les cinq années à venir ?

Faut-il en finir avec l’Union dès maintenant ?

Au final, parce que là encore nous nous trouvons sans conteste à une indécidable croisée des chemins, la question devrait être posée de savoir s’il faut en finir maintenant ou jamais avec l’Ue… d’autant plus que le résultat des élections grecques préludent à un quasi inéluctable départ du pays de l’Euroland. Parce que, sauf à dénoncer une partie de sa dette comme scélérate ou indue, ce qui paraît hautement improbable, il ne reste d’autre issue à Athènes qu’une rupture unilatérale d’avec l’€uro, seul moyen d’échapper au marasme où l’apurement de ses comptes publics la condamne sous la tutelle éclairée des grands et de leurs remèdes de cheval… de ceux qui tuent le malade avec la maladie. Rappelons qu’en 2001, six mois après avoir touché le fond, l’économie repartait et ne s’est plus depuis arrêté. Si les cures d’austérité ou de retour à la souveraineté portent leur fruit, la convalescence peut venir très vite… faut-il, de ce point de vue en souhaiter une semblable à la France, cet homme malade de l’Europe, bientôt tête de file des économies boîteuses devant l’Espagne et l’Italie ?

Or ce scénario est celui que les Fédéralistes européens ont jusqu’à présent voulu éviter à tout prix. Dans une telle conjoncture d’extrême tension au sein de l’Eurozone, Paris et Berlin voudront-ils remettre à plus tard leurs règlements de comptes personnels ? Dit autrement, la France peut-elle se payer le luxe d’un divorce d’avec l’Allemagne ? Notons que les “marchés“ commencent à montrer – ce que beaucoup craignaient et attendaient - des signes inquiétant de nervosité… Plus au regard de la situation grecque que de l’accession des Socialistes à la magistrature suprême, fait sans doute moins porteurs de conséquences immédiates que le renouvellement du Parlement grec gros d’un probable éclatement de la Zone euro si le virage n’est pas habilement négocié… justement par le couple mal assorti franco-allemand ?

Lundi après-midi la France acharnée à s’endetter – et dire que l’on regarde la cigale grecque avec commisération ! - levait avec succès un emprunt à court terme de près de 7,982 mds [AFT - Agence France Trésor] tandis les taux sur dix ans restaient alors encore inchangés. De quoi inciter à l’optimisme… et pourtant ce n’était certainement que le calme avant la tempête boursière qui s’annonce ?

Lundi matin, dans cinq ans, la France, toujours plus vaseuse, se réveillera avec Jean François Copé pour président. À moins que l’Aube radieuse du renouveau ne se lève miraculeusement sur une nation enfin délivrée des charmes délétères de Circé (7).

Notes :

1 – « Les Chasses du comte Zaroff » -The Most Dangerous Game – É-U 1932. Un vice commun dans la gentry fin de siècle comme l’illustre l’actuel souverain constitutionnel espagnol, amateur de chasse sordide et grand tueur de ce grandiose monument de la Dame nature qu’est l’éléphant de la savane africaine.

2 – Valéry Giscard - d'Estaing depuis 1922 – descendrait, prétend-t-il, de Louis XV et de Catherine Éléonore Bénard, camériste versaillaise.  

3 - Le “Pacte budgétaire européen“, officiellement appelé Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance est un mécanisme sur lequel se sont accordés le 2 mars 2012, 25 des 27 États membres de l’Ue : le Royaume-Uni et la République tchèque ont choisi de ne pas s’y associer, l'Irlande posant pour préalable de le soumettre à référendum. Le “Pacte“ ne pourra cependant commencer à s'appliquer que lorsque 12 États l'auront ratifié. Celui-ci vient compléter et renforcer le “Pacte de stabilité“ et ratifié le 17 juin 1997 par le Conseil européen d’Amsterdam. Il s’agit de l’instrument permettant en principe aux pays de l’Euroland de coordonner leurs politiques budgétaires souveraines pour lesquelles l’équilibre est une condition première aux fins de prévenir les déficits publics. On sait ce qu’il en a été. Au final le Pacte budgétaires européens supprime l’indépendance cde États dont les budgets peuvent désormais être l’objet de « politiques d’ajustement structurel »… Remède de cheval autrefois appliqué (selon une logique exclusivement comptable et par conséquent au mépris de toutes conséquences humaines et sociales) en aux économies à la dérive du Tiers-monde. Aujourd’hui ces réajustements structuraux, se nomment pudiquement et par euphémisme “politiques d’austérité“.

4 - Si M. Hollande voulait rompre avec la malédiction européiste et rendre indépendance et souveraineté à la Nation, il en irait tout autrement. Mais le président Hollande est à mille lieues de vouloir briser les chaînes de servitude qui ont permis à la France, comme à la Grèce, de se vautrer un demi siècle durant dans le tout loisir/tout consommation. Ceci pendant qu’un quart-monde lui aussi affamé « de jouir sans entrave ni temps mort » - comme le résume si bellement le slogan des Situationnistes strasbourgeois de 1967 - montait à l’assaut de nos cités.

5 - M. Hollande bon prince avait imputé cette fin de non-recevoir en raison excusatoire « d’une solidarité partisane [existant] entre les différents camps conservateurs européens ». Or si ce n’était que ça ? Ayant mis cette rebuffade dans sa poche et son mouchoir par-dessus, M. Hollande effectuera dès sa prise de fonctions, sa première visite hors de l’Hexagone à Berlin parce que comme il le remarquait judicieusement « en ces temps de grande crise, l'Europe a besoin du couple franco-allemand ». Qu’on se le dise !

 6 - M. Jack Lang, toujours bien inspiré, déclara à propos du “10 mai 1981“ qu’il s’agissait d’un jour historique où « la France est passée de l'ombre à la lumière ». Quant au parolier Herbert Pagani, celui-ci compose sur ce thème un hymne officiel démarrant ainsi : « France socialiste…Puisque tu existes…Tout devient possible ici et maintenant ! »

7- La magicienne Circé désireuse de garder indéfiniment le divin Ulysse auprès d’elle, avait transformé ses compagnons en suidés grognant, soufflant et affectés d’une aimable goinfrerie. Ce qui de nos jours guette nombre de nos concitoyens, au propre comme au figuré.


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5 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 10 mai 2012 19:10

    Ressemble au triangle des Bermudes smiley


    • joelim joelim 11 mai 2012 12:59

      la France peut-elle se payer le luxe d’un divorce d’avec l’Allemagne ? 

      Non. La France peut-elle se payer le luxe de suivre les folies néolibérales de Merkel ?

      Notons que les “marchés“ commencent à montrer – ce que beaucoup craignaient et attendaient - des signes inquiétant de nervosité…

       smiley On dirait du Pernaud sur TF1 ou du Pujadas.

      Un message en fait clairement destiné aux néo-bolchéviques du Front de gauche

      Hilarant la façon de l’auteur de « sarcler le sol racorni d’une grande presse oublieuse de ses devoirs élémentaires » comme il dit. smiley 

      • Antoine Diederick 11 mai 2012 17:48

        Taux de croissance dans les patates....dette publiques galopantes.....Hollande va devoir courir....il ne sera pas le seul , en Belgique nos chers et tendres dirigeants vont aussi devoir le faire....

        Je cherchai un article sur Avox pour placer cette vidéo : ICI

        Le paradoxe de tout ceci , est qu’il faut souhaiter le crise sociale pour avoir du changement...enfin...

        Et pour l’Europe ?

        Ce n’est plus un grand écart , c’est un gouffre smiley

        Le seule chose qui me chagrine c’est que les spéculateurs qui parient sur la fin de l’euro vont peut-être gagner....leu pari.


        • Antoine Diederick 11 mai 2012 18:38

          Schumpeter et la destruction créatrice...ICI

          ce qui n’est pas tout à fait le même chose que la stratégie du choc de Klein, c’est autre chose...


        • Antoine Diederick 11 mai 2012 18:40

          euh

          Schumpeter et la destruction créatrice...ICI

          bis...

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