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Accueil du site > Actualités > Europe > Italie : ces marchés, mauvais juges et parties

Italie : ces marchés, mauvais juges et parties

La semaine dernière, les évènements en Italie nous ont fait renouer avec l’état de nervosité des marchés pendant les pics de cette crise de la zone euro qui ne finit jamais : une hausse de 1,5 point de l’emprunt d’Etat Italien à 10 ans et une baisse des bourses. Mais plus insidieux, le discours selon lequel celui qui provoquerait cela serait un « charlatan » dans un effarant jugement de valeur.

 

Les marchés peuvent-ils être une boussole pour l’humanité ?
 
C’est un discours que l’on entend de plus en plus, au fur et à mesure que des choix démocratiques qui sortent de l’orthodoxie idéologique provoquent la nervosité des marchés. Nous atteignons aujourd’hui le point où un commissaire européen allemand en vient à évoquer sans honte que « les marchés vont apprendre aux Italiens à bien voter », imposant à la commission de le dédire et de s’excuser. Et encore, on peut fortement soupçonner que ce qui lui est reproché, c’est plutôt d’avoir dit tout haut ce que les eurocrates pensent tout bas, mais qui n’est pas acceptable de dire publiquement… Plus globalement, ce qui nuit à la stabilité des marchés se le voit souvent rapidement reprocher.
 
Mais par quelle monstruosité de tels raisonnements peuvent-ils s’imposer ? Théoriquement, tout ce qui s’est passé depuis plus de trente ans devrait nous prémunir d’une telle idée. Comment ces marchés, qui vont de bulle spéculative à bulle spéculative, avec 3 krachs retentissants (1987, 2001 et 2008) peuvent-ils être considérés comme des juges de quoi que ce soit, ces marchés « à l’exubérance irrationnelle  » pour reprendre les mots de Greenspan… Qui plus est, difficile de ne pas comprendre que les intérêts des marchés ne sont pas l’intérêt général de l’humanité. Tous les travaux sur les inégalités démontrent une profonde déconnexion entre les deux : les marchés ne servent que les 1%.
 
Les marchés ne représentent que l’intérêt d’une petite minorité, dont les intérêts sont souvent contradictoires avec l’intérêt général, comme le montre la baisse des bourses quand les salaires augmentent trop. Non seulement les marchés ne sont en aucun cas le thermomètre de l’intérêt général, mais seulement de celui des riches actionnaires, mais en plus, leur jugement ne peut même pas être considéré comme très fiable, comme le démontrent les bulles du passé ou l’extravagante valorisation de certaines licornes, au premier rang desquelles Tesla aujourd’hui. Bref, se fier au jugement des marchés est une absolue monstruosité intellectuelle d’autant plus effarante vu notre passé récent.
 
 
En revanche, la myopie de ceux qui se fient à un tel jugement en dit long sur eux. Non seulement un tel jugement est profondément superficiel et contredit par les dernières décennies : les marchés ne font que suivre les intérêts de l’oligarchie financière. Au final, souvent (mais pas toujours), leur nervosité peut au contraire exprimer une bonne direction pour l’intérêt général

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19 réactions à cet article    


  • superyeti superyeti 5 juin 09:45
    Comme il est dit dans l’article, les marchés se pensent au dessus des électeurs, il est normal qu’ils se croient dans cette position vu que les dirigeants européens dans leurs grande majorité ont les mêmes discours et font preuves des même tendances anti-démocratiques dés qu’il s’agit des résultats d’élections qui ne vont pas dans le sens souhaité par les marchés.
    La démocratie n’est pas la première vertu de l’Union Européenne, ça se saurait, la liste est longue des exemples le prouvant, commissaires européens non-élus, rejet des référendums n’ayant pas les résultats escomptés, soumissions aux diktats du grand « allié » et marginalisation des pays européens ayant mal voté, etc.... 

    • Alren Alren 5 juin 12:37
      Les intérêts des marchés, autrement dit des rentiers sont radicalement, diamétralement opposés à ceux de l’humanité.

      Le glyphosate, les pesticides, les additifs alimentaires cancérigènes ne continuent à nous empoisonner que parce les possesseurs de capitaux ont avec leur argent corrupteur les moyens de trouver des « scientifiques », des élus et des « journalistes » qui acceptent moyennant finance d’être empoisonnés comme tout être humain en combattant avec la plus grande mauvaise foi, ceux qui veulent l’interdiction de ces poisons.

      • izarn izarn 5 juin 13:26

        @Alren
        Oui c’est sympa ce que vous dites....
        Mais bon c’est ça le « libéralisme », le capitalisme...
        C’est sa définition même, son code génétique....
        Bref c’est dégueulasse....
        Alors il faut relire Marx et devenir communiste...
        Ou trouver autre chose....
        Mais pas conchier l’URSS, la Chine, le Viet-Nam, la Corée, Cuba, parcequ’ils ont essayé autre chose. En fait c’était une question de survie pour eux, ne l’oublions pas....
        Certes le résultat n’est pas terrible...
        Mais en face c’est quoi désormais ?


      • Alren Alren 5 juin 19:32
        @izarn

        En face, il y le projet de la France Insoumise que vous ne voulez pas lire !

      • germon germon 6 juin 06:42

        @Alren

        Bonjour,

        Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas le lire, c’est qu’ils sont trop : imbus, stupide, inculte pour le comprendre / analyser

        Et pourtant il a fallu des années et un grand nombre de personnes pour écrire ce programme.

        Vivement 2020 pour les voir se mordre (ce que vous voulez )

      • izarn izarn 5 juin 12:58

        Il existe des abrutis comme cet allemand, qui ne doit pas representer la majorité dans son pays. Nous aussi nous possédons nos abrutis.
        Retour en arrière :
        En 2011 Mario Draghi a fini par acheter des bons italiens, français, espagnols. S’il ne l’avait pas fait, les taux auraient augmenté tellement que ces pays se seraient retrouvés en faillite....
        Donc faillite de l’euro...
        Je signale que les agences de notation, donc les marchés, sont tenu en échec depuis cette date par les QE de la BCE envers les obligs d’état...Donc le marché est truqué. Cet allemand a de la choucroute dans le cerveau.
        De fait vouloir augmenter les taux italiens revient à mettre l’état italien en faillite. La seule solution pour l’Italie serait de faire défaut, de sortir de l’euro et voir même de l’UE...
        Alors, les italiens auront la trouille de partir à l’aventure, pour etre comme les grecs réduits à la misère...
        Cet allemand considére que les « macaroni » n’ont pas de testicules....
        Chiche ?
        Faut voir qu’en Argentine, il y a pas mal d’italiens...
        La Grece est un petit pays bouffé par une sorte de mafia politique de pourris...L’Italie est la trosième puissance économique de la zone euro, et de l’UE....
        Alors s’ils bougent, ce boche va en prendre plein la tronche...
        On peut jouer au con, comme Trump face à la Chine...Mais le résultat ne sera plus au rendez-vous....
        ...Les temps ont changé...
        Que le mec range son casque à pointe, ça fait ringard.


        • izarn izarn 5 juin 13:14

          @izarn
          En me relisant, je trouve que en effet depuis le départ du Royaume Uni, l’Italie retrouve sa place de troisième puissance en UE.
          Ce qui lui donne une autorité inhabituelle depuis 50 ans...La perte de l’Italie serait cataclysmique...
          Alors pourquoi veut-on que désormais les italiens obéissent comme de petits toutous ?
          Non, parceque...Ils ont la main sous les c....des allemands. Et ils peuvent serrer...
          Et celles des français ?
          Non il y en a plus depuis longtemps ; quand Sarko a perdu les siennes en 2008...
          Il y a rien à tirer du Micron...Le mec n’existe pas pour les italiens...Non, il serait pret à bombarder l’Italie sur ordre de Trump...
          Encore plus bas que Hollande, mais avec des artifices de com, pour embellir une vieille pute.


        • Lugsama Lugsama 5 juin 15:41

          @izarn

          Deuxième puissance industrielle du continent l’Italie, mais aussi la deuxième dette la plus importante.

        • zygzornifle zygzornifle 5 juin 14:54

          Les marchés je m’en fiche autant qu’ils se fichent de moi .....


          • Lugsama Lugsama 5 juin 15:33

            Les « marchés » ce sont des entités qui prêtent de l’argent contre rénumération, évidement vu les discours de campagne des vainqueurs ils doutent un peu des capacités voir de la volonté du nouveau gouvernement italien de rembourser, moins de prêteur donc des taux plus élevés. Ce n’est qu’une question de confiance, si demain votre voisin vous annonce qu’il ne compte pas rembourser ses dettes et à décider de vivre au dessus de ses moyens vous demande de lui prêter vos économies vous allez réagir comment ?


            « les marchés ne servent que les 1% »

            Ce qui reviendrais à dire que seul 1% de la population posséderaient de l’argent en banque ou travaillerait dans une entreprise qui à besoin de financements, sans parler de tout ce que l’Etat dépense à crédit.

            • pasglop 5 juin 18:02

              @Lugsama

              Il n’y a pas si longtemps, la France empruntait sur les « marchés » à des taux quasi-négatifs, c’est à dire qu’en théorie et pour faire vite, elle remboursait moins qu’elle n’empruntait, au moins sur les intérêts.
              Est-ce que pour autant les marchés ont arrêté d’investir dans la dette publique ? Pas du tout...
              Le sempiternel ratio pib/dette est une foutaise avant tout conçue pour bien mettre la pression aux abonnés du 20H. Le pib n’est que la mesure de la « richesse » (et encore, y’aurait à dire) produite sur un an. Pas grand-chose à voir avec la richesse d’un pays, et d’ailleurs, bien malin qui pourrait la mesurer.
              Bref, ne pas confondre l’intérêt des marchés (en France pas mal d’assurance-vie, pas terrible, hein...) et celui des gestionnaires des marchés.
              Je vous laisse en déduire ce que vous voulez...

            • Lugsama Lugsama 6 juin 08:59

              @pasglop

              Rembourser mois que ce que l’on emprunte est arrivé aux français bien que cela soit illégal depuis Napoléon je crois.

              Ça ne change rien à ce que j’ai dit et au contraire le PIB mesure comme il peut la richesse crée, donc le ration dette/PIB est pertinent et même primordial pour mesurer la santé financière d’un pays.


            • Alainet Alainet 5 juin 16:11
              la dette italienne qui est de quasiment 130% du PIB, un taux qui est le double de celui de l’Allemagne... Le plan de sauvetage risque d’être un peu plus compliqué à financer. Évidemment, la confiance est faible donc les taux à 10 ans pour les Italiens flambent ! Ils sont passés de 1,8% à 2,46% en quelques jours...Pour l’instant pas d’annonce de politique d’austérité, mais cela viendra ! Pour obtenir de l’aide des institutions internationales, des Etats européens, il faudra promettre de réduire de manière drastique les déficits publics. Pour cela les dépenses seront limitées et les impôts augmentés
              .L’autre risque, rencontré dans les deux crises précédentes à Chypre et en Grèce, le contrôle des capitaux. C’est-à-dire que devant une inévitable fuite des capitaux ou face à un risque de bankrun, le gouvernement italien prendra des mesures pour retenir cette argent dans le pays. Et cela pourra aller jusqu’à la fermeture des banques et la limitation des retraits dans les distributeurs.
              Quand on observe l’évolution du cours de l’or physique, on s’aperçoit que les courbes sont inversées, on peut aussi conseiller à nos voisins de placer leur épargne dans le métal, valeur tangible, et de stocker cette matière (or ou argent) dans des lieux en dehors du système bancaire.

              • JDCONSEIL 5 juin 17:07

                « La politique ne se fait pas à la corbeille ! » dixit CDG 


                • Wildbill 5 juin 21:46

                  Le problème est toujours le même.
                  La promesse de campagne de « L’italie et les italiens d’adord » va se heurter très vite à la réalité des traités européens qui bloqueront tout et dont les italiens ne veulent pas sortir et ça finira comme Tsipras en Grèce.Ils baisseront leur froc et seront virés aux prochaines élections pour un nouveau gouvernement de technocrates européens qui fera payer très cher la « révolte » des italiens en les massacrant comme ils font avec les grecs pour donner une leçon aux autres peuples européens qui voudraient se rebeller contre le totalitarisme de L’UE.Une leçon relayée par les médias eurolâtres nationaux donc français comme pour dire "Vous avez compris les culs terreux que c’est L’UE ou le chaos ? Donc votez comme on vous dit et fermez vos gueules !Capisce ?".


                  • Lugsama Lugsama 6 juin 09:08

                    @Wildbill

                    Vous confondez le totalitarisme imaginaire de l’UE et la réalité d’un pays sur-endetté qui vis au dessus de ses moyens. Bien mignon de taper sur votre banquier et ne pas vouloir vous financer sans son aide, si vous ne voulez plus dépendre des taux d’intérêt il faut assumer l’extrême austérité qui résulterait de ne plus emprunter, on peux pas avoir tout et son contraire dans le monde réel.


                  • Wildbill 6 juin 19:16
                    @Lugsama
                    Arrètes ton blabla de technocrate eurolâtre,ça marche peut être avec les idiots mais pas avec moi.
                    « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».Juncker.

                  • Lugsama Lugsama 7 juin 08:17

                    @Wildbill

                    Quand on ne peux contester la logique reste l’insulte, l’argument des idiots justement.


                  • Wildbill 6 juin 00:39

                    La culture est l’intelligence des idiots.

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